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Drôle d'anniversaire de mariage

Chapitre 1

Hétéro

A force de faire tapisserie, j’ai rappelé à Marie qu’en qualité de mari j’avais priorité sur les célibataires qui ne cessaient de l’inviter. Tout essoufflée, mais contente de la saine fatigue elle ne tarit pas d’éloges sur les qualités exceptionnelles du cavalier. Mon agacement stoppe les compliments. Je lui rappelle que je ne valsais pas si mal que ça jusqu’à ce soir. Le malheureux blond qui se penche devant elle essuie un refus, victime de ma protestation, mais au prétexte que la belle souhaite récupérer. Quelques secondes plus tard se présente le beau Sylvain, le valseur émérite, sûr de son charme. Marie qui a remarqué ma grimace de contrariété avance qu’il ne serait pas correct envers son ami Robert d’accepter son invitation. Plein d’aplomb, puisqu’il est à notre table, il se présente à moi, me dit qu’il s’appelle Sylvain, m’apprend qu’il est instituteur dans la localité. Il est ravi d’avoir pu valser avec une aussi merveilleuse danseuse et il souhaite que je lui permette de connaître encore ce plaisir unique d’évoluer à ce niveau au cours de cette nuit.

Marie m’observe en silence. Mais le garçon s’incruste, voudrait être le premier pour les danses suivantes. Fort poliment, je lui fais remarquer que moi aussi je suis venu profiter des talents évidents de Marie, avec l’avantage d’être son époux et cavalier désigné au départ, sauf erreur que l’intéressée pourrait rectifier d’un mot. Marie sent venir l’orage et se garde d‘intervenir. Je m’étonne que Sylvain ne prenne pas la peine de former une danseuse parmi celles qui sont assises au lieu de choisir la solution de facilité en empruntant une femme mariée. Après tout ce serait dans la continuité de son métier d’enseignant. Et pour clore la discussion je prends Marie par la main, pour moi les refus précédents sont nuls, nous entrons en piste vers la fin de la série. Marie trouve mon attitude envers Sylvain peu courtoise.

A la pause je reste en piste, le bras passé autour de sa taille et j’en profite pour lui expliquer une nouvelle fois mon désir de danser avec elle, je trouve que c’est légitime: l’insistance de Sylvain pour se l’approprier n’est pas à mon goût et je verrai d’un mauvais œil ma femme oublier qu’elle peut décliner une invitation. Car enfin il dépend d’elle de décider de me planter sur ma chaise pour aller se réjouir dans les bras de ce quasi inconnu. Pendant la danse suivante Marie se fait lourde, son visage se ferme, j’ai droit à un silence proche de la bouderie. Le malaise s’installe. Sylvain la fait rire, je l’ennuie, je l’attriste, je suis le casse-pieds de service. Je préfère retourner à ma place sans attendre la fin, Marie est de mon avis.

A notre table l’inexpugnable gredin est assis devant trois flûtes de mousseux. Il occupe une chaise, toujours souriant comme pour demander un retour en grâce; il nous invite à trinquer avec lui. D’un mouvement volontairement maladroit je cogne et fait tomber le sac à main de Marie. Elle veut le ramasser et se trouve penchée nez à nez avec le galant jeune homme. Pendant qu’ils se regardent sous la table, j’échange rapidement mon verre avec celui de Sylvain. Le lascar ne me semble pas catholique, je ne suis pas tombé de la dernière pluie: je ne remplis pas les verres de mes convives en leur absence, je débouche ma bouteille sous leurs yeux. Le sac ramassé, ils reparaissent à mon niveau, Sylvain lève son verre à la plus aimable et la plus belle et trinque au bonheur des amoureux. De quels amoureux s’agit-il, pourquoi Marie prend elle cet air gêné? Le mousseux n’est pas frais, je refuse une deuxième tournée parce que je conduis, Marie fait honneur à ce cadeau. Sylvain m’observe, semble attendre je ne sais quoi. La danse va s’arrêter, ce regard en coin du bellâtre sur les traits de mon visage, renforce mes premiers soupçons. Par ailleurs je suis stupéfait d’entendre Marie rire apparemment sans raison. Après la bouderie vient la bonne humeur. Deux coupes de mousseux ont transformé son caractère. Elle apprécie les gestes de galanterie, le fait savoir pour la plus grande joie du payeur, devient exubérante, méconnaissable. Sa gaîté est généralement discrète. Ce n’est plus le cas, Sylvain lui a-t-il versé une drogue? Pour le mettre à l’épreuve, je bâille, je me déclare fatigué et souhaite rentrer à la maison. Marie hilare parle d’une fatigue de circonstance, feinte pour lui gâcher la soirée. Je résiste habituellement jusqu’à la fin du bal. Je dois cesser de bouder, elle veut encore profiter de sa sortie. Elle rit de moi et de mes simagrées, prend Sylvain à témoin. Je laisse tomber la tête, doigts devant les yeux, un peu écartés pour surveiller les réactions de Sylvain. Quand la musique redémarre, triomphant, il propose de suppléer le mari somnolant et défaillant, il se fait un devoir de me remplacer et ce sera tellement agréable. Toujours sous le charme Marie lui tend la main. Ce hasard la fait rire encore.

