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Femme à lunettes

Chapitre unique

Linotte et lunettes

Histoire médaillée
Voyeur / Exhibition

Aucun message privé SVP. Bonnes lectures.



Le banc



Tout d’abord, je n’avais jeté qu’un rapide coup d’œil à l’arrivée de mon voisin. Il m’avait adressé un petit bonjour, assorti d’un sourire, en s’installant face à moi. Et j’avais imité cette démonstration polie en le regardant s’assoir et prendre ses aises, songeant que s’en était fini de ma quiétude. Puis, j’avais porté mon regard vers le fond de mon domaine. Je dis « mon domaine », parce que je considère l’endroit comme mien depuis que je l’ai découvert. Il est délaissé de visiteurs et de promeneurs la plupart du temps, abandonné des brestois avides de bords de mer et personne n’y vient pratiquement jamais. Je suis assise dans une allée parsemée de six bancs de bois ternis par le temps. Une allée de terre plus ou moins gravillonnée se transformant plus loin en un petit sentier menant à un minuscule bois de saules, accolé à un petit plan d’eau. Ce bout de nature est redevenu ce que j’aime le plus dans les environs. Un petit coin de calme ayant retrouvé un peu de son naturel. C’est devenu un luxe non loin de nos citées sans nature.



Quel âge peut-il avoir mon importun ? Pas loin de la moitié du mien certainement. Une petite vingtaine d’année. Un jeunot que je ne suis pas capable de situer parmi ses pairs. Pas de smartphone scotché aux doigts, pas d’oreilles prises par des écouteurs. Il est seul, ce qui je crois devient relativement rare chez nos jeunots français. Il ne me paraît pas coller à l’image des jeunes que je croise dans ma vie professionnelle ou personnelle. La plupart des jeunes hommes que je fréquente ne sont pas très à l’aise en ma présence. Dans ma vie professionnelle, pour la bonne raison qu’ils ont souvent besoin de moi et de conseils pour les aider, ou encore pour les guider et ils n’aiment pas vraiment ça. Dépendre ou suivre l’avis des autres, c’est pour eux déchoir. Et puis, ma profession rebute encore trop de monde et en fait fuir d’autres. Enfin, c’est ce que ces jeunes gens me donnent comme impression. Quant au privé, s’il arrive que je me mêle à cette faune de jeunesse, la plupart de ceux que j’approche finissent par m’éviter. Parce qu’ils ne cherchent pas à se mêler aux gens plus âgés certainement. Et également pour d’autres raisons que je ne comprends pas. Les seuls jeunes qui m’apprécient sont les jeunes judokas qui fréquentent les dojos bretons. Ceux-là oui, ils m’aiment bien.



Lui, mon voisin de banc, s’est tout de suite montré très à l’aise. Il n’a plus cessé de m’observer à peine assis sur son banc et son sac de toile posé à ses côtés. Pas un instant il ne m’a quittée des yeux. Alors même que je regardais le minuscule étang, lui, m’observait en silence. Jusqu’à ce que légèrement agacée, je pose mes yeux sur lui. Ce qui n’a pas paru le déstabiliser le moins du monde, ni lui faire détourner le regard. S’il est très jeune, il n’est pas timide.



Nos bancs sont séparés par la petite allée. Éloignés de cinq ou six mètres à peine. Une petite distance pour beaucoup me direz-vous. C’est vrai. Malheureusement, en voulant en apprendre un peu plus sur cet énergumène, je m’aperçois que j’ai omis de prendre mes lunettes. Quelle godiche. Et moi qui suis venue pour contempler une fois encore, l’une des vues que je préfère dans les alentours de Brest. Bravo ma grande ! Et donc, je suis incapable de dire si ce freluquet est simplement beau ou très beau. Parce que bon, ma vue certes affaiblie par mon âge canonique, me permet encore de conclure que ce jeune gars est plutôt mignon. Une tignasse de jais coiffée à la diable et, il me semble, des yeux clairs. Je devine des traits réguliers et j’ai trouvé sa voix grave assez belle quand il m’a saluée de son petit bonjour. Et puis, son sourire avait l’air charmant. Je suis même sûre qu’il l’était. Mon jeune visiteur doit avoir beaucoup de charme. Et dire que je viens de dilapider une somme rondelette pour des lunettes neuves. Deux paires en fait. L’une, rouge vif, taillée dans du titane, soutenant des verres Varilux ronds. L’autre, ma préférée a été dessinée tout en finesse et délicatesse. Couleur blanche aux verres fins rectangulaires. Lunette et linotte sont des mots qui se ressemblent. J’ai oublié mes bésicles dans ma voiture.



