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L'étrange cas de monsieur Damien

Chapitre 1

Voyeur / Exhibition

François Damien est un homme tranquille et discret. Âgé de quarante-cinq ans, ce Montréalais d’origine s’est enfin résolu à quitter son île natale et à s’établir à la campagne. Accompagné de sa femme avec qui il partage sa vie depuis maintenant dix ans et dont il est toujours follement amoureux, il a mis à exécution le projet de se rapprocher de son travail de technicien et enquêteur pour la Sûreté du Québec. En effet il trouve maintenant plus accommodant pour ses déplacements de résider à Saint-Hyacinthe qui a donc accueilli le couple il y a bientôt six mois. Cinq kilomètres à peine séparent dorénavant le limier de son lieu de travail et François trouve cela merveilleux.

Monsieur Damien connaît à peine ses voisins. Ses voisines, devrait-on plutôt dire, puisqu’il s’agit de deux gentilles jeunes dames occupant un peu plus loin sur le même chemin un élégant cottage de style victorien. Mais les gens se voisinent très peu, leurs maisons respectives étant éloignées l’une de l’autre d’une bonne centaine de mètres.

Il y a maintenant près de deux mois, un évènement majeur est venu perturber la vie du couple nouvellement aménagé et modifier considérablement les comportements de l’homme.

Disparitions suspectes
Or un matin, se pliant aux désirs de sa femme, François se glisse à l’intérieur d’un domicile qui n’est pas le sien. Assez aisément puisque son travail exige qu’il maîtrise parfaitement les techniques requises pour s’introduire dans une habitation sans laisser de traces.

Les propriétaires de la résidence étant au travail, l’intrus se sait donc entièrement libre de ses mouvements. Agissant comme s’il connaissait déjà les lieux, il monte l’escalier menant à l’étage et gagne la chambre à coucher principale. Sur un mur on aperçoit entre deux pièces de mobilier un immense cadre révélant deux femmes s’enlaçant tendrement. La pièce entière exhale un discret parfum de féminité et de saphisme. Calmement, l’homme entreprend une fouille, ouvrant d’abord un tiroir d’une des tables de chevet. Sans surprise il y découvre une foule d’objets personnels dont un godemiché et des sangles d’attache. Un tube de lubrifiant personnel et un vibrateur sont trouvés dans la table située du côté opposé du lit.


Ces articles ne retiennent cependant pas son attention, du moins pas pour le moment.

Il se dirige vers l’immense commode qui occupe le pan de mur voisin. D’un nouveau tiroir il s’empare rapidement des articles constituant l’objet de sa quête. Il s’apprête par la suite à quitter rapidement les lieux. Une fois à l’extérieur, son intérêt se porte sur des pièces de vêtement séchant au grand air sur la corde. D’un geste de la main il accroît son butin.

C’est après le repas du soir qu’il expose fièrement ses prises à son épouse qui semble pourtant plutôt absente :

— Regarde, chérie, ce que je t’ai apporté aujourd’hui. Ne sont-elles pas mignonnes ? Examine la finesse du tissu, le délicat ourlet de dentelle. N’est-ce pas ces petites choses que tu désirais voir et toucher de tes doigts ? Imagine tes demoiselles portant ces affriolants vêtements, se rendant plus coquines et désirables que jamais. Cela ne devrait-il pas t’exciter et te faire plaisir ?


Le même soir, à la maison, deux jeunes femmes se sont mises avec perplexité à la recherche d’objets apparemment égarés :

— Dis donc, gros Minet, t’aurais pas vu mes petites culottes sexy ? demande Sophie en examinant de fond en comble son tiroir.

— Quoi ? fait à son tour Alicia qui est à fouiller le panier à lessive dans la salle d’eau voisine. Ton petit, petit slip qui ne cache presque rien ? Tu l’avais pas mis au lavage ?

Les deux filles se retrouvent nez à nez, toutes deux bredouilles.

— Moi non plus je ne vois plus mon ensemble coquin acheté chez Victoria’s Secret, ajoute la femme médecin.

— Et ce que j’avais mis à sécher sur la corde à linge a disparu, notre lingerie fine de dentelle ! conclut la jeune rouquine.

Pause. Quelques secondes de réflexion, puis:

— Ce serait pas Catherine par hasard ? avance Sophie. Elle nous l’a fait à plusieurs reprises dans le passé!

— Peut-être. Elle aura emporté nos dessous coquins dans ses bagages avant de s’envoler une nouvelle fois pour la Chine. Saprée espiègle !

