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Le Lapin Blanc

Chapitre 5

Un jour de marché

Hétéro

Je me réveille tôt. Ma montre affiche cinq heures. Je décide de partir tôt pour repasser chez moi et peut-être aller voir en quoi consistera ce jeu supplémentaire que mes compagnons de galère de la veille ont gagné, avant de partir bosser.

Je m’habille en silence, laissant Emilie dormir. Avant de quitter la chambre, j’hésite à l’embrasser. Je suis attiré par elle, mais nous ne sommes pas un couple pour autant. Je descends à la cuisine et découvre que nous avons tous les deux la même machine à dosette de café. Je m’en fais couler un et ouvre l’application du lapin blanc. Le jeu d’hier, plus les différents objectifs, m’ont rapporté deux mille points. J’en suis maintenant à deux mille six cents. Encore loin de pouvoir débloquer une récompense ou de sauter un jeu. Je pense suivre le conseil d’Emilie et faire le plus de jeux possible.


Mon café avalé, je remets mes chaussures, ma parka et sors dans le froid hivernal, matinal et nocturne. Je pars pour une bonne demi-heure de marche afin de rejoindre la station. J’arrive juste pour le premier métro et monte dans la rame totalement vide. Exceptionnellement, il y a de la place et je peux m’asseoir jusqu’à l’arrivée. Je somnole légèrement quand je sens une présence face à moi. C’est un de mes compagnons d’infortune de la veille, le grand baraqué. Il s’installe sur les sièges en vis-à-vis et nous commençons à discuter.


— Tu habites dans le coin ? lui demandé-je.

— Oui, à hôtel de ville à Villeneuve, et toi ?

— Wazemmes.

— Pas trop difficile, les jours de marché ?

— Non au contraire, ça me motive à me lever pour y faire un tour et prendre les produits frais avant tout le monde.

— Et tu fais quoi dans la vie ?

— Je suis conseiller bancaire à Lille.

— Un banquier à Wazemmes ?!

— Oui, j’aime bien ce quartier. Je l’ai découvert quand j’étais étudiant et je ne l’ai pas quitté depuis. Et toi ?

— Moi je bosse dans le BTP. Je suis grutier.


Ça explique la corpulence du bonhomme. Nous continuons à discuter de tout et de rien pendant le reste du voyage. On s’échange nos prénoms et nos numéros de téléphone. La baraque, comme je le note dans mon répertoire, s’appelle en réalité Martin.

Arrivés à la station Wazemmes, nous sortons tous les deux. Je lui indique rapidement comment rejoindre les halles et lui dis que je les rejoindrai vers sept heures pour le jeu.

Je repasse vite à mon appartement. Je file sous la douche, remets mon armure moderne et prends un petit-déj. Il est rapidement six heures cinquante. Ça me laisse le temps de prendre mes affaires et de me rendre aux halles.


A l’arrivée, je vois les quatre devant la porte qui attendent avec leurs téléphones dans la main.

A sept heures pile, nos cinq mobiles sonnent en même temps. Quelque chose me dit que c’est totalement prémédité par les organisateurs du jeu.


« Bonjour et bienvenue à vous cinq. » Nous voyons que le jour numéro 5245 est venu...


— Eh ! Je ne suis pas un numéro !!! interviens-je en souriant, c’est mon côté sériephile et j’ai toujours voulu sortir cette réplique.

— Veuillez m’excuser, cher joueur, souhaiteriez-vous un pseudonyme comme tous les joueurs gagnants ?

— Oui, réponds-je en réfléchissant à ce pseudonyme, appelez-moi désormais, Solo.

— Très bien, c’est noté. Donc je reprends, Solo étant venu à votre jeu supplémentaire, il en sera le juge. Vous devez tous connaître, le concours culinaire Top Cuistot. Vous aurez donc à réaliser un plat de votre choix et c’est Solo qui désignera le meilleur d’entre eux. Toutefois quelques règles avant de commencer. Vous ne pouvez cuisiner que ce que vous pouvez acheter dans les halles, Solo devra ensuite goûter chaque plat en étant totalement aveugle, pour cela il trouvera dans une boîte un masque de nuit. Enfin chaque plat que Solo ne trouvera pas bon, occasionnera la défaite totale et complète du ou des joueurs nommés. De plus, tous les points engrangés par ce ou ces joueurs jusqu’à maintenant iront à Solo. Le jeu démarre dans 5-4-3-2-1...


Lorsque la communication coupe, les portes des halles s’ouvrent en grand, nous laissant passer. Le fait qu’il y ait une boîte qui m’est destinée ne fait que me confirmer que les organisateurs avaient tout prévu. De plus, ces règles ne m’attirent pas la sympathie de la majorité. Même la baraque me regarde maintenant avec un œil mauvais.


Je vois leurs postes de travail. Ils sont composés d’une table, de divers ustensiles et d’un réchaud de camping. C’est Top Cuistot version petit budget. Je vois aussi une cinquième table dénuée d’ustensiles, la fameuse boîte contenant le masque et des couverts. Je comprends vite qu’il s’agit de ma place. A peine assis que je reçois un message venant de l’application : « Veuillez maintenant mettre le masque et attendre la fin de l’épreuve. » J’obéis à la demande et me voilà maintenant plongé dans le noir. J’entends le bruit des ustensiles, celui des personnes entrant et sortant des halles.


