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Jojo Lapin

Chapitre 1

Dualité

SM / Fétichisme

Toujours le même rituel. Se réveiller les yeux clos, rouler, allumer, fumer, respirer. Le chant des oiseaux et des cendres consumées. Humer la pluie de la veille et le bout de mes doigts. Goûter la vie et le vide dont je viens de m’extraire, sourire. Caresser du bout des doigts ta peau, me laisser bercer par ton souffle, sentir ton odeur, notre odeur. Ouvrir les yeux, réaliser que tu n’es pas là.



Toujours la même routine. Se lever, sentir le Soleil sur ma peau nue. M’offrir une décence et une toilette. Eau froide, rouge à lèvres, mascara. Tenter de disparaître, continuer de plaire, poser un masque à mon effigie sur mon visage. Me déshabiller du regard, mes marques, mes seins, mes fesses, mes jambes, mon sourire. M’habiller avant qu’il ne soit trop tard, simplement, haut olive, jean slim noir, Air Max 90 blanches. Rouvrir les yeux sur ma personne, se savourer un moment et rependre sa vie. J’ai deux rendez-vous à assumer.



“Les yeux de ces gens n’ont jamais vu le Soleil de près, je le vois


Leur montrer le chemin, de rallumer la flamme qui s’éteint, je me dois


Tu sais loin des lois, je ne vis que le soir comme étoile dans le noir


Tu sais, loin de moi, demain je reviens de loin, j’ai plus vraiment le choix”



Rendez-vous avec l’amour et son portefeuille. Voilà plusieurs mois que je travaille Joseph au corps, petite sugar baby commence à se diluer, à perdre de son intégrité. Ancien dominant affaibli par l’âge et le veuvage, il avait fini par faire appel à mes services. L’homme n’était pas inintéressant, éduqué, il avait voulu connaître mon histoire puis m’avait raconté la sienne par compassion. Toutes nos vies nous séparaient mais l‘aboutissement de la sienne nous aura rapproché. Il se sentait partir et avait besoin d’aimer une dernière fois, de voir des yeux briller, braqués dans les siens. Jojo avait besoin d’amour mais ne pouvait se permettre de l‘exprimer. Plutôt que d’appeler ses enfants ou ses rares amis encore en vie, il avait choisi de se payer une escort pour ne pas la consommer. Pour l’instant du moins, je suppose qu’il gardait ma bouche pour la baiser si mes paroles ne pouvaient l’apaiser.



La relation était allée dans mon sens, toujours dans la même direction. Refus constant de céder à ses avances mais sans cesse prête à lui offrir ma compassion. Nous passions des moments formidables, échanges animés autour de l’Islam et mes origines, dîner mondain et doucement alcoolisés. Nous nous encanaillons et nous introduisions mutuellement aux vols. Main sur le genou dans le cockpit, paume aux fesses alors que je déballais son larcin, toutes deux repoussées délicatement. Mes mots étaient doux mais frappaient son égo avec la force de soixante-quinze ans de vie.



“Je ne suis pas prête Joseph. Je t’aime beaucoup, mais tu es si... vieux. (Le mot était lancé, quelques minauderies essuieraient le sourire narquois de mon visage). Je ne pense pas que cette rencontre soit due au hasard, je veux qu’on prenne notre temps. (La seule chose qu’il ne pouvait pas s’offrir). Tu sais comment je vis ma sexualité, j’ai peur de ne pas arriver à te satisfaire(bander). Viens je t’embrasse, mais je ne me sens pas prête pour la suite. On continue ? Ou tu veux te reposer ?”



Tout était bon pour lui rappeler son état physique, lentement rongé par le temps et les capillaires sanguins mal irrigués. Mon intimité coulait à l’idée d’imaginer la sécheresse qui dévorait la sienne. Je finis par rentrer chez moi, le piège se refermait. Loin de lui, je me fis plus entreprenante, plus agressive dans ma séduction. La distance me rongeait, je ne voulais plus me vendre, je le voulais lui et j’étais sûre qu’il pourrait me combler. Il me vit comme il ne m’aurait jamais imaginé, innocente torturée que j’étais. Nue, cambrée, remplie, affamée, faussement sienne. Fesses écartées, filet de bave autour de lèvres assoiffées. Cheveux tirés jusqu’à ma cambrure rougie par les coups de la veille. Tétons dressés à l’idée de l’animer d’une quelconque raideur. Le portrait était idyllique sur le papier photo qu’il ne pouvait qu’admirer. Son impatience se fit de plus en plus sentir, et je feignais de la partager, lui promettant de vite revenir aux prochaines vacances. Je comptais alors briser lentement Jojo mais la vie choisit de lui faire le coup du lapin. Sec, inattendu, choquant.

