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Félline - Une BioXXXgraphie

Chapitre 5

Orgie / Partouze

Le surlendemain de la soutenance tombait un mardi. Jean partit à la faculté pour un entretien formel avec le directeur du département Mathématiques à l’antenne locale du CNRS. Sa mention lui ouvrait l’espoir d’une titularisation en tant que chercheur. L’entretien se passa aussi bien qu’il pouvait se passer, et Jean, s’il se savait en concurrence avec d’autres candidats venus de différentes facultés françaises, sortit de la faculté plein d’espoir pour sa carrière.


Dans l’ascenseur, certain que Félline se surpasserait ce jour-là, il se prit à bander. Dans quelle débauche l’entraînerait-elle aujourd’hui ? Il ouvrit la porte de l’appartement et lança son coutumier :


— Chérie, c’est moi.


Des gloussements frais, des bruits humides, provenaient de la chambre. Enlevant son blouson, Jean marcha droit à la porte. Comme il s’y attendait, il y trouva Félline complètement nue, en compagnie... d’une autre jeune femme. Blonde aux cheveux coupés à la nuque, plus grande que Félline d’une bonne quinzaine de centimètres, tout aussi élancée mais dotée de formes plus rondes, elle plut tout de suite à Jean.


— Je te présente Elsa, chéri. Tu sais, je t’ai parlé d’elle. Elle sait tout ce que je fais pour toi et elle m’a souvent dit, ces dernières semaines, qu’elle voulait absolument rencontrer celui pour qui j’étais prête à tout.

— Bonjour, Monsieur le docteur en mathématiques, dit Elsa, souriante.

— Je... Mais..., balbutia Jean.

— Oui, je sais ce que tu penses, mais c’est Elsa qui m’a convaincue de changer un peu les habitudes. Je ne vois pas comment je pourrais t’interdire de te taper d’autres filles alors que je me tape tous les mecs que je veux, tu comprends ? Et puis, pour fêter ta thèse, il fallait quelque chose de spécial.

— Et puis, renchérit Elsa, au cas où, on a tout prévu.


D’un geste preste, Elsa glissa une main sous un des oreillers et en tira un gode-ceinture aux dimensions respectables. Se mettant à genoux sur le lit, elle s’approcha de Jean, s’appuya sur son épaule, et lui murmura dans un sourire qui le rendit fou :


— Tu sais, Félline, je crois bien que je peux la baiser comme un homme. Mieux qu’un homme. On parie ?


Pour toute réponse, Jean se dénuda en un clin d’œil. Déjà Félline et Elsa se disputaient sa bite de la langue et des lèvres. A cette période de l’année, la nuit tombait déjà alors que l’après-midi n’en était qu’à son mitan : les deux femmes avaient allumé la lumière dans la chambre, et Jean songea qu’à travers la fenêtre, un observateur de l’immeuble d’en face pouvait fort bien les voir tous les trois. Cette idée lui inspira une ardeur formidable. Il saisit le menton d’Elsa, la força à relever les yeux vers lui, et lui dit :


— OK, tu baises Félline. Tu la baises de toutes tes forces. Mais après, je te ferai jouir toi comme je la fais jouir elle.


Elsa hocha la tête, le souffle court. Elle se pencha une nouvelle fois vers la bite de Jean, rejoignant Félline. Les deux femmes échangèrent un baiser puis Elsa dit :


— Je vais te défoncer, tu sais ?

— Vas-y. Je suis tout ouverte et toute trempée.


Jean, toujours debout près du lit, le sexe dans la bouche de Félline qui se tenait à quatre pattes sur l’édredon, observa Elsa passer le gode-ceinture, s’installer derrière Félline, lui lécher un instant la chatte avant de se positionner. D’un solide coup de reins, Elsa fit entrer toute la longueur du gode d’un seul coup. Sous le choc, tout le corps de Félline avança d’une dizaine de centimètres. La bite de Jean sortit de sa bouche, et ses seins vinrent s’écraser contre son ventre. Jean en profita aussitôt. Il se baissa, embrassa Félline à pleine bouche et lança une main vers son clitoris surexcité.


— Tiens donc ! Ça te plaît aussi avec une femme ? demanda Jean.

