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La folle journée de Lioubov

Chapitre 1

Erika, en mission officieuse auprès de Lioubov

Divers

Avertissement :

L’oukraïnskaïa, vous connaissez ? C’est le nom de la vodka préférée de Lioubov. Comme je lui dédie cette histoire, il en est d’ailleurs le héros, j’ai siroté cette fameuse vodka, tout en l’écrivant. Une façon, pour moi, de m’immerger au mieux dans son univers. Lioubov m’avait cependant prévenu : très forte, car aux piments, elle arrache la gueule, selon son expression. Et pour en avoir bu, j’ajouterais même qu’elle arrache le cerveau. Vous voilà prévenus …

Personnages annexes : un chat, Schrödinger et un rat (vous avez bien lu), Alexandre. Quand ils apparaîtront dans le récit, ce sera presque uniquement sous leur nom.

Préambule :

Dans les environs de Périgueux, une belle journée de mai, vers 5 h 30 du matin. Le bourg de Thorray - Leurre est encore endormi. Une fois sur la place de la mairie, on s’engage à gauche dans la rue Simon Cutournet. Au bout de la rue, un peu à l’écart, une maison entourée d’un jardin : c’est la tanière de Lioubov ! Comment ça : c’est choquant ? Son avatar, c’est bien un loup, non ? En s’approchant, on remarque de la lumière : rien d’extraordinaire, nous avons affaire à un lève-tôt. En voilà un à qui l’avenir appartient ! Entrons dans le jardin (le portail n’est pas fermé), et allons voir à la fenêtre éclairée, ce qu’il s’y passe.

Dans la cuisine, Lioubov est en train de siroter son premier café de la journée. Posés sur un coin de la table, deux paquets de cigarettes, des Marlboro Red 100s. Tu nous déçois, Lioubov … Toi aussi tu participes à l’enfumage généralisé ? Mais voici que le téléphone sonne ! Ainsi, débutait ce qui allait être une folle journée.


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En maugréant, Lioubov se leva et décrocha le combiné. Une voix féminine :

« Sergueï Andreïevitch Lioubov ? Ici c’est Erika Tastroffovà, je suis la secrétaire particulière de Vladimir, tsar de toutes les Russies… »

Lioubov crut à une plaisanterie. Erika ? Il n’en connaissait qu’une : l’administratrice de XStory.

« Je vous adjure de me croire ! » reprit la voix dotée d’un charmant accent slave. « Le tsar est tombé, par hasard sur le site de XStory, il y a quelques semaines ; très intéressé par vos écrits, il a lu toutes vos histoires ! Il a une très bonne connaissance de la langue française, vous savez ! »

« Qu’est-ce que c’est que cette histoire à dormir debout ? » pensa Lioubov.

A l’autre bout du fil, la dénommée Erika le sentit réticent :

« Désolée de vous appeler si tôt, mais je dois vous voir dans la journée ! »

« Dans la journée ? En partant de Moscou ? » Lioubov en fut abasourdi.

« Je ne suis pas à Moscou ! Je suis à Périgueux, à l’hôtel A la truffe du Père Igor … vous connaissez ? »

« Oui, je connais. Ce n’est pas un établissement de grande classe ! Pour la secrétaire particulière du tsar de toutes les Russies, il y a mieux ! »

« Je tenais à passer inaperçue ; c’est un voyage privé, vous savez. »

Lioubov se sentit flatté… un voyage privé … et que pour lui ! « Vous êtes venue en avion, bien sûr ! » ajouta- t-il avec une certaine déférence.

« Oui, bien sûr, mais, pour finir, j’ai été parachutée au- dessus de Périgueux. Le tsar a le goût du secret. »

« Parachutée … tiens … tiens … » Cela lui rappela quelque chose, mais il ne put s’en souvenir de manière précise.

« Je vous rappellerai plus tard, pour vous annoncer mon arrivée. Une arrivée discrète, cela va de soi ! » Susurra – t-elle, avant de raccrocher.

