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Les Beltaynes

Chapitre 1

Erotique

Quand Jeanne eut trouvé par mégarde la « Règle », et qu’elle en eut pris connaissance, elle préféra procéder à une relecture attentive pour s’assurer qu’elle n’avait pas la berlue.


Après cette deuxième lecture, la teneur du texte l’avait si fortement troublée qu’elle consacra le reste de l’après-midi à se masturber à l’aide du godemiché que ses amies avaient eu la bonne idée de lui offrir pour son anniversaire de dix-huit ans, six mois plus tôt.


Convenons que ce n’était vraiment pas de sa faute.


Sur la même voie universitaire que sa grande sœur Chloé, qui terminait sa licence, Jeanne venait de finir le premier semestre de ses études de droit. Ce samedi-là, ses parents avaient emmené sa sœur pour un après-midi shopping, tandis que Jeanne suait d’abondance sur ses révisions de droit constitutionnel.


Après quarante minutes de brouillon, la malheureuse, dans le silence de la maison, laissait échapper un long soupir d’impuissance. Les éléments, dans son cours magistral, laissaient bien trop de points dans l’ombre pour travailler en détail les thèmes du semestre. Jeanne crut alors se souvenir que, deux ans plus tôt, Chloé avait vanté les mérites d’un ouvrage en particulier, qu’elle mentionnait sous le nom de « le Rubinesco ». Le nom de l’auteur, sans doute. Avec un peu de chance, Chloé l’aurait conservé, même si, depuis, elle s’était orientée vers le droit des affaires.


Jeanne entra donc dans la chambre de sa sœur et scruta un à un les titres des volumes alignés sur les rayonnages de sa bibliothèque.


Ah ! Le Rubinesco ! Il était là, avec une sobre tranche bleu outremer, où s’inscrivaient, verticalement, en lettres blanches, « Droit constitutionnel et libertés fondamentales ».


Jeanne saisit le manuel à couverture souple, et le tira de l’étagère. Le soutenant de la main gauche, elle l’ouvrit par la fin, à l’index rerum, pour repérer les pages pertinentes mais le livre s’ouvrit tout seul vers le milieu, là où, formant marque-page, attendait la fameuse « Règle », sur deux colonnes d’une grande feuille de format A3, pliée en huit.


Je copie ici la teneur exacte de ce document, qu’il faudrait peut-être plutôt appeler « Contrat ». Il commençait par ces lignes :


« Je, soussignée Chloé N..., née le..., à... (Yvelines), déclare par la présente me soumettre, selon une volonté libre et éclairée, à la présente Règle, pour une durée minimale d’un an, renouvelable par tacite reconduction jusqu’à dénonciation sans préavis par l’une ou l’autre des parties signataires. »


Dans un réflexe, Jeanne avait bondi des yeux jusqu’au bas de la page. On y lisait :


« Fait en deux exemplaires à Nanterre, le 14 septembre 2018, »


Puis, à gauche, très clairement lisible, la signature de Chloé sous les mots « La Novice ». Au centre, une autre signature, inconnue de Jeanne, qui brochait partiellement sur les mots : « Pour l’Ordre des Beltaynes, chapitre de Nanterre, l’Ultima Sororis, Pauline R... » À droite, enfin, sous les mots « La Tutrice, Complie Laetitia L... », une autre signature inconnue.


Remontant vers le haut de la page, Jeanne lut le titre qui, en gras, occupait exactement le milieu de la sixième ligne : « Règle de l’Ordre des Beltaynes. »


Et en dessous :


« Article Premier. Toute Beltayne, quel que soit son rang, se prémunit contre toutes les atteintes à sa santé que pourrait entraîner sa conduite au sein et en dehors de l’Ordre. Elle observe une stricte hygiène de vie, par son rejet des drogues, des boissons fermentées, du tabac et, d’une manière générale, de tous les produits susceptibles d’altérer son jugement ou sa volonté. Elle pratique une activité sportive régulière. Elle est tenue à une obligation stricte en termes de beauté physique, conformément aux critères définis par l’Ultima Sororis.


« Article Deuxième. Toute Beltayne, à la seule exception de l’Ultima Sororis, informe spontanément sa Tutrice de tous les événements de sa vie personnelle ou professionnelle susceptibles d’intéresser l’Ordre. Elle répond sans délai à toute demande de précisions et à toute question à elle posée par la Tutrice. Elle reçoit les conseils de sa Tutrice avec bienveillance, et elle obéit à ses commandements avec le même empressement que s’ils émanaient de l’Ultima Sororis en personne. Un rapport mensuel sur chacune de ses Beltaynes de tutelle est rédigé par chaque Tutrice.


« Article Troisième. Toute Beltayne prévoit un calendrier trimestriel précis de ses périodes d’indispositions menstruelles, et elle le communique sans délai à sa Tutrice.


