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Emma et Sonia

Chapitre 14

Trahison

Travesti / Trans
Le lendemain, nous sommes réveillées avant lui. Et nous nous faisons un clin d’œil en constatant que nos positions n’ont pas changé. En soulevant légèrement la couette, nous nous sourions silencieusement en voyant une grosse bosse sur son bas de pyjama. Sonia se lève alors comme une chatte et vient vers moi pour me faire un gros baiser et me murmurer à l’oreille :— Si tu en as envie, ma puce, ne te prive pas… J’ai besoin de te voir femme avec un homme. Ne t’en fais pas, je serais discrète, mais je laisse la porte de la salle de bain entrouverte pendant que je me douche. Si tu es en difficulté, un simple appel et j’accoure. Dans le même temps, elle se saisit de ma main et l’entraine vers le sexe de l’homme endormit. Qui sort doucement de ses rêves alors que ma princesse s’éclipse :— Oh, j’ai une petite femme en manque dès le réveil ! Tu peux me sucer, Emma, si tu en as envie. Sonia est à la douche ?— Oui. Alors, je peux ?L’aventure me tente. Peut-être aurai-je des réponses à mes interrogations ? Rien ne m’oblige à le faire, cette fois. Surtout, j’ai bien senti que de savoir que je vais me comporter complètement en femme avec lui excite ma chérie. La curiosité de gouter à nouveau à un sexe de mâle, l’incitation de Sonia, le sentiment qu’il en a très envie, tout cela me fait plonger vers la grosse bosse. Je baisse son pyjama et je commence à le sucer en essayant de faire le mieux possible. À en juger par ses gémissements, je ne m’en sors pas trop mal… Il se permet même de me mettre une petite fessée alors que je m’active en alternant avec des caresses. Je le sens trousser ma légère nuisette et caresser maintenant ma petite rondelle après avoir écarté d’un geste assuré ma jolie culotte minimaliste, sans aucune hésitation dans ses gestes. Il commence alors doucement à m’ouvrir. Trois minutes plus tard, il me positionne sur le dos, remonte mes jambes sur ses épaules et introduit son sexe sans réelle douceur en moi. Heureusement, il a étalé une bonne dose de salive avant ! Rapidement, j’oublie toute douleur alors qu’il me pistonne. Je suis décontractée car j’ai pu constater qu’il avait enfilé un préservatif. La suite va très vite. Est-ce la peur de se retrouver face à Sonia s’il traine trop ? Il me murmure à l’oreille que je suis une vraie petite salope de me laisser défoncer ainsi. Tout en ravageant mon joli derrière. En deux minutes à peine, je le sens palpiter dans mon fourreau ravagé. Pas un instant, il n’a cessé de m’insulter alors qu’il faisait sa petite affaire. Mais je ne me plains pas. Cela semble finalement la norme chez les mecs… Quand il se retire, il enlève prestement son préservatif pour venir me faire lécher son sexe bien imprégné de sa semence. Quand il juge le résultat acceptable, il me murmure alors :— Bravo Emma ! Tu obtiens le prix de la cochonne d’or ce matin. Maintenant, embrasse-moi, ma petite salope. Le matin, je veux que nos réveils soient toujours ainsi. Avec ta jolie langue toute imprégnée de sperme. Merci belle perverse.C’est le moment choisi par Sonia pour entrer discrètement dans la chambre. Toute belle et habillée avec sa tenue de sport :— Il est 6 h 45. Il va être l’heure de t’habiller et de partir, Loïc.— Bonjour Sonia. Oui, je vais faire vite. Dis, je peux revenir ce soir ?— Ne fais pas cette tête de bétail sacrifiée : ce soir, 22 h 00 ici. Tu es d’accord Emma ?— Oui, Sonia. C’est comme tu le désires ma chérie.Le soir, Loïc est fidèle au rendez-vous. Il me fait des baisers tendres. Visiblement, d’après ses dires, je lui ai manqué toute la journée. Il nous félicite de notre tenue du jour. Me redisant encore à quel point je suis femme. Trente minutes plus tard, nous sommes au lit. Il semble soudain embêté en demandant :— Désolé Sonia, mais tu accepterais que je fasse l’amour à ma chérie ?— Non, Loïc. Même si je sais très bien que c’est ce qui s’est passé ce matin pendant que je prenais ma douche. Mais demain matin, tu pourras. Je m’éclipserai comme aujourd’hui à 6 h 15.— Bien… Même si je suis certain qu’elle en a envie et qu’elle va en rêver. Alors bonne nuit à toutes les deux. Dodo…Le matin, à peine réveillée, j’aperçois Sonia qui me sourit. Comme la veille, elle vient me faire un baiser très tendre avant de nous laisser tous les deux. Sitôt qu’elle a franchi la porte, Loïc ouvre les yeux et dit :— Enfin, petite chaudasse. Je sais que tu as rêvé de mon sexe. Allez hop, en levrette, ma petite femme. J’ai envie de ta croupe.Une minute plus tard, après m’avoir sommairement préparée, il est en buttée dans mon intimité et je suis embrochée comme une dinde. Me maintenant par les hanches, il est beaucoup moins discret que la veille, mais tout aussi rapide. J’ai à peine le temps de m’habituer à sa pénétration brutale qu’il me ravage à toute vitesse. Franchement, avec cette façon de faire et même si je ne me sens pas blessée, je ne ressens pas la moindre trace de plaisir. Si ce n’est la petite excitation d’une nouvelle expérience de femme. Il ne varie même pas son programme de la veille après avoir ôté son préservatif. Puis, quand ma puce fait acte de présence, il m’entraine vers la douche en me tirant par la main et en lui lançant sans même lui dire bonjour :— J’emmène ma chérie sous la douche. Elle en a bien besoin. À cet instant-là, mon malaise est au maximum et je lui dis simplement d’y aller et que j’irai prendre la mienne ensuite. Que j’ai besoin de toute la salle de bain pour refaire mon vernis et me maquiller : un pieu mensonge lancé instinctivement tellement je me sens mal… Quinze minutes plus tard, il nous rejoint, tout propre, habillé, souriant en me disant :— N’oublie pas de m’envoyer des « sexto » dans la journée afin que je ne m’ennuie pas trop, ma petite femme. À ce soir !À peine a-t-il franchi la porte que nous sommes absolument synchrones pour crier :— Noix de coco !Et nous nous écroulons de rires dans les bras l’une de l’autre. C’est cette fois moi qui prend ma chérie par la main et nous nous savonnons toutes les deux sous l’eau :
— Tu te rends compte que c’est ma deuxième douche alors que nous n’avons pas encore fait de sport ?— Désolée, ma superbe chérie. J’avais trop besoin de toi et je ne veux plus jamais cette personne avec nous dans notre lit.— Ce n’était pas bien ?— Si, super ! Au moins pour me rendre compte de la chance que j’ai de t’avoir comme épouse et comme amante. Hier c’était à peine passable et aujourd’hui, je n’ai pas eu une once de plaisir. Cela ajouté à son discours « conquérant » après. Je suis complètement perturbée et dégoutée.— Alors, je suis hyper heureuse ! J’avoue, je voulais être certaine que tu m’apprécies vraiment comme partenaire sexuelle. En plus de m’aimer comme femme… C’est ainsi que je voulais que tu fasses cette expérience. Pas comme cela s’est passé avec mes amis à Paris. Je t’ai poussée à devenir femme. J’avais besoin d’être persuadée que notre vie commune correspond bien au summum de tes aspirations. Ton genre ne fait aucun doute ma poupée. Ta véritable sexualité m’est maintenant démontrée. Tu ne me quitteras jamais pour suivre un homme, mon étoile.— C’est gagné, ma chérie, si c’était ton but : je ne veux plus jamais un homme comme amant. Deux expériences et deux grandes déceptions. Si je suis réincarnée un jour, je veux être une femme bio et t’aimer, alors que toi, tu seras une trans !Nous éclatons encore de rire.— Bon, je me doutais et j’espérais du fond du cœur que cela finirait ainsi, Emma. J’ai aussi profité un peu de ton inexpérience, je pense. Je peux te confirmer que question mec, tu fais systématiquement les mauvais choix. Entre Paulo et lui, il n’y avait pas photo. Loïc est bien trop « moelleux » pour être un compagnon fiable, même s’il est très beau. Il surjoue en permanence ses sentiments. Ils s’envolent étrangement dès son but atteint pour se transformer en "possession". Je savais que je ne prenais pas beaucoup de risque. Je crois que si tu avais préféré Paulo, je ne t’aurai certainement pas poussée. Il est, il me semble, bien plus franc. Un peu comme Serge.— Salope ! Tu aurais pu me prévenir…— Oui, je suis une peste. Surtout, n’oublie pas de lui envoyer un « sexto ». (Elle éclate encore de rire).— Je le fais immédiatement, Mon cœur.Je saisi mon téléphone et j’expédie très vite un message.— Tu lui as écrit quoi ?— Juste « Nous ferons le bilan très vite tous les deux. Je dois analyser mes ressentis et te dire en face ce que je pense réellement. Bonne journée à toi. »Nous sommes très souriantes et dissipées pour aller courir avec Serge. Ma petite croupe me rappelle un peu ce que j’ai subi ce matin. Après le déjeuner, je fais une proposition à mon adorable femme :— Dis… Aujourd’hui, nous n’avons rien de prévu car notre coach a pris sa semaine. Si nous prenions deux motos pour nous évader et aller manger vers le col de la Faucille où nous sommes déjà allées ? De toutes façons, Marie est avec Oscar et Serge avec Agnès. Nous ne manquerons à personne.— Whaou, ma chérie veut bien piloter ? D’accord ! On sort deux Harley. Ensuite, comme dans la chanson, on ne reconnaît plus personne !Dix minutes plus tard, nous avons rejoint discrètement le garage. Nous portons deux blousons très féminins en cuir usé ainsi que nos deux casques « jet ». Des lunettes profilées, des bottes de motard, des gants de protection et des jeans moulants complètent notre tenue. Un bruit caractéristique envahit vite le long tunnel. Puis nous nous émergeons à l’air libre et suivons nos GPS pour nous diriger : Moto de bikers, dégaine ancienne, mais pas sans la technologie au guidon ! Via l’interphonie, nous nous lançons des tas de « Je t’aime ». À l’heure du repas, nous sommes au col et il est midi trente quand nous trouvons un restaurant qui semble convenir sur l’autre versant, à Lélex. Nous avons craqué pour la même chose, en fait : une fondue aux ceps et au vin jaune. Mi-juin, c’est étrange, mais nous sommes toutes les deux fans. Et nous ne regrettons pas le voyage ! Elle est délicieuse ainsi. Le tout arrosé d’un verre de vin jurassien chacune. À la fin du déjeuner, en nous regardant, nous éclatons toutes les deux d’un rire incontrôlable.— À quoi tu pensais, Emma ?— Au vin jaune, Sonia. Et à ta manière très personnelle de me marquer parfois.— Moi aussi, ma puce.Le fou rire nous reprend. Nous demandons l’addition après une part de tarte aux pommes avec des boules de vanille et de la chantilly. Nous laissons un pourboire de princesses sous le regard médusé de la patronne qui nous encaisse. Puis nous repartons sur nos grosses motos rutilantes et pétaradantes. Nous nous dirigeons vers Bellegarde-sur-Valserine où nous avons prévu de reprendre l’autoroute. C’est délicieux ! En semaine, sur ces routes de montagne, il n’y a presque personne. Nous en profitons pour rouler souvent côte à côte en nous lançant des œillades. Amoureuses folles en balade ! Le retour depuis Bellegarde est plus classique. Au moins jusqu’à Genève. Car ensuite, nous décidons de rester sur la rive française et d’aller dormir à Évian. Après avoir acheté des vêtements dans un magasin de sport, nous appelons à nouveau Maria pour lui dire que nous ne mangerons pas non plus le soir. Nous trouvons un lieu adéquat en pleine ville : Un hôtel restaurant, en finalité pas très cher, qui dispose d’un garage pour nos motos. À peine installées, Zian appelle ma chérie au téléphone. Alors que j’ai envoyé juste avant un message à Loïc pour lui indiquer que nous ne serions pas présentes le soir et que nous parlerions ensemble le lendemain après son travail.