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Des vacances bien remplies !

Chapitre 1

Abandonnée.

Hétéro

Je ne suis pas particulièrement prude, ni coincée, ni, ni, ni… Mais combien de "ni" pour me mettre au niveau de ce que je vois.

Je la connais. Elle a été ma voisine pendant plusieurs années. Oh, pas une voisine permanente, mais une voisine de vacances lorsque nous occupions notre petite résidence secondaire. Elle, Sylvia, et son mari Sylvain, le destin est moqueur pour mettre en contact ces deux prénoms dans un même couple, vivaient juste à côté de chez nous. Mais eux, en résidents permanents, alors que Nous, ne faisions que passer, touristes pour deux mois maximum. Pourtant, malgré cette présence épisodique, on avait sympathisé. On se recevait, on se rendait service, enfin comme si on était présent toute l’année.

Jamais je n’aurais pu imaginer. Je sais que dans l’intimité des couples, les caractères se dévoilent. Je suis bien placée pour le savoir. Tom, mon époux devant Dieu et devant les hommes, s’étonne, enfin je veux dire "s’étonnait", que je sois si "retenue" pendant l’amour. Je dis s’étonnait car cela fait longtemps qu’il ne l’a pas fait. Je reconnais que j’ai probablement ma part de responsabilité mais il faut savoir que depuis des mois nos "baises" sont plus calmes et ne sont peut-être plus au niveau de ce qu’il attendait de moi. Il n’y a plus autant de fougue qu’avant. L’usure du couple ? 

Donc il me disait, presque inquiet : 

Chérie. Pourquoi tu ne t’exprimes pas plus ? Je ne sais jamais si je fais bien, ou pas. À chaque fois j’ai l’impression que tu n’aimes pas, que je ne suis pas à la hauteur.

Évidemment, je le rassurais en lui disant que j’avais du plaisir et que c’était dans ma nature de ne pas hurler lorsque je jouissais. Déjà que dire "jouissance" était un effort pour moi, alors, pensez, le reste. Ces cris, ces gémissements, ces encouragements qu’il devait attendre, je ne pouvais pas les exprimer. Je sais, j’ai dit que je n’étais pas coincée au début de mon récit, mais je voulais dire, dans les actes, plutôt que dans la parole.

Allez comprendre. J’aime l’amour, le sexe, me sentir possédée par son braquemart bien tendu, aussi bien par-devant que par-derrière, mais aussi dans ma bouche. J’aime tout. Tout, sauf le dire. 

Avouez que c’est incompréhensible. Si des femmes lisent cela je me demande si je suis seule dans ce cas, ou bien si d’autres sont comme moi.

De toute façon, ces derniers mois, je n’avais droit qu’au minimum syndical, Tom rentrant fatigué d’un travail qui nous envahissait. En toute vérité, si son travail lui bouffait son temps, je pense qu’une certaine fatigue dans notre couple en était aussi une cause.

 

Mais revenons à cette vidéo. Vidéo d’amateur c’est évident. D’ailleurs je connais le cinéaste et si j’ai bien compris, il en est aussi le scénariste, le monteur et le réalisateur.

C’est Sylvain qui se charge de filmer Sylvie, son épouse. Une épouse qui, au début, est derrière la caméra alors que son mari discute avec deux jeunes. On ne voit pas ce qu’ils se disent mais les regards des deux jeunes hommes se tournent vers celle qui porte la caméra. Ils discutent et semblent se mettre d’accord.

Sylvain revient, se saisit de l’appareil et on l’entend dire : On les suit. Pas un mot de plus.

Ils suivent. Une porte en bas d’un immeuble. Un couloir un peu glauque, manifestement avec des caves de part et d’autre. Et puis une porte poussée, une porte qui donne sur une pièce sommairement aménagée, manifestement lieu de rencontre de ces jeunes hommes. Un canapé, des fauteuils, une table basse, un frigo et même une télé. 

Sylvain m’avait prévenu : Avec le temps nous avions, de plus en plus besoin, de sortir des sentiers battus. 

Bien que prévenue, ce qui se déroule alors me surprend par sa puissance sexuelle. J’ai failli écrire "puissance érotique", mais ce n’est pas assez fort car ce que je vois est sexe, cru, obscène, pornographique. 

La caméra se charge de bien mettre en valeur l’épouse que deux jeunes malmènent.

Ils s’asseyent sur le canapé ; Mets-toi à poil, sont les premiers mots qu’ils adressent à celle qu’un mari, complaisant et manifestement vicieux, donne en pâture.

Je ne sais si c’est lui ou elle qui a choisi, mais ce qu’elle porte dans ce lieu est anachronique et pourtant, cela la sublime. Elle est debout devant eux. Elle vient d’enlever la robe, mais elle apparaît en tenue de séductrice, tenue que ces jeunes n’ont dû voir qu’en vidéo, porte-jarretelles et bas avec, bien sûr, la lingerie associée. Ils sont surpris et alors qu’elle commence à défaire son soutien-gorge, l’un deux dit : Reste comme ça, tu fais pute, viens nous sucer.

Elle s’approche. Elle fait sortir leur mandrin. Elle les suce. La caméra est si près que chaque détail est visible et le son, capté à sa source.

Les lèvres gobent le gland. Une main caresse la verge délaissée pour la maintenir bien dure. L’autre main branle un peu celui qu’elle suce mais bien vite, elle va caresser les bourses.

Les lèvres avancent. La caméra capte le regard de la femme alors qu’elle regarde vers l’objectif, puis vers celui qu’elle suce. Un regard que je ne lui connaissais pas, chargé d’envie, de vice, de gourmandise. Une gourmandise qui s’affiche alors que les lèvres avancent sur la hampe. Une bouche qui gobe le dard, puis le délaisse pour revenir.

Le grand écran est d’une impudeur totale. Il montre l’homme qui pose ses deux mains sur la tête de la femme, qui la bloque et qui regarde vers la caméra et celui qui la tient, le mari partageur, l’époux que le jeune homme doit penser impuissant. Alors, un sourire aux lèvres, il donne des petits coups de reins qu’un zoom puissant affiche à l’écran. Le sexe entre et sort. La salive coule. Le gargouillis que le son stéréo amplifie est d’une impudeur totale. 

 

Tu aimes ça, hein ? Dit l’homme alors qu’il libère la femme et que l’écran montre le visage ruisselant de salive avec les yeux mouillés.

—Oui, j’aime ça. C’est comme un défi. Défi adressé autant à l’homme qu’à son mari.

—Tiens, Kevin, à toi, dit l’homme en poussant la tête de Sylvie vers le dard tendu.


C’est au tour de ce Kevin. Comme l’autre, il se laisse d’abord faire, prenant conscience de la gourmandise de cette femme qui le suce dans une cave d’immeuble. Et puis lui aussi prend l’initiative. Mais lui ne fait pas avancer son dard dans la gorge, il guide la femme en appuyant sur sa tête, une main bien à plat, main de mâle qui domine. Lui aussi ne peut se priver de commenter.

 

—Putain mec, ta femme est une vraie salope.

—Je sais. Baisez la bien, elle aime ça. C’est la voix de Sylvain qui s’exprime clairement. Mais aussi, plus bas, une confidence que lui seul peut entendre. Moi aussi.

 

Elle se laisse faire. Elle se laisse guider, reprenant son souffle lorsque l’homme lui en laisse le temps. Pendant ce temps, l’autre a enlevé son pantalon et son slip. 

Je vois clairement la main de Sylvain lui tendre un préservatif. L’homme s’en saisit et en recouvre son dard. Longue tige, un peu courbée.

L’homme se place derrière la femelle, agenouillée devant son copain. En posant les mains sur ses hanches il lui fait comprendre de se déplacer. Elle sait ce qu’il veut. En l’espace de quelques secondes, libérée provisoirement du poids de la main sur sa tête, elle se place à quatre pattes.