« Article Quatrième. Toute Beltayne peut recruter des Novices, dont elle devient la Tutrice. La Tutrice de la Beltayne recruteuse décide, par un rapport circonstancié, si les Novices recrutées donnent satisfaction. Si, eu égard au rang qu’elle occupe, une Beltayne a recruté un nombre suffisant de Novices ayant donné satisfaction au cours des douze derniers mois, la Beltayne peut postuler, auprès de l’Ultima Sororis, au rang immédiatement supérieur à celui qu’elle occupe au moment de sa demande. Au-delà de Novice, et en deçà de l’Ultima Sororis, l’Ordre prévoit cinq rangs intermédiaires, savoir : Confirmée, Avancée, Complie, Sublime, et Parfaite. Sous réserve de contreseing par le Conseil des Parfaites, l’Ultima Sororis peut également promouvoir une Beltayne dont la conduite particulière justifierait un avancement exceptionnel. Tous les avancements de l’Ordre sont actés à l’issue de la Cérémonie Annuelle de Mai.


« Article Cinquième. Toute Beltayne a l’obligation hebdomadaire de connaître au moins deux Partenaires masculins. Elle a l’obligation mensuelle de recommander à sa Tutrice au moins un de ses Partenaires, lequel reçoit alors le titre de Convers. Parmi les Partenaires hebdomadaires de chaque Beltayne, un, au maximum, peut être un des Convers recommandés par d’autres Beltaynes. Toute Beltayne remet à sa Tutrice un rapport mensuel circonstancié où seront consignés les détails indispensables à une exacte évaluation de ses différents Partenaires. Tout Partenaire signalé par une Beltayne comme Convers doit être essayé par au moins trois autres Beltaynes. Tout Convers ayant reçu un rapport favorable d’au moins trois Beltaynes différentes reçoit le titre de Frère, et il est informé de certaines activités de l’Ordre.


« Article Sixième. Dans la circonstance où une Beltayne entretiendrait une relation suivie avec un Partenaire, elle doit le déclarer à sa Tutrice dans les dix jours suivants le début de ladite relation. Ce Partenaire cessera de valoir pour compte des obligations hebdomadaires de la Beltayne dès le dimanche de la troisième semaine de ladite relation. Un rapport de la Tutrice remis à l’Ultima Sororis prendra acte de ces différents événements.


« Article Septième. Une Beltayne qui révélerait à quiconque, exclusion faite des autres Beltaynes et des Frères, la moindre information sur l’Ordre, en sera exclue sans préavis, sur commandement immédiat de l’Ultima Sororis, après avis conforme du Conseil des Parfaites. La Beltayne exclue ne peut être réintégrée dans le giron de l’Ordre qu’à condition de reprendre son initiation à partir d’un nouveau recrutement suivi d’un Noviciat, et ce sous réserve d’acceptation par l’Ultima Sororis. Des rapports circonstanciés gardent trace de toutes les exclusions et de toutes les réintégrations ainsi prononcées.


« Article Huitième. Les Beltaynes exercent leur apostolat par inclination et goût personnel. Aucune ne saurait être contrainte par force, ni surprise par manœuvre, à consentir à ce qu’elle refuse. Réciproquement, nulle Beltayne ne peut, sous peine de l’exclusion prévue à l’article septième ci-dessus, bénéficier de dons financiers ou pécuniaires à raison de l’exercice de leur apostolat. Tous les cadeaux et tous les avantages, même indirects ou immatériels, reçus des Partenaires, doivent être scrupuleusement rapportés par la Beltayne à sa Tutrice.


« Article Neuvième et dernier. Les rapports prévus aux articles deuxième à huitième ci-dessus sont établis en trois exemplaires : l’un destiné à la Beltayne concernée ; le second à sa Tutrice ; et le troisième aux archives de l’Ordre. Ces rapports, ainsi que les droits d’auteures afférents à leurs contenus, appartiennent en propre à l’Ordre lui-même, dont les archives sont tenues par l’Ultima Sororis. Lesdites archives, outre ces rapports, englobent également tous les documents et toutes les communications intéressant l’Ordre, ainsi qu’une Chronique de l’Ordre tenue par l’Ultima Sororis en personne. L’Ultima Sororis garantit la véracité de ces archives à son éventuelle successeuse, laquelle lui donne quitus de cette administration. La Beltayne succédant à l’Ultima Sororis est désignée par avis du Conseil des Parfaites. Une telle désignation ne peut survenir que sur empêchement ou démission de l’Ultima Sororis, ou sur candidature formelle d’une Beltayne concurrente. L’empêchement, constaté sans délai par le Conseil des Parfaites, engage une procédure d’urgence d’une durée maximale d’une semaine, à l’issue de laquelle la nouvelle Ultima Sororis est désignée. La démission et les éventuelles candidatures sont reçues par le Conseil des Parfaites à l’ouverture de la Cérémonie Annuelle de Mai. Enfin, le Conseil des Parfaites compte au maximum quatre Beltaynes. Dans l’hypothèse où une cinquième Beltayne serait créée Parfaite, l’une des Parfaites du Conseil serait tenue de quitter son chapitre de l’Ordre pour en fonder un nouveau, dont elle deviendra aussitôt l’Ultima Sororis. Lors d’une telle scission, les Beltaynes de l’Ordre désireuses de s’affilier au chapitre nouvellement créé pourront suivre la nouvelle Ultima Sororis, qui devra leur garantir, au sein de leur chapitre d’accueil, un rang égal à celui qu’elles occupaient dans leur chapitre de provenance.


