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Les Chevaliers du Zodiaque : les vices du Sanctuaire

Chapitre 39

Le sang de la Gorgone

Divers

Me voilà de nouveau en route vers ma prochaine étape. J’ai pas mal de marche ; les autres devraient affronter leurs ennemis avant. Si mes calculs sont exacts, Judith ne devrait pas tarder à affronter son premier ennemi. J’envoie donc mon corps astral s’assurer qu’elle est bien arrivée à destination et lui porter conseil. Pendant ce temps-là, mon corps physique continue sa course en mode auto-pilote. Il ne devrait pas y avoir trop d’ennuis sur la route.


Mon esprit apparaît donc à proximité de la zone du Platane Sacré, et justement Judith arrive. Je lui fais signe. Elle s’approche.


— Bien, tu es bientôt arrivée. Ton ennemi a une technique de poison mortel. C’est pour cela que je te l’ai gardé pour toi.

— Ah ouais, sympa ! Tu t’es dit « Tiens, et si on faisait souffrir Judith de mille tourments avec un poison vicieux ? » C’est cool pour moi, je m’en souviendrai !

— C’est surtout que le poison a beau être mortel, me défends-je, il ne tue pas sur le coup. Tu auras donc l’occasion de te régénérer comme tu l’as fait contre Mario.

— Oui, je plaisantais, j’avais saisi.

— Ah, et puis ton ennemi est aussi capable de se régénérer. J’avais espéré que tu saurais comment passer outre cette technique.

— Bah, là, comme ça, c’est plutôt compliqué à dire ; tout dépend de comment fonctionne sa technique. La mienne est plutôt facile à contrer : il suffit de me tuer en un coup. Mais je ne peux pas me prononcer sur la sienne tant que je n’ai pas identifié les mécanismes. Tu peux m’en dire plus ?

— Non, je n’ai vu sa technique qu’une fois à l’œuvre. Généralement, ses adversaires ne vivent pas assez longtemps pour l’abîmer sérieusement, le poison étant assez rapide à les emporter.

— Bon, OK. On se retrouve sur le champ de bataille.

— J’essayerai de te conseiller au mieux. À tout de suite !


Je téléporte mon corps astral au niveau du Platane Sacré. Doc du Caducée d’Asclépios est juste là, dans son élégante armure cyan. Il ne semble pas surpris de me voir apparaître d’un coup.


— Tiens, voilà ce cher Francis ! Tu viens encore chercher mes services ? Peut-être souhaiterais-tu que je soigne ton intangibilité, dit-il en passant la main à travers mon corps astral, ou bien de ton odieuse trahison, ou encore mieux, que je te soigne d’être vivant ?

— Moi, le traître ? Et qui est-ce qui m’a envoyé, moi qui te prenais pour un ami, combattre un troll que tu pensais apte à me tuer ? Dans mon cœur, je suis resté fidèle au Jardin tandis que vous vous foutiez de ma gueule en faisant semblant d’être encore mes amis pendant qu’en secret vous vous apprêtiez à soutenir une attaque contre vos alliés.

— Vu comme ça, oui, nous n’avons pas l’air d’avoir le beau rôle...


Judith arrive. Elle s’avance vers nous d’un pas calme. Doc l’observe d’un œil satisfait.


— Bon, au moins tu ne m’as pas choisi un thon comme adversaire, m’adresse-t-il la parole. Dommage que je doive abîmer ce joli visage.

— Je suis Judith du Capricorne ! se présente ma collègue.

— Et moi Doc du Caducée d’Asclépios, gardien éternel du Platane.

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— Doc ? Doc qui ?

— Juste Doc.

— Mais ce n’est pas un prénom, ça ; c’est un titre.

— Et pourtant c’est mon nom. Désolé de te l’annoncer, chevalier d’or, mais tu n’es pas la bienvenue sur ces terres. Je vais devoir te tuer.


Judith ne semble pas vouloir perdre de temps ; déjà elle déchaîne ses pouvoirs télékinétiques. La zone étant très rocailleuse, elle a nombre de projectiles à lui balancer à la gueule. Une pluie de rocs s’abat donc sur Doc mais celui-ci les repousse à la force de son cosmos.


