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Frissons au ciné

Chapitre 1

Lesbienne

J’aimerais dire un petit mot pour le cinéma: voir un plan séquence dévoiler avec perfection la beauté impériale d’un décor...être témoin d’un baiser, de deux corps qui se touchent, puis s’étreignent, au rythme du violon... quand je n’avais plus rien d’autre, que la journée était trop dure à passer dehors, le cinéma m’a toujours accueillie, bercée en son sein, baignée d’images et de sons qui restent intemporels...


Aujourd’hui, moi, Aline, j’essaie de rendre un tout petit peu de cet amour au cinéma. Je suis inscrite dans un ciné-club qui organise des projections suivies de débats. Je ne suis arrivée qu’il y a deux mois, mais je m’entends assez bien avec la petite équipe de 7 jeunes, filles ou garçons. Certains s’occupent de la technique, d’autres du débat, et les derniers (dont moi) à la logistique : flyers, accueil...


Je suis assez introvertie, avec des cheveux châtains, longs et bien lisses, et des lunettes qui me donnent l’apparence d’une fille bien sage, mais cette activité d’accueil m’aide justement à être souriante, accueillante, et surtout plus à l’aise au contact des gens.


Ce soir-là, c’est Spectra qui gère avec moi l’accueil de notre projection de courts-métrages à visée féministes ; c’est celle dans le groupe que je connais le moins, la plus distante, je pense. Je ne suis même pas sûre que ce soit son vrai nom.


L’accueil se passe bien, on enchaîne avec le début du film. J’essaie d’échanger quelques mots avec Spectra, mais elle ne me fait que de courtes réponses, comme si elle était intimidée, ou qu’elle se concentrait sur autre chose. Pourtant, je vois bien quand je me retourne vers elle qu’elle m’observe en coin. Il y avait quelque chose d’étrange à la voir ainsi me détailler. Ses yeux noisette soulignés d’un abondant mascara remontaient le long de mes jambes, comme un oiseau nocturne pourrait me regarder en pleine nuit. Je voyais pourtant difficilement d’où pouvait venir sa curiosité envers moi quand elle-même était aussi remarquable, avec son look destroy qui s’accordait avec ses longs cheveux blonds teintés de rose, ses lèvres soulignées en noir... une vraie punk. Le genre de filles qui me regarde juste pour alimenter son mépris.


Une fois tous les spectateurs rentrés, je restai devant la salle armée d’un bouquin. Le film ne m’intéressait pas particulièrement, et j’étais chargée d’ouvrir les portes aux éventuels retardataires. Spectra est allée balader son regard ailleurs... si elle n’est pas tout simplement partie. Je reste seule une bonne demi-heure.


Tout d’un coup, les portes derrière moi claquent et un homme rouge de colère en sort, me menaçant directement du doigt. Sa voix hurlée résonne dans tout le bâtiment : "C’est une HONTE de présenter un film comme ça ! Deux filles qui s’embrassent dans une projection accessible soi-disant à tous ? Non, mais vous vous prenez pour qui ? Je suis l’adjoint à la mairie, moi ! Je vous garantis qu’on entendra parler de vos conneries ! Arrêtez-moi ce film IMMEDIATEMENT !"


Je peux à peine murmurer que je ne peux pas arrêter le film qu’il est déjà en train de me hurler dessus à littéralement 3 centimètres de moi, je passe le pire moment de ma vie, je suis complètement atone, même quand il s’apprête à me mettre une claque, allongeant son bras...

Quand il se prend soudain un immense coup qui le fout à terre. Je retourne la tête et vois Spectra qui vient de rétamer mon agresseur avec un coup de pied haut bien senti. Le choc est tellement fort que je me demande si ce dingue n’a pas perdu une dent au passage.


Après s’être péniblement relevé, il est cependant de nouveau prêt à gueuler :

"Bordel, pour qui vous vous pren...


Spectra lui colle une gifle avant qu’il ne puisse terminer.


— Écoute mon gros, si tu restes là encore une seconde de plus la prochaine ira droit dans les couilles ! Que je te revoie UNE SEULE FOIS approcher ma copine, je te refais ta sale gueule au couteau. C’est clair ?


Je ne vois même pas le gars partir. Je ne m’en souviens pas, en tout cas.


Je reste prostrée. Black-out. Il y a bien des couleurs et des formes qui s’agitent dans tous les sens, mais depuis cette explosion de violence, mes sens se sont mis en mode « blocage ». Tout d’un coup, je vois Spectra devant moi.

« Hé hooo, petit oiseau... le méchant Monsieur ne t’a pas trop secouée ?... "


— Oh mon Dieu, Spectra, je... je suis déso...

— Ne me dis pas à quel point tu es désolée et dis-moi comment tu vas. Je sais ce que ça fait quand un connard de ce genre t’agresse.

— Euhm... ça va... bien, je suppose.

— Cool.

— Grâce à toi, d’ailleurs.

— Pour une fois que je peux tabasser un de ces types sans avoir mauvaise conscience... et si, en plus, je peux sauver un petit oiseau...


Même si je suis encore choquée, recevoir autant d’attention d’elle me comble de joie. Elle pose la main sur mon front, me chuchote quelques mots gentils, me recoiffe. Moi qui abhorre le contact physique, je suis encore trop émoussée pour me dérober au contact de sa main qui me caresse. Je suis étonnée de voir qu’elle puisse faire preuve d’autant de tendresse, elle qui semblait si froide, si rebelle à toute idée de sociabilité. D’une certaine manière, c’est peut-être parce que l’attention vient d’une personne aussi inaccessible que cela me fait si plaisir.


— Ca te dérange pas que je te caresse comme ça ? T’as une peau de bébé, j’adore...

— euh... no... enfin, avec toi ça va...


C’est si étrange, cette beauté qui me caresse, et moi je ne me concentre que sur ses piercings, et les multiples bracelets de toutes sortes qui s’enchaînent sur ses bras... et sur ses quelques tatouages.


— Je suis flattée... venant d’une belle fille comme toi.


Mon souffle se coupe.


— Tu aimerais que je me rapproche ?

— Se rapprocher ? Euh, comm...


Un doigt posé sur ma bouche me stoppe dans mes balbutiements, l’anneau qu’elle porte au niveau de la phalange est presque calé entre mes lèvres...


— Regarde, c’est tout simple...


Elle se penche, les yeux dans les miens, comme pour observer son beau reflet dans mes pupilles... Mon Dieu, que se passe-t-il ?


— Ca te gêne ?

— Non...


Sa main est déjà posée sur ma joue, imperceptiblement. Mes lèvres sont entrouvertes. Si je ne fais rien, je sais ce qui va se passer. Et je ne fais rien. Ses lèvres se rapprochent des miennes...


Et tout d’un coup, les portes de la salle s’ouvrent. Les spectateurs sortent dans le hall.

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