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Improbable rencontre

Chapitre unique

Lesbienne

Paris en hiver, ses passants pressés, ses terrasses abandonnées, quelques fumeurs y passaient en vitesse, le temps de vapoter ou de griller une cigarette. De ma place au bout du comptoir, près de la porte, je les voyais battre le bitume d’impatience. Triste constat en janvier 2022, l’épidémie modifiait radicalement le décor, le bar discothèque qui avait d’habitude mes faveurs était fermé.

– T’es songeuse, remarqua Cathy.

J’acquiesçai d’un geste de la tête en faisant tourner sans entrain une rondelle de citron dans la vodka. Cette histoire de Covid ne m’amusait plus du tout, peu importait le variant à l’œuvre, les mesures gouvernementales, voir mon quartier aussi vide me faisait chier. Le Marais avait perdu l’essentiel de ses saveurs, à savoir le renouvellement de la clientèle féminine.

– Non, je m’emmerde.

Mon attention se porta vers l’entrée. La petite brune sur le pas de la porte ressemblait à une jeune gazelle séparée de ses congénères, aventurée par mégarde sur le territoire d’une bande de lionnes affamées. Elle ouvrit son blouson d’un geste lent.

– Regarde sa façon d’observer, de prendre son temps, affirma ma copine barmaid. Cette nana vient chercher des réponses. Elle a certainement lutté contre sa nature avant d’oser entrer ici. Seul le hasard décidera de son destin.

Face à mon air dubitatif, Cathy continua de philosopher.

– Elle peut croiser une personne sympa, qui lui donnera des réponses, ou rencontrer une garce qui profitera de son inexpérience. Ah ! On dirait que c’est pour toi.

L’arrivante se posa près de moi au comptoir ; la proximité de la porte dans son dos devait la rassurer.

 

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– Un café s’il vous plait, demanda l’inconnue, forçant un peu sur sa voix fluette pour couvrir le brouhaha d’un petit groupe prêt à s’éclipser.

– Joli cul ! s’écria une butch avant de filer.

– Ne fais pas attention, amorçai-je face à la trouille soudaine de la jeune fille, elle est jalouse, c’est tout.

Cinq minutes de silence s’écoulèrent durant lesquelles je n’osai aucun regard dans sa direction pour ne pas l’effaroucher.

– Il y a du monde, soupira l’inconnue un peu rassurée par mon attitude.

– Moins qu’avant quand même.

D’une beauté rafraichissante, le regard clair paraissait confus, celui d’une nana en proie au doute. J’avais l’impression d’être confrontée à moi-même quelques années plus tôt. Chloé arrivait d’Angers, la tête pleine de rêves, le cœur empli d’espoir, elle pouvait se le permettre à 18 ans. En classe préparatoire scientifique avant d’intégrer une grande école de technologie de laboratoire, elle voulait poursuivre ses études à Paris, un prétexte à l’émancipation, l’occasion d’échapper à des parents surprotecteurs.

Ils ne savaient rien de son orientation, même si sa mère se doutait de la chose. Chloé ne parlait jamais des mecs, éludait les questions d’ordre sentimental, passait son temps dans sa chambre au lieu de sortir. Fuir sa ville d’origine avait mis un terme provisoire à l’inquisition incessante. Incapable de mettre des mots sur son ressenti, la pauvre ne se sentait pas de taille à affronter le cercle familial.

L’intérêt de Chloé pour moi grandit, au point de ne bientôt plus pouvoir douter de ses intentions. Cathy se fit moins présente, elle avait compris. Pourtant, je n’étais pas sûre de vouloir répondre aux attentes de la gazelle, par peur de la blesser. Cette dernière réussit à se faire inviter, prétextant la peur de marcher seule dans Paris la nuit, refusant ma proposition de lui offrir le taxi. Mon amie barmaid mit à profit une courte absence de l’Angevine, partie aux toilettes, pour me lancer une ultime recommandation :

– Dans les films réalisés par des lesbiennes, nous sommes parfaites, sans doute un peu trop, de pauvres nanas opprimées par une société sans pitié. Dans ceux réalisés par des hétéros, on passe invariablement pour des salopes qui draguent les filles qui étaient si heureuses avec les garçons avant de nous rencontrer. La vérité est ailleurs à mon avis. Alors vis ta vie sans remords, demain le jour se lèvera comme d’habitude.