Il charge le Capricorne. Les deux échangent quelques coups, mais rien de bien significatif pour le moment. Comme souvent avec un adversaire inconnu d’un niveau similaire, ils se testent, jaugent la force de l’autre et observent ses réactions. C’est la phase où l’on apprend à mieux analyser son adversaire afin de prendre l’avantage. C’est donc un moment capital : il faut forcer l’autre à révéler son jeu sans trop en révéler soi-même.


Judith profite de ses compétences en télékinésie au corps-à-corps pour attaquer son adversaire de tous les côtés. Doc ne peut pas tout éviter, mais protégé par sa lourde armure, il ne subit que quelques égratignures. Par contre, il commence a paraître agacé.


— CHIRURGIE COSMIQUE ! hurle Doc.

— Attention, préviens-je ma collègue.


Trop tard : Judith s’est mangé de plein fouet les deux lames d’énergie cosmique envoyées par le Caducée d’Asclépios.


— Oui, désolé, reprends-je. J’ai oublié de te parler de cette attaque. Peu importe ton armure, cette technique passe à travers comme s’il n’y avait rien.

— Ouais, bah maintenant c’est un peu tard, j’ai vu.


Visiblement, l’attaque l’a bien amochée, vu la posture qu’elle adopte et le liquide rouge qui s’écoule. Mais la belle est encore loin d’être abattue et semble vouloir contre-attaquer. Cri de rage, son niveau de cosmos augmente rapidement et les éléments se déchaînent tout autour d’elle comme si une tempête venait de se lever. Le sol se met aussi à trembler, des fissures zèbrent la zone.


— EXPLOSION TÉLÉKINÉTIQUE !


Des rochers énormes sont arrachés du sol et volent tout autour de Doc qui tente de fuir, mais le pouvoir de Judith le retient, empêchant le moindre mouvement. D’un signe de main, la belle Israélienne referme le piège sur son adversaire : tous les rochers viennent s’écraser violemment contre Doc. Un fracas retentissant se fait entendre.


La poussière retombe. Apparaît un Doc à genoux, bien amoché. Son visage est couvert de sang. Il semble avoir le bras brisé, et peut-être aussi quelques côtes. Pourtant il garde le sourire.


— Caducée réparateur... murmure-t-il.


Une puissante lumière l’enveloppe, puis quelques secondes plus tard il se tient debout, aussi frais qu’au début de son combat. Judith ne lui laisse pas le temps de reprendre l’avantage ; elle lui envoie une pluie de rocs. Doc en évite la plupart ; un seul lui frôle la joue, lui laissant une petite coupure de rien du tout. Il a un court sursaut d’énergie cosmique, mais rien d’autre ne se passe.


— Bon, tu sembles être une ennemie redoutable, sourit Doc. Et si on passait aux choses sérieuses maintenant ?

— Bien entendu.

— Judith, interviens-je, méfie-toi : il va utiliser sa technique du poison. Son poison est actif par contact avec son sang.

— Hé ho, arrête de divulguer nos secrets ! Bon, comme le disait Francis, mon poison – le sang de la Gorgone – se transmet par le sang. À vrai dire, j’ai moi-même acquis cette faculté en consommant quotidiennement des petites doses de ce poison. Je voulais m’immuniser par mithridatisation, mais mon sang a acquis les mêmes facultés.


Doc ouvre les veines de son poignet gauche ; sa main se couvre rapidement d’une couleur rougeâtre. Puis il fait exploser son cosmos et charge le Capricorne. Quelques coups sont échangés, mais Judith, toujours blessée, a perdu de sa rapidité ; elle peine donc à suivre la cadence. D’un coup, le poing gauche de Doc traverse l’abdomen de la belle. Doc recule d’un pas pour admirer son œuvre. Le Capricorne s’écroule au sol en se tordant de douleur.


— Tu vois, Francis, tu as eu beau la prévenir, elle n’a rien pu faire. D’ici quelques secondes elle sera morte.

— Je n’en serais pas si sûr si j’étais toi...

