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Emotions

Chapitre 1

Du sang sur les lèvres

Divers

Je suis déchirée.

La lueur des lampadaires virevolte comme des feux follets alors que le ciel et sa chappe de plomb se referment sur moi. Je suis une bombe paumée dans un tombeau de lucioles.


La nuit tous les shlags sont gris. Je traîne la patte et ma tête d’arabe dans les rues de ma ville. Je n’affronte que des regards éteints, morts, et puis lui. Y a ce p’tit mec qui me dévisage. Une moue, du dédain, du dégoût peut-être. Il ne serait pas le premier outré par mon teint maure grisé par le vice.


Je ne peux pas me décrocher de ses yeux. Pourquoi lui n’entre pas dans les miens ? Son regard est toujours aussi perçant mais semble rater sa cible.

Je suis en colère je crois.


L’alcool me fait perdre mes repères, je m’en sors bien il a volé le père d’autres. Plus aucun recul sur la situation, juste une haine irraisonnée. J’interprète les yeux de ce type alors qu’on ne vient pas du même monde, comment pourrais-je espérer comprendre sa langue ?


Mais de quel droit me juge-t-il ? De quel droit peut-il me faire me sentir mal sans même daigner me regarder ? C’est ridicule, si cliché. Au fond il n’est qu’un reflet de mon propre dégoût. Si je lis autant de choses dans son regard vide ce n’est que parce que je suis pleine.


Enfin un peu de recu... Une paume ferme me pousse en avant. Instant de lucidité alors que je perds à nouveau la mienne.

Ah oui. Je ne suis pas seule.


Mes deux amis me regardent en ricanant. Pourquoi est-ce que je le fixe depuis tout à l’heure ? Il n’est qu’un clochard, il n’est personne. L’alcool rend franc et fait accepter des vérités. Et c’est encore pire.


Je suis polie. Je suis femme. Et pourtant personne et sa vérité me crèvent les yeux. Ma haine remonte en un seul haut-le-cœur. La suite s’est perdue dans l’adrénaline.


Je revois l’euphorie. Je revois les rires et ce moment passé ensemble. Je ressens ses joues frapper mes phalanges, son nez ensanglanter nos semelles et son passage à tabac faire souffrir mes poumons.


Il n’est personne. Les coups abandonnent faussement mon dégoût dans son sang. Les passants abandonnent lâchement son corps dans son sang.


L’euphorie, l’exaltation, l’adrénaline se précipitent vers l’endorphine. Nous courrons. Nous courrons sans nous arrêter comme dans un rêve sous morphine. J’éclate de rire alors que les lumières de la ville semblent nous poursuivre. Rien ne peut arrêter notre course. Les passants sont bousculés et les poteaux heurtés. Le hurlement des freins nous sort de notre folie en plein milieu d’un passage piéton. J’ai envie de sexe.


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— On va chez moi ?


Nous ne sommes plus que deux mais je reste aussi seule. Je cherche repentance entre ses lèvres. Chacune de mes caresses rougit sa peau laiteuse. Le sang commence à sécher. J’enroule ses boucles brunes autour de mes doigts, j’évite son regard. Je ne veux plus croiser l’âme des gens.


Sa main abîmée se glisse entre mes jambes, empoigne mes cuisses et remonte, remonte, remonte. Je frissonne alors que ses doigts frôlent ma cicatrice invisible. Je suis trempée. Toujours la même ombre de la violence et son excitation. Je n’arrive pas à me concentrer. Pas facile de mettre de l’ordre dans ses pensées quand son corps remue sous le chaos du plaisir.


Brusque, il se plaque contre moi en exhalant son haleine ethanolée. Ses yeux plongent dans les miens, je retiens de peu un hoquet revulsé. Il sent ma raideur alors que je commence à sentir la sienne. Il doute, hésite. En ai-je vraiment envie ?


Oui. Non. Oui. Sa question me semble si sorte. Le fumeur a-t-il envie de sentir cette brûlure dans sa gorge ? Le boxeur jouit-il de tous ces coups pris ? Peu importe le chemin c’est la finalité qui compte. Mécaniquement je le plaque plus fort encore et glisse ma main dans le pantalon qui nous sépare.


Le reste n’est plus qu’un voile. Une vision un peu floue de lui en moi. Une vision de dégoût de moi sur lui. Faire l’amour est une chose, baiser en est une autre. Je n’ai pas besoin d’amour ce soir. La bouche fermée sur le bedo, les yeux clos sous les draps je me soigne sous placebos.


En levrette, baisée comme une animale. Mes fesses s’agitent au rythme quasi militaire des fessées. Chaque fausse note sanctionnée par une gifle ou un denuquage. Il est un chef d’orchestre et me mène à la baguette.


Une bourrade vient me renverser sur le dos. J’en souris tant ma position est pathétique. Couchée par terre, les cuisses nues, écartées, offertes. Sa poigne s’empare de ma gorge et son sexe de moi. Il m’a harponné et sur l’instant rien ne pourrait me séparer du plaisir. La suffocation monte peu à peu.


Tout redevient flou. Une larme perle dans mon mascara et à la pointe de son gland. Sa jouissance est une délivrance pour moi et ses couilles. Toujours le même sourire satisfait que j’abhorre chez les hommes. Sans un mot il se lève et commence a se rhabiller. Toujours cette simplicité que j’adore chez cet homme.


C’est fini.


Je repars le lendemain matin l’esprit et le ventre vides. Mes préoccupations ont changé en l’espace de quelques heures. Je fais le trajet inverse, essaye de fermer les yeux sur la nuit passée... Mais les rouvre sur ma cigarette et mes phalanges bleuies.


Un message agite ma poche.


Merci pour cette nuit. A une prochaine fois. T’es peut-être pas bonne à marier mais t’es sacrement bonne au pieu.


Sourire pour conclure la journée. Encore heureux que je ne sois pas bonne à rien.

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