Cathy avait raison.

 

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Un nouveau poster complétait ma collection. Une amie photographe artistique, une ex au passage, m’avait offert un nu sur lequel la lumière disputait à l’ombre le pouvoir de me mettre en valeur de la tête aux pieds. L’expression pensive du visage, mes seins, mon ventre, ma toison pubienne, mes cuisses, rien de mon anatomie n’était épargné dans ce trois-quarts face en noir et blanc.

– Waouh ! s’extasia Chloé.

D’habitude, les nanas me réservaient une autre réaction en découvrant leur hôtesse à poil sur une photo grandeur nature accrochée bien en vue dans la salon.

– Oui, j’adore provoquer. Tu veux boire quelque chose ? Whisky, vodka soda, de la bière, du vin ou de l’eau.

Le gin et le jus d’orange avaient disparu, le premier sifflé la veille devant la télé, l’autre ingurgité ce matin au petit-déj.

– C’est fort la vodka ? demanda Chloé guillerette. J’en veux bien.

L’inviter pour la nuit ne résultait d’aucun désir lubrique. Ce n’était pas une question d’âge ou d’expérience, ni un manque d’attirance physique, je voulais la respecter. Chloé ressemblait beaucoup à la jeune fille que j’avais été en arrivant ; à l’inverse, elle allait jusqu’à puiser du courage dans l’alcool. Il fallait la raisonner, la pousser à réfléchir avant de se jeter dans les bras d’une inconnue. Le temps de prendre deux canettes de vodka soda dans le frigo, je l’entraînai dans le salon.

Elle s’installa sur le canapé, libérée des doutes qui avaient marqué son expression au bistrot. Les yeux en amande s’ouvraient, comme une conscience éveillée après un long sommeil. Son regard brillait d’une appréhension logique, aussi d’une impatience qu’elle contenait difficilement. Histoire de changer de sujet, j’évoquai la nécessité de faire son coming out, au moins devant les parents, Chloé ne trouverait jamais la paix dans le déni, c’était certain.

Le vocabulaire avait son importance. Ne jamais dire : « Papa, maman, j’ai un truc à vous avouer. » D’abord, cette chose avait un nom, employer le bon terme permettait de dédramatiser la situation. Ensuite, avouer était une ineptie. On avouait une mauvaise action, un crime, il n’y avait rien de criminel à être gay. Pour finir, insister sur le fait qu’on ne devenait pas lesbienne par choix. C’était une force de la nature imposée par elle, comme le fait de naître blonde ou brune, de digérer ou non le lactose. La gazelle donna l’impression de comprendre.

 

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L’air de rien, Chloé se rapprochait, comme si le canapé rétrécissait. Mon passé me sauta une nouvelle fois au visage. Arrivée à Paris au même âge, poussée par la volonté de savoir, j’avais jeté mon dévolu sur Sarah. La première femme au comportement correct m’avait attirée, au point d’en devenir une obsession, de me croire amoureuse. J’avais à l’époque planqué mon désir sous un paillasson de fausse pudeur, la différence d’âge sans aucun doute.

La gazelle refusait de s’embarrasser de ce genre de détail, la jeunesse avait brisé bien des tabous en douze ans. De jeune fille à jeune femme, il lui était plus facile de parvenir à ses fins en 2022. Les gestes barrières ? Oubliés. Son regard disait qu’elle était prête, et je sentais mes réticences s’envoler ; le jeu commençait à m’amuser, à m’émoustiller, la confusion régnait dans ma tête. La situation m’échappait, mon unique chance de salut tenait dans la fuite.

– Je vais me laver les dents.

Le reste aussi, à l’eau froide ou je ne répondais plus de rien. Je pensais profiter d’un instant de répit, Chloé me rejoignit après m’avoir laissé le temps de me dessaper. À croire qu’elle m’avait surveillée par le trou de la serrure. Avant de pouvoir m’emporter contre l’intrusion, ses fringues avaient disparues. J’essayai de penser à autre chose qu’à cette nana audacieuse, trop pour une séductrice de ma trempe, dont les formes auraient poussé une bonne sœur à renier ses vœux. On se retrouva sous la douche.

