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Le Jardin Secret

Chapitre 1

Première rencontre

Divers

En cette matinée ensoleillée de septembre, Karine Lacroix prenait son café, accompagné d’une tartine. À quarante-quatre ans, elle occupait une fonction de secrétaire-réceptionniste dans un cabinet d’avocats de sa région. Sa longue chevelure brune et sa poitrine avantageuse ne laissait pas les clients du cabinet indifférents. Certains allaient même jusqu’à lui faire la cour en lui proposant de l’inviter à boire un verre. Karine refusait toujours poliment et se montrait flattée de l’intérêt qu’elle pouvait susciter. Malgré cela, elle ne cherchait pas à en profiter, satisfaite de la vie qu’elle menait en compagnie de son époux, Thierry, et de ses enfants, Emilie et Lucas.


Toutefois, le tableau de sa vie comportait une ombre. En effet, si elle n’avait pas à s’inquiéter pour son fils de dix-neuf ans, en ce qui concernait sa fille de vingt-et-un ans, c’était une autre paire de manches. Karine entendit le scooter du facteur se garer devant son immeuble. Lorsqu’il fut parti, elle descendit chercher le courrier. En ouvrant la boîte aux lettres, elle trouva une enveloppe adressée à Emilie. En constatant que l’expéditeur était le Ministère public, elle ouvrit la lettre en sachant déjà ce qu’elle allait y trouver.


En remontant chez elle, Karine constata que sa fille avait fait l’objet d’une nouvelle ordonnance pénale et avait été condamnée à payer une amende. Désespérée, elle fit un virement aux coordonnées indiquées et rangea la lettre dans un tiroir, auprès d’autres missives du même style. Karine eut de la peine à refermer le tiroir, en raison du nombre conséquent de documents qui s’y trouvaient.

Au bord des larmes, elle ressentit le besoin de se confier à quelqu’un. Les mains tremblantes d’émotion, elle composa le numéro de Valentine, l’une de ses meilleures amies. Au bout de trois sonneries, son interlocutrice décrocha.


— Allô ?

— Salut Valentine ! C’est Karine.

— Karine ! Comment ça va ?

— Pas très bien, pour être honnête. Est-ce qu’on peut se voir ?

— Bien sûr ! Quand est-ce que ça joue pour toi ?

— Idéalement, tout de suite.

— D’accord. On se retrouve au café ?

— Oui, on fait comme ça.

— À tout à l’heure.


Dès qu’elle eut raccroché, Karine fit un brin de toilette et sortit en prenant la direction du lieu de rendez-vous. Elle s’installa à une table et commanda un café en attendant l’arrivée de son amie. Celle-ci la rejoignit quelques minutes plus tard et prit également une boisson. À l’air triste affiché par Karine, Valentine comprit que quelque chose la tourmentait.


— Tu m’avais l’air vraiment à bout, au téléphone.

— Il y a de quoi, crois-moi. J’ai encore reçu une ordonnance pénale pour Emilie ! Je ne sais plus quoi faire, Valentine… Ma fille se drogue et se fait prendre à chaque fois par la police. Je pourrais la laisser se débrouiller avec ses amendes mais je sais bien qu’elle ne les paiera jamais. Tout son argent passe dans cette foutue drogue. Du coup, je suis obligée de la couvrir en payant moi-même ses prunes pour qu’elle n’ait pas de poursuite. Et, en retour, ma fille me crie dessus, m’insulte et se montre insupportable avec Lucas et Thierry, reprochant à tout le monde d’être sur son dos.


Karine se prit la tête dans les mains. Valentine posa sa main sur son épaule dans un geste de réconfort.

 

— Je suis vraiment désolée de ce que tu traverses, Karine. J’aimerais pouvoir faire quelque chose pour t’aider…


Valentine marqua une pause. Karine la fixa, la pressant muettement de terminer sa phrase.


— Il y a peut-être quelqu’un qui pourrait résoudre ton problème.

— Qui ça ?

— Le Docteur Laurence Page.

— Une psychologue ?

— Une de mes collègues a rencontré des difficultés similaires aux tiennes avec son fils. Elle est allée la voir et, depuis, tout va pour le mieux.

— Au point où j’en suis, je n’ai plus rien à perdre. Où se trouve son cabinet ?

— Pas très loin de la gare. Je pense que tu devrais trouver ses coordonnées sur internet.

— D’accord. Je vais contacter cette psy, puisque tu me la conseilles. Merci de m’avoir écoutée, Valentine. Je ne sais pas comment je tiendrais le coup, sans toi.

— C’est normal. Les amies sont là pour ça.


Les deux femmes réglèrent la note de leurs consommations et Karine rentra chez elle. Elle vit son époux installé à la table de la cuisine, en train de prendre son petit-déjeuner. En la voyant arriver, celui-ci l’interrogea.