"Quatre pattes". Qu’elle vilaine expression. Je préfère de loin "la levrette", qui même si elle fait appel au monde animal, paraît moins choquante. D’autant que, dans le cas de la femme, si on peut imaginer les "deux pattes arrière" reposant sur le sol, les "deux de devant" sont, elles, en appuis sur les cuisses de Kevin.

Mais la position n’est pas moins troublante. Personnellement, j’aime bien, sauf que moi, lorsque Tom me prend ainsi, je n’ai pas un gourdin dans la gorge. Un gourdin qui n’empêche d’ailleurs pas la femelle de crier lorsque le complice lui enfourne le sien d’une poussée dans le vagin.

La caméra prend un peu de recul. C’est le trio qui remplit l’écran. D’une certaine façon, c’est celui qui la possède qui mène le jeu. Ce sont ses avancées et ses sorties qui rythment le trio. Kevin ne cherche plus à "forcer" la femme. Les poussées de son copain la font avancer vers lui et son sexe disparaît ou réapparaît sans qu’il ne fasse rien. Il essaie de garder la tête froide, se complaisant dans un rôle de mâle hautain, mais ses sens l’entraînent. Lui aussi exprime son plaisir. Il joint ses soupirs à ceux de son complice. La femelle ne peut qu’exprimer des grognements sourds lorsque la bite courbée l’envahit.

 

—Crachez sur elle. Dit le mari voyeur.

 

J’ai une pensée, stupide dans un moment pareil : Ils vont salir ses dessous.

Ils ne se font pas prier. Bientôt le dos et les reins sont pollués par des jets de foutre. Les cheveux en reçoivent leur part. 

Chacun reprend sa respiration. 

Mais, Dieu que le regard que Sylvie jette à son mari, est chargé de vice…

 

Je réalise que j’ai commencé mon récit par ce moment, certes partie prenante de mon histoire, mais qui n’est pas du tout à sa place chronologique. Vous n’allez rien comprendre. Excusez-moi, mais je me suis laissée emporter. Je suis coupable. Je vais essayer d’être plus claire. Et si je commençais par le début…

 

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—Je n’ai pas vu Sylvie. Elle est dans le coin ?

 

C’est moi, au fait mon prénom est Romy, qui questionne Sylvain, notre voisin, au sujet de son épouse. Nous venons d’arriver. Notre première visite est pour eux. La dernière fois que nous nous sommes vus, c’est chez nous à Lyon, alors qu’ils étaient venus nous voir. Ce sont des voisins, des connaissances, pas vraiment des amis, mais nous les apprécions. Eux vivent ici à l’année alors que nous, seulement pendant les vacances. Enfin, surtout moi, qui ai la chance d’avoir celles des enseignants. Pour Tom c’est plus restreint, mais il me rejoint aussi souvent qu’il peut.

 

—Ah, c’est vrai que vous ne savez pas ! En fait, nous sommes séparés. Elle n’habite plus ici.

—Oh, mon Dieu, mais c’est terrible. Qu’est ce qui s’est passé ? En posant la question je réalise que je suis extrêmement indiscrète mais c’est trop tard.

—Terrible est peut-être un peu fort. Disons : difficile après toutes ces années de vie en commun. Mais si nous sommes séparés, nous gardons le contact. Et avant que tu ne poses la question, Romy, il sourit et je rougis, Sylvie est partie avec un homme. 

—Oh, nous sommes désolés. N’est-ce pas Chérie ? Et, excuse notre indiscrétion. Dit Tom.

—C’est bien normal. On était arrivé à un moment ou notre couple avait des difficultés. Cela ne datait pas d’hier mais on avait réussi à nous le cacher. Elle a rencontré un autre homme avec qui elle a l’impression de reprendre à zéro. Et je suis content pour elle.

—Oui, mais toi ?

—Je fais contre mauvaise fortune bon cœur. La roue tourne c’est tout. Et peut-être que de mon côté je vais… Mais oublions cela. Comment allez-vous ? Vous êtes là pour longtemps, enfin je veux dire ; pour toi, Tom ? Nous, pauvres fonctionnaires de l’éducation nationale, nous allons pouvoir profiter de nos vacances, vacances qui ne remplacent pas un vrai salaire mais enfin, on fait avec. N’est-ce pas Romy ?

—Tu as raison. Il faut bien des volontaires, sacrifiés au champ d’honneur, pour essayer d’éduquer nos gamins… Plaisanterie assez renouvelée pour détendre l’atmosphère.

 

Et le sujet, le départ de Sylvie, est évacué.

 

Nos vacances commencent. Tom n’est là que pour quelques jours. On profite des joies de l’Atlantique. J’espérais que le soleil, les corps dénudés, le rosé, enfin tout ce qui fait les plaisirs du bord de mer, allait raviver la flamme. Mais non. Oh, pas un calme plat, mais une marée qui ne monte pas aussi régulièrement que la vraie.

 

—On pourrait inviter Sylvain à venir avec nous à la plage. Qu’est-ce que tu en penses ? Je l’ai croisé hier. On a bavardé. Il m’a fait quelques confidences. J’ai l’impression qu’il fait bonne figure, mais qu’en réalité, le départ de Sylvie l’affecte bien plus qu’il ne le dit.

—On ne vit pas tant d’années avec la même personne sans que la séparation soit difficile. Comment tu réagirais, toi, si je partais avec un autre ?

—Je ne sais pas. Et toi, si je te quittais pour une autre ?

—Oh, moi je sais. C’est bien simple, comme le crime passionnel n’est plus reconnu, je finirais en prison.

—En prison ?

—Oui. Même si les jurés me comprennent, un double meurtre cela fait beaucoup pour un abandon du domicile conjugal.

—Waouh ! Il est sidéré d’une telle remarque. Carrément… Elle et Moi…

—Je plaisante. Quoique… Pourquoi tu t’inquiètes comme ça ? Tu as un projet ? Je souris.

—Plus maintenant. Il éclate de rire. Alors on fait quoi pour Sylvain ?

—Invite-le. Tu as raison, il faut le distraire. Quoique je me demande si c’est une si bonne idée.

—Pourquoi ?

—Découvrir à la plage, à côté de lui, une beauté au corps sublime, blonde mais intelligente…

—Ah. C’est toi cette beauté ?

—Évidemment. Tu en doutes.

—Non, bien sûr que non…

 

Nous rions.

 

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—Je ne vais pas pouvoir venir. Je suis désolé mais on vient de me dire que je dois faire une vidéo-conférence sur un projet en cours.

—Tu la feras depuis la plage.

—C’est-à-dire… Que sur la plage ou je pensais vous emmener, on ne doit pas capter. Dit Sylvain.

 

On est sur le point de partir. Le téléphone de Tom sonne. Il discute et revient pour nous annoncer sa réunion surprise.

 

—Alors allons sur une autre. Il y a du réseau, là où nous allons d’habitude.

—Chérie, cela ne ferait pas sérieux. Traiter ce sujet dans ces conditions. Ils vont croire que je ne me sens pas concerné. Non, allez-y tous les deux. Une prochaine fois peut-être.

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Il faut connaître. D’ailleurs peu de touristes. Sylvain me fait découvrir une plage que nous ne connaissions pas. Enfin une plage dont l’accessibilité est rythmée par les marées. Un peu comme sur une île déserte. Belle étendue de sable fin balayée par une houle venant de l’ouest. La marée a libéré des piscines naturelles. Un paradis.

 

—Alors ? Cela ne valait-il pas le déplacement et de marcher un peu ? Regarde autour de toi.

—C’est vrai. Il faut reconnaître. C’est un secret que vous vous transmettez de génération en génération ?

—Il ne faut rien exagérer. Avant, on ne pouvait l’atteindre qu’en bateau. Depuis un an, le niveau de sable apporté par les marées permet de passer à marée basse. Il faut en profiter. Cela va se savoir.

