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Journal d'une étudiante presque ordinaire

Chapitre 2

Lesbienne

2 Bis repetita

 

L’accident n’avait rien changé dans notre relation ; en revanche, Line relevait la tête en société, elle perdait de sa transparence. J’étais contente de la voir moins renfermée, un peu fière aussi de me savoir à l’origine de l’amélioration de son sort. Les souvenirs à l’abri de l’oubli dans mon journal, les Amazones occupaient de nouveau le plus clair de mon temps libre. Seule différence, non des moindres, le repos des guerrières ponctuait  leurs aventures avec quelques détails tirés de ma propre expérience, d’autres fantasmés qui nourrissaient ma libido en solitaire.

Il y avait deux leçons à tirer de cette aventure. D’abord, la copine n’était pas frigide contrairement à ce qu’elle pensait, son abandon sincère le démontrait. En revanche, sa reconnaissance s’était limitée à quelques caresses malhabiles qui m’avaient laissée sur ma faim. Peu importait. Ensuite, un enseignement plus personnel, j’avais vraiment aimé notre étreinte, le grain de sa peau sous mes doigts, ses seins, ses tétons dans ma bouche, le dessin de son ventre, la rondeur de son nombril, la moiteur de son sexe, le goût de sa mouille. Brouter un minou n’avait rien de désagréable, au contraire.

Je trouvais rassurant que les nanas aient la possibilité de prendre leur pied entre elles, les mecs abusaient déjà trop des pouvoirs qu’ils s’arrogeaient à la fac. Les rares à nous respecter avaient déjà une copine, voir un copain. Encore une tache dans le répertoire des recommandations du ministre de l’enseignement supérieur, la discrimination visant l’homosexualité masculine avait tendance à reculer, les réactions homophobes et autres insultes ne faisaient plus rire personne. En revanche, le lesbianisme restait une simple pratique sexuelle aux yeux de beaucoup, sensée favoriser l’excitation des mâles.

Une semaine venait de s’écouler. Line rentrée chez ses parents pour le week-end, je décidai de passer au bistrot près du resto U. Une soirée karaoké, le patron puisait dans le grimoire des vieilles recettes éprouvées pour attirer du monde. La musique favorisait  la sociabilité, par extension les rencontres, puis le rapprochement des corps. Ainsi, papa avait connu maman au premier festival des Vieilles Charrues en 1992 à Landeleau. C’était facile vu que seuls 500 fêtards s’étaient déplacés cette année-là ; quand même, je trouvais leur histoire un brin plus romantique.

La clientèle se divisait en trois groupes distincts. D’une part le public, en majorité venu dénigrer les prestations dont certaines pitoyables, il fallait le reconnaître. Ensuite les artistes en herbe, des jolies voix, d’autres feraient mieux de se mettre à la langue des signes. Enfin le noyau dur des familiers, parfois dérangés dans leurs habitudes, qui se sentaient obligés de hausser le ton. Le patron s’en tirait plutôt bien vu les circonstances, aidé par un extra qui assurait le service en salle. J’optai pour un tabouret au comptoir près de la porte, loin du podium.

– Qu’est-ce que vous prenez ?

J’avais soif, ou plutôt envie de me lâcher.

– Une bouteille de champagne rosé.

En réalité, ça ne représentait que six coupes pour un moindre coût.

 

♀♀
 

Le froid humide d’octobre traversa mon blouson, je me retournai pour voir entrer une nana d’habitude blonde ; ses cheveux mouillés avaient tendance à foncer. Autant dire que la grisaille la rendait complètement invisible, ce dont une véritable grosse savait se satisfaire. Solen murmura un bonsoir timide, je le lus sur ses lèvres davantage que je ne l’entendis. Aucune importance, elle faisait partie du cercle rapproché de Line, n’avait donc rien à craindre de moi. Son sourire, si rare en public, me fit plaisir, il fallait dire que les autres regardaient déjà ailleurs.

Je ne jugeais jamais les gens sur leur apparence physique, en revanche, tout le monde disposait d’un atout charme, un détail qui faisait la différence. Chez Solen, d’adorables fossettes en forme d’étoiles à trois branches aimantaient mon regard. Je lui proposai un tabouret de comptoir, elle se hissa dessus avec une relative aisance pour un petit bout de nana boudinée dans un anorak gris qui lui tombait au niveau des genoux. Des mauvaises langues, mâles et femelles confondues, la traitaient de naine avec une forte connotation péjorative. Ces pauvres imbéciles auraient dû apprendre la définition du nanisme.

