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Les amours mortes

Chapitre 3

Le chant du cygne

Inceste

La suite s’était déroulée dans une joyeuse débauche. Enora avait complètement lâché prise et en plus de ses mains, sa bouche aussi avait folâtré avec ce jonc à l’impatience folle. Evan avait donc pris cette fellation comme son approbation à elle, sa défaite, et il s’en était donné à cœur joie. Quand ses deux lèvres de femme s’étaient refermées sur sa queue, il savait que cette fois, elle irait plus loin, jusqu’au bout peut-être. Il n’avait rien tenté, aucune brusquerie pour ne pas l’effaroucher, pour qu’elle continue sa pipe en toute quiétude. Et il en découvrait les joies simples.


Enora songeait que si son mari avait vu cela, sans doute qu’il se serait mis dans une de ces colères noires dont elle le savait capable. Mais dans la douceur de ce garçon, ou peut-être grâce à elle, si pareil à ce fantôme du passé, elle revenait en arrière. Dans un temps où elle était heureuse. La ressemblance allait bien au-delà du physique. Le comportement, et celui en particulier au lit d’Evan, ressemblait à s’y méprendre à celui de Yann. Et elle redécouvrait des mouvements, des sensations perdues.


Lentement la barrière de l’interdit dépassée et plus que largement à partir de la pause de sa menotte sur la queue d’Evan, elle ne cherchait plus de faux fuyants. Non ! Cette fois son ventre allumé, son esprit en feu, il lui fallait endiguer cette foutue montée d’envie de sexe. Et puisqu’il était là, disponible pour ne pas dire prêt, pourquoi ne se serait-elle pas servie ? Et c’était à son tour de geindre sous les affres d’un plaisir qu’elle cultivait si bien. Dans son esprit, cette comparaison avec une jardinière la faisait sourire.


Donc quand le jeune homme se courba aussi, dans le but visiblement inavoué de descendre sa bouche vers sa source, elle n’interrompit pas sa sucette. Il dut se contorsionner, dans d’incroyables postures avant de parvenir à cet entrejambe qu’elle ouvrait largement. Et tétanisé par cette caresse qu’elle appréhendait, tout son épiderme se couvrait d’une chair de poule affreusement délicieuse. La tignasse du jeune courait à l’intérieur de ces deux cuisses, et lorsque sa langue trouva enfin ce qu’elle cherchait, sa chatte était trempée depuis un long moment déjà.


Là, à quelques centimètres de son nez, l’entaille à l’ourlet dénudé, avec une odeur intime très particulière. Une fragrance délicate, inconnue encore pour lui, qui n’avait pourtant rien de désagréable. Il humait longuement ce parfum d’un sexe féminin tout nouveau pour lui. Placé sur le côté et sa queue toujours dans la bouche d’Enora, le jeune homme finalement se mettait à lécher l’endroit qui lui donnait une belle vigueur. Le contact aussi avait quelque chose de surprenant. Tout était trempé dans ce lieu insolite et dès qu’il l’eut gouté, il comprit pourquoi les hommes devenaient dingues de ce nectar.


Ça n’avait rien de commun avec ce qu’il connaissait. Ni acre ni amère, l’eau claire que la pointe de sa langue percevait à chaque voyage sur cette foufoune était son Graal. Il revenait sans cesse sur ces deux grandes lèvres, qui entrouvertes masquaient un puits au fond duquel il aurait aimé se perdre. Une pensée fugace venait soudain lui rappeler, que ce chemin, son propre corps tout entier, minuscule encore, l’avait emprunté pour hurler quelques minutes plus tard. Bien des années avaient donc passé et la boucle allait être bouclée. Son pèlerinage allait s’achever divinement, si elle le voulait bien.


