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Journal d'une étudiante presque ordinaire

Chapitre 1

Lesbienne

1 L’accident

 

Autant se rendre à l’évidence, cher journal, la fac est le berceau de l’injustice. Il y a les nanas populaires, celles qui attirent les regards, les bien foutues qu’on ne manque jamais d’inviter, à qui tous les mecs mangent dans la main en espérant gagner leurs faveurs. Ensuite viennent celles, plus banales, à la réputation sulfureuse de filles faciles, des chaudasses qui couchent pour se faire voir, la bouche et la chatte toujours prêtes en échange d’un peu d’attention. Puis arrivent les autres, personne ne se retourne sur leur passage sauf pour leur dire des vacheries, certaines passent inaperçues ou deviennent carrément invisibles avec le temps.

Enfin il y a moi, la rebelle agressive, ni belle ni moche, du moins je me vois comme ça dans le miroir, surtout qui se moque de l’avis général, avec un caractère de merde aux dires de certains. Ah ça, difficile de leur donner tort depuis que j’ai cassé la gueule d’un vicelard planqué dans le vestiaire des filles au gymnase en fin de première année. Certaines nanas, surtout celles qui n’ont pas assisté à la scène, m’évitent à cause de ma prétendue violence. Pour les mecs, aucun doute, seule une gouine est capable de mettre une raclée à l’un de leurs. Ces cons peuvent penser ce qu’ils veulent, j’aime bien ma solitude, je préfère ça aux pots de colle.

La fac n’a rien du monde enchanteur des bisounours, ça ressemble plutôt à la balade des faux-culs dans les couloirs de la résidence universitaire. On se croise, on se salue sans se connaître, parfois on se sourit par réflexe, souvent on s’ignore par habitude, il y règne un drôle de statu quo comme dirait mon prof d’histoire de la littérature spécialiste de la révolution américaine. Le calme obligatoire dans les chambres, une règle à peu près observée, le resto U sert de défouloir. On y mange correctement à défaut de se régaler, c’est déjà bien vu le prix, personne ne s’en plaint.

Un bistrot à proximité permet quelques débordements festifs innocents. Le patron, qui ne manque jamais de nous rappeler sa conception d’adolescent en mai 68, se montre cool, même coulant vis-à-vis de certains apprentis philosophes proches des mouvements d’extrême gauche. Après, Paris offre toujours des opportunités aux plus audacieux des étudiants. Je m’y promène souvent en journée sur les bords de Seine, à la recherche d’un banc ou me poser pour lire ou contempler les bateaux mouches, plus rarement le soir. Le monde de la nuit me laisse indifférente, dans la mesure où sociabilité et alcool ne font pas bon ménage chez beaucoup d’individus.

J’appartiens à la catégorie des veinards qui n’ont pas besoin de se trouver un job en parallèle, à condition de m’accrocher, au minimum de suivre les cours. Aucun soucis, mon avenir m’intéresse, les parents peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Je passe une partie de mon temps libre à la bibliothèque, une autre à siroter des bières devant la télé, le reste à écrire une revisite du mythe des Amazones guerrières de l’antiquité auxquelles je voue un véritable culte. Bien entendu, l’imaginaire populaire en prend un sacré coup dans ma version, pas question de reproduire les invraisemblances d’Arctinos de Milet ni les niaiseries du vénéré Hérodote.

Les interactions sentimentales avec d’autres individus ? Réduites au strict minimum, pour le plus grand malheur de maman. De toutes façons, les mecs sont obsédés par notre cul et les nanas ne pensent qu’à trouver l’amour idéal. Les belles histoires romantiques, je préfère les vivre par procuration dans les romans, c’est moins déprimant. Côté sexe, ça peut paraître con, je me suffis à moi-même. Mes doigts valent bien une queue, les prises de tête en moins, voici mes conclusions après quelques tentatives infructueuses. Non, il ne suffit pas d’écarter les cuisses pour avoir du plaisir, et mes doigts sur mon clito répondent à cette fonction organique, du moins, c’est ce que je croyais.

 

♀♀
 

– Je peux ?

Line posa son plateau en face du mien sans attendre de réponse dans le réfectoire du resto U vide, comme souvent le vendredi soir. J’aimais bien cette nana un peu déjantée, gentille bavarde obsédée par un léger embonpoint qui lui valait la réputation de boudin. C’était carrément exagéré ; malheureusement, il ne fallait attendre aucune charité dans la société intransigeante du paraître. Elle était « des autres » dont j’ai parlé plus haut, de celles qui devaient montrer leur carte d’étudiant à l’entrée des soirées programmées et payer leurs consommations.

