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Jenna se joue au poker

Chapitre 1

SM / Fétichisme

J’ai écrit cette histoire avec Jenna, chacun sa partie.

J’espère qu’elle plaira aux amateurs.


° ° °


J’étais un redoutable et invétéré joueur de poker, et cela faisait plus de trente ans que cela durait. Mais je ne jouais ni en ligne dans des cercles de jeux. J’étais connu dans le milieu du poker et depuis des années je ne jouais plus que dans un cercle d’initiés, des amis fortunés comme moi.

C’était un cercle privé d’une dizaine de membres où l’on ne rentrait que par cooptation – et rarement.

Il fallait montrer patte blanche pour venir jour avec nous, être accepté par les membres (qui en décidaient par vote à bulletin secret et à la majorité.) ; et encore, quand un nouveau intégrait notre groupe c’était tout d’abord pour une seule soirée, après laquelle les personnes qui avaient joué avec cette personne donnaient leur avis à tous les membres et il y avait à nouveau vote.


Bien entendu, la personne devait être connue non seulement de celui qui le cooptait, mais on devait disposer de renseignements fiables sur elle. Et ce devait être une personne hautement solvable mais également occupant un certain rang dans la société.

C’étaient en général des personnes possédant une certaine fortune personnelle. Des rentiers, des actionnaires de grands groupes industriels.


Certaines de ces personnes venaient surtout pour jouer, et ne s’intéressaient pas vraiment aux autres. Elles n’étaient pas les plus appréciées. Nos parties étaient sérieuses mais aussi très conviviales, prétextes à de longues discussions, débats, qui entrecoupaient le jeu.

Nous appréciions surtout les épicuriens, les jouisseurs, les personnes aimant profiter de tous les plaisirs de la vie. Certains travaillaient beaucoup mais savaient s’octroyer des courtes vacances et des week-ends qu’ils ne manquaient pas de raconter avec plaisir, et l’auditoire, connaisseur, félicitait le compagnon qui montrait qu’il n’était jamais blasé ni déçu des petits bonheurs de la vie.


Dans cette joyeuse association il y avait très peu de femmes. Non pas qu’elles n’étaient pas appréciées mais parce qu’il semblait que les femmes jouaient peu au poker.

Mais aussi, il faut bien le dire, parmi les hommes de pouvoir on comptait à cette époque bien peu de femmes.


Cependant, un jour, notre ami Maurice, arriva au début de la soirée avec l’œil pétillant de celui qui va faire une annonce dont il sait qu’elle va éveiller la curiosité et faire son effet, et qui va tenir en haleine le plus longtemps possible son auditoire.


Il nous dit qu’une Canadienne, cousine d’un de ses amis et de passage en France, avait demandé à intégrer notre cercle, du moins le temps de son séjour chez nous.


Cette demande était peu habituelle, nous n’avions jamais intégré personne à notre groupe de façon temporaire. Mais Maurice ignorait combien de temps elle devait rester en France (il semblait que c’était quand même pour une durée de quelques mois)... et puis c’était une femme, chacun devait penser la même chose : l’occasion était rare et nous n’allions pas chipoter sur le côté transitoire de son adhésion au cercle, tous excités par la curiosité d’une femme venant d’outre-Atlantique et joueuse de poker. C’était une chance de rompre un peu la monotonie de nos soirées.


Il avait peu d’informations sur cette personne. Tout au plus connaissait-il son âge approximatif (une quarantaine d’années) et sa fonction (chef d’entreprise.)

Il ne l’avait jamais vue mais il paraissait que c’était une belle femme, raffinée, plutôt cultivée peut-être un peu hautaine, mais qui aimait s’habiller classe et avec élégance. Elle semblait aimer le luxe et devait avoir un sacré train de vie ; en tout cas un niveau de revenus bien suffisant pour nous suivre sur les mises que nous avions l‘habitude de mettre sur la table.

Elle était mariée, à un médecin ou un chirurgien, il ne savait pas trop. Mais elle était, paraît-il, très indépendante, habituée à mener sa vie seule.

