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Deux frangines

Chapitre 2

Hétéro

Elle doit avoir décidé d’emporter la décision dès le premier jour. Avec habileté elle a fait sauter les boutons de sa blouse, dégagé ses deux seins et les a livrés à mes mains impatientes. Le baiser est interrompu pour me donner librement accès à sa poitrine. Suis-je trop lent? Sa main saisit ma nuque, tire ma tête, guide mes lèvres sur un sein. Je suis le nourrisson, roule entre mes lèvres la pointe durcie du téton, je tète doucement. Laure étouffe un gémissement, appuie sur ma nuque. Elle a deux seins, je dois au deuxième le même hommage curieux. Cette mise en appétit me fait perdre tous mes complexes, ma succion assumée, je me rends compte du résultat de l’accumulation de découvertes et sensations: au bas de mon ventre, l’arc s’est tendu, la flèche veut s’évader.


Chéri, c’est si bon, dit la bouche brûlante à mon oreille. Laure m’apprend qu’à son grand désespoir, elle est réglée. La petite ficelle qui sortait du maillot m’avait renseigné. Mais si je permets ou si je veux, elle peut m’apporter un soulagement manuel ou oral. Je vous livre le contenu brut de périphrases prudentes destinées à suggérer plus qu’à affirmer, très bizarres en comparaison des actes auxquels nous nous livrons depuis le début du film. Je reprends goulûment la bouche et perfectionne avec conviction l’art du baiser. C’est bon et cela réduit au silence la tentatrice pleine de ressources. Il ne faut pas confondre silence et inaction, je l’apprends quand une main vient taquiner la révolution dans mon pantalon. Cette fois elle va causer des dégâts! Je trouve enfin une once d’énergie pour réclamer de meilleures conditions pour un acte aussi important.


Pour qu’elle cède elle doit avoir entendu non un refus mais la promesse d’une rencontre future, en somme la réponse attendue depuis son dépôt de candidature. Battre le fer quand il est chaud, elle s’y entend. J’ai été bousculé par une tornade, j’y ai pris mon plaisir et oublié mes plans. Heureusement je suis sauvé par son indisponibilité temporaire. Elle accepte un repas du soir dans un restaurant qui va me coûter mes dernières économies, elle n‘a pas besoin de le savoir. Je vais avoir au moins un mois devant moi pour remettre de l’ordre dans mes idées et renflouer mon porte monnaie à coup de restrictions des dépenses.

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Pendant le repas, nous nous regardons, nous échangeons nos vues sur le mariage, sur la fidélité dans un couple: en tout point elle partage mes idées. Que je ne m’inquiète pas, telle Pénélope elle attendra son Ulysse, et pour commencer elle va annuler toutes les sorties prévues pour m’attendre sagement. Je m’insurge, la fidélité est une disposition du cœur, je serais malheureux de la priver de saines distractions ou de la fréquentation de ses amis. L’attente ne doit pas être un carême de quatre années. Elle devra continuer à vivre normalement, peut-être connaître des tentations et mesurer sa capacité de résistance. Je m’appliquerai la même règle si à ma prochaine permission je prends un engagement envers elle.


Je ne demande à personne de partager mes opinions. La fille qui ne sera pas d’accord passera son chemin. Je suis tombé sur la perle rare si j’en crois Laure. Nous nous quittons avec difficulté. Au départ demain après-midi j’irai l’embrasser une dernière fois, c’est promis.


Elle monte dans ma voiture pour m’embrasser hors de la vue de sa famille, à proximité de l’autoroute. Elle me redit son amour, son impatience de se donner entièrement à moi, son désir de se fiancer officiellement le plus rapidement possible. Il lui tarde de connaître ma décision. Je propose de faire demi-tour et de la déposer en ville. Elle préfère rentrer en marchant et en rêvant de nous. Un dernier baiser persuasif pour la route et va.


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-Adrien, ça va, tu es bien installé? Tu vois bien l’écran, Adrien? Adrien, tu es content? Tu es heureux d’être près de moi, Adrien?


De banalité en banalité, elle a pris ma main, elle a penché sa tête, parfumée au sortir de l’eau chlorée d’un parfum doux mais frais, elle a levé les yeux à la recherche des miens, a baisé ma main, a relevé ses yeux, a murmuré un timide, tout timide, tout premier « je t’aime Adrien » et s’est retrouvée assise sur mes genoux, bras enserrant ma tête et lèvres collées aux miennes. Elle est très démonstrative. Depuis quelques minutes j’avais été sevré de petits bisous. Mais cette fois dans la pénombre, j’apprends ce qu’est un vrai baiser rythmé par la musique sirupeuse du film. Assurément elle possède un savoir faire bien supérieur au mien. Entre deux prises d’air rapides nous restons bouches cousues l’une à l’autre. J’essaie de l’imiter afin de ne pas paraître trop inexpérimenté.

