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L'histoire de la Vie

Chapitre unique

Divers

Il y a plusieurs dizaines de milliers d’années, Bite et Chatte eurent une discussion qui changerait à tout jamais le destin de l’humanité.


— Bon, Chatte, le patron nous a demandé de régler entre nous la question de « comment est-ce qu’on fait pour qu’on baise ? ».

— Oui, je trouve ça super ! s’enthousiasma-t-elle. D’ailleurs, j’ai plein d’idées qui pourront certainement te...

— Ouais ouais, on verra ça plus tard. Le plus important pour l’instant, c’est savoir qui fait quoi. Je propose : je rentre, tu accueilles.

— Comment ça « tu rentres, j’accueille » ? On pourrait pas faire une tournante, plutôt ? Genre chacun son tour, on se renvoie l’ascenseur ? Par exemple : « hey, c’était sympa chez toi hier soir, ça te dit de remettre ça aujourd’hui ? Cette fois, c’est moi qui invite ». Je trouve ça nettement plus convivial. Tu vois de quoi je parle ? La politesse.

— Connais pas. Et puis, je ne vois pas bien l’intérêt.

— C’est juste que ça va être fatigant pour moi de t’accueillir à chaque fois. Tu sais, il va falloir que je me fasse toute belle, que je sois décontractée, que je fasse un peu le ménage avant et tout le tralala.

— Eh beh c’est parfait parce que tu le fais déjà très bien. Moi, par exemple, je suis nul pour être détendu. Quand je suis invité, il faut toujours que je sois tout contracté donc tu vois que je ne pourrais pas accueillir. D’ailleurs, en parlant de moi, il va falloir que je sois grand, très grand. Gigantesque, même !

— Quoi ? Mais pourquoi ?

— Bah, pour montrer à quel point je suis important. Je suis quand même celui qu’on accueille.

— Mais grand comment ?

— Au moins... un bras, non deux ! Je veux être aussi long que deux bras musclés et...

— Hop hop hop, je t’arrête tout de suite, là ! Tu es peut-être « celui qu’on accueille », comme tu dis, mais moi je suis celle qui accueille. Je ne veux pas avoir chez moi quelqu’un qui ne pourra que passer la tête pour dire coucou et qui n’arrêtera pas de se cogner au plafond. Je veux t’accueillir comme il se doit !

— Mais tu ne peux pas t’approfondir un peu pour que...

— Écoute-moi bien, Bite, si tu tiens réellement à faire cette taille, je meublerai mon intérieur de petites griffes qui t’empêcheront de sortir indemne de chez moi. Fini la maison douillette, bonjour le piège-à-loup. Suis-je claire ?


Pour se donner bonne contenance, Bite dégaina une pipe qu’il entreprit de bourrer de tabac. La mine soucieuse, il mordit le tuyau avant de craquer une allumette.


— Puf puf... Mh... Chi je chui trop long, je ne pourrai pas entrer complètement... Tu chais quoi ? Puf puf... Il faudrait que je chois un peu plus petit. Hichtoire que tu puiches m’accueillir entièrement, tu vois ?

— Ouais, bonne idée ça, railla Chatte.

— Ce qu’il faut plutôt, c’est que je sois gros, s’exclama Bite en tapotant sa tempe avec sa pipe comme si c’était l’idée du siècle. Non ; pas gros, énorme ! Éléphantesque, même ! Je veux être aussi imposant qu’un pic, non qu’un cap ! Que dis-je un cap ? Une...

— Bite, c’est le même problème.

— Comment cha ? Puf puf.

— Si tu es trop gros, tu n’arriveras simplement pas à rentrer.

— Ah bon ? Mais comment le bébé va chortir, dans che cas ?

— Le bébé ? Quel bébé ?


Bite dévisagea son amie comme si elle était la dernière des demeurées.


— Quoi ? Non. Non, je refuse. C’est niet ! Ne me regarde pas comme ça, je te dis c’est non. Tu as vu la taille de ces trucs ?

— Des bébés ?

— Appelle-les comme tu veux, jamais je ne pourrai faire sortir un seul de ces monstres !

