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Fantastique Bretagne

Chapitre 1

Erotique

Tréhorenteuc ; ce nom ne vous dit certainement pas grand-chose. En fait, il s’agit d’un petit village situé au cœur de la Bretagne, quasiment placé à équidistance entre l’océan Atlantique et la Manche. Afin de mieux vous faire connaître cette région, je vous dirai que cette bourgade se trouve en lisière de la forêt de Paimpont.


Si je vous parle des Chevaliers de la Table Ronde, de Merlin l’Enchanteur, ou bien encore de Guenièvre ou de la fée Morgane, vous comprendrez qu’il s’agit évidemment de la mythique forêt de Brocéliande.


Jeune officier de la marine marchande, j’avais eu la chance de trouver une petite maison – une sorte de penty breton – à proximité de ce village, et c’est là que je venais me reposer entre deux embarquements, pendant mes longues périodes de congés. Bien sûr, j’étais un peu loin de la mer, mais je ne me voyais pas arpenter chaque jour les quais à regarder le mouvement des navires. J’éprouvais ce besoin de me ressourcer, un peu loin de tout après mes voyages au long cours, dans cette terre d’Argoat où je me sentais particulièrement bien.


Je venais donc, après un voyage sur la côte d’Afrique, de retrouver mon lieu de villégiature, oubliant l’uniforme et reprenant peu à peu mes habitudes bohèmes au rythme de longues promenades au bord des étangs et dans la forêt toute proche.


Une fois par semaine, je me rendais dans une petite ville proche pour assurer mon ravitaillement ; dans ce petit supermarché, je trouvais à peu près tout ce que je voulais. C’est au cours d’un de mes passages dans ce magasin que mon regard fut attiré par un nouveau visage, une hôtesse de caisse avec de longs cheveux blonds raides, au regard enfantin, un peu malicieux. Elle semblait être toujours de bonne humeur et avait ce sourire naturel d’une fille gaie, pleine de vie. Naturellement, je passai à sa caisse et finis par échanger quelques mots. J’étais assez troublé par ses yeux verts : portait-elle des lentilles colorées comme certains jeunes le font, ou était-ce sa couleur naturelle ?


Cette charmante jeune fille m’avait troublé, et je trouvais toujours de futiles raisons pour retourner au supermarché et passer ainsi à sa caisse. Nous échangions un peu plus à chacun de mes passages. Une fois, je la taquinai gentiment en lui disant que si elle avait davantage travaillé à l’école elle ne serait pas caissière dans un supermarché. Elle me remit vertement en place en me répondant qu’elle possédait un bac plus cinq et que pour elle, travailler ici était un choix personnel. Elle avait ajouté mystérieusement qu’elle possédait certaines capacités que je ne soupçonnais même pas. J’avais simplement mémorisé, sur le badge accroché à sa blouse, son prénom : Anne.


Cela avait jeté un petit froid entre nous, et lors de mes passages suivants je plaisantais avec elle en lui racontant des blagues sur les blondes, qu’elle prenait généralement avec bonne humeur. Un jour, alors que je venais de régler mes achats, il me sembla la voir faire une sorte de signe cabalistique. Je n’y prêtai guère attention, mais alors que je repartais, le portique de détection des vols se mit à sonner, attirant l’attention du vigile qui, venant à ma rencontre, m’invita à le suivre.


N’ayant rien à me reprocher, je suivis cet homme qui me paraissait bien antipathique. C’était une espèce d’armoire à glace avec les cheveux coupés en brosse, au visage rubicond, des oreilles en feuille de chou, un nez de fouine et dont le regard inquisiteur vous mettait tout de suite mal à l’aise. Bref, le genre de personne qu’on n’a pas envie de rencontrer et qui semblait bornée, se limitant à appliquer les consignes qui lui ont été données. On sentait bien qu’avec lui, il était inutile d’argumenter.


Arrivés dans un petit local situé près de la caisse centrale, il referma la porte à clef derrière moi et me demanda de vider mes poches. Celles-ci ne contenaient pas grand-chose : juste mes clefs de voiture, un portefeuille, ainsi que le ticket des achats que je venais d’effectuer. Je lui expliquai qu’il ne trouverait rien puisqu’il n’y avait rien d’autre, et que je pouvais repartir.


Il n’apprécia sans doute pas mon arrogance, et exigea que je me déshabille entièrement afin de passer un à un mes vêtements au détecteur. J’eus beau lui dire que c’était illégal, il me répondit qu’effectivement, seules les forces de l’ordre avaient le droit de me fouiller par, mais que cela risquerait de durer beaucoup plus longtemps, et certainement après une période de garde à vue car ils ne sont pas assez nombreux dans les commissariats pour répondre à toutes les demandes.


