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Entorses (à la cheville et à la morale)

Chapitre 1

La panne

Inceste

Cette année-là, le 24 décembre tombait un lundi.

C’était devenu une tradition chez nous, depuis la mort de mon père dans un accident de voiture il y avait maintenant huit ans. Nous passions les fêtes de Noël en famille, dans un chalet que nos parents possédaient dans les Pyrénées. Je dis bien « en famille » car aucun de nous n’était encore marié, et il était implicitement convenu que personne n’était autorisé à emmener la petite amie ou le petit copain du moment.

Nous étions arrivés le vendredi dans l’après-midi, deux par deux. Ma mère, Sandrine, 52 ans avec moi, Thomas, 26 ans, en provenance de Bordeaux. Laura, 29 ans, ma sœur aînée venait de Toulouse et Manon, la benjamine avec ses 24 ans, avait pris un vol Paris-Tarbes, Laura l’ayant récupérée en route.

Il avait fait froid toute la semaine, mais les prévisions météorologiques annonçaient un « rafraîchissement accompagné de précipitations ». En clair, ça aller se gâter et il allait neiger. C’est sympa, la neige. 

Laura avait organisé le séjour avec son efficacité coutumière : chacun avait reçu une liste de courses pour assurer les petits déjeuners et la dizaine de repas prévus. Il pouvait neiger, nous n’étions pas obligés de prendre la voiture pour nous ravitailler au supermarché local, situé quand même à un peu plus de vingt kilomètres de route en lacets de notre chalet. 

Celui-ci se composait d’une grande pièce salon – salle à manger avec cheminée. Le rez-de-chaussée était complété par la chambre de ma mère, une grande salle de bains et un WC. A l’étage, trois chambres, un autre WC et une autre salle de bains. 

Notre première soirée fut détendue. Nous étions heureux d’être là et de nous retrouver tous les quatre. Dès le samedi matin, nous constatâmes que la météo ne s’était pas trompée. Il neigeait à gros flocons, et ce depuis plusieurs heures, à en juger par l’épaisseur de la couche qui recouvrait déjà nos deux voitures.

Ma mère tint à mettre la télé pour voir ce qui était annoncé pour les jours à venir. Il n’y eut pas de surprise, la prévision était confirmée. Une vague de froid s’installait sur la France, accompagnée de fortes précipitations pendant plusieurs jours. Ce temps hivernal allait durer.

Nous passâmes l’après-midi à jouer à des jeux de société, et c’est en début de soirée, en plein apéro, que le courant se coupa. Les portables furent sollicités : lampe de poche pour se repérer, accès à Internet pour en savoir un peu plus. Nous avions d’abord pensé que la coupure serait brève. Bref, à ce stade c’était encore amusant. Heureusement que la cuisinière, four compris, était à gaz, car venue l’heure du repas du soir, l’électricité n’avait toujours pas été rétablie. J’avais allumé la cheminée, si bien que la température dans la pièce principale se maintenait à un niveau acceptable, à condition de ne pas se promener pieds nus et en tee-shirt.

Notre soirée fut écourtée : que faire dans le noir ?



* * *


Plus personne n’avait le sourire le dimanche matin. Le chalet était équipé d’un chauffage électrique, et même en entassant les couettes et couvertures dont étaient copieusement équipées toutes les chambres, nous avions tous passé la nuit dans un demi-sommeil, ponctué de claquements de dents.

Internet fut à nouveau sollicité et nous rendit son verdict. Plusieurs lignes à haute et très haute tension avaient cassé sous le poids de la neige. Enedis avait établi un plan de retour à la normale qui s’étalait sur plus de dix jours. Les journalistes insistaient sur le fait que l’absence d’amélioration des conditions météorologiques à court terme ne simplifiait pas la vie. C’est sûr, les pannes d’électricité ne devraient arriver que l’été, et par temps sec.

Une soirée sans électricité, c’est marrant. Une nuit à se geler, ça l’est déjà beaucoup moins. Mais que dire d’être bloqués dix jours dans le froid, sans lumière ni chauffage ?

Nous commencions à comprendre que ces fêtes de fin d’année allaient nous laisser un souvenir que nous n’oublierions pas de sitôt.

Nous avons très vite compris que ce que nous avions prévu pour le réveillon du nouvel an, mes sœurs et moi, avait sérieusement du plomb dans l’aile. Cela n’affecta pas trop ma mère qui n’avait rien planifié. Je me rendis compte qu’elle devait passer presque tous ses réveillons seule devant sa télé. Là, au moins, elle aurait de la compagnie. Nous prévînmes nos amis, petits ou de vingt ans, qu’il ne fallait peut-être pas trop compter sur nous pour la fiesta du lundi en huit.