Il fouillait dans chaque repli, ajoutant à son désir tendu de nouvelles découvertes fascinantes. Et Enora la première avait abdiquée, oubliant sa bite, incapable sous les attouchements de cette langue habile de continuer à le sucer. Il goutait tout, se délectant cette fois sans plus de façon de cette liqueur qu’elle distillait abondamment. Puis par jeu, il alliait ses doigts à sa bouche, pour finir par découvrir à la jonction des deux lèvres, un clitoris s’apparentant à un sexe masculin d’une taille réduite. Son majeur titillait cette excroissance qu’il imaginait rose. Sans lumière, dans le noir, toutes ses sensations s’en trouvaient décuplées, démesurées.


— oooOOooo —


De la caresse à la pénétration, il n’y avait plus qu’un pas bien mince à franchir. Enora ne chercha pas à s’échapper alors qu’à genoux contre son entrecuisse, Evan lui releva les jambes pour les appuyer contre son torse. Il frotta tout d’abord son gland contre sa chatte noyée dans des sécrétions gluantes. Un singulier mélange de sa salive d’homme et de la mouille de femme. Puis d’un puissant coup de reins, il s’enfonça en elle d’un trait. Le cri qu’elle poussa arrêta son mouvement et le dard bien planté en elle, le garçon ne remuait plus. Attendant sans doute de connaitre la signification de ce hurlement déguisé.


Puis encouragé par les menottes de sa mère qui semblaient l’attirer sur lui, et bien qu’elle n’ait pas dit un seul mot, il entreprit un retour en arrière d’une lenteur exaspérante. Tout son membre percevait la sensation de chaleur distribuée par le sexe de la femme couchée. Et doucement cette fois, il refit quelques voyages, et ses parcours délicats furent tous ponctués de soupirs venus de la gorge qui l’avait précédemment aspirée. Il prenait la mesure de ce dépucelage maternel… exquis et magique. Finalement le chemin de sa naissance ne lui rappellerait donc que de bons souvenirs.


Evan prenait son temps, celui d’apprécier à sa juste valeur cette possession fabuleuse. Et il se trouvait si bien en elle. Du reste, elle aussi avait l’air également d’apprécier, puisque ses ongles lui griffaient la peau des cuisses. Mais au bout de quelques minutes où il s’était un peu plus démené en cadence, elle arrivait à se redresser et à lui saisir le cou. Cette fois elle tira le haut du corps de cet amant tout neuf contre elle. Étendus tous les deux, il écrasait la poitrine de sa mère contre son torse. Et sur les pointes des seins eux aussi tendus, il accrochait ses deux pattes.


Tout en continuant ses mouvements amples du bassin, creusant le ventre, la fouillant sans relâche, il la sentait qui tremblait. Sur ce grand lit, les deux formes imbriquées l’une dans l’autre se mouvaient dans une invraisemblable débauche de gestes seulement ponctuée par les respirations amplifiées par la noirceur de la nuit. Elle avait croisé ses jambes autour de sa taille et Evan avait l’impression qu’il s’enfonçait encore davantage au plus profond de ce sexe qui l’accueillait désormais avec ardeur. Il n’y avait plus dans la pièce que deux êtres de sang et de chair qui faisaient l’amour avec frénésie.


Il se retenait pourtant. Ne pas venir en elle, pas trop vite, juste ne pas la décevoir. Cette idée était gravée dans le cerveau de ce jeune mâle qui ruait avec maestria et pourtant… d’une manière si novice que c’en était peut-être meilleur encore pour elle. Enora, râlait, criait et labourait les flancs de l’étalon en devenir qui la pistonnait. Envolée sa pudeur, oubliée sa peur de cet héritage génétique qui les rapprochait trop. Plus rien ne comptait que cette queue qui allait et venait, entrainant dans ses passages fous, des bruits presque incongrus dans la chambre sans lumière.


Elle en était heureuse de ne pas le voir. La gêne qu’aurait occasionnée son visage devant ses yeux, elle ne l’aurait peut-être pas surmontée. Mais dans cette obscurité bienveillante, elle imaginait que Yann la prenait. Oui ; son marin de mari la prenait comme il ne l’avait plus fait depuis… oui depuis son départ bien sûr. Et les mains qu’elle collait à cette peau douce qui avançait ou reculait au rythme des coups de queue, elle ne voulait que les croire sur son Yann. Un pieux mensonge bien dérisoire face à cette situation lourde de sens à ses yeux.