 

Personne à moins de  cent mètres. On s’installe. Je me sens un peu mal à l’aise car je n’avais pas prévu de me retrouver seule avec Sylvain. C’est la première fois que nous nous voyons en maillot de bain.

 

—Cela ne te dérange pas si je me mets nu. ? Il pose la question alors qu’il a déjà les mains sur son maillot et va le tirer vers le bas.

Je réagis aussitôt : C’est-à-dire que… Si… Un peu. 

—Oh ! Pardon. Je pensais que tu… Mais si tu ne veux pas, ce n’est pas grave.

—Merci. 

 

Nous nous installons. Un long silence s’installe. 

 

—Je me demande…. —Pourquoi…

Nous sortons de notre silence en même temps.

 

—Excuse-moi. Tu voulais dire ? Demande mon voisin alors qu’il se tourne vers moi, s’appuyant sur son avant-bras.

—Oh, rien de bien important. Je me demandais juste pourquoi tu as dit : Je pensais que tu… Alors que je te disais préférer que tu restes en maillot. J’ai eu l’impression que tu étais étonné.

—Ah, ça. En effet je pensais qu’avec Tom, vous fréquentiez les plages naturistes.

—Euh, c’est vrai. Mais seulement depuis l’année dernière. Et pas vraiment.

—Ah. Alors je ne comprends pas. 

—C’est parce que nous allions loin des autres. Je sais c’est un peu ridicule mais si j’aime les sensations, je n’aime pas qu’on puisse me voir. Et lorsque Tom était absent, je n’y allais pas seule.

—Il y a un début à tout. Cette année tu prendras de l’assurance et le regard des autres te sera totalement indifférent.

—Peut-être. Un long silence et puis en réfléchissant je m’étonne : Tu nous avais vu sur une plage, pour penser cela ?

—Non. Je ne me souviens pas. Probablement que Sylvie m’en avait parlé.

—Sylvie ? Je ne me souviens pas lui avoir dit.

—Ah ! Alors je ne sais plus. Il est manifestement mal à l’aise. D’ailleurs il se rallonge comme pour clore la discussion. Mais je suis intriguée.

—Tom t’en aurait parlé ?

—Non, je ne pense pas.

—Alors ? Un silence. Pourquoi tu ne veux pas me dire ? Des amis que nous aurions croisés ? Qu’est-ce que tu caches, Sylvain ?

 

Il doit sentir mon inquiétude. Il se redresse et se tourne à nouveau vers moi.

 

—Écoute, c’est très gênant. Je ne voudrais pas que tu, que vous, pensiez qu’on vous espionnait.

—Nous espionner ? 

—Oui, mais ce n’était pas le cas. Un hasard, un pur hasard.

—Pourquoi tant de cachotteries. Si toi ou Sylvie, vous nous avez vus sur une plage, dis-le et puis c’est tout. Je ne suis pas coincée à ce point. 

—Non, pas sur la plage. Dans votre jardin.

—Dans le jardin ? Mais…

—Je sais : vous n’avez pas de vis-à-vis et le mur, plus la haie, vous cachent des autres.

—Alors ?

—Tu vois, sur notre toit, il y a un vasistas qui donne dans votre direction ?

—Je sais. Dans votre grenier. Mais très haut et pas accessible.

—L’été dernier, Sylvie a voulu que l’on fasse du rangement et le ménage. Il y avait tellement de poussière qu’à un moment, on a voulu ouvrir le vasistas pour évacuer un peu. Sylvie est montée sur l’escabeau pour pouvoir l’ouvrir. C’est un vieux système avec une barre à trous et un crochet.

—Ah, je commence à comprendre. Je me faisais bronzer, j’étais nue, sans marque de maillot et elle en a conclu que j’allais sur la plage naturiste.

—Voilà.

—Pourquoi tant de mystère ? Je ne vois pas où "vous espionnez". C’est arrivé par hasard. À nouveau il est mal à l’aise, c’est évident. À moins que tu ne me dises pas tout.

—C’est un peu plus compliqué que ça.

Je ris franchement. On dirait un gamin pris en flagrant délit de mater dans la chambre de ses parents. C’est Sylvie qui m’a vue, pas toi. Et même si c’était le cas, ce n’était pas pour de mauvaises intentions.

—C’est de sa faute si c’est arrivé.

—Mais qu’est-ce qui est arrivé ? 

—Quand elle t’a vue, elle est restée un moment. Je lui demande pourquoi elle ne redescend pas. Elle ne répond pas, mais finit par me céder la place avec un grand sourire en me faisant signe de monter. Je monte et en plus de la vue au loin, je te découvre dans ton jardin.

—Qu’elle aventure ! Tu devrais écrire des livres. Tout cela pour ça ?

—Tu te moques. Attends la suite. Oui, tu te faisais bronzer nue. Oui, tu ne montrais aucune marque de maillot de bain. Donc, tu fréquentais les plages naturistes.

—Et voilà. Monsieur Hercule Poirot sous la plume d’Agatha Christie a résolu l’affaire.

—Tu ne veux pas connaître la suite ?

—Parce qu’il y a une suite ?

—Oui, et gratinée. Tu ne faisais pas que te prélasser au soleil. Tu tenais à la main, tu sais de ces choses qui sont prévues pour donner du plaisir aux femmes seules.

—Non. Ce n’est pas… Arrête.

—Mais c’est bien normal. Tom était parti depuis quelques jours et tout le monde peut comprendre qu’une épouse dans la force de l’âge, privée de son mari, se satisfasse.

—Arrête je t’en prie. Cela me met mal à l’aise.

—Comme tu veux, mais il n’y a rien de choquant.

 

Un silence, uniquement bercé par le bruit de l’océan.

Et puis je découvre que le maillot de mon voisin présente une bosse. Une bosse qu’il découvre et essaie de cacher en se mettant sur le ventre. Je souris. C’est à mon tour de le mettre mal à l’aise. Nos regards se croisent. Je ne sais si le mien le questionne mais il dit :

 

—Bon, ça va. D’accord, de me rappeler ce moment réveille en moi… Surtout que Sylvie est partie depuis deux mois, deux mois ou je n’ai rien fait. 

—Je suis désolée. 

—Ce n’est pas ta faute. Te raconter cela me fait revivre cet instant. Pour tout te dire, puisque tu veux tout savoir, c’est qu’en te voyant te caresser et manifestement sur le point de…

—Sylvain, non…

—… Sur le point d’atteindre le paradis, cela a déclenché une réaction bien normale chez moi. Et, Sylvie qui était en bas de l’escabeau avait sous les yeux mon short déformé. Alors que crois-tu qu’il arriva ?

—Sylvain, cela devient trop…

—Mais c’est la vie. Oui, elle était juste en face. Elle n’a eu qu’à descendre mon short pour que mon…

—Stop ! Sylvain, stop ! 

 

Il s’arrête. De longues minutes et un silence pesant s’installe. Je lui tourne le dos. Je suis fâchée. Il n’avait pas à me raconter tout cela. Surtout que nous sommes seuls. Si encore Tom était présent !

 

—Je vais me baigner.

 

Je le regarde partir. 

 

Tu crois qu’il bande encore ? Me questionne une petite voix dans ma tête.

Chut tais-toi, je ne veux pas le savoir.

Menteuse, moi je sais lire tout au fond de tes pensées, même et surtout les plus intimes, celles que tu te caches à toi-même. Et je sais toutes les questions que tu te poses. Tu veux les connaître ?

Tais-toi.

Mais personne ne peut entendre. Regarde autour de toi, même si tu te les posais à haute voix personne n’entendrait.

Tais-toi.

Tu crois qu’il bande en se souvenant du spectacle que tu lui avais offert sans le savoir ?

Ou bien du souvenir de ce que sa femme lui faisait. Tu as bien une idée de ce qu’elle devait faire.