― Mardi, dans la matinée, déclara Manon.

― De quoi tu parles ? L’interrogea ma mère.

― C’est mon estimation du moment où la batterie de mon portable sera vide.

Cette prévision, sans doute juste, jeta un froid dans notre petite compagnie. Et le froid, en ce moment, ce n’était pas vraiment ce dont nous avions le plus besoin.

Laura, toujours très pragmatique, explora le cellier et les placards de la cuisine. Elle tint à nous rassurer : En comptant les restes que génère inévitablement tout festin, et les quelques boîtes de conserve qu’elle découvrit, nous ne mourrions pas de faim dans les trois semaines à venir. La perspective de fêter le nouvel an dans le noir le plus complet autour d’un petit-salé aux lentilles en conserve ne me remonta pas le moral.

Je décidai alors de réagir. 

― Si on ne veut pas finir congelés, nous devons faire en sorte que le feu ne s’éteigne jamais. Heureusement, il y a assez de bois dans la réserve. Mais il faut l’amener près de la cheminée.

Ainsi, nous organisâmes la première corvée de bois qui allait être suivie les jours à venir de nombreuses autres.

Manon recensa les bougies. Vu la maigreur de cette ressource, nous décidâmes de les réserver pour le réveillon de Noël. En en gardant un peu pour celui du nouvel an, on ne sait jamais.

La cheminée ronronnait comme un gros chat rassurant. La température dépassait les 25 degrés devant le foyer. Elle était encore d’environ 20 degrés dans la cuisine et autour de la table, mais chutait fortement dès qu’on s’éloignait un peu plus de notre unique source de chaleur. 

― Je ne sais pas vous, mais en ce qui me concerne il n’est pas question que je passe une nouvelle nuit à jouer des castagnettes avec mes molaires. Donc, je déserte la chambre et dormirai désormais ici, dis-je en montrant le tapis devant la cheminée. « En plus, il va falloir entretenir le feu toute la nuit.

― Comment veux-tu faire ? demanda ma mère. Il n’y a qu’un canapé.

― On installe des matelas, on descend couettes, couvertures, oreillers, et on se crée un petit nid douillet sans verglas. Qui est partante ?

Manon fut la première à me suivre. C’était dans son caractère : elle était la plus impulsive des trois enfants. Laura lui emboîta le pas après avoir réfléchi à la situation. Son esprit cartésien avait pris le temps de peser le pour et contre.

Ma mère n’avait encore rien dit. Sans doute tenait-elle plus à son confort et à son intimité que la jeune génération. Elle s’absenta quelques instants dans sa chambre et revint bientôt, un thermomètre numérique à la main.

― D’accord, dit-elle simplement. 

Le petit carré de plastique et d’électronique affichait un royal « 4 degrés Celsius ». Et on était en début d’après-midi, c’est à dire au moment le plus chaud de la journée…

Nous amenâmes deux matelas de 160 ou 180 cm de large, avec leur drap housse, quatre oreillers, autant de couettes et des réserves de couverture. Les deux canapés et le fauteuil complétaient ce petit refuge finalement assez cosy, ne laissant que 50 cm pour tourner autour de notre couche collective.

― M’man, est-ce qu’il reste ici un pyjama de papa ? Demandai-je.

― Pourquoi, tu n’as pas le tien ?

― Je ne dors pas en pyjama, répondis-je sobrement, peu désireux de rentrer dans les détails.

― Si t’en trouves un deuxième, je suis partante, ajouta Manon.

Sandrine en trouva trois. Sans doute avait-elle rapatrié tous le stock dans la maison secondaire, pour ne pas les jeter. J’avais à peu près la même corpulence que mon père, mais Manon allait flotter dans le sien.

Je fermai les départs d’eau froide et chaude (encore que, depuis la veille, parler d’eau chaude relevait franchement de l’escroquerie) vers la salle de bains et les toilettes de l’étage et purgeai les canalisations. Je voulais éviter que les tuyaux n’éclatent avec le gel. Nous fermâmes toutes les portes sauf celles de la salle de bains et du WC du rez-de-chaussée et scotchâmes une couverture en guise de rideau de fortune pour que la chaleur ne se perde pas trop vers l’étage. Il n’y avait pas de porte au bas de l’escalier.

Après cela, à peu près certains de nous être préparés pour le mieux au pire qui nous était promis, nous démarrâmes une partie de scrabble. Nous n’en vînmes pas au bout, la nuit tombant nous empêchant de distinguer les lettres.