— Salut les filles. Alors vous vous sauvez comme des voleuses ?Sonia, qui a mis le haut-parleur, lui répond du tac au tac :— Mais non. Par contre, pour une fois que nous n’avions aucun permis à passer, nous nous sommes évadées en motos. Ce midi, nous avons mangé une des meilleures fondues de notre vie à Lélex. Là, nous sommes à Évian. Tout proche, en fait.— Dans un Hôtel ?— Oui, Zian, le « … », à deux pas du port.— D’accord. Il y a un embarcadère, d’après Serge qui est à côté de moi. Nous pouvons manger ensemble ? Ainsi nous libérerons l’équipe de cuisine ici.— S’il y a de la place, Zian, ce sera avec plaisir.— Oscar s’occupe de réserver. Rendez-vous à 20 h 00, mes chéries.— À tout à l’heure mon petit rentier. Emma à un grand sourire donc elle adore votre idée. Mais ne dis pas à la réception qu’ils hébergent des pouffes !Il rit et il raccroche. À 19 h 45, après un footing improvisé et une bonne douche, nous sommes vers le comptoir pour demander si une table est réservée pour nous. Il nous faut quelques instants avant de réaliser que c’est certainement au nom de Zian ou d’Oscar. L’homme à l’accueil nous répond alors :— Ah oui. Monsieur Oscar XXX. 8 personnes. Pour 20 h 00. C’est vous qui êtes arrivées en moto, mesdemoiselles ?— Oui, Monsieur.— Très belles machines. J’adore.— Merci. Vous pouvez nous conduire à notre table, s’il vous plait ?— Avec plaisir. Suivez-moi.En arrivant dans la salle de restaurant avec vue sur le lac, il nous lâche brusquement pour se précipiter vers la baie vitrée en interpelant un serveur :— Louis ! Regarde l’énorme et luxueux yacht ! Tu penses qu’ils viennent chez nous ?— Sacré bateau ! Oui, le pilote semble vouloir s’amarrer. Tu attendais des bateaux ce soir ?— Un seul. Un collègue de Genève. Mais ce ne peut pas être lui avec un tel monstre. Tu peux aller les aider pour l’amarrage ? Ah non, ils ont vu le ponton et je pense que le capitaine renonce. Ils vont visiblement au port. Avec un tel engin et notre petit débarcadère, c’est plus sûr !Il revient vers nous très vite :— Excusez-moi, mesdemoiselles. J’ai eu peur pour notre ponton. Heureusement, le pilote n’a pas insisté. Et puis, c’était foutu pour vos amis ensuite.— Je crois que c’était eux, monsieur. C’est notre yacht. Nous l’avons reconnu. Enfin celui de la propriété. Donc, ils auront un peu de retard, même si le port n’est pas loin. Rassurez-vous, le pilote est extrêmement expérimenté et est loin d’être un casse-cou. Nous pensions les voir venir avec son bateau personnel d’ailleurs. Il est bien plus petit.— Aujourd’hui, c’est assez venteux. Et les vagues sont mauvaises. Alors c’est votre yacht ?— Pas à nous, mais il fait partie de la flotte de la propriété où nous habitons. Quand ils ont su que nous étions chez vous, ils ont décidé de nous rejoindre un peu précipitamment.— D’accord, mesdemoiselles. Comment nous avez-vous choisis ?— Nous ? Complètement par hasard et pour la beauté du site. Nous avons roulé en moto toute la journée. Nous avons vu vos prix et cela nous a semblé raisonnable. Pourquoi ? Vous ne voulez pas de nous ?— Au contraire. Nous sommes enchantés. En général, les gens très riches choisissent des hôtels mieux côtés. Vous êtes riveraines du lac ?— Oui, mais côté Suisse. Le domaine des cœurs liés.— C’est magnifique ! Tout le monde connait cette propriété. Vous avez de la chance d’être invitées. Ceci dit, le bruit court que les nouveaux propriétaires sont très sympathiques.— Ouf. C’est gentil ! Cette propriété est à notre ami Zian, qui arrive, et à nous deux. Nous nous sommes installés il y a quelques mois tous les trois. En fait, toutes les deux, nous avons été trop occupées pour nous présenter. Le « sympathique » s’adresse donc certainement à notre ami Zian. Au fait, ne vous offusquez pas, mais c’est le genre à tutoyer tout le monde. C’est un sacré personnage et il a un cœur en or. Les voilà d’ailleurs.Nous nous levons pour aller tous les embrasser. Il y a Serge, Zian, Isabelle, Marie, Oscar et Agnès.— Alors, mes deux voisines, vous nous laissez en plan ? Il est loin le temps où je frappais chez vous le soir et où j’étais certain de vous trouver là.— Nous avions besoin d’un bol d’air frais, Zian. Pour une fois que Serge ne nous persécute pas en nous mettant en situation d’urgence ! Au fait, cher instructeur, bravo pour ta manœuvre d’approche. Le propriétaire a eu peur que tu cherches à t’amarrer à son petit ponton et que tu l’emportes. Quand Zian m’a dit que tu étais à côté de lui au téléphone, nous pensions plutôt vous voir arriver avec ton bateau.— Pfff, les moqueuses ! Qui m’a offert un nouveau moteur pour mon petit bijou ? Il est en cale sèche ! Les autres bateaux étaient trop petits avec le vent de ce soir. Restait donc le yacht.— Désolées pour le moteur… Nous ne pensions pas que tu avais commencé.— Désolées de m’avoir fait un merveilleux cadeau ? Je suis en congé toute la semaine. Je n’assure que les footings. Finalement, avec votre présent, vous m’avez même poussé à prendre des vacances. Heureusement que je les ai prises, car il me tombe beaucoup de choses merveilleuses sur la tête en peu de temps.C’est Agnès qui enchaine :— Il n’osera pas vous le dire, mes chéries, mais je crois que l’on est tombé un peu, voir même beaucoup, amoureux avec Serge. Il a même réussi à me faire faire une activité « moteur » aujourd’hui : c’est un homme surprenant.— Alors félicitations à vous deux ! Nous sommes super contentes. Surprenant, mais aussi adorable Agnès. Sans lui, nous ne serions pas en moto ici ce soir.— Si ce matin vous m’aviez dit que vous partiez en moto, nous serions venus, Agnès et moi. Ceci dit, vous étiez un peu tête en l’air pendant le footing.— Désolées, Serge, mais nous ne savions pas encore que nous partirions en deux roues. Activité de dernière minute. Et nous ne regrettons pas. À midi, nous avons mangé une délicieuse fondue. Et c’est notre péché mignon.En finalité, nous déjeunons très agréablement avec une vue magnifique sur le lac la nuit. Quand ils sont sur le départ, Zian est copain avec le patron et tous ceux qui font le service. Serge nous demande quand nous comptons quitter l’hôtel. Sonia lui répond que nous décollerons certainement vers 10 h 00 le lendemain et que nous reviendrons par l’Est du lac.— Si vous le désirez, nous pouvons vous rejoindre, Agnès et moi, à l’est du lac, vers Villeneuve. Nous pourrons manger ensemble à midi dans ce coin ?— Serge, tu sais bien que ce sera toujours un plaisir de te retrouver. Tu emmènes Agnès en moto ?— Oui. J’en ai très envie. Mais je ne voudrais pas l’inquiéter en étant trop exclusif avec elle. C’est pourquoi cela m’arrangerait beaucoup que nous déjeunions ensemble. Sinon, je vais la rendre folle avec mon bateau. Cette escapade serait la bienvenue, si je savais comment la décider.— Nous t’adorons, Serge. Particulièrement quand tu pars en rase campagne pour nous demander un truc tout simple. En fait… Si je comprends bien, tu veux que nous allions en parler tout de suite à ta nouvelle chérie ?— Euh… En fait, oui, c’est exactement cela. Si vous pouviez lui dire que cela vous ferait plaisir.Nous allons donc rejoindre Agnès qui patiente vers la sortie pour lui proposer de nous rejoindre le lendemain avec Serge.— Vous pensez qu’il voudra abandonner son bateau ? J’en doute.— Fais-nous confiance. Tu es d’accord, toi ? Pour une balade en moto ?— Oui, Sonia. Mais dites-lui bien que cela vient de vous. Je ne voudrais pas qu’il croit que je méprise son travail sur son bijou et que je veux l’accaparer sans cesse.— D’accord. On fait comme cela. Serge ? Tu peux nous rejoindre demain avec Agnès en moto à l’est du lac ? Cela nous ferait tellement plaisir !— Si Agnès est d’accord, avec plaisir, les filles. Agnès ? Cela ne te dérange pas trop ?— Non, cela me va très bien, Serge.Nous rions encore dans notre barbe en les voyant s’éloigner tous les deux. L’art de se compliquer la vie. Ils ont envie tous les deux de la même chose, mais aucun ne veut l’avouer à l’autre. Dix minutes plus tard, le gros bateau passe devant les baies vitrées. Nous avons repris un café au calme toutes les deux. Serge a fait un détour pour nous faire un petit coucou et nous apprécions. Maintenant, nous ne nous étonnons plus de le voir accélérer franchement dès que les bouées côtières sont dépassées. Nous nous retrouvons ensuite très vite dans notre chambre où nous faisons tout simplement… L’amour : enfin un plaisir intense ! Je suis tellement en manque depuis deux jours !Le lendemain, nous débriefons encore toutes les deux sur la relation avec Loïc.— Tu vois, Emma, c’est encore raté. Il faut croire que nous attirons ce genre de type. Le début était plutôt bon et j’avoue avoir énormément apprécié qu’il te séduise. C’est tellement bien par instant de te voir lâcher prise avec une autre personne que moi. En fait, Agnès a raison : le mec idéal, au moins dans ses attitudes à la ville, c’est un type comme Serge. Constant et gentil. Il nous a torturées parfois, mais pas pour lui. Juste pour que nous progressions afin de combler nos lacunes. Ceci dit, au lit, c’est peut-être comme les autres : tu leur donnes un doigt et ils te bouffent le bras et les deux jambes…— Tu as bien résumé, ma chérie. En fait, cette expérience m’a permis de mieux cerner mes plaisirs et ce qui vient les perturber. Le faire uniquement avec toi ne me pose vraiment aucun problème. Bien au contraire. Pour moi, tu es une Déesse, pure, aimante, gentille, adorable. Je n’ai jamais eu aucune déception, seule avec toi… Il est maintenant 7 h 30. Nous allons courir le long du lac, ma puce adorée ? Puis une bonne douche et un petit déjeuner copieux ?— Programme accepté. En tenue louloute. Et pour Loïc alors ?— Pour moi, je ne peux lui proposer que mon amitié. S’il la refuse, alors je gèrerai, en lui disant que c’est à prendre ou à laisser. Par contre, Sonia, je ne t’oblige à rien.— Espèce de bécasse. Je serais toujours solidaire de toi, ma belle Princesse.Nous ne retrouvons notre chambre qu’à 09 h 00, épuisées et heureuses. Nous savonnant mutuellement avec grand plaisir. La suite va très vite. Nous fourrons nos affaires de jogging et nos dessous déjà portés dans le petit sac à dos que nous avons acheté au même endroit que nos tenues de sport la veille, nous enfilons de nouveaux sous-vêtements tout neufs, nos jeans moulants et nos chemisettes de la veille. Je mets le sac sur une de mes épaules et nous descendons vite déjeuner, nos blousons en cuir à la main. Il est 09 h 35 et il ne faut pas que nous démarrions après 10 h 00.L’homme affolé hier par le gros yacht est toujours là pour nous accueillir, tout sourire. En nous guidant vers notre table, il alimente la conversation :— Superbes, terriblement belles, riches, sportives et absolument pas prétentieuses ! Vous cumulez tous les dons, mesdemoiselles.— Merci, Monsieur. Cela compense un peu nos gros défauts !— Des défauts ? Je serais curieux de savoir lesquelles.— Horriblement lesbiennes ainsi que totalement et éperdument amoureuses l’une de l’autre.— Le côté « Lesbiennes » ne m’avait vraiment pas échappé. Même si vous essayez d’être discrètes, vos lèvres se rejoignent très souvent presque machinalement. Pour moi, c’est aussi une immense qualité.— Vraiment ?— C’est évident. Si vous ne l’étiez pas, vous passeriez tout votre temps à éconduire les hommes, forcément pas assez bien pour vous. Moi, je peux toujours me dire que si vous ne me lancez pas des œillades, c’est juste parce que vous aimez les femmes. Étrangement, cela me rassure !Nous rions tous les trois de son analyse. Même si cela me rappelle le raisonnement de Bachar, à une autre époque de ma vie, vis-à-vis de Sonia.— Voilà, j’espère que vous avez tout ce qu’il vous faut sur la table. S’il vous manque quoi que ce soit, vous m’appelez. Je reste à proximité.— C’est parfait. Du chocolat au lait chaud et des viennoiseries. Le reste, vous pouvez tout emporter. Et préparez notre note. Il est 09 h 40 et nous devons partir avant 10 h 00.