« Pour que nous emporte la débauche, et pour valoir ce que de droit, nous signons ce jour, »


Le 14 septembre, songeait Jeanne en finissant sa lecture, au comble de l’excitation. Et nous étions début janvier. Si elle avait rempli ses obligations, Chloé avait donc dû coucher avec... vingt... ou trente... mecs... au moins...


Tenant toujours le Rubinesco dans la main gauche, Jeanne replia à la hâte la « Règle », et replaça le volume, refermé, sur l’étagère alors que déjà sa main droite se précipitait dans sa culotte. L’index sur le clitoris, la dernière phalange du majeur glissa sur la fente. Jeanne aurait joui instantanément si elle n’avait, comme malgré elle, repensé à sa propre expérience. Deux garçons seulement, se remémora-t-elle : son copain de fin de lycée, un maladroit pataud et emprunté, et une amourette de vacances avec un coureur de jupons plus brutal que généreux.


Une minute après, allongée sur son lit, elle faisait pénétrer son gode d’anniversaire dans sa chatte trempée, en s’imaginant à la place de sa sœur.


Les révisions attendraient qu’elle ait joui tout son soûl.


Et après tout..., réfléchit Jeanne après son troisième orgasme. Après tout... Non, c’est absurde, ma pauvre Jeanne, tu ne penses pas sérieusement à...


Demander à ta sœur d’être ta Tutrice ?


Mais tous ces garçons Convers, tous ces Partenaires potentiels... En quelques mois, en quelques semaines même, ma petite, tu aurais plus de conquêtes que bien des femmes en une vie... Et pourquoi pas ? Te crois-tu vraiment moins belle que Chloé ? Qu’a-t-elle de plus que toi ?


Mais il faudrait que je lui raconte tout, si elle est ma Tutrice.


Mais cela la rendra peut-être jalouse de toi, ne crois-tu pas ?


À moins que je ne lui cause des ennuis !, raisonna tout à coup Jeanne avec effroi. Et si jamais sa Tutrice à elle, à Chloé, lui tenait rigueur d’avoir divulgué l’existence de l’Ordre à sa sœur ! Si elle se faisait expulser à cause de cela ! Elle m’en voudrait tellement !


Non, réfléchit Jeanne en rangeant le godemiché bien au fond du tiroir de sa table de nuit après l’avoir essuyé machinalement avec une feuille de papier absorbant. Non, c’est trop risqué.


Par contre...


Par contre, je peux essayer de trouver les rapports qui la concernent. Elle doit bien les garder quelque part dans sa chambre, puisque j’y ai trouvé son exemplaire de la Règle.


Qu’est-ce que je vais apprendre sur ma sœur ?


Et tandis qu’au centre de son œil commençait à pétiller l’étincelle de la luxure, Jeanne entendit les pneus de la voiture crisser sur le gravier de l’allée.


Vite, retourner à son bureau, l’air de rien. Prendre une mine concentrée, soucieuse même. Jeanne entendait déjà la porte d’entrée s’ouvrir, ses parents et sa sœur se congratuler de leurs achats.


« Ma chérie, c’est nous ! », appela sa mère.


Tandis qu’elle descendait l’escalier pour les retrouver, Jeanne sentit une idée diabolique lui traverser l’esprit.


« Ah, bien », dit-elle, « je suis bien contente que vous soyez rentrés. Chloé ?

— Quoi ?

— Je ne m’en sors pas, de mes révisions. Il me semble que tu parlais d’un bon bouquin en droit constitutionnel. Le... Rubinesco, il me semble. Tu ne l’aurais pas gardé, par hasard ? »


Chloé rougit jusqu’aux oreilles.


« Euh... Si !, répondit-elle. Si, si, je l’ai toujours dans ma bibliothèque. Je vais te le chercher, si tu veux.

— Merci. Tu es vraiment la plus géniale des grandes sœurs. »


Pour pousser l’impertinence à son comble, Jeanne ne put résister au plaisir sardonique de déposer un rapide baiser sur la joue de Chloé.


« Tiens, le voilà, dit Chloé en redescendant de sa chambre, à peine une minute plus tard.

— Merci ! », s’exclama Jeanne.