Ne voulant pas perdre davantage de temps avec cet individu, je m’exécutai, bien que cela ne m’enchantât guère. Sous son regard malsain je retirai mes habits, enlevant selon ses exigences mon ultime sous-vêtement. Je voyais bien qu’intérieurement il jubilait : ses petits yeux porcins brillaient d’une inquiétante lueur. Il était certainement heureux de pouvoir humilier quelqu’un. Il prit tout son temps pour effectuer ses contrôles devant le détecteur et, revenant bredouille, il mit un point d’honneur à vérifier la concordance entre le contenu de mon chariot et le ticket de caisse, en pendant un temps qui me paraissait affreusement long tout en se délectant sans aucun doute de ma nudité et de la gêne que j’éprouvais.

Ses diverses vérifications n’ayant rien donné, il me rendit mes vêtements et m’autorisa à me rhabiller en bredouillant de vagues excuses, expliquant qu’il ne faisait que son travail.


Libéré, je repris mon chariot et me dirigeai vers ma voiture. Mon regard croisa celui rayonnant d’Anne, la caissière, éclairé par un large sourire. Savait-elle ce qui m’était arrivé ? Je préférai rentrer chez moi sans m’attarder.



********************************


Isolée en pleine nature, juste à l’entrée de la forêt, il y avait une sorte de taverne où j’avais l’habitude de passer mes soirées. Je m’y rendais surtout le vendredi soir, car il y avait souvent des animations diverses. C’étaient parfois des musiciens qui venaient jouer des airs celtiques, parfois des conteurs qui venaient narrer des histoires de la région, des légendes.


J’aimais bien cette ambiance et cette odeur si particulière de la tourbe se consumant lentement dans l’âtre. J’avais finis par sympathiser avec le couple qui tenait cet établissement et aussi avec les habituels consommateurs qui, comme moi, venaient passer une bonne soirée devant quelques pintes de bière.


J’y entendis beaucoup d’histoires et de légendes bretonnes ; certaines m’intéressaient beaucoup, comme celles concernant le mystérieux domaine de Trécesson, tout proche, ou encore la captive du château de Brest. Par contre, bien que je n’y croie pas du tout, les nombreuses histoires sur l’Ankoù, le serviteur de la mort avec sa charrette aux roues grinçantes, me laissaient plutôt perplexe. D’ailleurs, à plusieurs reprises la patronne de la taverne, une petite blonde toute frisottée, m’avait dit d’un air grave, sans doute pour conjurer mon incrédulité :


— Allons, Monsieur Pierre, vous ne devriez pas prendre à la légère ces histoires du passeur d’âmes : l’Ankoù, c’est un sujet grave et sérieux.


Quelque temps après l’incident du supermarché, un vendredi soir, je m’étais installé à la taverne assez tôt car il avait été annoncé qu’une certaine Anne Morg donnerait un récital de harpe celtique et jouerait également des airs traditionnels au violon. Je m’étais dit que cela allait me changer un peu des sonorités des binious et des bombardes.


Ce soir-là, j’étais installé à ma table habituelle, près du bar, assez loin de l’estrade où la musicienne devait se produire. Un petit projecteur éclairait la scène. Quand elle se présenta, je fus surpris de voir cette fille longiligne, aux longs cheveux blonds, vêtue d’une robe longue telle une antique prêtresse. Elle enchaînait les morceaux avec dextérité, parvenant à produire des sons mélodieux. J’avais par moments l’impression que les notes sortaient de son instrument comme une douce cascade qui se déversait dans la salle. À la fin de sa prestation, j’étais sous le charme tandis qu’un tonnerre d’applaudissements saluait sa performance.


Après un court entracte qui permit de se réapprovisionner en chopes de bières, elle revint sur scène avec son violon. Elle avait troqué sa robe longue pour une autre un peu plus courte, à volants. Le rythme était beaucoup plus soutenu et elle ne resta pas très longtemps figée sur son estrade : elle descendit jouer dans la salle, virevoltant entre les tables avec son instrument tel un petit lutin endiablé. On la sentait joyeuse ; son sourire était communicatif et de nombreux spectateurs frappaient dans leurs mains le tempo de ces airs folkloriques.


Quand elle passa en jouant auprès de ma table, j’eus un choc en la reconnaissant : c’était Anne, la caissière du supermarché. J’eus bien du mal à détacher mon regard du sien, comme hypnotisé par ses yeux verts magnétiques.


À l’issue de sa prestation, après avoir échangé quelques mots avec plusieurs consommateurs, elle vint s’installer à ma table, s’étonnant en souriant de ne plus me voir au supermarché. Je ne savais quoi dire dans le brouhaha ambiant, mais elle voulait en savoir plus sur moi, me connaître davantage. Finalement, elle m’invita à venir souper chez elle le lendemain.


