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Édouard et Éloi

Chapitre 1

La méprise

Erotique

Alain et moi après notre divorce avions gardé quelques contacts. Oh ! Pas de grandes effusions, non ! J’avais suffisamment souffert de ses coups de canif dans un contrat de mariage dans lequel nous n’aurions jamais dû nous engager. Mais nous étions jeunes et sans doute que la naïveté qui m’habitait était à l’origine des frasques de mon ex-mari.


Deux années après la signature au tribunal qui nous déliait l’un de l’autre, je n’avais pas encore osé refaire un pas vers un autre homme. Pas par manque d’envie, mais bien par une sorte de peur de retomber dans les mêmes travers. Revivre les trahisons d’un mec au quotidien, je m’étais juré que c’en était bien fini. Et chaque regard un peu plus appuyé que d’ordinaire me faisait fuir en courant.


Malheureusement, un jour que je sortais avec deux amies, dans une sorte de discothèque qui fonctionnait aussi les après-midi de week-end, je devais faire la rencontre de Édouard. Grand, en milieu de quarantaine comme moi, il avait un sourire enjôleur. Un attrape-fille qui m’avait fait craquer. Bien entendu, il s’était montré plus prévenant, plus patient également que la plupart des hommes qui d’ordinaire, dans ce genre d’endroit courtisaient les dames venues pour danser.


Sur la piste, alors que depuis tant de temps je n’avais pas senti un corps m’enlacer, le sien m’avait transmis comme des décharges électriques et je devais bien avouer qu’il ne m’avait pas laissé insensible. En un mot comme en cent, il réveillait chez moi un appétit depuis fort longtemps endormi. Mon corps frissonnait, sous les mains qui pourtant restaient d’une incroyable sagesse, se posant seulement sur lui pour me guider sur un parquet envahi par de nombreux autres couples.


Mes amies après que je sois revenue à notre table me charriaient de belle manière. Et je n’opposais alors à leurs arguments déconcertants que bien peu de réponses crédibles.


— Il te plaît ce mec, hein ?

— Ben...

— Ouais, ne fais pas la difficile ou la sainte nitouche.

— Mais...

— Tu vas finir dans son lit ? Ou peut-être lui dans le tien ce qui revient au même. Mais tu as raison.

— Myriam arrête veux-tu ! Je suis là pour danser.


C’était Laurence qui d’un coup avait pris le relais et me taquinait, se mettant au diapason des attentes de Myriam. Ces deux-là se liguaient donc contre moi, pour me tirer les vers du nez. Et si je n’avais pas vraiment eu l’intention d’aller plus loin avec mon cavalier, l’intérêt qu’elles y portaient me mettait la puce à l’oreille.


— Ça fait combien de temps que tu n’as pas fait... tac-tac ? Hein, dis-nous voir un peu Maud ? Tu n’as pas couché depuis quand ?

— ... ? Vous me faites rire là ! Qu’est-ce qui vous prend toutes les deux ? De quoi je me mêle hein ? Vous allez me laisser tranquille à la fin ?

— Tu comptes finir dans la peau d’une vieille femme seule ? Non, mais regarde un peu autour de nous, de toi. Il y a plein de beaux types qui te reluquent depuis que nous sommes là et Madame fait la difficile.

— Oui, Myriam a raison, c’est le plus sexy de tous les mâles présents qui te drague et tu fais la fine bouche ?

— Allons Maud, une bonne nuit de baise, tu te rappelles comme ça peut faire du bien ? Ne reste pas toujours seule à te morfondre chez toi.


— xxxXXxxx —


Le type s’était de nouveau déplacé vers nous pour m’inviter à le suivre encore. Il me collait de plus en plus et les danses se succédaient sans que je perçoive les heures qui défilaient. Quand il m’avait enfin laissé repartir vers mes amies, celles-ci riaient de voir ma difficulté de lâcher cette main dans la mienne.


— Alors ? Les choses s’engagent bien pour toi, on dirait ! Tu ne sais pas, Laurence et moi nous allons te laisser avec ton chevalier servant et nous rentrerons ensemble. Comme cela tu auras le champ libre pour...

— Quoi ? Vous voulez me planter là ?

— Mais non, ce que Myriam veut dire c’est qu’on ne veut pas te gâcher ton coup. Et puis tu as ta voiture alors où est le problème...

— Mais je ne veux pas aller avec ce gars-là. Je suis là pour danser, tout comme vous du reste. Et pourquoi n’êtes-vous pas sur la piste au lieu de surveiller tous mes mouvements ?

