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Des vacances bien remplies !

Chapitre 2

Retrouvée !

Avec plusieurs hommes

Résumé de Abandonnée (1).

Le mari de Romy est parti. La femme de Sylvain est partie. Mais il y a une différence. Sylvain avait, avec son épouse, de nombreuses aventures où ils se livraient à des pratiques sexuelles bien éloignées de celles de Romy avec Tom son mari.

Romy trouve du réconfort dans les bras de Sylvain. Elle apprécie les moments passés ensemble et d’une certaine façon, redécouvre le plaisir de la sexualité.

 

Ce n’est pas de l’amour, même s’il y a de la tendresse entre nous. Certains pourraient dire que ce sont deux solitudes qui, ensemble, font face à l’adversité. D’autres encore, deux âmes abandonnées, trahies, qui cherchent le réconfort. Mais la réalité est plus simple. Si nous passons beaucoup de temps ensemble, c’est surtout pour le sexe. Oui le sexe, matin, midi, soir. Des pulsions d’adolescents à qui leur corps demande de satisfaire des besoins irrépressibles.

Je me découvre. Oui, cela peut paraître étonnant, voire incompréhensible, qu’il m’arrive ce genre de chose à mon âge. Un âge où certaines recommencent à pouponner, en charge de leurs petits-enfants. Moi cela ne risque pas, je n’ai pas d’enfants, pas réussi à en avoir. Je me suis fait une raison. Après tout, il faut bien tirer des avantages de cet état qui m’a fait souffrir pendant longtemps.

Oui, je me découvre. Je ne sais plus si je vous ai dit que je ne suis pas novice dans ces jeux. Un peu d’expérience avant mon mariage, mais surtout un mari, vous savez, l’enfoiré qui vient de me quitter, qui aimait bien ça. Avec lui, j’ai approfondi mes connaissances, diversifié les plaisirs, découvert que certains orifices méritaient qu’il s’y attardât. Bref une belle sexualité de couple que certains pouvaient nous envier. Vous savez maintenant par mes confidences, que ces derniers temps le feu qui nous animait, enfin surtout celui de Tom, donnait des signes de faiblesse et que les braises avaient bien du mal à se transformer comme avant en baises puissantes et agréables.

Je me sentais coupable, avant qu’il me quittât. Je me disais que je ne lui plaisais plus, que je ne savais plus y faire, que la retenue qu’il me reprochait dans l’amour, participait à son éloignement. Mais je sais depuis que je n’étais pas la seule coupable. Probablement que mon ardeur faiblissait mais merde, l’enfoiré baisait ailleurs et son "ardeur" il la proposait à une autre !

Je me découvre. Avec Sylvain, les choses sont simples. Il a envie, il sait me le faire comprendre. J’ai envie, c’est la même chose. Je suis retournée chez moi. Pas question de vivre une vie de couple. Non, on se rencontre juste pour le plaisir. Oh, pas que le plaisir de coucher, mais aussi celui autour d’une bonne bouteille, d’un repas, d’un pique-nique, d’une soirée de danse.

Je me découvre. C’est comme si un voile s’était déchiré dans ma libido. À chaque fois que je pense…

 

Romy, tu en fais trop. Que va-t-il penser de toi ? Qu’est ce qui t’arrive ? Pourquoi tu parles tant, alors qu’avec Tom tu étais silencieuse ? Pourquoi tu fais ta séductrice ? Tu penses "séductrice" mais d’autres diraient "coquine", voire "cochonne", voire "salope".

 

…il suffit de me souvenir des confidences ainsi que de la vidéo de Sylvain. Jamais je ne pourrais me mettre au niveau de Sylvie. J’ai de la marge. Mais manifestement il s’en satisfaisait car jamais le dernier à vouloir me faire "honneur".

 

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Ces périodes de célibataires étaient entrecoupées de visites, soit pour lui, soit pour moi. Lui ne cachait pas le départ de sa femme. Moi, pour l’instant, Tom était en déplacement. Sauf pour Angélique.

Angélique et son mari arrivent comme prévu pour une petite semaine. Angélique est une amie d’enfance. Elle apporte la preuve, s’il en fallait une autre, que la même éducation, le même milieu peuvent donner des résultats différents. Ils forment un couple disparate. Lui est prof de fac, spécialisé dans l’histoire et la littérature au moyen âge. Un peu pédant, toujours propre sur lui, un intellectuel qui vit un peu dans son mode. Angélique est une femme de son temps, qui travaille et profite de la vie. Quand je dis que les résultats sont différents, il suffit de comparer avec moi. Je suis, j’ai été, une femme fidèle. Angélique accumule les conquêtes. Déjà au lycée, elle savait mener sa cour d’amoureux et plus si affinité. Une fois elle a même… Mais c’est une autre histoire. Je me demande toujours comment son mari, Angus (cela dénote du personnage), ne se rendait pas compte des infidélités de son épouse. Elle se cachait, mais tout de même.

Bref ils débarquent. Très rapidement, elle me confond dans mon mensonge et je suis obligée d’avouer le départ de Tom.

 

—Bon débarras. Un de perdu, dix de retrouvés.

—Cela fait trente ans qu’on était ensemble. De toute façon tu ne l’as jamais aimé.

—C’est vrai. Avant lui, on s’amusait bien toutes les deux, mais dès son arrivée, je n’existais plus pour toi. Ne me dis pas que tu as oublié comme on s’amusait avant lui.

 

Angélique parle d’une période de ma vie ou, avec elle, entraînée par elle, nos jeux d’adolescentes prenaient un chemin bien trouble. J’avais mis mon mouchoir sur cette période. Tom m’avait "sauvée" de ce "dévergondage" bien agréable mais trop "limite".

 

—Des jeux d’adolescentes. Je n’ai pas regretté mon choix. Je l’aimais. Nous avons vécu heureux.

—Peut-être, mais quel ennui cela devait être. Tu méritais mieux. Avec moi nous aurions…

—Ce qui est fait est fait. Je dois avoir ma part de responsabilité s’il est parti.

—Mais non. Il a été voir ailleurs si l’herbe était plus verte. Ne regrette rien. Vois, le côté positif. Justement, tu dois avoir du retard à rattraper. 

—Mais on a été heureux même si vers la fin…

—La faim… Oui je dis bien faim, f. a. i. m., c’est ce qu’il te manquait. La faim de l’autre, l’envie de… Bref tu vas te trouver un nouveau mec et tu vas en profiter. Regarde, tu as déjà un candidat juste à côté de chez toi. Tu m’as bien dit que la femme du voisin est partie aussi. Ils sont peut-être ensemble d’ailleurs. 

—Non, impossible.

—On s’en fout. Il est pas mal, vous pourriez vous consoler ensemble ?

—Sûrement pas. Je suis mal à l’aise. Angélique a un don pour mettre le doigt dessus. Ce n’est pas mon type.

—Ah, moi, je m’en ferais bien un quatre heures… Et quand je dis quatre, je pense plus encore.

—Tu es incorrigible. Si Angus t’entendait.

—Cela ne risque pas. Il est plongé dans l’écriture d’un roman. Au Moyen-Âge, un meurtre, un chevalier qui enquête. Alors tu vois, il a d’autres chats à fouetter. Elle éclate de rire. Et de chattes encore plus !

—Angélique !

—Ça va, ça va, il n’y a pas mort d’homme. Et encore moins de petite mort. Elle rit à nouveau.

 

Cela fait du bien. Avec elle tout paraît facile. Les baises avec Sylvain me manquent mais je n’arrive pas à m’échapper.

Je soupçonne ma copine d’avoir des vues sur mon voisin. Elle se débrouille pour le croiser. Elle prétexte un problème sur sa voiture et comme par miracle, il le résout. 