Tais-toi.

Il a dit, sans le dire, que son visage était au niveau du short. Donc elle a vu que son mari bandait de te regarder te caresser avec le sex-toy. Au fait tu faisais quoi avec ? Si je me souviens bien tu mettais toujours le plug avant. Tu avais remarqué qu’avec le plug métallique dans ton petit trou, la jouissance était plus forte avec les vibrations du sex-toy. Tiens, il n’en a pas parlé. Tu crois que c’est pour ne pas te mettre mal à l’aise, ou qu’il ne l’a pas vu ? Et le vibro, il n’a pas dit si tu le faisais vibrer sur ton petit bouton ou que tu l’avais fait entrer et que seule l’excroissance te branlait le clito ?

Tais-toi.

Elle le suçait, c’est évident. Il te regardait, cela le faisait bander de te voir si cochonne, et Sylvie le pompait. Il a gagné sur tous les tableaux.

Tais-toi.

Tu crois qu’il a joui dans sa bouche ?

Tais-toi ! Tais-toi !

Bon, ça va. Quand est-ce que tu te lâcheras un peu. Si Tom te délaisse, tu ne crois pas que c’est parce que, pour vous aussi, le temps passe et le plaisir s’émousse ?

Tais-toi, il revient.

Je me tais, mais je reste en surveillance. Au fait, serre les cuisses : ton maillot doit être mouillé. Tu mouilles, coquine. Et cela veut faire sa coincée !!!

 

 

Il revient. J’espère qu’il ne m’a pas vue vérifier si j’étais humide. 

Il s’allonge. 

 

—Je m’excuse. Je n’aurais pas dû te parler de tout cela. C’est juste que je me suis un peu énervé, que cela m’a rappelé Sylvie et que…

—N’en parlons plus. Je vais me baigner. L’eau est chaude ?

—Dans la piscine, délicieuse. 

 

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—Ah Non, tu ne vas pas me refaire le même coup qu’hier. Annule ou reporte en fin d’après-midi. Tu es en vacances, après tout.

 

Tom vient, à nouveau, d’annuler sa venue à la plage alors que comme hier, Sylvain et moi attendons.

 

—Je ne peux pas. C’est trop important. Je suis responsable de ce projet. Excusez-moi.

 

On se retrouve encore tous les deux. On avait prévu un pique-nique au même endroit, question de montrer le coin à Tom. 

 

—Tu te débrouilleras pour manger. Je ne vais pas tout ressortir de la glacière.

—Attends, je vais prendre le chariot pour porter plus facilement à deux. Dit Sylvain, un peu en retrait de cette mini dispute. 

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La plage est évidemment toujours là. Le chariot a bien facilité le transport de ce que j’avais préparé.

On s’installe. Je ne décolère pas. 

 

—J’ai apporté le coupe-vent. Dit Sylvain en sortant la bande de tissu roulée sur les piquets.

—Mais il n’y a pas de vent aujourd’hui.

—J’ai pensé que je pourrais le mettre afin que tu…

—Que quoi ?

—Laisse-moi l’installer.

 

Il le déploie. Barrière de trois mètres de long sur un mètre de haut.

 

—Si on s’installe chacun d’un côté on peut se mettre comme on veut. Qu’est-ce que tu en penses ?

 

J’apprécie l’attention. C’est un "étranger" qui fait retomber la colère que la fuite de mon mari avait déclenchée. Un étranger plein de bonnes intentions et aux petits soins pour ma pudeur.

 

—Merci. C’est vraiment gentil d’y avoir pensé. Je ne peux manifestement pas refuser cette charmante attention.

 

Que c’est bon de sentir le soleil sur tout son corps. J’ai découvert ce plaisir l’année dernière, d’abord sur l’insistance de Tom qui voulait essayer, et puis par envie de le reproduire. Le soleil et le vent qui s’insinuent partout. Le sable aussi, et ça, c’est moins sympa.

 

—Je vais me baigner. Tu veux que je remette mon maillot ?

 

Décidément cet homme est chargé de bienveillance à mon égard. Il ne se moque pas de cette pudibonderie d’une autre époque. 

 

—Je fermerai les yeux. Je réponds, tout en riant suffisamment fort afin qu’il comprenne que je plaisante et qu’il peut faire comme il l’entend.

 

Il se lève. Je ne vois que le haut de son corps. Il s’éloigne. Curieuse je me lève assez pour le regarder s’éloigner. La piscine s’étale à gauche comme à droite de notre emplacement et donc il aurait pu s’y diriger au plus court, juste en face. Mais il s’éloigne, "caché" par le coupe-vent. J’apprécie cette nouvelle délicatesse de ne pas m’imposer la vision de son corps nu.

 

Beau petit cul.

Tais-toi.

C’est toi qui l’as pensé. Je ne fais que répéter. Il me semble même entendre qu’il ne fait pas son âge. Il a quoi ? Cinq ans de plus que ton mari ? Sauf que lui ne doit pas faire de repas d’affaires. La cantine du lycée n’est pas gastronomique, que je sache.

Tais-toi.

Tu te répètes. Je n’ai plus le droit de rien dire. Et le plaisir des yeux, tu en fais quoi ? On attend qu’il revienne pour regarder si le recto est du même niveau que le verso.

Tais-toi. 

Si sa femme est partie avec un autre c’est peut-être qu’il ne sait plus la satisfaire ?

Tais-toi.

Oh la barbe. Tu as peur de vous comparer, toi et Tom, avec eux. Lui aussi n’est plus si… Toi non plus, d’ailleurs…

Tais-toi.

Oh, il revient. Reste assise, ne bouge pas, laisse-nous voir si…

Tu es une grande malade.

Mais c’est de toi dont tu parles, Chérie. Bon, couche toi. Mais soulève un peu la toile. Tu pourrais vérifier…

Jamais.

Le principe du naturisme, c’est de ne rien cacher. Tu vas faire quoi si tu vas te baigner ? Remettre ton maillot ? Le haut et le bas ? Que le bas ? Rien du tout ? T’est pas cap’ !

 

Si, je suis cap. Un moment après qu’il se soit rallongé, m’invitant à aller dans l’eau car elle est encore plus chaude qu’hier, je me suis levée. Fièrement, sans un regard derrière moi alors que je me demande s’il a la même curiosité que moi, je vais me baigner.

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Pour le pique-nique j’ai tout de même remis le bas. Lui aussi. 

Mais cela tournait au ridicule aussi, lorsqu’il m’a invitée à me baigner avec lui, j’ai accepté. J’ai fait taire ma "petite voix" qui se moquait et qui disait "qu’enfin, je devenais raisonnable."

Plus difficile a été de marcher à ses côtés tout le long de la plage, croisant parfois des gens nus comme nous. Mais je l’ai fait.

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Je somnole. Probablement que lui aussi. Je suis apaisée et fière d’avoir vaincu cette peur ridicule de me montrer ainsi. Il n’a pas fait de remarque et je lui en suis vraiment reconnaissante. Il n’a été qu’un accompagnateur. Même la petite voix se tait.

Mais je suis curieuse. 

 

—Sylvains, tu dors ?

—Non. Je suis bien, je profite de l’instant présent. Il faut savoir profiter, on ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve. 

 

Je sens que ses remarques sont plus pour lui que pour moi. Je ne doute pas que cela soit lié au départ de Sylvie.

 

—Je peux te poser une question ?

—Bien sûr.

—Si je suis indiscrète, tu me le dis.

—T’inquiète.

—Voila. Sylvie est partie avec un homme, tu as dit. Tu le connaissais ? 

—Oui. On s’est fréquenté.

—Et tu n’as rien vu ?

Son rire est surprenant. Rire sarcastique. Non, rien du tout. Mais comment j’aurais pu deviner ?

—Je ne sais pas. Vous le receviez souvent ?