Il fait relativement doux et mon voisin ne porte rien d’autre qu’une paire de chaussures légères en toile sans lacets, un pull aussi noir que ses cheveux et des pantalons gris perle. Il m’a paru grand. Peut-être un peu plus grand que moi. C’est l’impression qu’il m’a donnée en passant devant moi. Mince et pas très costaud. Enfin, il n’a rien d’un freluquet sans être taillé comme un bahut normand. Plutôt grand et plutôt mince. Et beau. Il doit certainement passer ses loisirs à débusquer la gueuse. Grand bien lui fasse. À moi, il me gâche le paysage le bougre.



Mon petit examen achevé, je me laisse aller à mes réflexions. Ma tranquillité est troublée alors autant quitter les lieux. Je n’ai pourtant pas envie de rentrer chez moi. Alors, j’axe mes réflexions sur mon devenir proche. Je cherche où aller passer un moment avant de regagner mes pénates. Autant m’en aller pour m’installer face au *goulet, histoire de me détendre un peu avant d’affronter une soirée que je devine morose et solitaire. Juste avant de quitter mon banc, j’ai remarqué que le jeune type bougeait. Un mouvement lent et ses mains s’activaient. Allez savoir pourquoi, j’ai imaginé qu’il déballait un casse-croûte tiré de son léger sac de toile rouge. Un sandwich ou l’un de ces hamburgers qui finissent par empêcher les fesses américaines de tenir dans les jeans devenus pour la plupart chinois. J’adore ça moi, les hamburgers et cette pensée m’a aussitôt donné faim. Mon voisin avait bien déballé quelque chose. Et, que je me sois fourvoyée sur la teneur de ce déballage n’a absolument aucun lien avec ma vision déclinante. Je me suis simplement perdue en idées un brin embrouillées. Évidemment, le fait que la braguette de ces pantalons soit ouverte sur un sexe dressé et dur m’a aussitôt interpellée. Un membre qui a l’air lourd mais qui se dresse tout de même comme un mât solide. Il me semble que la main qui le branle n’en cache qu’une partie. Et bien sûr, c’est une raison supplémentaire qui me fait réfléchir au fait que je suis incapable de situer cet énergumène parmi la faune de nos jeunes d’aujourd’hui. Et puis, cette drôle de surprise me colle à nouveau face à mon problème de vue en berne. Franchement, jouer la voyeuse alors que je ne peux pas apprécier pleinement ce que ce jeune exhibitionniste tient à me montrer, serait un tantinet ridicule. C’est peut-être le signe que je suis trop vieille pour ce genre de jeux. Bon... Et voilà maintenant que je cause comme une vieille. Allons donc, mémère ferait mieux de prendre le large.



* Goulet. Bras de mer amenant les bateaux à la rade de Brest.



Le freluquet exhibitionniste



La question idiote se savoir ce que contient le sac de toile du jeune gars m’effleure et l’idée que décidément, je suis parfois un peu tordue me traverse l’esprit. Ou, c’est un moyen comme un autre que mon subconscient emploie pour tenter de me tirer d’affaire. Parce que bon, si je ne panique pas, je suis un tantinet perplexe. Me lever et partir ? Bien sûr. C’est le mieux que je puisse faire. Un esclandre ne serait pas de mise. Je n’éprouve aucune frayeur et ne ressens aucun malaise. Donc, crier au scandale serait de la pure mauvaise foi. D’ailleurs, je ne sais pas feindre. La situation m’amuserait presque si je ne trimballais pas une mauvaise humeur, dont je ne connais pas même l’origine, et ce depuis mon lever. De plus, me montrer désagréable devant ce type serait me forcer. D’autres prendrait son comportement pour un outrage. Pas moi. Tant qu’il ne se montre pas grossier ou agressif envers moi, je ne prendrais pas la mouche. Je sais ce qu’éprouve celle qui aime s’exhiber. Je suppose que ce jeune gars s’attend au pire malgré le sourire mi-figue mi-raisin qu’il affiche en lorgnant vers mon banc. Cette expression de mi-figue mi-raisin n’ayant absolument aucun rapport avec ma vue défaillante. Je n’ai pas besoin de lunettes pour savoir ce jeune gars excité, sa grosse queue dure et tendue en est la preuve évidente.


– Vous ne partez pas ?


Je ne m’étais pas trompée sur son timbre de voix. Chaude et grave, agréable même si pas véritablement bien assortie au personnage. Une voix de stentor.


– À vrai dire… J’hésite…


Il n’a pas répondu mais n’a pas détourné les yeux. Il peut continuer à jouer au cador des bancs publics si ça l’amuse, je sais pertinemment, que je suis bien plus à l’aise que lui. Les mâles Alpha ne sont intéressants que quand ils le sont réellement.