Entre mes phalanges écartées, je suis leur cheminement résolu vers l’extrémité opposée de la piste. Cette fois le séducteur ne met plus de gant pour affermir sa prise de la main dans le dos de cette cavalière qu’un habile mouvement de l’autre avant-bras plaque buste et seins contre sa poitrine. Ils sont collés au plus près, Marie se laisse aller avec un air béat dans un déhanchement frotteur contre le bassin du meneur. Elle continue à rire. Le spectacle me révulse et encore, en raison de la distance et de l’écran

formé par les autres couples je ne peux que supposer! Pourquoi son visage est-il soudain si rouge, pourquoi ai-je l’impression qu’un genou s’est insinué entre ses jambes et y réveille des sensations affolantes? Elle s’abandonne, profite du moment pour accumuler le plaisir si âprement revendiqué. Son expression affiche la soumission à des pressions qu’elle ne songe plus à repousser. Ils s’efforcent de rester là-bas, ne suivent pas le mouvement circulaire des autres autour du parterre. Ils se cachent de moi.

Sylvain entretient l’état d’euphorie où ma femme semble plongée. Jusqu’où se laissera-t-elle transporter? A leur tour ils ne quittent pas la piste, attendent debout et tout proches l’un de l’autre la reprise. Sylvain a eu un regard vers moi, Marie à son tour a vérifié mon endormissement et ils se marrent. Le rieur attire la sympathie et se moque de moi vraisemblablement. Ce qui me fait le plus mal, c’est de constater l’indifférence de mon épouse pour mon état. Elle s’amuse, je pourrais mourir sur cette table, elle trouverait ça drôle. Mais pourquoi recommence-t-elle à se lover, à passer la main dans les bouclettes brunes penchées vers elle. Elle lui parle à l’oreille, lui colle un bisou sur la joue. Ce sera bientôt sur la bouche si ça continue à ce rythme. Le risque de me scandaliser n’existe pas, puisqu’ils continuent à voguer tout là-bas. L’orchestre annonce une pause. Ils reviennent. Sylvain soulève ma tête en empoignant mes cheveux, la repose délicatement

-Il dort encore, qu’est-ce qu’il tient. Si on allait prendre l’air pendant qu’il se repose. Tu viens?

Marie s’est assise, range quelque chose dans son sac. L’innocente sait-elle ce qui l’attend à l’extérieur? Les deux autres comparses y sont déjà.

-Je prends mes cigarettes et j’arrive. Passe devant, je te suis…. Dis chouchou, ça va. Bon dors si tu es fatigué.

Elle a encore cet éclat de rire bizarre. Je m’étire. Sous la table, j’agrippe fermement le bas de sa robe. Le séducteur est déjà à la porte, sûr de son fait. Quand Marie veut le rejoindre, sa robe ne suit pas, une couture se déchire, ma main l’immobilise et je gronde, tête sur la table:

-Ne sors pas.

Un reste de lucidité la maintient assise. Sylvain revient, supplie

-Marie, viens donc. Un peu d’air frais te fera le plus grand bien.

Je coince la robe, elle a compris que je ne suis pas complètement inconscient. Si je ne lâche pas, la robe se déchirera. Et enfin mon comportement la trouble. Un reste d’affection me vaut une caresse sur la tête. Le bal reprend, ma main se retire. Une nouvelle fois elle emboîte le pas de ce maudit séducteur. Il lui a garanti que je me porte bien; ça la fait encore rire.

Les compagnons de Sylvain reviennent, s’arrêtent à ma hauteur et me fixent avec commisération.

-Sylvain lui a mis la dose, regarde comme il roupille le pauvre diable. Bof, ce n’est pas mortel. La femme aussi a bu sa potion magique. Elle est gaie, mûre à point. Pourquoi n’a-t-il pas réussi à nous l’amener? Il veut se la garder pour lui tout seul? Mon salaud, ça ne va pas se passer comme ça. Allez dors bien bonhomme, on va s’occuper du cul de ta bergère.

Ils testent mon sommeil en donnant un grand coup dans la table, raflent la bouteille et s’éloignent. Dansant au loin, par précaution, Marie déchaîne des fous-rires à force d’exprimer bruyamment sa propre joie. Certains s’immobilisent pour la regarder. Ses deux bras encerclent le cou de Sylvain. J’ai l’impression que la gaieté exagérée de Marie embarrasse le voleur de femme en attirant trop l’attention sur leur couple. Il serait temps que je m’en mêle. Mais quelles seront les conséquences de la « potion magique » si je vais la chercher? La comédie a assez duré, je me redresse. Le sac à main sur la chaise voisine bâille. Je veux le fermer. A côté du paquet de cigarettes je vois un billet. Je regarde: un numéro de téléphone. Il ne manquait plus que ça; ils vont correspondre. Au bout de l’allée Marie revient en soutenant son grand échalas. Voilà, il a bien résisté mais le breuvage agit enfin. J’ai bien fait de me méfier. Je me lève et fais signe à la secouriste improvisée de déposer l’encombrant personnage à sa table, pas chez nous. Deux copains consternés l’accueillent et maintenant c’est Sylvain qui dort. Marie tourne autour, s’agite, appelle à l’aide, me fait des signes désespérés. Je saisis la veste de l’intrus, ma main découvre des emballages dans une poche, je les conserve et rapporte le vêtement à son propriétaire.

-Paul, il faut faire quelque chose.

-Fais pour lui ce que tu as fait pour moi, ce sera largement suffisant. Ton très cher ami a confondu son verre et le mien, dis-je en direction des fameux copains. Ne t’inquiète pas la dose de somnifère n’est pas mortelle. Ne pleure pas, tu es émotive à l’excès. Comme j’aurais aimé obtenir de toi autant d’attention.

-Tu es injuste.


-Ah! Non, jeune homme. Vous n’allez pas profiter de la potion magique. Trouvez une autre proie.