— Je n’aurais pas cru..., concéda Félline. Je n’aurais pas cru... Ho, là, là, j’ai envie d’une double !


En un éclair, Félline s’agrippa au cou de Jean, se dégagea du gode, et se retourna face à Elsa. Elle embrassa son amie de toutes ses forces, la faisant basculer à la renverse sur le lit. Déjà, continuant son étreinte, elle enfourchait Elsa. Jean vit les seins jouer les uns contre les autres, les tétons se frôler, alors que les bouches des deux femmes fusionnaient encore. Une seconde après, les hanches bien maintenues par Jean, les mains et la langue d’Elsa sur ses seins, le gode bien au fond de sa chatte, elle sentait la bite chaude et dure entrer dans son cul.


— C’est fou, ce que tu fais, dit Elsa. C’est fou.

— Baise-moi, répondit Félline. Baise-moi, Elsa, je t’en supplie.


Félline se coucha sur Elsa, laquelle l’étreignit en passant les bras autour de son dos. Les deux femmes s’embrassèrent avec passion. A présent immobile sur le gode, Félline ne sentait plus que Jean qui allait et venait dans son cul, exactement à la bonne vitesse. Il savait vraiment comment s’y prendre, avec elle.


— Tu vas jouir, remarqua Elsa. J’y crois pas, je vais te voir jouir Fé.


Le rire de Félline secoua son corps juste assez pour déclencher l’orgasme tant attendu.


— Je veux l’essayer !, s’exclama aussitôt Elsa alors que Félline retombait. Déjà Jean sortait du délicieux petit cul dont il avait tant rêvé pour s’allonger sur le lit à côté d’Elsa. Celle-ci se démenait pour enlever le gode-ceinture. Dès qu’elle s’en fut libérée, elle enjamba Jean et s’installa au-dessus de lui.


— Tu te rends compte de ce que tu vas faire, chéri ?, demanda Félline qui mordillait l’oreille de son amant.


Jean ne répondit rien, tout occupé à diriger le bassin d’Elsa vers son sexe bandé comme jamais. Félline reprit :


— Tu vas te taper une autre fille que moi. Sous mes yeux. Allez, prends-la ! Baise-la fort ! Ça te plaît ? Ça te plaît de faire ce que je fais toutes les semaines ?

— Oh oui. Oh que oui, dit finalement Jean.

— Oh... Oh..., mugit Elsa qui descendait peu à peu sur la verge de Jean, l’accueillant en elle. Oh c’est bon...


Elsa rouvrit grand les yeux, chercha Félline du regard. Elle lui dit :


— Tu as de la chance, cochonne... Oh...


Elle le prenait tout entier en elle. Jean, attentif à toutes les impressions, repérait les similitudes et les différences entre Félline et Elsa. La taille plus grande d’Elsa lui permettait de s’emparer de ses seins et de les lécher tout à son aise, ce qu’il ne pouvait pas faire avec Félline, détail qui l’avait toujours un peu frustré. Mais c’est surtout les sensations sur sa verge qui occupaient sa pensée. Malgré lui, son esprit géométrique analysait les mouvements charnels et en déduisait par construction un espace abstrait en trois dimensions. Logiquement, s’il basculait un peu le bassin vers la droite, sa verge modifierait son angle de pénétration et le gland irait toucher à l’intérieur du repli qu’il sentait, là, exactement... là.


Elsa cria.


Toute frissonnante, saisie d’une tétanie incontrôlable, elle tendit les cuisses et éjecta Jean dont la bite retomba sur son ventre dans un claquement net. Un jet de cyprine jaillit de la chatte d’Elsa et inonda le ventre de Jean, qui eut toutes les peines du monde à retenir son éjaculation.


Elsa ne pouvait contenir son hilarité. Elle s’écroula sur le lit à côté de Jean, disant entre deux éclats de rire :


— Ho, c’est bon, c’est tellement bon ! J’y crois pas...

— Tu ne m’as jamais fait jouir comme ça !, reprocha Félline à Jean.

— Qu’est-ce que tu attends ? Viens, voyons ! Je n’ai pas encore joui, je te signale.


