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Un job d'appoint

Chapitre 20

Partir ou rester ?

Divers

Je commence à émerger doucement. J’ai perdu la notion du temps. Je ne sais ni quel jour nous sommes ni quelle heure il est. J’ai l’impression de vivre dans un épais brouillard, avec des moments de flottement, de chaleur. De temps en temps, j’ai senti des mains sur moi, entendu des voix me parler, mais elles étaient étouffées, comme si j’avais du coton dans les oreilles.


Je ne suis pas sortie de ma chambre depuis dimanche. Je suis restée prostrée dans mon lit, dans le noir, deux jours de suite, avec des migraines insupportables. Je n’ai même pas eu le courage de me lever pour me doucher... Je me dégoûte. J’ai mal au cœur.


Un médecin est venu me voir lundi après-midi. Apparemment, il travaille pour le club le week-end, en cas de souci, comme cela m’est arrivé. Apparemment, selon lui, je suis plus sous le choc qu’autre chose. Même si mon corps ne garde aucune trace physique du traitement que j’y ai subi samedi, avec Marc au « Club », je n’arrive pas à m’en remettre. Tellement de choses s’y sont passées que mon cerveau est saturé, incapable d’analyser, de comprendre, de faire le tri dans toutes les émotions que j’ai ressenties.


Il m’a offert en cadeau à l’une de ses amies et j’y ai pris beaucoup de plaisir. Elle s’est amusée avec moi, me faisant éprouver des douleurs que je n’avais jamais connues jusque-là : enchaînement, cravache, pinces, cire chaude... aucune personne normalement constituée ne pourrait supporter ce genre de traitement. Non seulement je l’ai supporté, mais j’ai aimé... j’en ai même joui, plusieurs fois.


Je suis folle. Je disjoncte complétement..


Je me roule en boule sur le côté, face à la fenêtre occultée par les rideaux depuis deux jours. Cette soirée reste gravée en moi comme la plus grande honte de ma vie. La brutalité avec laquelle il m’a prise ensuite et la douleur qu’il m’a infligée ont été si fortes que j’en ai perdu connaissance.


— Mais que suis-je devenue ? Pourquoi est-ce que j’ai accepté tout ça ? Pourquoi est-ce que j’ai aimé ?


Je ne me reconnais plus depuis que je suis dans cette maison. Je passe d’un partenaire à l’autre sans sourciller, sans m’inquiéter qu’ils soient un homme ou une femme, qu’ils soient frères. Le pire, c’est que j’y trouve du plaisir, quelle que soit ma position. La douleur physique est un nouveau plaisir pour moi. Est-ce là la meilleure solution pour oublier ? Oublier ma vie professionnelle aussi pathétique que ma vie privée ? Ou bien est-ce une façon de me punir ? Je me sens complètement paumée.


Je n’arrête pas de me tourner et de me retourner dans mon lit. Une minute, je suis prête à quitter cette maison et celle d’après, je me résigne à rester.


Partir ? Et pour aller où ? Pour quoi faire ?


Je remonte ma couette jusque sur mon menton et ferme les yeux. Je n’ai qu’une envie : m’endormir et ne plus me réveiller.


Brusquement, la lumière du soleil pénètre dans ma chambre. J’ouvre les yeux en maugréant. Une grande silhouette se découpe dans l’encadrement de la fenêtre. Lorsque mes yeux s’habituent à la luminosité, je reconnais Alexandre. M’agrippant à ma couette, je lui demande de sortir, de me laisser seule. Je ne veux pas qu’il me voie comme ça... Non, je ne veux pas qu’il me voie tout court.


Il s’assoit sur le bord de mon lit et pose une main sur mon épaule nue. Il pousse un profond soupir.

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— Je m’inquiète pour toi » murmure-t-il simplement.

— Laisse-moi » murmuré-je sans force.

— Et je ne suis pas le seul, tu sais ? » continue-t-il en ignorant ma demande. « Anne et Élise s’inquiètent beaucoup pour toi aussi.

— Ça n’en vaut pas la peine » reprends-je. « Je n’en vaux pas la peine.

— Je t’ai apporté un petit-déjeuner » dit-il en contournant le lit. « Cela fait deux jours que tu ne manges rien.

— Laisse-moi, va-t’en. Je ne veux plus te voir.


