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La descente aux enfers d'une veuve

Chapitre 1

Lesbienne

Comme chez beaucoup d’auteurs, les personnages féminins de mes récits érotiques sont le plus souvent jeunes et beaux.


Cette fois, j’ai voulu mettre en scène dans une histoire des femmes matures dont le physique, pour l’une des deux, est loin des canons esthétiques de la beauté. Je suis curieuse de découvrir les réactions de mes lecteurs (et lectrices !) – et un peu inquiète.



Chapitre 1



Il faisait beau, en ce vendredi du début du mois de juin, quand Annie est partie à pied pour se rendre chez Clotilde et Louis, le couple qui l’employait depuis quelques semaines comme aide-ménagère.


Elle aimait marcher dans les rues calmes de cette petite ville, mais comme à chaque fois qu’elle se rendait chez ce couple, elle ressentait un malaise, une sorte de gêne indéfinissable.


Certes, il y avait cette différence sociale entre eux.


Annie appartenait à un milieu modeste, contrairement à ses employeurs. Louis était retraité. Ancien fonctionnaire haut placé, il occupait maintenant son temps avec son hobby de photographe amateur reconnu, qui l’amenait à beaucoup voyager, souvent sans sa femme.


Clotilde était une très belle femme, et si ce n’était quelques rides, elle aurait pu dissimuler facilement son âge. Elle conservait une silhouette fine. Toujours soigneusement coiffée et maquillée, elle portait des vêtements de marque, n’hésitant pas à s’habiller parfois dans un style sexy et BCBG.


C’était surtout à Clotilde – "Madame Clotilde" – qu’Annie avait à faire. Une grande bourgeoise, hautaine et autoritaire, sans doute habituée depuis sa jeunesse à être servie, et à être le centre du monde. Avec Annie, qu’elle appelait familièrement Nini, elle avait un comportement ambigu, lui donnant des ordres ou lui adressant des reproches sur un ton peu aimable ; puis quelques instants après, lui parlant d’une manière affectueuse, presque complice.


Ce qui mettait Annie mal à l’aise, c’était surtout le comportement très libre de sa patronne, dans ce qui, pour elle, relevait de l’intime. Clotilde ne se gênait pas pour se montrer légèrement vêtue devant son employée et celle-ci s’occupant du lavage et du repassage, trouvait parfois dans le bac à linge des vêtements et de la lingerie qui choquaient sa pruderie.


Et il y avait d’autres choses encore...


Mais des raisons impérieuses poussaient Annie à faire taire sa morale : depuis la mort de son mari, sa situation économique n’était guère brillante. Son salaire d’aide-ménagère à temps partiel, placée par une association d’assistance aux personnes âgées, lui permettait à peine de vivre, malgré ses besoins modestes. Alors, elle arrondissait ses fins de mois en travaillant directement pour d’autres particuliers.


C’était ainsi qu’elle avait répondu à une annonce, passée le mois dernier par Clotilde.


Lorsque celle-ci l’avait reçue lors d’un bref entretien, elle était paralysée par le luxe de la propriété, et par l’aisance affichée de la maîtresse de maison. Aussi, elle fut surprise d’être embauchée sur-le-champ. Et encore plus stupéfaite, lorsque Clotilde lui proposa une rémunération horaire de près du double de celle qu’elle touchait.


La seule contrainte qui lui était imposée était d’être disponible à tout moment, en dehors de son job pour l’association.


Annie était maintenant dans la rue où habitaient ses patrons, et elle ne put s’empêcher d’admirer à nouveau leur propriété. C’était une des plus belles maisons de la ville, bien que peu visible de l’extérieur, car elle était entourée de hauts murs de pierre, et d’une végétation luxuriante.


Comme à chaque fois, les battements de son cœur s’accélérèrent, lorsqu’elle appuya sur le bouton du portier vidéo, et qu’elle entendit la voix de Clotilde.


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Quand Clotilde entendit la sonnerie du portier, elle savait que c’était Annie, mais elle ne voulait pas extérioriser le plaisir de la retrouver.


— Oui ? dit-elle d’une voix impersonnelle, alors que le visage inquiet de son aide-ménagère apparaissait sur l’écran vidéo.

— C’est Nini, Madame Clotilde.

— Je t’ouvre, entre.


Pendant que son employée poussait le portail, et suivait le chemin menant à l’entrée de la villa, Clotilde se remémora pour la centième fois leur rencontre improbable.


