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Lazarius rencontre Eva Deline

Chapitre 1

SM / Fétichisme

Cette histoire est un seul récit, mais je l’ai découpée en 4 épisodes parce qu’elle aurait été vraiment trop longue à lire d’un seul jet (c’en est la seule raison, et pas pour faire « une course aux points » ;))



Les personnages et les situations de l’histoire qui va suivre sont purement fictifs. Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence.


    ...



J’ai raconté dans un épisode précédent (Lazarius et la dame aux cheveux gris) que je suis un rare survivant du syndrome de Barjavel, cette maladie - dont l’agent infectieux demeure non identifié – qui a décimé la communauté masculine de la planète, je ne m’étendrai donc pas là-dessus.


Simplement, il n’est pas toujours facile de vivre dans un monde où il n’y a plus qu’un homme pour 50 000 femmes (et encore, parmi ces hommes, il y en a en bas âge et des rares vieillards) ; même si la gent féminine est dans l’ensemble plutôt bien élevée et peu agressive, il vaut mieux éviter certains quartiers, certaines zones dites « sensibles » quand on est un homme et que cela se voit.

Je me déplace souvent en voiture, avec mes vitres fumées, et encore, je reste prudent.


J’ai raconté dans l’histoire précédente que j’ai dû abandonner mon activité de médecin libéral, c’était devenu trop compliqué ; il m’aurait fallu des gardes du corps, des vigiles à l’entrée de mon cabinet et j’aurais même dû me faire assister à chaque consultation par une infirmière pour éviter tout débordement de mes patientes ; or, je n’aime pas pratiquer ainsi, et de toutes façons trop de motifs de consultations étaient bidon, et je risquais que des patientes « insatisfaites » portent plainte contre moi par vengeance.


Donc rapidement, je suis resté chez moi, bossais en télétravail, exerçant dans le conseil. Mais ça m’a très vite gonflé.

Et puis quand on bosse par mail ou par forum, à moins de se faire passer pour une femme, le même cirque de harcèlement recommence vite.

Evidemment, on peut se faire passer pour une femme ; mais jouer avec mon identité ça n’était pas mon truc, je n’aime pas jouer un rôle, me faire passer pour un autre.


Diverses personnes, rencontrées physiquement ou sur internet, me firent vite comprendre qu’il y avait une vraie demande, vu le ratio hommes/femmes, pour des prestations en nature.

Je m’en étais bien douté, mais c’était illégal et il fallait être prudent.


Néanmoins, j’arrivai à m’entourer de personnes de confiance (qui étaient aussi intéressées car elles allaient profiter bien entendu de mon business grâce à un pourcentage sur mon chiffre d’affaires.)


Le risque - ou côté pervers – de cet intéressement à mes gains, était qu’elles risquaient ne me dégoter une clientèle exclusive de bourgeoises friquées mais exigeantes.

Attention, je voulais rester maître du jeu, imposer mes préférences et mes règles.

Si j’ai toujours été attiré par le s.m. c’était pour rester du côté du manche et non pas pour devenir le toutou de ces dames. Pas question que je devienne le gigolo prêt à tout et à ramper pour du fric, ni le jeune chippendale dont on remplit le slip de biffetons et qu’on fait marcher à genoux pour un gros billet.

De toutes façons je n’étais ni un play boy (même pas beau gosse, physique tout à fait ordinaire) ni un minet (j’avais « fêté » mes 41 ans dans le coma dont j’avais mis plusieurs mois à sortir et à m’en remettre) et je n’étais pas impécunieux. J’avais besoin de gagner ma vie, mais la gagnais correctement avec des activités légales mais ennuyeuses ; je pouvais gagner d’avantage sans abuser ni attirer l’œil du fisc sur moi, sans trop me fouler, en faisant ce que je voulais, et en sélectionnant mes clientes.


J’appris, bien entendu, qu’un certain nombre de mecs (enfin ceux qui l’acceptaient et qui ne demeuraient pas monogames ou fidèles à leur petite femme) pratiquaient le même business, et dans tout le pays.

Evidemment la plupart « exerçaient » dans la capitale ou les grandes villes de province, vivant dans les coins agréables (pourquoi se gêner) et travaillaient plutôt avec la meilleure clientèle : les femmes friquées, les plus jeunes de préférence, les plus minces et les mieux foutues.

Les prix qu’ils pratiquaient dépendaient évidemment du pouvoir d’achat de leurs belles clientes, et pour les jeunes et jolies ils devaient pratiquer des prix plus raisonnables (sauf pour les playboys les plus jeunes, les plus canons, les plus endurants), prix qui montaient quand les dames dépassaient la quarantaine, voire la cinquantaine.


