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Les derniers jours de Rome

Chapitre unique

Erotique

À Julia...



On ne se connaissait pas,


Je n’étais pas de sa caste,


Il y aura toujours un contraste


Mais nous étions heureux.


J’ai repris espoir,


Même depuis qu’elle n’est plus que cendres;


Tout ce que j’ai pu apprendre,


Je le garderai même lorsqu’il fera noir.



Je rêvais d’un autre monde,


Je n’ai jamais oublié d’où je viens,


Le jour où je lui ai pris la main,

En ce moment sur XStorySnap… (touchez pour voir)


Je voulais que tout le monde m’entende


Et sache que je lui appartenais;


Mon rêve devenait réalité,


Que tout l’univers se souvienne d’elle;


Jamais je ne me tiendrai devant l’autel.



Je viens d’un temps


Où les futurs hommes


Attendaient longtemps


Avant de se dévouer à la femme;


Quand ils me parlent de mon amie,


Même eux sentent des écumes d’eau


Couler le long de leurs joues car notre amour était beau


Même s’il ne se voit plus ici.



Je suis père d’une petite tribu


Et je veille sur mes terres,


Mes filles sont ce dont je suis fier,


Je n’ai jamais rien perdu;


Je leur inculque ce que je sais


Pour que de gentils garçons veuillent les épouser,


Je suis un homme heureux


Et je remercie nos dieux.



Les hommes en âge d’aimer


Usaient d’artifices


Pour que la femme leur soit donnée;


J’ai fait de la mienne ma complice,


Elle n’était pas de celles


Qui s’offraient facilement en cadeau,


Je n’étais pas l’homme le plus beau;


Je continue de remercier le ciel.



Au détour d’un couloir,


Elle est apparue un jour


Et des hordes de petits citoyens lui faisaient la cour,


J’étais le seul à la voir


Et à savoir ce dont elle avait envie;


Elle m’a fait signe de sa main blanche


Et un sourire s’est dessiné sur sa bouche:


C’est alors que j’ai su qu’elle était la femme de ma vie.



On me disait que je n’avais aucune chance


Mais quand je les voyais en pleine parade amoureuse,


Je croyais en mon étoile chanceuse


Et je vivais mon amour en silence;


Les femmes à en devenir


Se moquaient de ma toge


Et je n’entendais pas un éloge,


Seule cette fille était à mourir.



Un homme d’âge mûr


Et veuf


Ne connaîtra plus jamais un amour neuf,


Il y a parfois des jours durs


Parce qu’elle n’est plus là,


Elle ne possède plus ce grain de fantaisie


Qui faisait que quand elle me disait ci et ça,


Je faisais partie de sa vie.



Elle ne se pâmait jamais,


Elle m’a converti à ce jeu de regards


Et elle était mon reflet à travers les miroirs,


Je lui ai demandé de me guider;


Elle n’était pas du genre


À manquer de respect à nos camarades-


Quand est venue l’heure,


Elle a su comment me porter l’estocade.



Je ne suis pas tombé amoureux aussitôt,


Je me suis rendu sur ses lieux favoris


Et j’attendais qu’elle me sourit,


Elle était belle de dos,


Elle était belle en face à face;


Je me devais de briser la glace,


Les plus belles années de ma vie,


Je les ai passées en sa compagnie.



Elle était toujours accompagnée


D’une ou deux esclaves,


Les terres de ma famille se situaient dans une enclave


Où les siens n’étaient jamais allés.


Je l’ai vue plusieurs fois


Marcher sur nos terres


Sans jamais faire de manières;


C’est alors que j’ai perdu tout contrôle de moi.



Ses cheveux d’un brun peut-être commun


Faisaient fureur parmi nous autres Romains,


Elle était la majesté incarnée


Même si d’une simplicité...


Elle devait tourner sa langue


Sept fois dans ma bouche


Car n’en sortaient que les mots qui touchent.



Les premiers jours après la fin du monde


Sont toujours les plus nauséeux


Pour un cœur encore amoureux:


Dans le temple, sous la rotonde,


Je ne veux pas que l’on me l’a restitue,


Je prie chaque jour nos dieux sans exception


Pour que je puisse retrouver en paix celle que j’ai perdu.



Mes jeunes filles ont cherché par tous les moyens


De trouver pour moi la plus belle femme de Rome


Mais il ne peut y avoir une femme


Pour un homme comme moi sur le déclin;


Mon cœur est là où il a toujours été,


Je me recueille dès que le mal d’elle me submerge,


Le monde est encore peuplé de jeunes vierges


Qui assureront la pérennité de notre cité.



