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Un jour de chance en Enfer !

Chapitre 18

La Sérénissime !

Erotique

En atterrissant à l’aéroport international Marco-Polo de Venise, j’espérais sincèrement redevenir maître de mon destin et enfin comprendre la pièce de dupes dans laquelle j’avais, visiblement, été entraîné depuis plusieurs semaines, si ce n’est plus. Car comprendre que l’on est manipulé depuis plusieurs semaines, voire plusieurs années, sans s’en rendre compte, est un choc pour tout un chacun. La question qui, paradoxalement, me hantait à chaque seconde concernait ma défunte épouse. Avait-elle été partie prenante dans cette comédie dont j’étais devenu le protagoniste ? Car si son père en faisait partie, nulle doute qu’elle devait en être informée. Les révélations se succédaient mais n’amenaient toujours pas de réponse satisfaisante à mon esprit. 



Qu’allais-je encore découvrir ?  



Après avoir récupéré mon bagage, je sortis du terminal et, prenant un taxi, je me rendis au coeur de la Sérénissime en passant par le pont de la Liberté. 



Venise, pour qui le l’a jamais vue, est au-delà du temps et de l’espace. Mais pour celui qui l’a contemplée, c’est un joyaux à nul autre pareil.  



C’est un lieu sur Terre que l’on adore ou que l’on hait. Il n’y a pas de milieu dans les sentiments que cette ville, à l’histoire millénaire, peut provoquer. Car, au-delà des cartes postales évidentes qui trottent dans la tête de chacun d’entre nous, cette ville regorge de secrets qu’il faut apprendre à décoder pour qu’elle s’offre, enfin, mystérieuse et cachée, au regard de celui qui a pris le temps de l’apprivoiser. Au bras de mon épouse, j’avais pris ce chemin de l’illumination des sens que procure la cité lagunaire mais je savais que j’étais encore loin d’en avoir fait le tour. Malheureusement, les découvertes étaient restées en l’état depuis notre dernière visite en amoureux durant laquelle j’avais pu faire la connaissance de ruelles étroites possédant des trésors liés à l’Histoire comme à la mentalité spécifique des vénitiens. Secrète mais tellement riche. 



Le Pont de la Constitution, dernier pont construit à Venise, me permit d’atteindre rapidement le quartier le moins connu de la ville mais aussi celui peuplé par les vrais vénitiens, éloignés du tumulte quasi permanent dans cet endroit touristique par excellence, regorgeant de cette vie particulière à laquelle j’étais, à présent, habitué.  



Je connaissais déjà la ville et je n’avais pas envie de me mêler aux touristes allemands et chinois venus se prendre en photographie sous le Rialto ou sur la Piazza San Marco, suant à grosses gouttes sous la chaleur de l’été italien et sentant la mauvaise pizza servie au lance-pierre dans ces établissements à la réputation plus que douteuse.  



Je me rendis, en connaisseur, dans le quartier typique et calme du Cannaregio, au nord de la ville. J’y avais mes habitudes depuis que mon épouse m’avait fait l’honneur de m’introduire aux secrets de la ville.  



Quelques minutes plus tard, je me trouvais derrière la Chiesa dei Santi Apostoli.  



Je levais les yeux vers le bâtiment que je connaissais si bien, comme si un visage familier allait me regarder au travers des fenêtres en me souriant, pour m’accueillir.  



Mais il n’y avait personne et ce n’est que le silence qui me répondit lorsque j’ouvris la porte de la maison appartenant à mon beau-père et dont j’avais, par testament, hérité de la clé, dans ce quartier un peu reculé et au charme certain. Je pouvais entendre le chant des oiseaux et le clapotis de l’eau contre les barques voisines accostées au ponton voisin, le long de ce canal un peu reculé. Le silence, à Venise, est un bien incomparable. Il est aussi rare que précieux, dans cette ville remuante et bruyante.  



