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Entre deux mon coeur balance

Chapitre 1

Hétéro

Partager ou tout perdre?


Margot est émouvante, je garde sa main, les larmes aux yeux.

-Ne suis-je pas trop âgé pour vous, Margot?

-Je préfère les hommes mûrs aux dragueurs jeunes et volages. Si vous voulez faire l’amour, je serai à votre disposition. Si vous le voulez, nous pouvons commencer tout de suite. Vous êtes mon coup de foudre. Je suis à toi.

-Merci, Margot, votre soutien me sera précieux. La conduite et les propos de ma femme me révoltent. Mais je veux la confondre le moment venu. S’ils utilisent votre appartement, exigez de pouvoir les filmer sous prétexte de constituer un album souvenir de leur première fois. Marie refusera, elle est méfiante, mais Sylvain sera votre allié; le film pourrait lui donner prise sur sa maîtresse si elle se lassait de lui. Saurez-vous utiliser mon caméscope, pourrez-vous regarder de sang froid des amoureux en train de faire l’amour. Soyez inflexible, « pas de film, pas de lit». Faites leur prendre des poses en début de réunion, si vous ne voulez pas assister aux moments les plus chauds. Promettez-leur de disparaître aussitôt après et de leur laisser l’appartement. Ils devront vous avertir de leur départ par téléphone et déposer votre clé dans votre boîte aux lettres. Venez alors chez moi, vous n’aurez pas affaire à un ingrat. Vous serez ensuite ma gouvernante et nous apprendrons à mieux nous connaître. Je ne sais pas si je dois accepter votre sacrifice.

-Quel sacrifice? Ce serait un bonheur de vivre avec un homme aussi gentil.

-Ne vous méprenez pas, je suis comme un animal blessé, je pourrais être cruel avec cette femme qui se vante de m’avoir trompé depuis quatorze ans. Je vais couper « son fil rouge » Comment les filmerez vous? Racontez-moi.


Je porte un loup, je ne veux pas être reconnue par Sylvain. Je leur demande de suivre mes recommandations afin d’écourter la séance de prises de vue pour les laisser plus longtemps en tête à tête, ou en tête-à-queue. Au début ils posent habillés et s’embrassent comme des amoureux. Je souhaite voir leurs langues passer en frétillant d’une bouche à l’autre. Debout, Sylvain passe ses mains sous la blouse de sa maîtresse et presse les seins. Marie soulève les bras, enlève sa blouse vers le haut. Le mouvement fait apparaître les mains en train de libérer les seins de leurs bonnets. Ici Sylvain suce un téton et introduit sa droite dans le string de Marie avant de lui chatouiller le clitoris. Elle gigote. Gros plan sur le visage: Marie se pâme d’aise au contact des doigts. Le string descend sur les genoux, deux doigts disparaissent entre les jambes. Il faut suivre leur itinéraire jusqu’au franchissement des petites lèvres et montrer leur tourbillonnement dans le vagin investi. Ensuite je les embarque dans une fellation, ma présence ne les gêne pas. Marie a du mal à lâcher le sexe embouché. J’ordonne donc un soixante neuf sur mon canapé, lui couché sous elle. On voit bien la tête de la mangeuse de bite, on lit sur son visage l’effet troublant du cunnilingus. Sylvain lèche la fente, pointe sa langue sur la rose. Elle sursaute, se mord les lèvres. Je dois les arracher à leur plaisir pour filmer la suite des positions: Marie allongée sur le dos, jambes en M tire sur les lèvres de son sexe, Sylvain dirige son pieu dur vers la vulve ouverte. Il pénètre, va au fond, amorce un va et vient. Il n’est pas heureux de devoir changer encore. L’annonce de la levrette le console. Il prend son sexe en main et avance vers la chatte rasée entre les fesses blondes, très lentement, il entre, progresse dans la mouille. Stop, à l’étape suivante Marie pieds de chaque côté du corps gisant, plie les genoux, descend vers le pieu dressé. De derrière je filme sa main qui imprime un mouvement au braquemart, le dispose au contact de son losange rose. Je prends en détail les positions successives du vagin avalant le manche. Le plus difficile sera sans doute de les séparer et de les mettre en route dans des positions autres. Par exemple, Marie de dos sur le bord de ma table, jambes tenues aux chevilles et dans l’attente de l’attaque de l’engin, ou Marie torse sur la table présente sa fente et creuse le dos. Sylvain ne peut pas manquer cette cible. Ensuite ils refusent d’accomplir dans la même position une sodomie. Je les menace de les chasser, ils font semblant, le gland ne pénètre pas vraiment le cul de Marie, Sylvain voudrait franchir le passage étroit. Marie veut garder cette gâterie pour clore la rencontre. Ils ont hâte de se retrouver seuls dans mon lit. Je les y conduis, leur rappelle où mettre la clé au départ. Sylvain la domine. Je le laisse agir à sa guise afin de saisir les signes d’une éjaculation normale au bout d’une demi-heure de frottements en tous genres. L’écoulement d’un filet de liquide blanchâtre du vagin vers le sillon des fesses serait la cerise sur le gâteau. Je me serai appliquée à filmer les visages. Dans la levrette il faut que l’homme s’allonge sur le dos de sa partenaire et pose son visage à hauteur de l’autre visage.

-Quelle imagination, insoupçonnée chez une jeune fille apparemment aussi innocente. Si je m’attendais à avoir une collaboratrice aussi douée!

Je dois la quitter. Margot me donne la main puis de façon inattendue, elle m’enlace et dépose sur mes joues deux gros bisous. Je n’ai pas prévu le baiser qui suit, sur la bouche. Mes larmes l’émeuvent. Le baiser se prolonge, délicieux et frais. J’y mets fin à regret. Cette petite mérite que je m’intéresse à elle. Mon cœur est libre désormais, la compagne neutre devient une femme possible, mes yeux découvrent une silhouette agréable, un visage intéressant, une âme qui est conquise. Nous nous reverrons.

La maison est rangée, plus rien ne traîne, même pas un slip. Marie est aimable, affectueuse. Elle veut rattraper ce soir, ce qu’elle a perdu hier. Je bois de l’eau du robinet, je me méfie. Je n’ai plus envie de coucher et de baiser, encore moins de m’assoupir, elle m’écœure. Je suis le roi de la cafetière électrique. Elle a droit à un café servi de ma main, au somnifère pris dans sa pharmacie, puisque nous partageons. Elle n’a pas un mot sur sa migraine, sur sa demi- journée de congé maladie. Elle lève sa jupe, me montre ses fesses charnues, ses hanches qui commencent à s’alourdir, sa superbe chute de reins, se tourne et rit de ma surprise: elle n’a pas remis de culotte tant elle est pressée de m’accueillir dans sa chatte. Depuis quand rase-t-elle ses poils, est-ce pour se rajeunir? Elle veut savoir où j’ai mangé à midi… J’aurais dû l’inviter au restaurant, le self commence à la lasser. Sitôt après le repas ses paupières se ferment. Je la déshabille, la vue de son corps nu me laisse de glace. Je la couche, la couvre et vais tuer le temps à la télé.

