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Désolation hivernale

Chapitre 4

Gay

Le réveil sonne brutalement à 6h30. Jean bondit pour l’éteindre. Il heurte le corps de Léo toujours calé contre lui. Il allume la lampe de chevet. Et se souvient. De l’intensité jouissive de leur ébat de la veille. Et de leurs corps qui n’ont pas cessés de se chercher et de se toucher tout au long de la nuit. Léo tourne la tête vers lui et l’embrasse en disant :

— Bonjour mon homme…

— Bonjour mon ange…

Léo glousse.

— Cela te dérange si je t’appelle mon ange ? 

— Non… Oui… Seulement après l’orgasme… J’ai adoré tes mots tendres hier soir…

Jean blêmit.

— Tu… Tu as entendu ce que je t’ai dit ?

— Oui… J’étais dans un demi-sommeil. C’était très beau. Très doux… J’aime quand tu me parles d’amour…

— Je… Je me suis peut-être un peu emballé…

— Quand tu m’as sodomisé comme une bête, c’est sûr ! Après… Ce qui sort du cœur ne peut-être que vrai…

Ils s’embrassent cérémonieusement. Jean interrompt la séance pour proposer d’aller se laver. Les deux hommes bondissent pour se précipiter sous le jet chaleureux de la douche. Ils urinent l’un sur l’autre, chacun attrapant la verge de l’autre pour diriger joyeusement le jet, qui sur le ventre, qui sur le sexe. Ils se savonnent mutuellement, lavant précautionneusement leur séant maintenant apaisé, puis leur verge qui se redresse. Jean regarde leur lit défait à travers la cloison de verre et revisite dans sa tête la puissance de leur saillie de la veille.

Ils se rincent, la queue tendue l’un vers l’autre. Le séchage mutuel, par un doux frottement de la serviette sur leur peau, ne calme pas leur ardeur, bien au contraire. 

Jean sort son rasoir et se fait une beauté du visage pendant que Léo lui caresse le fessier, les testicules, la verge érigée. Une fois la peau apaisée, Léo prend le matériel de Jean et se rase à son tour, subissant les mêmes caresses intimes.

C’est le corps fébrile qu’ils retournent dans la chambre. Tout leur corps crie le désir. Ils sont assoiffés l’un de l’autre. Léo regarde l’heure. 

— Sept heure moins dix. Tu es dans les temps ? demande Léo.

— J’ai même peut-être cinq à dix minutes d’avance…

— Humm… On s’encule ?

— Quel mot vulgaire ! Je n’aime pas trop…

— Pardon…

— Non, on n’a pas le temps… Par contre…

— Par contre, un petit 69 vite fait…

— Vite fait… On se pompe et c’est le premier qui éjacule qui gagne…

— Qui gagne quoi ?

— Le droit de choisir notre prochain ébat…

— Ok !

Et Léo repousse Jean qui tombe sur le lit. Il l’enjambe et se met tête-bêche, engloutissant aussitôt le sexe tant désiré dans sa bouche.

Aucun des deux n’est un novice en fellation. Ils se pompent et s’aspirent comme des fous, accompagnant leurs mouvements buccaux de caresses indicibles.

Un doigt de Léo entièrement enfoncé dans son anus, Jean lâche la tige pour crier :

— Je vais jouir !

Léo a à peine le temps de rejeter le sexe de Jean et de fermer la bouche, que le jet de sperme percute son visage. Il a à peine le temps de s’extasier devant cette offrande séminale qu’il sent les lèvres de Jean reprendre sa tige.

A son tour, une main en train de le doigter analement alors que l’autre le caresse voluptueusement, il éjacule de tout son saoul en ouvrant en grand la bouche comme pour chercher de l’air. Ce faisant, un peu de la semence que Jean a déversé sur son visage coule à la commissure des lèvres et pénètre sa bouche. Léo hésite sur la marche à suivre, la prudence luttant avec la folle envie de déguster le miel de son amant. 

Le temps de réfléchir, Jean s’est dégagé et place son visage au-dessus du sien. Un visage fermé, malgré des yeux rieurs. Des yeux rieurs qui aperçoivent le sperme qui s’insinue entre les lèvres.

Alors Jean ouvre sa bouche en grand et laisse échapper sur le torse de son amant tout le sperme qu’il lui a éjaculé en bouche. Un éclair passionné traverse leur regard.

— Désolé… Je me suis oublié… dit Léo, impressionné par la quantité de sève coulant sur sa peau fébrile.