Et là, tandis que je m’efforçais de garder les yeux au plafond afin de discerner une éventuelle fissure ou une dégradation courante dans un vieil immeuble, je sentis deux seins pointus s’incruster à la base de ma poitrine ; Chloé faisait quelques centimètres de moins que moi. La jolie garce mordilla ma lèvre inférieure en prémices à un baiser sucré. Je ne pouvais décemment pas lui refuser ce plaisir.

 

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De retour dans le salon, la tension retomba, du moins en apparence. On n’avait fait que s’embrasser sous la douche, prenant garde à maintenir nos mains à l’abri de toute tentation. Chloé, presque décente dans un pyjama trop grand, semblait revenir à la raison. Dommage, car j’aurais bien voulu la déniaiser à ce moment de l’histoire, mais le choix ne m’appartenait pas vraiment, je devais respecter le sien.

On discuta un peu de mon boulot dans une maison d’édition, beaucoup de ses espoirs de scientifique en devenir. Les canettes de vodka soda vidées, le whisky agrémenta la fin de soirée et le début de la nuit ; rien ne pressait un samedi, même l’envie d’écrire m’échappait, un bouleversement assez rare pour être souligné. Peu importait, j’étais en avance dans la programmation de mes textes sur X story.

Quelle idée de lui révéler l’existence de ce site ! Je me retrouvai bientôt avachie dans la chaise secrétaire devant le bureau, Chloé à cheval sur une de mes cuisses, à parcourir des histoires lesbiennes de ma plume. Rien d’autre ne l’intéressait que de me découvrir à travers mes récits intimes.

– T’as vécu tout ça ?

– Pas dans la forme, mais dans le fond. Je parle de ce que je connais.

Au fur et à mesure de ses lectures, la gazelle se dandina sur ma cuisse, son bras se resserra autour de mon cou. Retour à la phase d’excitation primale, au désir.

 

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L’envie de dormir évaporée vers 3 heures du matin, le lit transformé en terrain de jeux, on s’éclatait à en perdre haleine. Chacune retournait l’autre, tentait de la dominer, chatouillait ou mordillait à l’occasion. Les pyjamas cédèrent dans la confusion. Les boutons détachés, les vestes ouvertes, les pantalons glissèrent sur des cuisses, au point qu’on renonça à les remonter. Le chahut se transforma sans intention préalable en jeu pour adultes, les rires s’évaporèrent. On s’embrassa en se déshabillant.

Interrompant notre baiser, je l’adossai au mur avec douceur, plaçant un oreiller au niveau de ses reins. Ma bouche glissa aussitôt sur ses seins, les couvrant d’attention. Un soupir me poussa à davantage d’audace. Les tétons enflèrent chacun leur tour sous ma langue. Chloé soupira d’aise et de hâte mêlées, sa main crispée dans mes cheveux me suppliait déjà.

Je résistai pour la forme, aussi pour profiter plus longtemps de ses jolies poires bien fermes, des seins ni gros ni petits ornés d’une large aréole sombre, le nid des pédoncules dont je me régalai. Une de mes mains batifolait sur les muscles du ventre, leur dureté prouvait l’excitation.

– Fais-le moi.

Les mots et le ton employé ressemblaient à une supplique. Je suivis de la langue le sillon de la poitrine jusqu’au nombril profond, puis au ravissant pubis mal taillé, enfin à la fente couverte d’un duvet doux au toucher. L’odeur particulière de son désir flatta mes narines.

– Vas-y ! intima Chloé, au bord des larmes.

Je posai ma bouche sans plus attendre sur le fruit délicat. Les pétales s’ouvrirent sans mal sous ma langue.

– Oh ! déglutit la gazelle.

Plus rien ne pressait, elle était à moi, je contrôlais son désir, j’avais le pouvoir de la pousser ou de la retenir. Stressée sans doute, Chloé ne mouillait pas beaucoup, d’une cyprine sans amertume. Je m’en délectai, au point que ma bouche en ventouse sur ses chairs faisait des bruits de succion. J’enfouis une main entre mes cuisses, décidée à me branler en la léchant. Avec un peu de chance, on atteindrait le Nirvana ensemble.