— On veut seulement s’assurer que tu sais encore y faire avec les mâles et nous voici rassurées Maud. Ne t’entête donc pas comme ça ! Passe ce cap de la première « nouvelle » fois, et tu verras le monde sous une autre lumière.

— Vous êtes cinglées ma parole. Pour un peu je pourrais croire que vous me poussez dans le lit de cet homme.

— Tu n’as pas besoin de beaucoup d’élan, on est pas aveugle, je t’assure.

— Vous... mais c’est fou de penser ou de vouloir à tout prix que je fasse comme vous voulez ! Je vous croyais mes amies.

— Mais c’est le cas et demain tu nous diras merci d’avoir insisté. Allez, nous deux on file et ne sois pas sage. Fais-toi plaisir sans arrière-pensée.

— ... ?


Je les avais vus s’éclipser en pouffant de rire vers la sortie. Et l’autre accoudé au comptoir aussi suivait le départ de mes deux chaperons. De suite, il saisissait l’occasion d’une série de slows pour avancer une fois encore au-devant de moi. Et béatement, je me retrouvais sur la piste, dans ses bras, avec cette fois la sensation bien nette d’un véritable coup monté par mes deux perfides copines. Il était un exquis danseur et je le laissais donc m’emporter sur les accords tendres de musiques faites pour cela.


Il m’invitait à l’issue de ces rondes plutôt « collées serrées ». Au bar, il me baratinait avec tact et quelque part le son de sa voix me fascinait, je devais le reconnaître. Ce type avait un charme fou. Ses cheveux bien coupés, ses tempes grisonnantes et ses manières élégantes de ne pas forcer les choses me subjuguaient plus que je ne l’aurais voulu. Nous devions danser encore quelques valses et tangos avant que je ne prenne congé de ce cavalier qui n’insistait nullement pour me retenir. Il me raccompagnait cependant jusqu’à ma voiture.


Là, sur le parc au milieu de tous les véhicules, quand il me prit le bras, je savais déjà que ce n’était pas vraiment pour me faire du mal. Sa bouche cherchait avec une sorte de frénésie la mienne et j’aurais mauvaise grâce à dire que ce baiser qui nous unissait avait été déplaisant. Il avait les mains légèrement baladeuses, mais sans insistance outrancière. Et lorsqu’il me proposa de me revoir, il n’y avait aucune raison pour que je lui refuse ce privilège. C’était donc bien sur un parking que nous échangions nos cartes respectives, lesquelles évidemment portaient nos adresses et numéros de téléphone.


J’avais ensuite repris le chemin du retour avec une sorte de joie et de jubilation au fond de moi. Attendrais-je vraiment un coup de téléphone de ce type ? Je n’en savais rien, nageant en pleine euphorie. Ces deux folles qui s’étaient tirées avaient elles vraiment conscience de ce qu’elles avaient provoqué ? Je n’arrivais plus à me poser ces questions diablement embarrassantes alors que je regagnais mon logis. Ce soir-là, celui que j’appellerai « le jour du renouveau », de drôles de pensées flottaient dans ma tête.


Et puis l’envie de faire, de refaire serait plus exacte l’amour, m’avait tenaillé tout le reste des heures avant mon coucher. Malgré la douche prise pour me rafraîchir les idées, rien n’y avait fait et bien sûr, pareille à des tas de personnes seules, j’avais eu recours à un excipient très naturel sous la forme de mes doigts. Depuis bien longtemps, j’avais oublié ce que le mot jouir signifiait et là, allongée sur mon canapé, la télévision allumée, il reprenait tout son sens. Cependant si l’essentiel était préservé, le superflu me manquait, à savoir sentir la chaleur d’un mâle outillage danser en moi !


La semaine qui succédait à cette sortie, je n’arrêtais pas de penser à ce mec, sans pour autant oser faire le premier pas. Je fixais intensément mon téléphone, priant un éventuel Bon Dieu pour que ce soit lui, ce gaillard dont je ne connaissais vraiment que le prénom, qui compose mon numéro. Ce ne fut qu’au milieu de la semaine que la sonnerie de mon Android me cloua sur place. Les chiffres qui s’affichaient, je les avais si ardemment souhaités lire que ma réaction s’en trouvait disproportionnée. D’abord, une sorte d’euphorie avant que la peur ne me gagne totalement.