L’exhibition chez une femme entraîne immanquablement le terme de salope, utilisé ou non sous forme d’un certain compliment. Cela ne va pas plus loin. Il est même très rare que l’on prenne une exhibition féminine pour une agression. À part évidemment si la salope en question pousse l’idiotie en exécutant son petit numéro devant n’importe qui. S’employer à ce petit jeu devant un couple par exemple, nécessite une certaine connaissance du public sur place. Sans être sûre que madame saura apprécier une exhibition ou tout au moins, ne se transformera pas en mégère ivre de jalousie, il vaut mieux laisser sa moule bien fermée et accrochée à son rocher en sa présence. Il est toujours facile, avec un peu de patience et une certaine attention, de s’exhiber pour le plaisir des deux partis. Salope et voyeurs. Chez les hommes, le voyeur ou l’exhibitionniste se passera systématiquement, ou très souvent en tout cas, pour un pervers. Un pervers chafouin. Pourquoi ? J’avoue que l’excuse un peu facile que regarder une femme est plus excitant, ou plus agréable, me vient à l’esprit quand je réfléchis à cette petite question. Mais je ne suis sûre de rien.


– Vous n’avez pas peur j’espère ?


Freluquet ! Non pas que le mot me vienne de par l’apparence physique de mon jeune admirateur, mais plutôt de par son comportement. Et oui, j’ai bien pensé à admirateur sur l’instant. Mais bon, c’était dans le désordre de mes pensées un brin bousculées. Qui d’autre qu’un admirateur pourrait bander d’aussi belle manière en regardant une femme ? Eh bien, tout le monde, en fait. Enfin, tout exhibitionniste en herbe tombant sur une nana esseulée. Et si elle n’est pas trop mal fichue, c’est juste une cerise sur le gâteau. L’exhibition est affaire d’égoïsme en premier lieu. C’est aussi simple que cela. S’exhiber est excitant ou l’on ne le fait pas.


– Non. Je n’ai pas peur.


– Cool… Ma queue vous plaît ?


– Pas vraiment. Je suis de trop mauvaise humeur pour apprécier ton petit numéro.


Bon. Là, il peut soit s’effondrer et quitter le banc en timide éconduit, soit partir en m’insultant. Quoi qu’il en soit, sa superbe érection devrait fondre comme neige au soleil. Ou, et l’idée est aguichante, elle pourrait fondre comme une bandaison rend les armes sous les doigts ou les lèvres.


– Dommage. Vous êtes sacrément bandante.


Il a bougé et ses doigts ont rangé lentement l’attirail qu’il exhibait. Un paon dépité qui abandonne la joute et cache sa roue après sa cour. Pourtant, le freluquet bande toujours dur et son sexe en pleine gloire maintenant enfermé doit être à l’étroit.


– Peut-être oui. Mais je suis sûre que tu banderais devant une chèvre avec des bigoudis. Disons que c’était plus agréable pour toi que je sois une femme.


– N’importe quoi…


Il fait un pas vers moi sans prendre son sac resté sur le banc et je décroise aussitôt mes jambes.


– Touche-moi et dans deux minutes tu pleureras à genoux en me suppliant de ne pas te luxer le coude.


Il est surpris mais réussit néanmoins à garder une certaine constance. Tu penses bien que je ne vais pas me dégonfler comme une baudruche devant une gonzesse. Pour qui tu te prends connasse ? Je suis certaine de lire dans ses pensées à cet instant précis et évite soigneusement d’imaginer que l’adjectif vieille lui soit peut-être venu à l’esprit.


– Vous êtes Wonder woman ?


– Non. Je suis de mauvais poil.


Il hésite un instant et se détourne de moi pour regarder son banc.


– Je ne vous ferai rien va. Et je ne blaguais pas. Vous êtes bandante… Mais vous êtes aussi très conne.


Il a parlé d’un ton nerveux en se trémoussant un peu, debout devant mon banc. Voilà qui est fait. Ah ! Mais je ne suis pas vieille. C’est plutôt cool.


– Je ne blaguais pas. Ce qui te fait bander c’est d’exhiber ta queue. Je n’ai rien dit en découvrant ton petit jeu et ça t’a poussé à m’adresser la parole. Si j’avais répondu que ta queue me plaisait, ça t’aurait vraiment excité. Et si j’avais fini par te dire que te regarder me faisait mouiller, je t’aurais rendu dingue. J’ai bon ?


Il a son sac en bandoulière et encore une fois, cela dit sans jeu de mot.


– Ouais… Si vous le dîtes. Ben salut !