Il était temps que je parte en chasse et que je confronte celle qui m’avait pris dans ses filets démoniaques. 



Après m’être un peu rafraîchi, je me rendis dans un restaurant du voisinage Il Paradiso Perduto, un restaurant à poissons sans prétention de façade mais recelant un trésor à l’intérieur. La nostalgie m’envahit lorsqu’en m’asseyant, je la revis en face de moi, souriante et heureuse lors de notre premier passage dans cet établissement qui allait devenir l’un de nos endroits de prédilection. Elle était vêtue, ce premier soir, d’une robe de saison de couleur émeraude sur ses escarpins noirs. Je me souviens encore que son décolleté avait fait des ravages, ce soir-là, auprès des serveurs qui se démenaient pour venir nous servir le plus rapidement possible, déclenchant, entre nous, un fou-rire qui resta dans nos anales.  



Cependant, je ne pus m’empêcher de faire un parallèle avec Arwen ainsi qu’à ses confidences. Son rôle, dans le secret feutré de sa chambre personnelle, ne collait pas à sa personnalité. Rien ne la destinait à jouer ce jeu par vidéo interposée. Elle était belle, elle était intelligente et elle n’avait nullement besoin de se prêter à ces exhibitions pour satisfaire une libido débordante. Ses charmes suffisaient largement à lui octroyer ce dont elle avait, selon ses dires, un besoin vital pour combler ce vide, héritage de son passé. J’avais beau, tout en dégustant mon repas, me repasser tous les éléments de cette pièce, son attitude ne collait pas avec la personnalité que j’avais appris à découvrir et à aimer. Il manquait une dernière pièce au puzzle.



Repus et satisfait de mon repas fait de poulpes frais et de diverses coques, je rentrais dans mon logement voisin et je m’endormis du sommeil du juste, non sans avoir vérifié une dernière fois, que le signal du téléphone d’Arwen émettait toujours depuis le même lieu. J’avais pu constater qu’il s’était déplacé plusieurs fois durant la journée et qu’il était, à présent, revenu à son point de départ. 



Le Palazzo Venart, l’un des hôtels les plus huppés de la cité des Doges. Cela ne m’étonna même pas et renforça mes intuitions.



C’est là que je me rendis, le lendemain matin, prêt à en découdre et à obtenir, enfin, des explications claires et définitives.  



Cependant, rien ne se passa comme prévu.  



Tout d’abord, après avoir vérifié qu’elle était toujours présente dans le bâtiment, je me fis refouler par le portier, cerbère efficace de ce lieu réservé aux nantis. En regardant l’entrée, je me demandais, tout de même, comment Arwen pouvait s’offrir un luxe pareil lorsque je me souvins qu’elle gagnait beaucoup d’argent grâce à ses activités annexes à l’enseignement. Même si je commençais à douter qu’elles soient réelles. Ensuite, je me dis qu’elle devait, aussi, avoir un certain mécène généreux qui lui offrait des compensations.  



Je commençais à broyer du noir lorsque la chance me sourit.  



Accoudé à une terrasse en buvant un expresso tout en réfléchissant à la marche à suivre, je la vis sortir du bâtiment.  



Elle était tellement belle.  



Elle portait une robe rouge moulant parfaitement sa plastique parfaite, ses jambes nues au galbe accentué par le port de chaussures à talons hauts d’une célèbre marque à la semelle rouge, son péché mignon.  



Ses cheveux, détachés mais qui étaient passés visiblement sous les ciseaux d’un artiste dans son genre, flottaient en restant en place derrière elle. Ses yeux étaient cachés par une paire de lunettes de soleil qui mangeaient une partie de son visage. Ses lèvres étaient serties d’un rouge imitant à merveille la couleur de son vêtement. Ses seins, probablement libres de toute entrave par ces chaleurs, se balançaient agréablement au rythme de sa démarche lente et assurée. Elle avait le port d’une reine et chacun se retournait sur son passage.  