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Notre relation s’est retournée il y a déjà quelques temps, lui dans ma toile, ses yeux brumeux bien loin des étoiles. Nous devions nous voir un lundi d’été mais un drame personnel m’avait retenu à la gare, lui n’avait pas compris, avait voulu faire trembler la toile et attirer les yeux de sa reine. Insulte morbide que de ne pas se faire manger par sa prédatrice quand la vie nous a fixé la mort pour seul objectif. Pas jojo à l’idée de se prendre un lapin, Jojo Lapin se rebiffe ; appel interdit, insultes proscrites, menaces. Alcoolisé, Jojo Lapin fait le brave sur mon répondeur. Salope, pute, mal baisée, les insultes se multiplient avec un arrière-goût du lycée. Toujours le même schéma d’attaque chez mes victimes, des évocations de mon passé, de mes fautes fictives ou non. Des coups dans le vent sans remarquer l’Epée de Damoclès qui s’abattait sur lui.



Ce que Jojo ne réalisait pas encore c’est que je n’étais pas que le produit qui pourrait le satisfaire. Sa petite dose de sexe que ses mains tremblotantes de parkinsonien suppliaient d’obtenir. J’en étais également la fournisseuse, et je ne tolérais pas ce genre de révolte. Le silence lui répondit un moment, suivi d’excuses de ma part. Je viendrais le week-end prochain. Aucune allusion ne fut faite à propos de son dérapage, c’était un rêve déjà derrière nous.



“Mon âme est moche, plus qu’à la maquiller avec des mensonges


Je sais pas ce qu’il se passe dans ma tête


Parfois je voudrais sauver la Terre


Parfois je voudrais la voir brûler”



Retour à mon miroir, hors de mes pensées. Joseph m’attend. Ses pseudo consignes ont été claires, tenue casual, rendez-vous dans notre café habituel, à l’abri des regards et des arbres. Le lundi d’été est passé, le Soleil est resté, plus mortel que jamais. Il m’attend autour du même thé pourpre que d’habitude, béret vissé sur la tête, chemise banale, cigarette consumée dans le cendrier. Une grande tendresse émane de son portrait d’amateur de rooibos et de Camel. Un grand-père que j’aurais toujours aimé avoir peut-être. Je suis sincèrement ravie de le revoir, je crois que j’ai beaucoup d’affection pour lui. Le contact est toujours aussi facile, nous échangeons de tout et rien. Mon propre mégot rejoint le sien. Echange de toux et de mains. La sienne sur ma cuisse, la mienne sur ses joues. Un premier baiser, indifférent du regard des autres clients. Deux générations nous séparent, pourtant, ses lèvres contre les miennes, lui n’a jamais été aussi près de me baiser.



Son thé dans ma gorge, brûlure hâtive. Je ne veux pas attendre, je veux qu’il m’emmène à l’hôtel. La chambre a déjà été réservée par mes soins, je veux que ce moment soit spécial. Ses yeux brillent de vice, le dominant en lui se réveille, oublie ses douleurs vieillissantes. Une main rassurée et assurée me prend par la taille, me pousse vers la sortie. Il m’embrasse le front avec une douceur étrangement paternelle, comme pour me remercier de lui avoir enfin ouvert cette porte sans pour autant se détacher de la tendresse de notre relation. Je garde encore le souvenir de ce baiser sans réellement le comprendre. J’avais déjà la suite des événements en tête, cette marque d’affection figure alors comme une tache indélébile dans le tableau parfait que j’avais dressé. J’en rêve parfois.



Ses doigts frôlent mon dos, j’en sens la pulpe doucement presser mes épaules et vérifier mon absence de soutien-gorge. La première ruelle croisée s’écrase contre moi. Un baiser rude, une main plaquée sous mon haut, serrant mes seins. Je caresse lentement son entrejambe passive. Ses yeux brillants perdent de leur éclat, me braquent avec une peine colérique. Mon index et mon majeur remontent de ses cuisses à son torse, de son torse à ses lèvres, escaladant son corps comme un petit bonhomme d’ébène.



“Pas maintenant. J’ai une surprise là-bas. Je te veux entier pour moi.”



Tressaillement face à ce maillon qui saute. Joseph avait toujours eu les poings liés par mon interdiction de recourir à des produits chimiques. Je prétextais le vouloir au naturel, sentir réellement son amour pour moi, en moi. Mais lors de nos derniers échanges, je lui avais plus ou moins subtilement évoqué le recours à certaines solutions, je venais de confirmer ses doutes. Le retour se fit sans autre incident, d’un papy lubrique, Jojo était devenu un enfant attendant le soir de Noël. Ses gestes respiraient l’impatience alors que ses poumons inhalaient clope sur clope. La nervosité d’une nouvelle première fois agitait autant ses mains que sa maladie.



“Ombre de moi


Je suis le cauchemar de tes plus beaux rêves


Souvenirs d’un printemps blanc


Un amour inexistant”



Accueil, hall, chambre. Mes lombaires endolories par le pan de la porte. Une nouvelle fois mes doigts sur ses lèvres crispées. Un peu de patience. Attends-moi. Ne bouge pas. Les lumières qui s’éteignent, mon corps qui lui échappe. Le verrou de l’entrée, un bruit de porte, le raclement d’un tiroir et d’une chaise, le grincement du lit sous le poids...



“Rallume Joseph.”