On pouvait la reconnaître aisément


Quand elle faisait ses emplettes sur les forums impériaux,


L’amour est le plus agréable des maux


Quand il vous frappe subitement;


Mes ancêtres avaient enlevé les femmes des cités voisines


Par la ruse et par la force;


Une tunique blanche cachait sa poitrine


Et laissait entrevoir son écorce.



J’ai vécu neuf vies,


J’ai été légionnaire dans mes plus jeunes années,


J’envoyais ma solde aux miens et à ma dulcinée;


Les hommes de pouvoir ont fait de moi son mari.


J’ai risqué ma vie mille fois,


Le glaive à la main, et son minois dans ma mémoire,


Quand les barbares nous attendaient dans les bois,


J’attendais mon heure de gloire.



J’ai fait ma réputation petit à petit,


Les champs de bataille étaient verts, rouges et or,


J’ai souvent vu de mes propres yeux la mort


Et toutes ces vies que la guerre a pris;


Pour faire son cœur mien,


J’allais chaque jour au temple


Et je versais mon propre sang pour l’exemple,


Les barbares nous attendaient au loin.



Il n’y a pas ou peu de plaisir dans une vie de soldat,


Vous êtes la fierté de votre nom,


Personne ne demande votre opinion,


Vous devez être prêt à mourir au combat;


Les dieux ont choisi les survivants


Et les malheureux,


Les combats étaient toujours sanglants


Et les morts gagnaient leur place aux cieux.



Tout est calme ce soir,


L’amour n’est plus ce qu’il était,


Les orgies à la mode où les hommes et les femmes débauchés


Ne veulent rien savoir


Auront tôt ou tard raison


De l’ancienne grandeur de Rome:


Je regrette le soirées officielles où les femmes


Cherchaient à briller par leur éducation.



Il ne doit plus me rester longtemps à vivre,


J’ai vécu la vie que je voulais mener,


Les prêtresses de la mort peuvent m’emmener


Et réciter les vers de leurs livres;


Les prétendants continuer de se masser en nombre,


Je désire rester dans l’ombre,


Le buste de ma femme trône dans le salon,


Que personne ne salisse son nom.


— Les draps sont restés froids.


Parce qu’elle ne partage plus ma couche,


Qu’on me donne l’opportunité de l’embrasser sur la bouche


Encore une fois;


Moi seul ai pu apprécier sa nudité,


Je lui ai voué fidélité,


J’ai refusé de jouir de la dot que son père plaçait sur elle


Parce que l’amour est immatériel.


— Quand elle m’a dit pour la première fois:


Je serai à vous pour toujours.


Je n’ai plus jamais douté de son amour,


Elle était faite de ce bois


Que l’on utilise pour créer une épouse digne de ce nom;


Il m’a fallu des semaines et des semaines


Pour qu’elle s’habitue à mes Je vous aime,


J’ai écouté et lu les poètes de renom.



Pour me différencier de ce que disaient les autres prétendants,


J’ai passé du temps,


Beaucoup de temps dans ma maison sombre et austère


En émettant le souhait que Vénus exauce mes prières;


Même en frimant et avec le compliment facile,


Ses soupirants rentraient à leur domicile,


Leur visage dur en disait beaucoup


Sur le fait que la séduction ne se produisait pas du tout.



Rome est un paradis pour quiconque souhaite s’unir,


Nos illustres poètes avaient raison:


Composez des vers en l’honneur de son nom


Et vous pourrez peut-être la voir rougir;


Certaines femmes ont la certitude de plaire,


Certaines femmes sont blanches comme neige


Et quand elles sentent que vous les aimez,


Elles sont fières,


Quand elles sont sûres que vous les aimez,


Alors elles se laissent prendre au piège.



Ô jeune femme, toi ma douce épouse,


Me voilà de nouveau à genoux,


Les fois où j’ai voulu te rendre jalouse...


J’étais fou;


Tu as donné naissance à nos filles


Et tu l’as payé de ta propre vie,


Ta mort a été connue de toute la ville


Mais tu n’es pas tombée dans l’oubli.



Je pensais être un de ces maris volages,


Dieu merci! Ce n’est jamais arrivé.


Son corps humide, parfumé et lavé


Laissait présager tempête et orage;


Cléopâtre et Marc Antoine


Seront encore connu au vingt-et-unième siècle


Mais des écrits secrets aussi témoignent


De notre amour anonyme et de ses miracles.



Ton chignon ordonné...


Tes yeux bleu océan...


Ton nez romain...


Ta bouche délicieuse...


Tes lèvres roses...


Ton cou...


Ta nuque...


Tes petits seins...


Tes mains amicales...


Ton cœur sensible...


Ta peau douce...