— oooOOooo —


Ils avaient ainsi fait l’amour longuement, avant qu’ivres de plaisir, ils ne finissent par s’allonger, blottis l’un contre l’autre. Repus, leurs corps se sentaient bien, mais en eux des images bien différentes circulaient. Pour lui, une incroyable satisfaction, celle d’avoir enfin fait l’amour une première fois. Sensation d’une toute puissante virilité, encore renforcée par des murmures d’Enora alors qu’elle jouissait sous lui. Ces mots…


— C’est trop bon ! Oh ! Oui ! Tu es un amant exceptionnel. Encore… donne ! Donne ! Donne-moi tout…


Ces mots qu’elle destinait peut-être à son père, mais qu’il prenait pour lui, ces quelques chuchotements étaient pareils à des remerciements pour sa manière gauche de la baiser. Et là dans le noir, serré contre ce corps chaud à ses côtés, il en savourait chacune des syllabes.


Pour elle, c’était fondamentalement un sentiment de honte qui l’emportait sur les bienfaits de cette partie de jambes en l’air regrettable, et pourtant combien enivrante. Il était redevenu son garçon à l’instant même où sa bite quittait son nid. Et les regrets provoqués par ce qui venait d’arriver gâchaient plutôt son bonheur d’avoir retrouvé le chemin d’une volupté profonde. Elle se pensait mère indigne et se voyait déjà clouée au pilori par la morale d’une société trop rigoriste. Et quelque part… cette honte était bonne. Sa grande carcasse alanguie avait bien mesuré cet impérieux besoin de s’envoyer en l’air.


Le gout amer de la chose ne venait que du fait de sa parenté avec l’amant en question. Tout le temps de ce coït démentiel, elle avait voulu ignorer les liens étroits tissés entre lui et elle, mais la raison la rattrapait et bien plus vite qu’un cheval au galop. D’où cette affreuse perception d’avoir transgressé un véritable tabou. Quelque chose que son esprit aurait voulu refuser, mais que sa chair, trop faible, avait accepté et surmonté aisément. Restaient donc à faire s’accommoder cerveau et corps, pas une mince affaire en vérité.


Enora appréhendait la lumière du jour qui n’allait pas tarder à revenir. Et avec son arrivée la laideur de ce qui venait de se passer, accrochée à son visage, perdue dans ses yeux. Cette faute allait avoir les traits pourtant aimés de ce fils qui maintenant dormait sans états d’âme particuliers. Comment allait-elle pouvoir allier son amour filial et celui moins noble de cette partie de jambes en l’air avec Evan ? Parce qu’au fond d’elle, elle sentait, elle percevait que c’était mal de s’être ainsi livrée à ce genre de fantaisie avec son garçon. Puis de l’autre bord… le souvenir de cette jouissance sans nom… inouïe.


Finalement sa raison vacillait, son esprit se débattant entre le mal et le bien ou plutôt le bon. Et ses paupières lourdes se fermaient sur son méfait. Dormait-elle depuis longtemps ? Aucune notion de l’avoir fait longuement, juste une tension extrême et le jour qui se coulait par les interstices de persiennes. Puis une douceur bizarre, une caresse, un souffle qui lui courait le long de l’échine. Dans les brumes de ce reste de sommeil si peu réparateur, confusément elle comprenait que ce qu’elle sentait n’était plus vraiment un rêve. Et sa main partant en arrière trouvait le corps collé contre elle.