Comme chaque fois, la tradition est établie, ils m’invitent au restaurant pour me remercier de mon accueil.

 

—On pourrait inviter Sylvain. Il nous a bien dépanné l’autre jour. Son approche me paraît cousue de fil blanc, mais Angus, renchérit pour aller lui-même inviter son "concurrent".

 

Le repas est amical. Angus a le don de savoir animer une conversation. Il ne fait pas trop étalage de ses connaissances. Charmante soirée, sauf qu’à un moment où je me retrouve seul avec Sylvain, il me dit :

 

—Dis donc ta copine n’arrête pas de me chauffer. Pendant une bonne partie du repas elle a passé son pied sur mon entre-jambe. 

—Tu lui plais. Elle me l’a dit. Un silence et puis je me dis qu’il attend peut-être autre chose de moi. Je comprends. Si tu as l’occasion ne te prive pas. Je ne suis pas jalouse. D’ailleurs, j’ai dit qu’il n’y avait rien entre nous.

—Tu es certaine. Je ne voudrais pas que… D’ailleurs, je me fais peut-être des idées.

—Ils partent demain dans l’après-midi. Si tu la veux, ne tarde pas.

 

Je m’étonne moi même d’être si libre dans mes pensées et mes propos. 

En réalité, Sylvain n’a rien à faire. C’est elle qui au moment de rejoindre nos voitures, lance :

 

—Je vais rentrer avec Sylvain. Sylvain, vous voulez bien que nous passions par la côte ?

—Chérie, je peux passer par là si tu as envie. Propose son mari.

—Merci, mais regarde : Romy est fatiguée…

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Est-ce qu’il est dupe. Aveugle à ce point ? Nous roulons en silence. Est-ce qu’il sent combien je suis gênée pour lui ?

 

—Je sais ce que tu penses. Il dit, tout en ne quittant pas la route du regard.

—À propos de quoi ?

—D’Angélique. De notre couple. De ce retour avec Sylvain.

—Mais non, je ne vois pas de quoi tu parles.

—Mais si. Tu penses : il est aveugle de ne pas voir pourquoi elle a voulu rentrer avec le voisin.

—Je te promets.

—Ne mens pas. Respecte-moi, au moins. Si tu crois que je ne sais pas ce qui va se passer. Évidemment qu’elle va baiser avec lui. J’ai bien vu son manège pendant le repas. 

—Si tu sais, pourquoi tu laisses faire ?

—Elle me revient toujours. Je ne suis pas jaloux. Au contraire je suis heureux qu’elle puisse voir ailleurs. Elle a des besoins que je ne peux pas satisfaire. Je sais que c’est moi qu’elle aime. Sinon, elle serait partie depuis longtemps.

—Mais tu sais depuis quand ?

—Depuis presque toujours. Surtout, ne lui dis pas. Je veux qu’elle se sente un peu coupable. En général elle cherche à se faire pardonner, même si je ne suis pas censé savoir. Cela te choque ?

—Oh, pas du tout. Chaque jour, je m’aperçois que mon couple avec Tom était d’une autre époque. 

—Pourquoi ? Tu as d’autres exemples ?

—Oh, juste des soupçons. 

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Nous sommes dans le salon. Angus et moi buvons une tisane. Nous sommes arrivés depuis quelques minutes. Son smartphone bipe.

 

—C’est Angélique. Ils ont crevé. Elle dit de ne pas m’inquiéter. Il sourit, désabusé.

—Je finis ma tisane et je vais me coucher.

—Non, reste. C’est toujours intéressant de voir comment elle va arriver.

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Il a raison. Elle sauve les apparences en arrivant avec les mains sales.

—J’ai essayé de l’aider pour arriver plus vite.

Le culot. Une heure de retard. Mais son mari complaisant l’absout par un :

—J’espère que tu as pu au moins suivre la route de la côte.

—Oh, oui, c’était magnifique.

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La chambre d’amis jouxte la mienne. L’appartement date d’une époque où l’insonorisation n’était pas le point fort du bâtiment.

Elle se fait pardonner. Aussi bien l’un que l’autre est assez expansif pour que je profite de leurs ébats. Elle a la santé. Par expérience, je sais que Sylvain est un bon amant et pourtant c’est un festival avec son mari.

 

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Elle est déjà levée lorsque je descends à la cuisine.

 

—Je vais faire un petit footing.

—Angus est réveillé aussi ?

—Non, il dort, il va dormir tard. Il doit être fatigué.

—Cela ne m’étonne pas. J’ai entendu. 

—Oh pas pour ça. Après il a travaillé tard sur son livre.

—Ah !

—Tu ne me demande pas comment c’était avec Sylvain ?

—Non. Cela ne me concerne pas.

—C’est vrai. Elle me regarde. Elle sourit. Elle se moque manifestement de moi. Au fait j’ai trouvé ça glissé dans le siège arrière de la voiture. Elle sort une petite culotte. C’est drôle, elle ressemble étrangement à celles qu’on a achetées ensemble pendant les soldes. Elle sourit, goguenarde. Bon, ce n’est pas tout il faut que je profite de la fraîcheur. Et elle part en laissant ma culotte sur la table.

 

La peste soit d’Angélique. Je suis découverte. Elle doit rire de la tête que j’ai faite lorsqu’elle a sorti la culotte. Est-ce qu’elle l’a trouvée avant, ou après ? Quelle importance ? De toute façon elle m’a faite cocu. Mais non, pas cocu. Rien ne me lie vraiment à Sylvain sauf une tendre amitié et des baises torrides. En tout cas, elle n’a pas exprimé de remord. Pas un : Si tu m’avais dit, je n’aurais pas…

C’est aussi bien. De toute façon, ils partent dans l’après-midi. Et si moi, j’allais réveiller Angus. Moi aussi je pourrais. Mais non je ne pourrais pas. Pourtant avec ce que j’ai entendu cette nuit, j’ai une envie folle de…

J’ai le temps. Je pourrais aller voir Sylvain.

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J’ai la clé, mais sa porte n’est pas fermée. Sans bruit, j’entre. La maison est silencieuse. Il doit être encore à l’étage. Je vais lui faire la surprise. En silence je me déshabille. Je vais me glisser nue dans son lit s’il dort encore, ou l’attendre, provocante, s’il est sous la douche. Je monte les marches en silence. Il doit être réveillé car j’entends du bruit. Il doit écouter la radio.

La porte est repoussée mais pas fermée. Le plus silencieusement possible je la pousse, le soleil rasant m’éblouit. Je fais deux pas, une main levée pour me protéger de l’astre solaire. Il me faut deux secondes pour retrouver un semblant de vision.

Vision inattendue. Mes deux pas m’ont rapprochée du lit et la première chose que je vois, je devrais dire plutôt, la première personne que je vois, c’est Angélique. Une Angélique qui me fait face. Une Angélique nue, les seins cachés par deux mains, deux mains d’homme, un homme qu’elle chevauche, accroupie sur le mandrin, ondulante comme une liane.

Elle me voit. Elle n’est même pas surprise.

 

—Regardez qui est là ? Décidemment, tu as tendance à perdre tes sous-vêtements. 

 

Son aplomb me sidère. En un regard, elle a compris la situation. Elle se moque de moi. Je me demande même si tous cela n’est pas un piège. Je suis humiliée. Nue, manifestement en désir d’un homme… Un homme que ma copine baise…

Je fais demi-tour. Je vais franchir la porte. Une main empoigne mon bras.

 

—Romy attend.

 

C’est elle qui s’est levée et qui, d’un bond, me stoppe. Je me tourne vers elle. Le soleil est toujours là. Une ombre se met entre lui et moi. Angélique apparaît entourée d’un halo, comme une madone.