Pensif, Lioubov revint dans la cuisine, termina sa tasse de café et alluma une Marlboro, sa première clope de la journée. Puis, il s’installa au séjour, dans son fauteuil favori et saisit le livre qu’il avait laissé sur la table. Le calme ambiant était propice à la lecture et Lioubov ne s’en privait pas. Surtout en ces jours où son épouse se trouvait absente de la maison pour cause de voyage.


7 h 30 … Lioubov s’apprêtait à refermer son livre, quand le téléphone sonna :

« Qu’est-ce que c’est encore ? » soupira- t-il, en décrochant le combiné.

« Bonjour, Lioubov ! C’est Erika ! » L’espace d’un instant, il se demanda de quelle Erika il pouvait bien s’agir … avant de se rendre compte que c’était l’administratrice de XStory.

« Je ne vous dérange pas, Lioubov ? Je sais que vous êtes très matinal. J’ai un service à vous demander. »

« Cela dépend du genre de service ! » Fit- il, un brin égrillard.

Erika ignora l’allusion : « Lioubov, vous êtes au courant de l’épidémie de grippe intestinale qui sévit dans le pays. Eh bien, elle a fait aussi des victimes dans les rangs des validateurs. Quelques - uns d’entre eux sont sur le flanc. Afin que les publications ne soient pas trop retardées, accepteriez-vous de reprendre du service, en tant que validateur ? Juste le temps que je récupère mes troupes, bien sûr ! »

Lioubov fit la grimace. Il savait ce qui l’attendait : un lot de récits d’une grande banalité, parsemés de fautes d’orthographe et, tout de même, surnageant, de jolies histoires, bien racontées. Finalement, ce fut la perspective d’alimenter le « Bêtisier » du site qui emporta sa décision.

Alors qu’il s’apprêtait à répondre, il entendit Erika chantonner :

« Comme un ouragan, qui passait par là, la grippe a tout emporté… éé ! »

Sacrée Erika ! Elle en connaissait, des choses ! La conduite d’un poids lourd, la chanson, sans oublier le tourniquet chinois, la brouette japonaise, le tabouret marocain et même la bicyclette bulgare … (1)

« Erika ? C’est d’accord ! Je veux bien vous dépanner … pour un moment, hein ? »

« Un grand merci, Lioubov ! Vous commencerez à recevoir les récits à partir de cet après-midi ! » Et elle raccrocha aussi sec.

Lioubov se dit que ce serait justement le moment d’aller faire un tour sur le site. Il monta dans la mezzanine et s’installa devant son ordinateur. Le temps d’envoyer quelques messages, de taper quelques réponses bien senties, de lire quelques récits, histoire d’agrémenter le "bêtisier" du site. Il en était à ce stade, lorsqu’on sonna à la porte. Il jeta un coup d’œil à l’horloge de son ordinateur : 8h 30.

Il ouvrit la porte. Un homme en uniforme se tenait devant lui : c’était l’adjudant Tifrisse, commandant la brigade de gendarmerie de Thorray-Leurre.

« Monsieur Lioubov ? Excusez mon intrusion à cette heure matinale, mais c’est dans le cadre d’une enquête. Vous avez un moment à me consacrer ? »

Tant de déférence charma Lioubov et il accepta donc la présence du représentant de la maréchaussée dans son univers de libre penseur.

« Vous êtes au courant des disparitions de chiens dans le secteur ? Un phénomène qui dure depuis une dizaine de jours. C’est curieux car, si certains sont toujours portés disparus, d’autres réapparaissent au bout de quelques jours. »

Lioubov se demanda en quoi il pouvait être impliqué dans ces rapts canins, quand l’adjudant aborda le sujet :

« Vous êtes un des piliers,- pour ne pas dire le pilier- du site XStory, n’est-ce-pas ? Un de nos informateurs, membre du site, y a relevé quelque chose d’intéressant : un topic dans lequel un adhérent expliquait comment un mec doit s’y prendre pour se faire sucer par son chien ! Ah ! Monsieur Lioubov, la créativité de certains ne connaît pas de limite ! Vous avez remarqué ce topic ? » Fit l’adjudant, un brin inquisiteur.

