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Léa et Camille

Chapitre 1

Histoire médaillée
Lesbienne

L’immense besoin de Léa de se sentir vivre est là. Impérieuse, irrépressible, viscérale, une envie de tuer cette solitude qui la bouffe à petit feu, il lui faut absolument sortir. Elle jette un coup d’œil à son reflet, et l’image que lui renvoie son miroir est sans appel. Une femme de quarante-cinq ans aux boucles brunes, aux traits tirés, pas vraiment attirante. Un peu trop d’alcool, de repas expédiés et un oubli prolongé de soins à ce corps qui pourtant plaisait aux hommes… quelques années plus tôt.


Léa s’est décidée comme ça, brusquement. Ce soir, elle veut faire la fête, danser, rire, elle veut se sentir vivante, se sentir regardée. Elle a besoin que d’autres yeux que les siens viennent lui renvoyer une autre image que celle que la glace lui offre chaque matin. Elle sent bien que ne pas bouger, c’est mourir un peu plus à chaque instant. Entre son bureau et sa maison, il n’y a que le vide d’une existence morne et triste d’une célibataire vieillissante.


Ce samedi soir, elle décide donc de réagir. Sortir… un leitmotiv qui s’impose à son esprit, voir du monde, bouger, avant de s’évanouir dans une solitude mauvaise conseillère. Une amie malsaine qui charrie des milliers d’idées bizarres, pour ne pas dire sombres et noires. Alors, la première des mesures qui s’imposent au vu de cette chose informe que lui montre le miroir, c’est un bon ravalement de façade. Elle a un sourire crispé en songeant au boulot qui reste à accomplir pour… remettre en état cette tête de déterrée.


Première étape obligée, la salle de bain. Sa douche, elle l’a aimé souvent, et elle a pris du plaisir à se faire belle… avant que son salaud de mari ne s’entiche de sa pétasse de secrétaire. Ensuite, la chute vertigineuse qui continue encore trois ans après son départ. Mais cette fois, Léa décide que c’est fini, que son destin lui appartient, que sa vie vaut encore le coup d’être vécue. C’est pourquoi après une heure passée sous un jet d’eau tiède à se masser partout, elle fouille dans ses reliques vestimentaires.


Le dressing ne s’est guère renouvelé, mais elle déniche cependant des fringues pas trop ringardes, des fripes qui lui collent encore au corps, comme une seconde peau. Elle ne risquait pas de prendre des kilos, vu ce qu’elle mange depuis que cet enfoiré de Marc est parti. Abstinence totale, une vie interrompue du jour au lendemain, elle n’a persisté dans son travail que pour survivre. Ce soir elle va se lancer, vers un nouveau départ. Elle vient de décider d’un coup, un déclic, un sursaut qui monte en elle.


Elle se souvient d’une boite où elle allait danser avec lui. Eh bien ! Elle ira… seule. Le maquillage a déjà changé la donne. Les yeux sont moins creusés, les cernes camouflés, et la touche de ce rouge à lèvres qui rehausse son teint pâle ; pas si mal réussie la résurrection finalement. Elle a choisi une jupe noire, relativement courte, un chemisier qui s’accorde à celle-ci. Dessous un soutien-gorge pour maintenir et resserrer les deux boules encore fermes. Sur les fesses, une culotte assortie aux couleurs des bonnets. Le miroir de l’armoire de sa chambre lui montre de haut en bas cette femme nouvelle qu’elle veut paraitre.


Elle se dit que ce n’est pas si mal réussi, l’ensemble se laisse regarder. Un frisson la parcourt des pieds à la tête. Elle songe soudain que son appétit n’est pas seulement alimentaire. Une vraie fringale pour autre chose que de la bouffe. Alors satisfaite du résultat, d’une main qui ne tremble plus, elle saisit son manteau, son sac et file vers le garage. Un premier soupire de bien-être, juste avant de mettre le contact ! Voilà, la soirée s’annonce différente. Mentalement, elle se traite d’idiote, de n’avoir pas fait ces simples gestes beaucoup plus tôt.