Dans les rassemblements « off », la plupart du temps organisés par des mecs certains de parvenir à leurs fins en offrant quelques tournées, aucune chance, Line n’avait pas le physique ni la réputation de fille facile qui lui aurait permis de passer le service d’ordre. Alors elle tentait parfois sa chance au bistrot d’à côté, où des garçons soumis eux aussi à la discrimination basée sur l’apparence s’attardaient le soir en quête de bonne fortune. Mais là, c’était la copine qui se montrait difficile, à croire qu’elle préférait se plaindre à moi du vide de son existence plutôt que d’y remédier.

– T’as un truc de prévu ?

Oh oui ! ARTE diffusait un documentaire sur les colonies grecques en Anatolie, la Turquie d’aujourd’hui. J’entendais déjà la chevauchée des cavalières intrépides le long du fleuve Thermodon dans la plaine de Cappadoce jusqu’à Thémiscyra la cité blanche, à la lutte pour délivrer les femmes esclaves des hommes. J’aimais les imaginer chantres du féminisme, héroïnes d’une guerre sans fin contre la confiscation systématique de nos droits élémentaires dans les sociétés patriarcales. Line partageait certaines de mes idées et savait se taire devant la télé, l’inviter me parut naturel.

– Tu veux venir ?

J’aimais bien son sourire aussi quand elle se sentait acceptée. Avec plus d’efforts de ma part, surtout en sociabilité, on aurait pu devenir amies. Enfin ! Copines, c’était déjà pas si mal.

 

♀♀
 

Le documentaire ne m’avait rien appris, sauf que le mini réfrigérateur était vide, Line proposa tout aussi naturellement de finir la soirée dans sa chambre à côté de la mienne. Rien ne pressait le début du week-end, j’allais passer la nuit devant l’ordinateur à écrire et à monologuer sur mon journal intime, une habitude prise six ans et demi plus tôt, le jour de mon douzième anniversaire. J’aimais relire les premières pensées confuses liées à la période trouble de la puberté, c’était retenir les souvenirs, empêcher leur disparition progressive dans les méandres du temps.

Line s’amusait distraitement avec la télécommande posée entre nous sur le lit. Il nous arrivait de papoter jusqu’à être surprises par le sommeil chez l’une ou chez l’autre, ou de divaguer devant la télé au point de ne plus vouloir bouger. Alors on se prêtait un pyjama comme ça se faisait entre bonnes copines, on se couchait, on se souriait en guise de bonne nuit, puis chacune s’enfermait dans ses rêves. Si je continuais à m’enfiler bière sur bière, il n’y aurait aucune chevauchée imaginaire dans les plaines d’Anatolie pour mes Amazones avant demain. Tous les pieux de la résidence se valaient.

Le zapping en folie s’arrêta sur le générique de « La Belle Saison », un film sorti en 2015 qui parlait de l’émancipation de la femme dans les années 70 d’après les dires de Line, un sujet intéressant. Au bout de quatre petites minutes, je compris que l’héroïne en pinçait pour les nanas, un détail d’importance à l’époque, surtout à la campagne. Isïa Higelin assurait dans son rôle de fille d’agriculteur coincé, jusqu’à sa rencontre avec Cécile de France, plutôt convaincante en prof d’espagnol féministe. Le scenario tourna bientôt à l’histoire d’amour au mépris de l’ambiance révolutionnaire, dommage, mais c’était couru d’avance.

Le tressaillement de la copine à la première scène de sexe m’amusa, il n’y avait rien de graveleux pourtant, l’essentiel se passait hors champ de la caméra. À la deuxième, une tentative timide de rapprochement m’intrigua. Line n’avait rien d’une lesbienne, ça m’aurait sauté aux yeux depuis le temps qu’on se connaissait, je mis sa réaction sur le compte du hasard, elle se cherchait une position moins fatigante. Mes derniers doutes s’envolèrent quand sa main entra en contact avec la mienne, un effleurement prolongé du bout des doigts qui n’avait rien d’accidentel. Oups ! Je me concentrai sur le film en espérant que l’absence de réponse de ma part la dissuaderait d’insister.