 

—Attends. Ne part pas comme cela. Viens. 

 

Un pas ou elle m’entraîne. Sylvain s’est relevé et nous regarde. Son sexe brille de suc et de la capote. 

 

—Pourquoi  tu ne resterais pas. Regarde. Elle fait un geste qui nous englobe tous les trois. Cela ne te rappelle rien ? Luc ? tu te souviens de Luc. 

 

La traîtresse. Déjà, lorsque je lui avais avoué le départ de mon mari, la conversation avait effleuré ce souvenir. "Avant, lui (Tom) on s’amusait bien toutes les deux." Elle évoquait un souvenir que j’avais oublié ou plus exactement, relégué tout au fond de ma mémoire pour me consacrer entièrement à mon amour naissant. Un souvenir que je ne peux plus me cacher. Des moments si intimes, si bons mais si transgressifs.

Angélique sortait, enfin quand je dis "sortait", je veux dire "couchait" avec son copain de l’époque, Luc. Un garçon de quatre années notre aîné. Un garçon qui avait de l’expérience, qu’Angélique décrivait comme un amant plein d’idées. Je n’ai jamais su si le piège avait été tendu par elle ou par le garçon, mais un soir, légèrement pompette, je me suis laissée séduire. Cela avait été le début d’une aventure à trois. Luc voulait qu’Angélique et moi,  nous nous caressions devant lui. J’ai pris plaisir à ces jeux. Il nous regardait. Il nous guidait. Il avait plein d’idées, Angélique avait bien raison. Ensuite, il nous rejoignait et nous nous le partagions. C’était affreusement bon. J’avais honte, mais dès qu’il m’invitait à leurs jeux, j’accourais. Et puis Tom est apparu. J’ai tourné la page. Mais manifestement, Angélique aurait bien aimé que…

 

Luc… Luc… Ce prénom raisonne comme un écho. C’est Angélique qui me le susurre à l’oreille. Angélique qui s’est rapproché de moi, qui me parle, qui m’enveloppe de ses bras. Tu n’as pas envie ? Tu te souviens comme c’était bon. Son corps est contre le mien. Je sens sa poitrine contre la mienne. Je sens sa main derrière ma tête. Je sens ses lèvres sur les miennes. Elles sont humides, odorantes, de cette odeur caractéristique de lèvres qui ont sucé un homme.

Sylvain nous regarde. Il sourit. Cela ne l’étonne même pas que ses deux maîtresses se caressent.

Oui, se caressent car si Angélique a déjà placé une main sur ma fente, moi, je caresse ses fesses.

Que de souvenirs me reviennent ! La première fois ou nous nous sommes léchées. La première fois ou nous avons joui de nos caresses, de nos bouches, de nos langues, de nos doigts. La première fois ou, en 69, j’ai vu le sexe de Luc écarter les lèvres pour entrer dans le vagin de mon amie. Voir de si près le bâton s’activer… J’avais oublié…

Et puis Angélique me pousse vers Sylvain. Je dois m’asseoir sur ses genoux. Je sens contre mes fesses son sexe tendu. Un instant, j’imagine qu’elle veut que je me possède sur lui. Mais non, ce qu’elle veut, c’est que j’écarte les cuisses afin qu’elle s’y installe.

Elle me lèche. Sylvain se joint à elle, il me caresse. Ma poitrine est son champ de bataille. Il sait ce que j’aime. Il sait tout de moi. En si peu de temps, cet homme en sait plus que mon mari. Avec lui, je n’ai plus de retenues, j’ose lui demander, j’ose l’encourager, j’ose lui dire qu’il me fait du bien, ou même qu’il cesse ceci, pour faire cela…

Elle me lèche. Je souris intérieurement en pensant : Est-ce que la madeleine de Proust peut avoir le goût d’une fente qui suinte ?

Elle me lèche. Elle me goûte. Elle m’aspire. Elle me doigte. Ma position est inconfortable, à moitié assise sur les cuisses de Sylvain, à moitié dans le vide, mais un vide qui laisse accès à mes intimités.

Un doigt, puis un autre. Ils se parlent à travers la fine cloison. À l’époque, nous ne faisions pas ce genre de caresses. Notre petit trou, du moins le mien était encore vierge de toute introduction. C’est Tom qui m’a prise la première fois. Qui m’a enculée. Oui, maintenant je peux dire "enculée" sans me cacher.

Mais des mains se glissent sous mes fesses. Elles me soulèvent comme un fétu de paille pour me déposer juste à côté sur le lit. Angélique me suit. Ses caresses me font gémir de plus en plus.

Sylvain s’est levé. En me souriant, complice du regard, il va se placer derrière Angélique et en quelques secondes, reprend la place qu’il avait abandonnée. 

Alors il la baise. Il la secoue par ses avancées puissantes. Angélique s’accroche à mes cuisses pour ne pas être emportée. Sa bouche se frotte sur mon clitoris. Je jouis tout en croisant le regard de mon amant. Amant partagé et c’est bon. 

Angélique gronde de plus en plus. Elle annonce son plaisir. Il déferle comme une onde sismique.

Sylvain la libère. Il se relève. Il vient vers moi. Il retire la capote. Il se branle, approchant de plus en plus son gland écarlate de mes lèvres.

 

—Ah, oui, d’accord. Elle dit, constatant qu’il jute dans ma bouche. T’es une sacrée cachottière.

 

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—Je me fait l’effet d’être d’un autre âge, d’une autre époque. 

 

Je dis alors qu’Angélique est partie après un :

Je vous laisse les amoureux. Je vais courir un peu. Il faut que je sois rentrée avant que Angus se réveille. Il finirait par se douter de quelque chose après la panne d’hier.

Du coup après son départ, Sylvain me questionne :

 

—Son mari n’a rien dit hier soir ? Il ne se doute de rien ?

 

Je lui ai donc dit la vérité. Qu’il sait, mais s’en accommode. Ce qui me fait conclure par : 

 

—Je me fait l’effet d’être d’un autre âge, d’une autre époque. 

—Quand on te regarde, on ne devine pas que tu as plus de cent ans.

—Tu plaisantes, mais c’est vrai. Regarde autour de moi, Toi et Sylvie, Angélique et Angus. Nous, de notre côté, on faisait vraiment rétrograde.

—Ne dis pas cela. Il n’y a pas de honte à former un couple où la fidélité est de règle. Je ne sais pas si vous êtes encore une majorité si, en plus des couples qui sont libérés, on compte les couples ou un des partenaires va voir ailleurs. Tu vois, j’ai profité des avances d’Angélique mais je réprouve son comportement. Elle cocufie son mari, ni plus, ni moins, si elle ne sait pas qu’Angus est au courant et que cela lui convient. Tu sais, pour nos parents et avant eux, la fidélité était facile à respecter. La libération de la femme est passée par là. Aussi le monde de l’image, le travail des femmes, les déplacements faciles, les soirées, l’urbanisation, tout cela a donné lieu à des tentations si multiples qu’il est difficile de résister. Ne me dit pas que tu n’as jamais été tentée et qu’aucun homme n’a fait de tentatives de séduction. Tu es belle, intelligente, tout ce qui…

 

—Arrête ton char. Regarde ou je suis, toute nue, dans ton lit.

—C’est vrai et tu viens de me donner un magnifique spectacle. Alors comme cela, avant ton mariage, si j’ai bien compris, avec ta copine vous formiez des trios.

—Pas Des, mais Un trio. 

—Bon, ça va… Moi je n’ai personne qui m’attend. J’ai tout mon temps.

