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Fragilité marocaine 2

Chapitre 1

Youpi

Divers

Donc t’as vraiment que ta gueule pour pleurer ?


J’ai envie. J’ai envie de briser tous les os de ton crâne. Gommer ce rictus de tes lèvres du bout de mes phalanges. Rejouer notre premier baiser en te baisant tes morts. Sentir ton sourire contre mes jointures, l’imprimer contre la bague que tu m’as offerte.


J’ai ce que je veux quand je veux les sapes que je veux, les voyages que je veux, les mots que je veux tout vient à toi quand tu sais les tendre. J’ai tous ceux que je veux quand je veux lui, son pote, sa meuf, son ex tous viennent vers toi quand tu fais la tendre. Mais toi non. J’ai peur, peur que tu me glisses entre les doigts comme une bague de divorcés. Vilaine chienne a mordu sa maîtresse, les crocs plantés dans de fragiles ligaments. Vilaine chienne a gâché les vacances de sa maîtresse. Vilaine chienne est devenue encombrante donc on a attaché vilaine chienne au bord de l’autoroute. Mais j’ai vu tes deux regards sur moi depuis ta voiture. T’étais la pute de conductrice, regard froid après m’avoir jetée par la fenêtre. T’étais celle que je voulais rattraper et ronger jusqu’à l’os. Mais t’étais aussi la gamine qui regarde en arrière. Une paire d’yeux mouillés posés sur la banquette.


La voiture est partie, il n’y a plus que le silence et j’ai peur que les autres voitures m’emportent. Alors vilaine chienne s’est mise en route en solitaire, le souvenir de tes yeux en guise d’étoile du berger.


J’ai envie. J’ai envie d’attendrir tes pommettes contre le crépi. Faire exploser ta chair comme pulpe de tomate trop mûre. Coincer la confiture sous mes ongles cassés. Etaler mon amour pour toi sur les murs de la chambre, écrire Hajar m’a tué.


Des mots durs et le réveil de la défiance. J’ai vu dans ton regard le dégoût de mon père, lu sur tes lèvres ses mots. J’ai vu dans tes yeux des choses dont tu m’as toujours nié l’existence. Est-ce que je suis une merde ou est-ce que la sienne nous a juste éclaboussées, toutes les deux ? Sourde oreille, incapable d’entendre ce que tu me disais, j’ai préféré écrire mon propre discours. Un cohérent avec le passé où je vis depuis des années. Un cohérent avec ta réaction. Un cohérent avec ma culpabilité. Incohérent avec la réalité. Exprimer ses émotions, c’est trop guez, alors j’ai juste bombé le torse, plaidé coupable. Je me suis construit une prison de solitude dont je me suis aussitôt évadée.


Aller simple vers l’Espagne, pas de retour prévu, le cerveau en mode avion. Loin des yeux, loin du cur. Le Soleil cuisant m’a cramé la rétine. Tous les soirs, un homme différent. Tous les jours un homme différent. Si j’avais pu, toutes les heures différentes. Je leur jouais ma flûte de touriste, eux jouaient avec mes cordes vocales. Réveil à huit heures, coucher à trois heures. Toutes les journées se ressemblent, mais toutes se savourent. Série de match sur Tinder, emplettes en ville, aucune idée de comment faire rentrer tout ça dans ma valise au retour. Nouveaux vêtements sur le corps. Nouveaux vêtements sur le sol. Je ne parle pas la langue, mais je suce ça suffit. Un verre, un regard, une caresse et les deux s’en vont. Vite me retrouver à genoux devant lui. Prier pour ton retour, sa bite dans la bouche. Savourer sa main dans mes cheveux, le rythme régulier des va-et-vient. L’étrangler entre mes mains comme je voudrais t’étouffer. Suffoquer quand il m’empale, en profiter pour pleurer.


Me rhabiller avant même d’avoir avalé. C’est la rue, ça ne bouge pas, et sa chambre m’écrase.


J’ai envie. J’ai envie de te crocheter quand tu fuis. Te crocheter jusqu’à te faire virer du bleu au pourpre. Crocheter la porte de ton cur en te fêlant les côtes. Je t’ai donné ma main, tu l’as acceptée puis jetée dans un coin, alors mange mon crochet.


L’après-midi c’est la même. Un petit verre après l’avoir mangé. Un gros verre avant d’en trouver un autre au bar. C’est marrant non ? Je devais arrêter de boire pour vivre avec toi, mais t’es pas là, donc je bois encore plus. Je reste faite du même bois que le reste de ma famille. Des baisés. A l’ombre de l’ivresse, la nuit est vite tombée, le fracas de la rue m’appelle. La pride s’agite à deux pas, mais je les déteste. La pride s’agite à deux pas, mais les voir me fait penser à toi. Pourquoi changer la recette qui a fonctionné à midi ? De la bite, de la bite, de la bite. Un tapas minable en guise d’excuse pour picoler. Si je ny rencontre personne, j’irai me frotter en boîte. Pas de gestes barrières pour faire sauter les siennes. T’as les cartes en main, je ne peux pas te bluffer alors je me suis laissée coucher tous les soirs. Jusqu’à me réveiller à côté de deux inconnus. Deux sourires de bon matin, ça fait plaisir, mais vous ne pouvez pas rester. Je garde la place pour une amie.


Il est temps de rentrer.


J’ai envie. J’ai envie de revivre la balayette en boucle. Sentir tes jambes se dérober par l’équilibre que je t’ai volé. Entendre le choc de ton corps sur le sol. Entendre ton cri de douleur, entendre ta douleur, t’entendre toi. J’ai envie de t’entendre.


Brrrr, brrrr, brrrr, toujours le même froid deux semaines après.

Brrrr, brrrr, brrrr, toujours le même silence entre tes lèvres.

Alors brrrr, brrrr, brrrr, le vibro s’agite tous les soirs.

Alors brrrr, brrrr, brrrr, le moteur recommence à chauffer.


Des nouveaux voyages dans l’agenda. Tout pour agiter un peu le silence. Tu sais que je ne le supporte pas. J’espère que tu le sais. J’espère que tu me punis. Que tu ne m’as pas oublié.


J’ai juste envie de t’entendre. Le silence me bute.

Vise la glotte.

Je t’aime.

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