Sans ménagement, Jean souleva Félline par les hanches, la posta au-dessus de lui, et la pénétra d’un coup. Reprenant la méthode qui venait de si bien fonctionner avec Elsa, il visualisa l’espace tridimensionnel du vagin de Félline. Il le connaissait bien, et en avait exploré presque tous les secrets, mais il restait une toute petite zone, pratiquement à l’entrée, au niveau du pubis, à laquelle il n’avait pas accordé une importance particulière. Il avait toujours cru que pénétrer en profondeur rendait Félline folle, et il l’avait en effet souvent fait jouir de la sorte, mais cette fois il s’obligea à n’entrer que d’une demi-douzaine de centimètres.


— C’est là, chérie ?


Félline ne répondit rien, concentrée sur ses sensations.


— Allez, ruisselle-lui dessus, encouragea Elsa.


Félline la regarda et lui dit :


— Alors viens, embrasse-moi, caresse-moi.


Elsa ne se fit pas prier. Reprenant l’initiative, elle se redressa à genoux et vint s’installer juste derrière Félline, qui chevauchait toujours Jean. Collée les seins contre le dos de son amie, la jolie blonde écarta du menton la cascade brune de la chevelure de Félline, trouva le chemin de ses lèvres, et unit son souffle au sien. De la main droite, elle posa son index et son majeur sur le clitoris de Félline, qu’elle fit rouler entre ses doigts, pendant que de la main gauche, passant sous les fesses de Félline, elle saisit la hampe de Jean pour le branler délicatement. Félline se raidit soudain. Le flot de cyprine chaude qui déferla d’elle fit sortir Jean de sa chatte. Félline s’écrasa contre le torse de Jean, vaincue. Le souvenir de l’auteur d’histoires pornographiques lui revint en tête, notamment une phrase qu’il avait dite de manière incidente, quand Félline lui avait dit que Jean était mathématicien : « Contrairement aux idées reçues, rien ne vaut un bon intello. » On n’aurait su mieux dire.


— Chéri..., prononça-t-elle en l’embrassant, transportée d’amour.

— Hé !, s’exclama Jean, surpris de ce qu’il sentait.


Repoussant Félline vers le haut, Elsa s’était replacée au-dessus de Jean et l’accueillait en elle encore une fois.


— Je ne vais pas pouvoir me retenir longtemps..., prévint Jean, qui serrait Félline sur sa poitrine.

Je vais... Elsa, je vais jouir... Je...


Le flot de sperme bondit jusqu’au fond de la matrice d’Elsa, provoquant en elle un nouvel orgasme. Quand elle eut repris ses esprits, alors que Jean mollissait en elle sans quitter sa chatte, elle se coucha délicatement au-dessus de Félline.


Cette dernière goûtait l’instant, vidée de toutes ses forces, satisfaite comme jamais. L’odeur de son amant se mêlait à celle de sa meilleure amie. Il faisait délicieusement bon dans la chambre, dans la chaleur qu’irradiait Jean contre ses seins, Elsa dans son dos. Jean posa ses bras dans le dos d’Elsa et tous trois restèrent enlacés dans un moment de pure intimité, de pur bonheur.


Elsa resta avec eux toute la nuit, poursuivant l’orgie jusqu’aux petites heures du jour, essayant toutes les combinaisons et toutes les positions. Pour la première fois, ils étaient trois à dormir dans le lit de Jean, repus de luxure. Les deux femmes avaient tellement léché tout ce qui leur passait à portée de bouche, s’étaient tellement embrassées, avait tellement bu du sperme de Jean à la chatte l’une de l’autre, que leurs langues leur faisaient mal. Elles avaient tant baisé, avec une telle force, et pendant si longtemps, qu’elles étaient courbatues jusque dans les épaules. Jean éprouvait à la base du gland une lassitude qui ne le quitterait pas de trois jours, comme si son sexe était anesthésié.


Les règles étaient les règles : la troisième, notamment, devait s’appliquer à Elsa comme à n’importe quel autre amant que Félline avait reçu. La blonde quitta l’appartement sans espoir de retour ; mais le regret qu’elle en ressentait, elle n’était pas la seule à l’éprouver.



*


— Comment, pas retenu ?