C’était une femme de pouvoir, dotée d’un certain caractère, peut-être un peu « garçon manqué » mais féminine dans son allure et sa façon de s’habiller.


Tous, émoustillés par la venue d’une femme dans notre cercle, évènement rare, se prononcèrent d’une seule voix pour sa présence. A une soirée pour commencer.


Elle fut conviée à la prochaine qui allait se dérouler chez Jean-Edouard (il était de coutume que le lieu change à chaque fois, chaque membre recevant à tour de rôle.)

Jean-Edouard habitait un petit château du XVIIIème siècle qui ne manquait pas panache, avec des vastes salons cossus, habillés de tentures, et meublés avec goût (que des pièces de collection.)

L’ambiance était feutrée et chaleureuse, c’était un véritable saut dans l’histoire.

Il n’avait que peu de domestiques, mais en embauchait si besoin, à l’occasion des réceptions qu’il donnait.


Le soir convenu, nous étions déjà trois, et la dame se faisait attendre. Tous se demandaient si elle n’était pas une executive woman capricieuse et égocentrique qui se décommanderait au dernier moment pour cause d’emploi du temps chargé.

Nous avions su par une indiscrétion de Maurice qu’elle était en France pour une mission de plusieurs mois, un ou deux ans tout au plus, afin de mener la restructuration d’une grosse entreprise qui faisait partie du consortium pour lequel elle travaillait. Bien entendu, vu les enjeux économiques et le rôle peu délicat que la dame devait jouer, il fallait être discret. D’ailleurs tout ce qui se passait lors des soirées de notre cercle, tout ce qui se disait, devait rester secret, et chaque membre, chaque participant appliquait avez zèle ce devoir de réserve tacite, et rien ne sortait des murs qui avaient accueilli notre jeu et nos conversations.

D’autant que les sujets pouvaient être sensibles : certains de nos membres jouaient parfois gros et il était arrivé qu’ils lâchent des sommes conséquentes, si importantes qu’ils aient dû vendre des actifs ou des biens pour payer leurs dettes. Tout ceci était resté parfaitement secret, et le motif de ces ventes n’avait jamais été ébruité au-dehors.

Bien entendu, cela avait été exceptionnel, nous étions des joueurs plutôt amicaux et raisonnables et ne jouant – et ne perdant donc – pas au-delà de ce qui mettait l’un de nous en péril.



Nous commencions à nous impatienter au bout de quarante minutes après l’heure convenue (et nous étions pourtant souples, en général), commencions à penser que soit l’invitée (qui s’appelait Jenna B.) aimait se faire attendre, soit elle nous avait posé un lapin, ce qui, de mémoire de membre de cette bonne société, n’était encore jamais arrivé. Mais allez savoir avec une étrangère.

Il était fort probable qu’elle eût un emploi du temps chargé et qu’elle put se retrouver dans une réunion qui s’éternisait... mais bon, nous, nous avions du savoir-vivre.


Enfin, alors que nous commencions à douter de sa venue, et alors que nous avions imaginé la voir arriver en taxi, nous vîmes des phares remonter l’allée, puis une Jaguar s’arrêter devant la porte du château, ses pneus faisant crisser les graviers : la dame se faisait conduire par un chauffeur !


Notre hôte sortit l’accueillir et j’avoue que nous autres, d’habitude plutôt dignes et fiers, étions debout derrière les vitres des gigantesques fenêtres à épier l’arrivée de la nouvelle venue.

Nous ne fûmes pas déçus : une grande brune aux cheveux mi-longs, élancée mais avec de belles formes, chaussée de lunettes de soleil immenses et de grandes bottes de cuir élégantes descendit en prenant son temps quand son chauffeur lui ouvrit la porte arrière.

Elle portait une robe en lainage beige plutôt moulante qui s’arrêtait à mi-cuisses, et se mouvait avec des manières gracieuses, voire un peu précieuses. Sur son visage aucun sourire, mais elle semblait un peu crispée.