Mon malheureux exhibitionniste est au bout de l’allée quand je quitte à mon tour le banc pour me lancer dans la petite balade que j’avais prévue en arrivant ici. Effectuer la traversée du petit bois qui donne sur une vue du goulet un peu trop lointaine mais assez jolie par temps clair. Ce qui est relativement rare. La rade est belle mais le climat breton est un gros égoïste et garde souvent pour lui les plus jolis clichés de bords de mer. Le goulet est pourtant l’endroit parfait pour voir arriver les géants des océans quand ils affluent sur Brest pour les sacro-saintes fêtes de la mer, où je n’ai jamais mis les pieds. De là, le curieux ou le féru de navires, peut admirer les plus belles voiles du monde. Le Belem est l’un de mes voiliers préférés mais plutôt crever que regarder cette merveille lors de ces fiestas brestoises sans la moindre saveur. J’ai pu embarquer sur ce bateau en pleine mer et ce, grâce à un ami possédant un petit voilier. Un coup de chance très agréable. Pour aujourd’hui, il n’y aura aucunes grandes voiles et évidemment, la linotte sans lunettes ne verra pas grand-chose. Mais la promenade sera agréable.



Les excuses du freluquer



– Il y a d’autres bancs un peu plus loin ?


Le retour du freluquet. J’avoue que je ne m’y attendais pas. Bien sûr, j’ai reconnu la voix de mon exhibitionniste personnel.


– Tiens donc… Te revoilà. Oui il y a des bancs. Tu continues par là et tu tomberas dessus. Façon de parler bien sûr…


J’ai désigné l’Est sans me retourner vers lui. L’oubli de mes lunettes ajoute à mon humeur maussade et autant ne pas en ajouter en m’embrouillant avec un jeunot exhibitionniste en mal de public.


– Vous n’y allez pas ?


– Non. Pourquoi ? Tu as de nouvelles envies de me montrer que je suis bandante ?


– Mais non. D’ailleurs, je tenais à m’excuser. J’ai été très con…


Je l’entends marcher à quelques pas derrière moi. Jeune mais certainement pas grand sportif à sa façon mollassonne de traîner les pieds. Si ma vue est une traîtresse, mes oreilles elles, ne me trahissent pas. Pas encore.


– Je voudrais simplement vous tenir compagnie. D’accord ?


– Non. Tu t’es excusé et n’en parlons plus. J’ai simplement envie d’être seule. Ton comportement n’a rien à y voir. Une autre fois peut-être. Si nous nous rencontrons à nouveau…


– Pas de soucis. À plus alors.



Face à la mer



Installée les fesses sur un petit monticule de terre herbeuse perdu parmi la roche, je regarde le paysage sans vraiment le voir. Si le plus souvent j’aime rester là, tranquille et perdue dans mes pensées, je ne parviens pas cette fois à retrouver cette quiétude habituelle. Si ma mauvaise humeur du jour y est pour quelque chose, elle est maintenant amplifiée par un événement nouveau qui m’agace.



Mon freluquet est là. Il est descendu plus bas, et s’est assis face à l’horizon. Cela, avant de s’être tourné vers moi. Il est assez loin de moi mais l’idée qu’il m’a peut-être suivie malgré mes propos m’agace un peu. Quand après quelques minutes, il se retourne vers moi, mes doutes deviennent certitude. Il m’a bien suivie. Une bonne vingtaine de mètres nous séparent et je n’ai reconnu que sa silhouette vêtue de sombre et son sac rouge collé à ses épaules. Et maintenant, ses yeux tournés vers moi, son geste est sans équivoque. Même si je ne fais que le deviner plus que le voir, mon freluquet se masturbe à nouveau, son regard fixé sur moi.



Nous avons tous un ego. Le mien ne me perturbe pas l’existence. Je suis reconnue dans mon petit monde professionnel. Beaucoup de mes connaissances m’apprécient dans ma profession comme dans ma vie privée. Je n’ai que quelques amis mais ceux-là sont de vrais amis. Je ne suis pas attirée par la gloriole et le fait de ne pas avoir de difficultés pécuniaires ne m’oblige pas à courir après le fric. Mon petit ego est donc comblé. Parlons également d’image. L’image de notre personnalité. L’image de nous-même, de notre personnalité, que l’on renvoie aux autres. Eh bien la mienne me convient. Si je ne plais à tout le monde, je considère cela comme tout à fait normal. L’image physique c’est tout autre chose. La beauté physique par exemple. Celle des normes établies par nos sociétés. C’est simplement une affaire de génétique. On ne peut rien se reprocher si notre physique est quelconque et nous n’avons pas à nous glorifier de plaire. Cette image de moi me convient tout autant que l’autre. Je ne me déplais pas et si je ne déplais pas aux autres c’est tant mieux.



