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La lectrice

Chapitre 1

Emma et son père

Divers

Une brise légère frise les feuilles des arbres. Rafraichissante et agréable, elle frôle mon visage d’un courant d’air frais en ce début d’après-midi de juillet. Le parc est calme, seulement ponctué des rires des enfants sur l’aire de jeux qui leur est dédiée. Une poignée de fillettes et de garçonnets cavale sur le sable, monte et descend également sur le petit toboggan. Tout ce petit monde rit et crie sous les regards attentifs de parents attendris.


Le livre dans lequel je suis plongée, un des derniers « Musso », ne m’enthousiasme pas vraiment. Alors de temps à autre, je relève le nez des pages noircies pour suivre des yeux un ou deux bouts de choux braillards qui semblent s’amuser comme des fous. Le banc où j’ai pris place n’est guère éloigné de ces petits bonshommes qui sont encore bien vacillants pour certains sur des gambettes minuscules. Je ne réalise une présence inopportune que par une ombre qui me barre le soleil. Devant moi, un bambin pas plus haut que trois pommes me fait face.


Des cheveux relativement longs, d’un blond comme seuls les enfants en portent, bouclés à souhait, un gamin me dévisage avec malice. Il pointe du doigt mon sac posé à mes côtés sur l’assise de mon siège de bois. Mes yeux suivent l’oblique des phalanges miniatures qui montrent une direction précise. Et je vois ce qui force l’envie du petit mâle. Mon paquet de gaufrettes est ouvert, dépassant de mon cabas. Je souris au marmot. Encouragé par cette risette le petit fait un pas en avant.


Alors, bien entendu, je sors un gâteau du sachet et le tends au gosse qui a les prunelles brillantes. Une autre ombre, bien plus grande s’avance d’un coup, vers celle à ras du sol.


— Emma ! Veux-tu bien revenir ici ? Mais en voilà des histoires ! On ne quémande pas comme ça !


Je relève la tête cette fois vers l’intrus qui se rapproche. Emma ? Il a bien appelé l’enfant Emma ? J’aurais bien juré que c’était un petit garçon pourtant.


— Je vous prie, Madame, de bien vouloir excuser ma petite mal élevée.

—... ? Elle... ne sait pas, pas encore du moins.

— Oui ! Mais elle n’en fait qu’à sa tête. Elle est comme sa mère. Vos enfants sont aussi sur l’aire de jeu ?

— Mes... enfants ? Non ! Je n’en ai pas.

— Oh ! Pardon alors. Je suis Maxime... le papa de cette petite effrontée qui vous a pleuré un gâteau.

— Elle n’a rien pleuré du tout et c’est bien volontiers que je lui ai donné une douceur... Emma ! Un joli prénom pour une petite fille.

— Oui... sa mère a lu Flaubert et sa Madame Bovary. Et vous vous aimez aussi la lecture à ce que je vois !

—... oui ! Lire dans ce parc calme est rassurant.

— Les cris des enfants qui jouent tout près ne vous gênent donc pas ?

— Bien sûr que non ! C’est la vie ces babillements, tout comme le chant des oiseaux. Une musique normale en ce début d’été.

— Oui. En tout cas merci pour le biscuit...

— Oh ! Il ne va pas me faire défaut, je peux vous l’assurer et puis à son âge, cette petite n’a pas encore à se soucier de sa ligne.


L’homme a entre vingt-cinq et trente ans. Brun de cheveux et mat de peau, un bronzage presque parfait, il est affable et ne me quitte pas des yeux. Il reste là, debout près de sa fille qui s’accroche à ses jambes, espérant le tirer vers l’endroit où les amusements se passent. Comme je tiens toujours le paquet de gaufrettes, j’en tends une seconde à la fillette.


— Tiens Emma ! ... Vous en voulez une aussi ?


Pour le coup, le père ne sait plus trop quoi dire. Il balbutie quelques mots.


— No... non merci, c’est gentil. Mais ma petite gloutonne va vous dévorer votre quatre heures si vous n’y prenez garde !

— Eh bien ! Au moins profiteront-ils à quelqu’un ces gâteaux. Prenez-en un de plus pour elle...