Sa mémoire ne lui fait pas défaut et elle retrouve facilement la petite route qui part vers la montagne et le dancing planté au milieu de la forêt. L’endroit est resté le même. La partie restaurant est toujours ouverte et quand Léa entre, un homme la prend en charge rapidement, la guide vers une table seule. Il lui demande si c’est seulement pour diner ou si elle désire aller dans la salle de danse après son repas. Aucune hésitation, la brune guinchera ce soir, elle l’a décidé. Le repas est à peine débuté, que déjà les dineurs entendent les accords des musiciens qui entament la nuit.


À la table à côté, une autre femme brune, solitaire aussi mange et lui lance parfois un regard étrange. Léa ne prête aucune attention à cette dame qui pourtant marque un intérêt visible pour elle. Elle ne remarque rien serait plus exacte. L’autre suit des yeux cette femme, jolie, belle, qui vient d’arriver dans ce temple dédié à la bonne nourriture et aux plaisirs de la danse. C’est si rare de voir des femmes seules dans cet endroit.


Camille remarque cette brune, bien maquillée, qui perdue dans ses pensées ne voit rien autour d’elle. L’autre, à sa table, dine avec appétit. C’est un plaisir de la voir porter sa fourchette à sa bouche, puis s’essuyer les lèvres d’un revers de serviette, juste pour boire une gorgée de vin rouge. Cette femme a une classe folle. Sûr que ce n’est pas une petite midinette en mal de sensation. Peut-être attend-elle un amant qui la retrouvera sur la piste ? Un homme marié sans doute qui rejoint une maitresse, dans un coin perdu comme ici.


Camille pousse un soupir et se dit qu’elle aimerait passer un peu de temps avec une pareille amazone ; que celui qui la met dans son lit a bien de la chance. Elle aussi se perd dans ses pensées de plus en plus salaces. D’autant que la poitrine de cette… énigme vivante attire ses regards comme deux aimants. Pas seulement les siens, si elle en juge par les têtes indiscrètes des hommes en couples qui, de temps en temps, s’intéressent à autre chose qu’aux jolies potiches qui les accompagnent. De sa place, elle a une vue d’ensemble sur la femme qui mange avec un entrain tout particulier.


Bien sûr, la table masque la plus grande partie du corps de cette personne, mais les escarpins qu’elle porte ainsi qu’une fraction de ses jambes sont partiellement visibles et ma foi, l’ensemble est harmonieux. Camille finit son repas, demande l’addition et se lève, passe devant la môme qui n’a pas daigné la regarder une seconde. Elle se dirige vers l’autre partie de la maison, celle d’où proviennent les sons doux d’une musique faite pour les amoureux. Dommage, cette brune aurait été parfaite pour une fin de soirée réussie.


Léa se délecte. Le dîner est une pure merveille, un serveur zélé est venu plusieurs fois lui demander si elle n’avait besoin de rien. Elle pourrait lui dire qu’elle cherche un peu d’amour, un peu de chaleur, mais sans doute qu’il la prendrait pour une folle. C’est aussi certain, que les visages de plusieurs des mecs présents aux autres tables se sont détournés des femmes qui les accompagnent pour tenter de croiser ses regards. Elle ne veut pas de cela. Ils sont en couple, qu’ils le restent. Il y a eu aussi cette femme brune qui bien entendu n’a cessé de la suivre des yeux. Mais elle se méfie des femmes, sans trop savoir pourquoi du reste.


Le garçon dessert sa table et apporte une tasse de café fumant. Elle réclame l’addition puis elle se laisse guider vers la musique. Derrière la porte, la piste est immense. Sur le rectangle de parquet, ils sont déjà quelques-uns à tourner sur une salsa endiablée. Léa cherche un endroit pour se poser. Une sorte de canapé tout en longueur l’accueille, juste au bord de la piste. Des couples pas toujours en mesure, s’amusent et semblent heureux d’être là. Elle attend quelques minutes et un premier Monsieur vient l’inviter. Elle décline poliment l’offre de cet homme aussi âgé que charmant.