Tout en regardant mon freluquet, je ne peux m’empêcher de penser que je lui plais. Une contradiction avec le fait que les exhibitionnistes agissent égoïstement. J’ai la réelle impression que celui-ci est véritablement attiré par ma personne. D’abord, je lui ai fait comprendre que son petit manège ne m’intéressait pas et cela aurait dû lui faire l’effet d’une douche froide. Ensuite, il m’a suivi. Enfin, il se donne du plaisir en restant loin de moi mais il le fait forcément pour moi. Le seul fait que je sache ce qu’il fait l’excite donc. Mon freluquet est un imaginatif. Un cérébral. Il a photographié ma bouille, et mon corps, même habillé, lui a suffit. Le freluquet s’excite sur moi. Sur mon image vue quelques instants seulement. Alors, sii je comprends ce qu’il fait de mon image actuellement, c’est parfait pour lui. L’idée amusante que mon freluquet et moi avons des goûts de couleurs vestimentaires communes me fait sourire. Comme lui, je suis aujourd’hui vêtue de sombre. Un pull léger noir et une jupe flottante grise agrémentée de fines rayures blanches.



Excitation brutale



Un petit signe de la main. Mon freluquet doit éprouver l’envie d’être bien certain que je l’ai reconnu. Il aimerait certainement être rassuré. Alors, sans encore aujourd’hui bien comprendre ma réaction, je réponds au jeune type par le même geste. Et ce geste anodin a subitement déclenché certaines conséquences. Une brusque excitation m’est venue sans que je ne puisse l’expliquer, me donnant soudain chaud au ventre et faisant durcir les pointes de mes seins sous le pull. Jusque-là, je regardais ce jeune homme sans vraiment le voir. Maintenant, il sait que je le fais. Mon freluquet ne me quittait pas des yeux et sans y penser vraiment, cette idée devait déjà m’exciter un peu. Son intérêt pour moi y est forcément pour quelque chose et ce, alors que mes idées n’étaient pas tournées vers un désir quelconque. Merde alors ! Je songeais aux mouettes et à leurs piaillements agaçants. Pourtant, le fait est que j’éprouve maintenant une excitation soudaine, presque brutale et bien réelle.



Ma cuisse droite s’est éloignée de sa grande sœur. C’est presque un geste incontrôlé mais je ne cherche plus à élucider cet autre petit mystère plus avant. Tandis que ma main gauche relève ma jupe sur mes cuisses, les doigts de mon autre main se glissent sous mon string. Je suis mouillée. J’ai mouillé le coton noir sans m’être aperçue de mon émoi. Quand index et majeur s’installent dans la place, je m’étonne encore du soupir que je lâche. Cette excitation inattendue me surprend réellement. Si elle était latente, je n’ai rien vu venir. Jupe relevée sur le ventre, je regarde un moment mes doigts pénétrer ma fente sous le coton noir, tandis que ma main libre passe sous ma jupe. Un mouvement du bassin et le string glisse sur mes cuisses avant de s’échouer sur mes chevilles. Jambes ouvertes, je me laisse aller au plaisir, regard rivé à mon sexe. Mes doigts maintenant bien mouillés quittent l’antre qu’ils investissaient, pour caresser mon pubis sans la moindre pilosité, laissant des traces humides sur ma peau. Ma grotte est maintenant ouverte à toute exploration. Une grotte abritant une source. Une source qui ne demande qu’à couler librement. Une nouvelle plongée de mes doigts et je soupire encore. Je vais jouir très vite. L’impression que ma main agit de sa propre volonté est étrangement dérangeante. Mes tétons érigés ont envie d’être pincés et je les satisfais aussitôt en caresses alternées de mon autre main. C’est toujours le bourgeon gauche qui est le plus gourmand de câlins. C’est un petit égoïste. Il adore les caresses proches d’une petite douleur. Quand je l’étire plus fort, une petite giclée arrose mes phalanges exploratrices et la pierraille mousseuse d’algues. Je geins en me mordant la lèvre inférieure. Perdue dans mon orgasme, je sais déjà que je vais être encore bousculée par un nouveau plaisir. La jouissance brève du premier assaut n’est pas achevée que la nouvelle vague se lève déjà.



