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Jeu drôle, jeu d'vilains

Chapitre 3

Divers

Le seul sort que Sam possède en ce moment est la caresse guérisseuse. Ce sort permet, sur un effleurage, d’atténuer légèrement une blessure. Rien de bien conséquent, mais très pratique, car cela ne nécessite aucune incantation : c’est un sort instantané, et puisqu’elle est prêtre, ses sorts ne coûtent pas de PMs. Ils nécessitent en général simplement une grande dévotion, une forme de calme intérieur et de maîtrise de soi.


Sam, après avoir caressé en coup de vent la main de Jean, soignant ses brûlures au passage, se jette hors de la carriole. Elle tente avec Alex d’immobiliser le barde au sol, qui se débat farouchement. Des coups s’échangent entre les trois, dans un combat totalement désordonné.


Bien que leur jeu de rôle se veuille réaliste, il est difficile de retranscrire fidèlement le chaos d’un combat de grande ampleur, ou le désordre d’une bagarre à trois. Ils réalisent qu’ils vont devoir s’adapter, et ne pas compter que sur leur expérience. Un désarmement, ici, ce n’est pas un simple jet d’adresse. C’est une lutte harassante dans laquelle se perdent ongles et lambeaux de peau.


Le garde se défend bien, impossible de lui prendre son épée ou l’éliminer aussi facilement. Après tout, ce sont des combattants aguerris. Jean a dû avoir de la chance pour lancer une boule de feu aussi forte aussi tôt dans la « partie ».


— Les gardes arrivent ! hurle Sam en voyant les deux gardes courir vers eux après avoir vu leur camarade au sol, le visage à moitié arraché par le souffle de l’explosion.


Jean peine à enlever la corde de Camille, légèrement plus serrée que les autres. Elle stresse, s’affole. Elle qui d’habitude est si calme, est bien connue pour perdre son sang-froid lorsque, fait rare, les choses ne se déroulent pas comme elle l’avait prévu. Camille sent ses mains d’ébène humides au contact de son dos. Ce contact aurait pu être agréable s’il n’était pas face à la porte béante et ses compagnons qui s’écharpent dans la poussière et la terre battue, esquivant comme ils peuvent les coups d’épée de leur adversaire sans réussir à s’en approcher.


— Magne-toi Jean !


Il le sait, cela n’aide pas, mais lui aussi a du mal à contenir son stress et ses émotions. Ces petits citadins au quotidien bien tranquille se retrouvent mages et guerriers « en vrai », dans une version bien moins sexy que le plus « réaliste » des jeux. Il est ici un facteur que le plus immersif des jeux, la plus longue et harassante des campagnes ne pourra jamais transmettre aussi efficacement : les émotions.


Et lorsque l’épée transperce, le vent hurle. Il porte avec lui l’écho de la douleur, lourd fardeau pour un être si volage. Il déchire la brise à peine perceptible de cet après-midi d’été et la remplace par une bourrasque malicieuse. Le sang qui s’écoule flaque le corps de Sam qui voit le sien glacé. Elle ne peut détourner son regard de cette lame arrêtée à quelques centimètres d’elle, qui sort du corps de son ami sans qu’elle ne puisse voir son origine. Sa garde et la main qui la tient. Appendice ferreux.


Jean, qui tourne le dos à cette scène, ne se doute de rien. Cependant, Camille lui fait face. Spectateur passif devant cette porte ouverte sur l’extérieur. Projection payante, tribut du sang. Cinéma en plein air. Voyeurisme macabre. Lui non plus ne peut voir le porteur de l’épée. Il ne voit que son meilleur ami, Alex. Au masculin oui, car il remarque maintenant tandis qu’il se trouve à la lumière du jour, que celui-ci a des traits masculins depuis qu’ils se sont réveillés dans cette carriole. Ses cheveux courts, son corps large, mais plus musclé qu’à l’accoutumée, et un espadon d’acier qui sort de son dos, vraisemblablement planté là où se trouvait son opulent sein gauche.


Clac


Les mains enfin libres, Camille se sent brusquement investir d’un pouvoir qu’il n’avait pas lorsqu’il était entravé. Ses mains s’animent, traçant dans le ciel des sortes de runes. Les mouvements sont fluides, parfaits, si lents. Lorsque sa bouche s’ouvre, point de cri, mais un chaos déchirant. Un son abyssal qui semble altérer l’espace lui-même. Lui qui était si perturbé semble dorénavant maître de ses émotions. La rage qui émane de sa voix ne semble pas venir de lui, mais d’un autre monde. Personne ne comprend ce qu’il se passe. Tous semblent entendre cette voix qui pourtant n’émet pas de son. C’est à la fois comme si cette cacophonie venait de l’intérieur d’eux-mêmes, et à la fois comme s’ils étaient à équidistance d’un point extrêmement lointain. Mais le vent qui continue de porter le hurlement d’Alex ne souffre d’aucune concurrence et s’étouffe dans un silence pesant.


Quatre secondes.

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C’est le temps qu’il aura fallu à Camille pour achever son rituel. Juste derrière Camille, face au malheureux garde pourfendeur, apparaît alors un grand objet lumineux et opaque, de forme ovale et de couleur verte et violette, flottant en l’air. Une sorte de porte, aux contours bien définis et au travers de laquelle on ne voit qu’un noir profond. De cinq mètres de haut et un bon mètre et demi de large, il ressemble à ce que vous imaginez certainement en entendant le mot « portail ».