La menotte de la gamine tout comme la grosse patte du père ont saisi la douceur dorée et les yeux bleus à nouveau pétillent. Elle tire sur le bas du pantalon de son papa pour le forcer à se rendre vers les autres enfants qui continuent à piailler à quelques pas de nous.


— Bon, j’ai compris ! Mademoiselle Emma veut retourner avec la troupe de petits braillards... Je vous remercie, Madame, de votre gentillesse. Et bonne lecture ma foi ! J’aurais bien bavardé avec vous un moment, mais... le devoir m’appelle.


Je regarde le jeune homme s’éloigner de mon banc. Je retrouve mon héroïne, mais le cœur n’y est plus. Alors le livre se referme sur la page non terminée de ma lecture. Le bouquin glisse dans mon sac, mais je ne me relève pas cherchant des yeux dans l’essaim qui court la chevelure de la blondinette. J’aperçois la petite caboche dorée qui glisse avec joie au rythme de ses fesses qui coulent sur la pente du jeu. Je ne l’entends pas et pourtant je devine sa joie. Cette fillette est heureuse de vivre.


Et je suis quelques instants des yeux, Emma qui aussi vite descendue, remonte les escaliers pour recommencer une glissade rigolote. Mon regard pourtant croise celui de son père qui semble me détailler en pensant que je ne le remarque pas. Il est plutôt bien foutu ce mec. Alors pourquoi un jeune de son âge dévisage-t-il une femme de la quarantaine ? Lorsqu’il s’aperçoit que j’ai compris qu’il me regarde, la tête du jeunot s’empresse de se tourner vers sa gamine qui maintenant joue avec un autre gosse au pied du toboggan.


Quelque part, cette manière de me dévisager m’indispose, surtout venant d’un type qui a une gamine en bas âge. Mais il y a également une sorte de flatterie à se sentir ainsi observée, pour ne pas dire désirée. Bon, ma belle, inutile de ressasser les vieilles rancunes ou les petits malheurs que sont les accidents de la vie. À quand donc remonte ma dernière partie de jambes en l’air ? Rien que de tenter d’y resonger, j’en ai déjà mal au crâne. En tout cas ça fait un sacré bail que... seules mes mains caressent mon corps.


Quand je pense corps, c’est surtout lors de ma douche que celles-ci sont actives et s’efforcent de me calmer les nerfs. Je devrais peut-être me bouger un peu et sortir plus souvent. Mais pour cela il faut une motivation à toute épreuve et c’est bien là que le bât blesse. S’envoyer en l’air sans une once de sentiment, ce n’est pas ma tasse de thé. Je n’ai jamais su et ne saurai jamais le faire. Il me faut un minimum d’affinités avec un hypothétique complice. Et pour cela, eh bien ! Il faudrait sortir... un cercle vicieux en quelque sorte !


Je reprends armes et bagages et file vers le havre de paix que représente ma maison. Mais pour ce faire, je dois suivre le petit chemin sablonneux qui longe l’aire de jeu et le jeune papa semble plus surveiller mes pas que ceux de son bout de chou. Il me fait un signe de la tête, un salut discret auquel je réponds par un vrai sourire franc. Décidément, ce garçon n’est pas si mal. Maxime ? C’est bien sous ce prénom-là qu’il s’est présenté, il me semble ! Oui, ça lui va plutôt bien Maxime !


— xxxXXxxx —


Les quelque cent mètres qui me séparent de mon appartement sont rapidement avalés. Je m’engouffre dans l’entrée, comme pour échapper à un danger imminent. De quelle nature ? Je n’en sais rien, c’est simplement confus dans mon esprit. Ce presque gosse a mis le feu en moi. Ce n’est pas tant lui que mon corps qui réclament finalement quelque chose que je ne peux plus lui donner. Alors pour trouver un dérivatif à cet état de prostration qui me guette, je passe un moment sur mon ordinateur. Rien ne semble pourtant s’arranger. Cette fois ma belle, tu as une sacrée envie qui te tenaille les tripes !