Le samedi elle annonce des courses longues. En réalité elle a rendez-vous; je sais où et avec qui. Cette façon d’agir, de me prendre pour un imbécile, me déplaît. Je veux contrarier les complices. J’insiste pour l’accompagner; je saboterai son rendez-vous avec Sylvain.

-Mais non, repose-toi.

-Ah! Non, depuis l’anniversaire de notre mariage mon amour est rafraîchi, revigoré. Je tiens absolument à t’aider.

— Tu vas t’ennuyer dans les magasins.

-Je ne m’ennuie pas quand je suis avec toi.

Elle ne réussira pas à se défaire de moi. Je l’invite au restaurant pour treize heures, je veux me faire pardonner mon oubli de jeudi. La perspective l’enchante, elle me suit mais se renfrogne en se retrouvant au restaurant de l’hôtel de la forêt. A l’heure du dessert et du café, vers quatorze heures, il faut qu’elle aille aux toilettes. Moi aussi. Après elle voudrait aller prendre l’air sur la porte. Prévenant je retarde l’arrivée du café et je l’accompagne.

-Si tu savais comme je te suis reconnaissant de nous avoir débarrassés de ton soupirant casse pieds. Devant le restaurant, je réprime mon dégoût et je l’embrasse avec la ferveur d’un jeune fiancé, car j’ai aperçu son « rendez-vous » dans sa voiture rouge.

-Attention, chéri, on va nous voir.

C’est précisément ce que je veux. Partageons, camarade: je la place dos à un arbre et m’amuse à fournir le spectacle de notre entente, je l’embrasse, je la pelote de façon indécente, visible, comme je n’aurais pas osé le faire jusqu’à jeudi matin. Je fais cadeau du spectacle au galant convoqué pour jouer mon rôle et cantonné dans celui de voyeur. Des clients toussent en passant à côté de nous. Marie doit savoir que Sylvain nous observe. Elle est prise à son piège; elle n’aime que moi, elle ne peut pas se soustraire à mes caresses. Je la chauffe.

-Il y a des individus sans gêne. Ils pourraient prendre une chambre au lieu de s’exhiber!

Café bu, je déclare une envie subite de faire l‘amour. Le passant scandalisé m’a soufflé une idée. Je loue une chambre: la quatorze est libre. C’est parfait. J’imagine la torture des deux amants, lui en train d’attendre et de se demander si Marie n’a pas trop le goût du partage, incertain de l’issue de ses efforts, dans la crainte de la voir encore amoureuse de moi, lui tourner le dos; elle dans l’impossibilité de refuser sauf à éveiller des soupçons, craignant que son jeune amant dont elle a senti poindre la jalousie ne se lasse d‘attendre.

-Tu te rends compte, ma chérie, chambre quatorze, comme quatorze années de bonheur avec toi.

Se souvient-elle de la suggestion de Sylvain. Je remue le couteau dans la plaie. Le balcon donne sur la rue. J’attends que Marie ait retiré ses vêtements et je la pousse sur le balcon en soutien-gorge. De sa voiture Sylvain n’aperçoit que le torse, je m’amuse pendant un baiser bouillant à faire baisser les bonnets sous les seins et prends en mains les deux pigeons de la poitrine libérée. Marie se tortille, veut aller se cacher, je ris de sa pruderie exagérée. La démonstration n’aura pas échappé à l’amant. Il sait que nous sommes en chambre, que ce n’est pas pour enfiler des perles. A chacun son tour, le partage est à double sens.

La haine au ventre, je fais l’amour, la succession des somnifères m’a reposé, m’a refait une santé. Marie l’a dit à Sylvain, au lit je vaux ses amants. Au début, elle ne montre pas beaucoup d‘enthousiasme. Au fur et à mesure que mes doigts réveillent ses sens, sous l‘influence de ma langue qui lèche la plage du pubis fraîchement dénudée et lisse comme une peau de gamine, puis parcourt les nymphes juteuses, je constate une réaction favorable. Elle oublie Sylvain, elle me reçoit en elle, me serre sur elle et m‘encourage à lui donner son plaisir. Ma forme et mon envie de lui fournir le meilleur souvenir font des miracles. Je ne fatigue pas, je lime inlassablement, je la pénètre en vrille, je la fais bouillir. Je lui mets une main sur la bouche pour contenir ses cris. Après sa jouissance, elle souhaite écourter le repos. Elle vient de se souvenir de la présence de Sylvain à proximité de l‘hôtel. D‘elle-même, enveloppée dans une serviette de bain, elle avance prudemment sur le balcon. Veut-elle lui faire signe, lui annoncer la fin de leur séparation. Derrière elle, au moment où elle se penche, je tire un coup sec sur le linge. Sylvain, debout en face de notre fenêtre, la voit toute nue se retourner et assiste au baiser prolongé qui nous unit sur le seuil de la chambre. Je connais les points sensibles de Marie, je la chatouille, elle se tord et rit aux éclats. Il suffit d‘une légère poussée pour la faire choir sur le matelas, en position pour une levrette. La surprise la fige, fesses en l‘air. Son sexe se fend en deux, mes doigts préparent le vestibule, ouvrent la voie à mon brandon déployé. Quelques allers retours dans les plis de la vulve, quelques coups de gland sur le clitoris et je me réfugie au chaud dans son ventre.

-Mon chéri fais attention, tu n’as pas de préservatif.

-Ne penses-tu pas qu’il serait temps d’avoir un rejeton. Ce serait merveilleux.

-Tu te décides enfin! Je désespérais, oh! Que je t’aime.

-Donc, puisque nous sommes d’accord, ne nous retenons plus.

Jeudi, dans notre lit, Sylvain n’a pris aucune précaution, je n’ai pas à être plus prudent que ce coucou qui va pondre dans mon nid. Sous mes jets de sperme Marie m’appelle, réaffirme son amour. Il me reste à accomplir une chose à laquelle je tiens. Marie veut se partager. Je vais partager tout ce qu’elle peut offrir. Nous avions fait quelques essais de sodomie pendant les premiers mois de vie conjugale. Ni l’un ni l’autre n’avions un penchant prononcé pour cette activité. J’ai entendu Sylvain promettre un feu d’artifice anal. Il est donc normal que soit partagé également le cul de l’infidèle. Elle est restée allongée sur le ventre. Ses fesses forment un monticule proéminent qui s’évase sous la taille fine Je prends position entre ses jambes

-Quoi, encore! Veux-tu que je me soulève? Tu consommes du viagra? Depuis quand?