Je me suis dit alors qu’il y avait de la place pour tout le monde, et qu’avec mon physique banal et mon âge moyen, autant me positionner sur les quinquas et sexas, sur les rondes et les grosses (que j’affectionne), et sur des femmes des classes moyennes ou moyennes + qui pouvaient se permettre un folie de temps en temps entre 500 et 2000 €.

Et puis, en plus de ces critères, je me mettais au service de femmes rondes et/ou mûres, voire très mûres qui avaient des fantasmes de fessée, de soumission, voire de vraies masos.


En somme, je joignais l’utile à l’agréable.


J’acceptai également de me déplacer en province, moyennant un tarif supplémentaire pour mes frais et mon temps passé, étant donné que ma « prestation » pouvait durer 4 heures ou +, selon, prix en conséquence.



Je joue un peu avec le feu, je l’avoue, mais toute activité illégale, soit-elle d’utilité et de salubrité publique, a sa part de risque.

Cela fonctionne essentiellement par le bouche à oreille.

Parfois mes « postulantes » (qui deviennent parfois mes clientes) se sont vues essuyer un refus par un jeune mec ou un homme mature de province parce que « trop vieille », « trop grosse », « trop typée » (on dirait une vieille pub d’une célèbre marque de fromage fondu…) ; ou bien le prix qui leur a été demandé était exorbitant (et dissuasif) eu égard à leur bourse ou à cause de leur physique.


Moi j’aime bien les physiques quelconques ; peu m’importe si la personnalité de la dame me convient, et si mes demandes me plaisent et m’attirent.


Car, avec les deux personnes qui travaillent pour moi, l’organisation est désormais bien rodée : elles examinent les demandes avec des photos, voire une vidéo de la dame, et un questionnaire sur leurs poids, taille, mensurations et sur leurs goûts, leurs souhaits, leurs fantasmes.

Certaines, et c’est bien normal, veulent être prudentes et envoient des photos qui masquent leurs yeux, des vidéos où on ne voit pas leur visage ; au début, de toutes façons, elles restent anonymes. Et certaines le restent jusqu’au dernier moment, c’est-à-dire le moment où je les rencontre pour la première fois.

Lors de cette première rencontre physique (toujours dans un appartement loué à des femmes désireuses de rentabiliser un peu leur bien et qui ferment les yeux sur l’usage qui en est fait – d’autant que j’ai à cœur de leur rendre toujours en ordre et en parfait état – la population ayant été divisée par deux à cause du fléau, le prix de l’immobilier s’est effondré) je me réserve une dernière fois le droit de refuser la prestation, chose que je ne fais jamais, étant déjà en possession des photos, images vidéos et questionnaire de la dame, j’ai pu me faire une bonne idée de son physique et de sa personnalité ; tout au plus puis-je ajuster le prix demandé (10 % maximum, comme annoncé dans le contrat informel.)

Naturellement c’est réciproque : ces dames ont le droit d’être déçues par ma personne et mon physique. Mais j’ai vite appris que les femmes sont très cérébrales, et le charisme, le charme, et ma façon de traiter avec elles sont aussi très importants et l’emportent le plus souvent, en définitive.


Parfois, j’ai des surprises. Non que le physique de la dame est très en deçà de ce que j’avais cru ni bien au-dessus.

Non, je veux dire qu’il s’agit de personnes connues. Et dans ce cas, mes agentes m’en avertissent très en amont sans savoir de qui il s’agit car elles restent anonymes et masquées jusqu’au dernier moment.

Bien entendu, la plupart sont assez craintives et exigent des garanties ; il y en a même qui viennent le jour de la rencontre avec une de leurs agentes qui demande tout d’abord à inspecter l’appartement à la recherche d’une caméra cachée, d’un micro.

Elles ont très peur de faire l’objet d’un chantage.

Avec moi, elles sont en général vite rassurées, car j’inspire confiance, et je leur explique que si j’agissais de la sorte, alors que j’ai une réputation, soit-elle clandestine, je tuerais le métier et assécherais mes sources de clientes.

Néanmoins, la qualité de mon « service », ma discrétion, exigent un tarif plus élevé ; mais cela les rassure, et elles acceptent de payer plus.

Voilà comment je m’en sors bien.


J’envisage néanmoins de louer une maison spéciale pour elles, à la campagne, retirée et loin de tout, dans un endroit isolé et discret, pour les rassurer.