Annie avait téléphoné, suite à une annonce qu’elle avait déposée chez les commerçants de la ville. Clotilde, ayant eu peu de réponses, lui avait fixé un rendez-vous, sans grande conviction, la voix hésitante au téléphone, ne lui ayant pas donné une très bonne impression.


Mais lorsque les deux femmes se retrouvèrent face à face, elle changea aussitôt d’avis. Ce corps épanoui, ces fesses cambrées à l’africaine, cette poitrine généreuse... Une autre image lui revint immédiatement.


Nicole, l’amie de sa mère... Lorsqu’elle était adolescente, ses parents étaient partis à l’étranger pour une dizaine de jours, et Nicole avait hébergé la petite Clotilde pendant ce temps.


C’était une femme ronde, quinquagénaire aux formes épanouies, même si les traits de son visage étaient étonnamment fins. A cette époque, le regard sur l’homosexualité n’était pas ce qu’il est aujourd’hui, et Nicole n’avait guère d’occasion de donner libre cours à ses penchants lesbiens !


Elle avait toujours été émue par la beauté de Clotilde, et par la sensualité qui émanait du corps harmonieux de cette jeune fille. Alors, se retrouver avec elle pendant des jours entiers constituait pour elle une tentation insurmontable.


Elle sut utiliser l’autorité que lui donnaient la différence d’âge et son statut d’amie de sa mère, pour convaincre Clotilde de céder à ses avances. Cela commença par des cadeaux, notamment de la lingerie et des vêtements, des sorties. Puis elle insista pour que la jeune fille prenne des bains de soleil, nue dans le jardin, ce qui permettait à Nicole de la caresser sous prétexte de lui passer de la crème solaire.


Intimidée, Clotilde se laissait faire, puis découvrit un plaisir trouble à être massée par des mains féminines. Elle était déjà gourmande sexuellement, et de fil en aiguille, Nicole arriva à ses fins. Au milieu du séjour, Clotilde était dans son lit, et découvrait les plaisirs saphiques, pour lesquels elle était manifestement très douée.


La grande bourgeoise avait été marquée par cette première expérience, et en gardait des images mêlant la rancœur pour l’amie de sa mère, à une certaine reconnaissance, et à l’envie de retrouver les sensations de cette époque. Depuis, elle était troublée chaque fois qu’elle se trouvait face à une femme qui lui rappelait, physiquement, son initiatrice. Et c’était le cas d’Annie.


De plus, Louis, depuis un an, délaissait Clotilde, ce qu’elle vivait d’autant plus mal qu’elle avait encore de gros besoins sexuels. Alors que leur couple avait connu une sexualité agitée, et avait vécu pleinement l’époque de la libération des mœurs, Louis s’était entiché depuis quelques mois d’une jeune modèle qui posait pour ses photos, et il réapparaissait rarement au domicile conjugal.


En moins d’une demi-heure, Clotilde avait embauché Annie, et lui avait proposé une rémunération qui la ferait réfléchir à deux fois avant de quitter son service, quoi qu’il arrive.


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— Bonjour Madame Clotilde, lui dit Annie avec un air soumis.


Pour rien au monde, elle ne l’aurait laissé paraître, mais la tenue de sa patronne la choquait. Un court peignoir en soie chamarrée découvrant la moitié de ses cuisses légèrement halées, et dont l’encolure était assez ouverte pour laisser deviner qu’elle ne portait pas de soutien-gorge.


— Bonjour Nini. Tu vas bien ? répondit Clotilde.

— Oui Madame.

— Tant mieux ! J’ai beaucoup de choses à te faire faire aujourd’hui. J’ai reçu deux amies hier soir. Tu vas débarrasser le salon, et ensuite, tu feras le ménage de ma chambre, et tu changeras les draps de mon lit. Mon mari rentre demain.

— Bien, Madame Clotilde.


Annie se dirigea aussitôt vers le salon, en désordre. Elle ramassa les coussins qui traînaient sur le tapis, des plateaux qui contenaient encore quelques petits fours, et deux bouteilles vides de champagne millésimé. Elle lava les flûtes à champagne, et passa l’aspirateur.


Puis elle monta à l’étage, dans la chambre de sa patronne, une pièce dans laquelle elle était particulièrement mal à l’aise, car elle se doutait que s’y déroulaient des ébats qu’elle ne pouvait ni ne voulait imaginer.


Il y avait d’abord, sur la commode, cette grande photo de Clotilde, jeune. On la voyait nue sur une plage, dans une pose très provocante. En arrière-plan, on apercevait l’image floue de corps également nus.