— Monsieur, comprenez-nous bien, reprit le directeur du département Mathématiques. Il regardait Jean droit dans les yeux et faisait front, sans ciller, à l’indignation du jeune thésard. La qualité de votre travail n’est pas en cause, pas le moins du monde, au contraire. Vos recherches portent sur des questions d’un extrême intérêt, et le comité directeur considère que vous possédez toutes les qualités requises pour diriger une équipe.

— Alors ?

— Alors vous avez toutes vos chances dans une autre faculté. Des postes se libèrent à Strasbourg et à Montpellier, peut-être même à Nantes.

— Mais c’est au diable Vauvert ! Monsieur, toute ma famille, toute ma vie est ici. Je ne comprends pas...


Jean se tut, plus désarçonné qu’il ne l’avait jamais été. Le directeur l’observa, puis dit :


— Vous pouvez garder un secret, Monsieur.

— Evide...

— Ce n’est pas une question. Je ne devrais peut-être pas vous dire cela, mais ce sont des motifs extra-universitaires qui ont déterminé la décision de vous écarter. Nous avons eu vent de vos, comment dirai-je... fredaines. Votre actuelle compagne, une jeune femme charmante au demeurant, a...

— C’est de ma vie privée que vous parlez, Monsieur. Je ne vois pas le rapport avec ma titularisation.

— Oui. Vous ignorez sans doute que lors d’une de vos petites, euh, fiestas, votre compagne s’est commise avec un homme qui ne nous est pas inconnu, puisqu’il travaille ici.

— Pardon ? Qui ça ?

— Cela n’a aucune importance. Il fait partie de notre personnel. Vous l’avez certainement déjà croisé dans les couloirs, sans prêter la moindre attention à lui. Mais lui vous a tout de suite reconnu. Il a eu l’excellente idée, ou plutôt l’idée totalement stupide, de raconter par le menu tout ce que vous aviez fait tous les trois, chez vous, avec tous les détails, et...

— Nous avons pourtant toujours explicité notre exigence de secret absolu sur nos identités !

— Je n’en doute pas. Mais le garçon dont je parle a jugé plus croustillant, j’imagine, de tout dévoiler à ses collègues de travail.

— Le con ! Oh, pardonnez-moi, Monsieur, se reprit aussitôt Jean, rougissant.

— J’imagine, Monsieur, que c’est précisément sur ce critère que votre compagne l’avait choisi.


Jean s’effondra sur sa chaise. Le directeur reprit :


— Quand nous recrutons un futur titulaire, nous commençons par une enquête de moralité. Nos chercheurs doivent, au moins en apparence, être irréprochables. Imaginez qu’une étudiante apprenne vos mœurs et tente, ensuite, de vous soumettre à un chantage. Sans même parler de conséquences pénales pour vous, la faculté ne peut pas se permettre un scandale, vu la concurrence actuelle entre les établissements d’enseignement supérieur, surtout au niveau européen. Vous comprenez ce que je vous dis ?

— Je comprends que je peux postuler n’importe où à condition que l’on ne connaisse pas Félline.

— Non, Monsieur. Vous pensez bien que, si vous postulez dans une autre université, le premier réflexe du comité directeur local sera de m’appeler pour me demander les raisons qui nous ont poussés à écarter votre candidature, et je ne saurais mentir à mes homologues.

— Ah, bravo ! Bel esprit de délation !

— N’importe quel directeur de département agirait exactement comme moi, Monsieur.

— Bon !, s’exclama Jean, furieux. Et si je romps avec Félline, vous me prenez ?


Le directeur le fixa du regard avant de répondre.


— Notre décision est irrévocable. Ailleurs, une carrière brillante vous attend sans doute. Sous conditions, évidemment. Mais j’appuierai votre candidature de tout mon poids si ces conditions sont remplies.


Les dents serrées, Jean se leva avec humeur. Il allait sortir du bureau quand la voix du directeur, dans son dos, lui lança :


— Cette jeune femme mérite-t-elle que vous lui sacrifiiez votre avenir ? Réfléchissez bien, Jean. Et bonne chance.