Elle avait atterri en amazone sur mes jambes. Pour m’embrasser elle vrille son torse, j’ai une main dans sa permanente et l’autre dans son dos, un doigt sur le lien du soutien-gorge: je veux assurer son équilibre mais aussi lui montrer mon désir de participer au partage du plaisir. Comme une anguille elle échappe à l’étreinte et se retrouve à califourchon sur mes cuisses, pose ses mains sur mes oreilles et reprend possession de mes lèvres avec une ardeur renouvelée, dos tourné à l’écran.


Dans ma tête un ange souffle « ça ne se fait pas le premier jour » et un démon me susurre « carpe diem ». C’est trop bon, je cède au petit diable. Laure a senti tomber mes résistances, elle pousse son avantage, bloque ma tête, entrouvre ses lèvres et envoie juste entre les miennes la pointe d’une langue habile. Ca chatouille, je cède un passage, la pointe est passée, le reste suit. C’est encore une première. Langue contre langue, dans ma bouche envahie, se livre un délicieux combat. Ma langue tente de limiter l’invasion, la sienne se glisse entre dents et joues, visite l’intérieur de mes lèvres, déclenche des frissons, pousse contre la mienne, se glisse dessous, dessus, part à l’assaut de mes amygdales, en mouvement perpétuel. Je me révolte, résiste, lutte avec rage, repousse sa langue, la poursuit jusque dans sa bouche et m’y livre aux investigations apprises la minute précédente, je goûte à sa salive, m’en enivre à mon tour. Mes mains ont glissé de son dos, saisissent involontairement des chairs douces, j’englobe ses seins, les malaxe longuement, avant de me rendre compte que je suis en train de faire ce « qui ne se fait pas le premier jour ». A l’ange c’est Laure qui répond « C’est bon, n’arrête pas »


Elle doit avoir décidé d’emporter la décision dès le premier jour. Avec habileté elle a fait sauter les boutons de sa blouse, dégagé ses deux seins et les a livrés à mes mains impatientes. Le baiser est interrompu pour me donner librement accès à sa poitrine. Suis-je trop lent? Sa main saisit ma nuque, tire ma tête, guide mes lèvres sur un sein. Je suis le nourrisson, roule entre mes lèvres la pointe durcie du téton, je tète doucement. Laure étouffe un gémissement, appuie sur ma nuque. Elle a deux seins, je dois au deuxième le même hommage curieux. Cette mise en appétit me fait perdre tous mes complexes, ma succion assumée, je me rends compte du résultat de l’accumulation de découvertes et sensations: au bas de mon ventre, l’arc s’est tendu, la flèche veut s’évader.


Chéri, c’est si bon, dit la bouche brûlante à mon oreille. Laure m’apprend qu’à son grand désespoir, elle est réglée. La petite ficelle qui sortait du maillot m’avait renseigné. Mais si je permets ou si je veux, elle peut m’apporter un soulagement manuel ou oral. Je vous livre le contenu brut de périphrases prudentes destinées à suggérer plus qu’à affirmer, très bizarres en comparaison des actes auxquels nous nous livrons depuis le début du film. Je reprends goulûment la bouche et perfectionne avec conviction l’art du baiser. C’est bon et cela réduit au silence la tentatrice pleine de ressources. Il ne faut pas confondre silence et inaction, je l’apprends quand une main vient taquiner la révolution dans mon pantalon. Cette fois elle va causer des dégâts! Je trouve enfin une once d’énergie pour réclamer de meilleures conditions pour un acte aussi important.


Pour qu’elle cède elle doit avoir entendu non un refus mais la promesse d’une rencontre future, en somme la réponse attendue depuis son dépôt de candidature. Battre le fer quand il est chaud, elle s’y entend. J’ai été bousculé par une tornade, j’y ai pris mon plaisir et oublié mes plans. Heureusement je suis sauvé par son indisponibilité temporaire. Elle accepte un repas du soir dans un restaurant qui va me coûter mes dernières économies, elle n‘a pas besoin de le savoir. Je vais avoir au moins un mois devant moi pour remettre de l’ordre dans mes idées et renflouer mon porte monnaie à coup de restrictions des dépenses.