La première fois qu’elle l’avait vue, elle avait détourné le regard, comme si elle était rentrée par inadvertance dans l’intimité de sa patronne. Mais un jour, alors qu’elle se croyait seule et qu’elle s’était enfin décidée à regarder vraiment la photo, elle entendit une voix dans son dos, qui la fit sursauter. C’était Clotilde.


— Alors Nini, tu admires ma photo ?

— Non... Euh, oui... Non, enfin, je la regardais pas vraiment, balbutia-t-elle.

— Mais ça ne me dérange pas que tu me vois ainsi, Nini ! C’est une photo que mon mari avait prise au Cap d’Agde. J’avais 23 ans. Aujourd’hui, je suis moins belle, et mes seins sont moins fermes.

— Oh, Madame Clotilde, il ne faut pas dire ça, répliqua Annie, rouge comme une pivoine.


Les choses en étaient restées là, mais aujourd’hui, en rentrant de nouveau dans cette chambre, et en découvrant l’état de la pièce, Annie ressentit la même gêne. En pire.


Le lit ressemblait à un champ de bataille, et les draps froissés portaient des taches de maquillages et de différents rouges à lèvres, les mêmes qui avaient laissé des traces sur les flûtes à champagne qu’elle avait lavées.


A côté du lit, d’autres flûtes et une bouteille de champagne vide. Et surtout, un soutien-gorge et un string en dentelle, appartenant à Clotilde.


Annie défit les draps, ramassa les sous-vêtements de sa patronne, et récupéra des serviettes qui jonchaient aussi le sol de la salle de bains attenante. Elle emmena le tout pour le laver, et remonta dans la chambre.


En installant des draps propres, elle aperçut sur la table de nuit un objet qui lui était inconnu, mais dont elle devina malgré tout l’usage. Un rabbi rose, debout à côté du radio-réveil...


Elle ne savait qu’en faire. Le laisser là ? Le ranger dans un tiroir ? Lorsqu’elle le saisit entre ses doigts, l’air dégoûté, elle sentit qu’il était encore légèrement humide et collant, et elle le lâcha aussitôt, comme si elle s’était brûlée.


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Du palier, Clotilde avait observé discrètement les gestes et les réactions de son aide-ménagère, et elle s’était amusée de sa réaction en découvrant le godemichet. Elle ne pouvait s’empêcher de dévorer du regard ce corps généreux, de l’imaginer nu, ces seins lourds, ces larges fesses, ce ventre un peu rond. Elle cherchait à visualiser le mont de Vénus dissimulé sous une toison sombre, et le trésor qu’il recèle. Elle s’avança dans l’embrasure de la porte, faisant sursauter Annie.


— Ah oui, Nini, j’ai oublié de te le préciser. Pour nettoyer mon jouet, tu peux utiliser la crème lavante parfumée dans la salle de bains. Et le passer sous le robinet : c’est étanche.

— Bien, Madame Clotilde, répondit-elle, tremblante et rouge de confusion.

— J’espère que je ne te choque pas, mais je m’ennuyais hier soir. Tu dois connaître ça, Nini, toi qui es seule ?

— Je... je ne m’ennuie pas vraiment, bredouilla Anne-Marie.

— Allons, je ne te crois pas, Nini ! Ton mari est décédé depuis un moment déjà. Ou alors, tu as quelqu’un ?

— Mais non, Madame Clotilde, s’indigna-t-elle.

— Tu ne me feras pas croire que ton corps n’a pas besoin de plaisir, de caresses. Alors, quand tu es toute seule...


Clotilde laissa sa phrase en suspens. Annie aurait voulu disparaître, incapable de supporter même l’idée de ce que sa patronne suggérait. Il lui était bien arrivé de ressentir un trouble, lorsqu’elle faisait sa toilette intime sous la douche, mais elle refoulait immédiatement cette pulsion qui lui faisait honte. Elle avait hésité à en parler lors de sa confession hebdomadaire au prêtre, mais cette honte était trop forte, et elle s’était infligée elle-même dix « Notre Père » et dix « je vous salue Marie » en pénitence.


Clotilde s’était rapprochée d’Annie, et avait passé son bras autour de son épaule.


— Tu ne veux pas en parler ? Tu as tort, Nini, il n’y a aucune honte à avouer ses désirs de femme. Moi, je ne m’en cache pas. Surtout avec toi.


