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Le Lapin Blanc

Chapitre 3

La chasse est ouverte

Divers

Qu’on se le dise, la journée n’a pas été particulièrement glorieuse. Je me suis fait manipuler comme un nouveau-né. OK j’ai baisé. C’était bien, enfin, pour moi. Faut dire que le public n’est pas facile.


Me voilà donc parti pour réaliser le premier jeu que je dois faire, pour ne pas me retrouver avec des ennuis. Le rendez-vous est donné à l’entrée du zoo de la citadelle. Depuis mon lieu de travail, je rallie ce point en une dizaine de minutes à pied. Ca tombe bien, je n’ai pas encore parcouru mes dix mille pas de la journée.


Arrivée sur place, je vois d’autres personnes qui attendent. Un mec, dans la vingtaine, plutôt baraqué, une femme d’à peu près mon âge, dans le genre BCBG, une étudiante tout juste majeure et un mec plutôt banal, comme moi.

Je suis en avance de cinq minutes. Je détaille chacun des participants. Je me dis que si c’est un concours de force, je l’ai dans l’os. La grosse baraque en face de moi pourrait aisément m’envoyer valser. Si c’est un concours de style, là aussi je suis mal. Avec mon costume froissé de la journée, ma grosse parka et mon sac sur l’épaule, je ne ressemble pas à grand-chose en comparaison de la BCBG et de l’étudiante. Mais je m’en sors mieux que le dernier mec qui lui a l’air de sortir, d’un vieil épisode de l’inspecteur Derrick.


Dix-huit heures, les mobiles se mettent à sonner. Ce n’est pas une simple notification, mais bien un appel.


— Bonsoir et bienvenue à notre jeu quotidien, commence l’opératrice. Aujourd’hui, notre jeu consiste en une chasse. Ce n’est pas très difficile. Certains d’entre vous doivent connaître le jeu du loup-garou. Il s’agira du même principe. Quatre joueurs seront les chasseurs pendant que l’un d’entre vous sera la proie. Ces rôles seront inversés toutes les quinze minutes, ajoutant un peu de piment. La règle est simple : trouver le lapin qui se cache parmi vous cinq. Si un des chasseurs attrape le lapin, il gagne le jeu. Pour le pauvre lapin, ce sera une défaite. Pour tous les autres, ils devront impérativement se présenter à l’épreuve de rattrapage, demain matin. Petite précision, tous les coups et moyens de transport sont permis. Vous avez jusqu’à 20h00. Le jeu commence dans 5-4-3-2-1, top !


La com est coupée aussitôt. Nous recevons tous une notification indiquant quels sont nos rôles. Pour le premier tour, je suis un chasseur. Je regarde autour de moi et je vois la grosse baraque pâlir. A n’en pas douter, il est le lapin. Et ce con détale tout aussi vite en direction de la rue Vauban. Ni une ni deux, je me mets à sa poursuite, suivi par les autres. Au bout d’une minute de course, je me dis que je suis bien idiot de faire comme tout le monde. Car dans quinze minutes, cela peut être mon tour. Je m’arrête, prétextant un point de côté à ceux qui me dépassent, puis je sors mon téléphone. Je remarque qu’avec la notification, un lien vers maps est actif. Cela donne en temps réel, la position de chaque participant. Je vois que notre ami lapin cavale toujours et il reste encore douze bonnes minutes avant le changement de tour.


Je décide de ce fait de repartir en direction de la rue nationale, j’aurai peut-être plus de chance le chopper si comme je le suppose, il se dirige vers la station de métro. Je me remets à courir tout en observant le tracé pris. Normalement, il devrait arriver au croisement de la rue Solférino et de la rue nationale. Je dois presser le pas pour ne pas le rater. J’aperçois rapidement l’église et décide de me cacher sous le porche. Je regarde la carte quand je m’aperçois qu’il a bifurqué dans le square rameau pour revenir sur ces pas. Et les trois autres sont toujours à ses trousses. En regardant le timer, il ne reste que deux minutes maintenant. Il commence franchement à me les casser, celui-là.


Me revoilà donc reparti au pas de course pour le chopper, quand soudain, une nouvelle notification arrive. Je suis devenu le lapin. Je regarde tout de suite le plan. Ils doivent avoir découvert la fonctionnalité associée, car ils se dirigent tous vers moi.


Je prends mes jambes à mon cou, et je cours vers le métro le plus proche, République beaux arts. Peut-être qu’avec du bol, je pourrai m’y engouffrer avant qu’ils ne comprennent. Je cours comme un dératé pendant deux bonnes minutes quand j’arrive à l’entrée du métro. Mon téléphone se met à vibrer de manière extatique. C’est une alerte de proximité. L’un de mes concurrents a compris mon manège. Je ne cherche pas et descends rapidement les marches de l’escalator. Je cours jusqu’au portique et descends les marches vers le quai. Heureusement, c’est encore l’heure de pointe, et il y a un métro toutes les minutes trente. Je m’engouffre dans le premier wagon, direction la gare Lille Flandres. J’observe les personnes sur le quai quand je remarque le mec en imper, qui s’engouffre dans le wagon suivant le mien. J’observe attentivement et remarque qu’il se retrouve coincé contre la porte qui donne sur les rails.