Pour gagner la place que je me suis octroyée, il faut venir d’en bas. On ne peut accéder à l’endroit qu’en montant de la grève. Il est donc impossible que quelqu’un déboule dans mon dos. Personne ne peut me voir de derrière mon emplacement. Je me sais tranquille et en sécurité. Du coup, je bouge et change de position. Mes fesses nues ont quitté la pierre et je me suis allongée. Ma tête a remplacé mon postérieur, posée sur le pull plié que j’ai enlevé. Je bouge encore pour rester à demi allongée. Tout au plus, jusqu’ici, mon jeune voyeur n’avait pas vu grand chose. Il n’avait pu que remarquer mes cuisses nues et peut-être avait-il compris que je me caressais. L’envie de relever mon pull m’avait bien effleurée l’esprit mais je ne m’étais pas exécutée sans savoir vraiment pourquoi. Mon freluquet n’avait pu voir que les mouvements de ma main gauche sous le pull. Ma jupe relevée, mes jambes nues et écartées et les caresses que je me prodiguais, mon intimité cachée par ma main en action. Voilà ce qu’il avait pu voir. Mon freluquet n’avait pas accès aux détails bien plus excitants qui m’emplissaient l’esprit. Plus proche de moi, il aurait vite deviné que mes tétons étaient durcis par l’excitation et pointaient sous mon pull. Il aurait pu se repaître de la vue de ma petite chatte intégralement lisse. Il aurait pu constater que j’étais mouillée. Il aurait pu s’exciter de mon orgasme en m’entendant gémir tout en giclant sur mes doigts qui me fouillaient. Mais il était bien trop loin pour apprécier le spectacle. Un spectacle que je m’offrais donc à moi-même, quelque peu excitée par le fait que mon freluquet se caressait plus vite depuis que j’avais écarté les cuisses



Exhibition très excitante



Maintenant, mon pull est remonté sur mes seins nus et ma jupe relevée sur mon corps. J’ai écarté la cicatrice de mon ventre de l’index et du majeur. L’accalmie m’a fait songer à mon freluquet. Je lui offre maintenant mon fruit onctueux en toute impudeur. Évidemment, mon geste est plus symbolique qu’autre chose. Quelques vingt pas nous séparent. Même doté d’une vue de lynx, il ne peut apprécier pleinement mon offrande.



Mes doigts, immobiles, posés de part et d’autre de ma fente, l’ouvrant à la légère brise marine, ont laissé la deuxième attaque du plaisir s’approcher. Un long moment, je regarde mon petit bouton sorti de sa cachette. Il m’arrive d’envier le clitoris de ma compagne. Chloé possède un véritable trésor de bouton. Épais et long. Dur et tendu sous la langue. Chacun doit pourtant faire avec ce qu’il possède. Chloé a honte de son clitoris, que moi, je lui envie. La pulpe de mon index écrase le petit insolent tout en le massant. Cette fois, je laisse vagabonder regard et pensée. Yeux fixés à mon freluquet et envie qu’il me regarde. Il se masturbe toujours avec ardeur, les yeux rivés sur moi. Mon imagination remplace ma vue défaillante. Je suis très cérébrale et ce que j’imagine est souvent plus agréable que ce que je peux voir. Si mon jeune admirateur peut me voir de loin. Je ne peux que distinguer sa silhouette. Tout de même, fichue tête de linotte. Mes lunettes me manquaient vraiment maintenant.



J’ai rapproché mes seins en les tenant par leurs pointes, maintenant mes globes l’un contre l’autre. C’est très bon. Mes tétons ainsi maintenus sont calmés et je peux les pincer comme bon me semble. Cuisses largement ouvertes, je ne laisse plus planer le moindre doute et mon freluquet ne peut plus ignorer ce que je fais. J’espère qu’il ne finira pas par s’approcher. Ce serait un véritable gâchis. Les choses sont parfaites ainsi.



Trois doigts m’ouvrent et massent l’intérieur de mon antre trempé. Leurs extrémités poussent parfois avec une certaine force vers le haut et je sais que cette caresse me fera asperger la pierre et la mousse rêches qui me colle aux fesses. Je sens que je vais gicler. Mes épanchements de plaisirs n’ont rien à voir avec ceux de Chloé, qui rivalisent avec les chutes du Niagara, encore un fait qui l’emplit de honte, il m’arrive parfois de gicler sans pouvoir contrôler ces démonstrations de jouissance. Et j’éprouve tout comme ma compagne, une honte idiote en giclant devant quelqu’un d’autre qu’elle.