— Ah oui ? Pourtant le poison ronge déjà la plupart de ses organes. Ses muscles se décomposent, ses chairs sont rongées. Tu imagines qu’elle va survivre comment à ça ?

— Sol... Invic... tus, murmure pourtant Judith.

— Comme ça, souris-je.


Le corps de Judith s’élève dans les l’air et, baigné par une lumière intense et éblouissante, se régénère. Quelques secondes après elle se tient debout, comme neuve !


— Le temps du Capricorne démarre avec le solstice d’hiver, le moment où le soleil, invaincu par les...

— Non mais, copieuse, va... la coupe Doc. C’est agaçant ces gens qui ne veulent pas mourir.

— P‘tain, à chaque fois on me coupe mon instant poétique, se plaint la belle.

— Combien de fois peux-tu te régénérer ? Te régénéreras-tu à une nouvelle dose de sang de Gorgone ?

— Bien entendu ! Je peux me régénérer autant de fois que je le souhaite !

— Le combat risque d’être long, alors. Pas grave, le temps joue en ma faveur. Si vous ne détruisez pas les arbres à temps, Arès sera lui aussi régénéré.

— Reste plus qu’à l’un de nous à trouver comment déjouer la technique de l’autre pour achever ce combat.


Judith, les bras en croix, déchaîne son cosmos, prête à lancer sa terrible attaque.


— Par la porte des dieux !


Un immense carré lumineux se dessine dans le ciel juste au-dessus du champ de bataille. Doc hurle de douleur. Son énergie vitale est arrachée et aspirée par la porte. Son corps sans vie s’écrase au sol. Judith reste pourtant sur ses gardes, attendant à tout moment le retour du Gardien éternel.


— Est-il mort ? demandé-je pour vérifier.

— Pour le moment, oui, mais pas sûre qu’il le reste bien longtemps. Mon attaque crée une ouverture permettant la remontée des âmes désincarnées de mes ennemis vers le principe créateur.

— Ah, OK, fais-je semblant d’avoir tout compris.


Mais le combat ne semble pas encore fini. Le corps de Doc se met à resplendir de lumière et il se relève comme si de rien n’était. Peu de temps après, son cosmos connaît un court sursaut comme tout à l’heure.


— Donc tu peux même te régénérer en ayant été tué, conclut Judith.

— Bien entendu ! Pourquoi ? Pas toi ? Bah, de toute façon, je n’ai pas de techniques qui te tueraient instantanément ; il me faut trouver un autre moyen de t’achever. Par le sang de la Gorgone !


Il tranche les veines de son poignet droit. Judith l’observe sans trop comprendre où il veut en venir.


— Le sang de la Gorgone ? Pourquoi utiliser encore cette technique ? Tu ne pourras pas me vaincre avec.

— Le sang de la Gorgone n’a pas qu’une propriété. Le sang côté gauche est un puissant poison ; en revanche, celui du côté droit est un remède des plus efficaces : il peut soigner un humain de tout, y compris même de la mort !

— Ah... comprends-je. C’est donc ça le secret de ta régénération. C’est grâce au sang de la Gorgone que tu peux te soigner.

— Erreur, me corrige Judith. S’il est devenu insensible au poison grâce au phénomène de mithridatisation, il est forcément devenu insensible au pouvoir curatif du sang de la Gorgone.

— En effet, sourit Doc. Mon pouvoir repose sur autre chose. Décidément, Judith du Capricorne, tu es aussi intelligente que belle ! J’aurais aimé te mettre la fessée dans d’autres conditions.


Doc tend son poignet et laisse s’écouler quelques gouttes de sang sur le sol. Judith l’observe, intriguée.


— Qui comptes-tu ressusciter ? Je ne vois personne ici de décédé.

— Et pourtant je peux ressusciter a peu près tous les humains que je souhaite. Tant que leurs restes sont reliés à la terre, les racines du Platane Sacré sont capables de les ramener jusqu’ici. Je vais donc ramener la seule personne au monde qui connaît ta technique aussi bien que toi.

— Non... semble comprendre Judith. Tu ne vas pas oser... Par pitié, pas cette personne !