Elle était divine, lunaire, hors de ce monde. Mais je ne l’avais jamais vue à ce point apprêtée, ni maquillée de la sorte. Elle semblait une autre personne que celle que je connaissais. Et je pris peur, à mon tour en me souvenant de ses paroles dans lesquelles elle m’avouait ses craintes de mes réactions à la connaissance de ses secrets. Comme si elle savait que ce jour viendrait et qu’il nous serait funeste.  



Je laissais, rapidement, quelques euros sur ma table et je la suivis.  



Je ne sais pourquoi, j’eus l’intuition que je ne devais pas l’aborder sur un coup de tête et que je devais comprendre son attitude.  



Quelques minutes plus tard, lors d’une filature digne de James Bond, je la vis entrer dans un palais dont j’ignorais l’existence, dont l’entrée était esseulée dans une ruelle plus étroite. En demandant à un passant, j’appris qu’il s’agissait du Palazzo Papadopoli, sur le Grand Canal.  



Je m’assis à l’extérieur, n’ayant aucun motif d’entrer dans cette bâtisse privée sans me faire refouler manu militari et de prévenir Arwen de ma présence à Venise.  



J’attendis une heure puis une seconde lorsque mon téléphone sonna.  



Je le pris par réflexe lorsque sa voix m’atteignit



— Conrad ? Bonjour mon amour ! Tu vas bien ?



Je restais silencieux quelques secondes, ne sachant que faire, lorsque je parlais sans m’en rendre compte, reprenant les rênes



— Bonjour Arwen ! Oui ! Et toi ? Comment vont tes parents ?



— Ils sont en super formes, merci ! Tu me manques, mon chéri.   



Cette fille avait un toupet infernal. Elle me mentait avec un aplomb et une facilité que je découvrais. Elle était à quelques mètres de moi, enfermée dans ce palais digne des plus grandes heures des Doges et prétendait, sans ciller, se trouver en Bretagne auprès de ses parents.  



— Toi aussi ! Dis-je automatiquement, sans réfléchir car je ne le pensais plus.



— Tu vas bien ? Tu ne dis pas grand-chose ?   



— Je suis un peu fatigué, j’ai mal dormi cette nuit.



— Oh ! Tu es malade ?



 - Arwen, non ! Je ne suis pas malade, je...



 - Je t’ennuie ? Si c’est le cas, je peux te rappeler lorsque tu seras de meilleure humeur ! Dit-elle, un brin agacée.   



Je me repris et donnais un visage apaisé, du moins le tenté-je sans savoir si ma tentative avait été couronnée de succès.



— Non ! Excuse-moi. Il fait chaud et les moustiques m’ont pris pour une piste d’atterrissage toute la nuit.



— Mon pauvre chéri !   



— C’est la vie ! Et toi ? Comment vas-tu ? La Bretagne est belle ?   



— C’est ma région préférée. Je suis bretonne, on ne se refait pas !   



— Et si je venais te rejoindre ? Je pourrais, ainsi, passer du temps avec toi lorsque tu ne t’occupes pas de tes parents ? Je venais de lancer cela sachant qu’elle allait trouver un prétexte et me mentir à nouveau. Son addition devenait salée.



— C’est adorable, mon chéri ! Mais ils ont besoin de ma présence. Je ne les ai pas vu depuis des mois et...



— Oublie cela! Ce n’est pas grave, je comprends.   



— Merci !



Les cloches d’une église voisine sonnait midi et les pigeons de la place voisine s’envolèrent aux cris des enfants qui couraient après eux, au grand dam des vénitiens qui n’aiment pas ce genre de manifestations.  



Arwen reprit



— Où es-tu ?



— Chez moi, pourquoi ? Je vais profiter de ma piscine et du soleil.   



