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Désolation hivernale

Chapitre 1

Gay

Cela fait plus de deux heures que Jean roule sur cette nationale baignée d’un brouillard givrant à vous glacer le dos. Tous ses esprits sont concentrés sur la route désolée, scrutant l’opacité humide pour ne pas se faire surprendre par un obstacle. A peine a-t-il croisé une dizaine de voitures : les habitants du coin sont bien plus prudents que lui à suivre les recommandations de la sécurité routière invitant à ne pas sortir, sauf extrême urgence.

Ce n’est pas une extrême urgence qui le pousse à se rendre dans cette petite ville de province. Juste des enjeux professionnels qu’il tient absolument à relever. Se prouver à lui-même ce dont il est capable, avant de le prouver aux autres. Quitte à braver cette épouvantable froidure.

C’est au moment de passer devant qu’il voit le panneau d’entrée de ville. Les rues sont désertes et glauques, du moins pour ce qu’il peut en voir. Heureusement, son GPS le guide tant bien que mal.

Un parking devant une brasserie. Il s’arrête, coupe le moteur, enfile son manteau, sort du véhicule. Un froid intense le saisit brutalement. Il fonce dans le local éclairé de néons rouges ringards.

Ouf. Au chaud. Il commande un double café. Il échange quelques mots avec le patron qui se plaint de cette météo tueuse de commerce. Et il décompresse en sirotant le réconfortant liquide.

Il se cale contre un panneau radiateur, sort son smartphone et pianote. Son rendez-vous n’est que le lendemain. Il n’a pas envie de s’enfermer maintenant dans une chambre d’hôtel. D’ailleurs il n’a rien réservé, convaincu qu’en plein hiver il trouvera sans problème. Et puis il est parti un peu précipitamment, sentant un bon coup professionnel. Il n’a guère que son sac de secours dans le coffre, comportant un caleçon et une chemise propres en plus d’une brosse à dent et de son vieux rasoir électrique.

Alors il pianote sur son téléphone ; cherche un lieu gay-friendly ; ne trouve rien d’excitant. Rien, à part un sauna libertin. Curieux dans une aussi petite ville… Un sauna qui est réservé aux gays aujourd’hui. Il hésite à peine. Les saunas ce n’est pas trop son truc, mais il aime bien. Il se sent toujours bien dans son corps après une séance de hammam, sauna, jacuzzi. Les rencontres avec des gars sont toujours un peu tristes. Une lente montée de sève, une éruption, à peine un merci. Du sexe triste. Jamais il n’a rencontré de mec intéressant dans ce type d’endroit.

Pourtant il se dit qu’un peu de chaleur moite lui ferait le plus grand bien. Si le sauna est ouvert, ce dont il doute. Son GPS indique que ce n’est pas très loin. Il se décide. « Pourquoi pas... ».

Il s’engouffre dans son auto après avoir réglé et échangé une dernière banalité avec le patron du bar. Il allume le moteur immédiatement : l’habitacle est déjà froid. Il rentre les coordonnées dans son GPS et part, se laissant guider passivement. Le brouillard lui semble encore plus épais. Il lui semble entrapercevoir des stalactites sur les poteaux électriques. Un frémissement d’inquiétude traverse son corps. 

Trois fois il manque de heurter un trottoir. Il a beaucoup de mal à trouver le lieu, bien caché dans une ancienne usine. Un vague parking. L’électronique indique qu’il y est. Il ne voit rien. Une sourde d’envie de repartir. Mais pour aller où ? Alors il sort. Il file à gauche, ne trouve rien. Il repart à droite et là, dans l’angle, une porte au-dessus de laquelle un panneau indique le nom du sauna. Il entre. Il traverse un couloir éclairé d’un vague néon jaunâtre. 

L’accueil. Une sonnette. Il appuie. Attend un peu. Pour qu’enfin un type, la cinquantaine, lui ouvre le guichet.

— Bonjour ! Bienvenu ! Cela fait plaisir de voir du monde…

— Ouais, c’est l’horreur dehors. Je comprends que les gens restent calfeutrés chez eux… 

— C’est ce qu’on dit à la radio. J’ai décidé quand même d’ouvrir… Mais je regrette : tu es mon premier client.