Je regarde un moment mes seins, puis mon ventre et entre mes cuisses largement ouvertes je distingue la silhouette de mon freluquet. Des pensées troubles me font aussitôt accélérer mes caresses et poussée par mon imaginaire devenu enflammé, je ne peux m’empêcher d’aller plus loin dans mon exhibition. Mes pieds, toujours chaussés de sandales spartiates de cuir gris, sont montés et se sont éloignés l’un de l’autre le plus possible. Le but étant de m’imaginer offrir une vue imprenable à mon freluquet. Montrer mon sexe dégoulinant et dévasté par trois de mes doigts, et mon anus, pour certains, l’endroit le plus intime de leurs personnes. Cette idée me fait déserter ma fente pour que mon petit trou ne puisse rien me reprocher. Mon majeur gluant n’a aucun mal à ouvrir doucement mon œillet et à s’y enfoncer lentement. L’effet obtenu me fait gémir tandis que je pince plus fortement les pointes emprisonnées de ma poitrine. Mon majeur va et vient doucement dans l’étroit fourreau, il bouge et s’enfonce en tournant dans son douillet logement. Puis il est rejoint par un index impatient et mes doigts serrés continuent leur petit jeu, ouvrant un peu plus mon cul devenu plus gourmand. Je sens mon petit trou palpiter quelques temps et se serrer sur les assaillants, avant de finir par s’avouer vaincu et de se détendre pour se laisser prendre. Je mouille. Je me sens couler sur les galets grisâtres. J’imagine mon voyeur observer mon petit orifice ouvert par mes caresses. Il est si loin que je ne suis pas certaine qu’il puisse deviner mon geste mais l’idée qu’il le devine m’excite terriblement. Malheureusement, je ne possède pas plus de doigts qu’une humaine ordinaire et il me faut bientôt abandonner le plus petit de mes orifices pour satisfaire d’autres exigences.



Malgré mon excitation exacerbée, je passe un long moment pour enflammer mon ventre de mes doigts. Mes seins bandent et leurs pointes sont devenues silex. Je suis trempée. Haletante et sans souffle, je regarde mon sexe dégouliner comme une petite source paresseuse sur la pierraille moussue. Ma chatte béante quand elle est libérée de mes caresses, engloutie mes doigts quand ils l’assaillent encore. Enfin, une légère pointe de douleur bien connue vient me tordre les entrailles. Je vais jouir…



Trois petites giclées. Trois jets drus me font feuler et pousser une longue plainte. Puis mes doigts massacrent mon sexe comme des barbares pillent un village ennemi. Cette fois, l’orgasme a bien failli me faire crier et si je me suis contrainte à retenir mon émoi, c’est uniquement pour ne pas être entendue des rares promeneurs marchant en contrebas. Un orgasme dur et long me fait me tordre. Un plaisir violent et tenace. Une jouissance inouïe qui parfois nous dévaste, sans que l’on comprenne pourquoi c’est arrivé cette fois-là. Peut-être parce que notre excitation soudaine n’avait rien de prévisible. Peut-être parce que de tels orgasmes ne sont pas travaillés en amont. Il arrive qu’une soirée romantique passée en amoureux soit un délice. Pour moi, il n’y a jamais de fiasco. Mais des orgasmes comme celui que je viens de vivre sont des manifestations que je qualifierais de primitives. Faute de mieux.



Visage baigné de sueur, lèvre encore mordue, je regarde mes pieds redescendre lentement, pensées en vadrouille, jambes molles et ventre repu. Cette jouissance presque sauvage a été épuisante et je suis exténuée.



Surprise et honte



– Oh mon dieu…


Expression incongrue dans la bouche d’une athée convaincue mais pourtant très représentative de ce que je viens de vivre. J’ai un peu froid. Le vent qui sèche la sueur sur mon corps, vestige de mes émois, me fait frissonner. Il ne me faut qu’un instant pour m’assoir sur l’herbe et rabaisser mon pull sur mes seins toujours gonflés. N’ayant pas de sac, je ne peux que me pencher pour récupérer mon string que l’un de mes pieds avait fini par rejeter sur le sol. Évidemment, mes idées plus claires font surgir une certaine appréhension. Maintenant, il va me falloir redescendre les roches et me rapprocher de mon freluquet. Un rapide coup d’œil vers lui alors que je glisse mon string sur mes cuisses me permet de soupirer d’aise et de soulagement. Mon admirateur quitte la place. Il est presque sur le sentier qui mène au petit parc. Reste à espérer qu’il ne m’attendra pas là-bas. Une éventuelle explication avec lui ne me réjouirait pas. Debout, mes mains lissent mon pull sur mes seins puis s’occupent de faire de même avec ma jupe. Et là…