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Ils sont partis. J’ai retrouvé mes habitudes. Régulièrement Sylvain me questionne sur mes relations "Avant Tom". Il a bien senti que de me faire raconter ces souvenirs me troublait et que j’étais encore plus réactive à ses caresses.

 

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On rentre de soirée. 

Sylvain m’a invitée au restaurant, restaurant avec piste de danse, atmosphère un peu rétro, avec plus de slows que d’autres choses. La piste est en plein air, à deux pas des tables, mais cachée par une haie, dans une pénombre complice, le seul éclairage étant des Leds au sol pour marquer la limite de la piste. C’est manifestement un endroit pour couples illégitimes. Il y a des chambres,  me dit-il alors qu’autour de nous, sur la piste, les corps enlacés dénoncent des contacts "coupables".

 

—Tu es déjà venu avec Sylvie ?

—Oui, avant d’aller au club, pour lui montrer plus "soft" qu’un club échangiste. Regarde autour de toi : c’est un lieu où beaucoup de choses se concluent. Des amants s’y retrouvent mais aussi des couples pour leur première fois. On ne vient pas ici par hasard. Certains n’ont même pas la patience de monter dans la chambre. De l’autre côté, tu vois ce porche de verdure ?

—Oui.

—Il conduit dans une sorte de dédale de verdure. 

—Oui, et ?

—Les impatients vont par là. Pour une baise rapide avant de monter. Tu veux voir ?

—Tu y as emmené Sylvie aussi ?

—Oui, pour écouter un couple faire l’amour. On ne voyait rien mais ils étaient si près qu’on entendait même leur respiration.

—Elle a aimé ?

—Oui. Et cela a contribué à élaborer sa décision. Tu veux que l’on aille voir ?

—Non.

 

Je ne sais pourquoi, ou plus exactement si, je le sais, mais mon "non" ne supporte pas de réplique. Oui, je sais pourquoi. En me parlant de sa femme et de son "initiation" j’ai l’impression de la remplacer, d’être une sorte de roue de secours, d’exutoire. Cela me rend mal à l’aise. Je ne suis pas Sylvie, je ne suis qu’une maîtresse de passage. 

Il doit comprendre et il n’insiste pas.

 

On rentre de soirée.

—Excuse-moi pour tout à l’heure. Je ne voulais pas te choquer. J’ai compris que de parler de Sylvie t’avait fâchée. Tu ne m’en veux pas ?

—Non, mon attitude est ridicule. J’ai l’impression que tu me compares toujours à elle.

—Mais pas du tout. Je sais que tu vas bientôt partir. Deux semaines je crois ?

—Oui, c’est ça.

—Tu vas faire comment, une fois rentrée ?

—Je ne sais pas. Je n’ai pas de nouvelles de Tom. J’imagine que c’est cuit. Il a dû avoir sa réponse, il l’aime.

—Je suis désolé.

—Il faut bien que je me fasse une raison. Je vais me retrouver seule.

—Oh, pas pour longtemps. Il te suffit de claquer un doigt et plein d’hommes vont se jeter à tes pieds.

Je ris. J’espère que ce ne sont pas mes pieds qui vont les intéresser. C’est de ta faute d’ailleurs. Et celle d’Angélique aussi, pour une petite partie.

—Si tu la revois, elle saura ce qui est bon pour toi.

—Elle habite à l’autre bout de la France, alors !

—Il te reste les sites de rencontre. Ou le hasard.

—J’aurais trop peur de me retrouver avec un pervers ou un malade.

—Il ne faut pas voir le mal partout. Sinon tu as la solution des clubs libertins. Dans ces clubs, tu ne risques rien. Même seule, tu seras respectée. En plus, en principe une femme seule ne paye jamais. 

—Mais je n’y suis jamais allée. Je ne sais pas comment ça fonctionne. Une vague idée mais pas plus.

—Il suffit de prendre la décision. Le reste est facile. Sylvie… Oh pardon de te parler d’elle à nouveau ! Elle était aussi inquiète que toi.

—Mais tu étais avec elle, c’est toute la différence.

—La première fois. La seconde, je suis resté en retrait. 

—Ah. Et tu… 

 

J’allais dire : Tu pourrais me montrer ? Mais un reste de pudeur me fait reculer. On est en train de parler de ce que sera ma vie sexuelle une fois de retour chez moi. Suis-je donc si addicte que je ne puisse me passer de sexe ? Tout cela c’est la faute de Tom. C’est à cause de lui, et la faute de Sylvain avec ses histoires d’initiation. 

 

—…Tu…

—Ne te mets pas en colère, mais si tu veux, seulement si tu le veux vraiment, que cela vienne de toi en oubliant Sylvie, alors je pourrais t’accompagner une fois pour te montrer. Tous les clubs se ressemblent un peu. En voir un et tu sais pour les autres, à part quelques particularités, mais c’est tout.

—D’accord. Voilà, c’est dit. Me voici embarquée dans ce bateau…

 

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Cela n’a rien de glauque. Je me faisais des idées fausses sur ces endroits. C’est convivial, tamisé. Pas de corps nus, pas de couples qui baisent, pas de femme qui s’enroulent autour de ces barres métalliques. Sylvain avait dit :

Je propose que nous arrivions assez tôt. On pourra s’installer tranquillement et tu pourras voir comment cela évolue.

En effet, on voit arriver des couples. Les hommes seuls ne sont pas autorisés ce soir, ce samedi soir. 

Regarde. Il y a aussi des femmes seules. Elles ont le droit dans une soirée "couple".

(Je m’excuse à l’avance auprès de ceux qui ont déjà fréquentés un club libertin mais aussi ceux qui ont dû avoir déjà l’occasion de lire des descriptions comme les miennes. Mais chacune voit les choses différemment.)

Petit à petit, l’ambiance change. Les danses sont de plus en plus lascives, les corps bien en contact. Certaines femmes sont dénudées petit à petit. Il faut dire aussi que beaucoup sont arrivées avec des tenues plus que sexy. Je me sens mal à l’aise, c’est un comble, avec ma petite robe avec certes un décolleté profond mais qui paraît bien sage. 

Nous dansons. Autour de nous, certains dansent comme nous, d’autres sont déjà dans des caresses. On nous sourit. Des hommes viennent m’inviter à notre table. Un couple aussi se propose. Mais un sourire accompagné d’un "non merci" suffit à les éloigner.

On va voir les coins câlins ?

Il faut se déshabiller ?

Non, pas obligatoirement. Ils n’ont pas de piscine ni sauna.

Tous ces échanges et d’autres se font en confidence, à l’oreille, comme si des paroles "normales" n’avaient pas leur place ici. Du moins entre nous car autour de nous, ce sont manifestement des habitués. Je dois avoir l’air d’une ingénue car, lorsque nous passons devant ces gens, je sens leurs regards.

Une nouvelle, tu as vu.

Derrière la porte, tout change. La plupart de ceux que l’on croise sont nus ou tout comme. Toujours ces sourires. 

Viens je vais te montrer un endroit où tu auras une vue à 360 degrés.

Quoi ?

Donne-moi la main.

Au bout d’un couloir, une porte. Un escalier qui descend. Un couloir qui semble s’enfoncer sous terres. Il ne faut pas être claustrophobe. Le plafond est bas. Un escalier qui monte. 

Mes souvenirs du lycée me font dire que la pièce est un hexagone. On arrive par le sol de cette pièce à six côtés, six miroirs, six miroirs qui donnent chacun sur une pièce. 

Il a raison, on est comme dans un phare, dans une tourelle. Partout où mon regard se porte, je vois des libertins. Nous sommes seuls, mais comme dans une cage inversée.