— Mais Chatte, tu n’as pas le choix. Ça va avec tout le packaging de « celui qui accueille ». C’est marqué là, regarde. Alors... Puf... le rapport devra che faire de fachon con... conchentante... aucune idée de che que ch’est... dans le but de perpétuer... ch’est pas cha... afin que le bonheur choit... non plus... Ah ! Là : chelui ou chelle qui accueillera les chpermatochoïdes aura l’ichigne honneur d’héberger en chon chein la future progéniture. Tu vois que je ne dis pas n’importe quoi. Pour che faire, chelui ou chelle qui accueille devra obligatoirement être muni d’ovaire permettant l’ovu... l’ovulachion, pas la moindre idée de che que c’est che machin, ce qui entraînera immanquablement les mench... menchtru...

— Passe-moi ça ! Je comprends rien avec ta pipe. Où est-ce que c’est ? Ah oui, là... insigne honneur... gnagnagna... obligatoirement... les menstruations... Douleurs... maux de tête... saignements... saignements ?! Qu’est-ce que c’est que ce truc ? Je vais me vider de mon sang tous les mois ? Mais c’est horrible !


Bite se tapota la lèvre inférieure avec le tuyau de sa pipe.


— Il me faudrait un chapeau. Un beau chapeau style haut-de-forme, mais en plus rond. Avec des beaux rebords qui descendent un peu. ‘Faut qu’il ait une belle couleur, aussi. Vert. Ç’est chic, vert, et c’est distingué. Non jaune. Jaune, ça en jette un max !

— Bite ! Tu m’écoutes ? Je ne veux pas être celle qui accueille.

— Mmh ? Quoi ?

— Je ne veux pas être celle qui accueille !

— Ah mais c’est trop tard, ça. C’est déjà décidé. Tiens, qu’est-ce que tu penses de mon idée de chapeau ? Un beau chapeau bien jaune avec une calotte toute ronde ? Comme ça, à chaque fois que je viendrai, je pourrai te saluer en me décalottant. Tu sais, comme la haute noblesse.

— C’est quoi « la haute noblesse » ?

— Mh ? Je chais pas trop... puf puf... mais cha chonne bien, tu ne trouves pas ? Oh Chatte, je t’ai déjà dit de ne pas te gratter les boutons comme ça. Ça laisse des marques après.

— Je fais ça quand je suis stressée, OK.

— Chtrechée ? Mais pourquoi ?

— Parce que j’ai l’impression de m’être fait couillonner ! En plus de devoir t’accueillir, je dois subir les menstruations tous les mois et je dois porter le truc là, le bébé. Je dois même le recracher ! Non, mais tu as vu la taille de ce machin ?? Regarde la tête, comment ça peut espérer passer ?

— Mmh... Couillonner...

— Bite ? Est-ce que tu m’écoutes, à la fin ?

— Chatte, tu viens de me donner une idée ! Il me faut des potes ! J’en veux six, juste en dessous de moi, à la base, tu vois ? Juste là. Ils seront vraiment inséparables. Et puis ils se balanceront tout le temps parce qu’ils aiment bien ça. Ils sont joueurs, tu comprends.

— Quoi, mais...

— Ouais, et ils dorment tous dans la même chambre. Et je veux que ce soit eux qui gardent mes spermato-machin. C’est pour ça qu’ils sont autant, d’ailleurs. Non, attends, il en faut plus ! Dix, non, une ou deux douzaines ! Non, deux treizaines !

— Mais Bite, tu as déjà un compagnon.

— Quoi ? Ah, tu parles d’Anus ? J’aime pas ce mec, je le trouve trop fermé. (Il se pencha en avant, l’air confidentiel :) et il a une haleine de chacal.

— Je le trouve sympa, moi.

— Bien sûr, vous avez beaucoup de points en communs, tous les deux. Tandis que moi... Enfin bref. Donc on valide deux treizaines ?

— Tu ne penses pas que ça va faire des jaloux ?

— Des jaloux ? Qu’est-ce que tu veux dire ? Tout le monde en aura deux treizaines, bien évidemment.

— Non, je veux dire parmi tes nouveaux petits copains. Ils vont probablement se disputer pour te donner le plus rapidement tes spermatozoïdes, ce qui les rendra de moins bonne qualité, tu ne crois pas ?


Bite tira longuement sur sa pipe.


— J’y ai penché, en effet. Tu chais quoi ? Puf puf... Deux, ch’est bien. Pas plus gros que moi comme cha, pas de dispute, il y a de la plache pour tout le monde. Ouais, deux bons gaillards bien ronds qui aiment la vie, comme moi. Allez, on valide deux, alors. Il leur faut un nom, maintenant. Quelque chose dans le genre : mes potos ou ma bande... non ça c’est plus pour moi. Mes couilles ! Ça sonne bien ça, non ? Oui, ça sonne d’enfer ! Venez, mes couilles, on va niquer des...