-Depuis que tu rases ton pubis pour me plaire. Pourquoi pas? Place les coussins sous ton ventre, j’atteindrai plus facilement mon but, ou ton but en anglais.

Je fais aller et venir mon pénis dans la mouille de la vulve, me lubrifie au contact de mon sperme qui reflue, le mouvement de mon nœud s’allonge d’une extrémité du sillon à l’autre. Mes doigts ouvrent le chemin, séparent les deux hémisphères. Je bloque ma queue sur le cratère de l’anus élargi par mes pouces. Marie se contracte, trop tard, j’ai passé le sphincter, je suis au chaud mais à l’étroit. Mes mains vont s’occuper du clitoris et du vagin. Les frottements sur les extrémités nerveuses du clitoris et du vagin seront plus déterminants que la fouille anale, l’ensemble produira la montée de la jouissance. Sylvain a prévu ce programme, je l’exécute avec un malin plaisir. Le conduit se dilate, je m’y plais, je le rudoie. La conjugaison de l’action de mes doigts à l’avant et des assauts de mon pieu entre les fesses et dans le rectum a raison des réticences premières de ma femme. Elle approuve, demande de la vigueur, trouve que c’est formidable Je n’arrêterai que lorsque je ne pourrai plus marteler la rondelle. Marie s’envole, geint, reproduit les han, heu, ohoo. Des cernes entourent ses yeux, je peux encore, j’insiste.

-Oh! Toi, Oh!


Nous quittons la chambre quatorze. Marie a fait la liste des magasins à visiter. Je me dirige vers le plus éloigné. Dans mon rétroviseur je repère une petite voiture rouge.

-Non, je ne reste pas dans l’auto. As-tu honte de moi? Ma présence à tes côtés te gênerait-elle?

Elle n’ose pas l’avouer. Sylvain peut nous suivre, il n’aura pas l’occasion de lui parler. Elle s’isole dans une cabine d’habillage après m’avoir confié la mission de choisir une cravate pour moi et vérifié que je suis à bonne distance. Au hasard je saisis une cravate horrible et me rapproche de son refuge. Dans le brouhaha, je l’entends parler. Elle s’est acheté un téléphone mobile! Ce « maudit fil à la patte », disait-elle. Elle évolue avec son temps et avec ses envies de sexe. Je collerai à elle jusqu’au soir.

-Ma chérie as-tu remarqué la voiture rouge qui nous suit. Elle stationnait devant le restaurant, elle nous colle depuis notre sortie de l’hôtel, elle s’est posée sur chaque parking à proximité de notre auto. J’en ai marre, au prochain arrêt je vais voir ce qu’on me veut.

-Mais non, si ça lui fait plaisir qu’il perde son temps.

Comme promis j’aborde la voiture suiveuse et je découvre celui que je m’attendais à voir. Il fait semblant d’être absorbé par la lecture d’un journal.

-Sais-tu qui nous surveille. Devine; c’est ton admirateur, Sylvain. Est-ce qu’il te harcèle? Veux-tu que je lui fiche une trempe?

-Ne te salis pas les mains, il n’en vaut pas la peine. D’ailleurs, il reste à distance, je ne l’ai pas revu depuis son renvoi, il ne m’a pas importunée.

-Tu connais ma décision. Je ne veux plus de contact entre vous deux. Si tu le reçois encore, je te mettrai à la porte et nous divorcerons. Mais comment a-t-il su que nous étions dans ce restaurant?

-Mais arrête, mon amour. Je ne peux pas lui interdire de nous suivre. Viens terminons nos achats, nous rentrerons et nous irons danser.

-Non, ça ne me dit rien d’aller danser

-Je te jure de ne danser qu’avec toi, mon chéri.

Son insistance est louche.

-Quelle salle choisis-tu? La même que samedi? N’oublie pas ta promesse, un seul cavalier, ton mari. Elle laque ses cheveux, je suis allergique aux gaz de l’Oréal. Mais dans la salle de bain, porte close, elle téléphone. Elle se prépare, abandonne son sac main sur une chaise. Je subtilise le téléphone. Au retour elle le trouvera sur notre lit. Elle n’osera pas réclamer, par peur de m’apprendre qu’elle a cédé à la mode du mobile. Je suis distrait et j’aboutis à un bal.

-Ce n’est pas ici!

-Excuse-moi, je suis désolé. Mais c’est un bal. Nous danserons aussi bien ici.

Elle part aux toilettes, revient déboussolée. Sans téléphone dans son sac, pas moyen de convoquer Sylvain. Elle l’a envoyé dans une autre salle où il doit se morfondre. Je crois que s’il était présent, elle tenterait de m’attendrir pour partager les valses. Il y a un téléphone au bar. Je la verrais appeler. Or, elle ne va pas perdre le bénéfice de ses efforts, mensonges et tromperies de mercredi. Ils ont si bien joué leur comédie. Je commande à boire, fais tomber un somnifère dans son verre au moment où je la guide vers le plancher. Elle ne tarde pas à s’ennuyer, elle bâille. L’orchestre n’est pas bon, dit-elle, il y a trop de monde, les gens sont désagréables et la bousculent, bizarrement l’envie de danser lui passe.

-Non, tu valses bien, l’ambiance ne me plaît pas. Si on rentrait, je suis fatiguée.

Ça y est, je l’ai couchée, elle s’est endormie pendant le trajet retour. Dans la nuit un merle siffle sous nos fenêtres. Siffle Sylvain, Marie n’ouvrira pas ce soir, elle dort. Je relève tranquillement les coordonnées du mobile de Marie. Tard le dimanche matin elle fait triste mine au lever.

-Marie, tu m’inquiètes. J’ai appris que tu avais fait un malaise au travail jeudi et que tu étais venue te soigner à la maison. Pourquoi ne m’en as-tu pas parlé? Et hier tu t’es endormie bien vite. J’espère que tu n’abuses pas de somnifères.

Le ciel est gris de plomb, le temps est triste, Marie est maussade. Je lui annonce mon intention de reprendre les séances de gymnastique du lundi et de natation du mardi pour lutter contre un embonpoint naissant.

-Il serait temps. Regarde-moi, je garde ma ligne. Le jour où j’en aurai besoin je t’accompagnerai.


-Paul, c’est Margot. Je fais vite, ta femme vient de quitter le bureau. Elle veut venir discuter chez moi ce soir. Elle dira que c’est pour me mettre au courant du dernier logiciel.