Pendant le repas, nous nous regardons, nous échangeons nos vues sur le mariage, sur la fidélité dans un couple: en tout point elle partage mes idées. Que je ne m’inquiète pas, telle Pénélope elle attendra son Ulysse, et pour commencer elle va annuler toutes les sorties prévues pour m’attendre sagement. Je m’insurge, la fidélité est une disposition du cœur, je serais malheureux de la priver de saines distractions ou de la fréquentation de ses amis. L’attente ne doit pas être un carême de quatre années. Elle devra continuer à vivre normalement, peut-être connaître des tentations et mesurer sa capacité de résistance. Je m’appliquerai la même règle si à ma prochaine permission je prends un engagement envers elle.


Je ne demande à personne de partager mes opinions. La fille qui ne sera pas d’accord passera son chemin. Je suis tombé sur la perle rare si j’en crois Laure. Nous nous quittons avec difficulté. Au départ demain après-midi j’irai l’embrasser une dernière fois, c’est promis.


Elle monte dans ma voiture pour m’embrasser hors de la vue de sa famille, à proximité de l’autoroute. Elle me redit son amour, son impatience de se donner entièrement à moi, son désir de se fiancer officiellement le plus rapidement possible. Il lui tarde de connaître ma décision. Je propose de faire demi-tour et de la déposer en ville. Elle préfère rentrer en marchant et en rêvant de nous. Un dernier baiser persuasif pour la route et va.

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J’ai surpris Gérard, mon collègue sous-lieutenant, en lui racontant avec enthousiasme cette belle rencontre. Nous avons entrepris de préparer nos sections aux grandes manœuvres proches. Le jeudi je n’ai pas pu m’empêcher de lui montrer la lettre de déclaration enflammée postée le lundi matin par Laure. Spontanément le vendredi matin il m’a proposé d’assurer mon tour de permanence du week-end et m’a suggéré de demander une permission exceptionnelle de 48 heures. Le colonel m’a regardé avec un sourire entendu sans me demander de préciser le motif.


Dégagé de toutes mes obligations, dépanné financièrement par l’ami Gérard, je prends la route avec le fol espoir de créer une heureuse surprise à Laure. Ce vif désir de la retrouver est la preuve qu’elle s’impose à moi. J’ai besoin d’elle, j’ai besoin de l’équilibre apporté par son amour. L’attente due à ma vie d’étudiant sera assez longue pour vérifier l’authenticité de nos sentiments. Je sais que je serai fidèle à mon engagement et je n’ai aucune raison de douter de sa sincérité. Ma mère est surprise de me voir arriver pour le repas de midi, se réjouit d’apprendre que je viens rencontrer une jeune fille sérieuse. Mon père me glisse un gros billet, une larme à l’œil et me souhaite bonne chance. Merde, me dit ma sœur.



C’est une petite rue perpendiculaire à deux artères importantes. Devant le pavillon stationnent deux voitures à galeries de toit chargées et bâchées. Laure, je reconnais son allure décidée, ferme le coffre de sa Peugeot, fait un signe de la main à sa sœur Aurélie, se dirige vers sa portière: elle se prépare à partir. J’appelle, elle s’arrête, se tourne dans ma direction, me voit. Elle n’accourt pas, se contente d’attendre, ne manifeste aucune joie pendant que je m’avance, mais se penche vers l’intérieur de la voiture et s’adresse à ses occupants. J’entends la dernière phrase


-Je vous demande cinq minutes.


Enfin elle fait trois ou quatre pas dans ma direction, dépose deux rapides bisous sur mes joues, penchée en avant, gardant la distance:


-Adrien, que fais-tu ici? Tu ne devais pas venir avant trois ou quatre semaines. Tu aurais dû me prévenir: à quelques secondes près nous étions partis. J’ai organisé une sortie avec des copains, nous allons camper au lac de Madine, nous y passerons la nuit et reviendrons demain après-midi. J’ai fait les réservations, tout prévu sur place pour les repas et les loisirs: voile et jeux. Je suis désolée, mais que faire? Je ne peux pas laisser tomber les amis. Tu comprends? Seras-tu encore ici demain entre 16 et 17 heures?


-Hé! Laure, on va prendre du retard, crie un des occupants du premier véhicule.


Les cinq minutes généreusement accordées leur paraissent trop longues. Je gêne les autres, Laure est gênée. Je vaux cinq minutes.


