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Fragilité marocaine

Chapitre 2

3inya

Divers

Première rencontre face au palier. Première rencontre de quoi devenir folle à lier. Première rencontre sans savoir quoi pallier. Première rencontre, toi mon éternelle alliée. Je m’en souviens comme hier, la mémoire rongée par les souvenirs. Des sensations, des visions sans jamais pouvoir poser le doigt sur la réalité. M’attends pas ce soir, j’ai besoin de me rappeler. M’attends pas ce soir, je saurai quand te rappeler. Toute la ville hurle sur le pas de ma porte, mais j’essaye de me souvenir.


Amourette adolescente sans grand avenir. Des messages, tapies dans l’ombre, loin du regard de nos parents inquisiteurs. Deux villes, deux cultures, deux gamines séparées par des kilomètres de préjugés. C’est bizarre, mais quand je suis bourrée, je crois que je t’aime encore plus, c’est bizarre, mais quand je suis bourrée, je me souviens moins de toi. S’attarder sur nos détracteurs sans jamais songer à mes propres fautes. S’attarder sur tous ces facteurs en niant ces lettres de sang inscrites dans ton âme. Bientôt neuf ans qu’on s’est rencontrées, bientôt huit ans depuis notre premier baiser, bientôt cinq ans depuis que je t’ai brisé.


3inya, 3inya, 3inya

En larmes, encore un peu nue.

3inya, 3inya, 3inya

Tu m’as quitté, mais je ne t’ai pas cru.


Premier contact après l’Incident, encore incapable de ne l’évoquer autrement. Premier contact depuis ma rupture avec la Dame Blanche. Premier contact sans jamais avoir oublié le dernier. Je t’ai supplié de te revoir, de poser une dernière fois mes yeux sur toi. Je t’ai supplié de m’entendre, promis de parler avec sincérité. Oh Vesa, si tu m’avais vu comme je t’ai vu.


Grande brune au pull moutarde, intimidante, froide. Les doigts fuselés autour d’un sac à main noir, une main posée sur des hanches en jean bleu clair. Tes yeux anxieux te trahissent, te font perdre de ta hauteur. Une fois, deux fois, trois fois, ta mèche lisse passe derrière ton oreille bouclée. Le tic t’obsède, mais plus tu y penses plus tu lui donnes du sens. Je t’observe, comme un besoin d’être rassurée par ta réalité. Les chevilles nues et le col roulé, ta coquetterie ne se cache pas, elle s’admire. Un bruit attire ton attention, tire ta tension vers le haut. Regard furtif vers le fracas n’y trouve aucune satisfaction, mais une poubelle couchée par le vent. Frisson imperceptible, comme si tu venais de réaliser le froid de l’hiver. Le ballet de tes doigts dans ton petit sac, à la recherche de réconfort, de nicotine. Toujours les mêmes mimiques, toujours les mêmes gestes.


La tapoter doucement sur le plat de ta main, une fois, deux fois, trois fois, en humer l’odeur avant de la porter à ta bouche. Un regard vers les cieux avant de l’allumer les yeux clos. Une bouffée avalée, les autres te fuiront. Je te connais par cœur, mais ce jour-là, il m’a plus manqué que toi. Assise sur un banc, je ne suis pas venue. Incapable de me lever, de m’excuser. Assise sur un autre, c’est là que je suis venue pour me pardonner.


3inya, 3inya, 3inya

Je t’ai vu là-bas, au coin de la rue.

3inya, 3inya, 3inya

Je t’ai quitté là-bas, incapable de me mettre à nue.


Un mois plus tard, petit chaperon rouge cherche fille du lupanar. La vision de ton sac ne m’évoque que le souvenir de mon premier échec, ma première peur. Je revois ton agacement, ma trahison, ma fuite et ton départ. Dieu sait ce que je ferais sans toi, Dieu sait ce que j’ai fait ces derniers mois. Rendez-vous au Sacré Cœur, comme il y a cinq ans de cela. Rendez-vous au Sacré Cœur après avoir brisé le tien. Je sais que tu m’as vu. Tes sourcils s’agitent sans savoir s’ils doivent se froncer ou s’arquer. Toi-même ignores si tu devrais foncer ou me larguer. Oh Vesa. Tétanisée, l’impression d’être dans un jour sans fin. La même beauté froide, seul ton pull a changé de couleur, de jaune cocue à rouge pétant. Le rouge de la colère, le rouge de l’amour. Oh Vesa, si tu savais comme j’aimerais ignorer mes péchés, simplement m’approcher, t’embrasser, glisser ma main entre tes cuisses et remonter vers ton cœur. Plisser ta jupe carrelée, clore tes yeux et embrasser ton corps.


Ivre d’amour, je me suis oubliée, au point de te croire acquise. Je me suis appuyée sur toi jusqu’à t’écraser, te traiter comme une béquille qu’on maltraite. Ne te considérer que pour te baiser sans réaliser que tu me faisais vivre. Ne plus penser qu’à ta taille, à tes cuisses charnues, à leur douceur. Aux caresses de mes doigts contre leur duvet, à leur pèlerinage vers ton oasis. Sentir de nouveau le réconfort de tes bras, appuyée contre tes seins, sentir le battement de ton cœur. Savourer une dernière fois la sérénité de ta présence, de ton crâne contre le mien, de tes yeux calmes. Mais tout cela avait disparu, et je t’ai détestée pour ça. Tes yeux ne reflétaient plus que mes propres échecs alors je t’ai toisée. J’y ai lu l’espoir, la peine et la colère. Je t’ai vu partir et me suis contentée d’apprécier un déhanché jugé perdu.


3inya, 3inya, 3inya

Je crois que mon miroir nous a vus.

3inya, 3inya, 3inya

Moi et ma chair mise à nue.


Oh Vesa, si tu savais comme j’ai pu bénir et maudire ceux qui m’avaient mise sur ton chemin. Rencontre importune à la frontière entre Barbès et Montmartre, entre ton monde et le mien. Moi minable, mon corps glissé dans une tunique en short pour ultime armure, toi incroyable, magnifiée par mes regrets et mon désir. Incapable de te décrire l’un des jours les plus importants de ma vie, comme subjuguée par un ange. Si tu savais comme j’aimerais me souvenir des mots que je t’ai dits, si tu savais comme ils étaient sincères. Si tu savais à quel point j’étais défoncée. Ce pan de mémoire m’échappera toute ma vie, je crois, alors je ferai tout pour que tu ne la quittes plus jamais.


Pour dernière vision de cette époque, une photo de toi envoyée de Sarandë. Toi de dos, face à une étendue d’eau et de lumière. Tes mèches blondies face aux lueurs de la ville. Ton beau corps dans une robe aux motifs écossais. A ton poignet le bracelet de nos premiers amours, et griffonné au dos de la carte, deux langues inconnues.


أحبك


3inya, 3inya, 3inya

Doux regard sur une relation crue.

3inya, 3inya, 3inya

Point final sous yeux en crue.


Note : J’avoue la rime elle est forcée.

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