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Eeva

Chapitre 1

Avant le départ

Divers

Eeva*



(*prénom tahitien signifiant étoile qui s’élève la nuit)



-Note au lecteur : l’érotisme se doit avant tout d’être suggestif, policé il se doit en outre d’éveiller les sens, les émotions et l’excitation. Il n’est pas nécessaire de parler "cru" et au contraire pour rester dans le pur érotisme, il faut savoir jouer des mots, des phrases, des non-dits pour laisser au lecteur le soin d’imaginer à sa guise. Ce sont là les raisons qui me poussent à tenter un texte sans pornographie. Il me semblait honnête de le préciser d’entrée pour éviter aux lecteurs et lectrices qui cherchent le sexe en essentiel, de ne pas perdre leur temps sur cette petite histoire qui, de plus, n’est pour moi qu’un amusement et qui n’a aucune autre ambition.



1er chapitre :



Avant le départ



Je m’appelle Thomas Delabar... Au vu de ce que qui va suivre, j’aurais pu m’appeler Thomas De La Barre... mais il me faut à cet instant rester dans le fil de mon propos.



Avant mon départ, aussi loin que je m’en souvienne, personne, dans la famille, exceptée ma mère, ne faisait attention à moi, même si je dois préciser que quelques petites servantes ne me laissèrent pas insensible.



J’aurais été invisible que cela n’aurait rien changé.



Troisième fils d’un petit bourgeois, notaire de son état, je n’aspirais nullement à prendre la succession de l’étude. Les aînés pourraient, selon leur souhait, exercer la profession du père et en racheter la charge et que grand bien leur fasse.



Moi je rêvais d’autre chose, de voyages, d’aventures, de grands espaces. J’imaginais une vie de plein air, dépourvue de tous ces artifices de la bourgeoisie française dans laquelle le paraître était plus important que le simple fait d’être.



Non, je ne voulais pas de l’existence calfeutrée d’un de ces ronds de cuir, enfermait à longueur de temps dans une pièce exiguë, le corps penché sur des piles de papier vélin noirci de chiffres et jauni par les ans.



Déjà, cette existence lascive à la propriété, était pour moi une véritable punition perpétuelle, tel Sisyphe, mon enfer était un éternel recommencement des journées sans but, si ce n’était pousser ma triste existence au sommet de la journée sachant qu’il faudrait recommencer le lendemain. Le bonheur n’était donc pas, pour l’heure, à ma portée.



Notre gentilhommière avait quelque peu perdu de sa prestance, elle n’en demeurait pas moins une magnifique habitation que beaucoup dans le village admiraient en passant devant le haut portail en fer forgé.



Douze chambres à l’étage pouvaient accueillir à la fois la famille et les invités. Au-dessus, six chambres sous le toit, pauvrement meublées, servaient au "petit" personnel.



Au rez-de-chaussée, une salle à manger immense, tout autant que l’était la cuisine, servait aux manifestations festives organisées une ou deux fois l’an. Un escalier en pierres de taille donnait sur le balcon qui lui-même s’ouvrait sur un parc arboré où s’élevait une fontaine, le tout entouré de hauts murs, qui donnaient encore à la bâtisse une fière allure. Je passerai les détails concernant l’ameublement style empire... imposant, sombre, un véritable calvaire pour les domestiques ayant en charge de dépoussiérer l’ensemble.



Seule exception, le fauteuil "Voltaire" qui trônait devant l’âtre et où le vieux s’installait le soir pour y lire d’imposants ouvrages tout en tirant sur sa pipe en bruyère et au cul d’ivoire.



Quant aux cheminées, toutes surmontées d’une pendule empire richement décorée et dorée à la feuille d’or, elles étaient d’une imposante conception et la consommation de bois dépassait l’imaginaire.



Le gros avantage, il en fallait au moins un, c’était l’agneau qui pouvait griller en entier sur la broche à la veille des fêtes Pascales au sein même de la grande salle de réception.



Le patriarche, un haut et bel homme aux favoris rejoignant son épaisse moustache rousse, me voyait donc comme un être sans ambition, à l’avenir incertain. Je ne lui attirais aucune compassion, aucune affection. J’étais là, pauvre bougre, il lui fallait faire avec à son grand désespoir.



Comme tous les fils de la bourgeoisie, nous avions eu un précepteur qui, avant le collège et la pension, tant bien que mal, nous avait éduqués pour faire de nous l’avenir, si ce n’est de la nation, tout du moins du nom de notre famille. Grand projet que j’étais bien décidé à ne pas réaliser à mes risques et périls.



  C’est dans la salle qu’il nous dispensait ses cours, pour lesquels je n’avais que peu d’intérêt, plus apte à regarder par la fenêtre les hauts marronniers et les branches tombantes des saules pleureurs que d’écouter les déclinaisons latines. Je prêtais plus aisément attention à la géométrie et à l’observation de la voie lactée. L’infinie attirance pour les espaces de liberté motivait cette rare application aux études.