-Mais pourquoi es-tu si agressif? Il était entendu que je danserais avec les deux copains de Sylvain. Il me l’a encore fait promettre peu avant son malaise.

-Fais comme il te plaît, mais tu débrouilleras pour revenir à la maison. Je m’en vais.

-Tu es réveillé, il reste encore une heure.

-Je n’ai pas l’intention de la passer sur une chaise. Que fais-tu?

Sur le chemin du retour, Marie me reproche d’avoir abandonné Sylvain en état de détresse. Je lui révèle ce que je sais de la tentative de m’exclure et de l’intention des garçons de se servir d’elle. Je lui montre l’emballage du somnifère. Elle m’accuse d’avoir administré le somnifère par jalousie.

-Mais tu es malade Paul. Ces garçons sont si gentils.

Pour l’instant elle voit la vie en rose, il est inutile de tenter de la dissuader. Je fixe la route.

J’ai honte de le reconnaître, c’est moi qui ai bénéficié des effets de la pilule du bonheur. A la maison, contre toute attente, Marie se jette sur moi, le méchant redevenu miraculeusement son amour pour la vie. Elle balance ses effets sur le canapé, entreprend de me dévêtir. Elle m’embrasse passionnément, tombe à genoux devant ma verge en berne, la fait revivre en combinant la masturbation douce et les bisous sur le gland. Elle est affamée, me prend en bouche, mâchouille la carotte revenue à elle, la mordille avec malice, l’explore sur toute la surface avec la langue et les lèvres, lui parle avec tendresse. Elle est dingue cette nuit! Elle me répète qu’elle m’aime, me félicite parce que j’ai été un excellent danseur pendant tout le bal, si souple, si sûr, si affectueux surtout. Elle rit des privautés que je me suis permises, de mes mains sur sa poitrine, du sublime massage de ses fesses. Je n’aurais pas dû par contre soulever l’avant de sa robe pour toucher son sexe, elle a eu si peur du scandale possible et a craint de hurler pendant le massage de son clitoris au cours de ce slow. A-t-elle rêvé, a-telle vraiment été sexuellement agressée par Sylvain. Elle m’attribue des gestes du jeune salopard. Elle se relève, brandit sa culotte, me la tend:

-Tu vois, elle est toute trempée. J’ai eu continuellement l’impression que je mouillais, contre toi, contre tes jambes et au contact de ta queue en érection, ou sous la caresse de tes doigts infiltrés dans cette culotte.

Je note que l état de confusion dure. Moi mettre les doigts dans sa culotte en pleine piste de danse! A quoi bon relever ou engager une discussion. .

-Je fondais d’amour dans tes bras et mon ventre était inondé. Merci pour cette magnifique soirée. Mais maintenant j’ai envie de faire l’amour avec toi. Viens vite au lit en passant par la salle de bain.

Elle se jette sur le couvre-lit, remonte ses seins en les pressant me demande un baiser sur les tétons durs comme pierre avant même que je ne les touche. Elle pousse ma tête vers le bas, s’ouvre jambes écartelées. Son clitoris est doux sous la langue, mais gonflé de façon anormale. Entre mes lèvres humides il ne grossit plus, mais la succion du petit bouton aux dimensions anormales fait hurler Marie. C’est oui, c’est bon, c’est trop bon, puis c’est trop fort. La moule pas encore attaquée s’entrouvre, bâille pour aspirer un membre attendu, appelle le mâle. En vain je farfouille avec mes doigts, l’envie folle d’être prise l’emporte. Marie me veut, je dois la pénétrer.

-Mets-moi ta bite.

D’habitude elle affuble la chose de mots doux charmants. Dans le vagin lubrifié à l’excès, je m’enfonce sans à coup. J’y baigne dans une mouille épaisse. Marie réclame, elle brûle, elle est bouillante, elle se tend pour faciliter la pénétration, elle crie que je dois aller plus profond, plus fort. Insatisfaite dans sa poursuite du plaisir, elle me veut sur le dos, m’enjambe et s’empale sur mon pieu des deux mains, elle tire sur les lèvres et crée un puits aux abords en forme de losange. Sa chatte en feu monte et descend sur mon sexe en fête. Elle tortille son bassin, en contorsions verticales, en secousses rapides d’avant en arrière, elle tourne sa vulve autour du bâton de la joie, elle suit un sens giratoire sans pouvoir en sortir, saute comme un cabri sur ma pine, frictionne mon bas ventre en y appuyant fortement son mont de vénus. Elle souffle, s’essouffle, s’échauffe, s’acharne. Elle rue des quatre fers, va finir par m’arracher le moyeu. Son délire mêle cris de joie et plaintes de douleur.

-Prends- moi en levrette mon amour!

Mais l’orgasme la frappe soudain comme la foudre, elle s’abat sur moi, tétanisée et hoquetant, la peau couverte de sueur. La transpiration crée des ruisselets dans ses cheveux. Son regard se vide. Elle s’endort allongée sur moi. Tout est consommé. Voilà ce que Sylvain s’était préparé, pour lui et ses copains, pas gêné de partager un sexe qui ne lui appartenait pas.