Je sens le matelas s’affaisser dans mon dos alors qu’Alexandre s’allonge contre moi et m’enlace la taille. Je sens sa chaleur m’envahir. Mais je ne veux pas m’y habituer : si je pars, je ne le reverrais plus jamais. J’attrape ses mains pour m’en libérer, mais il a compris mon intention et resserre son emprise sur moi.


— Mais fous-moi la paix ! » crié-je, sans conviction et tapant du poing sur son torse.


Je me rends compte que mes paroles sont dures, mon geste déplacé. Je cherche à le blesser pour l’éloigner de moi, pour que ce soit plus facile pour moi après, quitte à ce qu’il me déteste.


Il m’oubliera bien vite.


— Tu te fais du mal, Marion. Laisse-moi t’aider.


Je me retourne vers lui et enfouis ma tête dans son épaule pour y étouffer mes sanglots.


— Pourquoi ? Pourquoi tu veux aider quelqu’un comme moi ? Je n’en vaux pas la peine.


Il dégage une mèche de cheveux de mon front et y dépose un baiser. Ses lèvres chaudes diffusent toute sa tendresse, dont je me sens indigne.


— C’est faux et tu le sais. Je ne te laisserai pas.

— Je regrette » sangloté-je. « Je regrette tellement.

— Marc aussi. Cette soirée...

— Non, pas ça » lui dis-je en levant les yeux vers lui. « Je regrette d’être aussi lâche et de m’en prendre à toi.

— Tu n’es pas lâche, Marion. Tu voulais rester seule et j’insiste lourdement pour rester avec toi. Je l’ai bien cherché, non ?

— Tu es trop gentil avec moi, Alex. Je ne te... le mérite pas.


J’ignore s’il a entendu mon lapsus, mais si c’est le cas, il ne dit rien. Il me caresse le dos avec beaucoup de tendresse. Je me sens tellement apaisée entre ses bras.


— Je t’ai fait couler un bain.

— Mais...


La seule salle de bain équipée d’une baignoire est celle qu’utilisent les frères Ternay. Je frissonne de déplaisir juste en y pensant. Alexandre dépose un doux baiser sur mon épaule.


— Ils ne sont pas là. Marc est monté à Paris, Hugo est parti donner une formation à Lyon toute la semaine. Et Benoit est en vacances chez des amis.

— Ah ? Je... j’ai dû oublier. »


Avec ce que je viens de vivre, j’ai mes neurones en vrac et des trous dans l’agenda de mes employeurs. Alexandre resserre son étreinte.


— J’ai dit à Anne et Élise qu’elles pouvaient prendre quelques jours. Nous avons la maison pour nous seuls. Personne ne nous dérangera.


Je sais bien qu’il dit cela sans aucune arrière-pensée. Je ne sais pas quoi faire.


— Allez, ne discute pas. Je t’emmène. Ça va te faire du bien » dit-il en se levant.


Il se penche vers moi et me prend dans ses bras. Tel un prince charmant, il me porte jusque dans la salle de bain. Bien qu’il n’ait pas une carrure d’athlète, il a une force et une endurance qui me semblent inhabituelles. Dans cette maison, c’est le seul auprès duquel je me sens bien, rassurée et protégée.


Pourquoi mon attitude semble-t-elle le faire autant souffrir ?


Sans m’en rendre compte, je me retrouve dans un bain chaud parfumé, le visage inondé de larmes. Alexandre s’assoit sur le rebord de la baignoire, le visage triste, comme s’il souffrait avec moi. Il plonge un gant dans l’eau et l’enduit de savon. Avec délicatesse, il me frotte le dos. Mon esprit me dit que cette situation est ridicule, que je devrais pouvoir me laver toute seule, mais mon corps refuse de lui obéir.


— Faut-il que je fasse tout pour toi ? » me demande-t-il, semblant amusé.


Mais son rire, aussi léger soit-il, meurt dans sa gorge en me regardant.


— Tu en fais déjà trop... plus que je ne le mérite » me rattrapé-je aussitôt.

— Laisse-moi un peu de place.


Je le regarde d’un œil morne retirer sa chemise et son jean. Il y a quelques jours, je me serais jetée sur lui pour le déshabiller moi-même. Aujourd’hui, je n’en ai ni le désir ni la force. Même si je le voulais, je serais incapable de l’empêcher de se glisser derrière moi, dans la baignoire. Je me raidis involontairement à son contact, tandis que je sens ses cuisses le long des miennes et son bassin contre le mien.