Il lui suffisait de le soupeser pour voir aussitôt que la Règle avait disparu du volume. Cela se remarquait rien qu’à la parfaite régularité des pages, en coupe.


Jeanne laissa un sourire se peindre sur son joli visage frais.


« Bon, ben, je m’y remets, dit-elle en tournant les talons vers l’escalier.

— Travaille bien, frangine », conclut Chloé.


Et au regard qu’elle échangea avec sa sœur, Jeanne devina aussitôt qu’elle la soupçonnait de savoir.


Jeanne ne l’aurait admis qu’avec beaucoup de réticences, mais n’importe quel observateur constatait qu’elle tentait de surpasser sa grande sœur Chloé. Cette dernière, de deux ans son aînée, avait décroché le bac ES avec une mention bien ? Jeanne avait bataillé pour décrocher son bac L avec mention très bien. Chloé partait en droit ? Jeanne l’y suivait. Chloé décrochait du premier coup son permis de conduire ? Jeanne l’imitait. Chloé pratiquait la natation avec succès ? Jeanne récoltait des médailles régionales en gymnastique. Chloé jouait de la guitare ? Jeanne perfectionnait son sens de la photographie.


Il n’y avait guère que dans le domaine amoureux que Chloé surpassait sa sœur. Depuis le début de son adolescence, l’aînée témoignait d’une confiance en son propre corps et en ses propres envies qui lui garantissait des succès nombreux et variés. Affligée d’un complexe d’infériorité qu’elle peinait à s’avouer, Jeanne paraissait bien moins à l’aise dans ses baskets, et avait dû, par la force des choses, rester fort sage de ce côté-là, et se contenter de petits amis conventionnels, malhabiles, se croyant galants quand ils n’étaient qu’attentionnés, ou, pis, mièvres. Aussi, avec les mois, le désir de Jeanne avait-il crû en puissance, et ses fantasmes, en originalité. Elle attendait un garçon mature qui lui plût assez pour les réaliser. Et voilà qu’une série de coïncidences imprévisibles lui offrait les moyens de ses ambitions.


Une rapide recherche sur les réseaux sociaux permit à Jeanne d’en apprendre assez sur la mystérieuse Laetitia L..., qui, à en croire la « Règle » signée par Chloé, la tutorait. Cette jeune femme, également étudiante en droit à Nanterre, membre du bureau des étudiants et de l’équipe de foot féminine de l’université, affichait sur son profil de ravissantes photos. Jeanne se dit que provoquer avec elle une rencontre « fortuite » serait commode, et de là à se faire recruter comme Novice, il n’y avait qu’un pas.


Elle en était là de ses réflexions lorsque Chloé fit irruption dans sa chambre, les bras chargés de vêtements neufs.


« Dis-moi, je peux te montrer les fringues qu’on a achetées cet après-midi ? J’aimerais que tu me dises ce que tu en penses.

— Chloé, franchement, c’est pas le moment, tu sais, je révise et...

— Merci, tu es adorable. »


Et sans autre forme de procès, Chloé claquait la porte d’un mouvement du pied, avant de poser sa brassée de tissu sur le lit de Jeanne. Déjà, elle dégrafait le bouton de son jean à pattes d’éléphant et, tournant le visage vers sa sœur, elle demanda avec la plus extrême simplicité :


« Tu aurais quelque chose à me dire, petite sœur ?

— Hein ? », riposta Jeanne. « Non, pourquoi ?

— Ben, pour le Rubinesco, tiens.

— Je ne...

— Il a été déplacé, Jeanne. Ne me mens pas. Qui, à part toi, pouvait toucher ce bouquin ?

— Non, non, je te jure, je...

— Ecoute-moi. Si jamais quelqu’un découvre que tu as découvert ce que je crois que tu as découvert, je...

— Je n’en parlerai ni à Papa ni à Maman, Chloé, je...

— Ce n’est pas d’eux qu’il s’agit ! »


Jeanne ne trouva rien à riposter. Chloé soupira et poursuivit.


« Jeanne, depuis quelque temps, je mène une existence... très agréable. Et je serais fâchée de devoir y renoncer. Tu comprends ?

— Enfin, ce que tu fais de ta vie...

_ ... doit rester secret », conclut Chloé. « D’ailleurs, tu le sais déjà. »


Jeanne haussa les épaules et répliqua :


« Chloé, je ne comprends rien à ce que tu racontes. Montre-moi tes nouvelles fringues vite fait, et laisse-moi bosser. »


Décontenancée par l’aplomb de sa sœur, Chloé haussa les épaules à son tour, finit d’ôter son jean et son t-shirt, et revêtit d’abord une robe fourreau d’un rose très pâle rehaussée de motifs bleu acier. Jeanne devait avouer qu’elle avait rarement vu sa sœur aussi resplendissante. Les muscles des jambes, les abdominaux, les épaules solides de nageuse, s’effaçaient sous les replis du tissu, ne laissant transparaître que la structure idéale des hanches, les cambrures irréprochables des reins et des seins. Bien sûr, Jeanne, plus menue, plus filiforme, avec ses fesses musclées et ses petits nichons de gymnaste, ne pourrait jamais rivaliser en beauté pure avec son aînée. Mais en prenant soin de ses cheveux, en travaillant son sourire avec ses pommettes rieuses et ses grands yeux noisette, elle saurait sans doute faire craquer bien des hommes.