Rapidement, comme un seul homme – comme des gamins qui ne veulent pas être pris en faute, devrait-on dire, nous bondîmes nous rasseoir à nos places autour de la table de ce salon, cherchant à reprendre une certaine contenance et un masque de sérieux.


Notre hôte fit entrer Jenna et nous la présenta : nous nous levâmes lentement mais avec affectation pour lui serrer la main (le baise-main ne se pratique plus depuis des lustres) : elle portait de longs gants en chevreau qu’elle ne daigna même pas retirer.

Elle accepta le whisky bien tassé qu’on lui proposa, lâchant quelques mots (qui devait valoir des excuses bien qu’ils ne furent pas prononcés ainsi) sur le pénible Conseil d’Administration dont elle était sortie et qui, semble-t-il, avait été tendu et s’était éternisé.


Elle s’était assise dans un fauteuil, et avait croisé ses jambes, révélant dans cette posture, au moins la moitié de ses cuisses gainées de nylon mousse fumé, et il n’était pas illogique de penser que celui qui était assis juste en face devait savoir si elle portait des bas ou des collants, et connaître la couleur de sa petite culotte.


Personne ne parlait. Elle but assez rapidement la moitié de son verre, puis soupira. Visiblement elle commençait à se détendre (on comprit alors que sa réunion avait dû réellement être pénible.)

Elle observa d’un regard circulaire toute la pièce.

Puis, non sans une certaine arrogance et un ton qui démontrait un certain goût de la provocation, elle se leva presque comme un ressort, et avec un semblant de sourire encore tendu elle nous jeta :


« - Bon, eh bien, Messieurs, on se la fait cette partie de poker ? Je suis venue pour ça, pas pour papoter chiffons. Le pok et le whisky ce sont encore les meilleurs remèdes que je connaisse pour se remettre d’une longue réunion de merde !

— Bien entendu » balbutia notre hôte sur un ton qui se voulait neutre et bienveillant, malgré les manières de la nouvelle venue que nous venions d’accueillir sans aucun reproche, « nous vous attendions, ma chère... et nous aussi, sommes venus pour ça. Prenez place. »


Et montrant un surprenant regain d’énergie qui dénotait une vitalité à toute épreuve, elle s’installa à la table et prit ses marques.


Sa vitalité dans le jeu s’avéra tout aussi efficace. C’était une partenaire redoutable. Nous entamâmes la partie avec des mises de 1000 € et elle ne cilla pas. Elle jouait, attentive, concentrée mais avec un masque de fausse désinvolture, presque méprisante.

Elle était avare de mots, ne daigna pas nous en adressant plus de deux ou trois durant la première partie.


Elle gagna quasiment toutes les parties dans les deux premières heures ce qui sembla bien la détendre. Elle ne bronchait pas, ne souriait pas, et jamais ne se levait de la table, même durant les pauses pendant lesquelles elle ne faisant que consulter son smartphone.

Nous partagions tous – nous le savons sans avoir à échanger un mot en aparté - l’impression que sa réputation de femme hautaine et un peu snob était justifiée.


Elle prit congé vers quatre heures quand nous décidâmes d’arrêter. Elle eut pour la première fois un sourire en nous serrant la main, nous lançant comme dernière parole :


« Peut-être à une prochaine fois. »


Ce sur quoi, notre hôte répliqua avec le même sourire :


« - Peut-être bien. Nous verrons... »


En effet, c’était à nous d’en décider. Il faut dire que cette première rencontre avec elle autour de la table de jeu ne nous avait pas enthousiasmés.

Nous fûmes amenés à en débattre lors d’une réunion suivante et les avis étaient plutôt mitigés. La dame n’avait pas encore manifesté son désir de jouer à nouveau dans notre cercle mais nous préférions prendre les devants et ainsi avoir une réponse à lui fournir si elle nous sollicitait.


Nous étions tous d’accord sur le fait qu’elle n’était pas une très bonne compagnie.