Le regard baissé d’Annie se perdit dans l’encolure du peignoir de sa patronne. Pour la première fois, elle apercevait sa poitrine nue, ses seins en poires, encore fermes, même s’ils n’avaient plus la même arrogance que sur la photo du Cap d’Agde.


— Tu vois, tu ne peux pas t’empêcher de regarder, s’amusa Clotilde qui avait surpris le regard de son employée.

— Non, je ne regardais pas, je vous assure.

— Et bien moi, Nini, j’ai envie de voir tes seins, et je ne m’en cache pas !

— Il ne faut pas dire ça, Madame Clotilde, c’est mal.


La pauvre Annie, honteuse et confuse, se dégagea. Clotilde s’attendait à cette réaction, et ne s’avouait pas vaincue par ce premier échec.


Elle ne revint pas directement à la charge ce jour-là, mais pendant qu’Annie passait l’aspirateur dans la chambre, elle alla dans la salle de bains, enleva son peignoir, et resta nue un long moment devant son miroir pour se maquiller, avant d’aller chercher des vêtements dans son armoire, toujours en tenue d’Eve.


Annie ne savait trop quelle contenance prendre, et elle pensa un instant à dire à sa patronne qu’elle démissionnait. Mais en fin de journée, Clotilde lui remit une enveloppe avec son salaire du mois écoulé, et lui dit qu’elle y avait ajouté une prime.


Rentrée chez elle, elle constata que cette prime en liquide doublait son salaire, déjà conséquent pour elle. Elle décida d’attendre de voir comment ses relations avec Clotilde évolueraient, avant de remettre sa démission...


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Le week-end se déroula, aussi monotone que d’habitude pour Annie. Messe dominicale, séries télé sans surprises... Elle repensait bien de temps en temps à l’attitude de Clotilde, mais elle cherchait à se convaincre que les choses rentreraient dans l’ordre lorsque celle-ci comprendrait qu’elle n’avait aucune chance. Mais tout de même... Comment une femme pouvait-elle avoir de telles idées ?


Annie était prise essentiellement le matin, avec les personnes âgées de l’association, et Clotilde la sollicitait presque tous les après-midi. Ce fut encore le cas ce lundi.


Le début de l’été était étonnamment précoce, et il faisait aussi chaud qu’au mois d’août.


Ce jour-là, Clotilde reçut Annie, vêtue d’une petite robe courte à bretelle, en lin écru. Dans la lumière, on pouvait voir à travers le tissu qu’elle ne portait rien d’autre. Quant à Annie, compte tenu de la température, elle avait mis seulement une robe blouse sur ses sages sous vêtements Playtex, mais n’avait pas renoncé à ses collants.


Contrairement au vendredi précédent, sa première heure de travail se passa normalement. Sa patronne lui avait demandé de faire le ménage et les poussières du séjour et, dès qu’elle aurait fini, de s’attaquer au repassage. Annie pensait que sa réaction avait convaincu Clotilde de renoncer à ses avances lubriques... Erreur ! Bientôt, elle l’entendit appeler :


— Nini !... Nini, viens sur la terrasse, j’ai besoin de toi !


Elle trouva sa patronne étendue sur le ventre, en train de bronzer sur un bain-de-soleil garni de coussins. Elle était en string, un string minuscule dont la ficelle disparaissait entre ses fesses.


— Nini, s’il te plaît, prend le flacon d’huile solaire sur le rebord de la porte-fenêtre, et vient m’en mettre sur le dos.

— Tout de suite, Madame Clotilde, répondit-elle, soudain inquiète de la suite des évènements.


Annie s’exécuta. Elle prit le flacon, versa un peu de liquide ambré dans sa main, et commença à masser les épaules de sa patronne. Elle étala consciencieusement l’huile sur tout le haut du dos de Clotilde, descendit au creux de ses reins, s’étonnant malgré elle de la fermeté de ce corps mature. Sous le massage d’Annie, sa patronne poussait de petits soupirs de plaisir, ce qui la mettait mal à l’aise.


— Tu as des mains de fée, Nini, la complimenta-t-elle. Douces et pleines de sensualité. On te l’a déjà dit ?

— Non, Madame Clotilde. Je n’ai jamais passé de crème solaire à personne, à part à ma fille quand elle était petite.

— C’est dommage, tu es douée. Continue, ajouta-t-elle, en dénouant les liens de son string.

— Mais... Je ne peux pas faire ça, Madame Clotilde ! Je ne vais pas mettre de l’huile sur vos fesses...

