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La fugue.

Chapitre unique

Histoire médaillée
Erotique

« La fugue (de fuga, fuite) est une forme de composition musicale dont le thème, ou sujet, passant successivement dans toutes les voix, et dans diverses tonalités, semble sans cesse fuir. » 

(Pour écrire une fugue, privilégiez les intervalles conjoints et les mouvements dynamiques...)


L’été m’étouffait, entre obligations familiales et restrictions de plus en plus oppressantes, mes spots indiens et africains m’étaient fermés, l’amant jouait l’étoile filante, mes bons coups filaient jouer à la Baie des Cochons, les copines se débattaient avec soucis de santé et de finances...

L’été presque à sa fin, et enfin j’osais la fugue de tout ce qui m’impose d’être là pour les autres. Hasta la vista, même juste 3 jours, un semblant d’aventure.

Le train du nord au sud, jusqu’à la mer.

J’aime Marseille.

La première classe en promo, en plongée dans mes textes sur mon laptop, playlist des incontournables du classique dans mes écouteurs, macchiato en tall, va bene !

Dans ma bulle de liberté chèrement méritée, je ne sais pas à quelle gare j’ai hérité d’un voisin de coude, tant j’étais exaltée par ma fuite, par les paysages d’ailleurs, l’égrenage de noms de villes où me poser, peut-être, un jour, et par la relecture de mes récits de licencieuse assumée.

Ce n’est que lorsqu’il a posé sur mon clavier un ticket de caisse griffonné de "je vous rapporte un café?" que je suis sortie de ma ouate...

Train à Grande Vitesse, mais moi lente à réagir... D’abord ses mains larges et le détail du jersey gris chiné usé d’un bord côte de poignet d’où s’échappaient des poils sombres. C’est sexy un vêtement qui porte les signes d’une longévité confortable, la valeur sûre qui rassure, la tenue fétiche à la patine doudou...

Mon regard met un temps infini à remonter le long de la manche d’une veste sweat à capuche... Jusqu’à un sourire amusé et des yeux verts à paillettes. Et c’est là que celle qui aligne sans complexe les mots les plus crus pour narrer ses exploits impudiques se met à bafouiller (et à rougir j’en suis certaine!) un truc inaudible...

" Ou un thé si vous préférez ? " il me sauve en me donnant un peu plus de temps pour remettre mes idées en ordre. (Même si, en même temps, sa voix produit un boum dans ma poitrine...)

Un café, oui, merci beaucoup, c’est aimable à vous de me le proposer...

Il est debout, immense...

"Tout le plaisir est pour moi" sourit-il...

Voilà, je me sens minuscule à lever mes yeux vers les siens pile sur Plaisir...

" Du lait, du sucre?"

Voilà, je m’efforce à ne pas descendre le regard pile à l’horizontale de... son...

Son expression taquine me fait alors prendre conscience qu’il s’est plongé dans mon écran où le salace s’écrit à la premiere personne. J’ai repris tous mes esprits pour un sourire bravache, inutile de jouer la sainte nitouche, il sait que j’appelle un chat une chatte.

En le regardant s’éloigner, je dessine ses contours, j’imagine ses galbes et ses incurvations, je le devine ferme et chaud... J’aurais dû mettre cette robe noire portefeuille si parfaite pour...

Je me surprends à attendre son retour du wagon bar en vérifiant mon reflet dans la vitre, en libérant mes cheveux... Ce café TGV a déjà un goût d’évasion sensuelle.

Me calmer avant son arrivée, je me connais, quand j’ai le déclic là..., je parle vite et en devient gauche, ou même godiche (certes, je sais qu’ils y lisent ainsi directement mon trouble, et que c’est loin de leur déplaire, mais mon ego en prend pour son grade...)

"Max", se présente t-il en me tendant le gobelet... Ok, c’est bon, je suis déjà une flaque, j’ai l’impression que tout le compartiment entend le souffle court de celle qui n’a qu’une envie: poser son cul sur le rebord du minuscule lavabo des toilettes, pour être à hauteur de sa pine que j’imagine forcément max comme le reste, et être perforée au rythme et au son si particulier du bolide qui me projette vers un ailleurs...

Merde, pourquoi avoir mis un jean aujourd’hui...

" Alors comme ça, vous écrivez?"


Oh oui, et crois moi, toi, tu es déjà entre mes lignes, tu saccades mes tournures, tu chavires ma rythmique, tu tortures mes explicites, bouscules mes ellipses et mes enjambements, tu fouilles ma prose et mets à mal mes figures de style...


"A Marseille, j’aimerais vous offrir autre chose qu’un café..."


A l’instant même, j’espère seulement que ma "chambre avec vue" dans le Panier est bien insonorisée...



La nuit je mens

Je prends des trains à travers la plaine.

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