« C’est une joueuse, juste une joueuse » dit l’un d’entre nous, d’un air fataliste.


Lionel, d’habitude peu bavard, s’exprima plus longuement. Il dit que le fait qu’elle ait gagné lui avait donné une belle assurance mais que c’était peut-être une timide, qui cachait sa timidité sous une espèce d’arrogance et de mépris.


Je ne dis rien et l’écoutai. J’étais quasiment sûr qu’il l’avait laissé gagner dans les dernières parties. Il devait avoir quelque chose en tête. C’était un bon camarade, mais qui semblait avoir une certaine perversité quand il s’agissait des femmes.

C’est donc tout logiquement qu’il plaida pour que nous acceptassions de la recevoir pour une nouvelle partie si elle en faisait la demande. Il souriait d’un sourire un peu vicieux qui en disait long.

Il parlait peu mais j’étais sûr qu’il nourrissait un désir de vengeance, une envie de lui faire payer son attitude peu sociable et sa façon de nous prendre de haut.

Notre hôte, qui avait été un peu déconfit par ce comportement ce soir-là et qui avait dit avec amertume qu’elle nous avait considérés comme un vulgaire cercle de jeu clandestin et non pas une assemblée d’amis, finit par accepter. Il semblait étonné que Lionel lui eût trouvé des excuses. Il ne comprenait pas, ne voyait pas dans son jeu, contrairement à moi.


° ° °


Plusieurs semaines passèrent. Nous continuions à nous voir lors de nos soirées. Parfois nous étions quatre, parfois plus. Il y eut certaines fois jusqu’à trois tables de jeu.

Au bout d’un moment nous avions arrêté de parler d’elle, et chacun avait fini par penser qu’elle ne viendrait plus.


Et puis un soir, Maurice arriva avec un grand sourire :


« - J’ai quelque chose à vous annoncer » dit-il, jovial mais d’un ton solennel.


Je suis certain que chacun se mit à penser à Jenna mais sans oser y croire ni même l’évoquer.


« - La fameuse Jenna est toujours en France, et contrairement à ce que je pensais, elle m’a appelé pour me demander si nous acceptions de l’accueillir à une soirée poker.

Naturellement, je lui ai dit que cela ne dépendait pas que de moi et que ça devait être soumis à l’acceptation de la majorité des membres, c’est notre règle » ajouta-t-il après un silence qui avait cultivé un petit suspense.


« Alors, Messieurs, qu’en pensez-vous ? D’accord ? Pas d’accord ? »


Je répondis le premier :


« - Personnellement je ne suis pas enthousiaste... mais je suis prêt à entendre les arguments des uns et des autres...

— Moi je pense qu’on ne peut pas se fier à une première impression... je veux dire l’impression d’une soirée unique » continua Maurice. « Elle était peut-être de mauvaise humeur, à cause de la tension des négociations qu’elle doit mener... Et c’est peut-être aussi une forme de timidité.

— Timidité ?! » répondis-je. « Il est difficilement imaginable qu’une femme de tête comme elle qui dirige des grands groupes et qui est rompue à la négociation, aux négociations les plus difficiles, soit timide !

— Oui mais ici, c’est différent. Nous sommes un petit cercle... et que des hommes... »


Lionel qui avait écouté en souriant prit la parole :


« - Moi je suis d’accord sur le fait que nous ne la connaissons pas. Comment interpréter son comportement et sa réserve ? Je ne sais pas. Elle est peut-être cyclothymique... donc offrons-lui une seconde chance.

La dernière » ajouta-t-il. « Si elle est aussi peu avenante que la première fois, elle ne reviendra plus.

— Je suis d’accord » déclara Maurice. « Et vous Messieurs ? » demanda-t-il en s’adressant à la compagnie des autres hommes présents, donc plusieurs n’avaient pas participé à cette première soirée.


Tous donnèrent leur accord. Il fut donc convenu qu’elle serait invitée à la prochaine soirée.


(A suivre...)

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