— Alors déjeunez tranquillement. La note est déjà réglée par votre ami Zian. Il m’a dit compter sur mon honnêteté pour que je vous dise que le pourboire est également payé.— Quel salaud ce Zian. La prochaine fois, qu’il ne compte pas sur nous pour savoir où nous sommes !Sonia fouille maintenant dans le sac à dos.— Voilà pour vous nos deux bracelets de course pour essuyer nos fronts en sueur le matin. C’est terriblement prétentieux, car cela ne coûte presque rien, mais c’est pour vous faire oublier les œillades que nous ne vous avons pas faites.Il rit de bonheur en nous disant :— Vous pouvez tenir chacune le vôtre, pendant que je vous prends en photo ?— Avec plaisir, Monsieur.Il prend le cliché alors que nous sourions encore de toutes nos dents avec nos petits tissus éponge au poignet.— Super ! Maintenant, je les reprends. Je ferais mettre sous verre la photo et les deux bracelets. Je suis certain que les hommes d’affaire me deviendront fidèles juste dans l’espoir de vous apercevoir un jour.Nous rions encore de bon cœur. À dix heures précises, nous allons lui faire la bise avant de foncer vers l’espace Garage. Le temps de nous équiper et les deux moteurs des deux énormes motos ne tardent pas à pétarader gravement. L’homme est encore là à la sortie du garage pour nous faire un petit signe, son portable à la main.À 11 h 30, nous retrouvons Serge et Agnès, juchés eux aussi sur une Harley, au lieu de rendez-vous. Nous nous faisons la bise avec pleins de sourires et Serge attaque :— Toute la collection de la marque est sortie aujourd’hui, les filles. Nous ne voulions pas dépareiller. Agnès adore en finalité. Vous savez que c’est la première fois pour elle ?— Je confirme, mes chéries. J’aime la sensation et oui, c’est ma première fois. Serge est hyper doux avec la moto.— Belle Agnès, je ne peux qu’être doux avec ce genre de moto. Cela va avec le style biker. Si un jour tu veux avoir des sensations fortes, je prendrais la VMAX ou une sportive.— Mon beau Serge, cette moto, en tant que passagère, me convient tout à fait.Après cet échange, nous convenons de chercher un petit endroit charmant où manger, et nous le trouvons au pied d’un beau château à quelques kilomètres de là. Échaudée par Zian, Sonia fonce dès la commande passée vers le comptoir sous prétexte d’une envie pressante et revient en me murmurant que tout est en ordre. En début d’après-midi, après avoir essuyé une tempête quand nos deux amis ont compris que tout était déjà réglé, nous visitons le château ouvert au public avant de prendre la route du retour. Comme habituellement avec Serge, il ne rate aucun endroit typique à nous faire découvrir le long du chemin.Nous arrivons à 18 h 00, enchantées de notre escapade de deux jours. L’entrevue ensuite chez nous avec Loïc est plus délicate. Il a bien compris que cela ne nous convenait pas, mais il a plus de mal à accepter de ne pas avoir une seconde chance de partager notre intimité. Sonia est très ferme. Pour une idylle toute neuve, les secondes chances ressemblent souvent à un pansement sur une jambe de bois. Elle prend bien garde d’éviter de tomber dans le registre « faute » en disant juste que nous ne sommes pas compatibles tous les trois. Ce qui est la stricte vérité. Loïc a peut-être tout ce qui faut pour rendre une femme heureuse. Mais ce ne sera pas moi et encore moins ma chérie enceinte. Sonia lui explique cela longuement. Avant de conclure par un :— Autre chose. Loïc, nous comptons sur toi pour garder une discrétion absolue sur notre vie privée.— Et pourquoi je ferais cela alors que je n’ai même pas droit à une autre chance ?— Pour des tas de raisons. Mais la principale est que nous te le demandons et que c’était un de mes préalables. Les autres pourraient te paraitre menaçantes. Bien que réalistes.— Perdre mon emploi ? Visiblement, vous ne faites pas d’enquête sur ceux que vous recrutez.C’est encore Sonia qui lui répond :— Pourquoi le ferait-on ? Pour nous comptent uniquement la motivation, la qualité du travail, la satisfaction du traitement perçu ainsi que la discrétion. Qu’un employé soit heureux de la vie qu’il mène ici. De plus, Jacques possède également tous les antécédents judiciaires éventuels. — Je ne viens ici que pour mon argent de poche. Mes parents sont riches, très riches, et la menace sur mon job serait ridicule.— Premièrement, nous n’avons émis pour notre part aucune menace. Ton job ne rentre pas en ligne de compte. Même s’il est certain que tu le perdras si tu fais preuve de manque de discrétion. Non, en fait, je pense que tu t’exposerais à des soucis bien plus grands que cela. Et nous n’aurons alors absolument aucune prise sur ce qui pourrait t’arriver.— Vous pensez en plus me faire peur ?— Nous pensions juste te conserver comme ami. Nous ignorions que tu es du style « fils à papa » et que tu t’en vantes. Cela nous rassure tout de même. Notre décision de dire stop à ce début de relation privée nous semble encore plus judicieuse. Comment avons-nous pu être aussi aveugles ? Voilà encore une bonne leçon. Maintenant, sort immédiatement de chez nous. J’ai été bien trop patiente avec toi.C’est moi qui continue et je suis maintenant furieuse, contrairement à ma chérie qui se contenait :— Moi aussi, j’ai été bien trop gentille, ma chérie. Quel idiot tu fais, Loïc. Totalement dépourvu d’empathie. Totalement incapable de prendre en compte l’état des personnes avec qui tu discutes. Va claironner ce que tu veux sur qui tu veux. Peu m’importe. Mais moi, je te vire tout de suite ! Moi, tu le comprends bien ? Je ne veux plus te voir avec ton air faussement gentil et tes faux « je t’aime ». Va donc demander à Papa et à Maman de te soutenir. Tu as jusqu’à demain à 08 h 00 pour récupérer tes affaires et sortir de cette propriété. J’appelle Jacques pour lui demander que ton badge soit immédiatement désactivé, sauf pour accéder à ta chambre à l’annexe et pour sortir de la propriété. Je pensais devoir dire que j’étais triste que cette relation prenne fin. Mais non, je suis juste désolée de ne pas t’avoir viré il y a quelques mois. S’il faut payer des indemnités pour ton licenciement, je le ferais. Je ne supporte plus que tu hausses le ton avec la femme de ma vie, enceinte de plus.Je m’avance maintenant menaçante vers lui en disant calmement, mais fermement :— Oust ! Dehors, petit idiot. Et inutile également de te dire que, bien que ce ne soit pas dans mes habitudes, je lance une enquête sur toi. Celle que tu souhaites tant. Je n’aurai même rien à payer. Un de nos amis sera très heureux de nous aider.— Mais ! Nous n’avons pas fini de parler. Nous pouvons parler tout de même. Je n’en resterais pas là !— Non, nous ne pouvons plus parler ton nouveau langage plein de sous-entendus et à la limite du chantage. Quelle idiote j’ai été ! Nous ne nous reverrons jamais. Adieu.Et je lui claque la porte au nez avant de foncer vers Sonia afin de la prendre tendrement dans mes bras et de lui demander comment elle va. Je suis très surpris, car elle part dans un fou rire en me répondant :— Merveilleusement bien, mon Emma adorée. Je ne connaissais pas encore ton côté « Tigresse en colère ». Tu aurais vu tes yeux quand tu as avancé sur lui ! Ils lançaient des éclairs. Je suis hyper fière de toi, ma chérie.— Merci, Mon cœur. Quel mec stupide. Il aurait voulu nous faire chanter qu’il n’aurait pas utilisé d’autres mots. Qu’il dise ce qu’il veut de moi, je m’en moque. Mais qu’il ose te menacer alors que tu es enceinte, ce fils à papa, cela dépasse les bornes. Vraiment, je suis trop conne avec mes évaluations de dimanche soir : il est triste à faire pitié. Bon, je vais appeler Jacques et prévenir Zian également. Je vais aussi appeler ce cher monsieur du gouvernement afin de lui indiquer qu’un de ses concitoyens menace notre tranquillité et lui demander qu’il diligente une enquête sur lui.— Whaou. Tu m’impressionnes, ma magnifique femme. En attendant, vient un peu me faire quelques baisers : je suis en manque. Je pense que tu n’auras pas à faire tout cela. Poussé dans ses retranchements, j’ai analysé son caractère. Je peux même te dire ce qu’il fait probablement actuellement.— Quoi à ton avis ?— Il appelle de son portable en pleurnichant son responsable Serge et il est en route vers la porte de Zian et d’Isabelle. Il est tellement prétentieux qu’il a dévoilé son jeu et je pense qu’il va confondre le tutoiement de Zian avec une faiblesse qui lui permettra de lui faire croire n’importe quoi. Qu’il suffira avec lui de reprendre sa composition de gentil bout en train pour nous dévaloriser.— Et nous ? On ne prévient personne ?— Surtout pas, ma princesse. Je suis bien trop curieuse de connaitre la suite. Dans cinq minutes, je pense que Serge va débarquer ici… Pour ce qui est de Zian, le connaissant, cela va barder. Dans l’état où est le fils de Papa, je donne vingt minutes à notre ami pour le démasquer, tout apprendre de lui et de ses fameux parents et prendre des mesures intransigeantes. Pire, c’est lui qui l’a reçu le premier jour. Cela va le rendre encore plus furieux, je pense. Ne t’en fait surtout pas pour moi, ma superbe blonde chérie. Je n’ai ni haine en moi, ni inquiétude. Au contraire, je suis juste morte d’impatience.La première prédiction de ma puce se réalise. Quelques instants plus tard, on sonne à notre porte, côté couloir cette fois. C’est Serge : il a l’air bouleversé et dès que je lui ouvre, il m’embrasse rapidement avant de se précipiter vers Sonia pour la prendre dans ses bras tout en demandant :— Comment vas-tu, pauvre petite femme ? J’ai eu une peur bleue, mais tu sembles plutôt rayonnante. Je viens de raccrocher avec Loïc au téléphone. Il m’a dit qu’il sortait de chez vous et que vous alliez lui payer vos impertinences de fausses richardes. Que le vrai patron, le seul vraiment riche de la demeure, il a nommé Zian, allait vous faire la leçon suite à la visite qu’il allait lui rendre. J’aurais dû agir bien avant vis-à-vis de lui, mais en discutant avec Paulo, ce dernier me disait sans cesse que tant qu’il jouait à l’amuseur public, cela complétait bien notre duo. Surtout que Loïc a quelques compétences sportives tout de même, malgré son côté dissimulé de « fils de ».— Rassure-toi, Serge, je vais très bien. De plus, je viens de gagner mon pari avec Emma. Que tu serais ici sous peu et que Loïc irait droit chez Zian. Pour parler « entre riches » qui se tutoient. Au fait, tu aurais dû voir ma belle Emma comme elle l’a mise à la porte de chez nous. C’est d’elle que je vais avoir peur maintenant. Une vraie Tigresse ! Et crois-moi, elle est encore mille fois plus belle quand elle est dans une colère noire. C’est elle que j’ai dû calmer. Déjà prête à appeler Jacques et notre contact au gouvernement. Pas en colère de ce qu’il a dit à son sujet, mais de la manière incorrecte qu’il a eue de se tenir avec moi.Serge reprend le sourire en me regardant.— Félicitations, ma petite Émotive. J’en étais certain pour ma part. Dans les situations tendues, je sais maintenant que tu peux être aussi excellente que terrible. Heureusement que c’est un couard, sinon tu lui aurais déboité l’épaule, à lui aussi !Cette fois, c’est moi qui suis morte de rire.— Mais que s’est-il passé ?