Et ma main tremblait tellement que je raccrochais sans avoir seulement entendu le son de sa voix. Persévérant, il s’appliquait de suite à réitérer son appel, lequel ne me parut pas moins crispant. Mais cette fois je prenais mon courage à une main l’autre tenant bien sûr l’appareil.


— Allo ! Allo ! Maud ?

— ... Oui ? Vous connaissez donc mon prénom ?

— Vous vous souvenez de moi ? Le danseur de la guinguette... votre nom et votre adresse sont sur la carte...

— Ah ! Ou... oui, bien entendu. Vous c’est Édouard, je crois !

— J’ai longuement hésité avant de vous déranger... vous comprenez, je n’ai pas pour habitude d’ennuyer les jolies femmes.

— Vous ne m’ennuyez pas du tout. Et puis si je vous ai donné ma carte, c’était un peu pour cela, non ?

— Je suppose que oui ! Je suis heureux de vous entendre. Je pourrais peut-être vous inviter à dîner... dans un endroit de votre choix, comme ça, vous serez en terrain connu ! Vous aurez moins peur, qui sait !

— Mais vous ne me faites pas vraiment peur, j’ai simplement envie de vous connaître mieux et une dînette en tête à tête me semble un bon compromis. Je ne suis pas une habituée de ce genre de... rendez-vous, vous savez !

— Moi non plus et il y a un bail que je n’ai pas pris en repas avec une dame... je veux dire dans le cadre d’un rencart, enfin d’un rendez-vous, comme vous dites. Alors...

— Bien, c’est d’accord pour moi. Comment procède-t-on ?

— Vous aimez quel genre de cuisine ? Celle chinoise ne vous contrarie pas ?

— Bien au contraire... mais je n’en connais qu’un seul et ne sais pas vraiment ce qu’il vaut.

— Moi non plus, mais on ne risque rien à tenter notre chance, après tout, on ne sait toujours qu’après si c’était bien

— Vous avez raison...


Ainsi nous nous étions retrouvés tous deux devant le seul restaurant chinois de la région le samedi soir suivant. Inutile de dire que mon cœur battait la chamade, et que mes jambes avaient bien du mal de supporter le poids de mon corps. Il était là adossé à la portière de sa voiture et dès que je sortis de la mienne, il s’avançait avec un sourire.


— Ah Maud ! Si vous saviez comme je suis content de vous revoir. Entrons vite il fait presque frais ce soir.

— ... Euh ! Bonsoir.


Bêtement, je n’avais pas pu décrocher d’autres mots, trop émue par ces retrouvailles bizarres. Ce premier repas pourtant devait être une réussite et bien sûr naïvement ou non, j’eus l’audace dès la fin de celui-ci de l’inviter à prendre un café chez moi. Il ne se faisait pas prier pour accepter une invitation qui dans sa tête devait avoir une autre signification évidemment. Soyons honnêtes, dans la mienne aussi. Et il me suivait pour un retour à mon domicile qui ne s’avérait pas très long en temps, mais qui me permettait pourtant de me poser dix mille questions.


— xxxXXxxx —


Chez moi, durant la préparation de ce fameux café, il développait ce dont il avait plus succinctement débattu au restaurant. À savoir sa solitude après une séparation douloureuse. Son ex-épouse avait à ses dires, trouvé plus judicieux de filer à l’anglaise avec un professeur de musique, celui-là même chargé des leçons de leur fils. Et cette désunion datait elle aussi de quelques années. Quelque part, je retrouvais chez cet Édouard bien des points communs avec ma propre histoire. Mais méfiante, je restais sur mes gardes.


Ce fils dont il me parlait se prénommait Éloi et avait maintenant vingt-deux ans. Musicien dans l’âme, il était désormais au conservatoire de musique et affectionnait tout particulièrement le violon. Ce garçon, semblait manquer à son père et lui me parlait de ses regrets de n’avoir pu suivre chacun des événements de sa vie d’adolescent, dans un premier temps parce que son travail l’éloignait de sa famille, puis par cette douloureuse coupure dans leur existence à tout trois.


Nous passions de longues minutes à retracer nos deux trajectoires de vie, avec leurs hauts, mais surtout leurs courbes infléchies vers le bas. Puis lentement, presque inéluctablement nos bouches s’étaient réunies bien malgré nous. Nos doigts aussi jouaient la réunion et ce que je pressentais depuis le début arriva. Édouard se montrait d’une patience d’ange. Peut-être aussi avait-il aussi peur que moi de cette reprise d’une vie sexuelle que nos corps appelaient de toutes leurs forces.