— Ah ! Eh bien, profites-en bien. Je suis jalouse, tu sais ? Me dit-elle avec une voix qui trahissait une réflexion profonde et une forme de défiance manifeste.



— Puisque tu n’es pas là, je trouve d’autres activités. Cela me permet de travailler un peu ma forme physique.



— Alors travaille bien. Bisous mon chéri ! Je te rappelle.   



— Je t’embrasse, Arwen. Bonne journée.   



En raccrochant, un petit doute m’envahit. La fin de la conversation me laissait un petit goût amère, sa voix avait changé et elle me semblait sur la défensive. Comme si...



Je n’eus pas le temps de réfléchir plus longtemps car mon coeur rata un battement.  



Un homme grand, à la carrure d’ours, venait de s’approcher de la porte d’entrée du Palazzo. Cet homme, je le connaissais.  



Son visage, je l’avais contemplé si souvent, avec bienveillance et avec douceur. Il m’avait regardé avec gravité et amitié, avant que cela ne se transforme en un sentiment bien plus fort.  



Mon beau père entrait dans le bâtiment comme s’il entrait chez lui. La vérité me frappa alors. J’avais donc bien eu raison dans mes déductions. Ils se connaissaient parfaitement.  



La question restait donc la même.  



Pourquoi ?  



Je me retournais un instant et, avisant le Grand Canal, une bouffée de nostalgie m’envahit. Pourquoi le temps béni était-il mort avec elle ? Pourquoi devais-je vivre pour endurer ces tourments ? Rien n’allait depuis deux ans. J’avais cru, un instant, qu’Arwen serait mon sauveur, mais elle était devenue, en quelques jours, un tourmenteur efficace et sans scrupule.



Car je devais l’admettre, cette fille hantait mes jours et mes nuits.  



J’étais tombé éperdument amoureux d’elle. Et c’était bien le noeud du problème. Une femme qui me laissait indifférent ne m’aurait pas donné autant de tourments. Si j’étais là, c’était par amour, pour comprendre et lui laisser une chance de me dire que tout cela n’était qu’un affreux malentendu.  



Je repartis alors et rentrais dans la maison de mon beau-père, celle dont je possédais la clé, en prenant mon temps pour profiter une dernière fois des ruelles que j’aimais tant. Je me fis, également, la réflexion que les secrets de cet homme étaient bien plus nombreux que ceux auxquels je m’étais préparé. Le problème résidait dans le fait que sa fille devait, elle, être au courant de ceux-ci et n’avait jamais trouvé utile de m’en informer. J’en fus, un instant, triste et contrit avant de comprendre qu’il était normal que sa fille ne me parle pas de tout concernant ses biens et ses activités.  



J’étais décidé à me retirer et à repartir en France, incapable de trouver les mots pour l’aborder et incapable de me décider à affronter sa vérité. Elle avait gagné. Je romprais avec elle lorsqu’elle daignerait se présenter en face de moi. Car mieux vaut être éploré et malheureux que manipulé et trompé.



Mais le Destin, toujours cruel et prompt à intervenir alors que tout semble perdu, se mit à nouveau sur ma route.  



En ouvrant la porte, une enveloppe trônait sur la guéridon du hall. Une enveloppe brodée d’or, à mon nom.  



Les mains fébriles, je l’ouvris en comprenant immédiatement que le piège s’était refermé sur moi. C’était une invitation à une soirée vénitienne. Nominative, comme si ma présence, en cette journée à Venise, était évidente et qu’un refus ne s’envisageait pas, avec les instructions habituelles.



La signature m’expliqua le fin mot de l’histoire.



"Mon amour, je sais que tu es là ! Cette église qui a sonné fut le glas de mes mensonges. Suis ces instructions à la lettre, et tu sauras enfin de quoi il retourne. Sache que je t’aime, Conrad ! Au-delà de ce que j’ai pu espérer un jour. J’espère que les réponses te permettront de me pardonner et de te laisser, à ton tour, enfin vraiment m’aimer. 