— Là, c’est toi qui ne vas pas être fière de nous chers Serge. À la soirée dansante de dimanche soir, nous nous sommes rapprochées de lui. Il a été tellement charmant et adorable, jurant à Emma qu’il savait enfin ce qu’était le grand amour, qu’il a fini quand notre lit pour une nuit « Pyjama ». Et arrête de sourire comme ça, Serge. En finalité, Emma lui a dit son secret, il a juré haut et fort que cela ne changeait rien pour lui et qu’il l’aimait encore plus. Ils ont « sexé » le matin. Et ils ont remis cela le mardi matin avec ma bénédiction. Mais après son départ, nous nous sommes dit simultanément que cela ne répondait pas du tout à nos attentes. D’où le footing où nous paraissions « absentes ». Au retour, nous sommes parties en moto. Nous lui avons indiqué que nous en parlerions ensemble de vive voix dès notre retour car cela nous semblait correct. C’est donc ce que nous avons fait. Lui proposant sincèrement notre amitié et lui demandant de ne rien dire de ce bref intermède. Notamment sur les particularités d’Emma. C’est là qu’il a commencé à dérailler avec moi en me demandant pourquoi il ferait cela. Je lui ai dit qu’il le ferait juste parce que nous lui demandions. Que ce serait mieux pour nous trois, y compris pour lui. Là, il nous a répondu qu’il venait juste pour son argent de poche ici, que ses parents sont riches. Que nous ne lui ferions pas peur… Que nous aurions mieux fait de faire réaliser des enquêtes sur les personnes qui sont employées, etc. En finalité, plus la discussion avançait, plus je ressentais une tentative de chantage malsaine. J’en suis resté bouche bée. Ensuite, c’est Emma qui a repris la discussion. Crois-moi, le ton a changé. Non seulement elle l’a chassé comme un malpropre, mais de plus elle lui a signifié que dès demain à 08 h 00 il devrait avoir libéré son logement et quitté les lieux. Qu’il pouvait bien aller colporter des ragots à la terre entière s’il le voulait. Enfin, qu’elle ne se priverait pas de lancer une enquête sur lui. Il lui a balbutié que la discussion n’était pas encore finie, mais elle lui a claqué la porte au nez pour revenir s’occuper de moi. Miam ! Voilà. Dès qu’elle a été rassurée sur mon état, car en fait, depuis son intervention, je m’amusais beaucoup, elle a voulu prévenir Jacques et appeler notre contact. Mais je l’ai dissuadée de le faire.— J’étais plongée dans les conseils de Serge, moi, ma chérie : Calme, Analyse, Fermeté et Action !Il rit de ma remarque.— Puis tu es arrivé comme prévu, Serge. Et je voudrais bien être petite souris pour assister à la discussion avec Zian. S’il y a bien deux hommes ici en qui j’ai une confiance absolue, c’est en lui et en toi.— Oui, Sonia. Je pense que cela va mal se passer. Il y a Jacques, également. Nous nous sommes répartis les rôles quand je l’ai informé. Moi ici pour prendre soin de toi. Et lui chez Zian, car il y aurait certainement un problème de personnel à gérer.— Tu viens prendre soin de ma chérie ? Moi, je compte pour du beurre alors ?— Pauvre petite Emma. Toi, depuis que tu as passé le permis de conduire Auto, je ne me fais aucun souci. Je t’admire juste. Alors oui, j’avoue, belle princesse. J’ai pensé « Sonia » et tout de suite après, je me suis dit : « J’espère qu’Emma est avec elle », pour me rassurer.— Pff… Voilà ! Dès que je ne pleurniche plus, on m’oublie ! Plus sérieusement, Serge, c’est un beau compliment venant de ta part. Surtout que c’est moi qui dansais avec Loïc dimanche soir et moi qui ai fait des bêtises. Donc, je suis bonne pour l’émission « Faites entrer l’accusée ! ».Il rit en répondant :— S’ils te coupent la tête, moi, je veux la récupérer ! Les fesses aussi d’ailleurs. En attendant, c’est l’heure d’aller dîner, demoiselles. Maintenant que je suis rassuré pour Sonia, j’ai hâte de savoir comment s’est passé l’entretien.— Nous aussi, Serge.— Alors en piste. Sonia doit manger pour deux.Lorsque nous arrivons à table, il n’y a que nos invités et Isabelle. C’est elle qui nous déclare :— Mon chéri est retenu par une affaire de fou. Il aura un peu de retard. J’ai juste aperçu Loïc. Ce dernier pleurait comme une madeleine. Il s’est blessé au travail ?Serge reprend immédiatement la parole :— Non, rassure-toi, Isabelle. Il a juste dû se faire virer, je pense. Mais rien de grave. Depuis le temps qu’il nous disait en privé ne venir que pour son argent de poche, il est exhaussé. Et puis, il était déjà au chômage avant de rencontrer ton mari. Tout cela arrive en fait parce que je n’ai pas respecté les consignes d’Emma : j’ai bien constaté, j’ai bien analysé, mais j’ai oublié le côté « action » cette fois. La belle blonde a comblé mes manques.Je ne peux m’empêcher de lui donner un tout petit coup de poing dans l’épaule. Ce qui le fait rire et fait réagir Agnès :— Emma, ne casse surtout pas mon nouveau chéri ! Pour une fois que je trouve un homme bien ! Et puis il ne m’a pas encore tout appris sur les moteurs.Serge embrasse immédiatement Agnès en lui répondant :— Il vaudrait mieux pour toi qu’elle me casse, car sinon, tu n’échapperas pas au permis moto, ma chérie.Nous finissons de manger une merveilleuse entrée à la mode de Maria quand Zian arrive :— Désolé, les amis, je réglais une petite affaire désagréable et urgente. Mais c’est bouclé provisoirement. Serge, navré, mais tu vas devoir te chercher un nouvel adjoint. Loïc est dans la voiture de ses parents qui le ramène chez eux. Je pense qu’il n’est pas prêt d’en sortir avec les déclarations signées qu’il a faites chez moi. Ses parents vous supplient, les filles, de ne pas déposer plainte. Je leur ai dit que je ne pouvais m’engager que pour moi, mais que nous étions trois propriétaires. Dis-donc Serge, il cachait bien son jeu, ton blondinet d’adjoint. Dire que je l’ai reçu au départ et que je n’ai rien détecté. Au contraire, je le trouvais tellement sympathique… Je lui ai fait faire une déclaration par écrit, car j’étais tellement surpris de ce qu’il me baragouinait que je lui ai demandé de bien vouloir tout noter et de signer, s’il voulait que je prenne des mesures. Il a raconté des horreurs sur vous deux et sur une certaine Paula « … » qui travaillait ici avant.— Paula, Zian ?— Oui, c’est ce qu’il a écrit, Serge. Avec ce qu’il a signé, c’est cette femme-là qui devrait porter plainte pour viol avec la certitude de gagner.— Zian, Paula m’a donné sa lettre de démission l’an dernier du temps des anciens propriétaires en me disant qu’elle n’avait pas le choix. C’était certainement ma meilleure adjointe. Hyper motivée, issue d’une famille pauvre frontalière. Jamais je n’ai été plus surpris. J’ai eu beau insister, lui faire la promesse que j’allais agir auprès de Jacques pour lui obtenir une augmentation, elle m’a tristement dit que c’était irrévocable et que cela n’avait rien à voir avec son salaire. Tu as vraiment des déclarations de sa part la concernant ?— Oui. Il était tout fier d’avoir utilisé « un droit de cuissage » des riches sur les pauvres avec elle. Ainsi que de l’avoir fait chanter ensuite à l’aide d’une photo. J’étais tellement estomaqué que je lui ai demandé l’air de rien de m’envoyer cette photo, vu qu’on était « entre riches », comme il me l’affirmait juste avant. J’ai prévu de retrouver cette femme et d’aller la visiter avec ma chérie le plus vite possible. Cette affaire demande une suite à elle seule.— Je suis toujours en contact avec elle, Zian. J’ai son téléphone et son adresse. Elle vit chez ses parents et enchaine les petits boulots. Je suis le pire des idiots, car plusieurs fois, je lui ai offert de revenir ici en lui disant que rien n’avait changé et qu’elle aurait sa place. Ce qui semblait l’affoler à chaque fois.— Bien, Serge. Tu me donneras tout cela. Quand les parents de Loïc, qui n’habitent pas très loin, ont lu mon e-mail et les confessions signées de leur fils, cela a été l’affolement général chez eux. Les chiens ne font pas des chats. Tout de suite, ils m’ont demandé quel montant serait nécessaire pour étouffer l’affaire. Je leur ai dit que moi, je ne ferais rien et certainement pas pour des raisons financières. Mais que les autres impliquées risquaient de réagir. Que leur fils mettait en scène dans ses délires deux femmes milliardaires en lien avec le gouvernement Suisse. Gouvernement pour lequel eux-mêmes travaillent, à ce qu’ils m’ont dit. Ils m’ont alors demandé s’ils pouvaient récupérer leur fils. Ce à quoi j’ai répondu qu’il leur faudrait signer un engagement sur l’honneur de ne pas l’aider à fuir à l’étranger. Voilà. L’engagement est signé également, le sale type est parti et moi, j’ai téléphoné à mon pote Alain. Pour une fois, il semblait content que je l’appelle pour un service et pas pour lui demander de ne plus régler nos factures. Je viens de raccrocher avec lui. Lui aussi a une copie partielle du document signé. Celle du viol. Pas le passage qui concerne Emma. Je suppose que vous ne voulez pas porter plainte ?— Tu supposes bien, Zian. Il ne nous a pas violées. Il a juste trahi notre confiance en lui et je pense qu’il n’est pas près d’oublier à quoi ressemble une Emma en colère.Zian éclate de rire.— Tu ne sais pas la meilleure, Sonia ? C’est qu’après avoir écrit en plusieurs parties le récit de ses tristes aventures, il m’a dit ne pas en vouloir à Emma, qu’il avait rencontré le grand amour et qu’il déchirerait tout si elle acceptait de le reprendre et de l’aimer autant qu’il l’aimait. Il lui a même écrit un mot d’amour qu’il m’a chargé de lui remettre. Ajoutant qu’il se moquait que ce ne soit qu’une fausse fille de la plèbe. Je me suis empressé de tout scanner et de mettre les feuillets au coffre : il ne manquerait plus qu’il les déchire ! C’est après que les choses se sont gâtées brusquement pour lui. J’ai téléphoné à notre avocat de Genève en laissant le haut-parleur. J’ai résumé, sans les noms, ses déclarations et je lui ai demandé conseil. Combien risquaient ces sales filles ? Là, ce dernier a explosé. Il m’a répondu en colère :— J’espère que tu ne te moques pas de moi, Zian ! Et surtout que ce n’est pas toi qui as signé de tels aveux. Cela pourrait aller jusqu’à la perpétuité pour toi ! Viol et chantage ! Seul un fou pourrait avouer de telles horreurs.— Non, ce n’est pas moi. Mais une personne que j’ai dans mon bureau. Je ne comprends pas, car il a écrit à la fin de chaque confession avant de signer qu’il est sain de corps et d’esprit et que cela correspond à la stricte vérité.— J’espère que ce n’est pas un ami à toi. Je suis spécialiste en brevets, mais pénalement, il n’a aucune chance de s’en sortir. Je n’aimerais pas avoir à le défendre.— Non, ce n’est pas un ami. Mais la demoiselle citée dans sa déclaration va le devenir. Quant aux deux autres, je les connais. C’est moins grave. Sauf qu’il les dénigre et les trahit ouvertement. C’est étrange, il devient tout pâle. Bien, je te laisse, mon ami. Je vois que suite à mon e-mail, ses parents m’appellent. Bonne soirée à toi. Et merci.Voilà, vous savez tout ou presque. Tu sais que j’étais mort de trouille pour toi, ma belle Sonia. Heureusement que Jacques m’a rassuré. En me disant que tu avais certainement Emma et Serge avec toi. Je t’adore, Princesse. Et toi, Isabelle, je t’aime !Isa rit en lui répondant :— Tu as ma permission pour ces deux-là car moi aussi je les adore. Sauf que pour moi, Sonia est la forte et Emma celle que l’on doit protéger.— Isabelle, j’ai vu une Emma en colère contre ce type et je peux te promettre que ton Zian chéri a raison. Ce n’est pas moi la plus forte. Je suis juste hyper bonne en mathématiques et en analyses. Mais en action, absolument pas ! Je ne lui arrive pas à la cheville. En attendant, je suis vannée et je l’emmène au lit. Promis, Zian, plus de bêtise. Et merci à Jacques et à toi. Serge, cela te dit demain une balade en moto avec Emma et Agnès jusque chez cette Paula ? Trois femmes et un homme en qui elle a confiance ne devraient pas l’effrayer. Comme dirait ma chérie, le temps est à l’action. Zian, pour ce côté-là de l’affaire, nous nous en chargerons. Tu pourras nous transmettre la déclaration signée ?— Merci Sonia. Oui, je te l’envoie par mail.Et vous deux, Serge et Agnès. D’accord pour nous accompagner ?— Oui car tu as parfaitement raison. Je me dois d’être présent. Départ demain à 08 h 15. Malgré tout, vous n’échappez pas au footing pour autant. Ainsi qu’Agnès. Même si elle ne veut pas venir ensuite.