« Parade bien, ma sœur chérie », songeait Jeanne à présent que Chloé revêtait une chemise blanche largement échancrée et un tailleur noir avec une veste assortie. « Et surtout, emploie tous tes soins à dissimuler les rapports qui te concernent, chère Beltayne, car dès demain, tu peux être sûre que je les aurai trouvés. »


Depuis le début de la semaine, Chloé avait prévenu la famille que ce samedi-là, elle irait fêter l’anniversaire d’une amie et qu’elle passerait la nuit sur place, aux marches de la Normandie. Autant dire que Jeanne ne quitta pas sa sœur d’une semelle pendant ses préparatifs, de crainte qu’elle n’emportât le dossier de ses rapports dans sa valise.


Chloé partit en fin d’après-midi, et Jeanne dut encore ronger son frein pendant quelques heures, le temps de dîner et que ses parents aillent se coucher : Jeanne avait, à leur insu, dissout un somnifère dans la vinaigrette de leur salade. Vers dix heures du soir, Jeanne aurait pu manœuvrer un trente tonnes dans le salon, qu’ils ne se seraient aperçus de rien.


« Et maintenant, à nous deux », songea Jeanne en franchissant le seuil de la chambre de Chloé. Première idée : l’ordinateur portable qui trônait sur le bureau. Une rapide recherche dans les dossiers informatiques avec le mot-clef « Beltaynes » ne donna rien. Jeanne s’en serait doutée. Transmettre par informatique des documents aussi compromettants, et aussi secrets, comportait bien trop de risques qu’ils transpirent, un jour ou l’autre. Non, les rapports devaient être imprimés sur papier.


Maniaque, Jeanne passa la chambre au peigne fin. Elle ouvrit avec méthode chaque livre, chaque tiroir de l’armoire. Elle vérifia sous le lit, dans la penderie, sous les étagères. Elle déplaça la commode pour regarder derrière, fouilla les vêtements, éplucha toutes les chemises qui pouvaient contenir les fameux rapports.


Chou blanc. Mais tu feras une juge d’instruction redoutable, ma vieille, songea Jeanne.


La seule explication : la cachette habituelle des rapports n’était autre que la valise elle-même, cette fameuse valise que Chloé avait employée pour le week-end. C’était sûrement cela. Voilà pourquoi elle ne s’était pas départie de son apparente indifférence au moment de ses préparatifs : elle savait, au fond, raisonna Jeanne, que je ne trouverait rien.


Sauf si...


Prise d’une soudaine inspiration, Jeanne retourna dans sa propre chambre : et si Chloé avait dissimulé les documents la concernant ici même, pour faire porter le chapeau à sa cadette en cas de découverte ?


Elle fouilla sa chambre : rien. Les autres pièces de la maison, y compris le garage : rien. Deux heures du matin venaient de sonner, et Jeanne commençait à désespérer. Un seul lieu avait pour l’instant échappé à ses investigations : la chambre de ses parents.


À pas de loup, car elle ignorait à quel moment le somnifère cesserait d’agir, Jeanne entra dans la chambre conjugale. Son père ronflait à peine. Sa mère dormait, un bras glissé sous l’oreiller. Bien sûr, il n’était pas question de retourner la totalité des objets sous le nez de ses parents, fussent-ils assommés par le médicament, mais au moins il devrait être possible de mener une enquête rapide. Jeanne jeta un coup œil circulaire, aidée par la lumière de la Lune qui filtrait entre les rideaux. Où que fussent dissimulés les documents, il fallait que Chloé y profitât d’un accès aisé, au moins une ou deux fois par semaine.


Sous le lit ? Trop risqué : le moindre changement de draps risquait de tout découvrir. Scotché sous l’un des tiroirs de l’armoire ? Le moindre chuintement suspect alerterait aussitôt. Sous l’armoire, alors ?


Jackpot.


Les doigts de Jeanne perçurent la rigidité souple d’une pochette cartonnée. Des dernières phalanges repérant l’élastique, elle tira à elle les documents. L’objet bruissa contre la moquette. Dans le lit, son père remua, mais ne s’éveilla pas. Sur la pointe des pieds, Jeanne quitta la chambre et referma la porte derrière elle, peinant à contenir son excitation.