—Oh, oui.

—Et Sylvie se comportait normalement avec lui.

À nouveau ce rire sarcastique. Tout dépend de ce que tu appelles "normalement".

—Je ne sais pas. Elle… Je ne sais pas. Excuse-moi, je me mêle de ce qui ne me regarde pas.

—Ce n’est pas grave. Je n’ai encore parlé à personne. De toute façon, je suis responsable. C’est moi qui les ai mis en contact.

—Ce n’est pas parce que tu les as fait se rencontrer que tu es coupable. 

—Oh que si ! Mais je ne lui en veux pas, même si elle me manque. Elle est amoureuse alors que moi je ne lui proposais que… Je ne pouvais pas lutter. 

—Tu sais, chez nous aussi, ce n’est pas rose tous les jours. Cela existe, l’usure du couple. La diminution des attentions, le quotidien, même la sexualité qui… Enfin tu comprends.

—La sexualité. Il rit. Tout passe par le sexe.

—Oui, il ne faut pas se le cacher.

—Je ne le sais que trop bien.

—Ah. Donc c’est…

—Non, ce n’est pas ce que tu penses. D’ailleurs je suis certain que tu ne peux pas l’imaginer.

—Tu me prends pour une cruche ?

—Non, mais pas prête à entendre ce qui nous est arrivé.

—Oh, ça va, comme à tout le monde.

—Peut-être pas. Tu veux vraiment que je te dise ?

—Comme tu veux.

—Mais il faut que tu me promettes de n’en parler à personne. Personne, ton mari compris.

Je me dis qu’il fait un peu de cinéma. Je serai une tombe.

—Alors voilà :

Cela faisait des mois et des mois que nous avions de plus en plus de mal à avoir du plaisir pendant l’amour. Je ne parle pas de la jouissance classique, je te parle de ce moment si particulier… Enfin j’imagine, du moins j’espère, que tu le connais. J’en était le principal responsable. Malgré ses efforts, Sylvie me "séduisait" moins facilement. Je me suis aperçu que je me faisais des films que la réalité démentait. Je me suis découvert un fantasme. Celui du candaulisme. Je ne sais pas si tu connais, mais c’est le fantasme du mari qui veut voir son épouse avec un autre homme. J’avais honte de cette idée. Mais chaque fois que mon esprit vagabondait, je me retrouvais toujours le spectateur d’un couple dont la partenaire était Sylvie.

J’ai enfin osé lui en parler. Sylvie, bien que large d’esprit, a très mal pris la chose. Elle a voulu me démontrer que, si elle se faisait plus coquine, cela me réveillerait. Je lui ai alors proposé de faire un essai. Elle a refusé. Mais elle a eu une idée qu’elle a mise en place sans m’en parler. Un soir, je l’attendais à la maison. Elle m’appelle au téléphone.

 

C’est moi, je suis en retard.

Ce n’est pas grave.

Je suis encore au bureau.

Une réunion ?

Non, pas une réunion. Une expérience.

Une expérience.

Oui, je suis avec l’homme de ménage.

Et ?

J’ai décidé de ne plus me contenter de nos baises misérables. Martial, il s’appelle Martial, me trouve très belle. Je vais me donner à lui. Il est beau. Il est grand. Il est noir de peau et son sourire illumine la pièce.

Ah !

C’est tout ce que tu dis ?

Tu es libre.

C’est bien toi qui voulais que je couche avec un homme pour t’exciter.

Oui, mais devant moi.

C’est à prendre ou à laisser. Soit, tu m’attends tranquillement à la maison. Soit, je laisse le téléphone en marche pendant que…

Oui, un Skype.

Non, c’est trop compliqué. Juste le son.

D’accord.

Alors va dans notre chambre et déshabille-toi. Tu t’allonges, mets le haut-parleur et surtout rien d’autre. Lorsque je rentrerai, je veux te trouver ainsi.

D’accord.

On est dans mon bureau. Je pose le téléphone. Écoute :

 

Je le fais asseoir dans mon fauteuil.

Le zip de sa salopette de travail fait presque toute la longueur.

Oh il ne porte pas de slip. Son sexe est magnifique. Il pend bien, calé sur ses bourses.

Je recule.

Je défais mon chemisier.

Je baisse mon pantalon.

Non, ne bouge pas, reste assis, laisse-moi faire. Excuse-moi, c’est à Martial que je parle.

Mon soutien-gorge. C’est le coquin, tu sais : celui que tu m’as offert avec une fente.

Ma culotte.

Je fais ma coquine. Tu sais : comme je le fais pour te réveiller un peu. Lui n’a pas besoin de plus. Je vois son sexe… Oh, mon Dieu il est si gros… Je ne sais pas si mon petit trou pourra…

 

Elle me décrivait étape après étape ce qu’elle faisait, ce que cet homme lui faisait. 

J’avais obéi. J’étais sur le lit. J’écoutais sa voix. J’étais excité. Mon sexe était dur, d’une dureté que je ne lui connaissais plus.

Elle ne parlait plus. Je l’entendais gémir. Elle venait juste de me dire qu’elle se faisait prendre par derrière et que le gros machin la remplissait.

Et puis, je remarque que cela fait comme un écho. La porte de la chambre s’ouvre en grand. C’est elle. Elle tient son téléphone dans la main. Elle gémit.

Elle avance vers moi.

Maintenant je te crois. Elle me dit, constatant que je bande.

 

—Ce n’était pas vrai ? Elle avait tout simulé ? Je dis, surprise comme lui a dû l’être sur le moment.

—Oui. Elle avait été jusqu’à rechercher sur le net des histoires qui lui avaient fourni un canevas et des dialogues.

—Et après ?

—Tu peux imaginer lorsqu’elle m’a trouvé en forme !

—Bien sûr, je parle. Après cette expérience.

—Eh bien, elle a accepté. Oh, pas du genre, j’invite un mec à la maison et ils le font… Non, si elle avait pris conscience de l’efficacité de cette solution pour moi, elle n’était pas certaine de pouvoir assurer. On a commencé doucement.

—Cela veut dire quoi "doucement" dans ce genre de situation ? 

 

En réalité, je pense que Sylvain me raconte des craques. Je ne connais pas intimement Sylvie, juste des relations de bons voisinages et quelques invitations, mais je la vois un peu comme moi, même génération, même éducation, même milieu social. Mais je joue le jeu avec Sylvain, tout en me demandant s’il ne cherche pas à me proposer quelque chose. Après tout comme il a dit, il est seul depuis un moment et, sans être prétentieuse, je suis "consommable".

 

—D’abord au club. D’abord regarder. Puis une fois, faire l’amour à côté d’un autre couple. Et puis Sylvie s’est rendu compte que des hommes la remarquaient. Que certains en dansant lui montraient que sa beauté et sa sensualité se transformaient dans ce lieu en une attirance érotique. La première fois, elle n’a pas voulu que je reste à côté d’elle, mais un habitué m’a montré que je pouvais voir sans être vu grâce à un miroir sans tain. Et puis cela s’est fait. Une fois. Une autre fois. À nouveau.

—Mais toi, tu ne faisais que regarder ?

—J’ai bien essayé, mais je revenais toujours vers elle.

—Et c’est dans un club qu’elle a rencontré celui avec lequel elle est partie.

—Oui et non. Au fil du temps nous sommes vraiment devenus des complices dans la réalisation de mon fantasme. On en est venu à imaginer des scénarios.

—Comme celui qu’elle avait fait ?

—Plus coquins, bien plus coquins. Non seulement je regardais, mais aussi je filmais. Ainsi, je gardais un souvenir de nos rencontres.

—Mais quel genre de scénarios ? 

—Du genre, un cambrioleur nous menace. Il m’attache et profite de l’épouse.

—C’est un peu tiré par les cheveux.

—Oui, mais efficace. 

—Et pour en revenir à son départ.