Les musiciens sont bons. Ils changent de rythme et un slow doux entraine d’autres couples. Une forme, soudain se dresse devant Léa.


— Vous voulez bien danser avec moi ? Il y a si peu de partenaires masculins libres ce soir…


Devant elle, la femme du restaurant, Léa ne sait pas quoi répondre, prise au dépourvu par cette demande.


— Pourquoi pas ? Vous aimez les slows ?

— Qui ne les aime pas ! C’est une danse facile à retenir. Allons venez ! Les vieux bardons vous tous vous tomber dessus… sinon.


Danser avec une femme, c’est bien la première fois que ça lui arrive. Elles commencent à tourner enlacées. Contre sa poitrine Léa en sent une autre, c’est étrange comme effet. L’autre ne cherche pas à tirer un quelconque profit de cette promiscuité. Elles suivent le tempo délicat de la musique. Le type qui s’occupe de la lumière a repéré les deux nanas qui tournent ensemble. Il prend un malin plaisir à les encercler de ses spots multicolores, de ses lumières bleutées. Les rayons transpercent les vêtements transparents de Camille dévoilant le blanc spécial de ses sous-vêtements.


Léa aime bien se laisser guider par cette danseuse inconnue qui mène sa cavalière de main de maître. Le souffle léger de celle-ci court sur sa nuque, son parfum aussi est enivrant. Cette entraîneuse a posé une main sur son épaule, l’autre sur ses reins et les deux cavalières, collées l’une à l’autre se laissent bercer par les sons presque magiques des cinq musicos qui sur leur estrade sont les rois de la fête. Léa ressent la chaleur communicative de la main qui sur son omoplate, se fait légère, aérienne. Jamais une femme n’a dansé avec elle sauf un jour sa mère peut-être.


Camille calcule lentement si elle peut prendre des risques et s’aventurer davantage avec cette belle pouliche qu’elle tient entre ses bras. La première possibilité, c’est de se ramasser une gifle. Personne n’en meurt même si cette beigne est donnée en public. Ensuite, il y a l’éventualité que la gazelle qu’elle fait guincher parte, en criant au scandale, offusquée qu’une autre nana la tripote. Elle n’entrevoit que ces craintes-là. Alors elle se dit qu’après tout, qui ne tente rien n’a rien, de toute façon. Elle se lance dans la découverte de l’autre comme une nageuse se jette à l’eau.


Léa a senti un long frémissement des doigts qui lui touchent le corsage sur le haut du dos. Ils se sont frottés contre le satin, le lissant doucement. Puis ils sont remontés tout tranquillement vers l’endroit où la peau est nue ; le cou. La femme ne fait aucun geste pour empêcher celle qui danse avec elle de continuer. Un frisson lui parcourt l’échine, il y a si longtemps que personne ne l’a touché. Son corps se réveille à la tendresse, s’ouvre à l’envie. Elle se dit que c’est une femme qui lui fait cet effet et ça lui fiche un peu la trouille. Mais elle n’est en rien obligée d’accepter autre chose que des attouchements qui pourtant lui donnent des sueurs.


Ne sentant pas de refus de la part de sa cavalière, Camille continue son approche. Ses doigts frôlent une oreille, suivent le contour d’un lobe bouillant. Puis ils repartent dans la masse de cheveux bruns, un petit soupir de satisfaction, un gloussement de l’autre lui indique qu’elle est sur la bonne voie. Son autre main se plaque plus fort sur les reins. Elle rampe également sur la plage qui va de la ceinture à la naissance des fesses. Sur le tissu, elle voyage en suivant les courbes de la belle danseuse. Un doigt tendu trouble l’ordre vestimentaire de la jupe, découvre le début de la faille qui sépare les deux globes rebondis.


Incroyablement passive, Léa se laisse toucher le derrière par cette inconnue. Elle n’a pas vraiment peur, seulement gênée quelque part que ce soit une femme qui entreprenne des mouvements d’homme. Mais c’est agréable d’être à nouveau désirée, d’être ainsi l’objet des attentions toutes particulières de la brune qui la serre toujours contre elle. Il y a pire, c’est qu’elle ne voudrait plus que ces gestes de moins en moins équivoques s’arrêtent. Léa souhaiterait même qu’elle ose plus encore, qu’elle dépasse les limites de la bienséance. Pour cela, elle retient son souffle, et laisse l’autre-là, décider à sa place.