Elle résidait non loin de chez moi, dans un penty identique au mien. Pour honorer son invitation, j’étais passé chez un fleuriste ; mais comme je trouvais ce cadeau trop banal, j’y avais ajouté un gros morceau de cristal de roche, d’une exceptionnelle pureté, rapporté d’un précédent voyage à Madagascar.


En arrivant chez elle, je fus étonné de voir ses parterres remplis de fleurs et de plantes aromatiques aussi bien entretenus. Elle m’accueillit simplement vêtue d’un long chandail en grosse laine, me remerciant pour les fleurs qu’elle plaça dans un vase. Le morceau de quartz sembla retenir son attention ; elle vérifia sa transparence dans la lumière et l’examina sur toutes ses faces. Finalement, elle le posa sur le rebord de la fenêtre, là où la réfraction des rayons du soleil couchant lui donnait un éclat particulier.


Pour le souper elle avait préparé un grand plat de haddock, avec des pommes de terre nageant dans le beurre fondu. Comment avait-elle pu deviner que c’était mon plat préféré ? Nous poursuivîmes la soirée par de longues discussions sur ma vie de marin et mes voyages, accompagnées de grandes bolées de cidre frais ; et finalement, cette soirée se termina dans son lit, après de nombreuses caresses et autres galipettes. Au petit matin, dans l’aube naissante, elle me réveilla et nous sortîmes dans le plus simple appareil pour faire à nouveau l’amour dans l’herbe fraîche pleine de rosée, sensation nouvelle pour moi, mais ô combien agréable.


Lorsqu’elle ne travaillait pas, nous passions de longues journées ensemble. Parfois elle venait chez moi, mais le plus souvent c’était chez elle que nous poursuivions nos ébats.


J’étais un peu surpris de voir que beaucoup d’animaux partageaient sa vie ; il y avait trois chats, des lapins, quelques poules, des canards, une chèvre et un poney. Chacun avait droit de sa part à des caresses, des petites friandises ou un petit mot. Elle leur parlait, et ceux-ci semblaient la comprendre.


Elle éprouvait le besoin, afin d’être plus proche de la nature, de vivre nue, et elle finit par me convaincre d’en faire autant. Heureusement que nous étions dans un endroit assez isolé, loin des regards, car j’éprouvais quelque gêne à être ainsi, d’autant que la vue de son corps provoquait un émoi que je ne pouvais dissimuler, ce qui la faisait beaucoup rire, ajoutant malicieusement que de toute façon elle pouvait voir en moi tout ce que pensais et tout ce que j’avais pu faire.


Je ne la croyais pas, mais j’aurais peut-être dû me méfier, surtout après qu’elle m’eut avoué avoir provoqué, d’un simple geste, le déclenchement du détecteur de vol du supermarché afin de me mettre mal à l’aise et de se venger gentiment de mes moqueries.


Un soir nous avions décidé, comme elle disposait de deux journées de repos, d’aller percer les secrets de la forêt de Brocéliande car elle en connaissait les moindres recoins. Nous partîmes donc au petit matin, en suivant une allée de cette immense forêt.

Au départ, je pensais que nous allions voir des lieux que connaissais déjà, tels que la Fontaine de Barenton, le Jardin aux Moines, le Chêne de Guillotin ou bien encore le Tombeau de Merlin l’Enchanteur. Mais tout à coup, délaissant cette grande allée qui conduisait à l’Arbre d’Or dressé là pour les touristes, elle obliqua et nous nous enfonçâmes dans le sous-bois sur un petit sentier escarpé dont j’ignorais l’existence ; je compris très vite qu’elle m’emmenait au fond du Val sans Retour.


Après une bonne heure de marche, nous arrivâmes dans une minuscule clairière agrémentée de quelques gros blocs de schiste rouge. Anne se déshabilla et m’invita à faire de même ; puis, s’adossant à l’une de ces grosses pierres polies par le temps, elle me demanda de lui faire l’amour.

Cela me semblait si naturel – et j’avais tellement envie d’elle – que je m’exécutai, l’embrassant, la butinant, la pénétrant, prenant le temps de me délecter de ses douces saveurs, faisant durer le plaisir. Par moments, elle poussait de petits cris ; et au milieu de ses gémissements, j’avais l’impression qu’elle s’exprimait dans une langue inconnue. Finalement, le corps secoué de spasmes, je m’épanchai en elle.


Après cette douce jouissance et tandis que je reprenais lentement mes esprits, elle me demanda innocemment :


— Au fait, connais tu l’autre nom du Val sans Retour ?