Elle s’est réveillée le lendemain vers dix-sept heures. Elle est hébétée, ne se souvient de rien, ni du bal, ni de Sylvain, ni de ses propres exigences amoureuses au retour. Vit-elle un blocage, son subconscient a-t-il construit un barrage dans sa mémoire ? Est-ce un effet secondaire de la drogue dont parlaient les complices? J’essaie de lui rappeler cette nuit agitée, son engouement pour les jeunes séducteurs, le coup des boissons servies hors notre présence, mon sommeil feint après l’échange des verres, sa conduite plus qu’étrange, son peu d’intérêt pour le mari endormi et son angoisse devant Sylvain frappé du même sommeil, ses bouderies avec moi et la joie étrange d’une femme indécente sur piste jusqu’à l’obscénité sous mes yeux et ses propos révélateurs, au retour, sur les activités des mains de l’individu promu au rang de danseur permanent, tripotant ses seins, chatouillant sans résistance son sexe. Enfin je rapporte les propos des amis de ce Sylvain qui l’a lutinée tout à loisir pour la préparer à l’amour en groupe projeté en dehors de la salle pendant que j’aurais dû être endormi. Elle croit que j’invente. Puis elle me fait remarquer que j’en ai habilement profité, que j’ai eu tout le bénéfice si elle a été avec moi aussi chaude, excitée, endiablée, ardente, endurante, exigeante insatiable et épuisante que je le raconte.

-Qui en a profité. Tu aimerais recommencer, j’en suis sure.

Sa plaisanterie s’accompagne d’une pointe de doute qui m’exaspère. Elle ne veut pas reconnaître qu’elle ait pu se livrer à ces excès. Ce n’est pas elle. Elle m’aime trop pour pouvoir imaginer s’être conduite de la sorte. Jamais de la vie elle n’aurait pris le risque d’aller se faire « sauter » par trois types à l’extérieur. Et pourtant

A court d’arguments, je lui montre la petite boîte prélevée dans la veste de Sylvain: je deviens un détrousseur. Sa robe est déchirée: j’aurais pu la retenir autrement. Je commence à penser que sa perte de mémoire est pratique.

-Prends ton sac, explique-moi à quoi correspond le numéro de téléphone. Je suppose que tu as fourni le tien en retour.

-Cesse de te plaindre, c’est avec toi que j’ai fait l’amour, cochon vicieux, homme heureux.

Elle détourne la conversation, ouvre son sac, le renverse sur la table du salon.

-Tu m’as subtilisé mon poudrier en argent en fouillant mon sac? Voilà ce que je fais de ce numéro de téléphone, je le déchire; et cesse de me soupçonner d’infidélité. Où est mon poudrier?

Pour la première fois en presque quatorze années de mariage, je doute de la sincérité des sentiments de ma femme. La drogue n’explique pas tout. Et pourtant au coucher elle est chatte, amoureuse et renouvelle en pleine conscience ses exploits sexuels de la veille, sans adjuvant.


Ce mercredi, en fin d’après midi, je remarque sur le trottoir à proximité de la cabine téléphonique démodée une silhouette trop connue. Sylvain, un bouquet à la main, fait le pied de grue à proximité de mon domicile. Ma télécommande ouvre mes portes, je referme le garage. La distance et les vitres fumées ne lui ont pas permis d’identifier le conducteur de la voiture. Je laisse passer la première sonnerie de téléphone. Quelques instants plus tard, je décroche.

-C’est toi Marie? Bonjour, c’est Sylvain. Je rapporte un poudrier que tu as oublié au bal et je viens te demander de m’excuser pour ma faiblesse inexplicable pendant le bal. Peux-tu me recevoir?

J’imite une voix féminine,

-« Viens! »

C’est court, je ne veux pas me trahir. Marie fait des courses et ne reviendra pas immédiatement. L’oiseau est surpris de me trouver devant lui, ne sait pas quoi faire de son bouquet. Je le porte dans la salle de bain, fais couler un robinet, discute comme si Marie était à sa toilette. Je reviens en souriant. L’autre frétille. Je le cuisine. Il profite de son mercredi après-midi. Notre numéro de téléphone lui a permis de trouver notre adresse sur internet. Il est en admiration devant ma femme, une femme d’exception. J’approuve, je lui tire les vers du nez. Il reconnaît être amoureux de Marie. Ah! Oui, si je la quitte il fera volontiers un bout de chemin avec elle. Marie est la femme idéale, sexy, intelligente, sociable, ouverte aux idées modernes. Ce serait une maîtresse adorable pour un homme pas vraiment adepte du mariage, de ses contraintes et de ses chaînes inutiles.

-Le concubinage accorde des libertés appréciables, facilite les séparations en cas de lassitude.

Avec bonheur j’ai constaté que la divine Marie partage mes idées en la matière.

Eh! Bien, il en sait plus sur les idées de Marie à propos du mariage et du concubinage que moi, le mari. En gros je suis ringard. La moderne Marie s’est confiée, a donné ses coordonnées, Sylvain peut la joindre. Déchirer le papier de l’adresse téléphonique ne lui a rien coûté. Par maints détours, j’encourage l’amoureux à déclarer sa flamme au plus tôt. Je céderai ma femme si elle souhaite me quitter et partir avec lui vivre sa modernité. Qu’éclate la vérité. J’ai comme lui envie de savoir qui Marie aime vraiment. Il serait plutôt partisan d’un partage: Je resterais le mari, il serait le confident et l’amant.

-Sans vous retirer complètement vous pourriez vous mettre momentanément en retrait. Comment dire…partager, de manière que Marie et moi puissions mieux nous connaître et nous apprécier, pour savoir si nous sommes véritablement faits pour vivre ensemble: vous resteriez son mari et elle et moi pourrions nous fréquenter sans briser votre ménage. Un arrangement favorable à tout le monde sur la base d’un accord commun à Marie, à lui et à moi. Arrangement révisable.

