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Flo, mon premier amour

Chapitre 1

Erotique

Flo, mon premier amour



Il arrive un âge où, même si on ne souhaite surtout pas se l’avouer, on est bel et bien arrivé à l’automne de notre vie. Rien d’extraordinaire à cela d’autant que tout le monde n’a pas la chance d’y arriver et que rien que cette évidence se devrait de nous rendre heureux et de nous reconnaître chanceux.



L’automne peut être triste, sombre tout comme il peut être gai et parfois même rafraîchissant. J’en veux pour preuve qu’après avoir découvert ce site, je me suis pris à me remémorer certaines pages de mon passé et cela m’a fait du bien. Je vais donc revenir plusieurs décennies en arrière tout en changeant les noms, âges et lieux des personnages.



Je présente aux lecteurs mes excuses pour la longueur de ce texte. Cependant, un premier amour est inoubliable, il mérite qu’on s’y attarde, plus encore, il mériterait d’être bien mieux décrit.



***



1978 - ni téléphone portable, ni ordinateur en ces temps lointains.



A cette époque, l’établissement mixte qui nous accueillait, n’était autre, pour certaines et certains, qu’une voie de garage permettant pour les jeunes adultes que nous étions de terminer un parcours scolaire d’apprentissage professionnel chaotique. Composait de trois sections, il dénotait aussi certaines différences sociales.



Pour ma dernière année, j’entrai en ce matin de septembre dans la cour de l’établissement où beaucoup d’entre nous se connaissaient déjà. De nouvelles têtes cependant, comme chaque année, faisaient leur apparition.



Individu laissant indifférent, je ne fus dans ma jeunesse qu’un jeune homme aux rêves nombreux et faisant preuve d’un total manque de confiance en moi.



Dès cette entrée, je fus ébloui par un soleil rayonnant... Appuyée sur l’assise extérieure d’une fenêtre de la cantine, une magnifique jeune fille semblait avoir tous les rayons de l’astre roi qui ruisselaient sur ses épaules. Effet surprenant quand on sait que le soleil ne pénétrait que très peu dans cette cour entourée des hauts murs de l’établissement.



De toute évidence elle était de mon âge, soit dix huit printemps et nonchalante, elle attendait ses amies bien qu’elle fut nouvelle.



Intérieurement et sans même avoir regardé les autres jeunes filles, je me mis à espérer qu’elle soit dans ma classe.



Lorsque retentit l’appel, je fus fortement déçu. La belle était en section couture. Se posa dés lors pour moi le problème incontournable de mon manque de confiance. Comment faire en sorte de l’aborder rapidement à l’occasion des pauses et des intercours ? Comment prendre contact avec elle sans passer pour un lourdaud ?



Les semaines s’écoulèrent lentement, octobre passa sans bruit, et j’eus beaucoup de mal à me mettre dans mes études de façon sérieuse. L’esprit trop occupé par la blondeur et le visage angélique qui avaient fait jaillir en mon cœur l’étincelle de l’amour. Mon meilleur camarade n’avait pas les mêmes soucis. En ce début de trimestre il avait déjà multiplié les conquêtes.



— Faut arrêter de rêver Jean ! Si tu ne fais pas le premier pas, elle ne le fera pas non plus.



— Je sais Pierre... mais bon, je n’ai pas ton assurance.



— Tu ne l’as pas parce que tu ne fais rien pour l’avoir. Fonce, si tu te fais bâcher tu le verras bien, tu passeras à autre chose. Si ça marche t’auras tout gagné.



Dans la marge de mes feuilles de classeur, quelque soit la matière étudiée, un cœur se dessinait, transpercé d’une flèche, encerclant les initiales F+J... La camaraderie et l’esprit d’initiative de Pierre avaient eu raison du prénom inconnu de ma belle. Il avait pu l’obtenir par le biais de sa dernière amourette. Et rien que celui-ci me faisait rêver. Florinda... peu courant dans cette région de France.



Un matin, en cours d’histoire, Pierre me fit passer un mot. Un simple bout de papier tellement plier et replier qu’il me fut difficile de l’ouvrir sans attirer l’attention du prof.



-Je t’attendrai jeudi à la sortie des cours !



Un mot bref, signé "Flo", écrit sans doute à la va-vite, mais d’une jolie écriture.



La sueur me coula dans le dos et sur le front, mes mains se mirent à trembler. Pierre, assis à mes côtés, m’adressa un clin d’œil, le cachottier ne m’avait rien dit de son entreprise. Il comprit à mon regard l’étendue de mon étonnement et eut bien du mal à étouffer un rire.



— J’ai pris les choses en main !



Me souffla t-il avant d’être repris par le prof qui, sur son estrade, avait vu ce sourire de satisfaction de mon camarade.



— Pierre... Au tableau ça vous évitera de rire comme un benêt ! 