— Pour mon plus grand plaisir… Attend, mon sperme coule dans ta bouche. Je vais le récupérer.

Léo ouvre la bouche en grand. Jean avance une langue exploratrice et vient attraper une goutte de semence juste avant qu’elle ne tombe au fond de la gorge. Il l’avale. Avant de lécher d’autres traces de son sperme égarés sur le beau visage du jeune homme.

Quand Jean veut se reculer, Léo le retient.

— Attend ! A mon tour. Il faut que je nettoie ce que j’ai déposé dans ta bouche par mégarde.

Les yeux de Jean lancent des flammes de bonheur en ouvrant la bouche. Léo y enfonce une langue enroulée et se complait à récurer le palais et la cavité buccale avec attention. Quand il a fini, Jean lui demande :

— Tu es sûr que tu n’as récupéré que ton sperme ?

— Non… Bien sûr que non… Le mélange de nos semences est un régal…  

— Gourmand, va !

Ils se roulent une nouvelle pelle, ne se souciant plus de savoir à qui appartient ce doux nectar mâle.

Ils se retrouvent à nouveau dans la salle de bain pour se nettoyer le visage et la verge. Quand ils se jugent présentables, ils se rhabillent silencieusement. Jean remballe ses affaires. Au moment de sortir, Léo a le réflexe de filer à la poubelle pour récupérer les capotes et les emballages. Il jette un œil sur les draps et hoche la tête devant les traces de leurs ébats. Jean regarde à son tour et sourit.

— Je suis désolé, mais ma tante (c’est elle qui fait les lits en cette saison) va penser que tu es un sacré branleur !

— Cela vaut mieux plutôt qu’elle devine ce que nous avons fait tous les deux…

— Sûr ! Même si par moment je me demande si elle ne sait pas tout de mon orientation sexuelle…

— L’intuition féminine…

Ils s’embrassent encore avant de s’échanger leur numéro de portable.

— Passe me voir avant de quitter la région.

— Je t’appelle quand j’ai fini. Promis. Je compte bien jouir encore avec toi ! Je suis déjà en manque…

— Et moi donc…

 

Léo file par derrière pour récupérer sa voiture qu’il a laissé à trois-cents mètres de là, le long d’un chemin qu’il connait. Jean sort dans la cour, frissonne face au brouillard matinal, dépose ses sacs dans sa voiture puis rejoint la salle du repas. Il se sent soulagé de voir que la tempête est un peu calmée. Il fait un froid de bœuf, mais il ne grêle plus.

Le petit déjeuner est copieux. Jean mange en silence, ses pensées passant du souvenir de leur nuit à l’enjeu de sa négociation du matin. Il règle la tantine sans omettre de la remercier chaleureusement, puis promet de revenir s’il repasse par là.

Le froid. La pluie. L’humidité dans la voiture. Les petites routes embrumées dans le noir hostile. Jean roule vers son rendez-vous.

A huit heures il est dans la salle de réunion devant trois interlocuteurs agressifs qui contestent violemment sa proposition. Jean se surprend lui-même à rester calme et concentré, classant les objections, y répondant une à une, argumentant avec pertinence. L’ambiance change peu à peu. Il marque des points mais ne parvient pas à sortir de la défensive. 

L’ouverture, la seule, se présente vers dix heures. Il s’y engouffre avec doigté, poussant son avantage petit à petit, prêchant le faux pour qu’en face on lui dise le vrai. Et enfin, au bout de trente minutes, l’évidence apparait à tous : son produit est parfaitement adapté aux besoins réels de ses interlocuteurs qui ont accepté l’idée que leur cahier des charges était incomplet.

Celui qu’il sait être le vrai boss interrompt alors la réunion en remerciant Jean d’avoir fait le déplacement et d’avoir été présent si tôt le matin « car j’aime les courageux qui se lèvent tôt ». Il lui demande de revoir son offre pour tenir compte des échanges. Jean demande qu’on lui mette un petit bureau pour qu’il fasse cela immédiatement. Surpris de sa réactivité, le client accepte. Il lui apporte même un sandwich vers treize heures. C’est l’occasion pour lui de glisser des dernières pistes d’amélioration afin que Jean peaufine son offre.

Ils se retrouvent en début d’après-midi pour la présentation de l’offre entièrement revue. A quinze heures, le contrat est étonnamment signé sans grande négociation financière. Jean découvre alors ce qu’il pressentait : l’extrême urgence pour le client. La clé est la rapidité dans l’exécution du contrat. Cela, il sait faire. Surtout que le client exige qu’il mette lui-même en œuvre le produit dans son usine, ce enchante Jean au plus haut point.