Du reste, ce que cette menotte rencontrait sous sa paume, n’avait rien d’un songe. C’était dur, chaud et ça se frottait allégrement sur ses fesses. Elle voulait ouvrir la bouche, crier que non. Dire son refus et en lieu et place de ces mots qu’elle pensait, un borborygme indistinct se répandait dans le silence de la chambre. Sur son derrière, la trique tentait de se frayer un passage, à petits coups de bassin. Evan bandait à nouveau et comme ça, au sortir d’un moment paisible, comment repousser ces avances trop précises ? Elle ne savait plus trop quoi faire et puis… elle devait s’avouer que cette chose qui coulissait dans la raie de son cul… lui renvoyait des signaux… plus que chauds.


Elle commit une erreur en tentant de refouler la bite qui se rapprochait dangereusement de sa chatte. Celle de l’effleurer suffisamment pour laisser penser au jeune homme que son sexe était le bienvenu, pour ne pas dire attendu. Et dans ce mouvement maladroit pour se dégager, il lui fallait bouger aussi le corps, même si ce n’était que très peu. Et là, la queue ardente qui depuis son réveil frappait à la porte se trouvait d’un coup face à cette ouverture désirée. Le dernier coup de reins eut le dernier mot.


Et désormais planté en elle, Evan la cramponnait par les hanches. Il remuait sans faire de longues amplitudes et son dard en place lui électrisait le corps. Sa bouche venait se plaquer dans le cou de la femme qu’il prenait. Enora était à nouveau une victime consentante. Et sa chair alertée la trahissait une fois encore. C’était elle qui remuait maintenant sa croupe, mais par vraiment pour chasser l’intruse. Non ! Elle se liquéfiait sous l’intromission et se rendait à l’abandon de cette anatomie qui aimait ce qui se passait. La chambre se remplissait de leurs soupirs mélangés.


Le pistonnage se fit plus rude, plus âpre aussi et les sons que la gorge maternelle laissait échapper ressemblaient à des cris sauvages. Ceux d’une femelle en rut, d’une femme qui prend un plaisir fou à se laisser emporter par un torrent de sensations retrouvées. Et il faisait jour, donc plus question sauf en gardant les yeux clos, de ne pas apercevoir le visage de ce garçon qui la baisait fougueusement. C’était toujours aussi bon, aussi câlin. Et une idée folle lui traversait l’esprit.

Comment pourrait-elle désormais se passer de cela ? Comment ferait-elle pour revivre aussi longtemps sans ce sexe ?



— oooOOooo —


Le visage tourné du côté du mur, la tête plongée dans son oreiller, Enora ne dormait pas. Elle avait les yeux grands ouverts et sur son flanc, invisible d’elle, le garçon qui venait de finir de la besogner zébrait le silence revenu de son souffle. Il l’avait amené à une jouissance qui l’avait rendue indolente et vide. L’insolence de la jeunesse, la fougue des jeunes hommes, tout concourait à la rendre dépendante de cette bite qui venait de la labourer. La seule différence de ce couple étendu là, mais elle était de taille, résidait dans l’essence même de cette relation incestueuse. Un tabou difficile a digérer pour Enora.


Pour Evan, la transition n’avait pas tout à fait les mêmes effets dévastateurs sur son raisonnement. Pour lui cette femme était maintenant plus une femme qu’une mère et il avait franchi le cap de la honte sans frémir. Ce corps alangui qui se trouvait tellement offert, si proche de lui, il lui semblait qu’il se devait de l’honorer. Il était sur le dos, le regard fixé sur le plafond. Tous les deux se retrouvaient dans une nudité sans fard et sur le bas du ventre, le vit ramolli par son éjaculation récente ressemblait à un oiseau tombé du nid.


De sa main gauche, il revint effleurer l’épaule de la brune qui se contentait de suivre la ligne d’un lé de papier peint. Elle était belle dans cette plénitude d’un petit matin frisquet. Sur la peau doucement caressée, une multitude de petits points, tous les pores de son épiderme sans doute se soulevaient en une chair de poule immense, qu’elle songeait agréable. Puis la main refit un voyage sur le cou. Elle remontait vers le lobe de l’oreille accessible. Enora eut un sourire. Ce petit con avait déjà compris que cette zone chez elle… était érogène au possible.


