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Ella.

Chapitre 1

Hétéro

Ella, sous le soleil de plomb, transpirait. Irrespirable. La température devait sans peine atteindre trente degrés, et l’humidité ambiante ne rendait la météo que plus insupportable encore. Elle continua néanmoins à déambuler dans les rues désertes de cette petite ville du Sud, à la recherche d’une fontaine ou d’un bar encore ouvert. ‘Peu probable, un 15 Août’, pensa-t-elle. Elle repoussa de sa main droite une mèche des cheveux longs, bruns et bouclés qui se collaient à son front moite.


Ella était une jeune femme dans la vingtaine, resplendissante de cette vingtaine insolente qui donne aux femmes sortant de l’enfance une certaine grâce, une féminité débarrassée de l’air boudeur de l’adolescence et pas encore affectée par les marques du temps. Elle avait les cheveux bruns, des sourcils fins surplombant élégamment des yeux noisette à l’air malicieux à peine soulignés de crayon noir, une bouche en forme de cœur et un joli corps d’un mètre soixante-cinq aux courbes sveltes trahissant son côté sportive. Elle portait un chapeau de paille au style un peu western, un débardeur blanc fin laissant nus ses bras à la peau légèrement hâlée et une jupe courte qui dévoilait ses jambes finement musclées.

La jeune femme n’aurait su dire depuis combien de temps elle marchait. La rue sinistre dans laquelle elle se trouvait alors lui semblait étrangement familière. N’était-elle pas passé là tout à l’heure, déjà ? Impossible de réfléchir sous une telle chaleur. Elle fit de son mieux pour chasser au plus vite le sentiment d’angoisse qui naissait au creux de son ventre. Elle eut une pensée pour son portable, resté à l’hôtel, et se mordit la lèvre inférieure. ‘Quelle idiote’, murmura-t-elle. Elle passa la main sur son front et ses tempes et s’arrêta au milieu de la rue déserte, les mains sur les hanches.

Ella regarda autour d’elle. Elle était dans un quartier pavillonnaire un peu vieillot, pas étonnant qu’il n’y ait âme qui vive : par cette chaleur, tout le monde devait être chez soi à faire la sieste. Ou à déguster un sorbet au citron… À cette pensée, elle passa sa langue sur ses lèvres sèches et légèrement salées par la transpiration. Elle avait soif.


À sa gauche, le garage d’un pavillon donnant sur la rue était resté entrouvert. Son sang ne fit qu’un tour. De l’ombre ! Et qui sait, peut-être quelqu’un qui puisse lui offrir à boire ? Elle hésita un peu, se trémoussant d’un pied sur l’autre, et finit par s’approcher. Elle toqua contre le battant en métal blanc, par politesse, et attendit une bonne minute, n’osant entrer. Elle passa sa tête par le baillant de la porte latérale, et, n’apercevant personne, le poussa doucement. La porte émit un chuintement, et Ella entra dans le garage. Au milieu trônait fièrement une décapotable typique des années 1970, à la carrosserie soigneusement entretenue. Ella en apprécia les courbes de sa main, et sentit la fraîcheur de la tôle. Elle s’accroupit près de la portière pour y poser sa joue, et ce faisant fut prise d’un vertige. Des étoiles dansèrent devant ses yeux, sa bouche sèche voulait appeler à l’aide mais elle ne put émettre le moindre son. Elle s’évanouit.

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Un courant d’air glacial eut finalement raison de sa torpeur. Ella ouvrit les yeux et aperçut par la lucarne ouverte que la nuit était tombée. D’où la fraîcheur de l’air. La seconde chose qu’elle vit fut une paire d’yeux la dévisageant.

Ella sursauta.

Elle tenta de balbutier des excuses, mais sa bouche assoiffée n’émit que quelques borborygmes incompréhensibles. Les yeux se froncèrent d’un air interrogateur. Elle entendit le craquement d’une allumette, et une lampe à pétrole, comme celles que l’on trouve dans les mines, éclaira faiblement les environs.

Un jeune homme tenait la lampe. Il devait être âgé de dix-huit ans, peut-être dix-neuf, plutôt beau gosse. Ses cheveux comme ses yeux étaient d’un noir troublant. Il était assez mince et portait une chemise blanche rayée de noir, ouverte, qui dévoilait ses pectoraux et ses abdominaux juste à peine dessinés, ainsi qu’un jean délavé et une paire de Converses. Il s’accroupit auprès d’elle sans dire un mot, continuant à l’examiner.

Elle pouvait sentir son parfum. Une odeur agréable, très légèrement musquée, un peu enivrante. Ella fut troublée et sentit des frissons la parcourir, qui n’avaient rien à voir avec le courant d’air. Elle resta là, adossée à la voiture, hésitante. Que faire ?

Le garçon lui tendit finalement une petite bouteille d’eau.

— Tenez, buvez. Ca vous fera du bien.

— Merci, articula-t-elle avec peine.

Elle prit la bouteille d’eau fraîche dans ses mains et but quelques gorgées, avant de pousser un soupir de satisfaction.

— Je suis désolée, je suis entrée parce qu’il faisait chaud, et je cherchais de l’ombre, quand tout à coup…

— Ce n’est rien, la coupa-t-il. Où habitez-vous ?

— Je ne suis pas d’ici, je suis en vacances.

— À l’hôtel ?

— Heu… Oui, répondit-elle d’une voix hésitante.