— Si tu veux fermer, ce n’est pas grave… réponds-je, pas mécontent que le tutoiement s’instaure immédiatement.

— Non, tant qu’à faire, maintenant que tout est en route, reste. C’est treize euros l’entrée.

Le gérant lui tend une serviette et un porte clé. Jean le paye. La gâche électrique se déclenche. Il entre.

L’odeur caractéristique des saunas. Jean laisse filer un sourire en hochant la tête. Les casiers sont immédiatement là, sous un comptoir plein de documentation gay, pour une bonne part de prévention. Il se déshabille entièrement. Le gérant le rejoint.

— Fais ce que tu veux, tu es seul. J’espère pour toi que d’autres gars arriveront.

— J’espère pour toi aussi ! Moi ce n’est pas grave, j’ai juste envie de me délasser après cette route épouvantable…

Le type le reluque sans vergogne. Visiblement il apprécie le corps bien fait de Jean. Un Jean qui rigole intérieurement en lisant dans les pensées de l’autre. « Eh oui, pas mal pour un quadra ! Non ? J’ai de belles fesses, d’accord. Et une verge standard que tu aimerais voir déployée, mais elle n’est pas pour toi ! C’est bête, hein… » Se dit-il, goguenard.

— Première fois ici ? Je te fais visiter ?

— Non… Merci. J’aime bien aller découvrir par moi-même.

Le ton un peu sec de Jean n’appelle pas de réponse. Le gérant tourne les talons. « Merci, je vais être un peu tranquille… » 

Jean pose sa serviette sur l’épaule et s’avance dans le couloir. Il repère une salle télé, des premières cabines, puis les douches, le hammam, le sauna, le jacuzzi. Il pose sa serviette sur une patère et expose son corps aux bienfaits d’une douche bien chaude. Les yeux fermés, les bras en l’air, il goûte pleinement à ces caresses régénérantes. 

Laissant sa serviette en place, il entre dans le bassin du jacuzzi et s’installe confortablement. La chaleur, la moiteur, la fatigue et la baisse de tension ont tôt fait de le détendre au point qu’il s’enfonce dans une douce somnolence. 

Combien de temps reste-t-il ainsi à récupérer ? Il finit par rouvrir les yeux, s’ébrouer, sortir de l’eau et filer directement dans le sauna brûlant où il se couche de tout son long. A peine installé il se rend compte qu’il n’a pas déroulé sa serviette sous lui. Peu lui importe, les règles d’hygiène attendront. Il se décalotte entièrement, posant sa verge flasque sur sa cuisse. Par la vitre sans teint il regarde les douches vides, la porte du hammam d’où sort de la vapeur par vagues, une partie du jacuzzi.

Son esprit se remet à vagabonder dans des limbes agréables. Il lui semble vaguement entendre le bruit étouffé d’une sonnette qui ne le fait pas réagir. Le bruit des machineries ; une vague musique de fond…

Dix minutes d’intense sudation se passent. Et brutalement un corps mâle nu passe devant la porte du sauna pour filer sous la douche. De belles fesses, un corps finement musclé, un cou solide. « Humm… » 

Le gars se retourne. A travers la porte teintée Jean se focalise sur la belle verge qui se présente. Une verge fine, bien élongée d’excitation, délicatement décalottée, masquant à peine deux beaux testicules bien ronds. Son regard s’élève lentement pour scanner le corps peu poilu du gars. Un gars d’une vingtaine d’années, pas d’une beauté plastique, mais néanmoins agréable à regarder.

La main de Jean s’empare instinctivement de sa verge qu’elle tripote subtilement tout en s’assurant qu’elle est bien décalottée. Un léger déploiement, malgré la chaleur.

Le gars regarde vers lui. Jean sait bien qu’il ne peut pas le voir ; il en relève néanmoins une jambe pour bien exhiber son bas-ventre. Comme s’il devinait l’invitation, le gars se dirige brusquement vers lui, ouvre la porte d’un geste ferme et entre dans le sauna.

— Bonjour.

— Salut.

Jean se redresse et s’assoit pour faire de la place. Le gars s’assoit à côté de lui, laissant une trentaine de centimètre de sécurité.

— Cela fait plaisir de voir du monde !