Quelle confiance en lui, quel savoir-faire déjà, il avait des gestes, des attitudes qu’elle aurait reconnus entre mille caresses. Les chats ne feraient donc jamais des chiens. Elle le laissa voyager et se prit à rêver. Yann était là, c’était bien avec lui qu’elle avait fait l’amour. Dans la nuit, puis ce matin son fier marin en escale, avait retrouvé son port. Il l’avait transporté dans un monde aux couleurs féériques, aux senteurs doucereuses. La poitrine de la femme se soulevait sous ces doigts qui lui trituraient le lobe, elle adorait qu’il lui fasse cela. Et lentement, malgré le round qui venait d’avoir lieu… son ventre se rallumait.


Le feu couvait encore sous la cendre. Elle adorait ce vertige qui la gagnait petit à petit juste avec ces pincements, ces attouchements sur une si minuscule partie d’elle. Ce diable d’homme avait toujours su, il savait toujours après toutes ces années. Et il était revenu comme il était parti, avec ses jeunes printemps alors qu’elle s’était légèrement fanée. Mais quel bonheur de le sentir à nouveau et puis cette envie d’explorer elle aussi le corps de ce compagnon absent depuis trop de temps. Mon Dieu que c’était bon !


Mue par cet instinct que seules les femmes pouvaient avoir, la brune glissant sa main dans son dos vint elle aussi câliner cette plage allant de l’ombilic à la toison. Elle trouvait ce buisson un peu poisseux des sécrétions recueillies par les poils qui supportaient la limace ramollie. Alors elle se tourna sans cesser de garder les yeux clos. Sur un coude elle se soulevait avec grâce. Et son visage penché sur l’escargot, elle s’en emparait d’une bouche presque gourmande. Evan n’avait pas lâché le lobe de l’esgourde et il n’eut qu’un léger sursaut quand elle l’avala.


Mais la seconde main du garçon avait désormais de la place pour venir assister à la fête. Il la plaçait alors sur le crâne de la femme occupée. Tout gentiment, il appuyait sur la tête et Enora fit descendre ses lèvres jusqu’à la garde sur ce manche qui reprenait une vie endiablée. Comment ne pas rebander sous la langue qui cajolait si bien la poupée regonflée ? Cette fois dans la chambre, ils ne pouvaient plus ignorer l’un et l’autre ce qui se tramait. Ni lui ni elles ne pourraient plus dire, je ne savais pas. Et le corps à corps qui allait suivre scellait l’avenir à des plaisirs interdits librement consentis.


Après tout, ils n’étaient plus des enfants et qui viendrait voir ce qui se passait dans la chambre de ces deux-là ? La mère et le fils, le fils et la mère faisaient l’amour, et chacun y trouvait son compte. Alors, pourquoi se débattre dans des considérations farfelues ? Pourquoi nier une évidence qui s’imposait d’elle-même ? Elle jouissait et la bite qui lui donnait ce plaisir, avait de quoi lui faire oublier son appartenance. Aux orties les préjugés, aux oubliettes les pensées sombres. Là sur ce lit d’un dimanche, seuls deux êtres s’aimaient…


— oooOOooo —


Un nouvel hiver battait la campagne et le salon n’était éclairé que par les lueurs des flammes dans l’insert. Sur la table du salon, entre canapé et fauteuil, Enora avait déposé les deux verres pour l’apéro. Evan allait rentrer tout à l’heure, comme il le faisait chaque soir. Trois ans déjà qu’il avait son cabinet en ville et tout se passait pour le mieux. Enfin, ce soir ils allaient fêter l’ouverture de ce bureau qui tenait tant à cœur au jeune homme. Elle en était fière, la brune, de ce gamin si doué. Avec une sorte de sourire, elle se tournait une fois de plus vers ce canapé et filait ensuite vers la salle de bain.