« A vrai dire, non, je ne peux pas tout lire. Il y a une relation entre les rapts de chiens et cette information ? » Demanda Lioubov, visiblement intrigué.

« En fait c’est quand nous avons recueilli des informations provenant du service des urgences de l’hôpital de Périgueux, que tout s’est éclairé : plusieurs jours durant, il a reçu des quidams, ayant le même type de blessure : le piège à mémés dans un sale état ! » l’adjudant Tifrisse ne put se retenir de rire. Puis il reprit son récit :

« Alors voilà le résultat de l’enquête : ceux qui ont lu le mode d’emploi et qui n’avaient pas de chien, en ont emprunté un, comme on dit maintenant ; ce qui explique les disparitions. Mais la méthode ne devait pas être au point. On suppose que certains chiens n’ont pas compris ce qu’on leur demandait, et que voyant ça, ils l’ont pris pour une friandise à croquer ! »

« Et… en quoi suis-je concerné ? » demanda Lioubov, dubitatif.

« Eh bien, comme, d’une part, le topic en question n’a été ni censuré ni dénoncé, et que d’autre part vous êtes la figure de proue du site, vous pourriez vous retrouver moralement responsable des dégâts causés, si l’on peut dire ! »

Lioubov s’imagina un instant dans un tribunal. Face à lui une rangée de plaignants pointant vers lui un doigt accusateur (à défaut de ne pouvoir pointer autre chose).

« Je vous tiens au courant, monsieur Lioubov. » dit l’adjudant en prenant congé.

Décidément, la journée débutait sur les chapeaux de roue ! Il alluma une Marlboro et alla faire un petit tour dans le jardin, pour nourrir les oiseaux et les poissons. Quand il revint dans la maison, il ouvrit l’un des tiroirs du buffet de la cuisine et se saisissant d’une boîte contenant du gingembre confit, il en préleva un petit morceau ; la seule nourriture qui l’accompagnait tout au long de la journée jusqu’à l’unique repas du soir.

Lioubov se souvint que la visite de l’adjudant avait interrompu son travail sur l’ordinateur. Il s’y remit donc et le termina. Un peu avant dix heures, nouvelle sonnerie du téléphone :

« Sergueï Andreïevitch ? C’est Erika Trastroffovà. Nous arriverons chez vous dans une vingtaine de minutes ! » Et elle raccrocha.

Lioubov soupira. Cette intrusion dans son univers ne lui plaisait qu’à moitié. Et le nom de cette personne, fut-elle la secrétaire particulière du tsar, n’annonçait rien de bon, selon lui. Pour se calmer un peu, il s’assit dans son fauteuil et Schrödinger en profita pour se lover sur ses genoux. Son ronronnement lui fit l’effet d’un baume. Il resta ainsi un bon quart d’heure. Puis, se levant, il se dirigea vers l’une des baies vitrées : les visiteurs du matin n’allaient pas tarder à se manifester.

Une voiture noire s’arrêta dans un crissement de pneus devant le portail de la maison. Les portières s’ouvrirent et trois hommes en sortirent. Tous, en imperméable mastic, chapeau de feutre sur la tête et lunettes noires. Lioubov remarqua qu’ils avaient glissé leur main droite dans la poche de leur imper. Certains d’entre vous pourraient imaginer des choses cochonnes, mais lui savait bien que ces mains devaient être crispées sur la crosse d’un Tokarev (DAL) ou d’une arme du même type. La sécurité de la secrétaire du tsar valait bien ça.

« Eh bien, comme arrivée discrète c’est réussi ! » pensa- t-il, mi-amusé, mi-agacé.