 

♀♀
 

C’était mal connaître la copine, elle se pelotonna contre moi, la joue sur mon épaule, une main à la base de mon cou. Là, le doute n’était plus permis. On se regarda, il y avait une lueur d’espoir dans ses yeux bleus, comme un message qui aurait dit que ce n’était pas grave, que nous laisser aller une fois ne changerait rien dans notre relation. Peut-être qu’elle avait raison.

Je me pensais plutôt désintéressée par les deux sexes, mais un moment d’abandon n’était pas pour me déplaire ce soir, la faute à deux semaines sans masturbation, sauf intellectuelle bien entendu. Line se pencha, encouragée par mon manque de réaction, et posa ses lèvres sur les miennes. Je pris sa bouche, pressée de passer outre les questions existentielles, nos langues se trouvèrent.

On s’embrassa passionnément, longuement. C’était sympa un baiser, ça ne prêtait à aucune conséquence, du moins je le croyais, on allait peut-être s’en tenir là, puis rire de cette folie passagère. Sans prévenir, Line glissa les mains sous mon pull et empoigna mes seins libérés du soutien-gorge depuis le début de la soirée. Le contact sur ma peau provoqua une décharge électrique inattendue.

On se dessapa mutuellement dans un indescriptible chahut, effleurant chaque partie dénudée au fur et à mesure. Enfin, j’empoignai les seins pointus à pleines mains, leur fermeté attisa mon désir, il n’y aurait aucune reculade de sa part ni de la mienne. La copine ferma les yeux, aux anges. Ma bouche glissa dans son cou de haut en bas, et je couvris bientôt une jolie poire de baisers suaves.

Par réflexe sans doute, Line plaqua une main autoritaire dans ma nuque, le téton trouva le chemin de mes lèvres. Enivrée par cette première audace, j’alternai les suçotements et les aspirations jusqu’à le sentir durcir entre mes dents. Pas peu fière, je m’occupai de l’autre en massant amoureusement la base du sein du plat de la main. La peau satinée me rendait folle.

Une éternité plus tard, je bousculai gentiment la copine qui s’effondra sur le lit entre nos fringues éparpillées, les cuisses écartées, les jambes dans le vide. Quelle magnifique invitation à pousser l’expérience ! Je butinai le ventre noué jusqu’au nombril profond que j’investis de la langue. Personne ne me l’avait jamais fait, ça me semblait naturel, Line réagit au quart de tour.

Petit à petit, je découvris l’arrondi du bas-ventre, la large touffe taillée en triangle qui s’affinait jusqu’à devenir un sillon duveteux sombre qui mettait l’intimité en valeur. La copine me lança un regard suppliant, je m’en imprégnai avant d’oser ouvrir la fente, curieuse. Putain, ce que c’était beau ! Était-ce normal pour une nana de réagir ainsi devant un minou ? Au diable les questions !

 

♀♀
 

J’aurais pu me contenter de lui donner un plaisir superficiel, de taquiner son clito, de la baiser avec mes doigts, mais non, pas question de galvauder cet instant. J’avais envie d’elle, de la goûter, de la savourer. À entendre des témoignages de-ci de-là, les mecs ne se bousculaient pas pour brouter le minou de leur copines, seules celles qui couchaient avec des vieux parlaient de cunni.

Les yeux ouverts, il me fallait regarder, j’effleurai la fente de mes lèvres en corolle, aucun diable ne sortit de la boîte. Le premier contact provoqua un rire nerveux, comme après une chatouille. La réaction piqua mon orgueil au vif, alors je m’enhardis, le rire s’interrompit aussitôt.

La copine, tendue, accueillit ma langue dans sa chatte d’un « Oh » de surprise, elle ne s’attendait pas à ça, moi non plus. La crispation disparut bientôt, remplacée par une lente ondulation pour mieux se frotter contre ma bouche, la caresse lui faisait de l’effet. Elle commença à mouiller, j’aimai son goût.

Ça dura longtemps, j’aurais pu passer la nuit à la lécher, bercée par ses soupirs de contentement. Désireuse de la déguster toute entière, je remontai jusqu’à dénicher son clitoris sous la gangue de peau protectrice. Line se raidit, mais pas d’angoisse cette fois, son souffle s’accéléra, devint grondement.

Sans penser à rien d’autre, je fis rouler l’organe sensible sous ma langue, doucement d’abord, puis de plus en plus vite. Si mon plaisir venait de là, le sien aussi sans doute. La copine s’arcbouta soudain, un long feulement rauque couvrit le son de la télé, elle jouit.

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