Il les quitte après des salutations chaleureuses, joyeux contraste avec la froideur de l’accueil matinal. Un peu sonné et grisé par un succès plus fort et plus rapide qu’il ne l’espérait, Jean retrouve le chemin du pub de la veille. Tout en sirotant une bière, il appelle son patron, évidemment enchanté du résultat et qui valide tout.

Jean repose le téléphone sur la table. Le pub est quasi désert. Il bascule en arrière comme pour sortir d’un rêve. Il sirote mécaniquement sa bière. Le souvenir de Léo s’empare immédiatement de lui. De magnifiques images de corps à corps traversent son esprit. Mais il ressent plus que cela encore. Comme un manque. Comme un besoin de voir, d’entendre, de toucher son nouvel amant. Il lutte contre l’idée que ce qu’il ressent va bien plus loin qu’une banale histoire de cul avec un beau petit mec. Et pourtant… La distance et l’absence seraient assurément un bon test. Peut-il oublier Léo ?

Un Léo dont l’esprit le possède entièrement. Il se rend subitement compte qu’il est en complète érection ; que son anus le chatouille ; que ses lèvres sont en manque. Une furieuse envie de caresser, de palper, d’effleurer, d’embrasser…

Jean sourit. Il est accro. Comment le nier ? Faut-il fuir ou assumer ? Il a maintenant de bonnes raisons de revenir dans cette petite ville de province. Est-ce le besoin de trouver une occasion de revenir par ici qui l’a rendu inconsciemment si véloce dans sa négociation ? S’il veut, il peut revoir Léo. Alors… Pourquoi ne pas vouloir ? Et puis il n’habite qu’à trois petites heures de route. Rien d’irrémédiable.

Pris d’un sursaut d’énergie il appelle Léo. Qui décroche immédiatement.

— Je te dérange ?

— Pas du tout. J’attendais ton appel.

— J’ai fini ma négo. Avec succès. Je vais devoir revenir dans le coin.

— Génial ! Et là, tu fais quoi ?

— Il faut que je reparte.

— Maintenant ?

— L’après-midi est morte. Je ne suis pas pressé…

— Viens ! Viens me voir !

Jean fait semblant d’hésiter avant de se décider à accepter. Léo lui indique la route. Il règle sans attendre sa bière et fonce dans sa voiture. Quelques kilomètres à la sortie sud de la ville. Une grande serre sur la gauche. Un chemin qui la contourne. Jean se gare à côté de la voiture de Léo qu’il reconnait. Il cherche des yeux la porte d’entrée, la trouve, entre dans la serre légèrement chauffée.

Léo est là, tout au bout, en combinaison de travail verte. Repérant son amant de la veille il se tourne vers lui, ôte ses gants et va à sa rencontre, d’un bon pas. Il accélère, courant plus qu’il ne marche. Et se jette dans ses bras fougueusement.

Ils s’embrassent fiévreusement.

— C’est vrai ? Tu as gagné le marché ? Tu vas revenir souvent ?

— Oui… C’est bon… C’est gagné, on va pouvoir se revoir…

— Génial…

Leurs corps s’enlacent dans une étreinte complice. Les baisers s’enflamment. Léo prend subitement Jean par la main et l’entraine à l’autre bout de la serre.

— Viens… On sera plus tranquilles là-bas…

Le paysagiste tire Jean par le bras tout en lui lançant des bisous réguliers. Ils s’arrêtent dans un espace dédié aux grands arbustes qui les protègent de la vue. A peine arrivés, Léo se campe devant Jean et dégrafe le bouton de son pantalon avant d’abaisser la braguette. Jean le laisse faire, amusé.

— Cela mérite bien une petite récompense…

— Gourmand, va ! Mais je ne suis pas très propre…

— Ça donne un goût plus épicé… Miam…

Le slip suit le pantalon qui tombe aux chevilles. Le sexe de Jean s’élève rapidement dans l’air. Léo lui caresse les bourses puis le décalotte. Il hume le fumet qui s’échappe du gland puis, d’un coup, le met en bouche où il le suce avec avidité. C’est tellement bon que Jean est obligé de se retenir à un rebord de table. Léo se lance dans une fellation de folie. 