-Oui, j’arrive. Tu vois, tout est minuté. Je te dirais bien de nous suivre. Mais tu n’as rien prévu, ni tente, ni nécessaire de toilette, ni vêtements de détente. Pfff. Vraiment, mon pauvre Adrien, je regrette. Tu m’as bien recommandé de vivre normalement.


-Laure, dépêche-toi crie une voix de fille.


Dans la 309, à l’arrière un couple se bécote. Un jeune homme occupe le siège avant à côté de la place de la conductrice, penché pour voir l‘importun. Beau gosse, athlétique, dans les vingt cinq ans. L’autre véhicule est également occupé par deux couples.


-Et puis nous n’avons que quatre tentes. Sinon Aurélie nous aurait accompagnés. Ah, tu voulais quelque chose?


A son tour le passager avant se manifeste pour hâter le départ.


-J’ai reçu ta lettre, ça m’a donné envie de te voir. J’ai improvisé une permission et je suis arrivé sans avoir pu prévenir: excuse-moi d’avoir retardé votre départ. Tu m’avais fait une offre, je voulais te communiquer ma réponse de vive voix, avec des explications. Mais ce serait trop long. Amusez-vous bien.


-Tu pourrais au moins me dire si c’est oui ou non:


-Va, ils s’impatientent. Peut-être une autre fois.


Je recule vers ma voiture.


-Adrien, tu t’en vas sans m’embrasser? A demain, si je réussis à revenir avant ton départ. Il faut que j’y aille. Allez vite, un bisou.


Chaste bisou expédié sur chaque joue. Il y a 8 jours, elle m’embrassait si fort. Sa lettre me promettait le paradis, une nuit d’amour sans fin. Je la regarde embarquer. Une main prend la mienne, c’est Aurélie, la petite sœur.


— Elle est énervée. Les autres sont arrivés en retard, ils ont chargé en vitesse, se sont emmêlés les pinceaux, ont du défaire et refaire le chargement de la galerie. Marc et Sylvestre, les jumeaux, ont deux mains gauches. Leurs copines Léa et Marie leur trouvent des qualités inégalables. Faut pas se demander longtemps lesquelles. Ce n’est pas une raison pour te laisser tomber. Mais l’énervement ne justifie pas tout. Laure n’est pas dans un état normal. Excuse-la.


J’en ai gros sur le cœur. Elle en a de bonnes, la petite sœur. L’énervement a bon dos, en effet. Mais cette froideur! Mais le peu d’insistance pour connaître la réponse à sa question! C’est bien elle qui m’a accosté, qui a posé sa candidature pour une union, qui envisageait de tout annuler de ses activités et qui, là, ne m’a alloué que cinq minutes ou moins d’ailleurs. Sa conduite est incompréhensible. Elle s’est moquée de moi, elle ne m’aime pas.


-Adrien, je t’offre un café et un morceau de tarte aux cerises. C’est moi qui l’ai préparée. Tu as bien une minute, entre. Je te montrerai des photos de Laure. A sa place, je ne serais pas partie ou je t’aurais fait une place.


-Tu as entendu, ils n’ont que quatre tentes pour quatre couples.


-Ah! Tu penses comme moi. C’est-ce que je lui ai dit. Elle m’a prétendu que les filles dormiraient ensemble. Tu parles! Quatre tentes, quatre filles et quatre garçons. Oh! Pardon, ça ne signifie pas que Laure va coucher avec Raymond. Et même, sous la même tente, ça ne signifie pas que…


Sa marche arrière pleine de délicatesse ne me convainc pas. A quoi bon se torturer les méninges. Laure m’a oublié, remplacé. Souvent femme varie, fol est qui s’y fie. Il faut être pris pour être appris. Le sort en est jeté. Mon cœur est triste à mourir. Mais je m’en remettrai. La tarte est sans doute excellente, mais ne veut pas descendre, le café ne m’a jamais paru aussi amère. J’ai mal au ventre, envie de vomir, mes mains tremblent, mon front est couvert de toutes fines perles de sueur, les grosses gouttes s’écoulent dans ma nuque: je suis défait.


-Ta tarte est délicieuse, ton café parfait. Tu seras une bonne ménagère. Non, c’est vrai, ne rougis pas.


-Dis, c’est vrai que tu as embrassé ma sœur? Elle t‘a trouvé divin. Elle était enchantée. Il paraît … c’était chaud. Et aujourd’hui, juste des tout petits bisous. Elle s’est gênée devant les autres! Quelle idiote.