Elle se dévêtit, se glissa dans son lit, déplaça l’élastique pour ouvrir la pochette, et sortit la petite liasse de feuilles A4 qui s’y trouvait. En bonne juriste, Chloé avait classé les documents par ordre antichronologique : la première feuille portait la date de l’avant-veille, le 3 janvier 2019. Sans lire la teneur de ce dernier « Rapport de Tutrice », Jeanne retourna la pile et commença sa lecture par le dernier document.


« 14 septembre 2018.

« Certificat d’aptitude au Noviciat de l’Ordre des Beltaynes.

« Nous, Parfaites de l’Ordre des Beltaynes, chapitre de Nanterre, certifions avoir ce jour, à *** (Yvelines), examiné dans le strict respect de notre Règle la Recrue à nous présentée par la Complie Laetitia L... et avoir conclu que ladite Recrue possède beauté et santé physique conformes aux exigences de l’Ordre. Nous témoignons d’un même souffle qu’après lecture intégrale de notre Règle, la Recrue nous a exprimé par trois fois sa détermination à rejoindre l’Ordre, et a offert toutes les garanties de discrétion exigées. Elle a juré obéissance à l’Ultima Sororis de notre chapitre, Pauline R..., selon les formes consacrées. Enfin, proposée à Matthis K..., Frère de notre chapitre et à elle exposé par l’Ultima Sororis ainsi que l’exige la coutume, la Recrue a donné audit Frère toute satisfaction, ainsi que nous l’avons constaté et en témoignons à présent.

« Pour que nous emporte la débauche, et pour valoir ce que de droit, nous signons »


Suivaient, à gauche en bas de la page, trois signatures sous la mention « Pour le Conseil des Parfaites ». Au centre, la signature de Pauline, sous la mention « Pour l’Ordre des Beltaynes, chapitre de Nanterre, l’Ultima Sororis, Pauline R... ». Et à droite, une signature inconnue, sous les mots : « Le Frère certificateur ».


Jeanne avait lu la page avec avidité. Comprenait-elle bien la dernière phrase du paragraphe ? Cela signifiait-il que Chloé avait fait l’amour à un parfait inconnu sous les yeux de trois autres femmes ? Jeanne imaginait sa grande sœur nue, enlacer un Matthis qu’elle visualisait comme un grand garçon d’une vingtaine d’années, aux cheveux châtains décoiffés. Elle voyait la main de Matthis se poser sur la fesse de Chloé pour mieux la presser contre lui, pendant que Chloé l’embrassait et s’empressait de déboutonner sa chemise. Elle voyait sa sœur s’agenouiller, dégrafer le bouton du pantalon, tirer les vêtements de Matthis vers le bas pour dévoiler une érection que Jeanne imaginait solide, épaisse, juste assez longue pour déchaîner l’appétit d’une bonne petite salope comme Chloé.


C’est quand elle imagina les lèvres de Chloé se refermer sur le gland que Jeanne cessa de résister. Sans quitter des yeux la page qu’elle venait de lire, elle ouvrit le tiroir de sa table de nuit, le fouilla du bout des doigts, en tira son gode, et d’un geste décidé se l’enfonça dans le vagin à l’instant même où elle visualisait Chloé, allongé sur le dos, recevoir le membre de Matthis au fond de sa chatte. Jeanne soupira, se mettant une seconde à la place de son aînée, entrevoyant les sourires satisfaits et les yeux inquisiteurs de trois femmes qui observaient ces ébats avec la plus grande attention.


À l’unisson de son propre fantasme, Jeanne sentit son vagin se crisper à l’instant où elle imaginait sa sœur en train de monter vers l’orgasme. Le cri de jouissance de la sœur fictive emplit l’esprit de la sœur de chair au moment précis où la chair de Jeanne exultait sur le gode.


Un bruit dans la chambre de ses parents. Jeanne se tétanisa. Son père l’avait-il entendue ? Sa mère ? Si l’un ou l’autre s’était éveillé, c’était trop tard : ils auraient vu la lumière sous la porte de sa chambre. Ils se lèveraient, entreraient d’autorité dans sa chambre, et la surprendraient, godemiché en main, documents obscènes sous les yeux.


Jeanne retint son souffle et tendit l’oreille. Pas un murmure. Rien ne bougeait dans la maison endormie. Pourtant, Jeanne jugea plus prudent de cesser sa lecture, de ranger les documents, de dissimuler son gode, et d’éteindre sa lampe de chevet. Mais dormir après cela ? Jeanne sentait tout son corps à fleur de peau, prêt à réitérer le plaisir, avide de nouvelles jouissances. Et ce n’était que la première page ! Une petite trentaine d’autres suivaient. Du moins était-ce l’impression de Jeanne, à vue l’œil. Jusqu’où Chloé était-elle allée dans la débauche ?, se demanda Jeanne, gourmande.