Tandis que deux hommes se tenaient près du portail, le troisième aida la secrétaire à descendre de voiture. Elle était tout aussi discrètement habillée d’un tailleur jaune paille et portait des bottes de cuir montant jusqu’aux genoux. La jupe du tailleur, à peine plus longue qu’un short dévoilait de superbes cuisses. Le tsar avait bien fait les choses ! Elle avait une serviette à la main. Elle entra dans la cour, suivie d’un des gardes du corps. Avant qu’elle ne frappe, Lioubov vint ouvrir.

« Sergueï Andreïevitch, je suis heureuse de faire votre connaissance. » Il sourit. Cette Erika était décidément bien mignonne. Lioubov se renfrogna un peu quand il vit l’homme entrer à son tour. Quant aux deux autres, ils remontèrent en voiture et repartirent aussitôt.

« Je vous présente Fedor, mon garde du corps. Mais il est très discret, vous savez … » glissa-t-elle, comme si elle délivrait un message. Avant d’ajouter :

« On viendra me chercher quand j’aurai réglé l’affaire vous concernant. C’est une décision personnelle du tsar, vous savez ! » La solennité du ton présageait de l’importance de l’évènement.

Erika s’était assise en face de Lioubov, sur le canapé. La trentaine croquignolette, elle avait un corps à damner un saint. On devinait une poitrine plutôt généreuse, de belles hanches et des cuisses …. Ah, ces cuisses ! Une sorte de Surloca bis, si vous voulez.

« Elle n’a peut-être pas de culotte … » cette pensée lubrique avait jailli dans le cerveau de Lioubov. Mais le moment des galipettes n’était peut-être pas encore venu.

Erika avait posé sa serviette sur le bord de la table du salon. Et, soudain, Lioubov pâlit : le petit agenda, en cuir noir, avec un aigle au dos, était resté là sur la table ! Son secret. C’est là qu’il notait, scrupuleusement le nom de toutes ses conquêtes (féminines, bien sûr !), agrémenté de commentaires de son cru.

« Sergueï Andreïevitch ! Vous savez que vos ancêtres étaient nobles et que vous avez la possibilité de reprendre leur titre ? Avec la Révolution, tout est parti à vau-l’eau. »

Lioubov fut surpris. Il ne s’attendait pas du tout à ce qu’on vienne jusqu’à lui, pour déballer cette affaire. Bien sûr, il savait que du côté de ses ancêtres russes, son grand-père avait le titre de comte. Mais après la Révolution, il avait dû fuir, pour se réfugier en France. Tout reprendre de zéro… et le titre était tombé dans les oubliettes de l’Histoire.

« Je n’y pensais plus du tout ! –fit Lioubov- et à vrai dire, ça ne m’intéresse aucunement ! Je suis très bien comme ça … »

Le visage de la jeune femme se ferma. Visiblement, cette réponse ne l’arrangeait pas :

« C’est que … le tsar tient à ce que vous repreniez ce titre de comte ! Il est même prêt à vous appuyer dans vos démarches. Vous n’imaginez pas l’honneur qu’il vous fait ! »

Lioubov se sentit mal à l’aise. Que cachait cette insistance ? Qu’est-ce que le tsar de toutes les Russies attendait de lui, en retour ?

« Nous avons le temps de discuter – reprit-elle - et vous celui de réfléchir. Je ne désespère pas vous faire changer d’avis. » Elle arbora un sourire enjôleur, qui ne laissa pas Lioubov indifférent.

Elle saisit sa serviette qu’elle avait posée sur la table, avec l’intention de l’ouvrir. La manœuvre fit tomber sur le sol, l’agenda de cuir noir. Elle le ramassa.

« Qu’est-ce que c’est ? » Demanda- t-elle.