— Ouais. Putain de temps… Le patron m’a dit que tu es le premier et le seul client. D’habitude il y a plus de monde.

— Parce que tu viens souvent ici ?

— De temps en temps… Avec mes potes… Mais ce soir je suis super à la bourre et ils ne sont pas là… J’ai peur qu’avec ce temps ils aient renoncé… Dommage, on avait prévu de bien s’amuser…

Jean sourit. Malgré la pénombre, il distingue le visage enjoué du jeune qui a repris sa longue tige en main pour se tripoter. D’un coup de fesses Jean franchit la distance qui les sépare, colle sa cuisse contre celle du jeune. Il ne réagit pas. Alors Jean pose sa main sur la cuisse fine et fraiche. Lentement, délicatement, il se met à la caresser.

Juste quelques secondes de tendresses épidermiques avant que le gars ne saisisse sa main et la repousse en la reposant sur sa propre cuisse.

— Non… Non merci…

— Tu n’as pas envie ?

— Si… Mais avec mes potes… Je ne voudrais pas te vexer mais tu es trop…

— … Trop vieux ?

— Ouais… On s’amuse entre nous, les jeunes. Tu comprends ?

— Oh ça, je comprends très bien ! Et je respecte ! Mais bon, je ne me sens pas trop vieux… L’expérience de la maturité a ses avantages aussi…

Le gars glousse joyeusement.

— Je m’en doute ! Mais il y a déjà le patron qui ne cesse de me tourner autour… J’ai beau lui dire que je n’aime pas les gars poilus, il est un peu collant !

Jean se décale en reprenant sa position initiale. 

— Ça c’est nul… Je déteste les mecs collants ! Cela m’arrive aussi, tu sais, de tomber sur des types qui ne comprennent pas le sens du mot « non ». C’est pénible…  Alors si tu ne veux pas, je respecte. Et je n’insiste pas. Mais si tu changes d’avis, n’hésite pas à me le dire !

Le jeune glousse à nouveau, d’un curieux rire à la fois aigu et étouffé.

— C’est gentil… Mais je me demande bien quel genre de mec te drague ?

— Cela veut dire quoi cette question ? Que je suis trop vieux et moche pour être dragué ?

— Non, non… Je me suis mal exprimé…  En fait, je m’interroge : quand on est jeune on a toujours envie de s’envoyer en l’air. Avec l’âge, j’imagine que cela arrive moins souvent… Et que les beaux mecs sont plus rares…

Jean éclate de rire.

— Quelle idée tu te fais ! D’abord s’il est vrai qu’avec l’âge on baise moins souvent, on baise mieux et plus longtemps… Et puis la beauté… On découvre qu’elle est bien plus subtile qu’une belle paire de fesses ou qu’un joli ventre musclé…

Jean devine le sourire éclatant de son compagnon.

— Peut-être…

La conversation s’arrête là. Le silence s’installe, entrecoupé des claquements des pierres de lave surchauffées. Les deux corps suent abondamment.

Jean finit par se lever et sortir. Il se dirige vers les douches, sachant bien qu’un regard aiguisé reluque son fessier.

Il fait exprès de ne pas se retourner, faisant languir le jeune, passant et repassant une main dans son sillon fessier ; comme une invitation… Après le troisième déclenchement de jet de douche, il consent à se retourner.

Le jeune bougre est surpris. Il stoppe ses caresses mécaniques sur son pénis allongé mais mou et se penche en avant pour mieux reluquer son compère. « Putain, il n’est pas si mal foutu que cela, le vieux… J’ai peut-être été un peu dur… » Un torse viril, des épaules musclées, un ventre plat, une belle verge épaisse, une fine pilosité. La langue du jeune passe sur ses lèvres. Son sexe durcit encore, malgré la chaleur.

Jean abandonne la douche pour entrer dans le hammam. Le jeune ne tarde pas à sortir du sauna, prendre une douche rapide et le rejoindre.

Il reste un moment debout à l’entrée pour s’habituer à la pénombre embuée. Il repère Jean. Va s’assoir prudemment en face.

Jean écarte ses cuisses en grand. Ouverture. Le gars croise les jambes en posant une cheville sur un genou. Fermeture. La position de leurs corps renvoie les signes de leur état d’esprit. Jean sourit. « Farouche, le bougre… »

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