Nous découvrions donc ensemble les chemins chauds d’une peau exacerbée par un désir profond et une envie de bien faire. Cette communion de nos deux ventres devait être pour moi un vrai bonheur. Pour lui, je ne saurais le dire, Édouard restant dans un flou réel quant à ses sentiments ou sensations. Cette nuit-là, nous fîmes l’amour presque tout le temps et le petit matin nous trouvait dans les bras l’un de l’autre. J’avais frissonné sous ses caresses. Doigts, bouche, langue tous s’étaient associés dans une résurrection à laquelle j’avais activement participé.


Bien entendu nous nous étions revus souvent après cela. Toujours chez moi, sans que je n’aspire vraiment à entrer d’une quelconque façon dans sa vie. Alors lorsqu’un samedi matin il me demandait de le rejoindre chez lui, c’était sans aucune hésitation que je m’y étais rendue. Là bien sûr, nous avions une fois de plus laissé parler nos envies, faisant l’amour jusqu’à plus faim. Ce type était génial dans sa démarche, dans son état d’esprit aussi. Je ne trouvais rien à redire non plus lorsque vers quinze heures, son bureau l’appelait pour une urgence.


Édouard très embêté se confondait en excuses et se rendait à son travail pour régler le problème si impérieux. Il m’assura que ce ne serait qu’une affaire de minutes, une heure tout au plus. Et bien entendu, je lui promettais de l’attendre sagement. Dès qu’il fut parti, je me replongeais dans un film à la télévision. Environ trente minutes après son départ, je percevais le bruit de la porte d’entrée qui s’ouvrait. Pensant que mon amant revenait déjà, je me précipitais vers le hall où il devait se trouver. Je n’avais pas ressenti le besoin de me rhabiller, prête déjà à lui sauter dans les bras pour un second round dont j’avais une immense envie.


— xxxXXxxx —


Au salon, Édouard était de dos, occupé à ramasser les vêtements éparpillés. De derrière, sa silhouette me donnait pourtant l’impression d’être toute différente. Je m’approchais, à pas de loup de l’homme avec qui j’avais passé la plus grande partie de la nuit à faire l’amour. Chaude et tentée par une autre étreinte, je me plaçais derrière lui, pour poser mes deux mains en bandeau sur ses yeux. Et c’était au moment où mes paumes empêchaient son regard que je sus que quelque chose d’anormal se passait.


Les tempes grisonnantes de mon désormais amant n’avaient pas cette si attirante couleur, et du coup sa stature me paraissait moins correspondre avec celle de Édouard. Quelque part c’était lui... et pas lui ! Je sursautais alors que celui qui d’un coup se trouvait plongé dans le noir avait un mouvement instinctif d’autodéfense. Il se retournait presque brutalement. Et devant moi, morte de confusion, un inconnu me regardait avec incrédulité.


— Oh ! Pardon... je vous avais pris pour...

— Oui ? Pour mon père je suppose, à en juger par votre... tenue ! Il n’a pas dû s’ennuyer cette nuit. Il n’est pas dans la maison ?

— Euh... ! Son bureau l’a rappelé pour un problème et je pensais, croyais qu’il venait de rentrer.

— Je vois... je vois.


Pour voir, bien sûr qu’il voyait et ne se privait pas pour reluquer mon corps. Merde ! Je n’avais pas même esquissé un mouvement pour cacher ce que de toute évidence, il était trop tard pour masquer. Le jeune homme ne fléchissait pas des quinquets. Et moi, comme une idiote qui restait là, devant lui, bras ballants telle une statue de sel. Je faisais comme lui, le dévisageant sans vraiment comprendre ce qui arrivait. Ce jeune devait être... Éloi le fils de Édouard.


— Vous... vous êtes le fils de Édouard ?

— Oui ! Il a trouvé le temps de vous parler de moi ? Je dois dire qu’il a bon goût !

— Pardon ? Je suis désolée de cette méprise. Vous lui ressemblez terriblement et de dos, je vous assure que c’était difficile de faire la différence.

— Dommage alors ! Vous ne pouvez pas savoir combien j’aimerais qu’une... une femme telle que vous m’attende moi aussi chez moi, ou ailleurs parfois aussi.