J’avais déjà remarqué une fois ou deux le penchant de Solen pour l’alcool, histoire peut-être de noyer sa solitude. Mais non, elle buvait seule, et chaque verre l’enfermait un peu plus, ni gaie ni triste, aussi silencieuse que d’habitude. Habiter chez ses parents à 19 ans entraînait quelques conséquences, l’impossibilité de boire tranquillement dans sa chambre par exemple, alors les bistrots représentaient des asiles où donner libre cours à son inclinaison. Le patron posa une autre coupe sur le comptoir sans attendre un signe de ma part. Aucune importance.

Solen, trahie par son sourire, avait pris de l’avance et ne comptait pas s’arrêter en si bon chemin. Il y avait dans la mimique de ses lèvres rosées une suffisance inhabituelle, son regard bleu acier me transperçait. Si elle avait fait le déplacement pour passer un peu de temps avec moi en l’absence de Line, ses intentions restaient vagues. J’assurai le service, la copine vida sa coupe comme une morte de soif sans grimacer, puis fit claquer sa langue de satisfaction. Une telle démonstration sonore n’était pas davantage dans ses habitudes, il y avait anguille sous roche.

– Pourquoi tu gardes ton anorak ?

Surtout, pourquoi laisser une main dans sa poche ? Solen se pencha vers moi, dans l’entrebâillement du vêtement, le goulot d’une bouteille m’apporta un début de réponse.

– Du whisky irlandais, de l’extra en plus. Ça te branche ? On pourrait finir la soirée dans ta chambre.

Holà ! Line lui aurait-elle fait des confidences intimes ? Le sourire insistant, le regard de braise, la proposition franche, la dragueuse ne s’encombrait d’aucune tergiversation pour masquer ses intentions. Et curieusement, j’acceptai d’interpréter le rôle ingrat de la victime consentante.

 

♀♀
 

Quelques rasades au goulot histoire de justifier la bouteille, la lecture de passages un peu chauds de mon manuscrit nouvellement écrits, Solen laissa traîner une main frivole sur ma cuisse, la naïveté de son geste me charma. J’avais envie de lui laisser l’initiative, de savoir jusqu’où le désir pouvait la mener. Le mien montait en flèche dans la chaleur retrouvée de la chambre. Je me sentis soudain extirpée de la chaise devant la table sur laquelle reposait l’ordinateur de bureau, théâtre de temps de nuits blanches à rêver de ces guerrières, capables comme moi de se passer des hommes.

Solen, autoritaire, me plaqua contre le mur et prit ma bouche sans ménagement, sûre d’avoir retenu mon attention. Deux mains me libérèrent fébrilement du blouson de cuir devenu insupportable. Mon pouls s’accéléra, ma poitrine se sentait déjà à l’étroit dans le soutien-gorge.

On roula contre le mur, je tentai d’en profiter pour la débarrasser de son anorak. Peine perdue, Solen nous imposa un demi-tour supplémentaire puis se trémoussa au point de faire glisser le vêtement de ses épaules. En position dominante, elle lâcha ma bouche le temps de me libérer de mon pull.

C’en était trop de lui laisser l’initiative, je fis sauter d’un geste brusque les boutons pression de sa chemise de laine. Oh là, Solen ne portait rien en dessous, preuve qu’elle avait une idée en tête en me rejoignant au bistrot. Parce que des seins pareils, aussi gros, aussi lourds, obligeaient à porter un soutien-gorge. Je les soupesai à défaut de pouvoir les emprisonner dans mes mains trop petites.

Par rapport à sa taille, Solen ne devait pas peser si lourd, je la bousculai, elle tomba sur le lit les bras en croix. À moi de jouer maintenant, bottines, jean, socquettes, culotte, tous ses vêtements s’envolèrent en un tournemain. L’inquiétude de la copine prouvait qu’elle avait atteint les limites de l’audace, pas moi.

Histoire de la tourmenter un peu plus, je me déshabillai entièrement, prenant soin de m’exposer à son regard. Solen n’avait jamais vu une nana à poil, c’était une certitude, le spectacle l’intimidait. Je poussai le vice à caresser mes seins, mon ventre, mes hanches, ma foufoune taillée du matin. Un hoquet synonyme d’affolement m’avertit, la belle s’apprêtait à se sauver.