-Souviens-toi, tu veux assister sans participer et leur faire cadeau de l’album de leur premier rendez-vous.


Je quitte la salle de gymnastique, passe devant ma maison. La voiture rouge n’est pas à côté de celle de Marie. Je vais chez Margot. Elle a joué l’étonnée en apprenant le but de la visite. Marie veut rencontrer un jeune homme. Margot a versé des larmes. Marie a assuré qu’elle pouvait fort bien aimer à la fois un homme et une femme. Pour la bonne cause Margot s’est laissé embrasser à pleine bouche, a frémi quand Marie a passé ses mains sous son chandail et caressé ses seins. Elles feront l’amour à deux le lendemain des rendez-vous avec son amant. Margot a refusé de partager Sylvain avec son amie Marie. Elle a posé ses conditions pour favoriser leur union. Elle exige de constituer un album de photos pour les amants. Elle ne restera pas plus d’une demi-heure, le temps de poser. De plus elle gardera pour elle les photos ou séquences où seul apparaîtra le corps de sa chère maîtresse. Celle-ci a hésité, puis admis de faire ce plaisir à sa petite chérie, en imposant comme condition de disposer de l’appartement le mardi de 17 à 19 heures dès la semaine suivante. Elle veut utiliser le temps de ma séance de natation. Elle a programmé une deuxième rencontre le mercredi pour compléter la formation au logiciel. Elle souhaite aussi disposer à l’avenir du lundi et du mardi pour ses cinq à sept. Margot chagrine a obtenu pour elle un rendez-vous le samedi après midi.


Ma serviette est mouillée, je raconte ma transpiration et mon essoufflement. Dès la fin du repas, j’irai me coucher. Marie veut voir un film à la télé. La porte de la chambre s’est ouverte, j’ai émis un ronflement, Marie a refermé la porte. Elle téléphone en utilisant son portable, sans doute pour ne pas faire apparaître le numéro de Sylvain sur ma facture de la ligne fixe. Je me relève et m’assois dans mon fauteuil, je me suis réveillé et il faut que je lui confie un souci.

-Marie, il est important que nous ayons une explication franche. Pourquoi ne m’as-tu pas parlé de ta migraine de jeudi matin?

-Je ne voulais pas t’alarmer pour si peu.

-Admettons. Je suppose que tu avais une autre raison et notre conversation est destinée à te permettre de m’éclairer. S’il te plaît ne m’interromps pas. Je me sens fautif, mon refus catégorique de te partager avec Sylvain creuse un fossé entre nous. J’ai réfléchi et voici ce que je te propose. La semaine a sept jours. Pendant le mois qui vient, tu me consacreras trois jours ici et tu disposeras de quatre jours et nuits pour vivre avec Sylvain puis quatre jours avec moi et trois avec lui et ainsi de suite. Actuellement tu as des RTT à prendre, je suggère que tu réserves à Sylvain le jeudi le vendredi le samedi et le dimanche. Vivez ensemble quatre jours complets mais en un lieu que vous choisirez, soit chez lui, soit à l’hôtel, à vous de voir. Pour l’instant il me serait insupportable de vous voir roucouler devant moi dans cette maison; les bruits du sommier malmené sous vos ruades ou tes cris de plaisir me donneraient des envies de meurtre. Je dois d’abord m’accoutumer à l’idée de te savoir entre ses bras. Tu ne peux pas me demander de but en blanc de tenir la chandelle. Je souhaite réussir un jour à vous entendre ou regarder faire l’amour. Ce n’est pas pour tout de suite. Qu’en dis-tu?

-Pourquoi ce revirement? J’ai chassé ce jeune homme. Le problème est réglé, je n’aime que toi.

— Mettons les points sur les i, puisquÉ’il le faut. A force de non dit, de mensonges par omission ou de mensonges énoncés, comme celui que tu viens de proférer, tu détruis notre union. Si c’est le but que tu poursuis, il sera vite atteint.

Jeudi, on m’a averti de ton malaise et on m’a recommandé de voler à ton secours. Je suis venu, j’ai trouvé la fameuse voiture rouge à ma place dans la cour, cette voiture conduite samedi par Sylvain. J’ai cru qu’il s’agissait de la voiture d’un médecin ou d’un infirmier. Je suis entré, j’ai suivi les vêtements jetés à la hâte et j’ai constaté que ta migraine n’était qu’un prétexte pour un rendez-vous avec ton chéri.

-Non, ce n’est pas vrai!

-Tu avais plus mal à la moule qu’à la tête. Je vous ai vus, entendus: vous étiez accouplés dans mon lit et meniez votre sabbat. J’ai appris pas mal de choses: Je suis ton fil rouge, tu as toujours eu des amants. Je t’ai suivie des yeux quand tu es allée nettoyer ton vagin après un rapport non protégé. Cette preuve de ma présence est-elle suffisante?

-Je te demande pardon. Ça n’arrivera plus.

-Ah, encore, la veille, mercredi, pendant que dans une salle de cinéma j’imaginais que vous vous donniez l’un à l’autre, vous couchiez réellement ensemble: désormais je croirai à la transmission de pensée. Sylvain bien conseillé n’a pas voulu l’admettre mais jeudi tu lui as révélé qu’il t’avait éblouie avant le repas d‘anniversaire. Au passage note comme cela vous a plu de me cocufier ce jour anniversaire là surtout, ta délicatesse ne connaît pas de limites. Enfin je pourrais te parler de l’usage de somnifères dans mon champagne pour m‘endormir plus vite afin de passer la nuit avec ce nouvel amant, de ta conversion au téléphone mobile pour l‘envoyer vers la salle de bal samedi. Tu dois comprendre maintenant pourquoi je t’ai emmenée au restaurant de la forêt puis dans la chambre quatorze où tu avais donné rendez-vous à ton coquin. Je comprends que tu sois atterrée d‘être démasquée. Averti de l’endroit où vous deviez vous retrouver, je me suis amusé à contrarier votre projet Cette vie de fourberie devient insupportable. Tu attentes à ma santé, j’ai peur de boire des breuvages ou de manger des aliments préparés par toi; tu me mens effrontément et tu me trompes sans vergogne avant de me déclarer: «  Je n‘aime que toi ». Comment oses-tu? En premier j’ai pensé divorcer. Si tu le souhaites, nous pourrons d’ailleurs nous séparer de cette façon.

Finalement j’opte momentanément pour la solution du partage. Tu peux en modifier les conditions, accorder plus de jours à ton amant qu’à ton mari ou inversement. Je ne te demande pas une réponse immédiate, à toi de peser le pour et le contre. Je résume: je sais que tu ne peux pas te passer d’un deuxième homme depuis toujours, ton amant actuel s’appelle Sylvain. En dehors des trois jours que tu me conserveras, tu vas aller vivre avec lui. Cette vie en commun vous rapprochera et je risque de te perdre complètement. Mais au moins j’aurai tenté l’impossible, même si je présume de mes forces.