-C’est clair. Marie devrait apprécier votre plan.

— Sans vouloir vous offenser, j’ai senti en dansant avec Marie une réelle complicité des corps, et sans me vanter je crois qu’elle était prête à passer un bon moment avec moi, si vous ne vous étiez pas endormi. La tendresse qu’elle conserve pour son mari en détresse l’a hélas arrêtée au moment crucial. Elle était sur le point de me suivre et de se donner, ses roucoulements et ses marques d’affection ne permettaient pas d’en douter. Mais dans d’autres circonstances elle aurait tenté l’expérience, elle m’a par la suite laissé des espoirs. Hélas j’ai eu une faiblesse, que j’attribue au coup de foudre réciproque.

-Si donc elle vous a donné de telles espérances, vous auriez tort de tergiverser: foncez que nous soyons tous deux informées sur notre avenir. L’expérience est nouvelle pour moi, je croyais vivre avec une femme fidèle. Je découvre qu’elle était sur le point de se livrer à vous. Ses idées modernes me condamnent. Le mariage lui pèse, elle veut des liens moins contraignants. Au lieu d’un ancrage fixe, elle cherche une succession d’aventures variées avec des compagnons interchangeables.

Son ouverture d’esprit aux idées modernes, telle qu’elle vous l’a confiée sans jamais m’en parler, ébranle mes certitudes et sonne le glas de son amour pour moi. Précipitez-vous dans la brèche. Il lui sera plus facile de vous proclamer son amour que de me faire de la peine en m’annonçant la fin de notre mariage. Dès son apparition, je vous laisserai en tête à tête. Profitez-en pour l’enlever. Mais gardez à l’esprit que je l’aimerai toujours, même si elle me délaisse. Merci de m’avoir parlé aussi franchement et de m’avoir fait découvrir une nouvelle facette de mon épouse. Je comprends mieux le flou entre elle et moi au début du bal. La voici, allez l’accueillir au jardin. Attendez, vos fleurs vont la mettre dans les meilleures dispositions. Un dernier mot: Si vous l’emportez ce soir, je serai malheureux, mais je réglerai les questions financières à l’amiable. Marie gagne bien sa vie, elle ne sera pas un fardeau.


Marie est étonnée et embarrassée de cette visite. Ne l’attendait-elle pas? L’aurait-elle invité?

-N’est-ce pas une bonne surprise? Nous avons fait connaissance en t’attendant. Sylvain, ça y est, tu te souviens de ton danseur préféré au bal de samedi, Sylvain donc a des tas de choses à te dire. Il sera plus à l’aise si je m’absente. Si j’ai compris vous avez eu le temps d’échanger des confidences intimes et des sensations voluptueuses à caractère sexuel, comme tu me l’avais laissé entendre en me reprochant des audaces en public tout à fait impossibles de ma part. Vous avez tellement de points communs, je vous laisse en débattre dans un climat plus discret qu’une salle de bal ou les bosquets à proximité, plus propices aux parties de jambes en l’air qu’aux bavardages.

-Mais tu nous quittes comme ça? Ce n’est pas correct envers notre hôte.

Je vais au garage suivi par une Marie écarlate

-Pourquoi te sauves-tu, qu’est-ce que ça signifie?

-Ses fleurs te sont destinées. Ce n’est pas « mon » hôte, ni « le nôtre », il vient te rencontrer. Qui lui a donné téléphone et adresse? Ce qu’il vient dire s’adresse à toi. Il sait sur toi des choses que j’ai toujours ignorées, sur la chaleur de ton accueil et sur ton ouverture d’esprit . Il te vénère. Je me sens hors concours, comme au bal où tu m’as ignoré longtemps dans ses bras de meilleur valseur. Je me sens incapable de rivaliser avec lui pour connaître comme il les connaît déjà, tes pensées sur le mariage et le concubinage par exemple. Jamais tu n’avais daigné aborder ces sujets avec le nul qu’est ton mari. Bref en quelques heures il en a appris plus que moi en plusieurs années. J’en suis profondément meurtri et je te donne l’occasion de t’épancher encore.

-Mon pauvre chéri, je n’avais pas l’intention de te faire souffrir. Pardonne-moi, reste avec moi.

-Il lui sera plus aisé de te faire ses propositions précises s’il n’a pas l’impression de se répéter devant un mari encombrant au courant de ses projets. N’oublie pas que je t’aime, mais assume les conséquences de ton comportement au bal.

-Tu ne rentreras pas trop tard? Moi aussi je t’aime, mais je ne comprends pas ce que tu veux dire.

-Don Juan va te mettre au parfum. Permets cependant un conseil Méfie-toi des pilules glissées dans tes boissons qui pourraient te faire tourner la tête et te servir de prétexte pour justifier des actes que tu regretterais ensuite.

-Ne t’inquiète pas. Tu m’as éclairée dimanche soir, je serai vigilante. Je t’embrasse mon amour.