L’attente du jeudi fut interminable mais la cloche retentit enfin au jour dit. Dans le brouhaha coutumier des sorties de cours, je suivis la foule des élèves ne dormant pas à l’internat. Une fois sur le trottoir, j’attendis, le cœur battant, l’arrivée de Florinda. Elle ne tarda pas. Le sac en bandoulière elle se dirigea directement vers moi sans plus s’occuper de ses amies. Arrivée à ma hauteur, sans préambule elle me lança :



— On y va ?



Et sans gêne, elle emprisonna ma main dans la sienne, nous prîmes ensemble la petite rue sombre qui menait à la sortie des remparts où notre établissement était implanté.



— Tu t’appelles Jean je crois ?



— Oui, et toi Florinda !



— Oui... je vois que tu t’es renseigné aussi.



Je ne sus pas trop par où commencer, alors j’engageai sur des banalités.



— Tu prends la même route que moi ?



— On dirait oui.



— Et c’est ta route ?



— Ben oui !



— Tu habites où ?



Il y eu un bref silence, puis levant vers moi ses yeux d’un bleu azur, elle me répondit :



— J’habite au foyer Sainte Anne sur les hauteurs de la ville. Tu connais ? Je suppose que oui, vu que nous sommes nombreuses à y être "enfermées". Ce n’est pas facile tous les jours mais bon, on s’y fait.



Je connaissais en effet ce foyer. Il accueillait les jeunes filles ayant connu des difficultés, souvent familiales, parfois comportementales. Leurs sorties étaient particulièrement contrôlées ce qui ne leur laissait que peu de liberté.



— Oui je connais, enfin... j’en ai entendu parler. En plus il est à moins de deux kilomètres de chez moi.



— C’est ma dernière année dans cette prison de bonnes sœurs ! L’an prochain je serai en mesure de trouver un boulot d’aide ménagère ou un truc du genre. Avant j’étais à Fruges, on m’a placé à Sainte-Anne en juin dernier pour un "éloignement"...



Nous marchâmes d’un bon pas, novembre était frisquet.



— Dis moi Jean, pourquoi tu n’es pas venu me voir toi-même ?



— Ce n’est pas mon genre, disons que je suis réservé, mais dès la rentrée je t’ai aperçue et j’ai été attiré par ton joli visage.



— Moi je ne t’ai pas remarqué !!! Si Pierre n’avait pas dit à ma copine que tu t’intéressais à moi, si ça se trouve nous ne serions pas là à faire la route ensemble.



— Ce n’est pas sympa pour moi... Tu ne m’aurais même pas remarqué alors qu’à chaque occasion qu’il m’était donné je t’envoyais des sourires et des œillades ?



— T’en fais pas, on s’en moque non ? L’essentiel c’est que tu sois là avec moi, et là je t’assure que ça me fait plaisir. Tu as l’air d’un chic type et tu es loin, bien loin de me déplaire.



— Merci... enfin un compliment !



Elle éclata de rire.


— Faut pas trop en attendre de ma part, moi aussi je suis réservée !



Arrivés à un croisement, Florinda me lâcha la main. Son parfum "Patchouli" m’enivrait.



— Je vais te laisser là... plus loin on risque de nous voir et je ne t’explique même pas la tête des sœurs si elles me voient avec un garçon.



— Oui, je comprends... même si ça me rend déjà triste d’être obligé d’attendre demain !



— Tiens... pour te donner du baume au cœur.



Avec une tendresse toute particulière, et se mettant sur la pointe des pieds pour être à ma hauteur, elle me prit par le cou et me déposa un long baiser sur les lèvres, simplement, candidement. Puis elle me lâcha à nouveau avec un éclat dans les yeux que je n’avais pas encore vu.



— Demain je t’attends ici à sept heures trente. Viens s’il te plaît ! Nous ferons la route ensemble et qui sait, nous suivrons peut-être le plus beau des chemins toi et moi pour longtemps.



Nous nous séparâmes, et à cet instant précis, je pus ressentir quelque chose qui m’était étranger... une forme de confiance en moi, un sentiment totalement nouveau qui mélangé à la sensation de ce premier baiser, mettait en mon cœur les espoirs les plus fous, les idées les plus folles. De retour chez moi, je filai dans ma chambre. Ce premier baiser m’avait mis dans une excitation difficile à contenir.



Assis à mon petit bureau pour réviser les cours du lendemain, je ne pus croiser les jambes tant, dans mon entrejambe, l’amour se faisait gênant. Même en insistant sur les révisions de français, je ne parvins pas à chasser de mon esprit la candeur de Flo, sa fraîcheur, et surtout son envie folle de vivre pleinement sa jeunesse que j’avais devinée durant nos échanges.



Je sentais encore le goût de ses lèvres sur les miennes, j’avais hâte que revienne le matin. Alors me revint en mémoire le premier quatrain de Victor Hugo, probablement l’un de ses plus beaux poèmes :



Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,



Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.



J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.



Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.


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