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Désobéissante, ce soir

Chapitre unique

Histoire médaillée
Erotique

— Je cherche un fou rebelle pour m’aider à grimper dans les aigus...


Ta jalousie insupportable... Mais quand je tangue, tu n’es pas là.


Tes doutes, toujours. Ta surveillance à distance.

L’obéissance ne m’excite plus.


Seule dans la grande maison, et nous devions nous calfeutrer beaucoup trop tôt. La connexion était défaillante, mais je tentais l’appel de détresse.

L’espace était bien trop grand pour moi, et, privé de ses meubles et ses tapis, le moindre craquement de parquet faisait écho.

De la poussière et des draps jetés sur les canapés.

Cette nuit, le vent bousculait la vieille toiture. La solitude, pesante, justifiait le risque d’ouvrir ma nuit à l’inconnu qui oserait défier le dernier protocole liberticide.


L’échange avait été bref. Ses photos me laissaient spontanément entrevoir un imaginaire sensible, tout au moins un souci des images susceptibles de titiller la libertine en chasse. Il faut séduire, vite, choix des mots, choc des photos, la formule indispensable pour réussir la première étape.

Du noir et blanc, pas de gros plan, pas de couilles, mais une silhouette, un style rock et sport, un mec sain et bien gaulé, qui ne crachera pas sur le rhum et le joint...

Ouais, dit comme ça, j’aime me faire des films, je suis effectivement bien barrée question gamberge...


"Ce rêve bleu

C’est un nouveau monde en couleur

Où personne ne nous dit

C’est interdit

De croire encore au bonheur"

(J’avais déjà bien entamé la bouteille).


La 2 CV se gare avec ce bruit si repérable. Il me plaît déjà...

Barbe de 3 jours et gueule de marin... à moins que ce soit l’air iodé qui me fasse divaguer... Skipper, ostréiculteur ?

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Non, ne dis rien...

Sourire de celui qui ne trouve rien de saugrenu à cette situation.

Moi, je trouve toujours ça magique, cette porte qui s’ouvre sur de nouveaux possibles, au premier échange de regards...

"Sous le ciel de cristal

Je me sens si légère". Évidemment, talons, bas et autres dentelles étaient restés à Paris. Mais il m’avait tant complimentée sur mes photos que je me devais de le surprendre. Les bûches flambaient bien dans la cheminée, et je lui ouvris, entièrement nue, enveloppée dans un vieux drap de lin... La Passion selon Saint Mathieu à fond la caisse... Le décor est planté, je veux de la nuit folle, beau gosse !


L’intuition était bonne, bingo, bonne pioche, j’ai misé sur le bon cheval, ce soir, j’ai le ticket gagnant !

Je passe le Cap Horn, les 40èmes rugissants, je lèche sa peau salée, 35 jours sans voir la terre, il a faim !

Le lin claque comme la grand-voile et je suis sirène au corps luisant de nos sueurs à la lumière des flammes.

Du buriné, du rêche, du calleux, du brut de décoffrage... les chœurs baroques rivalisent avec la tempête à l’extérieur.

Surtout, ne dis rien...

Marié, père, commercial ou informaticien... Je ne veux rien savoir...

"Je vire, dévire et chavire

Dans un océan d’étoiles"

Le rhum, on le boit en mélangeant nos bouches, on le lèche sur nos peaux... Mots inutiles, la maison est une île qui dérive...

Le drap est un tapis volant qui brûle.

Des mains qui empoignent avec une rassurante autorité, je m’abandonne comme je ne pensais plus savoir le faire.

Il est partout en moi, je ne distingue plus sa bouche de ses doigts de sa queue...

Les heures glissent sans nous épuiser.

Juste un café et un baiser léger dans mon cou.

Aucun commentaire. Pas besoin de dire à quel point c’était bien. Et bien au-delà des performances du loup de mer que je regarde s’éloigner dans sa Deuche.


Au matin, des appels.

Au notaire: "Je ne vends plus "

A l’amant si peu présent : "Je ne rentre pas à Paris".


"Je suis montée trop haut

Allée trop loin

Je ne peux plus retourner d’où je viens."*

— Jasmine, "Ce rêve bleu", in Alladin.

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