Elle s’éveilla le lendemain matin sans avoir senti son esprit s’éteindre dans le sommeil poisseux des nuits sans rêves. Il était huit heures passées, et Jeanne s’éveilla avec l’idée impérieuse de replacer au plus vite la pochette sous l’armoire parentale. Hélas, ce dimanche-là, Jeanne joua de malchance. D’abord, il fallait accompagner son père pour leur jogging hebdomadaire. Cette petite tradition, depuis des mois, leur donnait l’occasion de discuter en privé, d’entretenir leur complicité et de maintenir leur tonus : y déroger aurait paru louche. Sitôt rentrés, et après une douche rapide, Jeanne eut la désagréable surprise de constater que sa mère, fer à repasser en main, s’était attaquée à une copieuse pile de linge. Elle effectuait le repassage dans la chambre conjugale, et elle en aurait sans doute jusqu’au déjeuner. Impossible de replacer le porte-document dans ces conditions. Jeanne en profita pour poursuivre ses révisions.


Chloé fut de retour de sa virée normande vers une heure moins le quart. Toute la famille l’avait attendue pour commencer le déjeuner. Le café englouti, la table débarrassée, Jeanne hésita : devait-elle prendre les devants et tout expliquer à Chloé ? Après mûre réflexion, elle n’en fit rien. Chloé n’aurait sûrement pas l’occasion de regarder sous l’armoire parentale avant le lendemain, et son emploi du temps prévoyait un cours magistral à huit heures du matin. Jeanne, de son côté, ne commençait qu’à dix heures : ce qui lui laissait assez de temps pour remettre la pochette en place. Mais il ne faudrait pas manquer l’horaire : en cette semaine de reprise après les vacances universitaires, et tant que les travaux dirigés n’avaient pas recommencé, Chloé et Jeanne bénéficiaient de larges plages horaires disponibles. Au plus tard, Chloé serait de retour à la maison vers onze heures, avant Jeanne. Il allait falloir jouer serré.


À la grande surprise de Jeanne, Chloé ne lui posa aucune question supplémentaire à propos de ce qu’elle aurait pu découvrir dans le volume de droit constitutionnel, et ne sembla même pas lui porter la moindre attention : l’après-midi du dimanche s’écoula sans incident.


Le lendemain matin, le réveil sonna à sept heures. Jeanne se leva, vérifia une dernière fois que la pochette était toujours aussi bien dissimulée derrière sa table de nuit, et descendit petit-déjeuner.


« Tu n’as pas oublié ton rendez-vous chez le Dr Lefort, ce matin ? », lui demanda sa mère après les salutations d’usage.

« Oh, là, là. J’ai zappé. Moi, tu sais, les dentistes... C’est à quelle heure, déjà ?

— Huit heures. Tu ferais bien de te dépêcher : Papa te déposera en allant au travail. »


Une sensation d’effondrement envahit Jeanne. Son plan s’écroulait : elle devrait quitter la maison quelques minutes avant Chloé, et Chloé allait tout découvrir. La peur au ventre, Jeanne finit de se préparer. Déjà, son père l’appelait pour partir. Jeanne empoigna son sac de cours, descendit l’escalier, attrapa au vol son imperméable pendu à sa patère, et grimpa dans la voiture.


« Détendez-vous, Mademoiselle », lui dit le Dr Lefort, fraise à la main. « Comment voulez-vous que je vous détartre si vous êtes crispée à ce point ? »


Jeanne sortit du cabinet en compulsant son téléphone portable. Pas d’appel de Chloé. Pas de SMS. La chance lui souriait-elle ?


Les écouteurs de son MP3 vissés dans les oreilles, elle monta à bord du bus qui devait l’amener à la fac. Elle s’assit sur le premier siège disponible, ouvrit son sac, en tira le Rubinesco, et se plongea dans sa lecture. Une petite tape amicale sur le genou lui fit lever la tête. Jeanne sourit, interrompit la musique de son baladeur, et salua le garçon qui lui faisait face.


« Guillaume ! Tu as passé de bonnes vacances ?

— En famille », répliqua Guillaume avec une moue. « Réponse assez éloquente ? »


Jeanne sourit.


« Et toi ? », demanda Guillaume. « Tu souris comme un quidam se relevant des suites d’une gastro. Des soucis, ma Jeanounette ?

— Rien d’important », répliqua Jeanne.

« Trop de révisions », trancha Guillaume, d’un signe du menton vers le Rubinesco. « Ne va pas t’épuiser avant l’examen, toi qui veux majorer.

— Je ne veux pas majorer ! », se récria Jeanne en haussant les épaules.

« Ah, voilà un sourire, un vrai », se félicita Guillaume avant d’ajouter, levant poing et avant-bras à la verticale et les baissant aussitôt : « Yes ! J’ai réussi !

— Fais le malin, tu as raison », dit Jeanne avec un petit éclat de rire.

« Absolument. D’ailleurs, si tu ne majores pas, ce sera moi.