Lioubov se trouva embarrassé : « C’est un agenda où je note des choses personnelles… »

« Personnelles ? Vraiment ? Vous m’autorisez à le regarder ? Comme ça… une simple curiosité. »

Il ne savait que répondre. Elle enfonça le clou : « Voyons, Sergueï Andreïevitch, un futur comte doit se montrer chevaleresque ! » Elle lui adressa un sourire, dans lequel Lioubov crut deviner les prémices de futures félicités. (C’est bien dit, n’est-ce pas ?)

Le charme d’Erika opéra et Lioubov rendit les armes : « Soit ! Vous pouvez le regarder… »

Elle ouvrit l’agenda : « Rassurez-vous … juste le feuilleter…beaucoup de noms … féminins, évidemment ! C’est l’agenda d’un tombeur, Sergueï Andreïevitch ! Mmmm … Voyons un peu… » Erika prit une inspiration avant d’énumérer :

« Stéphanie Degueppe : brune piquante, préfère les gros dards… Voilà qui est clair … »

« Raymonde Alanvers : préférence marquée pour l’autre côté … Je crois deviner… »

Erika fit défiler plusieurs pages avant de s’arrêter :

« Jessica Lumet : spécialiste des pipes ; avale la fumée … visiblement elle a fait un tabac ! » fit Erika avec une pointe d’admiration.

« Jaimie Fort : a la jouissance bruyante ; excitante à souhait … vous avez dû vous amuser … »

Elle fit, à nouveau, défiler des pages :

« Angela Bradors : une vraie chienne … avec un nom pareil, ce n’est pas étonnant ! »

« Angelica Rambolage : adore le rentre-dedans, avant et arrière … elle était ouverte, quoi ! »

Erika, sa curiosité satisfaite, allait refermer l’agenda, quand un nom attira son attention :

« Angela M… : pas de nom et aucune mention… Une illustre inconnue, Sergueï Andreïevitch ? » Dit-elle en regardant Lioubov, qui garda un silence gêné.

« Peut-être la tsarine de Germanie ? » suggéra Erika avec un sourire entendu.

« Bien ! » fit Erika en reposant l’agenda sur la table, avant d’ajouter : « Et… vous en avez combien, là-dessus ? »

« « Cent quatorze ! » s’exclama Lioubov, supputant que cette Erika, l’envoyée du tsar de toutes les Russies, Vladimir, pourrait bien être la cent quinzième !

« Et il en a eu d’autres, qui ne sont pas inscrites-là ! » fit Lioubov avec une pointe de fierté, tandis que la secrétaire du tsar ouvrait sa sacoche pour en retirer un dossier.

« Quand vous serez comte, il vous faudra trouver des maîtresses de meilleur lignage. Ces… roturières ne seront plus de mise. »

Lioubov faillit sursauter. De quoi se mêlait-elle ? Il eut un souvenir ému, en revoyant défiler ces bouches féminines qui prodiguèrent tant de caresses buccales si artistement dispensées à son vit triomphant … (J’en vois qui ont du mal à suivre …)

Erika ouvrit son dossier. Elle allait commencer ce qui ressemblait à une négociation, quand elle se figea :

« Ah ! Qu’est-ce que c’est ça ? Mais c’est … c’est un rat ! » Elle désignait du doigt la charmante bestiole qui venait d’apparaître sur le côté de fauteuil de Lioubov.

Il s’amusa visiblement de la frayeur d’Erika : « Ah ! Permettez- moi de vous présenter Alexandre ! » Puis se tournant vers l’animal : « Dis bonjour à la dame, Alexandre ! » Et devant Erika, étonnée, Alexandre se mit debout, sur les pattes arrière, et esquissa une révérence, avant de disparaître sous un meuble.

« Alexandre a une histoire, - reprit Lioubov, pas fâché que cet intermède retarde ladite négociation, il y a peu, il hantait les couloirs du presbytère de la paroisse, s’aventurant même dans l’église. Et comme il semait la panique parmi les paroissiennes, le curé, l’abbé Nallat, sachant l’affection que je portais à la gent trotte-menu, eut l’idée de me confier Alexandre. »

« Une belle histoire, en effet … – concéda Erika- mais revenons à notre affaire ! »

Elle ouvrit le dossier posé devant elle :

« Ces documents sont formels. Votre noblesse est attestée par ces armoiries ! » Elle lui montra l’effigie du profil gauche d’un lion dressé sur ses pattes arrière, les antérieures à l’horizontale, la gueule ouverte. Lioubov fut troublé : cela ressemblait étrangement au logo d’une marque d’automobile très connue.