Jean en a le souffle coupé. Il regarde le jeune homme agenouillé devant lui qui le suce plus et mieux. Il se dit que la situation est ridicule, pantalon aux chevilles et fesses à l’air, en train de se faire amignonner. Mais c’est si bon…

Les mains de Jean se posent sur la tête avide. Léo lève les yeux et, sexe en bouche, lui sourit franchement. Ses mains glissent sous la chemise défaite et viennent caresser la poitrine et titiller les mamelons. Son visage bascule d’avant en arrière en suçant comme un beau diable le braquemart savoureux. Jean ferme les yeux de bonheur. Léo se démène.

Un avant-goût de sperme. Les deux hommes se regardent.

 Léo lâche le sexe et demande :

— Je peux ?

— Si tu veux… C’est sans risque.

Alors il réembouche le phallus et le pompe farouchement jusqu’à ce que Jean éjacule dans sa bouche tout en poussant un grognement sourd. Léo est aux anges. Il prend le temps de déguster ce bon sperme avant de l’avaler par petites gorgées gourmandes. Il tient maintenant Jean par les fesses pour nettoyer méthodiquement le membre libéré de sa pression séminale.

Jean sort progressivement de son orgasme et le regarde faire avec fierté. Ils se sourient. La verge se ramollit rapidement. Les lèvres de Léo finissent par la laisser retomber, sublime organe courbe et épais entre deux cuisses musclées. Il se relève et embrasse Jean dans un long baiser à l’arrière-goût particulièrement masculin.

Jean caresse la tige qui virevolte à travers la cote de travail. Entre deux fougueux baisers il réussit à glisser :

— Tu veux que je t’en fasse autant ?

Léo rigole et se recule. Il regarde son amant du moment avec acuité.

— Vous êtes bien ridicule comme cela, Monsieur, pantalon baissé, cul à l’air… Cela ne se fait pas d’être ainsi fiché chez les gens…

— C’est que…

— Je ne veux rien entendre ! Votre tenue est indécente ! C’est indigne. Cela mérite une punition…

Léo se rapproche de Jean.

— Humm… Laquelle ?

Tout en posant la question Jean s’est emparé de la fermeture éclair qu’il descend lentement. A sa grande surprise, sous le teeshirt blanc, la verge sans protection apparait.

— Et bien Monsieur, vous ne portez pas de culotte ?

— Je l’ai enlevée il y a dix minutes. Après un coup de fil…

— Je vois… Et ?

— Et vous avez de bien jolies fesses, monsieur. J’irai bien explorer leur beauté intérieure…

— Ai-je le choix ?

— Non…

Léo sort un préservatif de sa poche. Jean le saisit, l’ouvre et le déroule le long de la tige. Puis il se retourne en basculant franchement son bassin en arrière.

Léo se colle dans son dos. Un frisson parcourt le corps du commercial quand il sent le sexe entrer en contact avec son anus. Léo glisse ses mains sous la chemise pour lui caresser le ventre. Il se love contre lui et lui suçote l’oreille en susurrant des mots doux.

Alors, très progressivement, le fin sexe pénètre dans le rectum de Jean, déclenchant des ondes jouissives pour chacun des deux amants.

La sodomie est longue, suave, délectable. Elle est entrecoupée de baisers sauvages et de caresses intimes. Léo joue avec la verge flaccide de Jean qui n’a plus assez de jus pour rebander. Mais qui prend un plaisir fou à se faire adroitement enfiler.

Ce ne sont que deux bêtes en rut. Des bêtes civilisées, certes ; amoureuses, sûrement ; mais dont l’instinct sexuel a pris le pas sur tout le reste. La saillie est totale, rude, jouissive. Et Léo jouit à son tour, criant son orgasme en éjaculant profondément dans le séant enchanté.

Se retirer. Ôter la capote. Se retourner. S’embrasser, encore et encore, ventre contre ventre, verges sirupeuses se frottant lascivement, mains aux fessiers musclés.

 

— Tu vas repartir ?

— Oui, mais je vais revenir… 

— Quand ?

— Pas avant quinze jours, mais je reviendrai.

— C’est long…

— Je sais… Tu veux venir passer un weekend chez moi ?

— Bien sûr… Le weekend prochain ?

— Euh… Non. Le weekend d’après. J’ai ma fille le weekend prochain…

Jean, qui parle dans le cou de son amant tout en y déposant des petits bisous amoureux, ne peux pas le voir devenir brusquement blême. Le silence s’instaure. Que Léo, qui a repris contenance, brise en déclarant :

— Ok, dans quinze jours. On y va ? Il ne faudrait pas qu’on nous surprenne là…

— D’accord.