— Pff ! Si les hommes riches peuvent tout se permettre, les femmes riches sont exploitées ! Pas question que je rate la suite, mon chéri ! Contrairement à ce que tu pourrais croire, je suis plutôt une femme forte. Et cette affaire m’intéresse aussi. Pauvre jeune femme. Quand je me mets à sa place, je suis révoltée.Le lendemain, à l’heure dite, nous sommes tous en selle en direction de Gex. Nous commençons à connaitre la route. Car nous y sommes passées au début de notre escapade lundi. Nous stoppons nos motos devant une toute petite maison qui aurait bien besoin d’un ravalement de façade. Serge va sonner. Une dame, très droite et d’un âge mur, ouvre la porte en déclarant :— Bonjour. Je ne sais pas ce que vous vendez, mais nous n’avons besoin de rien.— Bonjour, Madame. Nous ne vendons rien. Je suis Serge XXX, l’ancien encadrant de votre fille. Voilà Agnès, ma compagne et nos deux nouvelles patronnes, Sonia et Emma. Nous aimerions rencontrer Paula si elle est chez vous ?— Oui, mais elle va bientôt partir pour un cours de gym collectif à la Maison de retraite pour veuves. D’accord pour qu’elle rencontre les dames, Monsieur. Mais pas vous. J’ai une confiance limitée dans les motards.— C’est parfait comme cela, Madame. Vous trois, je vous charge de l’assurer de tout mon soutien. La maison de retraite voisine, vous dites ? Ils acceptent les hommes ? Je suis diplômé et je vais la remplacer afin qu’elle puisse échanger tranquillement. C’est important, Madame.— Je pense qu’ils acceptent les hommes comme professeurs de sport. C’est l’agence d’intérim XXX qui lui a donné cette mission. Elle ne veut travailler qu’auprès des femmes depuis son retour. Vous verrez, c’est fléché au bout de la rue. Vous trois, vous pouvez entrer. Paula se préparait. Je l’appelle.Nous suivons la dame dans la maison, non sans voir à l’étage un rideau bouger. J’espère qu’elle va accepter le dialogue…— Paula ? Tu pourrais descendre un moment ?— Je vais être en retard, maman.— Il parait que c’est important et un nommé Serge va te remplacer.— Toujours aussi serviable, mon ancien chef. Je l’ai vu. J’arrive.Quand Paula descend les escaliers, nous sommes toutes les trois clouées sur place : elle est aussi belle que Sonia, mais en rousse. Toute délicate et visiblement secouée. Aucun doute, c’est une « superbe plante ». Je hais encore plus intensément Loïc quand je la vois. Mais ma chérie passe déjà à l’action :— Bonjour, mademoiselle Paula. Je me présente : Je m’appelle Sonia. Avec Emma qui est ici, nous sommes deux des trois nouveaux propriétaires des cœurs liés. Agnès est une excellente amie.Les premières paroles de Paula nous surprennent :— Bonjour. Vous avez toujours les chevaux aux cœurs liés ? Ils me manquent.— Nous n’avons pas connaissance de chevaux, Paula. Mais nous demanderons à Serge. Madame, pouvez-vous nous laisser seules avec votre fille ? Cela serait mieux.— Vous semblez être respectables et honnêtes. Je vous laisse.Quand la femme est sortie, Sonia entre directement dans le vif du sujet :— Paula, nous avons eu maille à partir dernièrement avec un de vos anciens collègues. Je ne vous dirais même pas son prénom. Nous sommes certaines que vous le devinerez. Suite à ce différend, c’est le troisième propriétaire, monsieur Zian « … » qui l’a reçu en faisant semblant d’être de son côté. Cet homme a fini par mettre par écrit ses aventures, notamment avec nous. En se vantant, il a aussi fait une autre déclaration signée vous concernant. « Entre riches », comme cet infect individu l’a confié à notre ami. Il reconnaît clairement dans cette confession avoir abusé de vous et vous avoir fait chanter avec une photo. D’après notre avocat, après ses aveux, cet homme est passible de longues années de prison. Il a bien entendu été licencié sur le champ. Renvoyé avec perte et fracas chez papa et maman qui ont dû nous signer un engagement sur l’honneur qu’ils ne l’aideraient pas à fuir à l’étranger. Nous sommes toutes les trois révoltées par ce qui vous est arrivé dans cette propriété. Même si nous n’en avions pas encore la charge. Cet homme ayant aussi tenté de nous faire chanter, tout imbu de lui-même et de ses parents riches, nous ne mettons pas une seconde en doute la véracité des faits. Inutile de vous dire que Serge, votre ancien responsable, qui a découvert ça hier soir également, est aussi en colère que nous. Vous étiez, et ce sont ses propres mots, la meilleure employée qu’il n’ait jamais eue. Il vous présente toutes ses excuses de ne pas avoir démasqué ce violeur plus tôt. Nous tenons donc à vous aider, Paula. Quoique vous décidiez. Pour être complète, sachez que l’autre propriétaire a également averti hier soir un de ses amis au gouvernement suisse. Même si ce blondinet, comme il l’appelle maintenant, essaie de s’enfuir en rompant la parole donnée par ses parents, nous sommes certaines qu’il ne le pourra pas. Cet homme est très haut placé au sein de la Confédération.— Merci de ces excellentes nouvelles, Mademoiselle Sonia. Donc Emma est votre compagne ?Je suis encore désarçonnée de sa question, je l’avoue. Mais Sonia, ayant toujours peur du rejet, s’empresse de répondre :— Oui, Mademoiselle. Emma est même ma femme. Nous nous sommes mariées samedi dernier à la mairie.— Vous avez beaucoup de chance. Vous êtes toutes les deux magnifiques. Votre ami s’est-il avancé sur la suite que je donnerais ?— Merci pour les compliments. Et question beauté, vous nous valez largement, Mademoiselle. Non, absolument pas. J’ai une copie du récit signé de l’homme. Vous voulez le lire ? Ou plutôt, vous vous sentez assez forte pour le faire ?— Oui, je veux bien le lire, Sonia. Je suis forte, même si beaucoup de choses ont changé depuis cette époque. Dites, nous devons avoir à peu près le même âge. Je ne suis pas à l’aise avec le vouvoiement. Cela vous dérange…Sonia ne la laisse même pas finir pour répondre :— Non. Nous pouvons nous tutoyer. En plus, notre fameux ami Zian a lui aussi horreur de vouvoyer.— Alors Sonia. Je peux lire ce document ?— Oui, tu peux, Paula. Le voilà. L’habileté de l’homme qu’il avait en face de lui est très grande. Regarde.Elle lit maintenant et des larmes s’échappent de ses beaux yeux.— Merci. Oui, ce sont exactement les faits. Y compris que mes parents et moi-même ne nageons pas dans les billets de banque. Je garderai précieusement ce papier. Mais très franchement, nous n’avons pas l’aisance nécessaire pour nous lancer dans une action en justice. De plus, mes parents ne sont même pas informés de mes malheurs.— En France, il y a l’aide judiciaire. Mais ne parlons pas d’argent. Cela ne serait de toutes façons pas un problème.— Un énorme problème, et il le sait bien. Ses parents sont très riches et ils travaillent pour le gouvernement suisse. Ce serait le pot de terre contre le pot de fer. À part plonger un peu plus mes adorables parents dans la misère, il n’en ressortirait rien de bon. Il aura les meilleurs avocats du monde, j’en suis certaine. Je vais m’humilier en public pour rien. Vous êtes française, vous aussi ? Pour connaitre l’aide judiciaire ?— Je peux comprendre ta dernière remarque, Paula. Mais pour le reste, c’est inexact. Nous n’aimons pas en parler, mais Emma et moi sommes certainement beaucoup plus riches que ses parents. Le gouvernement suisse te soutiendra aveuglément. Contrairement aux parents de ce moins que rien. — Il est vraiment parti du domaine ?— Oui, en pleurant, hier soir. Inutile de te dire que Serge ne jure que par toi. Et que tu pourras avoir dès demain un emploi stable sur place et à tes conditions de salaire. De plus, vu que tout s’est passé à l’annexe, je peux te garantir aussi que tu seras logée au château, près de nos quartiers.— J’aime bien Serge. Il a toujours été extrêmement correct et constant avec moi. C’est une vraie proposition ? Près de vos quartiers ?— Oui, une proposition en béton armé.— Si je retravaille sur place, je ne veux que l’équivalent de mon ancien salaire. Mes parents se débattent avec leurs factures actuellement. Cela leur ferait du bien. Je le sais car c’est moi qui gère les comptes ici, vu que je ne sors que pour de rares missions. Rares car je ne veux travailler qu’avec des femmes.À ce moment-là, Agnès intervient :— Paula, tu accepterais de nous laisser examiner les comptes et les factures ? Je suis certaine que de ce côté-là, nous trouverons des solutions.— Si tu veux, Agnès. Mais il y a peu d’espoir. Suivez-moi dans la petite pièce à côté.Effectivement, le bureau de Paula est minuscule. Juste un bout de table avec une pile de papiers dessus. Dont Agnès s’empare immédiatement.— Ce sont toutes les factures en retard ?— Oui, Agnès. C’est un peu désespéré. Je les ai examinées une centaine de fois sans trouver de solutions. Elles ne comportent pas d’erreur.— Alors regarde bien Paula.Agnès sort son téléphone portable et empoigne la première facture. Elle tapote sur le clavier et flashe le QR code en disant « Référence… Montant… Oui, c’est bien celle-là ». Ensuite, elle tapote à nouveau à toute vitesse et valide.— Voilà comment il faut faire. Tu notes dessus « réglée » avec la date du jour.— Oh non, Agnès !Mais cette dernière empoigne déjà la seconde, qui subit le même sort que la première. Visiblement, elle a une grande habitude de régler en ligne ! Dix minutes après, il n’en reste qu’une.— Pour celle-là, impossible. Pas de site en ligne. Les filles, vous auriez 70 euros en liquide ?Sonia qui sort deux billets de cinquante euros en riant :— C’est de l’argent français… Toujours compliqué de l’utiliser en Suisse.— Voilà Paula. Pour ceci, on n’en parle plus jamais. Et pour les suivantes, j’espère que tu accepteras le poste.— Merci, Agnès. Tu ne peux pas savoir le poids que tu viens de m’enlever. Pour une Suisse, tu es agile avec les sites français.— Tout simplement parce que je suis Française. Je suis la directrice de la marque « … » et pas que. C’est ainsi que j’ai connu la belle Emma. Elle a accepté de faire l’hôtesse bénévolement sur un salon à Paris pour mon entreprise. Dans le but de faire plaisir à son enseignante. Enfin… C’est un peu plus compliqué que cela. Un jour, tu comprendras peut-être toute la beauté de cette rencontre. Emma a aussi travaillé pour ma boite à Lyon.— Tu paies super bien Agnès pour qu’elle ait pu s’offrir ensuite une part des cœurs brisés !Nous rions en cœur.— Non, pour cela, je n’y suis pour rien. Avec ce que je la payais, elle aurait pu s’offrir la sonnette à l’entrée une fois ses factures payées. Je pense juste que la rencontre entre sa chérie, elle et le fameux Zian a été explosive.— Oui, Agnès. J’avoue. Être la cuisinière de deux génies paie super bien. Mais c’est avant tout une grande histoire d’amitié entre Zian et nous.— Emma, je m’en doute… Je vais peut-être proposer à ce Zian en rentrant de faire la cuisine…Après avoir de nouveau ri, Paula nous demande si Maria est toujours fidèle à son poste. Et c’est Sonia qui répond :— Oui. Tu es tombée amoureuse de ses viennoiseries, comme nous ?— Oui ! De cela et de son chocolat chaud. J’avoue que cela me manque terriblement.— Nous sommes faites pour nous entendre, alors, Paula.— Dites, il est comment ce Zian dont j’entends tant parler ?— Un ami précieux qui s’est marié le même jour que nous avec son épouse Isabelle, une adorable femme suisse. Nous avions rencontré cette dernière lors de notre installation.— C’est l’ex de l’une d’entre vous ? (Elle me fixe en disant cela et je réponds).— C’est notre ex et notre actuel voisin. Nous avons couché une fois ensemble, Zian entre nous deux… Mais pour une soirée pyjama, alors qu’il était déprimé. Ce qui ne lui arrive plus. Donc non, mis à part dormir tous les trois, il ne s’est rien passé entre nous.— Alors, c’est vraiment une curiosité, ce Zian ! Il dort entre les deux plus belles femmes que je n’ai jamais vues et il ne tente rien ?