Je lui répondis que je n’en avais aucune idée, alors elle poursuivit :


— Je vais te le dire, puisque désormais tu es en mon pouvoir : ce lieu s’appelle à la fois le Val sans Retour et le Val aux Faux Amants. Le Val sans Retour parce qu’aucun chevalier n’en revenait, et aussi le Val aux Faux Amants parce qu’y étaient retenus tous les chevaliers qui avaient été infidèles à leurs amies, cette faute fût-elle commise que par une simple pensée.


Après cette révélation, je restai muet, la gorge serrée. Ainsi elle savait… M’avait-elle entraîné jusque là dans le but de se venger ? Je pensai qu’il pouvait s’agir d’une de ses mauvaises plaisanteries, mais elle avait l’air si sérieux…


Il me semblait être envoûté, ne plus avoir de volonté. Elle m’entraîna alors vers le Miroir aux Fées,

La surface de ce petit étang était sans une ride ; il n’y avait pas un souffle de vent. Sur la berge, elle me fit voir une espèce de grosse grenouille toute verte. Se saisissant d’une fine baguette de noisetier, elle toucha l’amphibien ; instantanément, j’entendis un grand bruissement de feuilles suivi d’un violent éclair. Un jeune homme nu apparut et aussitôt se prosterna aux pieds d’Anne en la suppliant de le laisser vivre sa vie d’homme. Anne lui répondit sèchement en lui cinglant sévèrement les fesses avec sa baguette :


— Tu connais l’ampleur de ta faute : je t’ai condamné à être grenouille pour l’éternité. Si je te redonne de temps en temps ta forme humaine, c’est juste pour avoir le plaisir te fouetter.


Nouveau bruissement de feuilles et violent éclair : il n’y avait plus qu’une simple grenouille ! Je me demandai si j’avais rêvé, mais le sourire d’Anne me prouvait bien le contraire…


Je n’osai pas la questionner sur ce qu’avait bien pu commettre ce jeune homme. Comment pouvait-elle être si cruelle alors que son visage angélique exprimait la douceur ? Pour me rassurer, je me dis que tout cela devait être le fruit de mon imagination.


Ainsi, Anne Morg – où plutôt Morg Anne – était une fée ? En tout cas, elle en avait les pouvoirs. Plus les heures passaient, plus je m’angoissais car la vision de cette grenouille hantait mon esprit.


Dans le soleil couchant, je finis par lui avouer ma brève liaison, un après-midi, pendant qu’elle travaillait, avec la patronne de la taverne.


À la fin de mes aveux, après un long silence, elle finit par me répondre :


— Je suis parfaitement au courant de cette histoire : je l’ai lue dans le miroir de tes yeux. Si je t’ai amené jusqu’ici, c’est parce que ta sentence sera bientôt exécutée. Tu t’es comporté comme un chien. Regarde : on te touche à peine le sexe que tu te mets à bander comme un taureau !


Joignant le geste à la parole, elle commença à me caresser, provoquant une belle érection, puis elle frotta mon phallus avec un mélange de feuilles ; j’eus l’impression qu’il grossissait encore et encore. Quand elle le trouva à son goût, elle me fit allonger sur le dos et s’empala dessus ; c’était elle qui donnait la cadence. Je pensai que, ma foi, si c’était ma punition, elle était bien agréable. J’ai éjaculé à plusieurs reprises mais mon sexe restait constamment dressé : il ne dégonflait pas.


La nuit était maintenant tombée et la pleine lune reflétait son disque d’argent sur le Miroir aux Fées. J’entendis le bruissement de feuilles suivi de l’éclair ; je scrutai les alentours pour voir ce qu’Anne allait faire apparaître.


Mais que se passe-t-il ? Je ne peux plus me tenir debout ! Je tombe à quatre pattes, roule sur le côté, essaie de me relever et retombe lamentablement tandis qu’Anne éclate d’un rire sardonique.


Finalement, elle me tire par une oreille, m’obligeant à marcher à quatre pattes jusqu’au bord de la pièce d’eau.


Ce n’est pas mon visage qui se reflète, mais une grosse tête de chien, celle d’un boxer. Je l’entends alors me dire :


— Voilà ta punition, Pierre : tu resteras ainsi pendant une lune, prisonnier dans le corps d’un chien. Tu garderas pendant tout ce temps le sexe érigé, et si tu te comportes mal, songe que j’ai aussi le pouvoir de prolonger autant que je le veux ta punition.


Je ne peux répondre que par une sorte de feulement, un gémissement plaintif, tandis qu’elle me passe autour du cou un collier auquel elle accroche une laisse, me tirant un peu pour me faire avancer. C’est ainsi que nous arrivons à un petit hotié, sorte de minuscule cabane dissimulée par de gros blocs de rocher, pour y passer la nuit.



[ à suivre ]

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