Reste donc le faux-fuyant de la douche. Après tout, ça peut aussi marcher. Aucune hésitation, et la salle de bain m’accueille sans avoir vraiment le choix. Ma jupe, mon chemisier, mes sous-vêtements se retrouvent pêle-mêle sur les carreaux du carrelage. La pomme de douche pleure son jet tiède sur moi sans pour cela me rafraichir les idées. Fixes, celles-ci mêmes depuis que je me suis imaginé les quinquets du jeune mâle sur moi. Parce qu’en y songeant mieux, il n’en avait sans doute rien à faire d’une vieille folle telle que moi.


Et bien entendu la fleur de nylon que mes pattes promènent sur mon corps finit par naviguer à cette jonction formée par les retrouvailles de mon tronc et de mes deux gambettes. Je me ploie légèrement, bien campée sur mes deux pieds, genoux légèrement fléchis. La position ouvre certaines perspectives et surtout offre à une de mes mains l’opportunité de se frotter sur cet endroit qui me démange pour de bon. La fleur rose couvre de mousse l’entaille que les poils sombres dégoulinants de flotte camouflent d’habitude. J’en tressaille de suite sous l’effet de ces caresses maîtrisées.


Au bout de quelques allées et retours, le remède me parait pire encore que le mal. Non seulement ça ne me calme nullement, mais j’ai la nette impression que ça ne fait qu’augmenter mon malaise. Cette fois ma belle, tu ne vas pas pouvoir y couper. Il va te falloir trouver du mou... non du dur pour ton chat. Et zut et re-zut ma copine Lydie n’est pas revenue de son voyage à Majorque. Quelle idée aussi d’aller chez les Ibères alors que j’ai envie de sortir ! Cette pensée me fait rire... jaune.


De dépit, pour ne pas dire de rage, je jette les pétales de la fleur de nylon sur le sol de la cabine de douche. Le robinet d’eau est stoppé d’un coup de poignet sec et je commence un rapide séchage. La température ambiante n’a pas vraiment baissé, celle de mon corps et de mon esprit non plus d’ailleurs. Je fouille dans un tiroir de mon dressing à la recherche de sous-vêtements propres. Puis une idée idiote, saugrenue me vient. Et si... si je n’en mettais pas ? Après tout qui ira voir sous ma jupe ? Pour le soutien-gorge, c’est plus flagrant sous le tee-shirt, plus commun également.


Voilà ! Pas de chichis de coiffure ni de maquillage. Juste un trait de rouge pour souligner mes lèvres. Je suis fiévreuse, envoutée peut-être ? J’ai envie de retourner au parc, faire de l’œil au jeune homme ? Ça me fait rire de l’intérieur... je sais bien que cette démarche n’est pas possible... il a sa gamine. Et puis, quelle sotte je fais, me mettre dans un tel état juste pour un regard. Pourtant c’est bien vers les jeux du bac à sable que me portent mes pas. Bien entendu l’oiseau s’est envolé. D’autres sont présents, mais tous portent des poitrines aussi ostensiblement visibles que la mienne.


La fièvre me tient toujours, accentuée par l’image que je me renvoie... celle de mes fesses nues sous le tissu souple de ma jupe. L’impression aussi que toutes les mamans qui surveillent leur progéniture me fixent du regard. Que toutes savent que mon cul est à l’air sous sa gangue de fils ! Curieux sentiment de peur et de toute-puissance. Vue de mon esprit malade en cette fin d’après-midi ensoleillée ? En tout cas, je dois ressembler à une sorcière, à une folle, une caricature de femme. Je traverse l’enceinte verdurée sans me presser, longeant une allée où des couples de seniors me font des risettes.


Surtout les mecs du reste. Les mamies se contentent, elles, de suivre ma silhouette, un peu envieuses qui sait ? Je me fais toujours mon cinéma. Ce Maxime, si j’avais su... je l’aurais invité à venir boire un verre. Oui ? Et sa petite ? Elle serait restée toute seule sur le sable ? Tu es complètement cinglée ma pauvre Anna ! Mon prénom me fait me sentir vieille prématurément. Où va se nicher l’amertume dans un pareil moment ? La rue dans laquelle je débouche est très passante. Les véhicules circulent mal et je traverse sur un passage pour piéton devant les yeux d’un clown qui me klaxonne.