« Et que me vaut cette attention du tsar ? Je n’ai entrepris aucune démarche. »

« Sergueï Andreïvitch, j’irai droit au but : le tsar s’est procuré une photo récente de vous … il en a les moyens comme vous pouvez l’imaginer. Eh bien, il vous a trouvé une ressemblance frappante avec … Raspoutine ! La barbe en moins, hélas. Depuis, il est persuadé que vous êtes une réincarnation du saint homme ! »

Lioubov pâlit. Jeune homme, il avait été tenté, un moment, par la prêtrise. Quelle étrange coïncidence ! Et si le tsar …

« Le tsar Vladimir veut réparer cette faute, que fut l’assassinat de cet homme. Et comme à ses yeux vous en êtes la réincarnation, il a eu cette idée, quand il a su que votre aïeul était comte : restaurer pour vous ce titre, et même y ajouter un territoire ! »

« Un territoire ? Comment serait-ce possible ? » Lioubov ferma les yeux, imaginant le département de la Dordogne transformé en comté, à moins que ce ne soit le Périgord lui-même.

« Il s’agit bien du lieu où vous êtes, Sergueï Andreïevitch ! Le tsar est prêt à engager des négociations avec le tsar de Gaule, pour qu’il consente à vous céder un territoire autour de Périgueux. »

Elle ne manquait pas d’air, cette Erika ! Elle semblait sûre de sa chose. Pour Lioubov, c’était moins simple : le tsar Emmanuel avait déjà pas mal de soucis avec une fronde de barons locaux, sans qu’il y ait besoin d’y rajouter celui-ci !

« Et n’oubliez pas que vous êtes aussi la réincarnation de Raspoutine, Sergueï Andreïevitch ! » reprit Erika, qui, son regard fixé dans une direction précise, semblait chercher à évaluer l’importance de la chose. (Pas besoin de vous faire un dessin, hein ?)

Cette Erika avait plus que l’air d’une allumeuse de première classe. Et son regard concupiscent, plus le fait qu’il soit la réincarnation de Raspoutine, fit émerger du cerveau de Lioubov … ceci :

Ra Ra Rasputin

Russia’s greastest love machine

Et la chose se réveilla dans son pantalon …(NDA: Lioubov ne porte jamais de slip.)

A franchement parler, l’envoyée du tsar ne correspondait guère aux canons de la beauté féminine, tels que Lioubov les appréciait : elle n’était pas vraiment mince, elle avait des seins, certes magnifiques, mais un peu trop gros à son goût. Mais elle était slave jusqu’au bout des ongles, et seuls les connaisseurs savent qu’on peut être envoûté par le fameux charme slave. Et puis, il y avait cette jupe ultra courte, qui dévoilait ses belles cuisses au teint laiteux.

Lioubov en était là de ses pensées, quand Erika, refermant le dossier, se leva. Il crut un bref instant qu’elle s’apprêtait à prendre congé, quand il la vit esquisser un sourire enjôleur tandis que ses mains se posaient sur la ceinture de sa minijupe pour la défaire …


A suivre …


(1) A ce sujet, les lectrices et lecteurs désirant en savoir plus, consulteront avec profit, l’ouvrage de vulgarisation de notre consoeur Théa Lamenthe : Le Kamasoutra pour les Nuls. Il est possible de le commander auprès de l’éditeur : Gérard Manvussat – Allée Montremoissy - 24190 Thorray- Leurre.

DAL : Demander A Lioubov (il faut bien qu’il participe, n’est-ce-pas ?)

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