Un bras plus grand qu’un humain, et plus épais, en sort alors. Puis un autre. Bientôt, c’est tout le corps de cette créature qui traverse le portail et se place juste derrière le groupe apeuré. Il s’agit d’une gigantesque créature humanoïde, à la peau orange et aux yeux jaunes. Deux cornes satyriques surplombent un visage impassible aux traits durs. Son corps nu, à la musculature harmonieuse qui rendrait jalouses les plus grandes statues gréco-romaines, stationne, immobile sur ses deux pieds.


Jean est effarée de ce qu’elle voit. Elle est la seule à avoir les idées claires à ce moment, n’ayant pas vu toute la scène. Son regard oscille entre le démon et Camille, en transe, les yeux entrouverts, qui laisse tomber ses bras le long de son corps. Il est maintenant debout, dans la même posture que le démon. Ses lèvres bougent et, toujours mutines, semblent provoquer le vacarme qui pollue l’esprit des autres personnes présentes.


Hors de la carriole, le combat est totalement interrompu. Le garde a retiré son épée du torse d’Alex, agenouillé, d’où s’échappent des flots continus de sang. Il se tient debout, les jambes frêles, la tête levée aussi haut que l’articulation vertébrale le permet pour contempler, ahuri, ce colosse de cinq mètres de haut qui se tient juste devant lui.


Jean regarde Camille. Il ferme les yeux. En prenant appui sur sa jambe gauche, il balaie son bras droit en l’air, de gauche à droite, comme s’il frappait quelqu’un du revers de son poing à moitié fermé. Le geste est précis, sans fioritures.


Simultanément, un crac se fait entendre tandis que le garde en question est projeté au loin à plusieurs dizaines de mètres. Les deux derniers gardes, arrivés en renfort, n’ont pas le temps de s’enfuir que le monstre abat son poing sur eux, au sol, les broyant tous les deux. Camille, le poing à terre lui aussi, s’effondre, inanimé.


Le monstre, dont le visage est maintenant beaucoup plus expressif, sourit. Il se tourne vers le groupe, le toise, puis se dirige vers la carriole dont il arrache le toit. Jean utilise ses derniers points de magie pour lui lancer une boule de feu qui passe à côté de sa tête pourtant énorme et proche. Le démon arbore un sourire... attendri, avant d’agripper Camille. Inversant les rôles, il le tient en l’air comme un marionnettiste tiendrait sa poupée de chiffon. Il déchire son avant-bras, du poignet au coude, de son ongle pointu, imbibant ce dernier d’une bonne quantité de sang. Il le porte alors à sa bouche et avale le précieux liquide puis dépose son jeune invocateur au sol.


Après cela, il s’en va au travers de son portail qui disparaît instantanément.

Alex est à peine conscient, émettant çà et là un râle ou deux. Sam est totalement paralysée, tremblante et en pleine crise d’angoisse tout en fixant la gigantesque flaque de sang, d’os et d’organes broyés des deux gardes. Camille, lui, demeure inconscient. Seul Jean est en bon état.


— Sam, bouge-toi ! Il faut aider Alex !


Réussissant petit à petit à se calmer, l’attention de Sam se rabat sur son ami agenouillé et sa plaie béante. Elle se précipite sur lui, pose ses paumes sur sa plaie et tente comme elle peut, du haut de ses capacités rudimentaires pour le moment, de lui prodiguer des soins. Heureusement, sa formation d’infirmière l’aide à outrepasser le choc du sang et de la violence des blessures. Malheureusement, cela ne fait qu’atténuer le flux qui semble peu à peu se tarir tandis qu’Alex se vide de son sang. Les organes vitaux sont heureusement épargnés, mais la plaie est conséquente.


Jean assiste à cette scène, impuissante, de longues dizaines de secondes durant. Elle fouille les affaires des gardes, mais ne trouve que quelques herbes, médicinales peut-être, dont elle ne connaît ni l’utilité ni la posologie. Soudain, elle lance, d’un ton autoritaire :


— Bouge de là Sam.


Jean se place à côté d’Alex, la main gauche sur le point d’entrée sur son dos, la main droite sur le point de sortie sur son torse. Elle se concentre beaucoup plus qu’avant, les yeux crispés.


En effet, il est possible pour un mage d’utiliser de la magie bien que ses PMs soient épuisés. Il doit toutefois puiser, en échange, dans son énergie vitale. Et cette fois, ce n’est pas comme dans un jeu vidéo. Ce n’est pas une simple jauge dont la valeur est décrémentée. Les dommages sur le corps de l’utilisateur sont réels et violents. Surtout, le mage n’est plus protégé par l’aura énergétique qui l’empêche de se brûler, par exemple, en lançant un sort de feu.


Jean parvient alors à générer une lumière et une chaleur quasi incandescentes au contact de ses paumes. Elle hurle tout son soûl tandis qu’Alex s’évanouit quasi instantanément. Sa chair se calcine sous les mains jaunes-oranges. Bientôt, la plaie est totalement cautérisée. A son tour, Jean s’écroule.

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