Je lève la main dans le but évident de lui faire... un geste mal approprié. Je me retiens de justesse. Il pourrait ne pas apprécier. Et ce con insiste. Alors je lui fais... un sourire. Il roule lentement alors que je marche sur le trottoir, de l’autre côté des feux tricolores. Je déambule, sans but, zombie urbain d’une journée chaude. Un bar, boire une bière me parait essentiel d’un coup. Pourquoi ? Je n’en sais fichtre rien, mais c’est crucial. Et voici celui où nous allons de temps en temps, Lydie et moi. Je ne le fréquente jamais seule.


— xxxXXxxx —


Le bar « Chez Émile », c’est un troquet tout petit. Ici, on y trouve toujours les éternels clients des rades de province. Quelques retraités qui refont le monde en sirotant une bibine au comptoir. Quelques habitués aussi, qui les jours de marché viennent faire une escale à l’abreuvoir. C’est donc en fin d’après-midi que j’atterris dans ce bistrot plutôt calme. Les voix des anciens qui accoudés au zinc parlent de tout et de rien, du village peut-être, s’éteignent dès mon entrée. Des yeux traînants se posent sur l’arrivante, jaugeant sans doute du potentiel comestible de la femme que je suis.


Je salue ces messieurs, notant au passage que je suis la seule représentante du sexe féminin. Je dis seule, mais c’est avant d’apercevoir de l’autre côté du bar la serveuse. Sans doute vingt ans de moins que moi, une chevelure aussi brune que la mienne, et une poitrine qui me laisse rêveuse. Elle va de l’un à l’autre, avec une gouaille que je lui envie. Je suis l’objet de ses attentions évidemment, ma qualité de cliente la fait me sourire. Je réponds à cette mimique par une toute pareille, et les hommes lancent toujours quelques coups d’œil dans ma direction.


— Et pour Madame ? Ce sera quoi ?

—... une bière pression, s’il vous plaît.

— C’est parti...


Elle cramponne la tireuse et un liquide d’un blond capiteux coule dans un verre. Un centimètre de mousse blanche vient clore le sujet et le demi m’est poussé sur un sous-verre devant moi. À moins d’un mètre, les conversations reprennent, finalement je ne suis qu’un intermède de plus à ranger au rayon des souvenirs de ces messieurs.


— Vous vous êtes perdue chez nous ?

—... !


J’ai juste un peu tourné la caboche pour regarder qui se cache derrière cette phrase. Le type est souriant, jovial même. Un béret vissé sur le sommet de son crâne, il me dévisage avec des yeux ronds. En premier lieu, ce que je remarque ce sont ces deux lacs d’un vert bleuté qui sont fixés sur ma petite personne. Il est sans âge, ou plus exactement j’ai du mal de définir le sien. Il me semble un zeste moins vieux que les autres mâles qui constituent l’assemblée de clients.


— Vous n’avez donc pas de langue ?

— Gilles ! N’importune pas la dame... tu vois bien qu’elle n’a pas envie d’engager la conversation avec toi !


Puis c’est à moi qu’elle s’adresse.


— Excusez-le, Madame... il croit encore que tous les jupons du monde sont à sa portée. Il n’est pas vraiment méchant. Il est juste trop solitaire et ça le rend mélancolique et... trop audacieux comme en ce moment.

— Ne vous inquiétez pas... je saurais le remettre à sa place s’il devenait... plus incisif. En tout cas merci de me prévenir.

— De rien... votre visage ne m’est pas totalement inconnu... vous êtes de notre région ?

— Je passe de temps à autre boire un café, les matins des jours de marché... mais je n’étais jamais venue seule en soirée chez vous.

— Ce n’est pas chez moi... je suis Élyse, la nièce du patron et le remplace parfois.

— C’est bien l’entraide en famille. Le métier de votre oncle est prenant...

— Oui ! Donc c’est bien ici au bar que j’ai dû vous apercevoir avec votre amie... une jolie femme à la chevelure un peu rousse, il me semble.