Le temps me semble incroyablement long. J’ignore combien de temps il s’est passé quand finalement une alarme retentit. Je suppose que l’épreuve est maintenant terminée. Quelqu’un s’approche de moi et me glisse une oreillette dans l’oreille gauche. Aussitôt, j’entends la voix de l’opératrice.


— Solo ! Vous allez maintenant déguster chacune des quatre assiettes. Sachez simplement qu’un joueur ne pourra pas être éliminé aujourd’hui. Bon appétit et soyez objectif.


Le premier plat arrive. Je sens des odeurs de brûlé. Cela ne me dit rien qui vaille. A la première bouchée, je ressens tout de suite un certain dégoût. Je ne reconnais aucun aliment que je tente de mâcher et d’avaler. Je n’irai pas plus loin qu’une seule bouchée. Je repousse l’assiette et arrive la seconde. C’est un peu mieux, j’arrive à distinguer le goût d’un œuf au plat, de pain beurré et d’un jambon blanc. Assiette pas exceptionnelle, mais qui a le mérite d’être mangeable.

La troisième est assez bonne. Un mélange de cuisines asiatique et européenne. Je vois que la personne qui l’a faite sait cuisiner. Contrairement à moi pour qui la cuisine est plus une corvée.

Enfin, la dernière est tout aussi mauvaise que la première. Pire, je sens la nausée arriver dès la première bouchée. Je préfère recracher que d’avaler ça. Je présente mes excuses mentales à la personne qui a fait ce plat.


— Maintenant que vous avez goûté chaque plat, pouvez-vous nous dire, Solo, quelles sont les assiettes que vous ne retenez pas ? intervient l’opératrice.

— Je ne retiens pas la première et la quatrième assiette, réponds-je.

— Les joueurs 5247 et 4324 sont maintenant éliminés du jeu du Lapin Blanc. Tous vos points sont remis à Solo. Celui-ci gagne sept mille deux cent trente-deux points. Dans les deux assiettes restantes, laquelle était la meilleure ?

— L’assiette numéro trois.

— Félicitons le joueur 5353. Vous gagnez ce jeu supplémentaire et pourrez ainsi participer à celui de ce soir. Solo vous gagnez également une récompense supplémentaire en plus de vos gains de points. Vous êtes exempté de jeux et d’objectifs pendant les deux prochains jours. Merci et bonne journée.


La communication coupée, je retire mon masque. Je vois maintenant qui sont les éliminés. L’étudiante est en pleurs et l’inspecteur Derrick est sur le point de craquer. Je vois ce dernier serrer dans sa main, l’un des couteaux de cuisine. Un vent de panique me prend lorsque son regard croise le mien. Martin qui me regarde à ce moment-là, tourne la tête vers l’inspecteur et s’approche de lui. Il lui prend doucement la lame des mains puis lui parle.

Pendant ce temps-là, BCBG s’approche de moi.


— Bonjour Solo, je suis Camille. Comme tu as gagné hier, mon gage est d’être à ton service toute une journée. Est-ce que je pourrais avoir ton numéro de téléphone, pour la programmer ensemble s’il te plaît ?


Je suis assez abasourdi par la nature du gage.


— Appelle-moi Sylvain, s’il te plaît. As-tu une date de préférence ?

— Demain, si c’est possible. C’est la seule journée de libre que j’ai.


Je regarde ma montre, il est presque neuf heures. Je lui donne mon numéro de téléphone pour que nous puissions échanger durant la journée. Je m’apprête à partir quand Martin vient à ma rencontre. Nous nous serrons la main et prévoyons d’aller boire une bière d’ici la fin de la semaine.

Je presse le pas pour rejoindre la station de métro de Gambetta et m’enferme dans la rame à son arrivée. Il ne me reste plus que deux minutes avant l’ouverture de l’agence. Autant dire que je suis déjà en retard.


Comme je m’y attendais, ma cheffe m’attend. Corinne, de son petit nom, est une quinqua qui a pris le melon lorsqu’elle a obtenu ce boulot. Me voilà donc dans son bureau pour me faire sermonner. Et pendant qu’elle me prodigue la bonne parole, je ne peux m’empêcher de la détailler. Il faut dire que pour son âge, elle est plutôt bien conservée. Assez fine et plutôt athlétique, grâce à ses préparations pour les marathons, elle offre souvent à la vue de tout le monde, un profond décolleté qui ne laisse personne indifférent. Moi le premier. Toujours en tailleur pantalon près du corps, la rondeur de son fessier en hypnotise plus d’un et d’une. Que ce soit nous, ses collaborateurs, ou les clients. Je me demande souvent si elle est une adepte de la promotion canapé. En tout cas, si elle venait à me le proposer, je pourrais difficilement lui dire non.

Après un laïus d’une dizaine de minutes, je suis enfin autorisé à aller travailler.


La journée passe doucement. Ponctuée, par les sempiternelles demandes des clients, jeunes ou vieux, et par les messages que j’échange avec Camille. Nous convenons de nous voir demain dès sept heures à mon appartement. J’en profite pour poser une journée de congé, car avec l’appli du Lapin Blanc, je ne suis jamais au bout de mes surprises.

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