— C’est vulgaire. Couilles. Ça résonne comme si on venait de se cogner le petit orteil.

— Mmh... puf puf... et que penches-tu de « Techticule » ?

— Techticule ? Pas vraiment...

— Non, TeSticule, avec un S comme céréale.

— Ça ne s’écrit pas...

— Et puis j’aime bien comment ça finit : « cule ». C’est comme une promesse, tu comprends ? Mais j’aime bien aussi couille. Allez, hop ! On garde les deux. Un peu de folie de temps en temps, ça ne fait pas de mal. Passons au plaisir, maintenant. Aaah, là on va s’amuser !

— On a droit au plaisir ?

— Mais bien sûr ! Tiens, regarde. Tu vois mon beau chapeau tout jaune ? Eh bah, si tu le frottes, c’est cool.

— C’est cool ?

— Ouais, c’est chouette, quoi. Ça fait des petits guilis.

— Et... c’est tout ?

— Ouais... puf puf... ch’est cha le plaisir, ma cocotte.

— Bon, eh bien, moi, je vais mettre un pilier dans le mur de gauche et un autre dans le mur de droite.

— Houla, on s’improvise architecte, à ce que je vois.

— J’ai quelques notions en construction du vivant. Et ces piliers, je veux qu’ils se rejoignent en haut, ça fera comme une arcade. Comme ça, quand je t’accueillerai, tu les caresseras avec ton chapeau.

— Caresser ? Non, moi je veux frotter fort, tu vois. Je veux que ça bouge, qu’on danse sur le son des tam-tams endiablés. Je veux de la tectonique, du rock, pas de la flute traversière. Je veux que ça fasse trembler jusqu’à tes fondements et que ton pote Anus se dise : « Tudieu, y s’en font du bruit à côté ! »

— Ah non, ça ce n’est pas possible. Vu comme tu es gros en ce moment, tu vas tout me casser là-dedans. En plus, ce sont des murs porteurs. Tout ce que je désire, c’est de la douceur, de la langueur, tu comprends ? Je t’accueillerai avec une tasse de thé bien chaude ou un grand verre de jus préparé par mes soins. On s’installera tranquillement, peut-être un petit slow, un peu de contrebasse, un câlin...


Réalisant que sa pipe était vide, Bite entreprit de la charger à nouveau de tabac. Ce faisant, il se rendit compte combien il prenait plaisir à la bourrer... sa pipe. La mine douloureuse, il sut qu’il allait devoir faire des consensus.


— Mmh... puf puf puf... Je n’aime pas bien le thé, je dois dire.

— J’en prends bonne note ; ce sera donc du jus.

— Et chi... chi je chui plus... plus petit ? Je veux dire, plus fin...

— Eh bien quoi ?

— Ou pourrait aller plus vite ?

— Mh, laisse-moi réfléchir. Ça dépend...

— Cha dépend de quoi ?

— Déjà, ôte-moi cette pipe de tes lèvres, je ne comprends rien à ce que tu marmonnes.

— Pardon. Ça dépend de quoi ?

— Oui, j’avais compris la première fois. Ça dépend de combien tu rétrécis, bien sûr.

— Ah, d’accord... ainsi, ça irait ?

— Je ne vois pas vraiment la différence par rapport à avant.

— Mais si, regarde, je suis déjà beaucoup plus maigre, là.

— C’est toujours de trop.

— Bon, bon. Et comme ça ?

— Non, toujours trop gros. Tu sais quoi, il faut que tu sois plus étroit que ton chapeau.

— Ah, dans ce cas...

— Non, non, non, sans agrandir ton chapeau. À part la couleur, il est parfait comme ça.

— Quoi ? Mais je vais être ridicule ! Regarde à quoi je ressemble, on dirait que je n’ai pas mangé depuis des mois. Je ressemble à un bout de bois famélique.

— C’est ça ou bien les slows.

— Grmlmrem... dirait un shtroumpf... rlemegnagna... ‘va se moquer de moi comme ça grognnomon...

— Qu’est-ce que tu dis ?

— Rien, rien. Bon, si on y va fort, je vais ajouter un frein. Comme ça, je suis sûr de ne pas perdre mon chapeau en chemin. J’aurai l’air fin de me présenter à toi la tête dénudée...