A voir sa mimique, elle tombe des nues. Elle va devoir affronter ce jeune plein d’audace, seule, sans mon soutien. Au bal, m‘a-t-elle pas demandé de l’aide? En roulant je me dis qu’elle l’a bien cherché. En réalité, je tremble de connaître ce soir la plus terrible déception de ma vie. Si Sylvain continue avec enthousiasme sur sa lancée, je risque de retrouver à mon retour, une maison vide. Je pourrais aussi d’y découvrir un nouveau couple nu enlacé sur le canapé ou en train de faire l’amour dans mon lit, ou deux amants nus sous la douche. J’entends Sylvain me déclarer solennellement que Marie accepte de se partager et que, deux ou trois fois par semaine, je pourrai aller faire un tour pendant qu’ils s’adoreront dans ma chambre. Il pourrait aussi m’autoriser à enregistrer leurs ébats sur mon caméscope au lieu de tenir la chandelle bêtement au pied du lit. Il pourrait encore promettre d’emporter les affaires de Marie samedi. Et Marie m’annonce avec un tremblement dans la voix qu’elle me rend ma liberté ( c’est emballé dans du papier cadeau à fleurs!) et qu’elle me quittera définitivement. Car certaines choses sont hélas définitives.


Je m’arrête devant un cinéma, m’installe dans un fauteuil. Je ferme les yeux et je me fais mon film. Marie et Sylvain sont debout dans le salon, serrés dans la chaleur moite d’un slow langoureux, comme au bal. Je vois tomber blouse, soutien-gorge. Un caleçon vient rejoindre à leurs pieds le string inutile désormais. Les mains de l’homme enveloppent les seins délicats aux aréoles rose brun dont les pointes durcissent sous les doigts agiles qui les malaxent et sous les lèvres ventouses de l’amant gourmand. J’entends le chant d’arrière gorge d’une femme au bord de la pâmoison quand une main virile se plaque sur sa vulve. Je vois les grandes lèvres chargées d’un afflux soudain de sang chaud. J’imagine les tiraillements des terminaisons nerveuses de l’entrée du vagin où s’introduit un index. Un autre doigt déniche en haut du sexe un bouton minuscule, le titille, l’enduit de salive et le frappe à petits coups rapides avant l’arrivée d’une langue qui fouette gaîment le clitoris débusqué. Des ongles se prennent dans le duvet du pubis. La langue explore le sillon du sexe, ne parvient pas à atteindre l’extrémité. Marie se laisse conduire au canapé.

L’amant autoritaire la dispose à sa guise. A genoux sur les coussins, genoux éloignés, seins contre le dossier, mains accrochées sur le dessus, tête droite, elle attend le bon vouloir du mâle, soumise, prête à répondre à ses exigences. Deux mains séparent ses fesses aux muscles souples et dévoilent en entier le renflement fendu de l’abricot sous le petit entonnoir au fond duquel se blottissent les plis en couronne de l’anus. Les yeux du mâle scrutent ce paysage de bosses et de trous, il prend son temps, ses mains et ses doigts prennent part à l’observation. Là un doigt s’avance et pointe le trou du cul exposé, ici une main complète frotte l’entrecuisse et englobe le sexe fermé. La verge de l’homme trahit son émotion à la vue et au contact de ce sexe offert, elle forme une corne longue et large. Le dos de Marie se creuse lorsque des doigts visitent les plis de son minou, elle approuve la prudente pénétration de son vagin par un long feulement. Ces doigts nouveaux, encore hésitants, encore étrangers maladroits dans leur progression lente renouvellent la batterie de sensations de sa cramouille qui se lassait de moi. J’assiste au franchissement sacrilège de la dernière barrière de sa pudeur. Elle capitule.

Ce sont maintenant les longs doigts fins de pianiste de Marie qui découvrent un pénis orgueilleux. Ses yeux en détaillent les contours, les veines et les nervures, la courbe en forme de croissant dressant la tête menaçante vers le nombril. Une main effleure cette queue nouvelle, se pose sur le velours du cylindre, éprouve l’élasticité de l’enveloppe, abaisse le prépuce au niveau de la base renflée du gland qui apparaît luisant et rouge à l’extrémité de la hampe. Si le garçon a encore des accès de timidité, Marie sait comment on fait pour branler une verge. Une main maintient le scrotum, l’autre enserre le manche et imprime un mouvement doux mais déterminé à l’objet qui s’allonge et augmente de diamètre sous l’agitation de la main. J’imagine facilement une scène que j’ai si souvent vécue avec elle. Mais aujourd’hui elle remplace le mari par l’amant convoqué! Sylvain se regarde grandir dans les mains chaudes et habiles, se penche en avant pour apprécier la science de cette bouche habituée depuis des années à manipuler adroitement un membre en érection et à y appeler le sang dans le corps caverneux. Car la langue et la bouche viennent ajouter un confort inespéré pour lui.

Vient ce baiser léger, du bout des lèvres sur le méat, sur le gland. Des baisers en grappe tout au long de son impressionnante tringle l’enflamment. Ce n’est pas un viol brutal et rapide d’une femelle appuyée à un tronc d’arbre. La femme est consentante, douce, attentive à éveiller ses sens, à le conduire vers l’épanouissement, elle met tout son cœur à le rendre heureux. Attouchements, baisers dressent la queue bienheureuse, la transforment en redoutable pieu brûlant dont le feu ne peut être calmé que par ce bain de salive prodigué derrière les lèvres fardées, grandes ouvertes pour l’accueil royal en pleine bouche. Je ne peux effacer la vision de cette face de femme vissée sur l’engin alors que dans le film projeté dans cette salle, résonne un extrait de la flûte enchantée. Curieuse concordance de mon délire et de la projection cinématographique. Et mon film intérieur continue. La bouche engloutit la verge, le nez s’écrase dans la mousse du pubis masculin jusqu’au hoquet de l’étouffement. Sa face se retire, bave d’épaisses tranches de salive chargée de sperme blanchâtre et visqueux. Cette face rubiconde, haletante, exaltée, barbouillée, c’est la face de Marie. Marie, non, Marie, ne fais pas ça. Marie!