― PKODUIT, ça veut dire quoi ? Demanda Laura à sa sœur.

― Tu sais pas ce que c’est un PRODUIT ? S’étonna la benjamine.

― Avec un K, non, désolée.

Bon, sur ce coup-là, tout le monde avait reconnu le K, sauf Manon. Impossible de lire, de regarder la télé. Je voyais bien mes sœurs jeter des regards concupiscents vers leur portable, mais elles eurent la sagesse de les laisser tranquille. C’était notre seul lien avec l’extérieur, il fallait les faire durer le plus longtemps possible. J’avais éteint le mien.

Nous mangeâmes vers 18H30. A 19H30, après une rapide vaisselle, nous décidâmes de nous coucher. Commença alors un ballet vers la salle de bains. Nous avancions à tâtons, au sens littéral du terme.

― Eh ! Qui c’est qui me pelote ? S’indigna Manon.

― Et la main sur mon pantalon, elle est à qui ? Protestai-je.

Je chargeai le feu au maximum. J’étais persuadé de ne pouvoir compter sur personne pour l’alimenter pendant la nuit. Il fut plus facile de se coucher que de se déplacer vers la salle de bains, les flammes qui léchaient les bûches dans la cheminée nous permettant de distinguer au moins les silhouettes. Je me couchai sur un bord, pour pouvoir me lever sans trop déranger ces dames. Mais je fus poussé vers le centre de la couche.

― Pousse-toi ! M’intima la voix de Manon.

― Super ! C’est toi qui alimentera le feu cette nuit.

― Non mais j’y crois pas. Depuis que les hommes ont découvert le feu, ce sont toujours les mâles qui se sont chargés de son entretien. Et voilà que toi tu oses remettre en cause cette coutume ancestrale ! Non, mais quel gougeât !

― Il faudra que tu m’expliques comment tu sais comment ça se passait il y a 400 000 ans. Je ne te savais pas anthropologue, je croyais que tu avais un diplôme d’architecte d’intérieur.

― En tous cas, moi je ne me lève pas. 

― Ça, je l’avais compris. Alors laisse-moi la place près du bord.

Elle entreprit de me passer par-dessus, avec la même mauvaise volonté dont elle avait fait preuve avant de finir par reconnaitre tout à l’heure que la deuxième lettre du mot qu’elle avait posé n’était pas un « R ». Elle me roula dessus, stationnant un moment, pesant de tout son poids, lorsqu’elle fut en équilibre sur mon corps. Je lui donnai des petites tapes sur des parties non identifiées de son anatomie, puis l’empoignais pour achever son mouvement. J’avais visé les hanches et n’en étais pas loin. Mais, son pantalon avait un peu glissé, et mes mains rencontrèrent sa peau nue. Elle ne portait pas de sous-vêtements. Je fus un peu troublé et émoustillé par ce contact. Je la repoussai sur le côté. Elle protesta.

― Non, mais c’est quoi ce bazar ? Intervint ma mère. Vous avez quel âge ?

― C’est elle, M’dame, elle fait rien que m’embêter ! Protestai-je sur un ton geignard.

Pour marquer son désaccord avec ma version de l’incident, Manon se positionna en chien de fusil, cherchant à me repousser vers le bord du lit à grands coups d’arrière-train. Je me défendis en la repoussant de mon bassin et en la chatouillant un peu. Elle se trémoussa mais évita de faire trop de bruit et ne modifia pas vraiment sa position. Nous conclûmes alors une trêve tacite. Je m’apprêtais à m’endormir le sexe collé aux fesses de ma jeune sœur, séparé de son postérieur par l’épaisseur symbolique de deux vieux pyjamas en coton. J’étais excité par ce contact et ma verge avait pris ses aises.

J’avais gardé ma main en contact avec sa peau, posée à l’endroit même où sa taille s’évasait vers sa croupe. J’aime beaucoup cette partie de l’anatomie féminine. La taille mince et le ventre plat de ma sœur appartenait à la partie publique de son corps. Celle qui répondait aux canons de la beauté féminine, surtout dans le cas de ma sœur. Au-delà de cette limite commençait une partie plus intime de leur être. Mais je savais que je devais me calmer.



* * *


Je me rends compte que je ne vous ai pas décrit ces trois femmes avec lesquelles je partageais cette couche improvisée.

Laura était la plus grande, au moins 1m72. Elle était brune avec des cheveux assez longs, mince, avec de longues jambes qu’elle entretenait par des joggings réguliers. Sa poitrine était bien dessinée, sans être très volumineuse. On pourrait qualifier son type de beauté de « classique ».