Parfois mes agents leur proposent que l’entrevue et la suite se passent dans un endroit de leur choix, ce qu’elles acceptent parfois. Rarement dans une résidence qui leur appartient (afin que je ne sache pas trop de choses, que je ne risque pas d’avoir de prise sur elles), mais une maison qu’elles ont louée pour la journée à une personne discrète également : on n’est jamais trop prudent.


Bien entendu, j’établis la plupart du temps de bonnes relations avec mes clientes, des relations chaleureuses, saines, basées sur la confiance mutuelle, la loyauté.

D’autant qu’après, elles m’envoient des connaissances, parfois... souvent même.


Par contre, je n’aime pas tourner avec une clientèle toujours la même. Outre la monotonie, c’est compliqué pour moi de devoir me renouveler. Si la femme les fois suivantes a envie de « la même chose », en réalité elle a rapidement envie de variété, de changement, et c’est difficile au bout de plusieurs rencontres de faire qu’elle ne soit pas déçue.

Donc, au bout de plusieurs semaines ou mois, mon agenda devient trop plein, trop tendu, et elle finit par comprendre qu’elle devrait s’adresser « ailleurs ».

A moins que j’ai envie de la surprendre, que je sois assez inspiré pour lui faire découvrir d’autres choses.

Il ne faudrait pas tomber dans la routine d’une vie de couple, d’une relation amant-maîtresse qui s’éternise, et s’enlise dans l’ennui, l’habitude, et qu’il ne reste à la fin que de la tendresse ; bref qu’on finisse par se voir pour prendre le thé ensemble et jouer aux échecs… Ce serait un peu cher pour ça.



Mais pour en revenir avec les « surprises », je vais vous raconter qui j’ai été amené à rencontrer il y a peu.

Agnès, (mon agente), m’informe en effet qu’une personne qui a souhaiter s’acheter mes « services » se dit être « connue » et demande que sa demande soit examinée avec la plus grande prudence et la plus grande discrétion.

Agnès lui a écrit que la discrétion était garantie par la maison, et qu’on pourrait déjà examiner sa demande, sans photo ni vidéo, bien entendu.

La cliente lui précise simplement qu’elle est une personne qui a été très connue par le grand public, car elle a travaillé de longues années à la télévision.


Hum, une personnalité médiatique, cela m’intrigue et pique ma curiosité, c’en est presque grisant !


Sans lui demander de révéler son identité, Agnès, qui est très professionnelle, qui sait maintenant comment je veux travailler, et comment agir sans effrayer les clientes, lui demande par mail qu’elle commence par remplir sa fiche technique et le profil de sa demande.


Je découvre la fiche technique :


66 ans, blonde, yeux gris, cheveux courts, 1m69, 61 kg, 85B 60 80.

Se décrit comme « jolie, souriante, pétillante, bien faite, ne fait pas son âge »


L’âge me fait un peu tiquer. Bon, si elle est très jolie, pourquoi pas. Même si elle n’est pas ronde, et en est même loin. Admettons. Voyons la suite.


Questions sur les fantasmes s.m. :


— Envies de soumission (psychologique, physique, sexuelle. Précisez)

— D’exhibition

— De bondage

— De masochisme

— De châtiments corporels


A la 1ère question : oui pour les 3 avec comme commentaire : « si climat de confiance, respect, progressivité, sans violence ni vulgarité, ni insultes, ni brutalité (je suis une petite chose délicate et fragile - sourire) Et avec l’hygiène et la sécurité sanitaire »


A la 2ème question : oui, avec comme commentaire : « si le regard de l’homme n’est pas dégradant (mais respectueux) »


A la 3ème question : oui, avec comme commentaire : « si pas douloureux… »


A la 4ème question : oui, avec comme commentaire : « soft, et progressif. Je n’aime pas avoir mal »


A la 5ème question : oui, « idem »



Là je commençais à être intéressé !

Je demandai à Agnès de lui répondre que j’étais très respectueux de mes clientes, de leurs désirs, et que lors de la première rencontre, et à tout moment on pouvait toujours stopper le jeu.

Par ailleurs, elle lui écrit avec mon autorisation que je suis issu d’une profession de santé, que je connais bien les femmes, ainsi que les femmes mûres et que je suis très délicat avec elles, et que je serai ravie de faire sa connaissance, que nous pourrions en parler, sans engagement même, si elle n’était pas prête.


Sa réponse fut enthousiaste et elle semblait assez rassurée.



(à suivre...)

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