Doc sourit à la vision de la peur qui anime soudain les traits du visage de Judith. Je ne l’ai jamais vue aussi bouleversée, elle qui semble habituellement tellement stoïque. Qui peut-elle craindre autant ? D’un coup, un bras traverse le sol ; Judith tremble. Quelques secondes après suit un second bras, puis un visage hâlé au regard perdu. Après quelques contorsions, l’homme finit par sortir complètement du sol. Judith tombe à genoux, les larmes aux yeux.


— Comment peux-tu oser troubler la paix éternelle de cet homme, Doc ? Je ne te le pardonnerai jamais !

— Judith ? C’est toi ? intervient l’inconnu. Je... je ne comprends pas ce qu’il se passe...

— Arkan du Capricorne, je viens juste de te ressusciter. J’ai besoin que tu me révèles les arcanes de ta disciple. Elle a bien su garder le secret : notre espion ne savait rien.


C’est donc le maître de Judith, si je comprends bien. Le susnommé observe la conjoncture et semble comprendre la situation dans laquelle il se trouve.


— Jamais ! gueule-t-il. Jamais je ne te révélerai une information qui nuirait à ma disciple.


Doc serre son poing, et Arkan hurle de douleur.


— Et pourtant tu es lié à moi grâce au sang de la Gorgone : tu n’auras pas d’autre choix que de m’obéir.

— Judith ! hurle Arkan, tu dois me détruire, et vite !

— Je... je ne peux pas... Pardonnez-moi, Maître, mais je ne veux pas vous perdre une seconde fois.


Pas libre de ses mouvements, Arkan révèle lui aussi des pouvoirs télékinétiques. Il envoie d’énormes rochers sur sa disciple qui réagit cependant à temps mais ne contre-attaque pas, se contentant d’éviter les attaques ou de se servir de son bouclier cosmique.


— Judith, tu n’as pas d’autre choix ! continue Arkan. Qu’importe l’issue du combat : je retournerai à la terre à la fin. Je préfère y retourner en te sachant sauve.


Oui, en effet, Arkan ne reste en vie que grâce au sang de la Gorgone. Si Judith trouve un moyen de tuer définitivement Doc, l’ancien Capricorne mourra. Et si c’est Doc qui sort victorieux, il renverra Arkan dès qu’il n’en aura plus l’utilité.


— Te détruire ne sert à rien, déclare Doc. Si Judith te tue, je te ressusciterai encore et encore, jusqu’à ce que j’obtienne ce que je t’ai demandé.

— Maître, c’est trop dur !


Arkan envoie un énorme rocher en direction de son ancienne disciple, qui le retient avec ses propres pouvoirs télékinétiques. Les deux forces mentales luttent l’une contre l’autre pour tenter de prendre le contrôle du rocher qui flotte quelque part entre les deux Capricornes. Doc profite de l’immobilisation de Judith pour venir lui asséner plusieurs coups puissants. Elle est éjectée contre le Platane Sacré et perd le contrôle du rocher qui vient s’écraser contre elle. Un « non » de terreur s’échappe de la gorge nouée d’Arkan.


Le rocher explose, et une brillante lumière apparaît juste derrière. Judith s’élève dans les airs, soignée une nouvelle fois par son « Sol Invictus ». Visiblement, il faut plus qu’un gros rocher pour emporter Judith d’un coup !


— Vraiment embêtant, ce pouvoir... maugrée Doc. Alors j’attends que tu me dises comment le contrer.

— Jamais ! crie une nouvelle fois Arkan. Torture-moi autant que tu veux, mais jamais je ne te le dirai !

— Suis-je bête... réagit soudain le Caducée d’Asclépios. Je n’ai que faire de cette information : j’ai juste besoin que tu la tues pour moi d’un coup !


Le cosmos de Doc augmente grandement, exerçant une pression plus élevée sur sa marionnette. Arkan résiste autant que possible, mais ses muscles ne lui répondent plus. Ses bras se mettent en croix bien malgré lui et son cosmos s’éveille de façon menaçante. Il s’apprête à lancer la « Porte des Dieux », sans aucun doute.