Je tressaille furieux, ouvre les yeux, redécouvre le film sur l’écran. Ma projection intérieure reprend prend le dessus. Deux corps nus roulent sur mon lit, trop pressés pour l’ouvrir. Pleins de fièvre, secoués de frissons, fous de désirs ils s’étreignent, leurs membres sont des tentacules qui s’accrochent, se mélangent. En quête du plaisir, mus par un moteur impétueux qui les anime en glissements, tâtonnements, prises fermes jamais entièrement satisfaisantes, ils ajustent leurs bouches et leurs sexes. Enfin le pénis passe les grandes lèvres, franchit les lèvres internes noyées de fluide amoureux. Ils ont atteint la pénétration apaisante tant voulue. Sylvain triomphe calé dans Marie. Marie le reçoit en elle avec un grand cri de satisfaction: point d’orgue! Le calme après la tempête est annonciateur, c’est à prévoir, d’une tempête nouvelle où se déchaînent les fesses brunes et musclées du mâle dominateur ou les fesses roses et arrondies de ma femme avec l’ourlet délicat de sa rose qu’égratigne un majeur curieux dans un concert de râles, de chuintements, de feulements sauvages. La lutte se fait cruelle. L’amour est un combat pour êtres vigoureux. L’effort qui conduit à l’orgasme est exigeant, les souffles heurtés soulignent l’âpreté de l’ascension, les grognements témoignent de la difficulté d’aboutir et de l’acharnement nécessaire à l’éclatement en apothéose de l’orgasme dans des contractions violentes des sexes et dans les vagues de sperme qui font tomber la tension de l’union.

Pour moi le pire c’est cette contemplation du plaisir de l’autre dans son regard comme pour fouiller le plus profond de l’âme livrée, pour y imprimer le sceau de la possession totale. J’ai vécu ce bonheur avec Marie. Sylvain doit être en train de me le voler. J’en crève, j’en deviens fou. Faut-il que je mette fin à l’orgie? Pourquoi ai-je eu la folie de prendre ce risque. Etais-je si sûr de la conduite de ma femme, l’ai-je crue infaillible, n’ai-je pas surestimé sa vertu et sa fidélité. Ne l’ai-je pas soumise à une tentation trop forte? Que faire? A trop vouloir garder l’oiseau en cage ne renforce-t-on pas ses rêves d’évasion vers des horizons inconnus. Mais à ouvrir imprudemment la cage, ne risque-t-on pas de le voir prendre son envol et tomber dans les griffes d’un prédateur? Que sais-je de l’influence des hormones à un moment donné, que sais-je du mécanisme féminin qui veut que vérité d’un jour ne soit pas vérité toujours, que l’amour se déplace d’un être cher à un autre encore plus cher, de Paul oublié à Sylvain à déchiffrer. Que sais-je d’ailleurs de moi-même? Ma seule certitude, c’est la détermination de Sylvain: l’avenir appartient aux audacieux et ce candidat a du culot à revendre.


La salle s’éclaire, les spectateurs quittent les fauteuils. Anéanti par une forme de désespoir, je suis le mouvement, voilà deux heures que j’ai laissé le champ libre, il est temps d’aller au résultat. La maison est dans le noir, pas un bruit. Le godelureau a su convaincre ma femme et il l’a enlevée au premier essai. Ou bien ils sont encore au lit, j’ai imaginé et ils ont fait. Se seraient-ils endormis épuisés d’amour sur le canapé? Seraient-ils sous la douche pour éliminer les traces de transpiration ou les coulées de sperme? Vont-ils m’annoncer la décision de Marie de se partager entre ses deux hommes comme le préconisait Sylvain, ou son départ avec son nouveau compagnon. J’entre dans mon salon. Sur la nappe blanche trois bougies éclairent d’une faible lueur un seau à champagne et sa bouteille. Trois couverts attendent des convives. D’un coin d’ombre monte « Joyeux anniversaire » chanté à deux voix. Le plafonnier jette ses lumières. Marie toute rayonnante s’avance et m’embrasse, Sylvain, heureux me tend la main et me félicite.

-Aurais-tu oublié le quatorzième anniversaire de notre mariage?

-Euh, non. Mais

-Tu te demandes ce que Sylvain fait ici en cette occasion? C’est tout simple. Il t’aurait révélé mes idées sur le mariage et le concubinage et déclaré qu‘il est follement amoureux de moi. Tu lui aurais conseillé de déclarer sa flamme sans tarder. S’il n’est pas l’élu, il accepterait un plan de partage de ta femme entre toi et lui, par roulement. Tu lui as suggéré d‘obtenir le plus rapidement possible la communication de mes décisions sur le sujet. J’ai donc décidé de vous réunir ce soir autour d’un bon repas et de vous indiquer mon choix. Il vous faudra passer par une série d’épreuves avant de savoir quel sera mon préféré, ou si l’idée de partage m’agrée. Si je choisis de faire l’amour ce soir avec l’un ou avec l’autre il saura qu’il m’a gagnée. Si je veux expérimenter le partage je m’offrirai aux deux, mais successivement. Ainsi le premier au lit avec moi devra attendre que je refuse de recevoir l’autre avant d’être certain de me posséder seul. Comme vous attendez tous deux de pouvoir m’aimer, il serait possible de choisir une autre solution avec votre accord: j’imagine que nous pourrions vivre à trois sous le même toit, dans la même chambre et dans un lit plus grand à acheter. Débutons par l’apéritif au champagne pour clore ces quatorze ans de vie commune. A notre santé.