Une étrange attirance pousse Léa à ne pas se défendre contre cette intrusion féminine. Un à un les clivages dans sa tête, les verrous de ses inhibitions sautent et cèdent sous les caresses félines que lui prodiguent la femelle qui la fait tourner sur le parquet. Elle ne sait pas les limites à mettre dans ces jeux d’un genre inconnu pour elle. Les seules expériences qu’elle connaît sont toutes masculines et jamais au grand jamais, elle n’avait, avant ce soir, songé qu’une autre pourrait… s’intéresser à elle.


Les doigts sur sa croupe ont suivi les pleins et les déliés de l’étoffe qui se prête à leur manœuvre. Elle les a sentis descendre en profondeur, coinçant le tissu entre les deux globes musclés. Ses mains à elle, sont moites, une légère transpiration perle sur son front et l’autre qui lui murmure des mots doux, des mots pour l’apaiser.


— Tout doux ma belle ! Ne te cabre pas, tu es faite pour la baise. Laisse-toi aller, je veux te donner du plaisir, ferme les yeux et laisse-moi jouer avec ce corps somptueux que tu promènes.

— … !

— Il a bien de la chance le Monsieur qui dort dans ton lit ! Le sait-il au moins ? Pourquoi ne t’accompagne-t-il, Il n’a vraiment pas peur que quelqu’un te vole à lui ?

— Il… il n’y a pas de mec dans ma vie !

— Ah, tu me surprends de plus en plus. Une femme alors, belle comme toi… j’imagine que… !

— Non ! Personne, je suis seule.

— Quel ton pour me dire cela ! Ta voix est remplie de regret. Mais est-ce pour les mâles ou pour les filles ?

— Franchement ? Je n’en sais rien du tout. Je ne connais rien de l’amour des femmes.


Lentement la piste s’est remplie. Les deux femmes qui dansent sont frôlées sans arrêt par des couples et ce sont principalement les mecs qui s’arrangent pour les approcher, voire plus. Puis le tempo change, la longue série de slows est remplacée par une autre plus speed. Les deux amazones se séparent pour aller reprendre leur place sur la banquette. Celle-ci est maintenant occupée par deux couples qui les regardent avec un léger sourire. Les deux hommes de ces couples ont plus qu’un âge mûr. Les yeux comme des soucoupes, ils ne quittent plus les poitrines que les deux-là, promènent sous leur nez.


— Tu veux un verre ? Je m’appelle Camille et je suis avocate et toi ?

— Moi ? C’est Léa ! J’ai un bureau d’assurance en ville. Je veux bien un verre ! Une vodka orange, ils ont cela ici ?

— Oh oui ! On peut boire ce que l’on veut. Le premier verre est compris dans le prix, avec le repas puisque tu as aussi diné au restaurant de la maison.

— Tu as l’air de bien connaitre les lieux ! Tu y viens souvent ?

— De temps en temps quand le temps me parait trop long.

— Pourtant une femme comme toi, ne devrait avoir que l’embarras du choix.

— Tu ne sais rien de moi. Et j’aime choisir toute seule, celui… ou celle avec qui je désire partager un moment d’intimité.

— Moi je suis seule aussi depuis très, trop longtemps, et ce soir j’avais décidé de draguer… un mec, j’en ai besoin.

— Ne te gêne pas ! Mais comme tu vois ici, ils sont tous plutôt défraîchis. Ils viennent dans cette guinguette seulement pour savourer quelques danses de leur jeunesse et elle est bien loin comme tu le constates.

— Je m’en aperçois, mais parfois les hommes plus âgés sont plus câlins, plus doux que les jeunes. Moins impatients aussi, et j’ai surtout… besoin de douceur.

— Donc c’est un râteau cinglant pour moi, si je saisis bien le sens de tes propos.