— Quelle mémoire, mais c’est bien cela... Lydie est rousse. Moi je m’appelle Anna ! Un peu ringard comme prénom.

— Bah ! Personne n’a le choix de celui qu’on porte... nos parents décident toujours pour nous.


Le gaillard qu’elle appelle Gilles s’est réfugié un peu plus loin, le nez dans son verre de pinard. Pour l’instant, il se tient coi et je peux tout à loisir boire ma bière. Le comptoir est assez haut et finalement j’opte pour un de ces tabourets surélevés dont le bar est affublé. Pour grimper sur l’assise, je dois m’aider d’une barre de laiton qui court juste sous le tablier de formica. J’en ai oublié totalement l’absence de sous vêtement sur la partie basse de mon corps. C’est le froid du siège qui me rappelle que mes fesses sont à l’air.


La soif me fait descendre la mousse trop vite sans doute. Une seconde arrive sans que j’aie besoin de la commander. La jeune serveuse avec un clin d’œil me jette gentiment :


— De la part de Gilles, pour se faire pardonner de s’être mal comporté.


Je lève le liquide à la robe jaune paille devant mon visage, colle mon nez dessus et l’autre prend ça pour une trinquette à son endroit. Pourtant il ne revient pas vers moi et d’un coup, je réalise que ses yeux ne sont pas fixés à la bonne hauteur. Ou plutôt si... c’est la bonne direction pour deviner ce que je dois de temps à autre montrer sans faire gaffe. Instinctivement, je resserre mes deux quilles et il en est pour ses frais.


Par contre d’autres consommateurs ont dû s’apercevoir de ce manque au niveau de ma chatte. J’ai la curieuse impression que la moitié des vieux beaux du troquet se tord le cou pour deviner... Mais je m’en moque. Je hausse les épaules, bois une gorgée de tisane de houblon et la messe est dite. Au troisième verre, je commence à sentir les effets de l’alcool qui me chauffe les tripes. Avais-je réellement besoin de cela pour que mon ventre s’échauffe ? Que nenni ma foi ! Je crois que l’histoire « Maxime » m’a collé une envie pernicieuse.


À nouveau mon godet est vide et un autre miracle s’accomplit. Par l’opération du Saint-Esprit, il revient en aussi plein que ses frères ainés. J’ai moins soif et c’est seulement de la gourmandise. Il coule dans mon estomac pour y rejoindre la masse de liquide ingurgitée précédemment. Le niveau m’alourdit quelque peu. Et je me penche en avant pour parler à la barmaid.


— Les toilettes ? C’est de quel côté ?

— Ben... elles sont fermées pour être réparées. Un idiot nous a cassé le lavabo et la cuvette et mon oncle a verrouillé la porte.

— Mais... pour les envies pressantes ? Comment est-ce que l’on fait ?

—... Je ne sais pas... il vous faut aller aux toilettes publiques, sur la place du marché. Mais c’est assez loin et je ne suis pas certaine qu’elles soient encore ouvertes à cette heure tardive ! Si c’est pour un petit pipi, vous pouvez peut-être trouver un coin tranquille derrière.

— Et pour la grosse commission ? Je fais comment ?


Je devrais être rouge de honte, mais franchement à cause de ce que j’ai picolé... la honte est toute bue... Je vois la jeune femme qui passe la main sous son bar, farfouille dans un tiroir. Sa main revient d’un recoin invisible pour moi... tenant un petit objet.


— Tenez, si cela peut vous être utile !

— Mais... que... que voulez-vous que je fasse de ce truc ?


Élyse a une sorte de rictus... et dans un murmure... me susurre gentiment :


— Ca contient bien les bulles du champagne dans les bouteilles, peut-être que vous pouvez vous en servir pour vous retenir encore un peu.

—... ? Mais...

— Allons, essayez ! Après tout, vous n’aurez peut-être pas d’autres possibilités... je ne vois pas où vous pourriez trouver un petit coin dans le village.

— Je... je ne sais pas si c’est réalisable, ce machin ne passera jamais de toute façon !