Après sa douche, ablutions sensuelles et presque érotiques durant lesquelles elle avait lentement massé son corps alourdi, elle se parfumait avant de se vêtir légèrement. Une tenue suggestive, faite d’un soutien-gorge en dentelle, et par-dessus ce petit rien, juste une nuisette dont la transparence aurait réveillé un mort. Un peu de maquillage, mais pas trop, et ses cheveux bien peignés, elle jugeait du résultat dans la psyché démoniaque qui ne masquait aucun défaut. Elle faisait une moue pour ses quelques kilos en trop, héritage d’un hiver durant lequel elle n’avait pas assez bougé.


Elle passa une main sur la touffe fraichement rasée de son pubis dont les poils gardaient une couleur naturelle rappelant sa tignasse. Puis prise d’un souhait particulier, elle parfumait également le nid que surmontaient les broussailles. Voilà, elle était prête. Il ne lui restait plus qu’à attendre le retour de l’homme. Depuis trois années elle se donnait corps et âme à son Yann miniature, mais ce soir serait le point d’orgue de leur fête. Elle avait décidé de mettre un terme à leurs jeux pervers. Et plus rien ne la ferait revenir sur cette décision mûrement réfléchie.


Evan dans sa berline rentrait au bercail. Le printemps cette année avait un peu d’avance. Les premiers bourgeons laissaient éclater la vie et il sifflotait. Chez eux, Enora lui avait promis une surprise pour la soirée. Et il se voyait refaire ses premières armes, dans les bras de cette femme. Un dépucelage tout en douceur, mais déjà vieux de trois ans. Elle était toujours aussi désirable et ils ne se prenaient jamais la tête. Régulièrement ils faisaient l’amour, et du reste couchaient dans le même lit depuis… ce fameux soir. Il avait toujours envie d’elle, respectant parfois de longues périodes où elle ne voulait pas qu’il la touche.


Dès son arrivée, il eut l’eau à la bouche. Enora attendait sur le pas de la porte. Toute la maison était plongée dans le noir et seul le salon gardait quelques lueurs de clarté. Mais dans cette ombre, découpée seulement par la transparence de son déshabillé, l’homme pouvait admirer les fines gambettes nues. Elle l’aidait à retirer sa veste puis elle le laissait se rendre à la douche. Rituel immuable des personnes qui faisaient la transition entre la journée de travail et le temps d’un repos mérité. Mais là, la vision qu’avait eue Evan l’avait émoustillé au possible.


Dans la salle d’eau où planait l’odeur de son parfum de femme, il se désapait rapidement, jetant pêle-mêle dans la panière de linge sale, tout ce qu’il portait. Puis sous la pomme qui giclait sa bienfaisante et apaisante tiédeur, il entreprenait de se savonner. Chez lui aussi, c’était seulement un plaisir que ce décrassage en douceur. Ensuite, drapé dans une serviette immense, il se demanda comment il allait se vêtir. Se ravisant d’un coup, il s’enveloppait dans le drap en éponge. Ce qu’il avait aperçu était suffisamment éloquent… elle l’attendait.


Au salon, Enora avait servi leur boisson favorite. Deux vodkas orange dans lesquelles flottaient des glaçons. Elle était assise sur le canapé, une jambe repliée sur l’assise du divan. Et sa posture absolument délirante laissait apparaitre entre les pans du si vaporeux vêtement, la naissance de ses seins. Mais Evan avait les yeux braqués sur l’espace que les deux cuisses serrées fermaient. Juste au-dessus de cet endroit, il devinait l’ombre sombre de la toison et sa serviette se déformait par un réflexe humain de son sexe. Elle le faisait bander, mais alors bander comme un cerf.


— A la santé de ton cabinet mon chéri !

— À nous maman… à nos amours…

— Oui ! Mon chéri et à ce sujet… ce soir tu dois en profiter, car ce sera notre chant du cygne.

— Hein ? Je ne comprends pas !