—C’est un des partenaires. Il a participé plusieurs fois. Il était bon acteur, savait la mettre en valeur, bon amant. Ils sont tombés amoureux. Qu’est-ce que je pouvais y faire ? 

—Ce n’est pas banal. 

 

Un silence.

 

—Excuse-moi de ces confidences, mais elles me font du bien. J’espère que je ne te choque pas avec tout cela.

—Oh, non.

 

Un silence.

 

—Tu ne me crois pas.

—Mais si… Pourquoi je ne te croirais pas ?

—Non, tu ne me crois pas. Je l’entends au son de ta voix. Tu dois te dire que je raconte des carabistouilles pour me rendre intéressant ou pour faire moins "mari cocu". Je reconnais que cela peut paraître un étrange chemin… Et pourtant…

—Sylvain, je t’assure que…

—De toute façon, en rentrant, je te montrerai que je ne suis pas un menteur. Après tout je ne vois pas pourquoi je…

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—Tiens notre voiture n’est pas à sa place. Tom a dû aller faire un tour.

—Parfait, cela nous laisse du temps pour que je t’apporte la preuve que…

—Sylvain, je t’ai déjà dit que je te croyais.

—Non, tu ne me crois pas. J’ai horreur de passer pour un menteur, pire un affabulateur. Cela ne va prendre que vingt ou trente minutes. Tu pourras accélérer si tu veux.

 

Il insiste tellement que je le suis chez lui. Il me fait installer devant son écran télé. Quelques secondes où il bataille avec un disque dur dont je vois défiler sur l’écran des titres qui commencent à me faire penser que mes doutes ne sont peut-être pas justifiés. Il clique sur :

Le Roch… Quartier Nord. Amir et Kevin.

 

—Je te laisse. Tu seras plus à l’aise si je ne suis pas là. Je suis au garage. Appelle lorsque tu veux arrêter.

 

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C’est à ce moment que la chronologie reprend sa place. Je découvre la vidéo.

Je ne suis pas particulièrement prude, ni coincée, ni, ni, ni… Mais combien de "ni" pour me mettre au niveau de ce que je vois.

Je la connais….

Je vous ai laissés au moment où les deux jeunes amants ont aspergé Sylvie de leur semence.

Tout est plus clair maintenant, enfin j’espère. Cette vidéo est la preuve que Sylvain ne m’a pas menée en bateau et que ce dont il m’a fait confidence, il y a quelques heures sur la plage, dans un confessionnal improvisé par un coupe-vent, est la vérité.

Difficile de douter maintenant que le couple ait évolué comme il me l’a dit. Cela paraissait impossible, mais j’avais tort.

J’en ai la preuve sous les yeux. Les deux jeunes hommes viennent d’éjaculer.

Je pense que la vidéo touche à sa fin, mais le compteur me montre que non. 

Il ne faut pas longtemps pour que les deux jeunes retrouvent leurs esprits. Étonnamment, ils se comportent comme des amants, comme des amants qui ne font pas que recevoir, mais aussi donner.

Ils se lèvent. L’un s’occupe du soutien-gorge, l’autre de la petite culotte. Un instant, ils jouent avec les deux pièces de dentelle, insistant sur les fentes qui sont faites pour laisser libre accès aux tétons et à la chatte.

Ils font asseoir Sylvie sur le canapé. L’un plonge entre ses cuisses, l’autre caresse sa poitrine. Tous deux savent comment faire. Jeunes mais expérimentés, et pas seulement des baiseurs machos. Ils savent où appuyer pour donner du plaisir à une femme et bientôt ce sont les cris de Sylvie qui ponctuent leurs caresses. Elle jouit. Elle a la jouissance bruyante. Elle fait participer son mari à son plaisir. Elle lui parle, comme elle encourage ses amants.

Le silence revient. Je vois un bras de l’opérateur apparaître devant l’objectif pour faire venir à lui l’un des hommes. Il lui parle mais le micro n’entend pas. Mais ce n’est pas nécessaire.

J’accélère. Je me sens voyeuse de cette vidéo qui avait pour vocation à rester privée mais qui sert à me persuader de la bonne fois de Sylvain.

Sylvain, un mari qui continue de filmer alors que les deux hommes prennent sa femme en sandwich.

Un mari qui s’approche assez pour que l’épouse prise par deux mandrins, en fasse apparaître un troisième. Ce troisième qu’elle suce jusqu’à ce qu’il crache son sperme, un sperme qu’elle boit, déguste, avale avec une perversité que je ne pensais pas possible.

 

La dernière image est celle de Sylvie sortant au grand jour, mettant un foulard sur sa tête, se cachant pour suivre son mari…

 

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J’attends quelques minutes avant d’aller rejoindre Sylvain qui fait du rangement dans son garage.

 

—Alors ? Il demande.

—Je te crois. Excuse-moi d’avoir douté, mais tu comprends, cela paraissait si étonnant, surtout venant de personnes que je connais.

—Tu condamnes ?

—Pas du tout. C’est votre choix. 

 

Mon téléphone sonne. C’est Tom.

 

—Oui, Chéri, ça va ? Tu es où ? Un long silence. J’entends sa respiration et puis : Tu n’es pas rentrée ? Tu n’as pas vu mon message.

 

Je vais dire que je suis chez le voisin, mais je me vois mal lui expliquer les confidences de Sylvain et ce qu’il m’a montré. D’ailleurs j’ai promis le secret. Sur le moment je ne pensais pas à devoir respecter ma promesse mais maintenant, si.

 

—J’arrive. Je viens juste de voir que la voiture n’est pas là.

—Je t’ai laissé un mot. Elle est sur le parking de la gare. Dans ce mot je te disais que j’avais dû rentrer.

—Ce n’est pas vrai. ? Tom ! Toujours ton travail. Je suis en colère. Tu reviens quand ?

—Euh ! Justement c’est que je voulais te dire… Pas tout de suite.

—Comment ?

—Je suis parti parce que je voudrais que nous fassions un break.

—Un break ?

—Oui. Pendant quelques jours, quelques semaines, quelques mois peut être. J’ai besoin de faire le point.

Je suis sans voix. Je n’arrive qu’à répéter ses paroles : Quelques, jours…Quelques semaines … Quelques mois… Et puis l’évidence : Tu as rencontré quelqu’un ?

—Oui.

—Tu l’aimes ?

—Oui… Non… Je ne sais pas. C’est pour cela que je voudrais faire un break.

—C’est ça, me quitter pour aller voir ailleurs, et revenir si ça ne va pas. Et puis quoi encore. Je ne suis pas un refuge pour mari indécis. Si tu pars, tu pars. Ne reviens jamais. Et tu sais où tu peux mettre ton break. Salaud ! Salaud ! Salaud !

 

J’éclate en sanglots.

Sylvain, qui a assisté à toute la scène et qui a compris ce qui se passait, du moins le principal, s’approche de moi. Je tombe dans ses bras.

Alors je vis le pire moment de ma vie. Un moment que je sais partagé par beaucoup de conjoints et conjointes, mais cette idée ne me console pas.

Je n’ai rien vu venir. 

Après tant d’années.

Je passe de la colère au désespoir. Sylvain fait de son mieux. Il me dit du genre :

Il reviendra. C’est juste une amourette. La crise de la cinquantaine. Et s’il ne revient pas, tu verras avec le temps toi aussi tu rencontreras un nouvel amour. 

Les heures passent. Je n’arrive pas à prendre le dessus. Les pleurs… La colère… La honte… La culpabilité. Oui, même la culpabilité, me sentant responsable de son désamour. Je n’ai pas su le… Il voulait peut-être comme toi Sylvain tu avais voulu… :

 

—Mais non. Ne te sens pas coupable. Ce n’est pas ta faute. Il te l’aurait dit. Non, juste un coup de folie.