Sous le poids de deux personnes. Moi et l’autre face à ses yeux perplexes, à genoux sur le lit, ses mains sur mes hanches. Mon sourire déforme mon visage, mes yeux ont sûrement changé, j’ai gagné. Il se dresse, semble vouloir s’indigner ou partir, peut-être les deux à la fois.



“Assied-toi Joseph.”



Indécision, hésitation, résignation. Le bluff a fonctionné, les derniers morceaux de la toile ont retenu ma proie. Je lui rappelle ses insultes, ses menaces, ma position dans sa vie. Comment a-t-il osé vouloir me blesser ? Moi qui l’aime, moi qui croyais en sa confiance. Et il voudrait me baiser ? Comment ai-je vécu son agression dans la ruelle ? La culpabilité finit de ferrer mon poisson dont les yeux morts fixent. Je veux rester en bons termes avec lui, mais il doit expier ce qu’il m’a fait subir. Je lui ai tout donné et il a voulu profiter, abuser. Il a triché et il doit payer. Je ne sais pas s’il croit en mon bagout ou s’il est juste sous l’effet du choc, aucune réponse. Je lui ordonne de me regarder, il obéit. Il sait ce qui l’attend. Il sait que d’autres l’ont subi, nous en avions déjà parlé. Il n’y a pas besoin d’en dire plus, il attend juste sa punition. Ses yeux vides se remplissent, mais les étoiles qui y trônaient se sont noyées.



La chaise a été placée face au lit. Juste assez pour que je puisse clairement discerner chaque expression de son visage. L’autre n’a aucune importance. C’est lui qui me baise, mais il n’est qu’un agrément dans notre ébat. Ses mains me déshabillent brutalement, mais c’est les yeux de Joseph qui m’admirent avec tendresse. Une main m’agite le crâne d’un coup sec avant de me mettre à quatre pattes mais c’est ses yeux qui retiennent des larmes. Une première accompagne le clapotis mou de mon intimité sous les assauts de l’autre. Chaque battement des hanches de l’autre contre mes fesses sonne comme une gifle sur les joues de Joseph. Même la lumière tamisée semble les rougir. Un râle de plaisir m’échappe, je suis trempée. Un aboiement retient son envie de détourner le regard.



“Regarde celle que tu as détruit Joseph ! Regarde-moi bien !”



A ce stade le malheureux ne s’interroge même plus sur mes accusations, il semble se contenter de les accepter comme des vérités. Les larmes ne sont plus retenues, son visage se détend, inondé par ma trahison. Ma nuque est brusquement renversée, mais mes yeux continuent de le toiser, surplombant un sourire avide. Je savoure chacune de ses fêlures, chacune de ses faiblesses qui brisent son visage. Les gifles vont et reviennent sur mes joues, mes seins, mes hanches, mais mon regard reste braqué dans le sien. L’autre s’impatiente, veut prendre son rôle dans l’histoire et se séparer de ce vieux malheureux. Une poigne frustrée m’écrase la tête contre les draps, m’empêchant de continuer mon petit manège. Je geins une dernière fois le nom de Joseph, lui demande de s’approcher, de se pencher à mon chevet, comme pour conclure ma petite mort. Humilié, détruit, Jojo s’approche, s’agenouille auprès de mon corps encore secoué par les assauts de l’autre. Sept mots, comme sept péchés résonnant dans ses oreilles. Il se lève et quitte la pièce sans en ajouter un huitième.



“Je ne veux plus jamais te voir.”



Coupable par procuration de ma machination, l’autre ne prendra pas plus de place dans ce récit. Il a joui, moi aussi, il m’a eu, moi aussi dans mon cul, quelle importance ? Je quitte l’hôtel, soulagée par l’orgasme que Joseph m’a donné. Balaie toute culpabilité par le plaisir et rentre chez moi.



“Ça, c’est mon ange qui revient dès que ma vision est nette


Quand je suis maître de mes sentiments mais qui peut me test?


J’avance à grands pas que dans les grandes choses


Ça me dérange pas que tu captes tout avec tant de délai”



Toujours la même routine. Se lever, sentir le Soleil sur ma peau nue. M’offrir une décence et une toilette. Eau froide, démaquillant, cacher les bleus. Tenter de réapparaître, continuer de te plaire, enlever mon masque. M’habiller de ton regard, le sentir sur mes marques, mes seins, mes fesses, mes jambes, mon sourire. Me déshabiller avant qu’il ne soit trop tard, Air Max 90 blanches, jean slim noir, haut olive. Rouvrir les yeux sur ma personne, me savourer un moment et rependre notre vie. J’ai un rendez-vous à assumer.



Toujours le même rituel. Se réveiller les yeux clos, rouler, allumer, fumer, respirer. Le chant des oiseaux et des cendres consumées. Humer la pluie de la veille et le bout de mes doigts. Goûter la vie et le vide dont je viens de m’extraire, sourire. Caresser du bout des doigts ta peau, me laisser bercer par ton souffle, sentir ton odeur, notre odeur. Ouvrir les yeux, Me blottir dans tes bras. Oublier le reste de la journée.



Souvenir de ses lèvres pour seule maladresse. 


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