C’est sur ce que nos deux tourterelles passent une nouvelle nuit dans le lit conjugal, se livrant l’une à l’autre avec tendresse dans un amour passionné. Elles s’embrassent et s’enlacent langoureusement, se bécotent en toute sensualité, épanchent l’une sur l’autre leurs douceurs, leurs baisers et leurs caresses jusqu’à se fondre ensemble dans une intime communion saphique qui fait fusionner leurs fluides corporels et conforte leur besoin d’être l’une avec l’autre, l’une contre l’autre, l’une en l’autre. Parce qu’elles n’ont nullement besoin de ces artifices ourlés de dentelle ou de ces pièces de soie fine pour se prouver l’une à l’autre qu’elles s’aiment comme deux jeunes folles. Toute leur vie elles se sont attirées et désirées au point même de figurer au premier plan de leurs rêves érotiques d’adolescentes.

C’est donc repues d’amour et de tendresse qu’elles s’abandonneront une fois de plus aux bras de Morphée.

La lettre
C’est au retour du travail, le lendemain, qu’une nouvelle surprise attend les deux filles.

— Il y avait quelque chose dans la boîte aux lettres, chérie, annonce Sophie à sa compagne de toujours Alicia. C’est une lettre qui nous est adressée. Elle n’a cependant pas d’adresse de retour.

— Montre ! fait l’autre qui en amorce aussitôt la lecture:

Bonjour, très chères. Vous serez sans doute surprises de me lire. Je vous saurais gré cependant de le faire jusqu’au bout sans porter de jugement à mon égard.

Je suis une femme qui depuis un certain temps vous observe à votre insu. Je sais que cela peut sembler non seulement inapproprié mais aussi en violation avec votre vie privée. Vous m’en voyez donc sincèrement désolée.

Sachez toutefois que cela répond à une forme de fantasme que je tente depuis longtemps de refouler chez moi. En effet, bien que je sois mariée et heureuse avec mon époux, j’éprouve toujours en moi un désir secret et une envie grandissante de m’adonner à des rapports lesbiens. Sachant, d’après mes informations et mes observations, que vous entretenez ensemble ce type de relation (vous semblez d’ailleurs être follement amoureuses l’une de l’autre), je sollicite votre aide et votre compréhension afin de satisfaire la pauvre gouine qui dort depuis si longtemps en moi.

Aussi il me ferait extrêmement plaisir de faire plus ample connaissance avec vous et de profiter de votre expérience dans le domaine. Vous allez probablement me trouver folle ou dérangée mentalement, ce qui d’ailleurs ne saurait davantage affecter mon comportement, mais permettez-moi de vous soumettre ici une liste d’actions que je vous proposerais d’accomplir en votre compagnie et ce, à votre convenance:


1.Tenir ensemble une conversation coquine entre filles;

2.Un premier baiser sur la bouche, avec ou sans participation de la langue;

3.Glisser une main dans le vêtement du haut afin de caresser les seins de l’autre;

4.Dégager un nichon du soutif et en lécher doucement le mamelon;

5.Se dévêtir l’une l’autre en ne gardant que la petite culotte. Y infiltrer la main;

6.Récolter la mouille de sa partenaire pour la lui faire goûter, et aussi l’inverse;

7.Titiller de la langue le clito de l’autre;

8.Mettre un puis deux doigts dans la chatte de sa partenaire;

9.Se faire explorer l’anus avec la langue et les doigts - faire usage d’un gode si d’accord;

10.Être attachée par l’une de vous deux et prise par l’autre jusqu’à l’atteinte de l’orgasme complet.

Cette liste n’est pas exhaustive mais je serais extrêmement reconnaissante de voir cochées les cases correspondant aux actes auxquels vous accepteriez que je m’adonne avec vous.

Je n’ai pas d’adresse de retour. Simplement laisser votre réponse dans votre boîte à lettres au bord du chemin. Quelqu’un viendra la cueillir.

Je vous demande encore une fois d’excuser mon impertinence et espère recevoir de vos nouvelles très bientôt.

Signé: Diane, une pauvre gouine qui s’est toujours ignorée.


— Bizarre comme lettre ! observe Alicia. Qui peut être cette Diane, d’après toi ?

— Aucune idée. À moins que... N’est-ce pas le prénom de notre nouvelle voisine ? suggère la jeune rouquine.

— Celle d’à côté? La femme de Monsieur Damien ? On les connaît à peine !

— Quoiqu’il en soit, c’est sûrement quelqu’un des environs qui semble nous connaître.

— Alors qu’est-ce qu’on fait de la lettre ? On la jette ?

Un moment d’hésitation est la première réponse de la jeune psychologue.