— Toi ? »

Cette fois, Jeanne souriait franchement. Guillaume avait rencontré de nombreuses difficultés pendant le premier semestre, et avait récolté une forte provision de notes médiocres en contrôle continu. Il riposta :

« Les vacances en famille ont cela de bon qu’elles laissent à l’étudiant de L1 un temps considérable pour approfondir ses connaissances, Madame la Présidente, et...

— Madame la Présidente ?

— Bien sûr : puisque tu vas majorer, tu finiras à l’école de la magistrature, et moi, bon deuxième, je deviendrai bâtonnier. Dans dix ans, je plaiderai devant toi les plus mystérieuses affaires du département de la Somme, et...

— De la Somme ?

— Ah, Amiens ! Ses... euh... boulevards... Ses boutiques... Son, euh... réseau de téléphonie mobile... »


Jeanne riait désormais de bon cœur. Guillaume arrêta son boniment et la fixa de son regard.


« Après le cours, je te défie à Street Mortal. Cette ville est trop petite pour nous deux, Jeanounette.

— C’est gentil, mais...

— Mais rien du tout. Pour déstresser, rien de tel qu’un bon jeu de baston. Et je t’offre le déjeuner, si toutefois mon modeste studio convient à Madame la Présidente des Assises du Bas-Rhin.

— Du Bas- Rhin ? Je croyais qu’on était à Amiens ?

— Non, on est à Nanterre », observa Guillaume. « Mais j’ai toujours trouvé très drôle l’idée d’Assises du Bas-Rhin. »


Jeanne lui expédia une petite tape sur le genou.


« T’es con.

— Sans l’ombre d’un doute. Et, avez-vous remarqué, chère Jeanne ?

— Quoi ?

— Il est peu d’attitudes plus charmantes. »


Jeanne haussa les épaules, l’œil illuminé et un joli sourire aux lèvres. Le bus ralentit : ils arrivaient à la faculté. Jeanne referma son livre d’un coup sec et le glissa dans son sac.


« Viens », dit Guillaume en se levant. « Allons nous faire suer à écouter le vieux Pr Campoisse nous dévoiler les arcanes de l’histoire des institutions.

— Nous faire suer ?

— On aurait aussi bon compte de lire le Maulaurie et Henesse, crois-moi. Toi qui consultes le Rubinesco, tu devrais le savoir.

— Tu as lu le Rubinesco ?

— Comme tous ceux qui aspirent à majorer, évidemment. »


Ils entraient dans l’amphi, et Jeanne consulta à nouveau son téléphone. Toujours aucun appel ni aucun message de la part de Chloé. Elle le mit en mode silencieux, et prit place à côté de Guillaume. Déjà, le Pr Campoisse rejoignait l’estrade et s’asseyait, avant de sortir ses notes de cours. Jeanne se pencha vers Guillaume et murmura :


« Votre menu, Monsieur le Bâtonnier ?

— Macaronis au beurre, Madame la Présidente. Bâtonnier, ça eût payé.

— Bonjour, et bonne année à tous », crachota le professeur dans le micro.

« Bonne année, » répliqua l’amphi avec un enthousiasme modéré.

« Et bien entendu, je te mets une tannée à Street Mortal », ajouta Guillaume.

« Au premier semestre, nous avons montré... » entama le professeur.

« Vous rêvez votre life, Monsieur le Bâtonnier », murmura Jeanne.

« J’en déduis que vous relevez le gant, Madame la Présidente. »


Elle le regarda de biais. Il la regardait en coin. Ils s’esclaffèrent ensemble. Derrière eux, un étudiant leur dit : « Chut ! »


Deux heures et une poignée de minutes plus tard, ils sortaient de l’amphi. Jeanne, une nouvelle fois, consulta son portable : toujours rien de Chloé. Cela devenait inquiétant. Pis : anormal. À moins qu’elle n’ait pas encore eu l’occasion de constater la disparition de la pochette ? Ce serait l’occasion inespérée !


« Alors, ces macaronis ? », demanda Guillaume.

« Tu vas m’en vouloir si je te demande de reporter ?

— Bien sûr que oui, mais je vais faire semblant que non, parce que les conventions sociales m’obligent à faire bonne figure, et que... »


Jeanne lui sourit, et lui posa la main sur l’avant-bras.


« C’est ma faute, Guillaume, je n’aurais pas dû te laisser m’inviter. J’ai une urgence absolue à régler, là tout de suite.

— Pas grave. Viens cet après-midi, dès que tu as fini. »


Jeanne réfléchit et effectua un rapide calcul avant d’acquiescer.


« Oui. Oui, OK. D’ailleurs, si ça se trouve, je n’en ai pas pour longtemps. Une heure, peut-être. Un peu plus si les ennuis s’aggravent.

— Il est à peine midi », dit Guillaume. « Avec une heure supplémentaire, je peux faire quelques courses et agrémenter mes macaronis. »


Jeanne l’embrassa sur la joue.


« Je te tiens au courant.

— À tout à l’heure. »

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