—Mais je sentais bien que sexuellement cela allait moins bien. J’aurais dû essayer de…

—Je suis désolé de te dire cela, mais s’il avait déjà rencontré cette femme, il devait probablement, avec elle, enfin tu comprends et : tout nouveau, tout beau.

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Pas question que tu dormes seule chez toi. Va chercher quelques affaires. Pense aux clés, j’irai chercher votre voiture en vélo…

La chambre d’amis. Installe-toi. Tu veux manger ? Non. Un somnifère ? Non, je n’ai pas. Installe-toi. Le sommeil va bien finir par arriver. Si tu veux te doucher je te sors ce qu’il faut…

 

Heureusement qu’il est là. Il prend tout en main et lorsque mes pleurs reviennent, il essaie de me réconforter en m’enveloppant dans ses bras.

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Il fait nuit. Une seconde je suis perdue. Et puis tout revient. Il est trois heures du matin. Sylvain est venu me dire qu’il avait ramené la voiture. Finalement, je me suis endormie.

Je me sens seule, si seule. Sylvain a laissé la porte entrouverte avant de me laisser :

Je laisse aussi ma porte ouverte. Si tu as besoin, appelle-moi.

Il ronfle. J’entends ce bruit qui d’habitude me dérange mais qui, cette nuit, me rassure. Un rappel de Tom. Le salaud… Non, ne pas pleurer… Pourtant il me manque déjà… Sa chaleur.

Je me lève sans bruit. Il ne fait pas vraiment nuit. Je vais boire un peu d’eau. Je passe devant la chambre d’où sort ce bruit qui me rassure.

Et si… J’entre. Alors sans bruit je soulève le drap qui recouvre le dormeur. Je me glisse le plus doucement possible en faisant attention de ne pas le réveiller.

Il dort et je me sens mieux. Je ne suis pas seule. Je pleure en silence. Je ne veux pas le réveiller. Sa présence me suffit. Je vais rester un peu et puis retourner dans ma chambre. Oui, rester pour prendre de sa chaleur, de sa compassion.

Mais il bouge. Il tourne et son bras me touche. 

 

—Sylvie ? 

 

Mais il réalise en quelques secondes que ce n’est pas sa femme.

 

—Romy ? Ça va ? Tu n’es pas bien ?

—Si, mais j’avais besoin d’une présence. Je peux rester ?

—Bien sûr.

 

Nous restons quelques minutes en silence. Il ne s’est pas endormi.

 

—Tu veux bien me prendre dans tes bras ? Je vois qu’il se tourne vers moi. 

—Si tu veux. Viens.

 

Il lève son bras en guise d’accueil. Je rampe vers lui. Ce lit est étonnement grand. Une seconde, j’ai la pensée qu’il a dû s’en passer ici. Un lit si grand, c’est pour…

Je me love contre lui. Ses bras m’enveloppent. Je me sens protégée, dans un cocon de chaleur, de paix, de calme.

Je réalise qu’il est nu. 

Nous restons ainsi un long moment. Et puis je sens contre mon ventre une… Son sexe… Il bande. 

 

—Excuse-moi. Il recule un peu. Il recule un peu plus. C’est que…

—Je comprends. Je peux rester dans ton lit ? Sans que l’on se touche ?

—Oui. Excuse-moi, je n’ai pas voulu, c’est juste que.

—C’est naturel. 

 

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Non, je ne te laisse pas toute seule. Au moins aujourd’hui. Tu veux faire quoi ?

Je ne sais pas. Décide, toi.

 

Il a choisi la plage. Il a raison. Il a même prévu de quoi manger. Je dévore ce qu’il a apporté. Il se moque de moi :

Doucement. Tu ne vas plus pouvoir rentrer dans ton maillot de bain.

La plaisanterie est de circonstance, car je ne le porte pas. Il voulait installer le coupe-vent, mais j’ai dit que ce n’était plus nécessaire.

Nous parlons. Nous nageons et surtout, faisons deux longues promenades, le long de la plage et retour par le sentier qui passe derrière la dune. Lorsqu’il sent que le chagrin revient, il me prend la main, une main chaste, qu’il passe aussi sur mon visage pour essuyer quelques larmes.

Nous parlons. Chacun raconte un peu de sa vie, de son enfance, de la rencontre avec son conjoint, des passages à vide. C’est comme un exorcisme. 

 

--------------
 

Je peux encore dormir chez toi cette nuit ?

Bien sûr.

 

En demandant cela, je n’avais pas prévu. Vraiment au départ c’est parce que je ne voulais pas me retrouver seule chez moi. Pourtant cela m’était arrivé de nombreuses fois, mais c’était différent.

Mais seule dans mon lit, le souvenir de la nuit dernière me revient. Sylvain qui bande. Et puis je pense :

Pourquoi pas moi. Quand je pense que j’ai été fidèle alors que lui couchait avec une autre.

Alors je me lève. Comme hier les portes sont entrouvertes. J’entre dans la chambre. Je ne sais s’il dort, mais je fais comme si. En silence j’enlève ma nuisette et me glisse dans les draps.

Il se retourne vers moi.

 

—Je peux ? Je demande dans un souffle.

—Bien sûr. 

 

Quelques secondes ou nos regards se croisent. Alors j’ose.

 

—Tu veux bien me prendre dans tes bras.

—Romy, je voudrais bien, mais tu sais bien que…

—C’est la nature !

Il sourit. La nature mais pas seulement. 

—Je peux ? Balayant d’une question toutes ses inquiétudes.

 

Il m’ouvre les bras. Je viens me blottir contre lui. Tout de suite, il remarque que je suis nue aussi.

 

—Romy ? Pourquoi ?

—Je ne te plais pas ?

—Si bien sûr que si, mais…

—Ils sont partis. Alors pourquoi nous n’aurions pas le droit. 

—Si c’est pour te venger, ce n’est pas une bonne idée.

—Me venger, oui, mais moi aussi j’ai envie de toi. Embrasse-moi.

 

Ses lèvres effleurent à peine les miennes que je sens son sexe se réveiller.Je me sens fière de déclencher un tel désir. Il y une éternité que Tom ne bandait plus à mon simple contact. Il lui fallait bien plus, que je le caresse, que je le provoque, que je le suce, pour que son bâton trouve une vigueur, et encore, pâle reflet de sa vigueur du début de notre liaison.

Sylvain, lui, bande juste par ma présence. Mon Dieu que c’est agréable de se sentir désirée ainsi. Pourtant il n’ose pas bouger. Il doit penser que j’ai parlé de mon désir de lui juste par "politesse", pour le remercier de son amitié et du soutien qu’il m’apporte en ce moment si difficile.

Je glisse ma main entre nous. Je découvre la réalité de son désir. Il est dur comme du bois. Il gémit, ses yeux se ferment alors que je ne fais que refermer ma main sur sa hampe. 

 

—Merci. Je lui susurre à l’oreille, et puis je pose mes lèvres sur les siennes.

 

Je sais c’est ridicule de remercier un homme alors qu’il ne fait que montrer son envie. Nos visages sont proches. Il a abandonné mes lèvres pour couvrir mon visage de baisers. C’est doux, délicat, attentionné, à l’écoute de mes réactions.

 

—Cela fait longtemps que je rêvais de ce moment. 

—Mais jamais tu ne m’as fait la moindre avance.

—Tu étais la femme d’un ami. Je suis peut-être tordu pour ce qui est de mes fantasmes, mais je me suis toujours interdit de regarder dans le jardin du voisin.

—Pourtant c’est ce que tu as fait. Je lui dis, le taquinant par cette remarque qui rappelle sa confidence de la veille. 

—Tu as très bien compris.

—Je plaisantais.