— À vrai dire j’en n’en sais rien. J’ai aimé ces slows en ta compagnie. J’avoue même que quand tu m’as tripotée, j’ai senti un coup de chaleur… mais je n’ai jamais eu affaire à une autre femme.

— Tu as peur ? C’est ça ? Mais je sais aussi être douce et puis pleine de surprises. Mais bon, je ne veux pas te forcer.

— Je suis grande, enfin assez pour décider toute seule, j’ai simplement besoin d’un peu de temps. Tu vois, j’ai envie de goûter à cela... aussi, mais mon éducation et un reste de je ne sais quoi me donnent un sentiment de malaise, avec un corps ressemblant trop au mien.

— Qui ne tente rien n’a rien ! Et puis coucher une fois avec une femme ne serait pas une infamie ni un crime. À toi de voir ma belle. J’ai juste envie de… t’embrasser ! Je peux ?

— Tu veux dire… un vrai baiser ? Avec la langue ?

— Tu connais peut-être une autre manière d’embrasser vraiment ? Tes joues ne me font pas d’effets, désolée de te le dire.

— Tu as raison… et si tu veux, écoute, je veux bien…

— Tu veux bien quoi ?

— Faire un essai, c’est bien ce que tu m’as dit non ?

— Oui, mais comme nous parlions de baiser, j’ai cru que… D’accord alors ! Chez toi ou chez moi ?

— Je préférerais dans mon univers, je m’y sentirai plus à l’aise.

— Ça marche ! Je te suis, ce n’est pas trop loin ?

— Non ! Vingt vingt-cinq minutes en voiture.

— Banco ! Je prends mes affaires et on y va ! Attends-moi sur le parking, j’ai une Twingo bleue ! Elle est toute proche de l’entrée tu ne devrais pas avoir de peine pour la trouver.


Le calme de la nuit et sa fraicheur surprennent Léa et elle cherche la voiture sur le parc. L’attente ne dure pas plus de deux minutes, sa compagne de danse arrive, un peu essoufflée. Ce n’est pas tout à fait pareil de la voir ici, loin des spots et des lumières. Mais elle reste aussi jolie bien que ses cuisses sont un peu plus fortes que ne l’aurait cru Léa. Camille malgré ce minuscule détail, est tout aussi jolie. La première chose que fait cette dernière, c’est d’enlacer Léa et elle attire la bouche de la brune, en l’a tirant doucement par le cou.


Le baiser n’a rien de féminin, il est fougueux, il est avide, mais reste tendre à la fois. La langue qui joue dans le palais de la reine Léa lui coupe le souffle ! Elle fond dans les bras de sa sœur brune. Une fulgurante envie traverse le corps et l’esprit de la trop solitaire femme et elle en oublie presque que c’est une autre femme qui lui distille un infini plaisir par un pâlot de rêve. Aussi brutalement que Camille s’est emparée de la bouche de son amie, elle la relâche.


— Bon, il fait friquet, allons-y sinon nous allons attraper la mort. Tu ne rouleras pas trop vite que je te suive.

— Oui, et chez moi, tu rentreras ta voiture derrière la mienne, dans mon garage…

— D’accord ! Et pas trop vite surtout si on traverse la ville, à cause des feux rouges, on pourrait se perdre.


Les jambes un peu en coton Léa s’engage sur la nationale qui la ramène chez elle. Derrière, les phares qui s’accrochent à sa voiture ne sont pas faits pour la rassurer. Elle pense qu’elle vient de faire une énorme connerie, mais comment se défiler ? Camille roule à la même vitesse et puis ce serait idiot de songer un seul instant à la semer. On ne voit ça que dans les films. Elle a maintenant une trouille du diable et cette peur qui lui noue les tripes provoque curieusement une excitation délicieuse au fond de son ventre. Elle sent que sa chatte est aussi maintenant très humide.