— Non, rien, Paula. On dit que l’amitié entre homme et femme est impossible. Pourtant, notre meilleur ami est un homme. Et quel homme ! Même s’il tutoie tout le monde, c’est un ange. Il ne déprime même plus depuis qu’il est avec sa belle Isabelle. Elle est folle de lui. Et c’est réciproque.— Vraiment Sonia ? Si je reviens, je pourrais dormir pas trop loin de vous ?Cette fois, je suis plus rapide que ma chérie :— Même dans une de nos chambres personnelles d’amis, Paula, si tu le souhaites et que cela te rassure. Nous en avons quatre dans notre espace, jamais utilisées. Le château est tellement vaste. Nous pourrons même aller ensemble déjeuner pour faire la razzia sur le chocolat chaud de Maria.— Je signe ou Emma ?— Nulle part, Paula. C’est une promesse.— Je pourrais comme avant m’occuper des chevaux ?— Alors là, Paula… Je ne te promets rien. Si nous les retrouvons, oui, promis.— J’ai une autre demande, si je peux me permettre, à vous deux.— Dis-nous Paula ?— Vous vous engagez, si les chevaux sont retrouvés, à prendre des cours d’équitation avec moi ?Nous rions et je réponds encore :— Tu es pire que Serge pour nous persécuter, toi. Si nous trouvons les chevaux, nous nous y engageons. Sinon, nous en achèterons si les installations sont toujours présentes et si tu les choisis. Mais à une condition, Paula.— Laquelle ?— Footing avec nous matin et soir sous la direction de Serge.— Accepté ! Même si je ne prends aucun risque. Serge a toujours refusé de courir avec quiconque. Et encore moins une de ses employées.— Nous courrons à sa demande tous les jours avec lui, Paula. Je peux te dire que s’il ne t’accepte pas, il ira courir seul et nous de notre côté avec toi. Mais cela me semble hautement improbable. Hier, toute cette histoire le stressait. Car nous y étions impliquées. Mais si tu avais vu sa réaction quand il a su ce qui t’était arrivé. Son adjoint n’aurait pas été viré par Zian auparavant, il l’aurait étranglé, je pense. Jamais je ne l’ai vu si blanc de colère.— Je confirme, Paula. Mon chéri m’a broyé la main si fort que j’ai dû le rappeler à l’ordre.— Oh alors, tu es avec Serge, Agnès ? Cela, c’est une sacrée nouvelle aussi. Il court en groupe et il a une petite amie ! Vous avez dû le droguer !— Et il a même un nouveau moteur d’origine pour son petit bijou sur le lac. Tu veux savoir le plus extraordinaire ? Au lieu de le monter dans son bateau, il fait des balades en moto avec Agnès et il est ici pour te voir et te remplacer. J’espère que les mamies ne vont pas l’épuiser !J’adore le sourire de Paula. Il me fait tellement de bien après l’injustice qu’elle a subie.— Il me faut voir cela de mes yeux ! Vous me permettez d’aller discuter avec mes parents maintenant ? Je vais leur annoncer que toutes les factures sont payées et que je retrouve un emploi stable chez vous. Je pourrais prendre le train dès ce soir ? Ma mission d’intérim est terminée. Et je veux travailler dès demain. Même sans chevaux. Et puis, j’espère que je pourrais m’occuper de vous deux.— Tu fais de la moto, Paula ?— Je n’ai pas mon permis, Sonia.— Alors, il va falloir le passer. Nous demanderons à Serge de planifier cela aussi. Mais, en fait, mademoiselle Emma a décidé ces derniers jours de conduire elle-même. Nous pouvons donc te ramener au domaine, si tu as confiance en nous.— Je pourrais monter avec Emma, alors ? Mais je n’ai pas de casque…— Oui, tu pourras monter avec moi, même si ma chérie pilote mille fois mieux. Pour le casque, nous allons nous en charger avec ma puce, le temps que tu échanges avec tes parents. Il est 11 h 15. Dis à tes parents que nous vous invitons au restaurant à midi. S’il y en a un pas trop loin. Ils n’ont pas de voiture ?— Non, Emma. Mais il y a un restaurant sympa à 500 mètres. Même si c’est un peu cher.— Il s’appelle comment ?— Le XXX.— Parfait, le casque et la réservation au restaurant. Un magasin de moto en ville Paula ?— À Saint-Genis-Pouilly Sonia. Mais pas à Gex, à ma connaissance.— Hop, mon GPS… 8 km. Nous y passerons cet après-midi, alors. Maintenant, va vite voir tes parents. Nous, nous allons devant la maison prendre l’air.Quand nous nous retrouvons seules, Agnès nous dit :— Vous savez, les filles, elle était catastrophée, mais il n’y avait que 800 euros de factures à payer. Et pas toutes en retard ! J’ai failli pleurer en faisant le total dans ma tête. Alors que ce connard dansait en jouant les jolis cœurs pour son argent de poche, comme il le disait. Je suis révoltée. Et encore plus si elle décide de ne pas porter plainte. Tu vois ma belle Emma, ils avaient moins de dettes que le prix de tes « Louboutin ».Nous rions de sa remarque qui nous replonge immédiatement vers le salon et Sonia enchaine enfin :— Tu sais, la justice, de toutes façons, ne fera pas de miracle. Mais nous, nous allons prendre un avocat. Et un excellent. Il va aller négocier avec les parents de cet énergumène. Qui sait ? Nous verrons ce qui en sort. Et nous aurons ainsi plus de temps pour la convaincre, si cela doit être plaidé. Enfin, connaissant Zian, il n’a pas dû rester inactif. Nous verrons bien ce soir. Au fait, ma chérie d’amour, tu as une touche, je crois. Sans toi, elle ne rentrerait pas avec nous et ne reprendrait pas son poste.— Pfff. Encore une façon de me faire me sentir encore plus femme, ma puce adorée. Même si je suis gênée. Bien que je me sente complètement Nana maintenant, j’ai quand même l’impression de la tromper. Tu en penses quoi, Agnès ?— Moi ? Au risque de tout gâcher, vous devriez tout de suite éclaircir les choses, mes chéries. À mon avis, cela ne changera rien à la confiance dont elle te crédite, Emma. Mais dans le cas contraire, cela lui fera moins mal de le découvrir tout de suite. De plus… Je te signale qu’officiellement, je ne suis pas informée… Mais cette histoire de bébé me tracassait trop. Mon chéri, sans le vouloir et pensant que j’étais évidemment dans la confidence, a gaffé sans le savoir… Donc c’est vrai ? Je pensais qu’il délirait quand il m’a dit que le futur bébé était de toi…— Oups… Moi aussi, j’étais persuadée que tu savais maintenant Agnès. Oui, c’est vrai. J’espère que tu ne m’en veux pas.— T’en vouloir ? Au contraire ! Je t’apprécie encore plus, Emma. Je trouvais Marie tellement étrange quand je t’ai embauchée… Avec des réponses évasives quand j’ai demandé certains documents. Il faudra quand même me faire voir une photo de toi avant, ma belle ! À part cela, je pense que tu devrais jouer franc jeu aujourd’hui. Inutile de risquer de la blesser encore plus.— Merci Agnès de ta tolérance. Et toi Sonia ? Tu es d’accord avec elle ?— À cent pour cent. Surtout qu’en plus, nous sommes mariées maintenant. Cela, elle le sait. Il n’y a aucune faille entre nous, ma chérie. Enfin, je l’espère.— Aucune, mon cœur. Je t’aime plus que jamais, même si cela semble impossible. Alors, je passerai à la séquence vérité, et ce, avant de repartir vers la Suisse.— Parfait. En début d’après-midi, ce serait bien Emma. Si elle est toujours d’accord pour rentrer avec nous, je lui prêterai mon casque et vous irez toutes les deux à Saint-Genis en moto pour qu’elle en choisisse un et qu’elle puisse l’essayer. Agnès, Serge et moi nous trouverons bien à nous occuper en attendant votre retour.— D’accord. Mais si elle préfère y aller avec toi, je lui prêterai le mien.Il est pratiquement midi quand nous voyons Serge revenir en moto.— Quel guet-apens ce cours, les filles ! Les mamies ont tellement apprécié que j’ai dû aller rencontrer la directrice qui voulait m’offrir le poste. Elles ne veulent qu’un homme, en fait. La pauvre Paula a dû en baver avec elles. De fait, j’ai appris que sa mission intérimaire est terminée. Demain, elles ont un remplaçant provisoire qui vient du siège. Et vous ? Elle vous a mise dehors ?— Non, mon chéri. Cela s’est très bien passé. Et pour l’instant, elle accepte de revenir travailler au domaine. Au fait, il y avait des chevaux ?— Il y a toujours des chevaux, Agnès. Mais depuis que Paula est partie, il n’y a plus qu’un palefrenier qui prend soin d’eux. Aucun de nous n’a les compétences pour enseigner l’équitation. Même si je vais parfois en monter un. Je sais faire du cheval tout de même. Et pourquoi « pour l’instant » ? C’était conditionné aux écuries— Non. Mais elle est en pleine confiance avec Emma et cela pose un souci. Cette dernière ne veut pas mentir sur ce qu’elle est. Ce serait un drame si elle l’apprenait autrement. Donc elle va jouer franc jeu. Ce qui semble avoir emporté la décision de la belle Rousse, c’est visiblement de pouvoir loger pas loin de nos deux amies… Ce n’est donc pas encore gagné.— Et pour la Justice ?— Nous n’avons pas trop insisté. Elle n’y croit pas. Elle pense qu’elle ne fera que s’humilier publiquement en perdant beaucoup d’argent. Tu te rends compte, mon chéri : elle était aux abois alors que ses parents n’avaient que 800 euros de factures impayées.— Je commence à te connaitre, Agnès, et ton emploi du passé te trahit. Je suppose que tu l’as embobinée ?— Oui, Mon cœur. Les factures sont payées. Mais chut, elle arrive avec ses parents pour aller au restaurant avec nous. Nous avons commandé.— Je vais devoir repartir ?Agnès n’a pas le temps de répondre, car Paula est déjà vers lui pour lui faire la bise en disant :— Bonjour Serge. Je suis trop contente de te revoir. Vraiment. Tes appels réguliers m’ont été d’un grand secours.— Bonjour, Chère Paula. Parlons-en de mon soutien. Si tu savais ce que je m’en veux depuis hier soir. Dire que je n’ai rien vu ! Et pourtant, je ne le portais pas dans mon cœur.— Je sais, je sais, Serge. On ne peut pas tout deviner. Nous allons au restaurant ?Si la mère de Paula était méfiante vis-à-vis de Serge, son mari ne l’est pas du tout. Lui et Agnès sont bientôt accaparés par l’homme. Quant à sa femme, elle reste silencieuse auprès de son mari. Nous marchons toutes les trois derrière et je manœuvre afin qu’ils prennent quelques distances. Puis j’entreprends la jeune femme :— Paula, pour cet après-midi, je dois te parler de quelque chose.— La proposition ne tient plus ?— Bien sûr qu’elle tient toujours, je ne suis pas du genre lunatique. Non, c’est à mon sujet. La situation fait que je dois te confier quelque chose de confidentiel sur moi.— Tu es recherchée par la police française, Emma ?— Chut (je souris). Non, rien à voir. Je suis très honnête, je pense. Moi aussi, j’ai galéré par le passé. Mais jamais je n’ai joué avec la loi. Non, en fait, je suis née garçon. Je suis transgenre pour être plus clair. Peu de personnes le savent. Mais vu ce que tu as subi, je ne peux pas te laisser dans l’ignorance.— Et ?— Et rien d’autre…— Bon, alors cela ne change rien. J’ai senti immédiatement que toi aussi, tu n’as pas toujours été riche, Emma. Ne me demande pas pourquoi, c’est instinctif. J’ai confiance en toi. Quel que soit ton historique. En plus, vous deux, vous êtes tellement belles !— Alors tu viendrais quand même avec moi en moto cet après-midi pour aller te choisir un casque ?— Oui, en toute confiance, Emma.— Parfait. Ma chérie te prêtera le sien pour aller jusqu’au commerce à 14 h 00.Elle fait alors quelque chose d’inattendu. Elle fait deux grosses bises à Sonia en la remerciant avant de faire de même avec moi. Puis elle rougit subitement.— Mais non, c’est impossible ! Je n’ai pas d’argent.— Ce sera un cadeau. J’ai aussi une bonne nouvelle et une question indispensable.— Oui, Emma ?— La bonne nouvelle, c’est que les chevaux sont toujours là, d’après Serge, même s’il n’y a plus de compétences pour donner des cours d’équitation. Donc ce sera toi. Et la question subsidiaire est : connais-tu Paulo ?— Super pour les chevaux et oui, je connais évidemment Paulo.— Il n’a pas essayé de t’embrouiller lui aussi ?