-Elle était énervée, c’est tout. Il faut que je m’en aille. Merci pour ton café, ta tarte et ton sourire. Je regrette, mais je ne serais pas de bonne compagnie.


-Tu reviendras? Ta réponse, j’aimerais savoir si… Tu peux me dire, juste pour moi. Je serai muette.

Tu veux te fiancer avec Laure?


-Je voulais. Mais je n’ai peut-être pas pris assez de temps pour la connaître. Que ferais-tu à ma place?


-Et tu ne veux plus? Je comprendrais. C’est dommage, tu aurais été mon beau-frère idéal. Je te trouve sympathique. Si tu me donnes ton adresse, je t’écrirai. Tu veux bien que je t’écrive? Et tu pourras m’écrire, tu seras mon correspondant. Tu pourras m’écrire en allemand, j’ai besoin de me perfectionner. Le bac arrive et je ferai des progrès si j’étudie avec intérêt. Tu es bon en langue? Oui, selon Laure, mais on ne sait jamais de quoi elle parle.


-Je me défends. Ta sœur a mon adresse.


-Mais elle est jalouse et ne veut pas me la montrer. C’est absurde, hein? Je note, s’il te plaît



On sonne à la porte.


-Ah! Voilà mes parents. Reste, je vais leur raconter comment Laure t’a abandonné. Ca va chauffer. Mon père ne supporte pas Raymond. Il le traite de coucou parce qu’il couche avec des femmes mariées. Je vais ouvrir, reste assis.


Elle tire la porte, sans vraiment la fermer.


-Laure! Tu es revenue? Tu as oublié quelque chose, tes papiers, des disques pour la route, des préservatifs?


-Dis, il est encore là? J’ai eu peur. Tu as bien fait de le retenir. Tu as été sage? Tu lui as offert quelque chose à boire et à manger. Oh! La, la, la, la. Il est en colère? Il doit m’en vouloir à mort. Mais qu’est-ce qui m’a pris!


C’est bien, j’allais te le voler. Allez, file le voir.


Elles sont dans l’entrée. Laure a vu ma voiture, sait que je suis présent et teste sa sœur dans l’espoir de connaître mes dispositions, retarde soudain notre rencontre de peur d’apprendre ce qu’elle redoute.


-Ils m’ont tellement mise sur les nerfs. Mais je suis revenue. Tant pis pour l’horaire. Je veux savoir. M’aime-t-il? Les autres se moquent de moi. En cours de route, Emilie a commencé:


-Un amour de huit jours; Laure tu as fait fort. Record battu, vive Laure! Tu nous raconteras ce soir à la veillée, les aventures expéditives de Laure et de son beau militaire. Je veux tout savoir. Ce que vous avez fait, où, quand, comment, combien de fois, si tu en as fait le tour en si peu de temps. Il a dû te décevoir pour que tu le jettes comme une peau de citron pressé. Il t’a mal baisée?


-Emilie si tu m’énerves on va aller au fossé.


- Tu m’apprendras comment on se débarrasse d’un gêneur. Gilles tu vas te méfier. Si tu ne me baises pas bien cette nuit, tu connaîtras le même sort. Le pauvre type avait l’air si déçu. Ho! Sa tête quand tu es montée dans la voiture! T’es vraiment vache avec les mecs.


Raymond, ce crétin a ajouté:


— Vrai, il était blanc de rage ou de déception. Un de moins. Celui-là, tu lui as réglé son compte vite fait, bien fait. Bravo. Tu ne le reverras plus, il avait pourtant fière allure avec son képi et ses barrettes d‘officier. S’il n’a pas compris, l’armée française est mal barrée. Et il ne savait plus où se mettre.


Je leur ai demandé de se taire. Ils ont continué à rire. Ils m’ont assuré que si je l’avais vraiment aimé, je ne l’aurais pas traité comme un moins que rien.


-Même un chien ne s’abandonne pas aussi brutalement, a conclu Gilles. Sa visite t’embêtait à ce point?


-J’aime quand tu sais décider, a dit Raymond. Tu ne le regretteras pas, je suis là. Tu aurais pu le tasser dans le coffre, on aurait rigolé… Il aurait pu dormir dans la voiture ton soupirant, pendant que je te faisais du bien sous la tente. Ah! J’imagine la scène. Ton cocu à l’écoute, moi en train de limer et toi en train de crier ton orgasme. Il aurait vite compris. Tu n’aurais pas eu besoin de le chasser, il aurait déguerpi de lui-même. Ce soir je vais te faire ta fête, tu l’as mérité.

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