-Ce que tu as vu et entendu est irréfutable. J’ai voulu éblouir Sylvain en inventant des amants. Je prenais de l’importance à ses yeux et simultanément il était noyé dans la masse, ne pouvait pas se vanter d’être le premier. Il n’avait pas besoin de s’enorgueillir d’avoir réussi là où personne ne l’avait devancé. Je te jure que c’est ma première aventure. J’ai connu des tentations, c’est ma première chute. Penses-tu sage de partager?

-L’idée si moderne n’est pas de moi mais de toi ou de Sylvain. Certains, paraît-il, s’en accommodent. Je tente l’expérience. Je n’ai rien d’autre à proposer pour garder une part de toi. Peut-être te détermineras-tu, choisiras-tu de quitter l‘un en faveur de l‘autre. Je ne sais. Peut-être me reviendras-tu, guérie de cette passion. Ce n’est pas de gaîté de cœur que j’entre dans cette voie. Je veux nous éviter les soupçons, le doute, les mensonges, l’espionnage, l’empoisonnement, la boucherie. Je fais de mon mieux, mais je ne suis pas certain de pouvoir tenir longtemps le rôle du mari complaisant. Je ne serai pas un cocu heureux, mais triste: pourras-tu supporter de me côtoyer dans cet état? L’expérience m’apprendra si je serai capable de faire l’amour avec une femme sortie toute chaude des bras d’un autre. Pendant un mois de partage en période de trois jours d’un côté ou de l’autre, je voudrais que tu puisses me dire

« Tel jour je vais chez lui, je reviendrai à telle date ».

Choisis. Mais si tu t’amuses à sortir de notre accord quand nous aurons fixé ses modalités d’application, si tu multiplies les rencontres secrètes les jours qui me sont réservés. si tu continues à te payer ma tête comme tu le fais depuis une dizaine de jours, la seule issue sensée sera le divorce. C’est peut-être la meilleure solution.

Enfin, à partir du moment où de façon régulière tu laisseras la place libre, je m’octroierai le droit de me partager entre toi et une autre femme si j’en ai l’occasion. Le droit de partage doit être réciproque. Et si mon intermittente de la vie en couple y prend goût, si elle me convainc de la garder, après le mois d’essai de partage, si tu n’as pas choisi le retour complet au bercail assez tôt, il se peut que je lui signe un cdi matrimonial.

Si tu m’aimes un tout petit peu encore, tu vas accepter une règle provisoire mais inviolable sous peine de rupture immédiate et définitive: à partir de la minute présente, tu t’engages solennellement à me prévenir des dates et lieux de tes rencontres adultères avec le dernier en date des tes amants, pour que le partage soit équitable. En corolaire nous compterons chaque rendez-vous comme une journée complète et la nuit qui suivra se déroulera pour toi en dehors de notre toit.

-Paul, ton partage n’est qu’une caricature. Ne serait-il pas plus simple de me laisser une ou deux fois deux heures de liberté par semaine. Je serais avec toi tout le reste du temps…

-C’est trop simple, tu irais tirer ton coup et tu reviendrais le ventre plein de sperme. Je serais autorisé à le pomper à la source et à te laver la chatte avec la langue? Et quoi encore? Si tu as des sentiments pour ce garçon, tu dois passer une partie de ton temps avec lui, tu dois apprendre à le connaître au quotidien pour apprécier toutes ses qualités et pas seulement ses coups de queue. Tu m’avais promis de m’aimer, de vivre tous les jours avec moi, tu as connu des choses décevantes en vivant constamment avec moi et tu t’éloignes de moi. Je te perds à moitié, je suis malheureux et impuissant à empêcher ta passion. Il ne serait pas juste que tu ne voies que les bons aspects d’un baiseur. Partage donc sa vie, ses bons et ses mauvais moments.

-Je ne veux pas te quitter. Dès que possible j’arrêterai cette relation

-Dès que possible? C‘est déjà trop tard. C’est pourquoi je t’autorise à jouer au pigeon voyageur. Tu es fatiguée de moi, tu n’as pas le courage de te l’avouer. Acceptes-tu la règle de transparence absolue sur vos rencontres?

-Mais bien sûr, cette règle et toutes celles qui me permettront de rester ta femme.

-Tu devrais consulter Sylvain le plus rapidement possible et lui présenter ma proposition, en discuter avec lui. Je sais que tu as les moyens de lui parler au téléphone. Il attend ton appel pour te souhaiter une bonne nuit et pour te conseiller de penser à lui à l’instant où je voudrai te faire l’amour. Sur ce point communique lui la première bonne nouvelle: il t’aura trois ou quatre nuits entièrement à sa disposition par semaine, j’y consens, et surtout précise lui que nous ne coucherons peut-être plus dans le même lit ni dans la même chambre; il sera ravi de l’apprendre. Mercredi soir, venez me chercher à deux, nous irons manger à trois au restaurant et, en terrain neutre, nous règlerons les modalités pratiques de ta « vie amoureuse partagée ». Par prudence pose tes RTT demain au bureau pour profiter pleinement de ton amoureux 24 heures sur 24, et prépare-toi à vivre trois jours ou quatre ou plus, sans mettre les pieds dans ton domicile conjugal. Fais tes valises et sois prête à ne pas rentrer ici dès mercredi soir. De mon côté je m’engage à ne pas essayer de te rencontrer les jours où tu lui appartiendras. Cela devrait te paraître équilibré.

-Crois-tu facile de me trouver une remplaçante à mi-temps? Tu vas vite déchanter.

-Serais-tu la seule capable de te couper en deux? Suis-je à trente cinq ans impossible à caser, trop vieux, trop moche, trop sinistre, ou trop con, trop pauvre ou trop malade? Ma position sociale me condamne-t-elle à vivre en célibataire à vie? Suis-je trop nul au lit, sexuellement impuissant au point de voir toutes les autres femmes t’imiter et me fuir? Veux-tu prendre le pari que ta remplaçante ne tardera pas.

-Je ne te vois pas comme cela, n’exagère pas. Je ne te fuis pas. Mon cœur aime deux hommes, c’est ma malédiction puisque tu le supportes si douloureusement; j’en suis bouleversée. Si je te jure que je ne verrai plus Sylvain, que je ne veux plus me partager, me croiras-tu?

-Non! Il y a cinq jours tu as fait l’amour avec lui et tu m’as lâchement endormi en espérant l’héberger et forniquer durant mon sommeil. C’est la deuxième fois en quatre jours que vous avez joué aux amants diaboliques dans notre lit. Rien ne garantit que vous n’essayerez pas de me supprimer. Je te jugerai aux actes, ta parole d’honneur n’a plus qu’une valeur relative à mes yeux de mari bafoué.