*


Félline ne se remit jamais vraiment de la rupture, malgré les explications circonstanciées de Jean. Quand elle apprit, trois mois plus tard, que Jean, non content de s’être installé à l’autre bout du pays, n’y vivait plus seul, elle crut devenir folle furieuse. Quand elle découvrit que la nouvelle compagne de Jean n’était autre qu’Elsa, et que le succès souriait au nouveau couple fraîchement fiancé, elle sombra dans une dépression profonde.


Dégoûtée des relations humaines, amputée de toute estime d’elle-même, amoindrie par le chagrin, diminuée par un manque de confiance en soi, elle cessa peu à peu ses activités sportives et abandonna ses études. Un travail alimentaire pourvut à ses besoins. Elle noyait chaque soir son oreiller sous les pleurs.


Mais les personnalités de la trempe de Félline ne supportent pas longtemps de se morfondre. Quittée par l’amour de sa vie, humiliée par sa meilleure amie, Félline décida de devenir la maîtresse de toutes les femmes, et la proie de tous les hommes. Avec une résolution peu commune, elle se précipita dans une débauche furieuse. Sa frimousse toujours angélique, ses formes de femme-enfant, sa complète absence de limites la rendirent bientôt célèbre dans le milieu libertin. Pas une semaine ne s’écoulait sans qu’on la vît, dans une orgie, accepter de parfaits inconnus dans des doubles et même des triples pénétrations, ou sans qu’on entendît son souffle s’accélérer et sa voix crier sa jouissance sous les assauts d’une femme. Elle était dépendante au sexe comme à une drogue dure.


Elle préférait par-dessus tout les enterrements de vies de garçon, quand la chance lui était offerte de rendre infidèle par anticipation un futur époux. Débaucher le futur marié, le laisser s’amuser à sa guise avec tous les recoins de son corps de parfaite petite salope, accueillir ses éjaculations dans sa bouche, dans sa chatte, dans son cul, lui faire sentir jusqu’à la douleur tout ce qu’il ratait, lui inspirer pour les jours suivants un savant mélange de chagrin, de culpabilité et de regret, lui faire, somme toute, partager un peu de son désespoir, conduisait Félline à une jubilation d’une extrême perversité.


Demeuré son confident, témoin désolé de son itinéraire, j’étais certain qu’elle aurait fini par se suicider, à la longue, quand elle aurait pris conscience de sa déchéance physique, morale et intellectuelle. Je venais l’attendre, semaine après semaine, au sortir de ses partouzes. Elle montait dans ma voiture, douchée de frais, fatiguée mais souriante, l’air de plus en plus éteint et indifférente, au fil des saisons.


Jusqu’à ce jour de juin dernier, quand elle commença à remonter la pente, dans une métamorphose si rapide qu’elle déjoua tous mes pronostics.


Contactée par un certain Adrien, elle avait accepté de participer à un énième enterrement de vie de garçon, dont le bouquet final, une orgie classique, devait avoir lieu dans la campagne à une vingtaine de kilomètres de la ville. Félline m’indiqua les coordonnées et je promis d’aller l’attendre, comme à notre habitude.


Félline, à peine arrivée sur place, vers onze heures du soir, savait qu’elle aurait pour public tous les garçons invités, pendant que le futur marié, isolé dans une chambre de la maison, bénéficierait des bontés d’une autre fille, Audrey, une brunette aux formes stupéfiantes que Félline connaissait bien pour avoir plusieurs fois partouzé avec elle.


Dans un premier temps, Félline avait voulu temporiser avec les six garçons qui l’avaient accueillie : elle avait voulu commencer par un strip-tease assez lent, au cours duquel chacun aurait l’occasion de bien s’exciter, avant de passer aux choses sérieuses. Mais Adrien ne lui avait pas laissé ce loisir. Précédée par sa réputation, Félline fut très vite sollicitée pour aller beaucoup plus loin. Sans être pour elle un record absolu, six hommes constituaient pour Félline un défi assez rare. Ils avaient assez d’expérience pour se montrer, tous ensemble, fermes à la débauche mais attentionnés pour leur partenaire. Très vite, elle s’amusa bien plus qu’elle ne l’aurait imaginé. D’abord, ils avaient été assez courtois pour lui proposer de manger quelques petits-fours et de boire quelques verres. Ils n’avaient pas négligé une conversation détendue et aimable. Aucun d’entre eux ne trouvait spirituel de commenter grassement ses performances ou son physique. Nul ne trouvait drôle de plaisanter de la manière la plus vulgaire. Ils voulaient tous, sincèrement, qu’elle se sente à son aise avec eux et bientôt, elle se sentit plus excitée qu’elle ne voulait le laisser paraître.