Manon était un peu plus petite d’environ 5 cm. Elle portait sa chevelure auburn plus court que sa sœur et avait plus de formes qu’elle, en particulier au niveau de la poitrine. Le meilleur qualificatif s’appliquant à elle était sans doute celui  de « beauté sensuelle ».

Sandrine était la plus petite des trois. Ses cheveux châtains mi-longs devaient beaucoup aux couleurs qu’elle se faisait faire régulièrement et qui chassaient inlassablement les intrus gris ou blancs. Un peu plus en chair que Manon, elle conservait encore une silhouette des plus alléchantes. Ses seins de femme mure, volumineux mais pas énormes ni avachis, n’étaient pas pour rien dans l’attrait qu’elle exerçait encore sur la gent masculine. 

Bon, ce que je vous en dis à ce moment du récit, c’est de mémoire, vu que leurs corps reposaient sous les couettes et dans le noir le plus complet. 

Même si vous avez mal dormi la nuit précédente, 20H00 c’est un peu tôt pour plonger dans les bras de Morphée. 

― Vous dormez ? Demanda une voix que j’identifiais comme étant celle de Laura.

― Bien sûr ! Lui confirme-je.

― Moi aussi ! Surenchérit Manon d’un ton léger. 

― Au moins, on n’a pas froid, positiva Sandrine. 

On aurait pu organiser un jeu débile, une charade par exemple : « Mon premier sert pour coudre, mon deuxième est un fluide corporel produit par la vésicule, mon tout qualifierait parfaitement ce jeu ». 

On s’en abstint. L’un ou l’autre prononçait de temps en temps une courte phrase qui ne pouvait pas servir d’amorce à une discussion. Puis certaines respirations se ralentirent. Je me levais en essayant de ne déranger ni réveiller personne, et ajoutai quelques bûches. Je me recouchai avec les mêmes précautions. Manon, que je croyais déjà endormie, me saisit la main et la posa sur son ventre, se calant à nouveau tout contre moi. Pourquoi pas ? J’étais bien ainsi, moi aussi.



* * *


Je me réveillais avant l’aube et me levai pour recharger l’âtre. De retour sous la couette, je n’osai pas me coller à nouveau contre ma sœur. Elle bougea et se retourna un peu vers moi.

― Il fait un peu frais, là, non ? Murmura-t-elle.

― Un peu, ouais. Mais je viens de rajouter du bois. La température va remonter.

― En attendant, réchauffe-moi. Je te rappelle que c’est ton job de mâle.

J’avais une idée assez précise du type de job que le mâle que j’étais avait envie d’accomplir pour elle, mais je ne devais pas oublier qu’elle était ma sœur.

Elle s’était emparée de ma main et l’avait collée contre son corps, mais un peu plus haut que la veille au soir. 

― Euh… Je crois que tu as posé ma main sur ton sein.

― Et alors ? J’ai froid là aussi, moi. Tu n’as jamais entendu parler des seins de glace ?

― Saints.S-A-I-N-T-S. Et sans “K”, ajoutai-je perfidement. Ça n’a rien à voir. Ces sont trois jours au mois de mai où il risque encore de geler la nuit. 

― Je suis d’accord avec toi, ça n’a rien à voir. On est en plein décembre, et je ne parlerai pas de « risque de gel » : dehors, il doit faire moins dix. Bon, alors, tu me réchauffes ?

Que pouvais-je faire ? J’abdiquai et refermai ma main sur sa mamelle, la serrant au travers du tissu. Je sentis bien vite sa pointe durcir. Mon membre viril en avait fait de même, d’autant qu’elle tortillait ses fesses, sans doute pour mieux se réchauffer à mon contact. Je mourrais d’envie de glisser ma main sous sa veste et d’empoigner sa chair nue. Je résistai et me contentais de lui emprisonner la poitrine au travers du tissu. J’étais au supplice. Je la désirai, tout en essayant de me raisonner. C’était ma sœur et je ne devais pas la confondre avec une petite amie. Je savais que je n’étais vraiment pas loin de baisser mon pantalon et de la pénétrer. Comment aurait-elle réagi ? M’aurait-elle laissé faire ou aurait-elle crié au viol ? La vérité était qu’elle faisait tout pour me provoquer. Ce qui ne voulait pas dire qu’elle accepterait que je passe à l’acte.

― Ça va ? Tu commences à te réchauffer ? Lui demandai-je en remuant légèrement les doigts de la main qui enserrait sa poitrine.