— Détends-toi » me glisse-t-il à l’oreille. « Je n’attends rien d’autre de toi.


D’un autre que lui, je prendrais ces mots pour un mensonge. Je me blottis contre lui. Ses bras m’enlacent à nouveau. Je sens mon corps secoué de sanglots. Je m’accroche à lui, comme une naufragée à sa bouée de sauvetage. Ses mains me caressent doucement le ventre. Elles remontent doucement sous mes seins, les faisant émerger de l’eau. Je me raidis contre lui. Il les relâche doucement, craignant sans doute de me faire mal.


— Excuse-moi » murmure-t-il.

— Non, ce n’est pas ta faute, Alex. Je me sens si... sale. Comment... comment peux-tu me toucher sachant ce qu’il s’est passé ? Tu devrais... me mépriser.


Il soupire contre mon oreille.


— Je ne peux pas te mépriser. Je... je sais par où tu passes en ce moment.

— Vraiment ?

— Oui. Des choses dont je ne suis pas fier non plus » dit-il en ricanant. « Parce que je sais ce que ça fait, je veux être près de toi et te soutenir. Jamais je ne te jugerai.


Je ferme les yeux, me laissant complètement aller dans ses bras. Comment pourrais-je lui parler de la honte que je ressens lorsque je prends du plaisir avec d’autres hommes ? C’est tellement embarrassant. Je baisse la tête. Alexandre pousse un profond soupir.


— Tu peux me faire confiance » me chuchote-t-il. « Je veillerai sur toi.


Ses bras se referment de nouveau sur moi. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi il est aussi gentil avec moi. Mais j’ai la sensation qu’auprès de lui, rien ne pourrait m’arriver.


Si je pars... je ne le reverrai plus.


Cette pensée m’attriste énormément et me serre le cœur.


Pourquoi ce sentiment ? Est-ce que... non ce n’est pas possible... Je ne veux pas le quitter...


Est-ce de l’amour ou juste un besoin d’être réconfortée ?


— J’ai peur, Alex. Je ne me reconnais plus depuis que je suis ici.

— Ce n’est pas ta personnalité qui a changé. Ce sont seulement tes désirs et tes envies qui s’expriment. Peut-être n’as-tu jamais exploré ta sexualité aussi loin.

— C’est vrai... Je n’ai pas eu beaucoup de partenaires jusque-là et nos pratiques étaient assez... classiques, je dirais. Je n’ai même jamais été... sodomisée. C’est Marc qui...


Je n’arrive même pas à finir ma phrase. Je m’agrippe à son bras, ne pouvant retenir de nouvelles larmes. Alexandre ne dit rien de plus, se contentant d’être là, de m’entourer de son affection. Il ne me pose aucune question, n’émet aucun jugement. Je pousse un profond soupir.


— Le sexe était un sujet plutôt tabou chez mes parents. C’était pour faire des enfants, rien de plus. Pas de plaisir, pas de fantaisie. Rester dans les clous, ne pas faire de vague, ne pas se montrer différent des autres.

— Je crois qu’on a tous un peu connu ce carcan éducatif » lâche-t-il.


Je me souviens qu’il m’a dit aimer être soumis à sa partenaire, qu’il en avait longtemps souffert aussi au point d’étouffer son désir.


— J’aime tant... » poursuit-il tout bas. « Me soumettre à tes désirs, à tes envies. Avec toi, j’assume pleinement ce que j’aime. Tu sais, tant que les participants sont consentants, il n’y a pas à avoir honte. C’est normal de chercher ce qui peut te plaire, si tu n’as pas beaucoup d’expérience sexuelle. Il n’y a pas de mal à explorer ses limites.

— Tu crois ? » lui demandé-je, en basculant la tête sur son épaule.

— J’en suis persuadé. » dit-il en posant un baiser sur ma gorge. « Tu vas y arriver. Je vais t’aider. D’accord ?

— À assumer cette sexualité... déviante ?


Il se met à rire et me mordille doucement la peau.


— Elle n’a rien de déviante, ni d’abjecte. Elle sort juste des normes de la bonne pensée. Pour moi, il n’y a pas à en avoir honte.

— Alors, je peux te poser une question, purement théorique.