-Pourquoi ne veux-tu pas croire que je cherchais juste à ne pas te blesser en cachant cet écart?

-Duquel de tes écarts parles-tu? Tu possèdes tous les éléments nécessaires pour bâtir ton projet d’avenir avec un célibataire amoureux de toi. Voyez ensemble. Je ferai changer les serrures jeudi. Je serai à la maison dimanche, pour t’ouvrir la porte, si tu veux encore passer une partie de ton temps avec moi. Je regrette de ne pas partager tes idées modernes sur le mariage et le concubinage.

Au cours de la nuit, je sens un mouvement dans mon lit. Marie renifle, pleure, veut m’attirer en elle. Je suis inflexible, je ne suis pas un bouche trou. Elle devra se contenter d’occuper sa chambre quand elle voudra se reposer de ses excès sexuels au cours de son séjour chez l’autre. Je la chasse vers son lit.

Le mardi matin elle n’a pas préparé mon petit déjeuner. Est-ce pour m’habituer à ma prochaine période de célibat choisi? Elle ne m’a pas adressé la parole. Le soir j’ai repris mon entraînement de natation. Je soupe au restaurant et reviens chez moi à 21 heures. Douche, brosse à dents; je me couche dans la chambre d’amis. Le mercredi Marie a soigné le petit déjeuner, attend un remerciement.

-As-tu préparé tes affaires? N’as-tu rien oublié, auras-tu de quoi tenir jusqu’à dimanche? Sylvain sera-t-il au restaurant vers dix-neuf heures? Sait-il de quoi il retourne? Donne-moi ta clé de la maison, prends ton chéquier et ta carte bancaire. A ce soir donc.

Elle murmure des oui, me regarde comme si elle partait en expédition dans des terres lointaines, écrase une larme. Chacun monte dans sa voiture.

Qu’a-t-elle raconté exactement à Sylvain. La liberté donnée, l’acceptation du partage le grisent. Il me félicite de faire partie de l‘élite des esprits éclairés. Quand il apprend que ma maison n’abritera pas leurs amours, il déchante. Son appartement chez ses parents est petit. Je lui rappelle qu’il aime les lieux insolites pour ses prouesses amoureuses, y compris les capots de voiture. Il fait des yeux étonnés.

-Marie aura le temps de t’expliquer.

Si Marie cherche le confort, il y a sur place des chambres d’hôtel. Je leur recommande la quatorze que Marie a étrennée samedi. Je paie le repas et les laisse au bonheur des retrouvailles. Sylvain me serre la main, Marie est émue et m’embrasse sur les joues, pas sur la bouche.

Me voilà seul, je n’ai pas à m’inquiéter, Marie est accompagnée, il ne peut rien lui arriver. Le téléphone me tire de ma mélancolie rêveuse. C’est Margot. Marie vient de l’appeler pour savoir si elle pouvait la loger. Margot lui a demandé un court instant de réflexion, pour examiner ses possibilités d’accueil.

-Qu’est-ce que je dois lui répondre?

-Refuse et si tu veux rejoins-moi. Dis lui que tu n’as qu’un lit, que ça peut aller pour un cinq à sept à la rigueur, mais que tu dors dans ton lit et que ton appartement n’est pas conçu pour loger trois personnes.

-Je lui réponds et j’arrive.

Margot gare sa voiture dans le garage. Aussitôt après on sonne à ma porte.

-Qui est là?

-C’est Marie, je t’en prie, ouvre et prête nous la chambre d’amis pour cette nuit. Sylvain veut préparer ses parents à mon arrivée.

-J’ai bien dit que pendant le mois d’essai, cette maison n’abriterait pas vos galipettes. Débrouillez-vous, va te faire empapaouter loin de moi, je veux bien qu’il te baise ou t’encule mais pas ici. Appliquez vos idées modernes, mais hors de ma vue. Les hôtels ne manquent pas. Vous êtes des adultes, assumez.

Elle est partie en bougonnant. J’ai exposé à Margot la situation. Je veux que Marie ait une vue complète de la situation de Sylvain. Si son amour lui fait supporter les difficultés de la vie d’un chômeur, je saurai que son amour n’est pas une passade. Je faciliterai la séparation.

-Te souviens-tu de ta proposition? Si elle tient toujours, tu es à partir de maintenant ma gouvernante, mais de façon intermittente. Si Marie se partage vraiment, tu devras libérer la chambre d’amis pendant le premier mois à raison de trois jours par semaine. Au bout du mois, j’aurai trouvé le moyen de la faire partir. Je souhaite qu’elle veuille me quitter, sinon je l’y obligerai. En acceptant de se partager, elle piétine ses vœux de mariage, je ressens son escapade comme une insulte: elle n’aurait pas dû me laisser seul. Elle réfléchit avec son sexe, c’est son affaire. Elle m’a brisé le cœur, ne s’en rend pas compte, agit égoïstement sans se soucier de mes sentiments; je ne l’aimerai plus jamais. Je refuserai désormais de partager sa couche. Elle m’a juré de ne pas rencontrer Sylvain quand elle logera chez moi: si malgré ce serment elle vient à me tromper, j’aurai une excellente raison de la chasser. La maison m’appartient.

-Et moi, que fais-je dans votre histoire? Je suis le bouche trou du mois?

-Pendant ce mois tu pourras m’observer de manière à te persuader qu’en t’offrant à moi tu ne t’es pas trompée. Ensuite, je te demanderai si tu veux prendre définitivement la place libérée. Un mois c’est court pour prendre une décision aussi grave, s’il te faut plus de temps, tu me le feras savoir.

-Je réponds tout de suite: « Je t’aime ». Laisse-moi t’embrasser.

Je résiste à la tentation de l’emmener dans mon lit. Je lui réclame la plus grande discrétion si elle souhaite la réussite de mon plan. Chacun dort dans sa chambre. Mon déjeuner du lendemain m’est servi avec un sourire heureux. Nous nous retrouverons le soir. Le samedi soir Margot retourne dans son appartement; je l’appellerai après le départ de Marie. Tout s’est bien passé, c’est une excellente ménagère. La seule difficulté consiste à garder les distances. Je cours au devant des complications. J’ai exigé que Marie partage la vie de ce jeune effronté, n’est-ce pas avec l’espoir inavoué de la voir revenir au galop? Que faire de Margot alors?

Le dimanche matin débarque Marie, fière de me faire remarquer qu’elle tient parole. Elle vient de vivre pleinement son amour, dans des conditions de conte de fée. L’idée du partage est formidable. Elle est heureuse de me rejoindre. Elle sera toute à moi.