— Non, attendons ! dit Sophie. Cela vient de quelqu’un, pour sûr. Une femme, de toute évidence, qui semble perturbée et qui a probablement besoin d’aide.

Saisissant un stylo, elle enchaîne:

— Entrons dans son jeu. Je n’y vois aucun danger pour le moment, propose la fille en commençant à cocher des cases sur le papier.

— Tu irais jusque-là? demande Alicia en observant les choix de sa compagne. Nous ne connaissons rien de cette personne !

— Prends-le comme un jeu, tout simplement. Ce que je veux, c’est savoir qui viendra chercher la lettre une fois qu’elle sera remise à la rue.

La soirée passe lentement, les filles faisant tour à tour le guet à la fenêtre du salon dans l’espoir de découvrir qui se cache derrière la mystérieuse missive. Une silhouette apparaît soudain dans le noir. S’étant immobilisée devant la boîte située à une cinquantaine de mètres de la résidence, elle se saisit de l’objet que Sophie y a déposé quelques heures plus tôt, puis s’éloigne rapidement.

— Merde, j’ai pas pu voir qui c’était, il fait trop noir et la boîte est trop loin !


Aux premières loges
François Damien semble satisfait.

— Vois, ma chérie, commence-t-il en brandissant la lettre qu’il vient de récupérer. Les filles sont partantes pour t’inclure dans leurs jeux amoureux. N’est-ce pas formidable ? Mais pour te mettre davantage en appétit, j’ai préparé un petit quelque chose pour toi !

Tirant d’un geste rapide un drap voilant un objet sur pied situé devant la fenêtre, il se tourne vers la chaise de son épouse:

— Tada ! annonce-t-il en désignant un télescope dont l’objectif est braqué, cent mètres plus loin, sur la fenêtre dépourvue de rideaux de la chambre à coucher de la maison voisine.

François ajuste une dernière fois la lunette et règle le foyer. Deux femmes apparaissent au travers de la lentille. Elles se font face dans la pièce privée, souriantes, s’apprêtant apparemment de nouveau à passer ensemble de torrides moments entre amoureuses. Lentement elles s’enlacent puis s’embrassent. Leur baiser s’étire, semble ne plus vouloir prendre fin. Celle aux cheveux noirs se détache et s’affaire à déboutonner le chemisier de sa compagne qui lui sourit également. Un sein émerge discrètement du vêtement à moitié défait. Les lèvres de la grande besognent de multiples baisers ce petit nichon dont le téton disparaît rapidement sous une langue avide. L’étreinte reprend forme, plus violente, plus passionnée.

Bientôt les deux lesbiennes ne portent plus que leurs petites culottes. C’est la rousse qui la première met complètement à nu sa partenaire toujours debout, s’accroupit à ses pieds puis s’affaire sur un sexe à la toison d’ébène. La scène tombe ensuite hors-champ, les deux partenaires ayant vraisemblablement gagné le lit.

— Tu as eu le temps de voir un peu, ma chérie ? Ne sont-elles pas à croquer ? Je suis heureux que tu puisses enfin les voir de si près. Je suis certain que tu dois déjà mouiller à l’idée de te joindre à elles et de participer à leurs jeux.


***
C’est le lendemain qu’au hasard d’une activité de jardinage, Alicia revoit son voisin de rue Monsieur Damien.

— Ah, bien le bonjour ! Comment vont les choses chez vous ? lui demande poliment la femme médecin.

— Très bien, merci ! C’est toujours la routine au travail et la santé est bonne.

— Il y a bien deux mois qu’on n’a pas vu votre charmante épouse. On a su entre les branches qu’elle était très malade. Elle va bien ?

— Diane ? Oh super bien, merci. Elle va beaucoup mieux à présent. Elle ne souffre plus et se repose. Elle ne parle pas beaucoup mais comprend tout ce qu’on lui dit. Merci de vous soucier d’elle !

De retour à la maison:

— Madame LeBel nous salue, ma chérie. Quelle aimable et gentille femme ! Elle a tenu à s’informer de ton état de santé. Je lui ai dit que tout allait bien pour toi.

Il se tourne en direction de la chaise de son épouse:

— À la prochaine occasion, j’irai les visiter de nouveau. Pour toi, ma chérie.

C’est le surlendemain que, profitant une fois de plus de l’absence de ses propriétaires, François s’introduit une nouvelle fois sans problème dans la coquette résidence inoccupée. Cette fois-ci il n’y effectuera pas de larcin. Au contraire. Il monte une fois de plus à l’étage, dépose au sol son gros sac de transport et examine les lieux.