Arwen ".



Je m’assis et, pour la première fois depuis sa mort, je pleurais.  



Sur mon sort, sur le Destin, sur mon amour perdu, sur mon nouvel amour, sur mes sentiments, sur mes craintes et sur mes certitudes.  



Rien ne m’avait préparé à ce rôle.  



J’aspirais, depuis toujours, à une vie simple. Profitant de l’amour de l’être aimée, jouant de ses charmes, exerçant mon métier avec passion, bénéficiant de l’amitié sincère de mes proches et de l’amour des miens.  



Aujourd’hui, j’étais seul, face à des hommes de pouvoir, à une femme qui se jouait de moi mais dont j’étais amoureux et surtout face à une Comedia dell Arte dont j’ignorais les rouages. J’étais le Jouet de la Fortune et je me sentais tel Roméo luttant pour retrouver Juliette après avoir tué Tybalt. Perdu et désemparé.  



Je voulais en finir.  



Ma décision était prise et elle surgit dans mon esprit telle une évidente certitude.



Aussi, je décidais de me jeter dans la gueule du loup, volontairement et définitivement. Perdu pour perdu, ce serait avec panache et fierté. Je l’affronterais les yeux dans les yeux avant qu’elle ne me réduise à néant, me recouvrant pour le reste de ma vie d’une tristesse qui serait éternelle.  



Je suivis les instructions de l’invitation et me rendit à une adresse précise où un costume de Condottiere à ma taille m’attendait. Je souris à ce détail, certain, à présent, de l’origine double de l’invitation.  



À l’heure dite, je me rendis à l’adresse indiquée.  



Le Palazzo Fontego dei Turchi, dans le quartier de Santa Croce, sur le Grand Canal, est une merveille d’architecture d’inspiration byzantine. Je me souvenais que c’était surtout un musée mais qui, visiblement, avait été privatisé pour une soirée. Les moyens financiers de cet homme semblent réellement illimités et bien plus conséquent que ce que j’avais envisagé. Il avait dû rire en m’entendant lui promettre un remboursement d’une somme qui ne devait être qu’une goutte d’eau dans l’océan de sa fortune.



Je déposais mon invitation dans les mains d’un portier en grande tenue, accréditant ainsi officiellement ma présence, et j’avançais tel un automate vers la cour intérieure. Plusieurs couples discutaient, une coupe de champagne à la main, quelques hommes seuls dissertaient entre eux et quelques femmes, souriantes, rivalisaient d’élégance et de beauté dans leurs atours d’une autre époque, tentant, sous les masques, de reconnaître l’un ou l’autre galant.  



Je pris une coupe de champagne sur un plateau passant à ma portée et me dirigeait vers l’étage, seul. Quelques instants plus tard, j’étais en poste, dans l’une des galeries décorées de colonnes et de sculptures, admirant les personnes toutes plus sophistiquées les unes que les autres, dans leurs déguisements datant de la grandeur de Venise, déambuler lentement sous mes pieds.  



J’attendis une heure, cherchant sous les masques, un visage ou une attitude familière sans succès. Vers vingt-deux heures, les portes se fermèrent. Les derniers invités étaient entrés et la soirée pouvait enfin commencer.  



Un homme, à la carrure imposante, entra alors dans la cour, au bras d’une femme que je reconnus malgré son masque vénitien lui dévorant le visage et les plumes cachant sa chevelure.  



Mon beau-père entrait au bras d’Arwen. 



Mon coeur se serra une nouvelle fois, elle était sublime.  



Sa robe, bleue et blanche, lui serrait la taille tout en mettant sa poitrine en avant par la grâce d’un décolleté savamment étudié. Le galbe de ses seins était tout simplement sublime. On ne voyait que cela d’elle, le reste de son corps était caché sous les artifices du costume. Mais ce qui me frappa, au contraire des autres en regardant que sa poitrine, ce furent ses yeux. Ils brillaient d’une lueur que je n’avais jamais vue, au travers de son masque vénitien décoré de strass.  