-Ça va mon chéri, je ne t’ai pas trop manqué?

-Il serait temps de t’en soucier. Mais ne t’inquiète pas, c’est une question d’habitude, je vais m’accoutumer à tes absences. Ton retour m’étonne plus que ton départ. Pourquoi quitter ton paradis et venir t’ennuyer ici?

-Je vais prendre un bain. Déjeunerons-nous au restaurant ce midi?

-Tu as vite pris des habitudes de luxe avec ton chéri. Non, je me suis mijoté hier un pot au feu, il me reste des pâtes, j’avais cuisiné pour deux car j’avais oublié que tu étais chez l’autre en train de te faire défoncer la cramouille ou élargir le trou du cul. Je rôtirai deux escalopes de poulet. Pour le dessert j’ai des pommes. Je n’ai pas acheté de vin pour éviter de noyer mon chagrin dans l’alcool, nous boirons de l’eau du robinet. Je vais suivre un régime draconien et avec le sport je compte redevenir présentable.

Le bain dure. Elle quitte la salle de bain nue comme Ève, se déhanche, tourne dans la pièce, s’expose, étudie mes réactions: il n’y a pas grand’ chose à lire sur mon visage. Je ne me jette pas sur elle, je prends mon journal et je l’ignore.

-Quoi, après quatre nuits d’abstinence, c’est tout l’effet que produit ma nudité? J’espérais un accueil chaleureux. Je suis là pour toi.

-Excuse-moi, je t’avais prévenue. Je ne me sens plus attiré par ton corps qui a été pris et repris par un autre homme dans toutes les positions. Certes ça ne se voit pas en dehors des suçons dans ton cou et sur ta cuisse gauche à hauteur de frifri. Je regrette presque de t’avoir imposé trois jours avec moi. J’ai dormi seul, j’ai cuisiné seul, seul j’ai lavé et repassé mon linge pour tuer le temps. Les femmes qui se donnent à n’importe qui courent les rues, certaines se font payer, d’autres sont contentes de trouver un compagnon. Elles ne viennent pas me parler du plaisir qu’elles ont pris ailleurs, du conte de fées qu’elles viennent de vivre, elles ont de la retenue, ou si tu préfères de la pudeur.

-Grognon. Tu étais d’accord, que me reproches-tu?

-Rien. Ce que tu ne sens pas, peut-être, ce qui te permet de passer aussi légèrement de l’un à l’autre, une inconscience et un égoïsme que je ne te connaissais pas. Ma réponse te convient-elle? Je te fais part de mes idées rétrogrades, ça soulage ma bile.

-Il ne fallait pas accepter de partager.

-Au moins n’as-tu plus besoin d’ajouter des mensonges à d’autres mensonges. Tu te partageais avant d’avoir mon accord, je ne t’ai pas offerte à ton drôle. J’ai protesté au bal, en as-tu tenu compte? Au contraire, à la première occasion tu as écarté les jambes et tu as joui avec lui dans notre lit. Et tu as remis le couvert le lendemain, à cru, sans préservatif. Ton escapade de quelques jours est un aboutissement normal de ton premier faux pas au bal. Ton amant partageur a dû t’offrir en partage à ses copains. Vous avez organisé des partouzes? Et tu voudrais émouvoir mes sens. J’imagine les flots de foutre qui ont envahi ta gorge ou qui se sont déversés dans ta foufoune assoiffée. Ta chagatte souillée ne m’inspire plus de désir. Un berlingot sucé par une armée de jeunots n’a plus de saveur pour moi. Quatre jours et quatre nuits à te vautrer avec la troupe de Sylvain, à te faire culbuter dans la nature, à te faire grimper par tes bonobos, ensemencer par des irresponsables au nom de vos idées modernes, t’ont transformée pour moi en éponge à sperme.

-Si j’avais su je ne serais pas revenue.

-Je t’autorise à t’en aller.

-Chéri, tu ne m’aimes plus? Moi je t’aime toujours autant. Viens au lit, fêter mon retour. Entre mes cuisses tu vas retrouver ta bonne humeur. Tu as besoin de câlins et ta petite femme va te gâter. Lâche ce journal. Non? Seigneur, faut-il que je m’agenouille et que je te supplie! Regarde, c’est moi, ton épouse, mon corps est toujours le même. Mes seins restent fermes, mon sexe te désire, il n’a pas changé. Mes bras te sont ouverts. Ma parole, tu veux m’humilier, tu refuses d’accomplir ton devoir conjugal?

-C’est bien à toi d’employer cette expression. Es-tu partie vivre trois jours avec Sylvain au nom du devoir conjugal? Ces mots n’ont pas le même sens pour toi et pour moi. Gave-toi de l’idée de partage, tu n’es pour ton mari cocu qu’une femme infidèle, pour une autre je dirais une salope ou une putain. Je refuse de fréquenter un vagin enragé, mal hanté. En un mot comme en cent, je ne t’aime plus.

-Mais c’est de ta faute, c’est toi qui as voulu….

-J’ai juste régularisé une situation préexistante. Tu recueillais sous notre toit un passager clandestin, il te fourrait illégalement, maintenant il est en situation régulière, te reçoit chez ses parents, te saute avec ma bénédiction, te fais vivre un conte de fées. Que veux-tu de plus? Tu as trois jours devant toi pour reposer ton sexe et ton cul avant de te faire bourrer par devant et enfiler par derrière par une pine plus jeune que la mienne. Tu seras toute neuve mercredi pour accueillir sa queue extraordinaire et pour supporter les charges de sa bande. Tu devrais me remercier d’avoir aménagé une aire de repos au milieu de tes débordements sexuels. En même temps, je te ficherai une paix royale, l’occasion de réfléchir à tête reposée, sans pression extérieure, au sens de ce que tu as fait et aux suites probables de la situation d’une femme au cœur d’artichaut et au vagin insatiable.

La porte de la chambre a claqué. J’entends des sanglots. J’aimerais lui inspirer une folle envie de se sauver. Pourquoi reste-t-elle? Sa foi dans les bienfaits du partage et son espoir de m’avoir converti à leur philosophie de libre échange sexuel viennent de voler en éclats. Mon humeur exécrable du matin, mon accueil froid et mon refus de copuler avec une femme instable devraient lui donner le courage de me plaquer pour de bon. En cas de divorce, l’abandon du domicile conjugal est un argument de poids dont la matérialité ne laisse aucun doute. Qu’elle s’en aille, je gagnerai Margot, fraîche, amoureuse de moi.