Comme c’est compliqué un cerveau de femme. Les deux automobiles sont pratiquement arrivées. La porte électrique du garage se lève avant que Léa soit engagée sur le chemin. Les voitures y entrent l’une après l’autre, à la queue leu leu. Ses jambes sont de plus en plus tremblotantes. Il lui faut un temps infini pour parvenir à trouver le moyen d’enfoncer la clé dans la serrure. Quand elle y parvient, sa conquête est déjà sur ses talons. C’est ensemble qu’elles pénètrent dans la maison. La lumière met en valeur les formes de Camille, alors qu’elle s’approche de Léa. En deux pas, elle tient la brune dans ses bras et elle la serre contre sa poitrine. Ses seins sont incroyablement durs.


Ceux de Léa sont écrasés par la force des bras de cette femme qu’elle vient de ramener chez elle. Elle a une force inouïe. Camille ne cherche que la bouche de son amie et le baiser qu’elles échangent, devient un instant intense. Malgré sa peur, la propriétaire des lieux se sent fondre dans les abîmes de tendresse que déploie sa compagne. Du reste, les mains de cette dernière caressent déjà son dos, tâtonnant juste un peu, la recherche du fermoir du soutien-gorge qu’elles devinent sous le tissu du corsage. Les doigts agiles ont vite trouvé ce qu’ils recherchent. C’est un jeu d’enfant que de pincer les deux morceaux qui s’assemblent pour retenir l’objet.


Bien sûr, ils cèdent immédiatement, à la première sollicitation d’un pouce et d’un index qui connaissent leur affaire. Si les seins se trouvent libères de la pression des balconnets, ils n’en demeurent pas moins invisibles aux yeux de la dragueuse. Le corsage de la belle est boutonné bien haut. Alors, la main agile recommence une approche intéressée. Les boutons, eux non plus ne résistent pas à la pince digitale magique qui les décroche lentement. Léa sent cette protection éphémère qui se désolidarise de son corps. Son trouble est de plus en plus certain, il ne peut échapper à Camille.


Pendant que sa patte termine l’ouverture du chemisier de satin, sans trouver de résistance il est vrai, sa bouche gourmande a atteint le lobe d’une oreille finement ourlée. C’est son point faible, les oreilles à Léa. Elle se met à mouiller alors que l’autre léchouille, suçote. De longs frissons parcourent l’échine de la belle qui ne fait pas un geste pour toucher sa partenaire. Le caraco file sur les bras, tout juste retenus par les poignets, encore serrés. C’est l’affaire d’une autre seconde pour qu’il soit roulé en boule sur le sol du salon. Puis la jupe vient rejoindre le chiffon qui fait tache sur la moquette.


C’est un jeu d’enfant que de tirer vers le bas le triangle aux couleurs des deux bonnets qui alourdit un peu plus le tas. Léa est nue, face à cette femme qui frôle son corps à la chair de poule bien visible. Alors, Camille la pousse vers le sofa. Quand l’arrière des genoux se trouve acculé à l’assise, il ne reste plus qu’à donner une chiquenaude à la brune qui s’écroule sur les coussins. C’est ce moment que choisit la langue de l’affamée pour entrer en contact avec la peau un peu salée de la nymphe assise. Elle débute par le cou, pour se lover ensuite entre les deux seins, qui haussent la tête. L’aréole brune semble prendre de la largeur, les tétons se rebiffent.


Léa souffle fort alors que la baveuse rose poursuit son circuit d’introspection vers le nombril. Les bras de la femme câlinée ne savent plus quoi faire et encore moins les mains qui les terminent. L’air s’est réchauffé de quelques degrés et l’atmosphère est électrique, mais la lécheuse ne veut pas se contenter de cette plage et du beau cratère qui en orne son centre. Après en avoir savouré le pourtour, elle repart vers un entrecuisse d’où émerge une touffe de poils sombres, luisants et terriblement attirants. Malgré la concentration extrême dont ne se départit pas Camille, elle trouve le moyen de rendre utiles les mains figées de sa partenaire.


Elle oblige, elle guide les deux mimines fines à venir au-devant de son corps. Une fois posées sur les seins, Léa n’a pas d’autre alternative que de le découvrir. Elle le fait de bonne grâce, sans rechigner. Enfin le torse dénudé, la pression de la menotte ne se relâche pas, et elle mène les doigts de sa complice au bord du zip de sa jupe. Finalement, les yeux clos, alors que l’une a repris ses attouchements linguaux, l’autre a réussi à ouvrir le fourreau de sa nouvelle amie. C’est quand les premiers doigts s’occupent de la culotte que quelque chose dans l’esprit de Léa se met en alerte.