Chloé ne s’appartenait plus. Ses grimaces la magnifiaient, mon regard plongé dans le sien par défi l’incitait à se lâcher davantage encore. Tant pis pour moi, j’abandonnai mon entrejambe et portai ma main sur son pubis. La jeune gazelle n’était pas préparée aux longues chevauchées. Je décapuchonnai son clitoris d’un doigt. Le bouton à peine effleuré, Chloé lâcha un feulement de tigresse.

– Oh !... C’est…

Le stress avait disparu, sa mouille se fit abondante, je m’en saoulai. Son regard démesuré m’avertit de l’imminence de la chute. Un dernier attouchement au clito, ma langue enfouie dans sa grotte, Chloé se rendit. Les deux mains sur sa bouche ne purent retenir un long gémissement, elle jouit de tout son être, incapable de contrôler son souffle. Des larmes d’abandon mouillèrent ses joues. Ça, c’était du lâcher prise.

 

♀♀
 

Chloé ne me fit pas languir bien longtemps ; à peine remise de ses émotions, elle s’empressa d’embrasser mes seins, de les lécher. Pas mal pour une première, la novice se régala d’aspirer mes aréoles, de mordiller mes tétons pour les sentir durcir dans sa bouche. J’étais aux anges. Encouragée par cette victoire, elle glissa sur mon ventre, le couvrit d’une myriade de baisers à la tendresse savoureuse, et joua de la langue dans mon nombril. Toute envie de résistance envolée, j’attendais la suite sans impatience. Car suite il devait y avoir, la spontanéité de ses gestes en était la promesse.

À la découverte de mon corps, Chloé s’attarda sur mon pubis, un triangle de poils courts que j’entretenais avec soin. Sa bouche perdue dans ma toison, le regard accroché au mien, elle effleura ma fente d’un doigt. L’excitation plus psychique que physique ouvrit les vannes, je commençai à mouiller. La gazelle devait s’en douter, car elle me toisa d’un sourire coquin avant de glisser son visage entre mes cuisses.

Je me sentis écartelée par des doigts fébriles, puis plus rien. C’était humain d’hésiter, de prendre le temps d’observer le temple du désir. Inutile de lui dire quoi faire, de forcer sa décision, je devais jouer selon ses règles. L’attente était une délicieuse torture qu’il fallait accepter de prolonger. Si le courage lui manquait d’aller plus loin, alors tant pis, je ne lui en voudrais pas.

Chloé s’enhardit, posant des baisers humides de chaque côté au niveau de l’aine. Son souffle sur ma peau me remplit de bonheur. Puis, relâchant mes pétales, elle embrassa ma fente avec délicatesse, comme un animal blessé. De savoir que j’étais sa première m’émoustillait. La gazelle releva son visage le temps de me sourire comme si je venais de lui faire découvrir une saveur délicieuse. Et ce goût était le mien.

Puis elle disparut de nouveau entre mes cuisses. Sa langue s’enhardit cette fois, se fit plus pressante, sa bouche devint vorace. Les yeux fermés, les narines pincées, je me laissai aller, une main sur mes seins et l’autre dans ses cheveux pour la guider. D’un soupir, je l’incitai à l’audace. La novice avait l’habitude de se masturber, elle m’investit d’un doigt, puis de deux.

Chloé continua de me lécher, de fouiller ma grotte, de me baiser jusqu’à la montée d’un plaisir improbable. Dans la furie de l’excitation, j’entrepris mon clito pour donner plus d’intensité à l’orgasme en gestation dans mon ventre. Je m’abandonnai en plaquant sa tête contre moi d’une main autoritaire, décidée à garder sa bouche ouverte sur ma fente jusqu’à la fin.

Enfin, la gazelle s’agenouilla sur le lit, essuya ses lèvres brillantes de ma mouille sur son avant-bras, et me gratifia d’un rire franc, celui d’une jeune étudiante de 18 ans ravie d’avoir fait une bonne blague à une copine.

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