 

—Regarde. Ici, tu as une vue multiple de ce que peut se passer. Rassure-toi, si nous pouvons regarder dans ces pièces c’est que leurs occupants l’acceptent. Sinon, ils auraient tendu le rideau pour s’isoler. Dans un club, rien ne se fait sans l’accord de l’intéressé.

 

Il s’est placé derrière moi, sa tête contre la mienne. Il me pousse un peu pour faire quelques pas, des pas qui nous rapprochent d’une femme, d’un couple qui…

 

—C’est la salle aux miroirs. Murs, sols, plafonds en sont recouverts. Partout, tu te vois, tu vois les autres, sous des angles inattendus. 

 

Je sursaute car au moment où il me parle, une femme semble tomber vers nous. En réalité, elle est face à nous, ses deux mains plaquées contre la surface qui nous sépare, penchée pour que celui qui se place derrière la possède. Je vois à quelques centimètres de moi son visage refléter ce qu’elle ressent lorsque l’homme avance en elle. Je vois plus bas, par un reflet sur le sol, le sexe de l’homme disparaître lentement et bientôt, ne vois plus que ses bourses. Elle sourit. Elle grimace, mais une grimace de plaisir. Elle a les yeux grands ouverts. C’est comme si elle me voyait.

Mais Sylvain m’entraîne.

 

—C’est une salle plongée dans un noir quasi absolu. Seul un éclairage UV, donc invisible, permet de voir l’autre. Lucioles bleues pour les hommes, roses pour les femmes. C’est l’anonymat parfait. Si tu veux, tout à l’heure, on ira, si tu as envie de goûter sans être vue vraiment. Toutes les audaces sont possibles. 

 

Il a raison, on ne peut que deviner. Les participants doivent avoir un collier, des bracelets, j’imagine même aux chevilles, et il me semble aussi…

Il faut un moment pour reconstituer les associations.

Une fois, j’ai même baisé Sylvie sans savoir que c’était elle. Ah, une preuve supplémentaire que le sexe est sublimé par les fantasmes ! Me susurre Sylvain. Regarde : deux hommes, là à droite.

Quelques secondes pour que mon cerveau remplisse les "noirs", noirs qui sont les corps des partenaires. Un collier bleu est au même niveau d’un bracelet, non, pas un bracelet bleu, plutôt, oui, c’est cela un fluo à la base d’une verge, entourant probablement les bourses. Un homme suce un homme. Il faut l’imaginer pour comprendre les mouvements de ces fluos qui semblent flotter dans l’air.

Nous regardons. Sylvain me câline. Il me pousse.

Pas besoin d’explication pour cette pièce. En réalité une pièce séparée perpendiculairement par un grand panneau, dont je ne vois que la tranche. D’un côté des hommes qui semblent soudés à ce mur. De l’autre des femmes, à genoux qui ont à leur portée des sexes d’inconnus. Un Glory Hole. 

Toujours la possibilité de rester anonyme et de réaliser ses fantasmes sans être jugé. Me susurre mon guide.

La pièce suivante est plus proche de l’idée que je me faisais d’un club libertin. Pas besoin d’explications. Des couples et plus qui se caressent, des femmes possédées, des gorges accueillantes, un 69 entre femmes, des hommes attendant manifestement qu’elles les invitent.

Nous restons un long moment. Je sens que Sylvain n’est pas insensible à cette vision. Il se presse contre moi. Sans être un bâton tendu, ma robe légère n’est pas un obstacle, je sens qu’un réveil se prépare. D’ailleurs, il me caresse. Ses mains emprisonnent mes seins. Bientôt le tissu lui est insupportable. Sans vraiment que je m’en aperçoive, mais j’ai moi aussi un regard entièrement capté par tous ces couples, il dégrafe suffisamment de boutons pour que mes seins soient libérés. Je n’ai évidemment pas mis de soutien-gorge. Un tel accessoire, à moins qu’il soit "sculpté" pour proposer plus que protéger, n’est pas de mise ici.

Il me caresse et j’aime. 

Toujours soudés l’un à l’autre, quelques pas nous amènent devant une autre pièce. Sa respiration est forte. Je sens son désir.

Ici, c’est particulier. Mais ne va pas imaginer qu’elles souffrent. Encore plus qu’ailleurs, rien n’est fait sans le consentement.

Toujours cette voix dans mon oreille, cette respiration, ces mains qui continuent de me caresser et de défaire les boutons. Je suis nue, il a repoussé sans que je résiste les bretelles de ma robe qui est tombée à terre. 

Il me pousse pour que je m’appuie contre le miroir. Je me retrouve comme celle que j’ai vue il y a quelques minutes. Mes mains en appuis, mes jambes écartées, ma croupe offerte. Il repousse le tissu de ma culotte. Il pointe son dard devenu triomphant de toutes ces visions. Il glisse en moi, dans mon vagin humide, ouvert pour lui. Il me couvre totalement, son corps penché vers moi. À nouveau son souffle dans ma nuque, à nouveau sa respiration contre mon oreille.

Regarde. Un murmure alors qu’il bouge lentement en moi. Vois son regard. Vois comme il chavire à chaque fois qu’il la frappe. Elle se regarde dans le miroir. Que voit-t-elle ? Qu’imagine-t ’elle pour que chaque coup lui procure du plaisir. Oui, du plaisir. Cela te choque ?

Je fais non de la tête et pourtant ce que je vois…

Oui, une femme à quatre pattes, le visage tourné vers nous. Il a raison : elle se regarde. Elle doit voir aussi l’homme derrière elle. Il tient la laisse reliée à un collier de cuir qui lui enserre le coup. Chaque claque, étrangement appliquée par un mouvement de bas en haut, une sorte de frottement brutal qui part de la fesse, pour se finir dans l’air, oui chaque claque qui la fait tressaillir, fait aussi se balancer les poids qui pendent de ses tétons. 

Il bouge en moi. À chaque claque, je ne sais si Sylvain en a conscience, mais à chaque claque, il se pousse en moi dans un mouvement des reins.

Regarde. Regarde au milieu. Tu vois cette femme attachée au plafond ?

Je cherche et découvre en effet une "malheureuse" attachée nue, mais en plus, avec un bâillon. Un bâillon, un collier comme l’autre, mais aussi une tige brillante qui semble partir de ce collier, courir le long de sa colonne vertébrale pour disparaître entre ses fesses.

C’est Régine, la femme de Cédric. Cédric, ce n’est pas son truc le SM, aussi il laisse d’autres s’occuper de son épouse.

Le "s’occuper" paraît une litote entre ses lèvres. En réalité, un homme est en face d’elle manifestement en train de la posséder, s’accrochant à ses épaules comme s’il voulait la faire pencher en avant, chose impossible du fait qu’elle est quasi suspendue au plafond.

Sylvain doit lire dans mes pensées.

Quand elle se penche, elle tire sur la tige et le plug qui est dans ses fesses, bouge.

Mais aussi l’homme qui est derrière elle et qui tient une sorte de martinet, la frappe.

Les coups ne sont pas si douloureux lorsqu’on sait se servir du martinet.

Peut-être, mais la femme se tortille sous les coups. Mais elle est littéralement chevillée par le sexe de celui qui la possède. Comme moi qui suis chevillée par ce qui glisse en moi.

Mais juste devant nous, la "chienne" à quatre pattes se fait prendre aussi. À la façon dont l’homme écarte ses fesses de ses deux mains, c’est par son petit trou qu’il l’enfile.

Et nous ? Sylvain ne me parle plus. Il s’est redressé et lui aussi s’accroche à mes épaules. Il me bourre. De l’autre côté, une femme est venue de faire brouter par la "chienne".

C’est puissant. Je savais que le SM existait mais pour moi ce n’était qu’une pratique bizarre.

Il est puissant. Je ne peux retenir mes cris.