— Bonne idée, et profite-en pour en changer la couleur. Moi, je vais ajouter un petit bouton juste là. Voilà ! Un peu plus gros, tout de même, il ne faut pas qu’il soit caché non plus. Et tiens, je vais le relier à mes deux piliers, voilà. On est bien là. Lui il aimera beaucoup les caresses. Clitoris. Ça m’est venu comme ça, tiens ! C’est charmant, je trouve que ça lui va parfaitement. Comme c’est doux à prononcer : clitoris. On dirait une caresse. Je sens que vous allez beaucoup vous entendre tous les deux. Bite ? Bite, est-ce que tu m’écoutes, au moins ?

— Hein ? Ah oui, oui, on fera des caresses. Dis, tu sais, je suis en train de me dire que le jaune ne va pas très bien avec mon teint. C’est trop discret. Il faudrait une couleur qui annonce ma venue, tu comprends. Je veux que ce soit comme un tambour clamant mon arrivée ! Rouge, voilà ce qu’il me faut ! Un chapeau rouge bien vif. Il sera ma fierté ! Ma gloire !

— Bite, est-ce que tu as entendu ce que j’ai dit ?

— Oui, tu veux faire des caresses. Ne t’inquiète pas, on en fera.

— Non, je parlais de ce bouton.

— Oh oui, quelle horreur ! Surtout ne le gratte pas, celui-là ! Il est vilain tout plein, dis donc.

— Mais non ! Bite, j’étais en train de te dire qu’il est très important, autant que mes deux piliers. Il ne faut vraiment pas l’oublier...

— Oh Chatte, je viens d’avoir une idée ! Tu sais ce qui serait incroyable avec tout ça ? Des poils ! Plein de poils partout. Ça permettra également de masquer un peu ce... cette chose.

— Des poils ?

— Ne fais pas cette tête, voyons. Les poils c’est mignon, ça donne du volume, des couleurs, ça s’entortille gaiement.

— Mmh, je ne sais pas, Bite...

— Mais si, c’est joli. Et puis, ça peut faire effet coussin.

— Oui, si tu le dis...

— Parfait ! Adjugé alors ! En plus c’est très à la mode chez les hommes. Regarde ça, on dirait que j’ai une barbe, maintenant. Avec ma pipe et mon chapeau, ça me va à ravir !

— Tu es magnifique, mon gland... heu, mon grand.

— N’est-ce pas ? C’est exactement ce qu’il me manquait pour être encore plus viril. J’ai l’air d’un capitaine de vaisseau. Qu’est-ce que tu fais ?

— Je vérifie les statistiques. Regarde : taille, hormones... on dirait qu’on est plus ou moins au même niveau. Par contre, le plaisir est complètement déséquilibré.

— Ça ne m’étonne guère, tu as vu la taille de mon chapeau ? Avec un tel accessoire, je dois ressentir deux ou trois fois ton plaisir. Si pas plus !

— Mh... en fait, c’est plutôt l’inverse.

— Quoi ? Non, c’est pas possible. Il doit y avoir une erreur quelque part.

— Bah non, regarde par toi-même.

— Mais... mais... je suis pourtant plus gros...

— Peut-être, mais ça n’a pas l’air de changer grand-chose. Peut-être que si tu...

— Je sais !

— Vraiment ?

— Oui ! C’est parce que j’ai oublié d’ajouter un élément capital ! Ceci !

— Ooh, qu’est-ce que c’est ?

— Ça, ma chère, c’est le point... c’est quoi la lettre après F, déjà ?

— G ?

— G ! C’est le point G !

— Le point G ? Mais qu’est-ce que c’est ?

— Eh bien, ma chère et tendre, c’est le bonheur. Simplement, le bonheur. D’ailleurs, si je veux rattraper l’avance que tu as sur moi concernant le plaisir, il va m’en falloir deux. C’est tout ce qu’on a en stock, en plus.

— Ooh, je peux en avoir un ?

— Hélas non, ce n’est que pour les mâles.

— Les deux ?

— Parfaitement.

— Et pourquoi ça ?

— Parce que, c’est tout.


Chatte rougit de colère. En plus d’avoir à accueillir ce malotru chez elle, elle devait accepter sans rechigner tous ses caprices. Cette fois, c’en était trop ! Aussi vive qu’un orgasme, elle s’empara d’un des points G et l’avala aussitôt. Tout se passa si vite qu’elle ne prêta pas attention à l’endroit où se posa ce mystérieux point G.