Quelle humiliation pour l’époux que cette mise en balance. La coupe est pleine! Je bous de devoir subir des comparaisons avec ce morveux de dix ans mon cadet. Je suis malheureux de constater que Marie a besoin de nous soumettre à des épreuves pour se déterminer. Sylvain avait raison de partager ses idées modernes dont j’ignorais tout. Si Marie hésite, je suis par avance le vaincu. Quitte à passer pour vieux jeu, je n’admettrai aucun partage, sauf celui de notre table ce soir.

-Le champagne est bien frais, c’est une noble cuvée digne d’un anniversaire. Mais avant de me soumettre à tes épreuves, j’ai une question à formuler. Puis-je m’isoler avec Sylvain deux minutes?

-Oui, je veux bien. Sylvain veux-tu accompagner Paul


-Cher concurrent, si tu peux me certifier que tu as couché avec Marie pendant mon absence, elle est à toi, sans partage, tu en disposes immédiatement, sans passer par des épreuves.

-Hélas, je n’ai reçu d’elle aucun signe, aucun avantage physique. A mes demandes pressantes, elle a répondu invariablement par un renvoi à cette séance. Elle tenait à te remercier pour votre longue vie commune. Mais je suis optimiste, elle a brisé les tabous et je vais bénéficier de son revirement et de son désir de changement.

-Si tu avais insisté, elle t’aurait donné une indication. Quoi, en deux heures, tu n’as pas réussi à lui rouler une pelle? Tu me rends de l’espoir.


Le repas a été soigné, je l’ai reconnu avec simplicité. Sylvain a surenchéri avec volubilité, couvrant la cuisinière d’éloges répétés à chaque plat. Pour commencer les épreuves, Sylvain et moi avons dû nous mettre en caleçon. Assis nous avons été aveuglés par un bandeau solidement fixé par Marie. Elle vient le retirer et se montre vêtue uniquement d’un joli string . Elle prend des poses, de face, de profil, de dos J’ai souri à l’agréable spectacle. L’autre s’émerveille, vante l’harmonie de ce corps épanoui, arrivé au summum de sa grâce. Il bave ses compliments. Marie boit ses flatteries avec joie. L’angoisse serre ma gorge.

-Je ne veux pas de bousculade. Si vous me permettez de vous attacher à votre chaise, j’enlève le bas.

— Oh! Oui, de grâce, attache-moi vite que je voie enfin ton sexe merveilleux. Quel bonheur!

Il l’a demandé haut et fort. Marie lui fait plaisir. Elle ne ménage pas le rouleau de toile souple collante. Sylvain est scotché aux barreaux de chaise, jambes nouées, pieds à dix centimètres du sol, bras liés dans le dos entre eux et à la chaise.

-Et toi Paul?

-Pas question! Pas question de te partager, pas question de faire ménage à trois, pas question de te prendre en sandwich. Tes idées modernes me révulsent. Cet anniversaire me dégoûte. Va faire la chienne hors de cette maison si ça te chante. Ton cirque est humiliant, ton hésitation est humiliante, j’en ai marre et je vais me coucher.

-Attends, s’il te plaît, j’ai fait une promesse, je vais la tenir. Ne me dis pas que ma nudité te fait peur ou qu’elle te dégoûte.

Mon coup d’éclat réjouit Sylvain. Il réclame son dû, il veut voir la partie cachée du corps de Marie. Il sait que je viens de perdre la partie. Marie tient mon bras, se penche, baisse sa culotte sans gêne devant cet étranger. Elle pivote sur la pointe des pieds joints. Je suis debout, outré, sur le point de les laisser à leurs turpitudes. Marie pose ses talons sur le sol, me fait face, se jette à mon cou et me donne un fougueux baiser, un baiser d’amour, long, voluptueux. Je n’en reviens pas.

-Comment as-tu pu douter de moi? Quatorze années de mariage c’est un capital, quatorze années d’amour tracent le chemin à suivre. Je t’aime, mais toi, m’aimes-tu encore? Je suis un peu rassurée par ta révolte. J’ai eu si peur de ta fuite, de ton silence presque indifférence depuis ton retour. Mais ce jeune Sylvain est touchant de naïveté. Je veux le récompenser en lui offrant le spectacle de notre amour.

Ses deux mains font tomber mon caleçon, dévoilent mon sexe tendu et pas si mal que ça.

-Regarde petit, je chéris cette verge que j’honore depuis quatorze ans, je la caresse et je la gâte. Mais la tienne ne prendra pas sa place. Je ne connais pas de façon plus enivrante de célébrer un anniversaire de mariage que de faire l’amour avec mon mari. Voudrais-tu y assister?

-Marie, pas de partage!

-Tu vois, Paul ne veut pas t’inviter. Tu as entendu, il ne veut pas partager. Es-tu sportif?

-Détache-moi et je te le prouve sur l’heure!

-Non, je te détache. Va cacher ta gaule, je n’en veux pas. Puisque tu es sportif tu vas pouvoir parcourir à pieds les quinze kilomètres jusqu’à ton village. En route réfléchis. Le GHB plongé et dissous dans de l’alcool s’il désinhibe en produisant une sensation de chaleur, s’il affaiblit la résistance aux entreprises amoureuses, ne fait pas naître l’amour. Le somnifère destiné à Paul t’a endormi, la drogue sur laquelle tu comptais pour abuser de moi avec tes copains t’a déconsidéré à mes yeux. Si elle a un effet aphrodisiaque, seul Paul en a bénéficié. Habille-toi et tchao, esprit moderne.

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