— Oh ! Que si, je suis certaine du contraire. Je me dois de m’effacer pour que tu puisses vivre autre chose. Tu vas te trouver une gentille femme, qui me remplacera avantageusement. Mon miroir m’indique bien mieux que tes yeux, les rides et les traces de la vie sur mon corps. Je vieillis mon cœur et bientôt je serai une vieille femme.

— Tu dis n’importe quoi ! Je t’aime moi et rien ne pourra jamais nous séparer.

— Oui ! Je t’aime moi aussi. Mais nous devons reprendre le cours d’une existence indépendante et je ne serai jamais la femme avec qui tu continueras à vivre. Tu dois te trouver une jeunette et vivre avec elle ce que nous avons partagé trop longtemps.

— Mais… tu ne veux plus de moi… je t’ai déçu ? J’ai fait quelque chose de mal ?

— Non ! Mais j’ai décidé, ce soir… sera notre dernier soir ! Demain, je redeviendrai cette mère que je n’aurais jamais dû cesser d’être.

— Tu es tout pour moi…

— Justement, je ne devrais pas, plus être ton amante, ta maitresse. Donc c’est décidé, à partir de demain tu retournes dans ta chambre et je reste dans la mienne…

— Mais ça va nous manquer de faire…

— À moi sans doute. Je m’en remettrai et toi aussi. Du reste, cette petite stagiaire qui travaille avec toi, tu devrais t’y intéresser un peu. Elle a quelque chose d’agréable et elle est intelligente.

— Anne-Lise ? Mais qu’est-ce qu’elle a à voir là-dedans ?

— Tu sais, j’ai vu ses regards quand tu ne la remarques pas. Je suis sûre qu’elle est amoureuse de toi et c’est un beau brin de fille. Je sais bien que tu mérites mieux qu’une vieille femme sur le déclin… tu as encore toute la vie devant toi.

— Et toi alors ? Tu as rencontré quelqu’un et tu n’oses pas me l’avouer ?

— Pas du tout, mais j’ai pris une décision et je souhaite que tu ne le commentes pas ni que l’on revienne dessus. Ce soir je vais te donner pour la dernière fois ce plaisir que nous partageons depuis trop de temps, mon chéri. Et puis, ensuite à partir de demain soir, tu reprendras ta chambre et moi la mienne.

— Je ne veux pas… je ne peux pas !

— Pourtant il en sera ainsi, et c’est ma volonté… notre histoire, enfin, celle-là, n’a que trop duré… maintenant viens ! Oui viens j’en ai encore envie.


Le bruit de verres, reposés à la hâte sur la table du salon, venait de sonner le glas de ces amours interdites. Mais les années passées avaient été intenses, toutes empreintes d’une tendresse faite de bons moments. Le cœur serré, Evan et Enora s’étreignaient avec fougue. Leurs lèvres dans des baisers passionnés, pêchés d’église, se rejoignaient avec la fougue du désespoir. Un long hiver de l’amour allait revenir et de cela la brune en était parfaitement consciente. Sans doute que son ventre se sentirait bien vide, mais son esprit plus léger de mettre un terme à cette aventure. Et l’heure était au sexe, un dernier chant avec celui qu’elle tenait en cet instant.


La main maternelle se refermait sur la queue, comme pour en faire des souvenirs et garder les images de ce temps trouble de l’interdit. C’était aussi de sa bouche qu’elle tirerait les dernières mesures d’une partition qui s’achevait. Lui n’y croyait sans doute pas, enfin pas encore, mais demain… demain… Enora fermait les yeux, ne voulant plus penser qu’à cet instant présent. Demain serait demain et les heures qui les séparaient de ce nouveau jour laissaient un peu de répit… Oui, certaines décisions se payaient comptant et celle-ci serait avec le départ de son Yann, la plus difficile à prendre, à assumer de sa vie de femme.


Elle avait fermé les yeux et son esprit pour ne garder que le présent… pour un fabuleux dernier soir ! Celui des amours mortes !

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