Surprise par ces propos étrangement dits, avec une certaine élégance et un brin de nostalgie dans la voix, je venais de saisir que ma nudité avait quelque chose de dérangeant pour ce jeune homme. L’instinct me faisait alors porter mes paumes sur mes seins, comme si le fait de les camoufler de la sorte changerait quoi que ce soit. Il avait vu et puis l’important se trouvait ailleurs. Ses deux billes rondes d’un bleu aussi intense que celles de son père accrochaient l’endroit qui sur ma peau devait faire tache.


Je reculais vers la porte, et pour finir me repliais dans la chambre. Oubliant du même coup que tous mes vêtements restaient éparpillés dans la seule pièce où le fils de mon amant attendait son père. À quel moment devais-je me poser la question de savoir quoi faire ? Il m’était difficile de retourner à poils dans la pièce pour... récupérer mes hardes. Et fouiller dans les affaires de son paternel pour y dégoter de quoi me vêtir ne semblait pas une bonne idée. Alors pour solutionner le problème, j’entrouvris la porte et appelais gentiment le garçon.


— Éloi ! Éloi, s’il vous plaît !

— Oui ?


À travers le petit interstice découvert par le battant entrebâillé, je voyais le visage du visiteur qui s’imprimait avec un sourire.


— Oui ? Vous m’avez appelé Madame ?

— Je... ce serait bien si vous pouviez me passer mes vêtements.

— Ah ! Oui ! Oui, bien sûr.


La frimousse hilare avait alors disparu quelques secondes. C’était une main qui se présentait ensuite avec au bout des doigts ma jupe, et mon corsage. J’attrapais tant bien que mal les frusques que la patte me rapportait. La dernière pièce de fringues de retour était mon soutien-gorge. Alors à la hâte, j’enfilais l’ensemble pour cacher mon corps aux regards de ce type. Je sortais de la chambre à coucher alors qu’Éloi se tenait toujours sur le canapé.


Tout m’avait été rendu sauf l’essentiel, à savoir ma culotte. Bon, l’honneur était désormais sauf et je pouvais déambuler dans la maison pour me préparer à rentrer chez moi. Je repassais devant le jeune gars assis qui suivait tous mes mouvements. Ma patte accrochait l’anse de mon sac et je m’apprêtais donc à quitter les lieux.


— Vous fuyez ? Vous n’attendez pas mon père ? Je ne voulais pas vous effrayer, vous savez.

— Je... j’en suis certaine. Mais avouez que la situation est plutôt gênante, pour moi et que cette méprise n’est pas des plus agréables.

— ... ? Je ne viens jamais à l’improviste et vous ne pouviez pas imaginer... c’est ma faute.

— Peut-être ! Mais je suis chez Édouard et vous, son fils y avez sans doute plus votre place que moi.

— Je vous en prie, ne partez pas, pas ainsi ! Il mérite une femme comme...

— Allons ! Ne vous formalisez pas, je m’en remettrai de cette affaire. La honte ne tue pas.

— Je ne vois pas pourquoi vous devriez vous sentir coupable et mon Dieu, ce que j’ai vu me fait songer que... qu’une femme, ça peut être si merveilleux.

— Bon et bien... bonne journée. Je vous souhaite une bonne journée avec votre papa.

— Pour notre rencontre ? Je lui en parle ou pas ? Dites-moi et je ferai comme vous le souhaitez.

— À vous de voir. Je ne suis pas certaine que lui et moi nous nous reverrons de toute façon !

— Ah ? Vous... il vous a déçu ou est-ce ma faute ? Je m’en voudrais de lui briser son coup... enfin de lui gâcher la vie.


Pour le coup c’est moi qui avais souri. Et je filais aussi vite que je le pouvais, sans me retourner. Mon corps et mon cœur avaient de drôles de réactions. Sans trop savoir pourquoi, l’envie de faire l’amour ne m’avait pas vraiment quittée, mais pire encore, elle semblait s’être amplifiée depuis cet incroyable dialogue avec le gamin. Et mon « chez-moi » me sécurisait sans que je sache vraiment à quel danger je venais d’échapper.


Ce n’était que lors de mon nouveau déshabillage que je prenais conscience de l’absence de ma culotte. Et heureusement que j’étais seule parce que le rouge me montait au front. Curieuse impression de honte qui se mêlait à celle plus perfide de ce désir tapi au fond de mon esprit. Oui ! J’aurais voulu pouvoir faire l’amour, là, tout de suite, me sentir remplie par un sexe d’homme, par cette douceur et la chaleur d’une trique bien mâle. Alors c’était avec une sorte de moue de dépit que j’entrais sous le jet tiède de la pomme de douche.


À suivre...

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