Et cette fois, je me rentre le cou dans les épaules parce que l’ami Gilles qui est revenu tout près de l’endroit où je me trouve assise a suivi toute notre conversation. Sans prendre de gants, il se permet d’intervenir, sa voix m’atterrit dans les esgourdes.


— Je peux vous aider à le placer... de manière à contenir... les débordements. Enfin si vous êtes d’accord, Madame.

—... !


Élyse et moi sommes médusées par l’aplomb du bonhomme. Et la risette qui illumine les lèvres de la demoiselle me laisse penser qu’elle ne trouve pas l’idée déplaisante. Quant à moi, avec les vapeurs de boisson qui m’embrouillent le cerveau, je ne réponds rien sur le moment. Et c’est même assez bêtement que je m’entends après quelques secondes, surenchérir :


— Vous sauriez mettre cela discrètement ?


Nouveau coup de tête et déplacement de mon chevalier servant. Ce dernier a pour but de me contourner et de se positionner derrière moi. Il a saisi simplement la petite chose en liège que lui tendait la jeune femme. Arrivée dans mon dos, donc hors de vue de presque tous les clients, il me chuchote lentement :


— Vous devriez juste reculer vos fesses sur le bord de la chaise, de manière qu’elles dépassent un peu à l’extérieur. Je passerais la main sous votre jupe et hop... ferais entrer l’obturateur... de toute façon, ce ne sont pas vos dentelles qui vont nous gêner, n’est-ce pas ?

—... Quoi ?

— Chut, n’ameutez pas toute la compagnie. Soyons discrets, voyons !


Il faut que je sois bien bourrée pour avoir soulevé mon derrière de l’assise et avoir reculé mon cul suffisamment pour qu’il déborde de la chaise. La main qui se porte sous le tissu n’est pas froide et elle sait où elle doit aller. Je la sens qui se frotte d’abord sur mon sexe sans que j’en comprenne la raison. Pourtant elle est évidente pour le bonhomme. Le bouchon s’enfonce légèrement dans ma chatte, pour en ressortir presque tout de suite.


— Une chance encore qu’elle soit bien humide cette grotte, ma belle. Ça va grandement faciliter notre affaire.


Un doigt aussi est venu reconnaitre les lieux et puis c’est au tour de la face plate du tampon de forcer la place. Alors sans autre forme de procès, je sens mon anus qui aspire littéralement l’objet. La partie renflée, celle supportant d’ordinaire le muselet vient tel un plug, se coller aux muscles. Me voici avec ce truc dans les fesses et Gilles me sourit, satisfait du devoir accompli.


— Avec ça vous devriez pouvoir tenir le coup ! Ça vaut bien un verre de plus, non ? Ensuite, vous pourrez venir vous soulager chez moi. J’habite à deux pas d’ici... et j’ai des toilettes « nickel » à la maison.


— xxxXXxxx —


Le dernier verre se passe avec d’énormes gargouillis qui me traumatisent par le barouf qu’ils provoquent. L’impression que toute l’assemblée des consommateurs écoute ce grondement incessant de mon bidon qui m’oblige à me tortiller sans cesse. C’est finalement debout que je termine la énième pression de la soirée. Je n’ai plus envie de faire l’amour, mais je garde celui plus impérieux de me rendre aux toilettes. Et dans les yeux de ce Gilles, une sorte de malice s’affiche. Il sait et prend plaisir à me torturer, à ne pas se précipiter pour finir son glass.


Quand enfin il me fait un petit signe du menton, je dois avoir l’air d’une folle. Mes traits sont tendus, mon visage doit laisser à penser que j’ai vieilli de dix piges en une heure.


— Bon ! Ma petite dame... on peut aller vous délester de votre encombrant fardeau ! Encombrant et bruyant aussi...

— Ah ? Vous entendez aussi ?

— Il faudrait être sourd pour dire le contraire. Mais rassurez-vous ! Dans deux minutes vous serez libérée... par contre je vous demanderai une faveur.

— Quoi ? Comment ça une faveur ? Je... ne... comprends pas.