Quand l’orgasme monta en elle, sous les assauts combinés de trois garçons, elle ne put retenir un cri de plaisir. Presque aussitôt, ses amants éjaculèrent, qui dans son cul, qui dans sa chatte, qui dans sa bouche et sur son visage, qui sur son dos. Tous se retirèrent, laissant Félline à genoux au milieu d’eux, satisfaite et rieuse.


— Et le futur marié ? demanda-t-elle. Il s’amuse bien lui aussi ?


Justement, il entrait. Attiré par le cri de jouissance de Félline, il avait planté là sa partenaire qui, de la chambre, le hélait pour qu’il revienne. Félline, au milieu du salon, avait reconnu son pas avant même de se retourner pour voir sa silhouette s’approcher d’elle.


— Jean !

— Félline !


Jean se tourna vers Adrien.


— Espèce de con !, l’invectiva-t-il.

— Content de ta surprise, mec ? demanda Adrien, un sourire narquois aux lèvres.


C’était logique. Pourquoi Jean aurait-il fêté son prochain mariage avec Elsa là-bas, à l’autre bout de la France, où il ne connaissait personne ? Tous ses amis étaient ici.


Jean et Félline se regardaient, interdits. Adrien commanda à toute la troupe :


— Eh, les mecs, il y a une autre morue à baiser.


Dans un rire carnassier, ils quittèrent le salon et se dirigèrent vers la chambre où Audrey les attendait.


— Fé..., dit Jean en s’agenouillant près de son ex-compagne.

— Désolée, chéri, je suis pleine de sperme, dit Félline en s’essuyant le visage tant bien que mal.

— Aucune importance.


Il l’enlaça, lui couvrant le visage de baisers. Il sentait l’odeur du sperme partout sur Félline, et pourtant il ne pouvait s’empêcher de caresser la longue chevelure noire, les épaules fluettes, les hanches délicates, les fesses musclées, toutes les inflexions de ce corps qu’il avait si bien connu.


Elle répondait à ses baisers avec une ardeur qu’elle ne se connaissait plus depuis longtemps. Elle aurait donné toutes ses débauches de ces derniers mois pour ce seul moment de retrouvailles. Tendrement, lentement, il la coucha sur le tapis du salon, caressa les seins menus, le ventre doux, la toison coupée ras.


Quand il entra en elle, il ne s’aperçut même pas de la coulée de foutre qui la remplissait. Il lui fit l’amour comme jadis, comme jamais, avec une tendresse infinie et une générosité d’ange. Auguste, immense, éternel, leur orgasme commun monta en eux comme un typhon, avec la même chaleur humide, avec la même violence tourbillonnante. Comme soustraits au monde, ils n’entendirent pas les cris de plaisir venus de la chambre, là-bas, en bas, très loin au-dessous du faîte de bonheur auquel ils atteignaient.


La jouissance éclata en eux comme un soleil s’allume dans le noir de l’espace.


— Je t’aime, Jean.

— Je t’aime, Félline.


Je les vis sortir ensemble de la maison, main dans la main. Ils souriaient. J’avais deviné tout de suite l’identité du beau jeune homme. Je voyais bien qu’ils ne s’étaient pas nettoyés, et que j’en serais quitte pour briquer la banquette arrière de ma voiture.


Alors que je les conduisais jusqu’à l’appartement de Félline, je les entendis faire l’amour, leurs souffles mêlés juste derrière mon épaule. Pour la première fois de ma vie, j’entendis Félline jouir de toute son âme. C’était le soir de ses vingt-et-un ans.


— Au revoir, et merci, me dit Félline avant de claquer la portière.


Elle ne me donnerait plus jamais de nouvelles, je le savais, parce que je la savais heureuse.


Et, conduisant à travers la ville pour rentrer chez moi, dans les rues endormies, je l’étais aussi.

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