— Par la Porte des Dieux !


C’est Judith qui a lancé l’attaque la première, Arkan résistant tant qu’il le peut pour retarder la sienne. Elle n’a pas eu d’autre choix. L’attaque vise Doc, qui se tord une nouvelle fois de douleur avant de s’écrouler à terre. Arkan est libre de ses mouvements. Mais s’il est toujours debout, c’est signe que notre ennemi n’est pas encore totalement vaincu, et qu’il va revenir d’ici peu. Judith court dans les bras de son ancien maître.


— Oh, ma belle, comme je suis si heureux de voir le puissant chevalier que tu es devenue ! la serre-t-il fort contre lui.

— Maître, vous m’avez tant manqué... Mon cœur est resté meurtri de votre absence. J’ai maudit le jour où vous êtes parti. Vous n’aviez pas à prendre cette décision pour moi ; je vous aimais de tout mon cœur ! J’aurais été heureuse d’offrir ma vie pour vous sauver, même si ce que j’éprouvais n’était pas réciproque.

— Allons, Judith, crois-tu vraiment que j’aurais accepté cela, voir ma disciple assassinée par ces maudits rebelles de Dionysos ? Crois-tu vraiment que je n’avais pas les mêmes sentiments à ton égard ?

— Quoi ? Mais alors...


La discussion est écourtée par le retour à la vie de Doc. Arkan repousse sa disciple d’un coup et fait un pas en arrière. Comme après ses précédentes régénérations, le cosmos de Doc connaît un nouveau court sursaut.


— Qu’est-ce que ça veut dire ? Vous m’aviez pourtant dit ne pas m’aimer !

— J’ai menti. Tu étais encore mineure et j’étais ton maître : je ne pouvais me résoudre à profiter de la situation. Tu n’étais pas assez mûre pour savoir pleinement dans quoi tu t’embarquais. Je suis désolé de t’avoir menti, mais si je ne l’avais pas fait, tu te serais accrochée bien plus à cet espoir.

— Oh, semble touché Doc, un amour avorté avant l’heure par la mort tragique de l’un des amants... voilà qui est triste ! Malheureusement pour vous, je ne vous laisserai pas l’occasion d’une deuxième chance, même si je dois reconnaître que cela me peine.


Le cosmos de Doc reprend le total contrôle d’Arkan. Ce dernier utilise ses pouvoirs télékinétiques sur Judith.


— J’étais pourtant assez grande pour savoir parfaitement ce que je désirais ! rage Judith. Je me serais donnée à vous avec plaisir. Je voulais tellement que vous soyez mon premier homme... EXPLOSION TÉLÉKINÉTIQUE !


Le cosmos gigantesque de Judith flambe avec une rage folle. Son attaque est plus dévastatrice que tout à l’heure. Rochers, arbres, tout est arraché et vole dans tous les sens dans un tourbillon dévastateur. Seul le puissant Platane Sacré, bien ancré dans le sol, résiste à l’attaque. Le courroux du Capricorne s’abat sur les deux hommes qui sont violemment balayés.


— Caducée Réparateur, prononce un Doc très amoché.


Une nouvelle fois, le voilà comme neuf alors que Judith semble retrouver un peu de son calme. Arkan se relève péniblement.


— Judith, prononce-t-il, quand un pigeon joue aux échecs, la seule façon pour lui de gagner est de renverser les pièces et de chier sur le plateau !

— Maître, vos métaphores craignent toujours autant.

— Je voulais juste dire qu’il n’obéit pas aux règles, qu’il se contente d’empêcher que la partie se fasse. As-tu compris comment son pouvoir de régénération fonctionne ?

— Bien entendu, Maître. Pour qui me prenez-vous ?

— Alors tu sais ce qu’il te reste à faire.

— Silence ! hurle Doc. N’imaginez pas me vaincre. Il est impossible de contrer mon Caducée Réparateur.