-Tu sais, j’ai réfléchi. Tu fais le méchant, mais je te connais, c’est parce que tu es malheureux. Je te dois trois jours, je resterai trois jours. Et après les trois jours je m’incrusterai. Je suis ta femme et je veux rester celle à qui tu as promis fidélité et assistance. Allez, embrasse-moi. Tu te moques, deux bisous sur les joues, c’est tout?

-Comment m’as-tu embrassé en me quittant mercredi.

-C’était devant Sylvain. Pardon, j’étais tellement embarrassée.

-Imagine que Sylvain pense à toi. Devant lui, tu ne me traites plus comme ton mari, je suis ton cocu pitoyable, méprisable. Quand tu es avec lui tu n’as plus besoin d’assistance et tu te moques de la notion surannée de fidélité, tu fais avec lui ce que tu avais promis de me réserver, tu te dénudes, tu caresses son corps, tu te livres, il te palpe, te met et j‘ai vu le plaisir que tu y prends. Alors révise le sens des mots que tu emploies.

-Sais-tu où j’ai dormi depuis mercredi?

-Au paradis si j’ai bien écouté ton récit ce matin.

-Sylvain, m’a révélé qu’il n’avait qu’une petite chambre chez ses parents, qu’il était impossible d’y vivre à deux et que la meilleure solution serait de loger à l’hôtel, en attendant que je puisse louer un appartement. Lui n’en avait pas les moyens car il est victime du chômage. En réalité il n’a jamais eu d’emploi stable. C’est juste un frimeur. Devant son refus de me présenter à ses parents je me suis énervée

-Je le savais au chômage. Voilà pourquoi je tenais à ce que tu ailles vivre tes amours ailleurs. Tu pourras l’entretenir jusqu’au jour où il dénichera une autre greluche qui aura le feu au cul et des revenus supérieurs aux tiens, assez poire pour croire qu’elle est unique et aimée. Ne l’aimes-tu plus parce qu’il est fauché?

-Il t’est facile de m’enfoncer, je me suis mal conduite, je le regrette sincèrement. Donc, mercredi j’ai voulu trouver un refuge pour la nuit. J’ai appelé une amie, elle n’a pas voulu nous héberger.

-Ce ne serait pas une dénommée Margot?

-Mais tu m’espionnes. D’où tiens-tu cette information? Ce n’est pas possible. Passons. Je suis venue à proximité de la maison au moment où tu faisais entrer une voiture conduite par une femme dans le garage. J’ai voulu t’empêcher de coucher avec elle, j’ai sonné et je t’ai demandé l’asile pour la nuit. Tu as refusé sous prétexte que nous avions un accord. Tu n’as même pas vu que je revenais seule. De retour devant l’hôtel, je me suis disputée avec Sylvain, je lui ai reproché ses mensonges, il m’a traitée de grosse salope, la situation s’est envenimée. Je lui ai demandé de partir. Il est monté dans sa voiture. J’ai pris une chambre pour une personne, tu pourras le contrôler si tu ne le sais pas déjà par ton réseau d’informateurs. Depuis Sylvain a voulu s’excuser. Il me harcèle au téléphone, dort dans sa voiture devant l’hôtel. Tu as devant toi une femme humiliée, brisée, consciente de son erreur, de sa faute, qui te supplie de pardonner tout le mal qu’elle t’a fait, résolue à ne plus recommencer. Garde-moi. Si je te dégoûte, relègue-moi dans la chambre d’amis, je serai ta bonne, ta femme de ménage, je ferai tout ce que tu voudras, je serai l’ombre de ton ombre. Mais ne me chasse pas. Le risque de te perdre m’a révélé combien je t’aime et combien j’ai besoin de toi pour être heureuse.

Elle est la deuxième à faire cette proposition d’être ma servante pour demeurer avec moi.

-Comment as-tu pu?

-Pourquoi m’as-tu laissée seule en face de ce jeune loup? J’aurais dû être plus forte; si tu étais resté à mes côtés, j’aurais résisté. Je ne t’accuse pas de ma faute, mais un couple affronte les difficultés uni. Quand tu as quitté la maison, j’ai cru que tu ne m’aimais plus. Quand Sylvain m’a appris que tu lui avais conseillé de foncer pour me conquérir, je me suis sentie trahie. Abattue, j’ai cédé. Le lendemain, il m’a convoquée en menaçant de me dénoncer. Aujourd’hui je ne sors pas des bras de Sylvain, nous avons rompu mercredi soir. Tu ne dois pas craindre de noyer ta verge dans son sperme.

-Tu as aussi rompu avec moi en quittant cette maison pour aller filer le parfait amour avec ton escroc. De mon côté, j’ai pris des engagements envers une autre femme, celle que tu as vue entrer par le garage. Accepteras-tu de me partager avec elle? Elle est jolie, intelligent, travailleuse, sensible et amoureuse de moi.

-Comme je vois tu n’as pas tardé à me remplacer. Il y a longtemps que tu la connais?

-C’est une collègue des impôts. Elle est venu m’avertir de ta migraine, était inquiète pour ta santé, a voulu m’accompagner pour m’aider à te soigner et a découvert avec moi quel remède tu utilisais pour te soigner. Comme moi elle vous a vus gigoter, vous mélanger, elle a vu Sylvain te planter sa seringue entre les cuisses, elle t’a vu courir vers ton bidet, poursuivie par un amateur de belles fesses, et elle a entendu votre conversation et vos râles de plaisir. Elle a compati, a voulu me consoler, elle a été très déçue d’apprendre que tu comptais utiliser son appartement pour vous envoyer en l’air. J’ai cru comprendre qu’elle te vouait une forme d’amour fort mal partagée.

-C’est Margot!

-Tu l’as blessée gravement. Elle occupe en ton absence la fonction de gouvernante délaissée par une épouse en goguette en compagnie d’un amant. Elle s’est retirée pour trois jours. Mercredi elle reprendra place dans la chambre d’amis. Je ne peux donc pas t’attribuer cette chambre.

-Autrement dit, elle n’est pas ta maîtresse?

-Elle a vocation à le devenir puis à m’épouser après notre éventuel divorce.

-J’accepte de te partager avec elle, même si tu ne m’accordes qu’un jour de temps à autre dans ton lit.

Que décider? Si Margot garde la chambre d’amis, je n’ai qu’une place pour toi. Viens dans mon lit fêter ton retour, j’en prends le risque. Margot comprendra, elle veut mon bonheur. Mon bonheur c’est toi, malgré les cahots. Tu m’as donné tant de plaisir en quatorze ans. Je vais te faire l’amour, te baiser, te sauter, te tringler, t’enfiler, te culbuter, te défoncer, te mettre, te prendre, te posséder, te faire jouir jusqu’à plus soif. Je ne pourrais pas vivre sans toi, tu es irremplaçable.

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