Seulement, en se jetant sur le premier trophée, Chatte bouscula le second qui échappa à Bite, rebondit joyeusement avant de disparaître plus loin.


— Chatte ! Qu’as-tu fait ? Je t’ordonne de le recracher !

— Trop tard, mon cher et tendre. Tu vas devoir te contenter d’un seul point G.

— Oh non, non, non, non, non ! Je n’en avais que deux. Vite, où est l’autre ?


Chatte afficha un sourire narquois. Voir Bite se démener ainsi pour trouver son point G valait la plupart des affronts qu’elle avait essuyés durant leur discussion. Bite partit à la recherche de son bien, ne laissant derrière lui que des grommèlements incompréhensibles.


— Ah, Chatte, tu es là.

— Bonjour, patron. Tout va bien ?

— Oui, oui, mais il faut lancer la Reproduction. Où est Bite ?

— Par là-bas, quelque part...

— Vous êtes parvenus à vous mettre d’accord ?

— Plus ou moins...

— Qu’est-ce que c’est que cet air chagriné ? Oh, tu es celle qui accueille. Je comprends. Si on les place sur la balance de la vie, on s’aperçoit rapidement que les rôles sont déséquilibrés. Hélas, je ne pouvais pas faire autrement. Laisse-moi voir ces statistiques. Mhm... oho, je vois... bien, bien. En revanche, il manque une donnée, ici.

— Oh, qu’est-ce que c’est ?

— C’est le niveau de douleur qu’on ressent lorsqu’on reçoit un coup dans les « testicules ». Chouette nom, à vrai dire.

— Je peux choisir ?

— Oui. Bite n’étant pas là, on n’a pas trop le choix. Fais vite comme ça je peux lancer la Reproduction.

— Bon alors heu... une douleur équivalente à trois accouchements.

— Chatte, voyons. Veux-tu que ce pauvre Bite meure de souffrance ? La douleur doit se situer sur une échelle de 1 à 10.

— À combien s’élève la douleur d’un accouchement, dans ce cas ?

— Hum... 12.

— 12 ? Mais je pensais que 10 était le maximum.

— Pour les hommes, oui. Les femmes sont beaucoup plus résistantes, elles.

— Bon, eh bien 10, dans ce cas.


Le patron acquiesça, nota les nouvelles données et sauvegarda le tout. Avisant la mine dépitée de Chatte, il s’agenouilla auprès d’elle.


— C’est si injuste, murmura-t-elle. J’ai l’impression de commencer la vie avec un énorme boulet.

— Sais-tu ce qui se passe lorsqu’on traîne un boulet toute sa vie ? (Comme elle ne répondait pas, le patron poursuivit :) On devient fort. Je ne parle pas d’une force musculaire, évidemment. Laissons aux hommes ce gadget illusoire. Je parle du mental ; une force incroyable, capable de soulever des montagnes et bien plus encore. Tu sais, il faut un esprit en titane pour être capable de donner la vie, et bien davantage pour en prendre soin. J’ai évoqué tout à l’heure un déséquilibre entre les deux sexes. C’est vrai, il y en a un. Si incommensurable que ça en devient effrayant. Mais laisse-moi te poser une question : es-tu sûre de te situer du bon côté de la balance ?


Laissant la question flotter dans l’air, il s’en alla. Bite revint quelques instants après, affichant une expression affligée.


— Chatte, je ne retrouve pas mon point G. J’ai bien demandé à Anus, mais il m’a dit qu’il dormait à poings fermés et qu’il n’avait rien vu. Comme je le connais, il a sûrement dû l’avaler par mégarde. Je vais demander au patron de m’en faire un autre avant que...

— Bite.

— Quoi ?

— C’est trop tard, il vient de lancer la Reproduction.

— Non, c’est pas vrai ! Et mon Point G ?

— Ça, mon vieux, il va falloir que tu continues à le chercher.


Et il en fut ainsi. Il va sans dire que Bite bouda quelque temps son amour de toujours pour ce mauvais coup qu’elle lui avait joué, mais il finit par se résigner. De toute façon, ces deux tourtereaux n’étaient vraiment heureux qu’une fois réunis. À condition qu’ils se respectent l’un l’autre, bien entendu.

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