Je jouis.

Il crache en moi.

 

—Je vois que tu es toujours attiré par le SM, vieux pervers.

 

Une voix derrière nous. Un homme, jeune, grand, sa chemise cintrée mettant ses épaules en valeur.

 

—Ce serait super si un jour tu devenais le Maître de Régine. Cela ne te tente pas ? Il continue.

—Salut Cédric, tu es là depuis quand ?

—Je t’ai vu passer. J’ai tout de suite pensé que tu venais ici. Mais je n’ai pas voulu te déranger, tu avais l’air très occupé avec Madame.

—Romy, je te présente Cédric, tu sais : le mari de celle qui est de l’autre côté.

—Vous avez apprécié j’espère. Je vous pose la question, mais je connais la réponse. Je ne vous ai jamais vue. C’est votre première fois ?

—Romy est une amie de passage. Elle va bientôt repartir.

—Laisse-la donc parler. J’espère que je ne vous intimide pas. 

—Non, c’est juste que je n’ai pas l’habitude. Et oui, c’est la première fois que je…

—Vous ne pouviez pas mieux tomber. Sylvain est un initiateur-né. Il faut voir comme il a convaincu son épouse. 

—Je sais.

—Vous êtes très belle. 

 

Un silence. Il me regarde avec une lueur dans les yeux. Son sourire dessine ses lèvres fines. De sa chemise s’échappent quelques poils.

 

—Je peux ? Il demande en montrant sa main.

 

Je ne réponds pas, un peu paralysée par cette arrivée. Il a sous-entendu qu’il était là depuis un moment et donc…

Il prend mon silence pour un accord. D’ailleurs il ne fait que montrer sa main.

Il la pose sur ma joue. Je frissonne. Elle glisse vers mon oreille. Oh, mon Dieu je penche la tête pour la garder en contact. Ce geste me trahit. Il avance un peu.

Alors il se penche pour me donner un baiser. C’est doux, délicat, sa main maintenant derrière ma tête me fait prisonnière. Je me sens toute bizarre. Je croise le regard de Sylvain. Il sourit. Il hoche la tête comme pour me dire :

Oui, c’est bien.

Sa langue invite la mienne. Pas une possession brutale, non c’est comme un jeu. C’est moi qui déclenche les "hostilités". Le baiser devient bataille. De mes bras, je l’enveloppe. Lui aussi. Il explore mon corps, déclenchant des sillons de frissons. Je me sens bien dans ses bras. Lorsqu’il caresse mes fesses, je ne me refuse pas. Lorsque sa main passe de mes seins à mon pubis, je ne résiste pas.

Soudain la pièce devient bruyante. Deux couples arrivent. Ils nous voient. Le silence devient pesant.

"Non, pas comme ça. Je ne veux pas qu’on me regarde, du moins pas comme cela." Je pense, un peu affolée.

Je me sépare de ce corps que le mien désirait. Je prends ma robe. Je l’enfile rapidement. Cédric m’aide à l’ajuster. Il n’a pas dit un mot, pas un reproche. Il m’aide, c’est tout.

Tous les trois nous descendons, traversons ce couloir toujours aussi pressant, remontons les marches qui nous amènent dans le couloir.

Un instant nous sommes immobiles. C’est comme si l’homme attendait quelque chose. Mais je ne sais quoi faire.

 

—Bonne continuation, il me dit , passant à nouveau sa main sur ma joue et saluant Sylvain.

 

Il s’éloigne.

 

Tu es certaine de ne pas vouloir continuer avec lui. C’est un très bon amant. Doux, délicat à l’écoute. Sylvie aimait… Oh pardon de parler d’elle. Si c’est le lieu qui te dérange, on pourrait l’inviter. Si tu le souhaites, je pourrais vous laisser tous les deux. Chez toi, tu serais en territoire connu… Sylvain se fait tentateur en distillant ces mots dans mon oreille.

 

J’hésite à peine. Le oui de la tête enchante Sylvain.

 

—Ne bouge pas, je vais le rattraper.

 

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C’est Sylvain qui conduit. Il nous a fait monter à l’arrière avec un sourire entendu lorsqu’il a ouvert la porte pour moi.

Cédric a accepté. Il nous a retrouvés dehors après avoir été prévenir son épouse.

Il a tout simplement passé son bras sur mon épaule. Tout naturellement, j’ai posé ma tête contre la sienne. 

Sa main joue avec mes cheveux. L’autre vient se poser sur un bouton… Puis un autre… Encore un autre. J’assiste à mon déshabillage. Je ne refuse pas qu’il repousse mes bretelles. Je me soulève pour que ma robe me soit enlevée.

Il me fait allonger, du moins à demi allongée. Il enlève ma culotte. Il glisse ses mains sur mes cuisses en remontant. Je frissonne malgré la chaleur étouffante.

Et puis, il se penche. Je vais le retenir, je suis sale, encore grasse du foutre de son ami. Mais il a assisté à notre baise. Il ne peut ignorer que Sylvain s’est répandu en moi. Mais cela ne le rebute pas.

Il me lèche, m’aspire, me doigte.

La voiture roule. Sylvain regarde dans le rétroviseur. Il nous voit. Il me voit, cuisses ouvertes, portant sur mon visage les traces de tout le plaisir que me donne son ami. 

Je jouis. Une jouissance puissante. J’ai l’impression de me répandre, de couler. C’est si bon. C’est un mélange de souvenirs de jeunesse, époque où la voiture était souvent le lieu de mes abandons, et de cet instant où, sous les yeux de mon amant, un autre homme s’active…

 

On arrive. 

 

—Je vous laisse, dit Sylvain alors qu’il vient de se garer en face de mon entrée.

—Tu ne veux pas venir ? Je questionne. Pendant le voyage son regard a été à la fois la touche de perversité mais aussi la sécurité.

—Je vais vous ouvrir. Donne-moi ta clé.

 

Il ouvre. Je vais remettre ma robe, mais je me sens si bien nue que je descends de la voiture, vêtue seulement d’une assurance et d’une impatience que je me découvre.

Je monte devant eux. Je sens tout le poids de leurs regards. Je force un peu mon déhanchement. Je joue à la séductrice.

La chambre. Le lit. Mon lit. Étrangement, avec Sylvain, nous n’avons jamais baisé ici. Pourquoi ? Pourtant l’ombre de Tom s’est éloignée et a disparue dans la brume du passé. Un passé révolu. Une nouvelle vie.

Pourquoi je revois la vidéo de Sylvie avec les deux jeunes ? 

Deux hommes comme elle. Suis-je donc devenue comme elle, libre, partenaire d’un mari candauliste. Moi, mon mari est…

Je commence par Cédric. Je me charge de le déshabiller. Chemise, pantalon, slip, même chaussettes. Une caresse sur son sexe et déjà il frémit.

Puis c’est au tour de Sylvain. L’un comme l’autre se laisse faire.

Ils sont assis l’un à côté de l’autre sur mon lit.

Agenouillée, telle une prêtresse perverse, je les suce et les branle. Je n’ai pas la dextérité de Sylvie mais ils bandent durs et ne se privent pas de m’encourager.

Je me sens cochonne. Avec Sylvain, j’étais sa maîtresse, certes maîtresse plus "libérée" qu’avec mon mari mais ici, avec ces deux hommes, c’est différent, très différent. Déjà, dans le club, j’avais senti que mon désir était plus fort et que ma jouissance ne pouvait être dissociée de ce que je voyais. 

Je me sens cochonne. Comment ne pas l’être ? Un sexe en bouche, une main enveloppant des bourses, l’autre main branlant le mât que je viens de laisser avec des coulures infâmes de salive. Mes lèvres font un anneau qui coulisse sur la hampe, étouffe le sillon, caressent le gland puis redescendent rapidement provoquant ce clapotis qu’aucune marée ne produira jamais.