Affichant un air satisfait, il s’empare de quelques outils se trouvant dans son bagage et se met rapidement au travail. Quinze minutes à peine suffisent à compléter son ouvrage. Quelques derniers ajustements, il range ses outils et son laptop puis prend le chemin du retour, ravi de son installation.

C’est le soir venu qu’il invite de nouveau son épouse Diane à prendre place à ses côtés devant le poste informatique installé dans le boudoir de leur résidence.

— Regarde, c’est comme si tu t’y trouvais, jouant avec elles ! Vois, ma chérie, comme elles sont attirantes ! Observe leurs mouvements gracieux et cette envie charnelle qui brille dans leurs yeux !

Sur l’écran s’ouvre en effet la scène lubrique de deux jeunes femmes en train de s’aimer dans l’intimité de leur chambre à coucher. On y voit de nouveau Sophie et Alicia debout au pied du lit, toutes deux nues, se bécotant et se minouchant avec tendresse dans un nouvel élan de passion saphique.

Les deux femmes disparaissent bientôt de l’écran, s’étant déplacées vers le haut du lit. Qu’à cela ne tienne. D’un bref coup de poignet sur son joystick, François déplace la caméra, recadre le plan et fait un zoom sur les deux lesbiennes qui à présent roulent sur les draps défaits.

Dans l’intervalle, chez les filles en plein ébat :

Bzzz bzzz

— T’as pas entendu un bruit, comme un truc bizarre provenant du plafond ? demande Sophie à celle qui a commencé à lui brouter le minou.

— Un truc comme quoi ? lui demande l’autre en se léchant les babines.

— Sais pas trop. Comme un grésillement à peine audible...

— Laisse tomber, chérie. C’est sûrement ton imagination.

Alicia reprend sa besogne alors que Sophie se remet à exprimer ses gémissements de plaisir.

— Ce que tu sens bon la femme ce soir, ma biche, et ce que ta mouille goûte bon !

De retour chez les Damien, François observe à distance la progression des activités chez les deux lesbiennes puis se tourne vers le siège de sa femme :

— Tu les entends, ma chérie ? Vois comme elles se donnent du plaisir. Quelle joie de pouvoir ainsi entendre et écouter les gémissements d’une femme qui se fait envoyer au Paradis par les marques d’affection de son amoureuse ! Comme je souhaiterais te voir les joindre maintenant et t’abandonner à leurs douceurs !

Mais sa femme ne répond pas, se comportant en tout point comme si elle n’était pas là.

C’est ainsi que, devenues à leur insu les actrices d’une vidéo érotique privée, nos deux tourterelles vivent une autre nuit ponctuée de marques de tendresse et de saphiques caresses qui les uniront plus que jamais dans une intense et voluptueuse communion intime.

Voyeur par procuration
Trois jours se passeront avant la conclusion de cette histoire.

C’est peu après le repas du soir que François Damien se présente au domicile de nos deux Maskoutaines.

— Je voulais, dit-il d’une voix faible et penaude, vous rapporter vos biens.

Ce disant, il brandit devant les filles deux sacs.

— Ce sont... mes petites culottes ! s’étonne Sophie en fouillant dans l’un d’entre eux.

— Et mon ensemble de chez Victoria’s Secret ! renchérit Alicia. Comment... Comment ?

François recule de quelques pas devant la réaction des filles. Se sentant soudainement sur la défensive, il vient de se rendre compte de la portée de ses gestes.

— Je peux tout vous expliquer ! plaide-t-il pour sa défense.

Les deux jeunes femmes sont interloquées. Leur voisin, cet homme si discret, si effacé. Comment est-ce possible ?

De surprise qu’elle était, Alicia adopte maintenant une attitude de méfiance. Quel culot de la part de cet homme ! Mais Sophie modère les humeurs de sa copine. En fine psychologue, elle sait que tous les comportements trouvent leur explication et qu’une conduite irrationnelle reflète souvent des problèmes chez un individu.

— Assoyez-vous, Monsieur Damien, l’invite d’une voix douce la jeune rouquine. Nous vous écoutons.

L’homme a pris place au fauteuil, les filles sur le canapé. La courte période de silence précédant la suite de l’entretien alourdit légèrement l’atmosphère.

— Voilà, commence l’homme. Premièrement je tiens à ce que vous sachiez que je ne suis pas dérangé sur le plan sexuel et que je n’ai rien du voyeur que vous pensez peut-être avoir devant vous. Il y a dix ans je me suis marié avec une femme formidable et que j’aime toujours. Depuis le début de notre vie commune je n’hésite pas à remuer mers et mondes pour la rendre la plus heureuse possible, tellement je l’aime.