— Absolument pas. Paulo est un passionné de bateaux issu lui aussi d’un milieu modeste. Il était plutôt protecteur avec moi. C’est un homme bien au travail et très correct en dehors.— Super, Paula. Il faut que tu nous promettes autre chose.— Quoi, Sonia ?— Tu es extrêmement belle et je sais les problèmes que cela peut te valoir. Nous serons juste à côté de toi. Je veux que tu nous promettes de venir tout de suite nous dire si quelqu’un te manque de respect. Salarié, invité, chef ou employé.— Promis, les filles. Voilà le restaurant !Effectivement, nous mangeons très bien pour un prix que nous trouvons modeste. Cette fois, c’est moi qui me charge de la note et qui laisse un généreux pourboire bien avant la fin du repas. Les parents de Paula semblent enfin détendus et souriants : Serge et Agnès ont su faire leur conquête. Après le café, le patron et notre serveur viennent s’enquérir de notre satisfaction tout en nous remerciant du généreux pourboire. Puis il se tourne vers les parents de Paula :— Pascal et Marie-Ève, j’espère vous voir plus souvent ici !— Nous ne roulons pas sur l’or, Cédric.— Nous sommes presque voisins et amis depuis toujours. Je vous ferais un prix vraiment attractif.— Nous verrons. Merci encore : c’était délicieux. Et merci à vous quatre de nous avoir invités.La suite se passe sans accroc. J’emmène Paula, qui se cramponne immédiatement à moi, au magasin de motos. Sur place, nous sommes extrêmement bien conseillées. Je ne quitte pas notre protégée des yeux. Sa taille de casque est vite déterminée : c’est la même que celle de Sonia. Le vendeur nous présente plusieurs modèles. Je la vois lorgner sur un super casque « Jet » rose tout en montrant le modèle le moins cher. Le vendeur, compétant jusqu’au bout et ayant vu le regard de Paula, nous fait l’article sur l’excellence du beau casque rose. J’en profite donc pour lui demander :— Vous nous offrez une paire de lunettes avec ? Genre profilé ? Je sais qu’il y a une visière escamotable, mais personnellement, je préfère les lunettes.— Promis, Mademoiselle.Je ne demande même pas l’avis de Paula qui rougit de plaisir en le regardant. Et je vais régler en caisse.— Vous montrez les lunettes à mon amie Paula ?— Tout de suite.Elle trouve des lunettes translucides qui lui vont parfaitement bien et je me rends alors compte qu’elle possède de magnifiques yeux verts très clairs.— Je peux avoir celles-là, Monsieur ?— Oui, chose promise, chose due !— Merci.— De rien. Elles vont parfaitement avec vos superbes yeux.— Monsieur, il me faudrait aussi un sac à dos pour mettre l’autre casque.— J’en ai un assorti à la couleur du casque de votre amie.— Ce sera parfait. Je vous dois.Je règle l’autre article sans discuter et je vais prendre Paula par la main.— Nous y allons, ma chérie ?— Oui, Emma. Rentrons vite. J’ai hâte d’essayer mon casque maintenant.— Superbe votre Harley, mesdemoiselles. Et désolé pour ma remarque sur vos magnifiques yeux. Je ne savais pas que vous étiez ensemble et c’était sincère. Superbes femmes sur une super moto. Ce n’est pas tous les jours.Nous nous retrouvons vite vers la grosse moto. Paula me demande en souriant :— Tu l’as fait exprès de dire « Ma chérie », non ?— Oui, Paula. Je ne voulais pas qu’il devienne lourd.Elle rit, s’avance vers moi et me fait un gros Smack.— Voilà, maintenant je pourrai revenir sans rien craindre !Nous rions et l’énorme moteur se fait vite entendre. Aucun doute, j’adore cette moto pleine de chromes et le bruit très grave de son gros bloc moteur. Paula, avec son sac à dos tout juste acheté et qui contient le casque de Sonia, se blottie encore plus contre moi pour rentrer. La glace est visiblement brisée. Quand nous arrivons, ils sont trois à la féliciter pour son superbe choix. Serge ajoutant :— Il fait très « girly » ton casque. Au fait, Emma, tu as pensé au blouson avec les protections ?— Aïe. J’ai complètement oublié Serge. Le vendeur commençait à draguer Paula. Il ne s’est calmé que quand elle m’a fait un smack.Sonia rit et dit :— Bon, on y retourne tous les cinq. Paula derrière moi, cette fois. Moi aussi, je veux mon Smack !Paula sourit, s’approche de Sonia et lui fait un smack très appuyé.— Comme cela, tu auras un peu d’avance, Sonia. Mais je monte derrière Emma. Elle me rassure en fait.— Entendu. Va dire aurevoir à tes parents. Nous repartirons directement de Saint-Genis ensuite.Elle va embrasser tendrement ses parents qui sourient de toutes leurs dents, heureux de voir le nouveau bonheur de leur fille unique.— Je vous appelle en arrivant. Et je reviendrais très vite vous voir !— Promis, nous vous l’amènerons souvent, messieurs-dames.— À ce propos, Serge, nous avons promis à Paula que tu la guiderais pour le permis moto.— Super. Cet été, j’aurai deux élèves. Agnès et Paula. J’espère que vous serez plus douées que les deux femmes cancres que j’ai eues juste avant.Il n’a pas volé mon gentil coup de poing sur son épaule. Il fait semblant de se tordre de douleur, ce qui fait rire tout le monde.— Au fait, vous deux, j’ai proposé à Agnès de loger dans mon appartement cet été. Cela ne vous dérange pas ?— N’importe quoi, Serge. Nous sommes amis et tu es chez toi. Tu n’as pas à nous demander. Par contre, c’est pour notre amie Agnès que nous nous faisons du souci. Après t’avoir supporté pendant les cours de conduite à moto, elle va te haïr autant que nous. Agnès, nous avons des chambres d’amis. N’oublie pas. Il est foutu de te faire réviser encore le soir, sinon !Cette fois, c’est moi qui ai droit au très gentil coup de poing. Cinq minutes plus tard, nous redémarrons pour le magasin de motos. Notre arrivée ne passe pas inaperçue. Paula, se prenant au jeu, va vite vers Sonia pour lui tendre la main en lui faisant un smack tout en déclarant un peu fort :— Tu viens, ma chérie ? Il me faut un blouson. J’ai oublié avec Emma.Elle l’entraine dans le magasin où le vendeur les regarde en se grattant la tête. Quinze minutes plus tard, elles ressortent toutes fières. Paula a un beau blouson aussi rose que son casque, des bottes et des gants de la même couleur. Elle est blottie contre Sonia et lui fait des bisous pour la remercier. Nous repartons dans un bruit très caractéristique. Paula blottie contre moi avec son sac rose qui contient ses quelques affaires. Agnès et Sonia aussi ont chacune un sac à dos contenant le reste de ce qu’elle voulait emporter. À 17 h 15, nous sommes rentrées. Alors que nous nous éloignons des motos, nous entendons dans notre dos :— Dans 15 minutes, en tenues les filles. Et toi aussi, Paula !Puis plus bas, nous entendons :— Et toi aussi, Mon amour. Je t’aime, Agnès.— Moi aussi, je t’aime, Serge.Nous entrainons Paula vers notre vaste espace avec les trois sacs à dos et elle s’émerveille.— Je n’étais jamais entrée dans cette partie du château. C’est magnifique ! Bah, nous avons le temps. Serge doit faire l’aller et le retour jusqu’à l’annexe. Nous serons déjà à l’attendre depuis 10 minutes !— Ne compte pas là-dessus, la puce. Lui aussi loge au château maintenant !— Oups… Je ne sais même pas si j’ai un short !— Nous avons tout et plus qu’il n’en faut. Sauf les chaussures si tu chausses du 42 !— 39, mais j’ai des tennis.— Alors pose tes affaires dans cette chambre. Ce sera la tienne. Trouve tes chaussures et rejoins-nous dans la nôtre là-bas. Nous te préparons le reste.Deux minutes plus tard, elle est avec nous et les trois tenues sont sur le lit. C’est en riant comme des folles que nous nous changeons. À 17 h 30 précise, nous sommes dans la cour. En finalité, Sonia a aussi donné une de ses paires de baskets à Paula : les siennes faisaient peine à voir. Zian et Isabelle sont aussi là, souriants de voir une tête inconnue. Nous faisons rapidement les présentations :— Paula, nous te présentons le fameux Zian et son épouse Isabelle. Vous deux, nous vous présentons Paula, dont vous avez déjà entendu parler. Elle logera chez nous.Zian nous surprendra toujours, car il dit avec plein de pincettes :— Bienvenue à vous, Mademoiselle Paula. Et vraiment ravi de vous voir ici parmi nous.— Oui, bienvenue, Paula. Moi, c’est Isa et tu me tutoies.— Merci Isa. Je préfère aussi être tutoyée et tutoyer. Mais si Monsieur Zian exige le vouvoiement, je vais m’y faire.Nous éclatons de rires et Zian Piteux explique :— Je n’allais pas la brusquer alors qu’elle me connait à peine, votre nouvelle amie. Alors oui, mille fois oui, Paula. Tutoiement pour tout le monde.Trente secondes plus tard, ce sont donc six personnes qui s’élancent sur les traces de Serge. Au grand étonnement de la belle rousse. À dix-neuf heures, nous sommes de retour. Paula n’a visiblement plus l’habitude de courir ainsi et elle est toute essoufflée. Nous la tenons par la main pour la raccompagner chez nous.— File vite à la douche, la belle. Nous la prendrons ensuite.— Nous sommes des filles, Sonia. Nous pourrions prendre la douche ensemble, non ? Cela te dérange ?— Moi non. Mais Emma est un peu différente.— Dans tous les cas, cela ne se voit pas. Mais si elle préfère, alors c’est moi qui attendrais que vous ayez pris votre douche toutes les deux.— Emma ?— Nous allons-nous côtoyer souvent Sonia. Autant qu’elle puisse voir que ce qui reste de mon ancienne personnalité est sous ton contrôle.— Comme tu veux, ma puce adorée. Alors, à la douche, demoiselles. Nous ne devons pas faire attendre Maria.Nous nous retrouvons à trois sous l’eau et Paula m’examine en souriant.— Super ce dispositif, Emma. Cela n’est pas trop contraignant ?— Non, absolument pas. Cela me rassure. Je n’aimerais pas être démasquée. Certains sont hyper cons avec les trans.— Je comprends mieux. En fait, j’aime mieux que ce soit un accord entre vous deux. Du gagnant/gagnant. Cela veut dire que les hormones ne t’ont pas trop affectée ? Même si ton petit bout est minuscule.Sonia sourit et moi, je rougis pour lui répondre :— Pas du tout, car je n’ai jamais eu aucun traitement. Je suis née comme cela. Ma seule différence par rapport à avant, c’est mon épilation laser définitive, les vêtements que je porte et ma coiffure. Voilà. Tu sais tout.– C’est incroyable. On ressemble pourtant à trois jumelles. Hormis la couleur des cheveux et des yeux et pour toi, ce détail anatomique. Tu es hyper belle, Emma. Et merci de votre confiance à toutes les deux.— De rien, Paula. Merci pour tes compliments.— Ils sont un peu prétentieux, vu que je m’inclue comme vous dans les « trois jumelles », alors que vous êtes bien plus belles que moi. Mais j’ai bien l’intention de combler un peu mon retard avec le sport maintenant.— Tu es superbe, mais pâlichonne, Paula. Le sport, ce n’est pas pour ton corps qui est magnifique, mais pour que tu retrouves de belles couleurs.— Merci Sonia.— De rien. Ma chérie m’a une fois récupérée dans un état bien plus catastrophique que le tien. C’est à cette époque que j’ai appris concrètement que sans elle, je meure.— Tu étais partie à l’étranger ?— Non, nous nous étions fâchées. Un jour, on te dira pourquoi peut-être. Mais nous n’aimons ni l’une ni l’autre en parler.— D’accord. Bon, je file dans ma chambre pour une touche de maquillage et m’habiller.— Pour le maquillage, reste avec nous. Pour les vêtements aussi, d’ailleurs. S’ils sont aussi usés que tes baskets, nous devrons nous en occuper par la suite.Elle rougit franchement en disant :— Désolée d’être si démunie. Tu sais, le blouson et les bottes de moto, Sonia, j’en étais folle de joie. Je peux aller manger avec : c’est neuf.