Le signal est violent, lui indiquant qu’un truc ne colle pas. En effet, sous ses phalanges, lorsqu’elle descend sans regarder la culotte de Camille, un objet dur et suffisamment explicite se fait sentir. Léa rejette sa caboche en arrière, ouvre les yeux en grand et reste bouche bée. Devant elle frappant sur le ventre de… elle ne sait plus comment dire… un sexe d’homme se trouve là, tendu et prêt à l’emploi.


— Mais… mais ce n’est…

— Allons ! Calme-toi ! Tu n’as jamais vu de travesti ? Je croyais que tu avais compris depuis le début…

— Ben… et ces nichons-là… comment est-ce possible ?

— Un bon médecin et surtout un dosage d’hormone suffisant pour qu’ils poussent au départ et pour les entretenir ensuite. J’ai toujours eu une âme de fille, et le sexe d’homme m’est très utile… pour les situations telles que celle de ce soir.

— Merde alors ! Je n’ai jamais vu un truc pareil. Tu n’as pas de poil et tu ressembles… à une vraie femme.

— Mais dans mon cœur et mon esprit, je suis une femme. À ceci près que j’aime aussi les femmes… tu dois bien te rendre compte de l’effet que tu me fais !


C’est incroyable ! Le dard raide a des proportions que bien des mecs lui envieraient. Une prière muette monte en Léa. Allier une paire de seins et un sexe pour une rencontre hors norme, c’est un coup de chance inouï. Finalement elle se sent soudain plus à l’aise. Faire l’amour à une femme, c’est délicat et elle ne connait rien à la manière de s’y prendre avec un corps fait comme le sien. Recevoir des caresses d’un homme est une chose, en donner à une personne du même sexe que le sien en est une autre, bien moins évidente. Mais avoir la chance de trouver une poitrine de femme associée à un sexe de mec, voilà qui lui donne des espoirs.


Son envie croît rapidement, comme la forme allongée de l’engin que maintenant ses doigts découvrent, agrippent, agitent. Elle-Il continue à toucher du bout de sa langue. Léa ne sait plus comment l’appeler, mais c’est sûr que le prénom Camille s’adresse autant aux filles qu’aux garçons. Cette bite qu’elle décalotte lentement en regardant le gland rose, cette queue tendue lui donne des fourmis au ventre. Mais peut-être sont-elles dues à cette douceur engendrée par les aller et retour de la langue qui écarte les lèvres humides. La femme… enfin l’homme, elle ne sait vraiment plus comment dire, persiste et signe.


La tendresse, la douceur d’une femme et la rigidité d’un mec, c’est différent de tout ce qu’elle a connu… bien qu’en matière de sexe, elle n’ait pas une longue expérience. Maintenant les seins lui semblent incongrus sur ce torse, et le visage non plus ne colle plus avec… la queue qu’elle tient. Elle se traite d’idiote de penser à des trucs pareils alors qu’au fond de son ventre l’envie est tenace. C’est bien de la seule chose dont elle est certaine désormais. Alors elle s’enfonce dans ce besoin de faire l’amour, s’attache à calmer cette attente interminable. Camille quant à elle… lui, n’hésite plus.


Elle fouille profondément cette intimité que la belle ne cherche plus à dissimuler. Les doigts, la langue tout concourt à la rendre plus humide, plus mouillée. Elle se fait chatte pour caresser, il se fait chien pour lécher cette source qui tressaute sous son visage. C’est le moment que choisit Léa pour gouter à ce gland qui flirte depuis un bon moment avec sa bouche. Quand la tige est engloutie par les lèvres qui l’encerclent, le travesti pousse un miaulement significatif. Dans ce gémissement se reflètent les attentes de cette femme-homme, de cet homme-femme. Alors le bassin de Camille se met à onduler et son sexe investit la grotte où il navigue désormais en terrain conquis.