— Pourquoi pas ? Tu sais ce que c’est qu’un corps de femme, dit-elle en riant, et en posant la main de son employée sur ses fesses.


Annie sentit sous ses doigts les globes ronds et bronzés du petit cul de Clotilde, et éprouva de la tristesse en pensant au sien. Mais, de toute façon, elle n’espérait rien de ce côté-là. Avec des gestes hésitants, elle étala l’huile solaire.


— Allons, mieux que ça !, la morigéna sa patronne. Et mets-en aussi sur mes cuisses.


D’un geste brusque, elle se débarrassa de son string, prit la main d’Annie, et la dirigea vers le haut de ses cuisses, en les écartant un peu.


— Oh, Madame Clotilde, s’indigna Annie.


Sa patronne maintenait sa main et, malgré elle, elle massa ses fesses et ses cuisses. Ses doigts effleurèrent la vulve de la belle et perverse bourgeoise, recueillant bien involontairement quelques gouttes de cyprine qui perlaient.


Clotilde se rendait compte qu’elle n’arriverait pas à ses fins de cette façon, mais elle entendait bien ne pas en rester là, et parvenir d’une manière ou d’une autre à soumettre Annie à ses désirs.


Elle la laissa retirer sa main, et l’invita à s’asseoir quelques instants à côté d’elle, sur un fauteuil en rotin, pour bavarder.


— Dis-moi, Nini, allais-tu à la plage avec ton mari ?

— Rarement, on y allait quand ma fille était avec nous. Et depuis son départ, nous ne nous y étions pas retournés. Alors, maintenant que je suis seule...

— Tu n’as jamais aimé te faire bronzer ?

— Pas vraiment, Madame Clotilde. Vous savez, quand on est pas aussi belle que vous, on n’a pas envie de se mettre en maillot de bain.

— Et alors ? reprit Clotilde en riant. Il faut faire comme moi : ne pas mettre de maillot !

— Oh, vous n’y pensez pas ! J’oserais jamais, j’aurais trop honte.


Annie prit le prétexte d’avoir quelque chose d’urgent à faire dans la cuisine, et en profita pour s’échapper. Mais à peine était-elle rentrée que sa patronne la rejoignit à pas feutrés, sans qu’elle la voit arriver. Nue, elle se colla contre le dos de son employée, et elle lui murmura à l’oreille :


— Pourquoi me fuis-tu, Nini ? Je ne te veux que du bien... J’aimerais que tu sois là à côté de moi, sur la terrasse, que tu te débarrasses de tes horribles vêtements, que tu t’allonges nue sur le bain-de-soleil, et que ce soit moi qui te masse avec l’huile...


Clotilde avait passé ses bras autour de la taille d’Annie, et elle avait posé ses mains sur ses seins, les caressant à travers la blouse, pleine de désir. Elle avait failli défaillir en devinant, sous ses doigts, les tétons qu’elle imaginait larges et sombres.


Annie se sentait comme un animal pris au piège, mais elle était horrifiée par la proposition de sa patronne. Dire non. Il fallait qu’elle arrive à dire non sans mettre Clotilde en colère, à lui faire comprendre que jamais elle ne se livrerait à des actes que sa morale chrétienne réprouve et condamne.


— Madame Clotilde, je vous en supplie. Je préférerais ne pas entendre des paroles comme ça. Je ne suis qu’une pauvre femme sans attrait, et je me contente de la vie que je mène. S’il vous plaît, n’essayez pas de me faire faire des choses qui me mèneraient en enfer, et dont je n’ai pas envie.

— Eh bien, répondit sa patronne qui peinait à contenir sa colère d’être repoussée, continue à mener ta vie de pauvre veuve triste.


Elle planta là son employée, aux bords des larmes, et retourna sur la terrasse.


L’après-midi se termina dans un silence pesant. Annie exécuta consciencieusement les tâches ménagères prévues. Sa patronne se rhabilla lorsque les rayons du soleil se firent moins ardents, et elle disparut dans sa chambre.


Elle sortit de son mutisme, au moment du départ de ta mère.


— Ne m’en veux pas pour ce que je t’ai dit tout à l’heure, Nini. Je t’apprécie beaucoup, tu le sais. Je compte sur toi demain après-midi.


Annie fut soulagée de quitter cette maison, et elle rentra chez elle à pied. La marche lui permit de retrouver un peu son calme, mais elle appréhendait de plus en plus de retourner chez Clotilde.


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