― Mhmm. Ça va mieux. Mais c’est incroyable qu’il faille insister comme ça !

Manon n’était jamais en reste lorsqu’il s’agissait de mauvaise foi.

Je sentis peu à peu son souffle se ralentir. Elle était en train de se rendormir. Je me dis que c’était le bon moment pour cesser mes attouchements douteux. Et c’est avec nostalgie que je déplaçai ma main jusqu’à sa taille. Je perdis à regret ses rondeurs, mais retrouvai sa peau nue. Elle dormait et je décidai d’en profiter. Je fis glisser mes doigts vers son pubis. Je passais rapidement sous l’élastique distendue du pantalon trop grand. Je m’arrêtai lorsque mes premières phalanges rencontrèrent sa toison. Je jouai quelques instants avec ce duvet soyeux puis remontai sagement la main au niveau de sa hanche. Je ne parvins pas à me rendormir.



* * *


Du temps s’écoula. J’étais incapable de dire combien. La pénombre commença à se dissiper. Nous avions oublié de fermer les volets de la cuisine, et le jour allait se lever. Il devait être entre 8H00 et 8H30. Je perçus du mouvement de l’autre côté des matelas. Une silhouette que je n’identifiai pas tout de suite se dirigea vers les WC. Je reconnus ma mère lorsque sa poitrine se détacha en ombre chinoise devant la fenêtre de la cuisine. Je me fis la réflexion que j’étais capable de reconnaître ma mère et mes sœurs rien qu’à la forme de leurs seins. Est-ce que cela faisait de moi un pervers ? 

Elle se recoucha. Quelques minutes plus tard, j’entendis un murmure sans parvenir à distinguer ce qui se disait, et j’en déduisis que Laura s’était aussi éveillée.

Puis Manon bougea à son tour, remuant sans se préoccuper de savoir si j’étais déjà réveillé ou pas. Elle se mit sur le dos, repoussa la couette et s’étira en se cambrant, mettant ainsi sa poitrine en avant. La veste du pyjama était bien trop grande pour elle. Bien qu’elle soit boutonnée jusqu’au col en « V », le bouton du haut était positionné largement en dessous de la naissance de ses seins. Son geste de décontraction fit glisser le coton et dévoila un sein. Je restai un moment à contempler, admiratif, cette masse de chair que je devinais ferme et douce à la fois. Puis, comme elle ne réagissait pas, je saisis la veste du pyjama et entrepris de la rabattre sur la poitrine dénudée de ma sœur.

Se méprit-elle sur mes intentions ? Elle me repoussa et murmura, pour ne pas être entendue de Laura et Sandrine.

― Non, mais t’as fini de me peloter ?

Je n’avais jamais gagné dans nos joutes verbales, et je compris tout de suite que ce n’était pas aujourd’hui que ça allait commencer.

― Tu rêves ! Lâchai-je en me retournant.

Elle me laissa mariner un moment, puis se serra vers moi, glissant une main entre mon torse et le tissu.

― Fais pas la gueule…

Que pouvais-je faire ? J’abdiquai, me remis sur le dos, prenant soin de ne pas poser la main sur elle. Elle avait passé une jambe au-dessus des miennes, mais sans atteindre mon entrejambe.

― On se lève ? Demanda ma mère.

― Pour quoi faire ? répondit Manon.

― Déjà, sa toilette. Puis préparer le repas de midi.

― Il ne doit pas être plus de 9H00, protesta ma jeune sœur. On peut attendre un peu, non ?

Nous passâmes l’heure qui suivit à échanger des banalités. Combien de temps allait durer ce mauvais temps ? Est-ce que l’électricité allait revenir ? Pourrions-nous quitter le chalet avant le réveillon du nouvel an ? Naturellement, personne n’avait le moindre début de réponse à ces interrogations. 

― En tous cas, là, j’ai bien dormi, affirma Laura. Je n’ai pas eu froid.

― Moi, je n’ai pas si bien dormi que ça, se plaignit Manon. Thomas n’a pas arrêté de gigoter.

J’étais persuadé, que dis-je, j’avais constaté qu’elle avait au contraire fait une belle nuit. Meilleure que la mienne.

― Désolé si j’ai perturbé ton sommeil. On a la journée pour apprendre aux bûches à se jeter toutes seules dans le foyer. Et tu n’as qu’à changer de place.

― Pour que tu pourrisses la nuit de quelqu’un d’autre ? Je ne suis pas comme ça. Je reste là. Mais toi, fais des efforts.

Que répondre ? Je me tus.

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