Ton ventre maternel...


Ton nombril...


Tes hanches...


Tes cuisses...


Tes genoux...


Tes pieds mignons...



J’ai fait vœu de chasteté


Le jour après qu’elle fut morte,


Son corps d’une grande beauté


A été transporté sous bonne escorte


Au-delà des murs de notre ville-mère;


Avant qu’elle ne soit emportée par les flammes et le vent,


J’ai placé une pièce d’argent


Sur chacun de ses yeux afin de payer les Enfers...



Afin de payer les Enfers


Et qu’elle puisse avoir sa place


Parmi ceux que personne ne remplace;


Mon esprit a été livré aux chimères


Depuis ce jour funèbre,


Nous sommes dans les premiers jours du printemps


Mais je suis en plein décembre,


Je n’entends plus les oiseaux et leurs chants.



Je ne savais pas ce que c’était


De fêter le jour des amoureux


Quand on n’est plus heureux,


Je me sens vieux et laid,


Mes amis continuent de vénérer Cupidon


Et sa Psyché mais ils ne peuvent pas savoir


Ce que c’est de fermer les yeux le soir


Et de faire des cauchemars en prononçant son nom.



Je n’ai jamais su poser les questions


Mais je voulais tout connaître,


Je n’étais pas intéressé par les peut-être,


J’étais tout ouïe, j’écoutais avec attention;


Mon feu père a décelé très vite les premiers symptômes


Et m’a tout appris,


J’aimerais revivre cet amour de môme,


J’aimerais parfois que les dieux lui redonnent vie.



Les jeunes hommes et les jeunes filles


D’aujourd’hui n’ont plus les même valeurs,


Rome n’a plus la même grandeur


Depuis que les barbares la pillent;


Tant de fêtes bacchanales


Et tant de décadence,


Où s’écrivent les romances


Dans lesquelles les jeunes femmes nous donnaient tant de mal


— Avant qu’elles nous offrent leur premier baiser?


Que deviennent les amours vraies?


Vous savez? Quand tout vous échappe


Et que vous avez peut que la malchance vous rattrape...


Jouissez de la paix relative qui règne sur notre empire


Parce que vous devez déjà vous préparer au pire;


Ne jouez plus à ces jeux dangereux...


Ne jouez plus avec le feu.



Les tapis de Perse


Et les fourrures de Germanie


Ont embelli notre nid


Mais ma femme laissait toujours planer le suspense,


Mes présents lui faisaient plaisir,


Je pouvais le voir à son sourire;


Je voulais son bonheur.


— Elle refusait d’étaler notre richesse.


Quand nous recevions des invités,


Elle faisait des mains et des pieds


Pour que je la laisse seule maîtresse


De ces repas où la joie et l’allégresse


Étaient les mots-clés;


Son charme et sa simplicité


Étaient dignes d’une princesse.



La vie est joueuse


Quand vous êtes heureux,


Vous êtes enfin amoureux


Mais voilà... La vie est menteuse;


Je la pleure toujours,


Elle avait exaucé le dernier de mes vœux


En accueillant dans son ventre le fruit de nos amours.



Julia...


Il me reste beaucoup d’images de toi


Et je ne peux m’empêcher de laisser couler ces larmes;


Julia...


Quand je t’ai passée la bague au doigt,


Rien ne présageait ce drame.



Les nouvelles sont mauvaises


D’où qu’elles viennent,


Je ne suis plus sûr que les oies sacrées du Capitole nous préviennent


En cas d’attaque par surprise;


Ils exhibent maintenant fièrement


Les aigles des légions qu’ils ont anéanti,


Des castes ont déjà pris le parti


De déclarer Rome ville ouverte aux peuples errants.



Elle n’aimait pas particulièrement les adieux


À chaque fois que l’on m’a appelé pour la guerre,


Elle m’a même dit un jour que je lui préférais le fer,


J’aurais pu facilement choisir entre les deux,


L’Humanité n’est faite que de violence et de conflits,


On n’aime qu’une seule épouse;


Les hommes se rendent là où la jeune herbe pousse;


Je ne m’y rends plus aujourd’hui.



Les orgies à la mode


Me retournent l’estomac,


Où sont passés les galants délicats?


Ils en viennent même


À inviter leurs amis


Pour qu’ils assistent à leurs ébats


D’avec celles qu’ils aiment;


Je ne suis plus d’ici.



Julia était fière de sa beauté,


Elle avait conscience de ses charmes


Mais elle ne jouait pas de ses larmes


Pour faire tourner la tête de quelque homme délaissé;


Je me serai giflé jusqu’au sang


Si j’avais touché son corps ne serait-ce d’un doigt


Sans aucun consentement;


Auriez-vous fait comme moi?