Elle dégageait une fureur contenue mais aussi une luxure incroyable. Le sexe émanait d’elle, la luxure la plus infâme semblait contenue dans ce corps déambulant avec la grâce d’un félin.  



Je sentis ma queue se tendre et mes sens s’envoler auprès d’elle. Mais je devais rester, dans ma décision de mettre un terme à cette fanfaronnade, ferme ! Sans jeu de mots.



Le silence se fit et mon beau-père prit la parole, dans un italien parfait. J’ignorais qu’il parlait cette langue, que j’avais apprise pour satisfaire aux exigences de mon épouse, amoureuse de ce pays merveilleux.  



 - Mes amis, mes amies ! Merci de votre présence, ce soir. Je sais que vous avez répondu favorablement à notre invitation malgré le préavis très court. Mais les circonstances exceptionnelles que nous vivons, en cette soirée mémorable, exigeaient de tous et de toutes ces efforts. Je sais que vous repartirez comblés de cette nuit.



Un rire discret monta de l’assemblée sous mes pieds. Ils comprenaient visiblement ce que je ne comprenais pas. Quelle soirée ? De quoi parlait-il ?



L’orateur reprit alors



 - Je suis heureux de vous annoncer que, ce soir, le prix habituel pour la vainqueur sera doublé. J’offrirai, personnellement, une pass annuel à L’oiseau Rare ainsi qu’un accès au lounge VIP pour la même durée. Ainsi, chacun de vous saura ce que j’attends de lui. Je souhaite que cette soirée soit mémorable et reste dans les mémoires de chacun comme celle de l’absolution totale ainsi que celle de la découverte d’une vérité qui fait souvent défaut à chacun de nous.



Cette fois, ce fut un brouhaha qui monta vers moi. Visiblement, c’était un prix exceptionnel dont je ne comprenais rien.  



 - Mesdames, Messieurs ! Profitez du confort des lieux et respectez les règles. Vous les connaissez, elles restent inchangées. Plusieurs vigiles sont présents, ce soir, pour éviter toutes dérives. Faites-en sorte qu’ils n’interviennent pas. Les hommes resteront quelques instants dans la cour centrale tandis que ces dames s’éclipseront rapidement. Je vous souhaite à tous et toutes une excellente soirée, libre de toutes entraves ! Je proclame la Chasse ouverte !



Des « hourras » montèrent alors et plusieurs robes masquées s’évanouirent dans les couloirs, franchissant les portes de l’établissement.  



Je ne comprenais rien.  



Je fixais alors Arwen qui, à cet instant, leva la tête dans ma direction.



  



Par réflexe, je me reculais dans un mouvement complètement stupide. Elle me fixa un instant puis se retourna et disparu dans le palais, suivie par Henri, son mentor de la soirée.  



Quelques instants plus tard, deux femmes surgirent dans la galerie que j’occupais. Elles étaient cachées par des masques et j’étais incapable leur donner un âge. Elles stoppèrent un moment en me découvrant puis s’avancèrent d’un pas décidé jusqu’à se trouver à un mètre de moi.



 - Bonsoir, Condottiere ! Vous n’avez pas respecté la règle d’attendre. Mais ce n’est pas grave au vu de votre port altier et de votre prestance. Nous succombons volontiers. Laquelle de nous souhaitez-vous saillir ?



Derrière mon masque, je restais éberlué. Avais-je bien compris ? Mon italien était bon mais j’eus l’impression de ne pas comprendre. Aussi, celle qui avait parlé insista



 - Vous préférez peut-être les deux en même temps ? Nous ne sommes pas contre nous faire prendre par Bartolomeo Colleoni, rit-elle en évoquant le nom du plus célèbre chef de guerre vénitien.