Un léger mouvement devant moi et une chape d’angoisse me paralyse. À quelques mètres de moi, il y a quelqu’un. Mes yeux se sont portés sur l’homme alors que j’observais mon freluquet sur le départ. Il est à quelques pas de moi, assis entre deux rochers. Il était là avant mon arrivée et je ne l’ai pas vu. Je ne l’ai jamais remarqué. Il est vêtu d’un jogging anthracite. Cela m’apparaît comme une terrible catastrophe. Je ne l’ai pas vu ! Certainement qu’à aucun moment il n’a bougé. Comme il n’a jamais proféré un son. Mais pas un instant je n’ai remarqué ce type. Comment est-ce possible ? Debout, immobile, je suis tétanisée. Morte de honte, je me sens idiote et surtout, humiliée comme jamais je ne l’ai été. Il me faut pourtant retrouver contenance. J’ose enfin affronter l’intolérable réalité de ce moment et jeter un coup d’œil vers cet inconnu comme sorti de nulle part. Il est jeune lui aussi. La main droite dans le bas de son jogging,, il me regarde sans un geste. Le fait qu’il se soit masturbé me rassure un peu. Ce type a profité de mon exhibition involontaire. Involontaire envers lui en tout cas. Et s’il est resté aussi discret, c’est qu’il ne doit pas être bien dangereux. Je bouge et me décide à affronter ma honte.


– Je ne vous avais pas vu… Je suis désolée.. 


Lui ne dit rien et c’est tant mieux. Et puis, d’un coup, sa main bouge dans le bas du jogging. Il se caresse. Il ne devait pas en avoir terminé. D’ailleurs, rien de ce qu’il pourrait dire pourrait me faire oublier la honte qui pèse sur mes épaules et plus encore sur mon esprit.


– Je vais jouir…


Les mouvements de l’inconnu se sont accélérés et d’un coup, sa main gauche écarte ses pantalons avant de les baisser sur ses cuisses. Étrangement, ce geste me fait regarder le visage de l’homme. Ni beau, ni laid. Blond. Son regard comme voilé voyage de mon visage à mes pieds. En ce qui le concerne, la honte ne l’étouffe pas. Pourquoi aurait-il honte d’ailleurs ? Bien sûr, il doit lui paraitre impensable que je ne l’ai pas remarqué et il doit me prendre pour une belle salope. Mais ça, c’est le cadet de mes soucis. Ma seule pensée est axée sur le fait troublant qu’à aucun moment, je n’ai remarqué ce type si près de moi. L’homme laisse échapper un léger râle et je le regarde éjaculer. Son membre turgescent me semble plutôt court entre ses doigts mais épais et très dur. J’ai dû le mettre dans tous ses états. Je reste plantée comme une idiote. Et comme une idiote, je le regarde se masturber.


– M’mm...


Immobile, perdue dans des pensées troublées, je regarde l’inconnu jouir en saccades puissantes. Son plaisir à fusé pour aller éclabousser sa veste de sport et c’est comme un signal. Je me détourne comme libérée d’un envoûtement malsain. Le ridicule de la situation ne m’échappe pas. Pas plus que l’humiliation de m’être exhibée, même si ce n’était pas mon intention. Enfin, je ne savais que je m’exhibais devant lui. Une nouvelle vague de honte empourpre mon visage quand je réalise que je l’ai regardé se masturber.


– Vous êtes sacrément excitante…


Je n’ai rien à rétorquer et moins encore envie de répondre. Je me suis retournée alors qu’il continuait à se caresser doucement. Derrière moi, je l’entends bouger et une nouvelle fois l’angoisse me serre la poitrine.


– À une autre fois !


Je ne réponds pas. C’est tout ce qu’il dit et il reste sur place tandis que je m’éloigne, attentive à tout bruit venu de mes arrières.



Tout en marchant parmi les pierres, je revois la scène que j’ai offerte à cet inconnu. Mes gestes, mes soupirs, mes gémissements. Il était à quelques pas en contrebas et assis légèrement sur ma gauche. Pratiquement face à moi. Contrairement à mon freluquet, ce type n’avait rien perdu du spectacle. Comment pouvait-il ne pas penser que je ne m’exhibais pas pour lui ? Je lui faisais face à quelques mètres de distance ! Il n’avait rien dû rater des détails croustillants que j’offrais. Il avait entendu mon souffle affolé, mes halètements comme mes gémissements. Il avait reluqué sans vergogne mes seins pincés sous mes doigts et bandants si fort. Il s’était gavé de la vue de ma chatte béante et détrempée. L’image de mes doigts défonçant doucement mon anus me fit brusquement rougir. Même cela, je le lui avais offert sans le savoir. Cet inconnu m’avait vu me sodomiser. Il avait dû s’exciter de me voir aimer ça. Une salope exhibitionniste qui s’offrait totalement à lui, sans qu’il n’ait rien demandé. Me regarder m’enfoncer deux doigts dans l’anus avait dû beaucoup lui plaire. 



Très près de moi, il était pourtant resté dans un état proche du minéral. Un rocher grisâtre parmi d’autres cailloux. Invisible. C’était impensable ! Une histoire incroyable. Et personne ne croirait à cette histoire si je la racontais un jour…



Et pour m’enfoncer un peu plus dans le ridicule, cet inconnu lui, portait des lunettes…


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