Léo se retourne pour se rhabiller sans que Jean ne voie son visage. Jean ne se rend toujours compte de rien en remontant son slip puis son pantalon. A peine rafistolé, Léo passe devant pour traverser la serre en sens inverse. Jean a très envie de l’arrêter pour l’embrasser mais interprète le comportement de Léo comme celui de quelqu’un qui ne veut pas être surpris en position délicate.

Arrivés devant la porte d’entrée, Léo fait enfin face à Jean pour lui dire :

— On fait comme cela. On s’appelle pour les détails.

— D’acc…

Mais Léo tourne casaque et repart à son ouvrage en faisant un grand salut de la main.

Jean est étonné de la fraicheur de leur séparation. « Il est vraiment farouche le jeunot… On dirait qu’il a même peur de son ombre… » Il monte dans sa voiture et repart, impatient de rentrer chez lui après les trois heures de route.

Léo, lui, est dépité. Des larmes lui montent aux yeux. « Il est hétéro… Je tombe amoureux d’un gars et il est hétéro… Il a une fille… Le salaud… Mais pourquoi ne me l’a-t-il pas dit ? Ce n’est pas possible… » Léo rumine jusqu’au soir. Il monte se coucher tôt et déprime encore plus en cherchant instinctivement le corps de Jean dans le lit. Toute la nuit est entrecoupée de cauchemars où Jean, l’hétéro, le tourne publiquement en ridicule, moquant son homosexualité devant ses amis et sa famille.

Jean se couche tôt aussi, mais s’endort immédiatement du sommeil du juste. Il a une pêche d’enfer le jour suivant ; et encore celui d’après. Il y a juste un nuage qui passe par moments dans sa tête sur le comportement bizarre de Léo lors de leur séparation. Un Léo qui lui manque de plus en plus, et pas seulement physiquement. Et qui ne répond pas à ses appels. Probablement parce qu’il est très occupé.

Il récupère avec joie sa fille et surjoue les pères gâteaux tout le weekend. La révélation se fait le dimanche soir quand son ex-femme, avec qui il a gardé de bons rapports, l’embrasse sur la joue en le remerciant de si bien s’occuper de « SA fille ».

Il réalise qu’il n’a jamais raconté sa vie d’avant à Léo. Et, se remémorant leur séparation, que c’est après qu’il lui ait parlé de sa fille que le comportement de Léo a changé. « Quel con ! Quel con je fais ! Merde ! »

Jean s’en veut à mort. Il subodore que Léo a très mal pris la chose. Il tente de le joindre, mais il ne décroche pas. Jean est mal. Très mal…

Léo, quant à lui, a laissé sa colère grandir durant les jours suivants. Avant que le vide du weekend ne le fasse déprimer. Abattu, il refuse même d’aller s’ébattre avec ses potes de sexe. Il est en rage. Et en manque. Il est hors de question de répondre appels du traitre. Pourtant, il ne cesse de penser à Jean, à leurs intenses saillies, à ce sentiment de bien-être en sa présence. Alors, le weekend passé, sa frustration s’apaise. Il finit par se dire que Jean s’est entièrement donné à lui, qu’il ne l’a en rien trahi. Peut-être a-t-il été un jour hétéro. Mais après ce qu’ils ont vécu ensemble, il n’y a finalement aucun doute : il est aujourd’hui totalement homo.

Comprenant que la seule question est de savoir s’il a été hétéro puis homo ou bien s’il est encore hétéro et homo, en milieu de semaine il se décide à l’appeler. Juste au moment où il s’approche de son téléphone, Jean l’appelle. Il n’hésite qu’un instant. Décroche.

— Léo ! Enfin ! C’est Jean. Je suis désolé. J’ai été nul. Je n’ai même pas pensé à te parler de ma vie d’avant… Il faut qu’on se voie, que je t’explique…

— C’est moi qui suis nul… Je t’en ai voulu. C’est con. Pourquoi n’aurais-tu pas été amoureux d’une femme ?

Et Jean de raconter cette partie de sa vie. Une vie heureuse. Mais pas tenable, avec son obsédante attirance pour les hommes.

— Je… Je suis désolé… J’ai envie de toi… dit Léo, ému aux larmes.

— Moi aussi ! Terriblement… Je ne pense qu’à toi… Viens me voir ce weekend… S’il te plait…

— Bien sûr qu’il me plait… Je veux ! Je viens ! J’arrive !

Les amants restent longtemps au téléphone à convenir de leur prochaine rencontre. A se dire leurs envies. A définir leur programme. Chacun dit sa hâte de leur prochaine rencontre. Une rencontre qui s’annonce plus que torride…


FIN

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