Il rit presque de me voir serrer les dents. Comme si c’était par là que ça se passait ! Rarement une telle mésaventure m’est arrivée, de plus loin que je fouille dans mes souvenirs, rien n’en ressort d’aussi... désagréable. Je suis prête à lui promettre n’importe quoi, même la lune, pourvu qu’il se dépêche. Il appelle encore la serveuse. Je l’entends qui lui demande si tout ce qui est bu est payé et si tout ce qui est payé est bu ! Élyse hoche la tête en signe d’assentiment. Rassuré, le voici qui se rapproche de moi et nous partons doucement.


Ma démarche doit être très spéciale, je serre franchement les fesses et ça me donne l’air d’un canard qui danse d’une patte sur l’autre. Mais le ridicule ne tue personne. Il ne faut, en temps normal que quatre pas pour arriver à la sortie. Là, j’en fais vingt de plus, très petits, et de guingois. Enfin, l’air de la rue et son obscurité plutôt bienheureuse pour le coup. Les muscles de mon visage se détendent un peu.


— Vous ne m’avez pas répondu. Je vous demande une faveur !

— Hein ! Ah oui ! Vous ne m’avez pas dit laquelle...

— Avançons, je vois bien que ça urge ! Vous n’allez pas vous moquer de moi ?

— Ai-je l’air de rire mon bon Monsieur ?


Il est cinglé ce type ? Ou il profite de la situation ? Dans mon état, je ne peux guère refuser quoi que ce soit. Pourquoi ne me dit-il pas franchement ce qu’il veut ? Je suis prête à tout pour un trône. J’ai l’impression que nous avons parcouru un kilomètre, alors qu’en fait nous n’avons pas fait seulement cinquante mètres. Et je ne sais toujours pas ce qu’il veut ce zigoto. Par contre moi, ce sont bien ses chiottes qui deviennent telles une ile, une étape impérative. Le temps qu’il farfouille dans sa poche pour en extraire une clé, un calvaire pour mon ventre bouillonnant.


Ouf ! La serrure cède et la porte s’entrouvre. Nous sommes dans un vestibule. Ça sent la cire et la bouffe.


— Les toilettes ! Je vous en supplie, je ne vais pas pouvoir me retenir beaucoup plus longtemps.

— Je peux vous accompagner ? C’est par là, sur votre droite.


Il a mis de la lumière et nous avançons, moi presque en courant, lui collé à mes Basques. C’est blanc, c’est propre, c’est... merveilleux et l’autre est toujours là. Je me retourne, relève les pans de tissu de ma jupe. Mes genoux fléchissent pour prendre la bonne position. Et Gilles d’une voix enrouée qui me murmure soudain :


— Je peux le retirer moi-même ?

— Le...


Je ne saisis pas complètement sa demande. Et je réalise brusquement ! C’est juste cela qu’il veut. Retirer la bonde provisoire qu’il a posée au bistrot ! Merde ! J’en ai des sueurs froides d’avoir attendu, mais si ce genre de geste peut lui faire plaisir, alors pourquoi pas. De toute façon, je n’ai plus le choix. Je suis en place, position idéale. Le bonhomme se met à genoux devant moi. Situation plutôt incongrue, mais la gêne n’est pas pour lui. Sa main glisse entre mes cuisses ouvertes. Je perçois les mouvements de ses doigts.


Aucun ne fait mine de s’arrêter sur ma chatte, c’est déjà ça. Puis entre pouce et index, le plug original, mais bienfaiteur s’ébranle dans sa cavité. Et telle sa destination initiale, il fait un horrible bruit alors qu’il quitte son logement. La main n’a guère le loisir de se retirer à temps. Honteuse, mais avec un certain soulagement, je dois l’avouer, c’est une délivrance. Ensuite vient l’odeur ! Et le type en prière devant moi doit en ramasser plus avec le nez qu’à l’aide d’une pelle. Mais qu’est-ce que c’est bon... ! Je pousse un gémissement de satisfaction.


Et l’autre d’ajouter...


— Je peux vous essuyer ? Vous pourrez, après cela prendre une douche si vous le désirez.



À suivre...

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