— Pas question. Nous sommes trois jumelles alors nous faisons garde-robe commune. Tu vas le constater, nous croulons sous les vêtements. J’ai une petite Emma très « girly ».Nous nous habillons de la tête aux pieds ensemble. Avec ses nouveaux vêtements, Paula est réellement d’une très grande beauté. Quand nous l’entrainons vers la grande salle pour le repas du soir en la tirant toutes les deux par les mains, son bonheur fait plaisir à voir. Nous sommes maintenant neuf à table. Bien entendu, nous voyons Maria pointer son nez pour voir qui est l’invitée de dernière minute. Lorsqu’elle repère Paula, nous la voyons se décomposer et courir vers la table.— Paula ! Ma très belle ! Regarde, je pleure de te revoir ici. Si tu savais comme tu m’as manqué ! Et tu es toute pâle. Mais toujours aussi parfaite.— Maria ! Ma deuxième petite maman chérie ! Je vais te faire encore plus de travail qu’avant en dinant ici ! Toi aussi tu m’as manquée. Mais tes chocolats et tes petits pains également.— La maison se réveille et en plus tu es là : c’est un rêve. Sans personne à table, nos trois nouveaux et adorables propriétaires auraient vite fait de me virer.C’est Zian qui réponds :— Jamais Maria. Maintenant je suis drogué à tes merveilleux petits plats et je suis enchanté que vous vous appréciez avec Paula. Je me suis engagé à devenir un jour son ami. Et cette promesse je vais tout faire pour qu’elle devienne réalité.— Zian, Paula est déjà notre amie. Et toi tu es le plus grand de nos amis. Forcément, tu es déjà un peu son ami.— Pff Emma. Pas question. Je veux le mériter un jour. Et puis, j’ai des choses à discuter avec elle. Évidemment vous pouvez tous participer. Ce serait même mieux. La journée a encore été agitée. Heureusement que j’avais mon adorable Isabelle. À ce sujet, Alain veut absolument connaitre cette dernière maintenant. Et il veut rencontrer Paula également.— Zian, tu as déjà toute ma confiance. Tes amies parlent si bien de toi, même loin de toi. Et c’est qui cet Alain ?— D’après le papa d’Isabelle, ce serait le président de la confédération Helvétique. Mais pour moi, c’est juste un excellent homme. Même si, au début, il ne voulait pas nous laisser payer quoique ce soit dans son Pays. À la fin de l’année, il devrait quitter son poste. Ce qui est dommage. Mais en attendant, il a fait grandement avancer les choses en ce qui te concerne, Paula.  Hier soir je l’avais informé de cette affaire et du mal et de l’injustice dont tu as été la victime. Lui aussi a lu la confession. En fait les parents de notre ex coach dirigent ce que l’on appelle aujourd’hui un « bureau de conseil » pour le gouvernement. Visiblement cela paie bien vu qu’ils sont crédités de 400 millions d’euros en banque. Mais aujourd’hui, le ciel leur est tombé sur la tête une nouvelle fois. Leur commanditaire gouvernemental, sous l’impulsion d’Alain, les a appelés. Pour leurs parler des aveux de leur fils. Car on peut maintenant appeler ainsi cette confession. Il leurs a été signifié que Loïc est sous le coup d’une interdiction de quitter le territoire Suisse. Que son identité est diffusée à tous les postes frontières du pays. Et qu’ils perdraient toutes leurs commandes s’ils pensaient un jour l’aider à se soustraire à ses responsabilités. Ensuite, il leur a été demandé ce qu’ils comptaient faire pour toi. Attendre que la justice tranche et envoie à coup sûr leur détestable fils derrière les barreaux pour de nombreuses années, détruisant du même coup toute leur réputation de « conseil », ou s’ils chercheraient une autre voie. Il semblerait que la discussion a été laborieuse. Ces personnes, bien qu’honnêtes, pensaient qu’un « pot de vin » suffirait. Ce qui est totalement impossible vu qu’Alain lui-même est informé maintenant. Enfin, voilà ce qu’ils ont proposé ensuite, bien conseillés par leur avocat qui semble assez désespéré par la situation.Posant ses couverts après son long discours, il énumère alors les termes du pacte :1)    Trois quarts de leur fortune en liquidités, soit 300 millions de francs suisses, à la victime.2)    Des excuses présentées publiquement.3)    L’ajout dans tous leurs contrats qu’en cas de nouvelle affaire, même minime, ces derniers seraient cassés et que l’indemnité à la première victime, c’est-à-dire toi, serait alourdie de 100 millions de francs suisses.4)    Un engagement formel et sur l’honneur de détruire toutes les photos et les documents qui pourraient te nuire.5)    Une inscription de l’ADN du fils au fichier des délinquants sexuels.Puis, après une courte pause, il continue dans sa lancée :— À eux de voir s’ils pensent suffisamment maitriser le blondinet pour risquer un tel accord. Car à la moindre incartade, sachant qu’il restera fiché et qu’il sera surveillé plus étroitement, ils se retrouveront au chômage, sans aucun doute possible et lui en prison. Ils sont prêts à signer car c’est plutôt inespéré d’après l’avocat de leur société. Malgré les lourdes sanctions qui vont frapper sa famille. En cas de procès, si tu le décides ainsi Paula, sache que ce sera pour eux la ruine assurée. Quelle que soit l’issue : il ne sera plus question de travailler avec le gouvernement. Ils subiront une perte de confiance immédiate à cause des publications de la presse. De plus, avec le récit signé par cet individu, personne ne pense qu’il s’en sortira sans une lourde peine de prison et des indemnités, peut-être un peu moins importantes, mais qu’il passera toute sa vie à rembourser. Donc tu as le choix en main Paula. Sache que dans un cas comme dans l’autre nous t’assisterons. Tu auras de meilleurs avocats que lui en cas de procès. Sans aucun frais pour ta famille ou pour toi.— Merci Zian. Je ne m’attendais vraiment pas à cela. Déjà, je veux éviter autant que possible un procès. Cela serait une véritable humiliation publique pour moi. Il y aura toujours des personnes pour penser que je l’ai provoqué. Pour l’argent, j’aimerai qu’il serve au haras de ce domaine. Je ne me vois pas accepter personnellement cette somme incroyable. Enfin, je me moque de ses excuses devant tous mes amis. Déjà, je n’ai plus d’amis aujourd’hui à part ici. De plus, je ne veux plus jamais revoir ce type. — C’est généreux mais stupide, Paula. En premier lieu, je ne savais pas qu’il y avait un haras ici. Moi aussi j’adore les chevaux. Je pense qu’avec mes deux amies, nous avons largement de quoi faire vivre cette activité, voir revivre si les écuries ont disparu. Nous en parlerons très vite. Cet argent, si tu n’en veux pas, pourrais servir à protéger tes proches. À les mettre définitivement à l’abris du besoin. Alors pense à eux et sois un peu égoïste. Nous avons tous besoin de sécurité et de perspectives. Pour ce qui est des excuses publiques, il doit te les présenter. Ne les prends pas non plus pour une simple contrition envers ta personne : c’est avant tout pour éviter qu’il ne recommence avec une autre. Le lieu sera à définir. Mais avec une partie de ceux devant qui il se vantait de ne venir que pour son argent de poche et auxquels il affirmait de ce fait, avoir tous les droits, ce devrait être marquant pour lui. À ce propos, Jacques a fait une enquête dans le personnel : beaucoup connaissaient cet aspect « vantard » en privé et le détestaient sans oser rien dire. S’il a fait d’autres victimes ici, cela les incitera peut-être à se libérer, elles aussi, en sachant qu’il s’est excusé en public. Tu comprends Paula ?— Oui je comprends. Mais j’espère sincèrement que vous m’aiderez car ce sera une rude épreuve pour moi et je ne veux que des personnes déjà informées. Pas tout le personnel. Je veux pouvoir travailler sereinement ensuite avec Serge. Pour l’argent, tu as raison. Même si je n’imagine pas vraiment ce que représente un tel montant.— Sache que cela n’équivaut même pas au prix de cette immense propriété située idéalement au bord du lac avec tout le matériel. Tu vois, pas de quoi prendre peur. Je compte sur toi, si tu décides de reprendre une activité ici, pour ne jamais dire : « je viens juste pour mon argent de poche ». Par contre, tu peux te considérer comme invité permanente si mes deux amies le permettent ?Sonia s’empresse de répondre pour nous !— Zian évidemment que nous le permettons. Et nous sommes à 100% d’accord avec ton analyse de la situation de Paula. Elle est déjà depuis ce matin notre invité permanente dans notre espace. Si elle souhaite, comme Serge, un logement indépendant, rien ne sera plus facile. Enfin, pour ce qui est de ton travail, dés que tout sera réglé, tu vas forcément le perdre : Nous nous connaissons depuis très peu de temps, mais nous te considérons maintenant comme une amie. Jamais nous ne t’avons connue comme salariée ici. Notre mentor et ami serge, en temps qu’encadrant, est libre de son organisation et de son planning. Tu ne redeviendras pas une adjointe après ce que tu as vécu ici. Te verser un salaire équivalent ne nous dérange pas, mais tu seras entièrement libre de ton planning. Donc nous avertissons notre tourmenteur en chef que malgré ton retour, il devra recruter. Tu vivras ici comme une amie. Alors, c’est d’accord pour un appartement au château ? — Ah non ! Certainement pas. Sauf si vous vous lassez de ma présence. Dans ce cas, je retournerai chez mes parents. Malgré mon amour pour les chevaux, je suis rassurée dans votre logement. Je me ferais toute petite s’il le faut. Et puis, j’ai de sales défauts aussi… Vous ne me supporterez peut-être pas longtemps. Mais pas question de vivre ailleurs dans cette demeure. — Des défauts Paula ?— Oui je fais de mauvais cauchemars la nuit parfois. À la maison, c’est maman qui me rassure et me câline quand cela arrive. Ici, dès que je me rendrais compte que vous êtes dans la chambre voisine, je vais aussi pouvoir me calmer. Mais peut-être que cela vous réveillera…— C’est noté Paula. C’est vrai que nous avons horreur des personnes dépressives. Tu le sais, Zian. On ne va pas te supporter longtemps.— Sale pouffe de Sonia ! Ne les écoute surtout pas, Paula. Ce sont de vraies mamans, ces deux-là. Je sais très bien qu’elles prendront soin de toi. Comme elles ont pris soin de moi par le passé. Mais tout cela, avec ma chérie adorée, est loin de moi maintenant.— A propos de ton épouse, mon amour, je souhaite annoncer à vous tous que je suis enceinte ! Et que nous sommes fous de bonheur. Je sais… Sonia m’a grillé sur ce coup-là. Mon petit papa chéri, il y a donc toutes les chances que tu deviennes grand-père. Désolée de te donner ce titre si vite. Car oui, Marie, il est tout jeune mon papounet : ne prends pas peur. Au fait Paula, je t’informe qu’Oscar est mon père. Je pense que cela est un peu passé à la trappe lors des présentations. Il n’est pas seulement le petit ami de Marie que j’adore.C’est un tonnerre de « félicitations » qui s’élève. Alors qu’Oscar courre serrer sa fille dans ses bras et qu’elle ajoute à son attention :— Oui, je sais, nous avons un tout petit peu d’avance sur le mariage pour la conception. Mais nous ne pensions pas que cela marcherait si vite. Nous n’en avons eu la confirmation qu’aujourd’hui.— Arrête tout de suite Isa chérie : je suis fou de bonheur pour vous. Le temps n’est pas au champagne, mais je te réserve ma meilleure bouteille à l’hôtel pour après la naissance.Zian se lève maintenant. Le café est pris depuis longtemps et il annonce :— Nous allons arrêter pour les bonheurs et les émotions aujourd’hui. Avec ma femme adorée, nous allons vous souhaiter à toutes et à tous une excellente nuit. Paula, je devrais avoir les documents dans les trois semaines. Je te tiens informée mon amie. Encore bienvenue à toi. Demain, il nous faudra parler de ce mystérieux haras. Bonne nuit mes merveilleux amis. Je finirais juste par cette déclaration : je suis le plus heureux des maris et le plus émerveillé des futurs pères !Comme si tout le monde attendait ce signal, les bises sont échangées et nous ramenons vite Paula dans nos quartiers. Nous nous souhaitons bonne nuit dans notre grande salle personnelle et nous rejoignons nos chambres respectives.
Fin de chapitre :-)
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