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La fille du bout du monde

Chapitre 1

Premières rencontres

Erotique

Premières rencontres


Je viens de prendre ma retraite au bout du monde... enfin... sur la pointe du Finistère pour être plus précis. Soixante ans c’est encore jeune pour un retraité. J’ai ma maison, mon petit bateau pour la pêche côtière, mes passions que sont le fusain et la peinture et pas mal d’autres occupations tout devrait donc bien se passer.


Ma demeure est une vieille bâtisse construite au début du siècle dernier en pierres de pays. Elle est de plein pied et possède un grand espace vert. Le chauffage est au bois, notamment dans mon atelier où j’exerce mon "pseudo talent de peintre artistique" pour mes œuvres que l’on pourrait inclure dans le réalisme comme Courbet ou tant d’autres avec, toutefois, bien moins de talent. Les murs extérieurs sont parcourus par un lierre rouge qui doit être là depuis bien longtemps.


Ah oui, j’ai une compagne aussi... la solitude.

Soixante balais... pourtant je me sens encore jeune, et j’ai toujours une certaine vigueur. La vie m’a appris à ne pas baisser les bras et malgré quelques soucis de santé, je poursuis un entraînement physique quotidien fait de marche et de petites séances de musculation. Cela donne à mes pectoraux un aspect encore, à mon sens, attirant pour le regard féminin.


Ceci-dit, ici, non loin en sortie du village de Brignogan, j’ai une vue imprenable sur son phare de Pontusval, vieux de plus de cent cinquante ans. Durant ce siècle et demi il a guidé les navires, aujourd’hui il guide mes rêves et mes pensées. Il se dresse fièrement et dignement, face à l’océan lorsque les coléreuses tempêtes assaillent la côte, ce qui n’est pas rare dans cette région. Il n’est pas très grand et a cette particularité d’être accolé à la demeure de la gardienne. Il me faudra faire sa connaissance un jour. Même si elle n’exerce plus sa profession, elle a gardé la résidence.


Bref, aujourd’hui il fait beau et relativement chaud, la fin du printemps approche et j’attends l’arrivée de l’été avec une certaine impatience. J’ai hâte de planter mes patates, de repiquer mes salades et de semer mes graines. J’ai hâte de peindre en extérieur, de saisir les couleurs de l’océan à la tombée de la nuit. On est toujours pressé et on oublie trop vite que le temps qui passe nous est décompté.


En attendant, aujourd’hui je me promène dans le village, salue les uns et les autres d’un bref coup de tête. Je fais le tour de l’église, et là, je tombe sur elle.

Elle, c’est une gamine de vingt ans tout au plus. Certainement métissée, elle a le cheveux noir, les yeux sombres et le teint bis. De taille moyenne, elle est superbe dans son short court blanc qui dessine un petit fessier qui semble bien ferme et bien rond et son tee-shirt de même couleur qui fait ressortir la couleur de sa peau. Elle a aussi et avant tout un air attendrissant, triste, tout à la fois mystérieux et inaccessible. Un regard qui donne envie de percer les pensées qui occupent l’esprit de cette adorable jeune fille.


En passant à côté je ne peux m’empêcher de l’interpeller.


— Bonjour !

— Bonjour !

— Vous êtes de passage ?


Elle me regarde, suspicieuse :


— Non je suis là pour bosser. Je viens d’arriver !

— Ah d’accord. Et vous travaillez où sans indiscrétion bien sûr ?

— Au camping du phare, ce sera bientôt l’ouverture. Excusez-moi je suis pressée.

— OK, pas de souci, prenez soin de vous et bon courage pour la saison alors. On se recroisera sûrement, ce n’est pas grand ici.

— Merci.


Continuant ma route, et comme si de rien était, je prends le chemin pour rentrer chez moi. Je veux tout de suite croquer au fusain cette superbe jeune fille.

Arrivé, je file dans mon bureau, sors une feuille de papier à dessin et aiguise mon bout de charbon de bois. De tête, je couche sur la feuille l’esquisse de la belle. Je mets en valeur l’épaisseur de ses cheveux, la noirceur de ses yeux et la svelte silhouette en insistant sur le contour de ses seins. Je décide de changer le décor. Lorsqu’elle m’est apparue, derrière elle se dressait un mur en granit. Je le remplace par l’océan, mon autre passion. Après quelques heures de travail je ne suis pas mécontent. La représentation est assez fidèle, il me faudra cependant saisir d’autres expressions de cette petite personne. Je me promets de faire d’elle une toile assez grande et il me plaît de penser qu’elle pourrait, en m’y prenant bien, accepter de poser pour moi. Il m’est arrivé déjà d’avoir des modèles féminins et j’avoue que cela m’a toujours excité au plus au point. Il m’est même arrivé de finir au lit avec l’une d’entre elles.


Le camping où travaille la jeune fille je le connais. J’y ai vécu deux semaines durant les travaux de rénovation dans ma maison. Ce n’est pas le grand "standing" mais on y est bien accueilli et les paysages sont magnifiques. J’irai demain l’air de rien, passer le bonjour aux gérants.


***


Après une bonne nuit de sommeil et un bon petit déjeuner, j’emprunte le GR 34 pour une petite promenade matinale. Au retour je m’arrêterai au camping.