Euh, perso, je n’y comprends rien. Comment ont-ils bien pu comprendre le fonctionnement de la technique de Doc ? Je n’ai pour ma part rien remarqué. Doc a beau prétendre être invincible, il n’a pas l’air pour autant rassuré. Les Capricornes auraient-ils touché juste ? Je l’espère. Inquiet, Doc pousse une nouvelle fois Arkan à préparer sa « Porte des Dieux ».


— Judith, hurle ce dernier, qu’attends-tu ? Tu n’as pas d’autre choix. Tu dois user de cette technique interdite comme je l’ai fait à l’époque pour t’offrir un avenir. Tu dois le faire pour Athéna, pour tes camarades et pour le monde. Tu es suffisamment forte, je sais que tu y survivras.


Le cosmos de Judith grimpe en flèche. Elle joint les mains et se concentre. Le ciel se couvre d’épais nuages menaçants. L’atmosphère est électrique. Doc fait tout son possible pour forcer Arkan à lancer son attaque le premier.


— Je me fichais d’en mourir ou pas, mais cette technique signait votre fin définitive. Je suis pourtant heureuse de vous avoir revu une dernière fois et d’avoir aussi l’occasion cette fois de vous dire au revoir. Adieu donc, Maître. Sachez que si vous n’avez pas été le premier dans mes chairs, vous avez été le premier dans mon cœur. Je vous aime et je ne vous oublierai jamais ! ORAGE CÉLESTE !


Judith hurle de douleur tandis que son pouvoir se déchaîne. C’est comme si son propre cosmos la consommait de l’intérieur. Une foudre cosmique s’abat partout avec une puissance inouïe, déchirant même le tissu de la réalité. Doc, Arkan et le Platane Sacré sont touchés par la violence de la technique interdite. Doc et Arkan sont désintégrés tandis que le Platane explose en morceaux. Puis Judith tombe elle aussi à genoux, visiblement très mal en point. Je cours vers elle pour l’aider à se relever mais j’ai oublié que je n’étais qu’un corps astral.


— Il ne se régénérait pas, à proprement parler, explique-t-elle d’une voix faible. Son pouvoir fonctionnait comme une sorte de sauvegarde de restauration pour un ordinateur. Il revenait dans l’état dans lequel il se trouvait à un moment précédent en cas de dommage trop important. À chacun de ses retours il devait créer une nouvelle sauvegarde de son corps dans une autre dimension afin de se protéger : c’était ça, les courts sursauts de son cosmos. Je l’ai compris avec sa première utilisation du Caducée réparateur. Je lui ai fait une petite balafre à la joue juste avant qu’il n’effectue la sauvegarde. Cette balafre, il l’avait à chacune de ses régénérations, signe qu’il avait sauvegardé son état juste après. Il me fallait donc le tuer juste avant qu’il se régénère, mais c’était impossible avec la Porte des Dieux qui met trop de temps à se lancer. Mais il y avait une autre solution.

— Ah oui, cette histoire de pigeon... fais-je semblant de comprendre.

— Une sauvegarde de récupération d’un ordinateur sera inutile si le système crame. Je ne devais donc pas jouer selon les règles de notre ennemi, et cramer son système. L’ « orage cosmique » est une technique qui attaque tout ce qui est lié à la cible, peu importent les plans d’existence ou les dimensions dans lesquels ils se trouvent. J’ai donc grillé sa sauvegarde en même temps que son corps. Mais la technique interdite a de lourdes conséquences : c’est elle qui a emporté mon maître quand il a voulu me protéger contre les chevaliers rebelles de Dionysos. Je crois que je vais devoir moi aussi payer le... argh !


Judith vient de cracher du sang. Ses yeux brillent de peur. Ses muscles semblent de plus en plus faibles.


— Qu’attends-tu pour utiliser ton « Sol Invictus » ? m’inquièté-je.

— C’est... c’est trop tard.


Elle vient de perdre connaissance et s’écroule au sol. Je hurle d’inquiétude. Est-elle morte ? Impossible de m’en assurer ; je ne peux toucher son pouls intangible, comme je suis. Merde ! C’est pas bon, tout ça. Et je ne peux pas attendre voir si elle se relève. Je sens le cosmos de Sanka s’agiter, signe qu’il est arrivé à destination.

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