Il y a maintenant quelques semaines, Diane m’a fait un aveu. Toute sa vie, et ce même pendant notre union, elle a constamment éprouvé le désir de vivre une expérience sexuelle avec des femmes. Mais comme elle m’aimait et craignait de me décevoir ou pire, de me voir la rejeter, elle gardait profondément refoulé en elle ce fantasme saphique. Pour lui prouver que je l’aimais et qu’elle n’avait rien à craindre de ma part, je me suis d’abord introduit dans votre domicile et j’ai subtilisé quelques morceaux de linge vous appartenant. Je savais que ma femme serait heureuse de les voir de près, de les toucher, de les sentir.

J’ai par la suite permis à Diane de vous observer grâce au télescope que j’avais monté à son intention. On a ainsi pu suivre à distance certains de vos ébats à partir de chez nous. Mais ma femme en voulait davantage.

François monte à l’étage et gagne la chambre nuptiale, suivie des deux filles. Il tend les bras vers le haut du mur et retire la grille de la bouche de ventilation.

— Lors de ma dernière ’visite’, j’ai installé et caché cette webcam que j’ai reliée à votre wifi. Actionnée à distance, elle m’a permis de suivre avec précision vos activités jusque dans votre lit.

Alicia et Sophie se regardent, médusées.

— Et la lettre ? demande l’une d’entre elles.

— Il s’agissait d’une première demande de contact. Je suis certain qu’elle aurait aimé lire votre réponse par elle-même.

- Aurait? demande Alicia.

— Oui. Car en fait, je vous ai menti. Lorsque je vous ai récemment rencontrée cette semaine, Alicia, je vous avais dit que ma femme se remettait de sa maladie. Or il n’en était rien. En fait, Diane est décédée de son cancer il y a maintenant deux mois. Quarante ans, c’est trop jeune et je m’en remets encore difficilement. Ce n’est que tout dernièrement, c’est-à-dire quelque temps seulement avant son décès, qu’elle m’a fait part de son fantasme lesbien. Tous mes gestes ont donc été commis après sa mort dans le but de respecter ses dernières volontés.

— Votre femme était déjà morte et vous vous conduisiez comme si...?

— Je crois vraiment qu’elle vous aimait, qu’il y avait réellement du saphisme en elle. Elle avait probablement appris le type de relation que vous vivez par ses contacts à l’hôpital où elle travaillait. Elle aurait aimé prendre part à vos ébats. Je l’aurais amenée vous voir et l’aurais observé baiser avec vous. À défaut de pouvoir le faire, j’ai commis ces petits larcins en son nom, et je me suis organisé afin qu’on puisse suivre vos ébats à distance en imaginant toujours à chaque fois ma femme présente à mes côtés. J’approchais sa chaise de l’écran et je faisais mine de discuter avec elle pendant que je vous observais. Mais la chaise était vide.

Silencieusement, l’homme se met à sangloter.

— Ma Diane, je l’aimais tellement. Elle était toute ma vie !

L’émotion envahit la pièce. Alicia et Sophie viennent enlacer leur voisin en larmes.

— Nous sommes désolées, François, dit l’une d’elles. Sincèrement. Pouvons-nous faire quelque chose pour vous réconforter ?

— Vous pouvez garder nos culottes si vous voulez, lui propose candidement Sophie.

L’homme s’essuie les yeux et redresse la tête. Alicia, de son côté, est frappée d’une soudaine inspiration.

— Restez un peu avec nous, Monsieur Damien, lui dit-elle. Nous allons vous proposer quelque chose.

Les filles servent un verre à François et le font patienter au salon. Une fois leur préparation terminée, elles l’invitent à les rejoindre à leur chambre.

— Ce que vous êtes belles, Mesdames ! siffle l’homme en apercevant les deux tourterelles qui se présentent à lui dans d’affriolants atours, prêtes à se donner l’une à l’autre pour le bénéfice de ses yeux.

— Installez-vous confortablement au fauteuil, Monsieur Damien, et profitez bien du spectacle !

C’est ainsi que, par le voyeurisme, Sophie et Alicia invitent le jeune veuf à devenir les yeux de sa défunte épouse. Ce faisant, l’homme parviendra à faire son deuil complet en accomplissant les dernières volontés de sa femme.

Pour les remercier, en retour, le technicien-enquêteur de la Sûreté du Québec installera pour nos chères amies un système de sécurité vidéo dans leur résidence. Nos tourterelles se retrouveront ainsi à l’abri des regards indiscrets !

FIN


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