 

J’essaie de mettre dans mon regard toute mon envie. J’ai encore le souvenir de celui que sa femme lui jetait alors que les hommes la baisaient. C’était plus que de l’envie, plutôt de la provocation, du vice, du plaisir. En me parlant de leurs aventures il a mis la barre très haute. Comment, moi, pauvre épouse, n’ayant que l’expérience du sexe marital si on oublie mes lointaines baises de jeunesse, saurais-je satisfaire un tel homme ? 

Pourtant il bande juste de mon contact. Oui, mais avec Sylvie il… Si je fais comme avec Tom, je vais lui paraître bien fade. Saurais-je le satisfaire ?

Ma main serre toujours sa hampe. Mon pouce joue avec son gland. Il gémit doucement. Son regard me dit tout le bien que je lui fais et pourtant, je ne fais que tenir la preuve de son désir.

Pourquoi moi je ne pourrais pas ? Qu’est-ce Sylvie, qu’est-ce que toutes ces femmes qui assument leurs fantasmes, ont de plus que moi. La beauté ? Non, la liberté, oui. La liberté de ne pas se contraindre, la liberté de savoir afficher, sans honte, ses envies. Par exemple.

Oui. Par exemple, se montrer sans pudeur, par un geste comme…

Ma main libre s’empare de la sienne. Elle la porte vers mon visage. Elle se referme pour ne laisser que l’index de libre, un index que je porte vers mes lèvres, mes lèvres qui s’entrouvrent pour le laisser passer. 

Oui, comme cette fellation simulée sur son doigt que je suce. Ce simple geste semble l’éveiller. Ses yeux vont de son doigt, ma bouche à mes yeux. J’essaie d’accompagner ce geste par un message muet. Est-ce qu’il peut y voir ce que je voudrais lui montrer ?

Pas sûr. Le plus simple est encore la parole. Je dis, en retirant son doigt, en soulevant le drap, en passant la tête dessous :

 

—Laisse-moi faire.

 

Il n’a pas l’intention de résister. D’ailleurs il écarte les jambes pour me laisser la place. En rampant je déplace le drap et je crois qu’il a bien aidé le tissu à tomber derrière moi.

Il veut me voir. C’est un mari candauliste et donc pour lui, la vision est importante. 

Mais je ne vais pas tout de suite au principal. Une fois installée entre ses cuisses, je remonte. Mes lèvres reviennent vers les siennes. Baiser humide et torride. Je pousse ma langue dans sa bouche, elle bataille avec la sienne. Il n’est pas question de vainqueur ou de vaincu. Il veut me prendre dans ses bras. Je refuse en le repoussant lentement lui montrant ainsi qu’il doit me laisser libre. 

Je bouge pour lui faire sentit ma poitrine sur son torse, le poids de mes seins, la dureté de mes mamelons.

Mes lèvres tracent un chemin sur son torse. Déjà, elles font une halte vers ses tétons. Tom aime cette caresse. Sylvain aussi. Il me laisse libre. Il met juste un coussin sous sa tête pour mieux suivre.

Oui, suivre le chemin de mes lèvres qui abandonnent des tétons humides et légèrement tendus pour le ventre, le pubis, le sexe. Non, pas le sexe, je le passe, le frôlant, le caressant juste du souffle qui s’échappe de mes lèvres, brise chaude et humide.

Il ne fait pas noir. Les volets ne sont pas mis et la pleine lune inonde la pièce d’une lumière complice.

Elles sont là. Sur la plage, j’avais eu tout le loisir de les découvrir, mais reposées et souvent cachées par le sexe. La peau est tendue. Elle prend sa source si près de l’anus que ma langue hésite. Mais elles m’attirent. Ma langue en fait le tour, mes lèvres les embrassent. Il faut me pencher beaucoup pour les prendre en bouche. L’une, puis l’autre. Mes cheveux m’aveuglent. Je ne peux le regarder, mais son gémissement parle pour lui. 

Je joue avec ses bourses. Elles sont gluantes de ma salive. Alors je les abandonne. Une main vient les garder au chaud.

Ma langue trace un sillon qui me paraît sans fin avant de trouver le gland. Gland turgescent où je découvre quelques gouttes nacrées qui s’en échappent. J’hésite une seconde mais la nouvelle femme que je veux être à partir de maintenant, prend la décision. Par petites touches, ma langue, gourmande, les cueillent. C’est salé. Son sexe vibre. J’ouvre la bouche, je dépose mes lèvres sur le gland, autour du gland, autour du sillon, autour de la hampe dans une descente délicieuse. Oui, délicieuse car sa verge est belle, grosse, dure et… Et… Mon Dieu que c’est bon ! C’est comme ma première fellation lorsque j’étais adolescente. Une découverte bien différente du sexe d’un homme. Jamais la main la plus douce, le vagin le plus sensible, le petit trou le plus étroit ne peuvent laisser percevoir toute la complexité d’un sexe d’homme. La peau si différente du gland, du sillon, de la hampe, même la hampe n’est pas uniforme.

J’ouvre ma bouche au mieux. Elle est si grosse et surtout si dure, une dureté que j’avais oubliée possible. Je n’en avale que la moitié. Je ne cherche pas à faire une gorge profonde, je m’en sais incapable. 

Par contre ! Je me mets à le pomper en silence, enfin, un silence que le gargouillis de ma salive suffit à remplir. Comme il est ponctué par les gémissements de Sylvain. Comme il est souligné par mes propres grondements. 

Ma main pétrit ses bourses, les faisant rouler. Mais aussi par moment, un doigt semble s’échapper de cette main pour aller masser son petit trou.

Sa bite semble vivre. Je sens comme une vibration. C’est probablement l’écho de la respiration rapide de Sylvain.

Il gémit. Je le pompe de plus en plus vite, poussant son mandrin dans ma gorge, toujours un peu plus.

Il gémit. Je veux qu’il jouisse. Je veux qu’il crache son plaisir, son sperme. Moi aussi, je suis sensible et si j’allais voir entre mes cuisses, la tiédeur serait renforcée par une rosée d’envie. 

Je le branle. Mon autre main presse ses couilles et mon doigt se fait de plus en plus coquin. Il fait plus que masser sa corolle, il cherche le point faible, le centre de son muscle.

Maintenant mes lèvres ne quittent plus le gland. Ma respiration se fait dépression. J’aspire ce que je veux déclencher.

Il gémit. Il va venir. Il va le dire. Je le branle de plus en plus fort. Je presse ses couilles pour en extraire leurs sucs. Je pousse mon doigt, forçant le muscle, avançant en pays conquis.

 

—Je… Je…

 

C’est ma victoire. Il ne peut même plus parler. Le plaisir le submerge. Il monte. Il monte. Je le veux dans ma bouche. Je veux lui montrer que même une épouse fidèle peut donner du plaisir à un libertin. 

Il lâche un long cri qui accompagne son éjaculation. Une giclée d’une pression inouïe m’inonde. Ma langue la contient à peine. Son sexe est comme agité de spasmes. Chacun accompagne une éruption. Il n’en finit pas de m’inonder la gorge.

Mais le volcan se calme. La source se tarit. Ma bouche est pleine de ce que je sais être un liquide blanchâtre et visqueux. Il me brûle et m’enflamme. Mon ventre est brûlant. 

Alors je revois la vidéo. Le moment ou Sylvie avait la bouche pleine du foutre de son mari et qu’elle lui montrait comment, avec une déglutition appuyée, elle le faisait disparaître. Je lève les yeux. Il est là. Il me regarde. Je lui souris. Un sourire de cochonne avec des coulures de sperme. Mais un sourire tout de même, où je mets toute la perversité dont je suis capable.

Je déglutis et, en sentant son sperme descendre dans ma gorge, je pense :

Je n’aurais peut-être pas dû. Avec ma vie d’épouse fidèle, je ne sais plus ce qu’on peut ou ne peut pas faire. Et ce salaud de Tom ! J’espère qu’il ne m’a pas ramené une saleté de sa salope de pute de maîtresse…

 

À suivre.

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