Je prends le sentier, l’air est vif et déjà on entend le bruit des vagues se fracassant sur les énormes rochers qui bordent la pointe. Le soleil est là, il me chauffe le dos durant ma balade. Je sens ma nuque qui chauffe déjà. L’air iodé me revigore totalement et rend mon pas plus léger, plus rapide.

En deux petites heures j’ai fait mon circuit. Je suis à l’entrée du camping. La gérante s’affaire à l’accueil.


— Demat ! (bonjour en breton)

— Demat !


Me répond la bretonne.


— Je passais par là, je me suis dit que j’allais vous faire un petit coucou.

— Ah c’est aimable à vous. Vous voulez un café ou un jus d’orange ?

— Bien volontiers, je suis partant pour un café !

— Venez, ne restez pas dehors.


J’entre, la gérante d’un certain âge me lance un grand sourire (qui a dit que les bretons n’étaient pas sociables) !!!


— Vous êtes bien installé à présent ?

— Oui j’ai encore quelques petits travaux mais le plus gros est fait. Maintenant je vais profiter de la saison qui s’annonce magnifique. Vous devriez avoir du monde !


Cette phrase n’est pas anodine, lors de ma présence il n’y avait pas d’employé et j’espérais qu’elle allait me parler de la jeune fille.


— Oh oui la météo annonce un bel été et nous sommes "complet" jusqu’à la mi septembre. On a du faire appel à une petite saisonnière.


Elle tombe donc dans ce petit piège enfantin. Je rigole dans ma barbe, simple expression vu que je ne porte pas même une barbichette.


— C’est bien ça prouve que les affaires marchent !


La gérante me sert mon café et en prend un pour elle. A la voir excitée comme une puce ça ne doit pas être son premier.


— Tenez, la voilà qui arrive justement !


Elle appelle la jeune fille :


— Salomé, vient, je vais te présenter un de nos anciens clients.


Salomé, quel joli prénom, celui d’une princesse si je ne m’abuse, il me faudra vérifier.


— Bonjour Monsieur !


Amusé je lui réponds en breton :


— Demat !


Elle sourit et découvre une rangée de dents superbement blanches. Elle a le tee-shirt du camping, bleu avec un phare au milieu dans un cercle. Il met en valeur sa poitrine probablement libre de toute barrière. Je ne peux m’empêcher de fixer un instant ces deux petites poires sous le tissu.

La patronne me tire de ma rêverie coquine.


— Salomé est une saisonnière différente de ceux qui ont postulé, je vous raconterai ça un de ces quatre.

— Bien sûr, d’ailleurs, je voulais, pour vous remercier de votre accueil lors de mon séjour, vous offrir une petite toile représentant le phare. Cela ferai bel effet à l’entrée et me ferait plaisir que vous l’acceptiez !

— Ah oui, c’est vrai que vous êtes un artiste !

— Non, un amateur de la peinture simplement.


Salomé n’a pas bronché, elle écoute, le regard ailleurs. Je l’interpelle :


— Vous aimez la peinture jeune fille ?


Elle semble redescendre sur terre et son regard sombre plonge dans le mien.


— J’ai connu des amateurs de photos, pas encore de peintres.

— C’est bien ça, il faudra me raconter cela à l’occasion.

— A l’occasion oui, là j’ai encore un bungalow qui m’attend.

— Elle ne chôme pas la petite.


reprend la gérante.


— Je dois y aller aussi, j’attends des clients aujourd’hui je dois préparer leur fiche. Mais repassez quand vous le voulez, vous serez toujours le bienvenu et on trouvera toujours un moment pour prendre un café, ou autre chose... On me dit que j’en bois trop.

— Oui, pardonnez moi, je m’incruste.


Je finis mon café vite fait, salue mes hôtes et repart avec en tête une idée de plus en plus arrêtée tout en lançant à la cantonade :


— N’hésitez pas à me rendre visite je vous ferai voir mon atelier et mes dernières toiles !


J’espère que mon invitation a fait mouche et que j’aurai d’ici peu une agréable visite.

Sur le chemin du retour je m’arrête "Au grand large", un bar-tabac du village. Il est déjà plus de onze heures, je prends mes cigarettes, commande un demi et m’installe en terrasse après avoir réglé le tout.


D’où je suis, je peux voir l’église Sainte Bernadette. Elle me rappelle celle de mon enfance... Elle portait le même nom et avait été construite grâce à une équipe de "Castors" dans le Pas de Calais. Les "Castors" sont apparus après-guerre. C’était un groupement d’associations qui a œuvré pour la reconstruction. Parfois, comme chez moi, ils entreprenaient la restauration des églises, voire même leur construction. Mon père en avait été membre dans les années cinquante et c’est ainsi que notre quartier avait vu naître la paroisse Sainte Bernadette.


Bref, voir cette église en consommant ma bière m’emporte dans des souvenirs lointains qui me rappellent avec rudesse que je ne suis plus tout jeune. Cela me plonge dans une certaine nostalgie que je n’apprécie pas plus que cela. Très vite, et pour échapper à la tristesse qui m’envahit, je préfère repenser à Salomé et à la façon dont je pourrai de nouveau la croquer au fusain. Je m’entends penser tout haut :


— Nue... ça serait top. Ou mieux... juste un sein dénudé un peu comme la Gitane pensive de Courbet. Elle en a la chevelure et le teint. J’imagine déjà lui demandant la pose.



A suivre

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