Notre mère, discrète, fragile, comprenait mon envie d’évasion. Elle même était une rêveuse et n’avait pas eu le choix de son époux, bien que du même milieu, elle s’était, sans amour et sans passion, contentée de donner quatre enfants à l’homme qui partageait sa vie sans depuis bien longtemps, partager son lit.



Dès mon adolescence, comprenant mon attirance pour une vie bien différente, elle était parvenue à convaincre le père de me laisser partir pour une formation dans le domaine médical militaire de la marine.



Ayant satisfait aux exigences des examens d’entrée dans cette école d’anatomie et de chirurgie je n’attendais plus que mon ordre pour rejoindre cet établissement. Cela impliquait une séparation, longue, lointaine et souhaitée.



Le temps des domestiques, des messes journalières et surtout des Laudes, ces louanges rendant grâce à Dieu dès la levée du Soleil, des repas dans la grande salle entreraient dans un passé que les années à venir effaceraient, c’est du moins ce que j’espérais.



Il en serait fini de cette vie que je détestais plus que tout, qui me coinçait dans ces murs d’une maison de maître, froide bien que majestueuse, austère bien que lumineuse, au parc tellement grand et boisé qu’il parvenait parfois à briser mon horizon rêvé.



***



Mon pucelage, je l’avais perdu quelques mois auparavant avec une servante, Madeleine de son prénom, à l’aune de mon départ.



Elle était jolie et au service de la famille depuis quelques années. Essentiellement occupée dans la cuisine comme aide, Madeleine portait en permanence un fichu sur la tête qui cachait sa chevelure blonde, une longue robe noire ceinte d’un tablier blanc, bien souvent maculé.



Nos regards s’étaient souvent croisés, et bien que n’étant qu’un godelureau d’opérette, j’avais pour cette domestique une attirance toute particulière depuis quelques temps. Des idées, plus que coquines, me mettaient alors dans tous mes états, souvent le jour mais encore plus la nuit.



Ses yeux sombres tranchaient avec la pâleur de son teint. Les hauts de sa robe étaient généreusement remplis par une forte poitrine. Ses courbes étaient exquises et invitaient à une découverte pour l’aventurier en mal de sensations fortes que j’étais.



Je ne doutais pas que le régisseur de mon père, profitais de toutes les générosités dont la nature avait gratifié la domestique. Il m’arrivait d’en être jaloux. Si bien, qu’un jour, jouant le malade qui souffrait d’une langueur inexplicable, j’avais gardé la chambre. Le soir venu, la jeune effrontée m’avait porté la soupe, et, prenant certaines libertés, s’était assise sur ma couche pour m’aider à me restaurer.



De là mes mains avaient commencé à courir le long des cuisses de la jouvencelle qui n’en avait que l’apparence.



— Monsieur a envie ?



Je n’avais pas eu le temps de répondre, une réponse qui aurait été affirmative.



Très rapidement, elle s’était dévêtue sans gêne libérant une tignasse blonde magnifique coulant en cascade sur ses épaules laiteuses et avait jouer de moi comme on joue d’un bilboquet.



— Je vais m’occuper de Monsieur !



C’est ainsi que le soir même, je n’étais plus puceau.



Quelques jours plus tard, dans la cuisine en l’absence de Madame Louise, la cuisinière en chef, nous avions connu de nouvelles étreintes charnelles. Prenant de l’assurance, je découvris très vite des plaisirs que je n’aurais jamais soupçonnés possibles. J’allais en découvrir d’autres encore dans les jours suivants, jusqu’à la date de mon départ.



Par un petit matin de fin d’été, saisi d’une envie soudaine, et alors qu’elle dépoussiérait le haut de la bibliothèque paternelle, je reluquais le postérieur de la dernière servante arrivée au service de la famille. Petit bout de femme, renfermée et peu loquace, ses fossettes aux joues m’avaient séduit dès sa première apparition au seuil de la maison.



— Vous êtes bien haut perchée Mademoiselle !



Sur son escabelle, Lucette m’offrait une vue qui aurait mis en appétit le premier venu. Sans jamais s’offusquer, par soumission sans doute plus que par envie, elle accéda à la pressante vigueur qui m’étreignait. L’affaire fut vite conclue, trop vite à mon avis, ce qui me permit d’envisager de nouvelles approches. Celles-ci se produisirent à maintes reprises, me laissant comprendre que les femmes pouvaient avoir elles aussi, de nombreux désirs à assouvir et que le jeune mâle que j’étais pouvait lui donner de bon cœur maintes satisfactions.



C’est donc non sans regrets, d’un point de vue tout à fait sentimental, qu’un matin d’automne, sous une pluie fine, le fiacre, tiré par une magnifique jument grise, me conduisit par les routes défoncées, à Brest pour faire mes premiers pas dans la marine de l’Empereur Napoléon III et y recevoir l’éducation nécessaire pour devenir officier de marine en charge de la chirurgie et de la botanique. 


Cela allait prendre quelques années et m’apporter certains regrets au vu de la dureté de la vie à bord du bâtiment école.


Le voyage fut assez pénible, et, malgré une nuit passée à l’auberge en tête à tête avec le cocher, il était grand temps qu’il prit fin et que puisse commencer l’aventure.



...A suivre...


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