— Où étais-tu, ma chérie ?

— Au café, avec Valentine. On a encore reçu une amende pour Emilie… Je l’ai payée.

— À mon avis, on ne devrait plus faire ça.

— Je le sais mais je ne veux pas que notre fille ait encore plus d’ennuis. Puisqu’on parle d’Emilie, il faut que je te dise une chose. Quand je lui parlé de la situation, Valentine m’a conseillé une psychologue qui, d’après elle, aurait arrangé un cas similaire au nôtre entre une mère et son fils.

— Je ne suis pas sûr qu’une psy puisse vraiment nous aider mais bon… On n’a rien à perdre. Tu as ses coordonnées ?

— Je vais les chercher.


Karine pianota sur son téléphone et finit par trouver ce qu’elle cherchait. Elle composa le numéro et appela. Thierry demeura auprès d’elle pour écouter la conversation. La voix de la psychologue se fit entendre à l’autre bout du fil.


— Cabinet Laurence Page, bonjour !

— Bonjour ! Karine Lacroix à l’appareil. Mon mari et moi aimerions prendre rendez-vous le plus tôt possible. C’est une urgence.

— Une urgence… J’ai de la place pour vous cet après-midi, à quatorze heures. Ça peut aller pour vous ?

— Cet après-midi, quatorze heures… Oui, sans faute. Merci.

— Merci à vous. Bonne journée.

— Au revoir.


Après avoir raccroché, Karine regarda l’heure affichée sur son téléphone. Onze heures trente. L’appétit coupé par le stress, Thierry et elle occupèrent leur temps comme ils le pouvaient jusqu’à l’heure du rendez-vous. Ils quittèrent leur domicile vers treize heures quarante-cinq et parvinrent au cabinet du docteur Page cinq minutes avant l’heure prévue. Ils s’installèrent dans la salle d’attente et une femme d’une quarantaine d’années vint les chercher.


— Vous devez être Monsieur et Madame Lacroix.

— Oui.

— Enchantée. Je suis le docteur Laurence Page. Suivez-moi.


La psychologue entraîna Karine et Thierry jusqu’à son bureau et les fit assoir sur le divan. Prenant place en face d’eux, elle les invita à lui exposer leurs difficultés.


— Mon mari et moi avons décidé de faire appel à vous car notre fille, Emilie, est tombée dans la drogue et nous ne savons plus quoi faire pour l’aider. Elle a vingt-et-un ans et nous souhaitons qu’elle puisse avoir une vie décente mais cette addiction est en train de la détruire. En plus de cela, elle se montre odieuse avec nous et son petit frère. Elle nous insulte, nous rabaisse sans cesse et nous reproche d’être sur son dos.

— Je comprends tout à fait votre désarroi. Avez-vous une idée des raisons qui auraient pu pousser votre fille à consommer de la drogue ?

— Malheureusement, aucune. Nous sommes dans l’incompréhension la plus totale. Elle n’était pas comme ça, avant. Elle était joyeuse, pétillante, pleine de vie mais, aujourd’hui, nous ne la reconnaissons plus.

— Savez-vous si elle a eu des petits amis ?

— Elle en a eu mais ses relations se sont toujours très vite terminées. Du coup, je n’y fais plus attention.

— Pour ma part, j’y vois là une piste à creuser. Il peut arriver qu’une mauvaise expérience sexuelle engendre une perte de confiance en soi et incite à tomber dans la drogue pour tenter de retrouver cette confiance perdue. Je pense qu’il serait utile que je rencontre votre famille au complet afin d’en savoir davantage pour pouvoir vous aider.

— Amener notre fille ici est mission impossible. Jamais elle ne voudra venir ici pour discuter avec vous, et encore moins en notre compagnie.

— Je saurai trouver les mots avec elle. Il me faut juste savoir où je pourrais la trouver.

— En lisant la dernière ordonnance pénale que j’ai reçue pour elle, je pense que vous la trouverez dans une place de jeux, à proximité de son ancien collège, à je ne sais quelle heure de la nuit.

— Je vous remercie pour cette information, Madame Lacroix. N’ayez crainte : je vous tiendrai informée dès que j’aurai établi une relation de confiance avec votre fille. Pourriez-vous me la décrire en quelques mots ?

— Bien sûr. Elle mesure un mètre soixante-cinq, de longs cheveux blonds, jusqu’au milieu du dos et elle porte une bague dorée au majeur droit.

— Très bien. Merci Madame Lacroix.

— Merci à vous, Docteur Page.

— Appelez-moi Laurence.

— Très bien Laurence.


Karine et Thierry quittèrent le cabinet du docteur Page, avec un mélange d’espoir et d’incertitude. Bien qu’ils eussent eu une bonne impression de la psychologue, ils n’étaient pas certains qu’elle allait parvenir à faire entendre raison à leur fille.

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