Je me sens cochonne. J’apprécie chaque mot, chaque soupir, chaque encouragement. Même une main pesant sur ma tête qui m’invite à gober encore plus, est une caresse. Je bois leurs paroles même si je suis déjà aux sources de la vie :

Oui… Suce-moi les bourses… Encore… Pas trop vite sinon je vais cracher…

Et puis une main qui me tend un préservatif. Avec Sylvain, très vite nous avons pu nous en passer, mais avec Cédric, c’est autre chose. Je le déroule sur la tige que j’ai sucée.

 

—Viens, me dit-il, en me tendant la main.

 

J’obéis. Qui refuserait cette invitation ? Depuis la voiture, j’ai envie qu’on me prenne. Ma jouissance sous ses caresses n’a été qu’un avant-goût. Je le voulais déjà en moi, mais le trajet a été trop rapide.

Avec deux doigts, il tient son bâton bien vertical et je n’ai qu’à monter sur lui pour me placer. Il est resté assis et je le surplombe l’espace d’un instant. Je m’accroche à son cou pour me tenir bien droite. Mes seins sont caressés par sa bouche alors que je descends. Malgré mon impatience, une petite voix me dit de bien profiter de cet instant. Je descends et alors que je me suis lentement empalée sur son bâton, mes lèvres embrassent les siennes. Baiser fougueux qu’il me rend bien.

Je suis pleine de lui. Je me sens bien. Je n’ai même pas honte de coucher avec un quasi inconnu. Croiser son regard ne me dérange pas. Je garde les yeux ouverts, profitant de ma nouvelle vie, envisageant déjà que de retour chez moi, ma vie soit ponctuée de ce type de rencontres. Pour une première fois, c’est un bon début. Il est jeune, il est beau, je lui plais, son sexe me remplit.

Et puis, il bouge. Il se penche vers moi, comme… Mais d’un coup de rein et d’une puissante extension, il me soulève et nous nous retrouvons debout. J’ai le réflexe de m’accrocher à son cou et de former avec mes jambes un anneau qui entoure sa taille. 

Nous restons quelques secondes ainsi. Ses mains sous mes fesses me font une assise, assise cependant bien peu fiable car je me sens glisser pour m’empaler un peu plus.

Je ne comprends pas pourquoi Sylvain monte sur le lit. C’est comme s’il vérifiait quelque chose. Mon lit est neuf, matelas ferme sur latte. Il tend la main à son complice. Je comprends qu’il l’invite. Je ne comprends pas cette invitation.

Quelques secondes et nous voici sur le lit. Cédric me supporte facilement. Ses cuisses sont à l’aune de son torse, musclées pour pouvoir faire cet effort.

Alors je comprends mieux. Oui, lorsque Sylvain me caresse tout en se plaçant derrière moi. Je comprends ce que les complices ont prévu lorsqu’il se baisse pour glisser sa langue contre mon anus et que manifestement il l’enduit de sa salive. Une seconde, j’ai la vision du visage de l’homme si près des bourses de celui qui me possède.

Je comprends mieux, oh que oui, alors qu’il se colle contre mon dos et que son dard pointe vers ma corolle.

Ma corolle ! Chemin utilisé souvent par mon mari, enfin du temps où il avait encore envie de moi. Chemin que Sylvain adore pratiquer, jamais oublié dans nos baises. Bien que "fréquente", cette possession garde toujours un petit côté transgressif qui excite les hommes et je dois le reconnaître, moi aussi, surtout avec Sylvain qui avait une façon bien à lui. Moi à quatre pattes, chienne attendant le mâle, lui, au-dessus de moi, me surplombant, guidant son dard vers le bas pour m’enfiler avec tout le poids de son corps.

Mais c’est autrement qu’il se place. Je crains qu’il me fasse mal. Son gland joue avec mon anus, il l’apprivoise, il s’imbibe de salive et puis… Et puis, je sens la pression.

Je suis en lévitation., empalée sur une bitte de chair et un autre cherche à se frayer un chemin. Je sens lorsque mon sphincter se laisse séduire.

Alors ! Alors ! Il avance. Comment décrire ? Pas un mot ne peut décrire. De mes lèvres seul un "Ahhhhhhh" s’échappe déclenchant une question inquiète : Je te fais mal ? Question à laquelle je ne peux répondre, aucune parole ne pouvant franchir le seuil de mes lèvres, que par un "Non" de la tête.

Alors il avance en moi. Alors je me décontracte, me laissant totalement aller. Son corps retient le mien. Son sexe me sert d’appui.

Alors je ne suis plus qu’une folle qui se débat. Une folle, ou plutôt une salope qui se laisse baiser.

Le lit est leur complice. Chaque mouvement est amplifié par lui et c’est comme un trampoline intime… Les deux hommes doivent avoir beaucoup d’expérience ensemble pour se comprendre si vite.

Et moi qui, une fraction de seconde, suis en lévitation, avant que mon poids ne m’attire vers le bas, vers ces deux bites qui me possèdent de concert. Alors, alors… Je suis une femme, femelle qui aime…

Qui crie, qui hurle, qui gémit, qui supplie, qui encourage. Jamais cette chambre ni celles où j’ai baisé avec mon mari n’ont retenti de telles supplications. Je ne suis plus moi-même. Une autre, une nouvelle Romy, vient de naître. 

Merci cher mari de m’avoir abandonnée. Sans toi, je n’aurais jamais connu un tel plaisir. Un plaisir indécent qui demande à se partager. Si tu étais là, tu pourrais entendre ce que jamais tu n’as pu obtenir de moi malgré tes encouragements.

Je suis une autre. Je supplie qu’il m’encule. J’exige qu’ils bougent ensemble. Je ne me retiens plus. Ce sont mes deux amants, leur corps, leurs mains, leurs bites qui me soutiennent.

Je suis la nouvelle Romy. Je sens Sylvain se répandre en moi. Je sens Cédric se libérer dans la capote. Et je jouis, je jouis encore.

 

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—Bonjour.

 

Une voix ? Cette voix !

Dimanche, 11 heures. Je suis descendue préparer le café. Je suis nue, nue comme je le suis presque toujours maintenant chez moi, nue et en parfait accord avec mon corps. Ce matin encore plus, après cette nuit et ce que je viens de vivre depuis notre réveil. Les assauts de deux amants, revigorés après quelques heures de repos, m’ont prouvé que j’étais belle, désirable et capable de satisfaire deux hommes. Mon Dieu, deux hommes, ce Cédric et Sylvain. Capable de les satisfaire mais aussi de me satisfaire moi-même, participante active à ce trio. Je suis nue et je porte encore leur odeur. Je recule le moment où je devrai me doucher. Je porte leur odeur, le sperme de la nuit qui a séché, le sperme de ce matin, encore humide, résultat d’un sexe libéré de sa protection et qui a juté sur moi. Mais aussi celui de Sylvain, que je sens couler de ma fente. Je ne me serais jamais crue capable de savoir apprécier ces marques gluantes. Cette nuit est presque la dernière, enfin je veux dire dernière de mes vacances ici : dans quelques jours, je vais rentrer et essayer de me faire à ma nouvelle vie de célibataire, ex-épouse. Mais je sais que je saurais trouver le moyen de reproduire de telles rencontres. Après tout, je suis totalement libre…

Mais cette voix, je la connais. Je tourne la tête et le découvre dans le salon.

 

—Tom ? C’est toi ? Je pose la question mais l’évidence est devant moi. Il est assis dans le fauteuil et me regarde.

—Bonjour Romy.