— Vous ne pourrez pas y retourner dans cet état, ni à cette heure. Et je ne peux vous y conduire. Je crois qu’il n’y a pas d’autre solution que de vous faire dormir ici.

Elle eut un sourire gêné.

— Je ne veux pas déranger, je pense que je vais pouvoir me…

— Hors de question. Vous n’avez même pas les clés pour ressortir, ajouta-t-il avec un sourire fat.

C’est seulement à cet instant qu’Ella remarqua que la porte du garage était effectivement refermée. Le garçon la dévorait des yeux. D’un coup d’œil, Ella s’aperçut qu’il avait, d’où il était, une très belle vu sur son décolleté. Elle remonta son débardeur en tirant sur le col.

— T-très bien… Je…, commença-t-elle.

— Vous n’avez pas froid ? demanda le garçon d’une voix sarcastique. Laissez-moi vous réchauffer, voyons.

Il se releva et se rapprocha d’elle, la collant contre lui. Elle avait le visage à quelques centimètres d’une bosse de belle taille dans son pantalon qu’elle identifia comme la conséquence de la vue plongeante que le garçon avait eu quelques secondes auparavant. Elle se surprit, en un éclair, à fantasmer sur ce sexe qu’elle pouvait presque voir… Elle l’imaginait, dressé, fier, bandé, plein de désir… Sa tête lui tournait, elle ferma les yeux, toujours collée au garçon, et se mordit doucement la lèvre. Elle se sentait plus… sensible. Elle sentait le doux frottement de son débardeur sur ses tétons, et une moiteur se développer à l’endroit de son entrejambe.

Lorsqu’elle rouvrit les yeux, le rêve avait basculé dans la réalité. Le garçon avait ouvert son jean et sorti son sexe en érection, qu’il maintenait, de sa main droite, à quelques centimètres de sa bouche. Elle entrouvrit faiblement sa bouche alors que le garçon avait placé ses mains autour de son visage et l’attirait à lui. Elle sentit d’abord l’effleurement de la peau douce du membre dressé contre ses lèvres, et en une fraction de seconde, il pénétra sa bouche avec un râle de satisfaction.

Ella suça aussi bien qu’elle le pouvait, aussi bien qu’elle le savait. Plus rien ne comptait alors. Toute son attention, tout son être était focalisé sur cette verge tendue qu’elle désirait au plus haut point. Elle prit le pénis dans sa bouche et entama un mouvement circulaire autour du gland de la pointe de sa langue. Le garçon rejeta la tête en arrière avec un gémissement. Elle entama des va-et-vient avec sa bouche, prenant soin de toucher le sexe seulement de ses lèvres humides et de sa langue, masturbant ainsi la base du gland du jeune homme qui soupirait d’extase, émettant de temps à autre un bruit incompréhensible.

Au bout de longues minutes de fellation, Ella sentit le garçon se crisper.

— Je… vais… jouir, haleta-t-il.

Ella retira le phallus du garçon de sa bouche, continuant le mouvement de va-et-vient de sa main droite.

— Oh non, se surprit-elle à dire. Avant, je te veux. Fais-moi l’amour, prends-moi, baise-moi !

Ella avait presque crié la fin de sa phrase. Elle était totalement désinhibée, elle voulait ce membre en elle. Maintenant. Elle aurait été incapable à cet instant de dire comment elle s’appelait. Il la releva, ouvrit la portière arrière de la voiture contre laquelle elle était jusque-là adossée et la poussa sans ménagement sur la banquette de cuir beige. Elle atterrit sur le ventre. Le garçon glissa ses mains sous sa jupe pour lui ôter sa culotte, et elle se retrouva vite les fesses tenues, à l’air. Elle pouvait imaginer, en fermant les yeux, l’air gourmand de son hôte d’un soir, qui devait contempler à la lueur de la lampe ses fesses tendues et son petit abricot d’amour…

Ella poussa un petit cri aigu de surprise lorsque le garçon la pénétra soudainement avec deux doigts. Il la fouilla doucement, avec une lenteur exquise, prenant un plaisir évident à maltraiter gentiment son sexe ouvert. Puis il retira ses doigts de manière aussi soudaine qu’il les avait inséré, et entra en elle d’un simple coup de hanches avec un gémissement de plaisir. Il porta à la bouche d’Ella ses doigts couverts de cyprine et elle les suçota pendant qu’il la pénétrait encore et encore. Ella ne pensait plus à rien, sinon au l’extase grandissante qui naissait en elle…

Le garçon finit par se retirer en un soubresaut, et elle sentit un liquide chaud et gluant couler dans le bas de son dos. Elle se retourna et avec un regard délibérément aguicheur, recueillit de ses deux doigts un peu de la semence du garçon et les inséra dans sa bouche puis avala, sans le quitter du regard. Même à la faible lueur de la lampe, elle aurait juré qu’il s’était empourpré.


Le garçon la nettoya, se rhabilla et se dirigea vers un placard situé contre le mur du garage. Sans un mot, il en sortit une couverture pliée en quatre et lui tendit. Ella l’accepta avec un sourire.

— Demain, lui dit-il, je vous raccompagnerai à votre hôtel. Passez une bonne fin de nuit, Mademoiselle.

Il éteint la lampe et sortit, laissant Ella dans le garage où flottait désormais l’odeur douceâtre que dégagent deux corps qui ont fusionné l’espace d’un instant.

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