 

♀♀
 

Je me coulai affectueusement contre les formes épanouies pour la rassurer. Un baiser suave fit retomber la pression excessive. Un sein roula sous ma main, le téton sensible enfla entre mes doigts, la langue se pressa contre la mienne dans ma bouche, preuve que le traitement lui plaisait. J’atteignis bientôt le mont de Vénus bombé.

– Je veux te goûter.

L’expression, douce à mes oreilles, incita Solen à ouvrir de grands yeux de nouveau envahis par l’angoisse.

– Non ! Pas ça.

Inutile de faire psycho, elle avait honte de ses rondeurs. J’abandonnai sa bouche pour butiner un sein jusqu’à la large aréole rose, comment lui faire comprendre que l’aspect physique importait peu.

– Tu me plais, sinon tu ne serais pas ici.

La laissant ressasser cette vérité profonde, je m’appropriai les globes volumineux, persuadée de l’amener à me supplier. Les tétons enflèrent tour à tour dans ma bouche, Solen pouvait s’en défendre, son corps réclamait. Ses cuisses s’ouvrirent enfin en signe d’abandon, sa main pesa sur ma tête en guise d’encouragement bien inutile.

J’écartai les replis du bout des doigts, aussi curieuse que la première fois. Solen rugit d’impatience, la fébrilité avait changé de camp. Je plongeai la langue au plus profond de l’antre des délices pour titiller l’entrée du vagin, la mouille douceâtre me récompensa bientôt. Putain, que c’était bon.

Un doigt taquina le bout de mon nez. Déjà ? Ah non ! Pas question de la laisser me voler cet instant, j’empêchai Solen de trouver son clito, elle m’appartenait, son plaisir m’appartenait. Rien ne pressait sinon de me régaler de ce corps tendre à souhait que les étreintes à outrance n’avaient pas encore flétri.

Enfin, au bout d’un long moment, la nuque endolorie, je cessai de la torturer, ma bouche se referma sur le bouton sensible, source de volupté. Un dernier coup de langue bien appuyé, et la belle m’offrit une série de spasmes désordonnés accompagnés de grognements sourds. L’orgasme la maintint en lévitation, les cuisses pressées contre mes joues.

 

♀♀
 

Une fois encore, j’avais dû me contenter d’une gentille petite branlette à l’aveugle, la langue de Solen dans ma bouche, elle avait même refusé d’embrasser  mes seins. Dans l’avenir, car il y aurait d’autres fois, je saurai me montrer convaincante, c’était certain. Le sommeil me fuyait, j’abandonnai le lit à la copine.

« Les tuniques dans l’herbe, la pâle clarté lunaire révéla les nudités. Artémis savoura les courbes légères des petites fesses et les cuisses musculeuses des Amazones figées dans l’eau jusqu’aux genoux, les doigts entrelacés, leurs cœurs battant d’un même élan. La déesse les compara aux Naïades gardiennes de la nature. Frissonnantes de froid, les guerrières rejoignirent la rive.

L’herbe les réchauffa allongées côte à côte, aucune ne songea à revêtir sa tunique. Les regards se croisèrent, les poitrines enflèrent sous les inspirations profondes. Le frôlement des corps alanguis devint un jeu, puis un besoin, les bouches se trouvèrent. Adossée à un arbre, Artémis invisible s’émut du premier baiser échangé.

Eurybie effleura la poitrine de son amie presque par inadvertance. Les petits seins tendus réagirent, les pointes durcirent. Son regard suivit le ventre palpitant d’émoi et se perdit dans la duveteuse toison brune.

– Tu aimes ? susurra la jeune femme d’une voix chevrotante.

– Oh oui, gémit sa complice en l’incitant à des gestes plus appuyés.

Aella saisit les seins de son aimée à pleines mains, comme elle touchait les siens lors des attouchements en solitaire, la peur la retint de prodiguer les caresses qui l’amenaient parfois à ce ressenti étrange, inénarrable.

Artémis aurait pu souffler dans l’esprit de chacune le cheminement du plaisir, elle choisit de n’en rien faire, cet instant leur appartenait. Eurybie, plus audacieuse, allongea sa compagne dans l’herbe puis s’installa tête-bêche, la bouche au-dessus de l’intimité qui hantait ses rêves. »

Au moins avec mes Amazones, je pouvais nourrir mon imaginaire.

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