—Bonjour… Mais qu’est-ce que tu fais là ? Je suis sidérée et littéralement paralysée par sa présence.

—Je voulais te parler.

—Me parler ? Et puis je réalise que je ne sais pas depuis quand il est arrivé. Tu aurais pu me prévenir. Tu es arrivé quand ?

—J’ai toujours la clé. Et pour répondre à ta question, hier soir, vers les 23 heures.

—Hier soir ! Mon Dieu est ce que…

—Tu n’étais pas là, alors j’ai attendu.

—Attendu ?

—Oui, je t’ai entendue rentrer. Comme tu n’étais pas seule, je n’ai rien dit. J’ai attendu pour te parler.

—Me parler ? Tu as passé la nuit ici ? Tu as…

—Je n’ai pas voulu vous déranger.

—Tu… Tu…

—Je sais, c’est très incorrect de ma part mais cela a été difficile de résister. J’espère que personne ne m’a vu. En tout cas, cela n’a pas semblé le cas.

—Tu as regardé ?

—Chérie, je n’ai pas pu résister. Tes cris et tes paroles faisaient un aimant irrésistible. Aussi permets-moi de te féliciter. Il tend la main vers moi. Tu es très belle. Ton bronzage est parfait. 

—Tu n’avais pas le droit. Tu es parti, tu m’as laissé tomber comme une vieille chaussette. Ce que j’ai fait de ma vie ne te regarde plus. J’ai parlé fort, en colère, furieuse de me sentir coupable et furieuse qu’il ait été le témoin de ma première nuit de femme totalement libérée. Un bonheur gâché par sa présence. D’abord, qu’est-ce que tu fais ici ? Cela fait presque deux mois que je n’ai pas de nouvelles et pas de nouvelles, bonnes nouvelles. Monsieur avait eu le temps de vérifier que…

—En réalité, cela fait des semaines que je voulais t’appeler, mais je n’osais pas. Tu as raison, je me suis comporté comme un con. Quelques jours avec elle ont suffi à me démontrer que je ne l’aimais pas, que c’était purement sexuel, et encore, très vite disparu.

—Et donc tu te repointes ici, sans prévenir, et tu espères quoi ? 

—Je ne voulais pas le dire au téléphone, je voulais te le dire en face. M’excuser et demander si tu pouvais me pardonner. Reprendre la vie, comme avant… Mais j’ai vu que c’était impossible. J’ai vu et entendu comment tu avais profité de mon absence. Difficile de ne pas le constater.

—Parfaitement. Qui va à la chasse perd sa place. Tu n’as plus ton mot à dire sur…

—Donc tu ne me pardonneras jamais ? Tu ne m’aimes plus. Je comprends, je ne mérite plus ton amour.

—De toute façon, même si je te pardonnais, ce que tu as vu nous éloigne pour toujours.

—Tu aimes Sylvain ?

—Mais pas du tout.

—Alors ce Cédric ?

—Lui, mais encore moins.

—Et moi, tu m’aimes encore ?

—La question n’est plus là. Même si je t’aimais encore, j’ai trop changé… Évidemment avec ce qu’il a "vu et entendu" comme il dit, il ne peut plus envisager de revenir.

—Tu as changé, c’est vrai. Je suis jaloux de ne pas…

—Tu vois, c’est impossible.

—Je voulais dire jaloux de Sylvain et de ce Cédric. Surtout, je me sens con d’avoir été chercher ailleurs ce que j’avais dans ma propre maison une…

—Attention à ce que tu vas dire.

—… une maîtresse que je n’ai pas su… Enfin tu comprends… 

—Tu vois bien que c’est impossible.

—Pourquoi, moi je t’aime encore et si toi tu m’aimes encore un peu nous pourrions…

—Même si je t’aime, ton absence m’a fait découvrir autre chose. Je ne sais pas si je pourrais revenir en arrière, retrouver le lit conjugal et redevenir une épouse, comme avant.

—Mais je ne te le demande pas.

—Quoi ?

—La Romy que j’ai vu et entendu cette nuit et ce matin ne doit pas disparaître. Elle avait l’air si heureuse, si libre, que ce serait une lâcheté sans nom de lui demander de revenir avec son mari qui est, après tout, le grand coupable. Ce mari serait heureux s’il pouvait devenir partie prenante de ses plaisirs, des plaisirs qu’elle pourrait envisager avec toute sa nouvelle liberté pour l’incorporer dans sa nouvelle approche de la sexualité.

—Tu veux dire que…

—Mais seulement si tu m’aimes encore un peu. Moi je t’aime. 

—Tu sais, il s’est passé beaucoup de choses depuis ton départ. J’avais besoin d’un réconfort et Sylvain a été là pour moi. Et ne va pas penser qu’il a profité de la situation. Tout, tu entends, tout ce que j’ai fait et que je te dirai peut-être un jour, oui tout a été fait avec ma seule volonté… Je peux reconnaître une envie de vengeance, mais tu dois être conscient que c’est MOI qui suis responsable de tout cela. Et maintenant que j’y ai goûté, je…

—Tu es si belle lorsque tu te mets en colère. 

 

Un long silence.

 

—Je suis d’accord, on peut faire un essai. Mais, même si je t’aime, sache que je…

—Je ne reviendrai pas sur ma promesse. Tu es libre. J’aimerais juste que tu ne me laisses pas en dehors de tes plaisirs. 

 

Un long silence. Je réfléchis. C’est vrai que je l’aime encore, cet enfoiré. Non, pas enfoiré : après tout, c’est grâce à lui que j’ai pris le large. 

 

—Si tu veux, je peux te laisser. Tu as certainement encore des projets pour la journée. Je ne voudrais pas t’en priver. Qu’est-ce que tu en penses ?

 

Je vais dire oui. Je me vois mal avec lui en bas et moi avec les deux autres. L’inviter à monter ? Non, ce n’est pas raisonnable. Trois hommes. Quelle femme peut imaginer trois amants en même temps ? Au club il y avait bien cette gourmande ! Mais pas avec Tom. Pas pour une première fois.

 

—Romy, il faut que je parte. Je n’avais pas vu l’heure. Je t’ai laissé mon 06. C’est quand tu veux. Ah, bonjour Monsieur. C’est Cédric qui arrive, manifestement très pressé, car encore en train de fermer son pantalon.

—C’est Tom, mon mari. 

—Oh, Tom vous avez de la chance. L’homme n’imagine pas un instant que Tom n’était pas au courant. Pour lui, c’est un mari libertin qui laisse sa femme aller en club avec un ami et ramener ses partenaires chez eux. Votre épouse est une perle rare. Elle a une fraîcheur que je n’avais pas connue depuis longtemps. Surtout n’hésitez pas à m’appeler. Je pourrais même vous proposer des amis…

—Angélique vous fera signe. Dit Tom comme s’il se coulait déjà dans le moule du mari libertin.

 

Je le regarde. 

 

—Tu vois, je ne juge pas. Je te laisse libre. Je n’ai aucun droit après ce que je t’ai fait. Et tout, je dis bien tout ce que tu peux avoir fait sans moi est oublié. Oh pardon, je ne veux pas dire oublié dans le sens, on fait comme si rien ne s’était passé, je veux dire… Merde je n’arrive pas à m’expliquer clairement. Juste ça : tu es libre, totalement libre. J’aimerais juste que tu acceptes de me pardonner et si tu en a envie, en souvenir de toutes ces années où nous avons tout de même été heureux, de bien vouloir penser à moi pour… 

 

La porte claque. Cédric est parti.

 

—Si tu montais pendant que je prépare le café ? Mets-toi à l’aise. J’arrive.

—Tu veux dire que… Maintenant ?

—Pourquoi attendre ?

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