Je me reculais sans répondre et partis dans les escaliers, laissant les deux femmes seules, probablement ébahies par mon refus. J’étais tombé sur les deux nymphomanes de la soirée. J’avais toutes les chances, me dis-je.  



Mon but était simple. Retrouver Arwen et lui faire avouer ses mensonges.  



Je descendis et me retrouvais, à nouveau, dans la cour intérieure.  



Une autre femme et son compagnon s’avancèrent vers moi. Celui-ci me salua poliment puis me demanda



 - Pourriez-vous honorer mon épouse ? Elle vous a vu entrer et souhaite que ce soit vous, son partenaire de la soirée.



 - Mais de quoi parlez-vous ? Demandé-je un peu trop précipitamment.   



 - Pardon ? Mais...enfin...C’est le but de la soirée !



 - Hein ?



 - C’est votre première fois, n’est-ce pas ? Demanda la femme.   



 - Oui ! Répondis-je, y voyant une porte de sortie.   



 - Je comprends ! C’est toujours intimidant. Mais si le Doge vous a convoqué, c’est que vous avez toutes les qualités requises. Alors, je vous répète ma proposition. Voulez-vous profiter des charmes de mon épouse ?



 - Je serai ravi, Monsieur. Et je mesure l’honneur que vous me faites, Madame. Mais ma soirée est déjà réservée pour une autre. Vous m’en voyez navré, dis-je en tentant une pirouette pour m’éclipser.



Un peu déçu, ils s’éloignèrent tout en me souhaitant, à leur tour, une bonne Chasse.  



Mais de quoi parlait-il ?  



Je me dirigeais vers la pièce par laquelle Arwen s’était échappée pour tomber sur l’un des hommes dont Henri avait parlé. Il m’interdit le passage, poliment mais avec une fermeté que je n’avais pas envie de mettre à l’épreuve.  



Je fis marche arrière et entrais dans une autre pièce. Je m’assis et, dissimulé par quelques plantes, laissaient les autres s’affairer. Soudain, une femme et un homme entrèrent et s’assirent dans un fauteuil en face de moi. Ils ne pouvaient me voir mais je pouvais les regarder sans perdre une miette de leurs gestes.  



La jeune femme avait retiré sa robe pour n’apparaître que vêtue d’une lingerie délicieuse comprenant un soutien-gorge et un string noir et rouge, un sert-taille en dentelles ainsi que des bas ornés d’un liseré or. Ses talons hauts terminant de la rendre absolument désirable. Ses seins, plutôt impressionnants, semblaient débordés de leur prison de dentelles tandis que son cul, je le vis lorsqu’elle se retourna, était décoré d’une émeraude, signe de la présence d’un plug caché entre ses globes charnus.  



L’homme dénuda la poitrine de sa partenaire et se jeta sur les seins ainsi offerts. Il lécha les tétons dardés tout en remontant la main le long de la soie noire pour atteindre un point sensible car elle sursauta en gémissant. Ils entamèrent alors un ballet répété entre les hommes et les femmes depuis la nuit des temps pour terminer, rapidement par une fellation en bonne et due forme, permettant à l’homme d’éjaculer dans la gorge de sa partenaire. Ils se séparèrent sans plus de fioritures, chacun d’un côté, visiblement à la recherche d’une autre source de plaisir.  



J’étais tombé dans une soirée à partouze.  



Mon beau-père était l’organisateur de la soirée. Ainsi, la liberté sexuelle de mon épouse n’était pas tombée du ciel. Elle lui avait été inculquée par son père. Et probablement sa mère.  



Je n’eus pas le temps de réfléchir plus longtemps que deux mains puissantes se posèrent sur mes épaules, me faisant sursauter et pousser un cri de terreur.  



En me retournant, mes craintes se confirmèrent.



Ma mise à mort allait débuter mais je ne me rendrais pas sans combattre.



Jamais !

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