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Emotions

Chapitre 2

Erutcel

Divers

La nuit, je vois ses yeux.


Je me réveille en sueur. Terreur et habits moites me collent à la peau. Mon souffle s’accélère dans une fuite effrénée, mon lit tournoie, virevolte, semble tout renverser dans ma chambre. J’hyperventile, puis j’étouffe. Des larmes sèches coulent le long de mes tempes. Je vais imploser.


Je sens leurs doigts sur moi sans pouvoir poser le mien sur leur identité. Mes halètements paniqués ont le goût de leur souffle chaud. Le cauchemar a un parfum de sexe, de désir, de plaisir, pas le mien.


Un hurlement muet reste coincé dans ma gorge. L’habitude prend le dessus. Ce sont toujours les mêmes gestes : se redresser, le caresser, sentir ses imperfections, le lécher, l’allumer. Je le zyeute d’un air triste. Il m’aura suivi toute ma vie, et toute ma vie je l’aurai roulé. Marocain comme moi, il n’a jamais de filtre. Il ne craint ni mes yeux revolvers, ni que je ne lui tire dessus. Il est cette présence rassurante : d’abord immense quand j’angoisse, mais sachant se faire tout petit lorsque le calme revient. Notre relation est toxique, je le sais. C’est une vie d’amour-haine : tantôt il m’étouffe, tantôt je l’écrase.


Parfois, lorsque je le caresse, je le sens s’effriter entre mes doigts. Le poids de mes peines l’affaiblit, l’amaigrit. Il sait que je le trompe avec cette blanche. Ils sont deux mondes distincts dans lesquels j’évolue tant bien que mal. Elle est douce, fine, délicate, quand lui peut être collant, voire dur avec moi. Elle m’excite, lui me réconforte. Lorsque je me sens mal avec lui, lorsqu’il ne devient plus que le reflet de mon égoïsme et rougit mes yeux, c’est elle que je vais voir.


C’est marrant. Elle me donne les couilles que lui n’aura jamais. Elle me donne tout. La force de vivre, de sourire, ou de feindre sans jamais m’éteindre. Je ne sais pas ce que je veux et eux non plus. Elle est toujours froide. Il est lunatique ; sa flamme pour moi s’éteint régulièrement. Et je ne sais pas quel choix faire.


Voyons les choses sous un autre angle.


Lui, je le partage avec mes copines. On se parle rarement en tête-à-tête. D’ailleurs je ne lui parle que lorsque je me prends la tête. Il me rend lucide, parfois livide. Sa franchise et sa simplicité me plaisent autant qu’elles m’effraient.


Elle, c’est mon jardin secret. Elle est à moi, à moi seule. Je ne me lasse pas de la sentir, de la goûter. Elle n’aime pas mes copines. Elle n’aime personne en fait, je crois.


Au final, je n’ai pas choisi.


Un soir de juin elle m’a frappée. Violemment. A trop jouer avec le feu on finit par se brûler les doigts, et je m’étais trop jouée d’elle. Elle m’a frappée et m’a laissée pour morte, le nez en sang, les yeux écarquillés.


Un soir de juin il m’a violé. Sans violence. Lui m’a laissé en vie, les yeux injectés de sang et les narines gonflées de dégoût.


Étonnant, non ?


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