Donc au prochain arrêt à Rihour, je pourrai m’enfuir et tenter de le pommer dans le quartier que je connais plutôt bien. Le voyage ne dure que deux minutes. Quand la rame commence à ralentir, je suis déjà dans les starting-blocks. Les portes s’ouvrent et me voilà à monter les marches deux par eux, bousculant toutes les personnes pour enfin arriver dehors et continuer ma course folle en direction de la place de la république. Je sais que mon poursuivant n’est pas loin, car mon téléphone s’est remis à vibrer aussitôt sorti du métro. Je regarde le timer, il me reste encore dix minutes à cavaler si je ne veux pas perdre la partie.


Je me décide à le perdre dans les rues piétonnes, puis je descends l’avenue Faidherbe jusqu’à la gare. Tout ce manège m’aura permis de gagner du temps et de ne plus sentir les vibrations de mon téléphone. Je décide de ralentir le pas et regarde la carte. Mon poursuivant a lâché l’affaire et décide de repartir vers la rue nationale où les autres y sont encore. Je souffle un peu devant la devanture d’un magasin lorsque je le reconnais. C’est le sex shop de la rue, à la vitrine très discrète. N’y étant jamais entré, et ne voulant pas mourir idiot, je pousse la porte et passe le rideau de velours noirs. Aussitôt, mon téléphone vibre. Je reçois une nouvelle notification : « Vous venez de découvrir une safe house, tant que vous serez le lapin, aucun chasseur ne pourra vous capturer ». Je regarde la maps et constate que j’ai purement et simplement disparu des radars. Mes petits copains de jeu sont toujours à ma recherche. Dos à la boutique, j’entends quelqu’un se racler la gorge.


Je me retourne et découvre une jolie brunette derrière le comptoir.


— Que puis-je pour vous ? me demande-t-elle.

— Oh rien de particulier, réponds-je. Disons juste que si ça ne vous dérange pas, j’aimerai attendre cinq minutes dans votre boutique avant de repartir.


Cette réponse lui fait remonter son sourcil gauche en accent circonflexe.


— Grosso modo, je suis poursuivi par quatre personnes et j’ai encore, tout en regardant le timer, quatre minutes à attendre avant de repartir.

— D’accord, me répond-elle. J’avoue ne pas tout comprendre, mais profitez-en pour faire un tour dans nos rayons.


Comme je disais plutôt, autant en profiter pour ne pas mourir idiot. Je fais donc ce qu’elle me propose et flâne dans les rayons. Au fur et à mesure de ce que je découvre, je comprends pourquoi je n’étais jamais rentré dans ce type de boutique. Tous ces accessoires, ces tenues et ces vidéos ne me plaisent pas vraiment.


Mon téléphone se met à vibrer. Les rôles ont maintenant changé. Je suis redevenu un chasseur et je vois sur la carte que le lapin n’est pas très loin de moi. Une aubaine pour moi, la boutique me cache toujours des autres.

Le lapin descend actuellement la rue en direction de la gare. Si je calcule bien mon coup, il devrait passer à proximité de la boutique dans moins d’une minute. Je mets derrière la porte, prêt à sortir. Je sais que son téléphone va le prévenir de ma proximité dès que je mettrais un pied dehors. Je vois la BCBG sur le trottoir d’en face, courant malgré ses hauts talons. Je sors de la boutique et me mets à sa poursuite. Je la vois consulter son téléphone et accélérer le pas. J’en fais de même. Elle continue sa course vers la gare, mais décide au dernier moment de tourner en direction de la rue du priez.


Connaissant bien ce côté du quartier, je sais qu’en coupant à travers le quartier, je pourrai la rattraper au niveau du parvis Saint Maurice. Pas de chance pour la BCBG, je me retrouve juste devant elle au niveau de l’église. Elle freine des quatre fers, mais se retrouve sur les fesses. J’arrête de courir et m’approche d’elle pour l’aider à se relever. Aussitôt ma main posée sur la sienne, mon téléphone vibre : « jeu du jour, gagné !! ». Je vois les autres joueurs arriver quelques secondes plus tard. A leur tête, je comprends leur déception. Malgré tout bons joueurs, ils viennent tous me féliciter et me serrer la main.

Nos téléphones se mettent à sonner en même temps.


— Félicitons le joueur numéro 5245 pour sa victoire lors de son premier jeu. Petit détail non précisé lors de l’énoncé du jeu, la joueuse numéro 5353, ayant perdu, se voit attribuer un gage. Elle sera prévenue d’ici une heure. Pour les autres joueurs, rendez-vous demain à 7h au marché couvert de Wazemmes pour leur jeu supplémentaire. Merci et bonne soirée.


Je quitte mes compagnons d’infortune et rentre chez moi à pied. Sur le chemin, mon objectif secondaire des dix mille pas est validé. En regardant l’heure, je vois qu’il est 19h15. J’envoie un message à Emilie pour lui dire que j’ai terminé le jeu et pour lui demander son adresse. J’en profite pour prendre une douche et me changer.

A 19h30, apprêté et changé, je prends la direction du métro pour rallier Villeneuve-d’Ascq et ses beaux quartiers d’Ascq.

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