— Hmmm, purement théorique ? » demande-t-il.

— Tu as droit à un joker, si tu veux » réponds-je en baissant la tête, réfléchissant à la formulation de ma question. « Hmmm, qu’est-ce...

— Joker ! » crie-t-il en tapant dans l’eau et en m’éclaboussant, avant d’éclater de rire.

— Mais ! » m’exclamé-je en me redressant. « Je n’ai pas posé ma question !

— Ha, ha ! comme ça, je n’ai plus de joker, je serais obligé de te répondre.


Il passe son bras autour de ma taille pour me serrer contre lui et me dit qu’il m’écoute.


— Imagine que tu es en couple... c’est purement théorique, hein ?

— Mouiii... » ronronne-t-il à mon oreille.

— Ta copine et toi, avez des sentiments très forts l’un pour l’autre. Mais... ses besoins sexuels la poussent à voir ailleurs. Non pas parce que tu ne la satisfais pas, mais parce qu’elle a besoin de sensations que d’autres peuvent lui apporter... parce que... parce que... ce n’est pas ce que tu aimes.

— Vraiment théorique ? Tu penses à quelqu’un en partic...

— NON ! » réponds-je peut-être un peu trop vivement. « Non. Je me demande, c’est tout.


Son étreinte se resserre et il pose son menton sur mon épaule. Après quelques secondes de réflexion et un profond soupir, il commence.


— Si je ne peux pas la satisfaire complètement, mais que je l’aime et qu’avec ses autres partenaires, c’est purement sexuel... » Il marque une pause, soumettant mon cœur à une terrible torture. « Si elle m’aime aussi... je veux qu’elle soit heureuse et épanouie, alors je pense accepter la situation.

— Je vois... en théorie...


Je sens ses lèvres glisser le long de mon épaule jusqu’à mon oreille.


— Je veux que tu sois heureuse et épanouie. Et ça, c’est pas de la théorie.


Ses mots me surprennent. Mon cœur rate un battement, non il s’est carrément arrêté.


Comment... comment dois-je l’interpréter ?


Il dépose un baiser sonore sur mon épaule avant de se lever et de sortir de l’eau. Je ne peux empêcher mes yeux de s’attarder sur son corps ruisselant d’eau tandis qu’il s’essuie vigoureusement, avant de ceindre sa taille d’une serviette de bain. Il se retourne et me tend une main pour m’aider à sortir.


Alors que je me lève, je vois ses sourcils se froncer. Je baisse les yeux en rougissant tandis qu’il m’enveloppe d’une serviette. Glissant un bras autour de ma taille, il me raccompagne jusque dans ma chambre. Je m’installe sur mon lit et Alexandre m’apporte le plateau pour le petit-déjeuner. Je ne peux m’empêcher d’esquisser un sourire en le regardant.


— Finalement, j’ai vraiment faim.

— Tu m’étonnes. Il est quand même quatorze trente. Ça fait deux jours que tu ne manges pratiquement rien. Ça a l’air d’aller mieux, on dirait.

— Me faire apporter le déjeuner au lit, par un homme aussi sexy que gentil, juste en serviette de bain... ça égaye ma matinée.


Il se passe une main dans ses cheveux blonds encore humides. Son sourire maladroit est réconfortant. Il s’assoit sur le bord du lit et me regarde déjeuner, comme s’il voulait s’assurer que je finisse mon plateau. La situation me gêne, mais sa sollicitude non feinte me réconforte.


À peine mon plateau terminé qu’Alexandre me débarrasse.


— Tu devrais te reposer, maintenant.

— Reste avec moi, s’il te plaît » le supplié-je en attrapant le coin de sa serviette.

— Tu es sûre ?


Je hoche la tête plusieurs fois. Il dépose le plateau sur une chaise et se glisse sous ma couette. Il s’allonge près de moi et me prend dans ses bras. Je ferme les yeux, me laissant aller contre lui. Les lents et forts battements de son cœur et sa respiration ample et profonde m’apaisent. Sa chaleur et sa tendresse m’enveloppent, comme un cocon doux, confortable et rassurant. Un court instant, j’espère pouvoir rester ainsi avec lui.


Je veux que tu sois heureuse et épanouie. Et ça, c’est pas de la théorie.


Les mots les plus beaux et les plus doux que je n’ai jamais entendus.

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