Léa n’en peut plus de ses coups de langue, de ses phalanges tendues qui la pénètrent lentement. Chaque centimètre carré de sa chapelle ardente est visité par de mini pénis qui la feraient hurler de bonheur, si elle n’avait pas la bouche pleine. Ses mains ont quitté la hampe qui se débrouille toute seule, entrant et descendant dans sa gorge, tantôt au bord des lèvres, tantôt tout au fond de son gosier. Elle aime, elle apprécie les mouvements amples de la bite dure. Camille a entrepris d’associer tous ces doigts à l’hallali, tous soudés pour une visite organisée de ce cratère d’où la lave est claire comme de l’eau de roche.


La brune n’en peut plus, elle ressent une minuscule douleur, mais ce n’est rien comparé à ce formidable frisson qui soudain la secoue. L’ensemble de la main, enfoncé en elle, jusqu’au poignet. Cette monstrueuse queue ne bouge plus, se contentant d’attendre que les tressaillements de la belle se calment. Puis quand Léa reprend son calme, les doigts toujours à l’intérieur se referment en un poing qui la fait de nouveau hurler de plaisir. Ensuite elle ne suit plus très bien les opérations de cette menotte qui s’ouvre et se ferme en elle, la clouant ou la soulevant littéralement du sol. Sa bouche a abandonné la bite toujours aussi raide, elle n’arrive plus à gérer ces émotions qui montent en vagues successives de son ventre. Elle se berce la tête dans une prière imaginaire, se perd dans un cantique, un psaume d’absurdité incompréhensible.


Cette musique venue de nulle part, s’échappant en flots conséquents de la bouche de Léa ne fait qu’attiser les ardeurs de Camille et, elle-il frotte son dard sur le visage de la brune, se tortille comme un ver pour que cette bite touche, des endroits au hasard, sur ce corps qui lui aussi se tord dans les affres d’un plaisir encore à partager. Lorsqu’enfin les deux amants n’en peuvent plus de cette attente, Le travesti se retourne, dégageant du même coup la conque largement ouverte. Il s’allonge sur cette femme qui le laisse faire, qui le retient même en posant ses mains sur ses épaules. Puis l’épée de chair entre en elle, et se met à lentement débuter des mouvements. Les mouvements ancestraux d’une envie à calmer.


Parfois, il la sent écrasée par son poids, alors il se soulève sur les bras tendus, mais continue son labourage. Elle n’a plus qu’un seul, mais long gémissement ininterrompu. Et elle persiste à griffer ce dos, ces fesses dont la cadence ne s’est en rien ralentie. Son souffle est de nouveau coupé par la bouche de cet animal mi-homme mi- femme qui vient se poser pour lui voler un baiser, un bécot si tendre qu’elle en oublie tous ses cris. Combien de temps dure cette étreinte ? Lequel des deux jouit le premier ? Ont-ils joui ensemble ? Léa ne s’en souvient pas. La seule chose dont elle est certaine c’est qu’elle se réveille à côté de ce démon à la gueule d’ange. Couché sur le dos Camille montre deux merveilleux seins qui se gonflent à chaque inspiration.


Heureuse et satisfaite, Léa se love doucement contre ce corps qui a su si bien lui donner du plaisir. L’autre tourne la tête vers elle.


— Tu as été merveilleuse Léa !

— Je crois que je n’ai jamais joui aussi fort que cette nuit.

— Tu es une femme désirable et j’ai adoré te faire l’amour.

— Je ne sais pas ce que tu es, toi ! Une femme avec une queue ? Un homme avec des seins ?

— Peut-être un grand mélange des deux et j’aime faire l’amour avec les deux sexes.

— Tu m’inviteras un jour ? Quand tu seras avec un homme, que je vois comment ça fait ?

— On verra, on verra, chaque chose en son temps non ? Pour le moment, goutons donc encore un peu à ces envies qui couvent en toi… Tu veux bien ?


Cette histoire aura-t-elle une suite ? C’est à nos deux protagonistes d’en décider…

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