Je ne regrette pas mes filles,


Je les aime plus que tout,


Elles ont le don pour dénicher des galants à leur goût


Qui n’ont pas le compliment facile;


Je ne les regrette pas,


J’aurais peut-être dû attendre un peu


Avant que les grossesses et la maternité prennent leurs droits:


J’aurais aimé rester amoureux.



Ma toge est peut-être immaculée


Et mes spartiates impeccables,


Leurs regards autrefois agréables


Se sont depuis évaporés;


Même si la loi romaine


Ne punit pas les maris infidèles,


Je n’ai jamais pris le risque de me brûler les ailes


En offrant aux femmes seules une aubaine.



Elle ne m’a jamais dit


Où ni qui lui a appris à chanter,


Sa voix avait le pouvoir de vous envoûter


Et quand le concert était fini,


Elle prétendait que c’était l’amour


Qui lui donnait envie de remplir la pièce


De décibels pendant que nos invités en extase


Et enivrés cherchaient en vain à lui faire la cour.



La loi romaine est claire:


Ne vous avisez jamais


De faire le siège d’une femme libre ou mariée


Ou bien vous finirez dans les galères;


Ma bravoure et mon insouciance


Sur le champ de bataille


M’ont permis de ne pas tenir compte des traits et des entailles


Qui meurtrissaient mon corps en confiance.


Julia n’aurait jamais été mienne


Si je m’étais conduit en couard;


Le soir,


Je me remémorais son haleine


Lors de notre premier baiser,


Au retour d’une prestigieuse victoire.



J’ai mis du temps


Avant qu’elle me fasse confiance,


Elle a été témoin direct de ma déchéance,


Elle était émue quand je lui revenais vivant,


Le monde est peuplé de millions de femmes,


Il n’en existe qu’une à étreindre,


Quand vous voyez les yeux de votre dame s’éteindre,


Vous ne vous remettez jamais de vos larmes.



Peu importe ce qu’elle exige de vous,


Ne soyez pas négatif


Ou bien elle oubliera tout


Avant même le moment décisif;


Peu importe ce qu’elle vous demande,


Montrez-vous fier


D’avoir été choisi parmi tous les hommes sur Terre,


Souvenez-vous en chaque seconde.



Attirez-vous les bonnes grâces


De ceux qui la côtoient de près;


Soyez prêt


À ce qu’elle vous laisse sur place;


Son entourage sera votre meilleur allié


Afin de vous lier


Avec celle qui vous plaît


Et à qui vous mourez d’envie de parler.



Les plus vertes années de ma vie,


Je les ai passées à élaborer plans et stratégies,


À surveiller et à relever mes filets


Afin d’apprivoiser le poisson capturé;


Au détour d’un couloir,


Ma Julia est apparue un jour,


Le cœur encore vierge d’amour


Mais les yeux pleins d’espoir.



Elle ne parlait jamais avec méchanceté,


Même aux esclaves,


Sa langueparfois chaude comme la lave


Était le respect incarné,


Sa tunique était blanche


Et vierge de pierres précieuses;


La mort tient sa revanche


Une fois que la femme est heureuse.



Quand je me levais le matin,


Mon premier regard était à elle,


Elle était encore dans son sommeil


Et je me faisais alors taquin;


Une main posée sur son cou,


Je soufflais du vent sur son visage,


Elle ouvrait les yeux tout d’un coup


Et j’y voyais un orage.



Je me demande si les courtisanes


Se moquent d’une vieille âme


Comme la mienne


Depuis que mes yeux ont perdu de leur flamme.


Je les repère


Parce que leurs robes brunes ne me sont pas inconnues,


Je n’ai jamais fini dans les galères,


Je n’aurai jamais envisagé une telle déconvenue.



J’ai perdu toute envie,


Tout désir d’aimer et d’être aimé,


Je ne suis pas une âme damnée


Mais depuis que Julia a perdu la vie,


Je ne suis plus un inconditionnel


Des produits de beauté;


Je ne me remettrai jamais de cette perte.



Tout homme et toute femme cherche sa moitié,


Les amours sont souvent de raison,


Une jeune fille reste dans sa maison


Jusqu’au jour où son père lui a trouvé le mari parfait;


Les pères et les maris savent compter les cartes,


Pas question d’une incartade,


Julia avait un cinquième as


Pour faire preuve d’audace.



Je ne sais combien de fois


Des colporteurs ont sous son nez


Et à ma barbe proposé des merveilles du monde entier,


Jamais elle n’a exigé de moi


Que je signe un billet et que j’achète les présents;


Ça a été en étant original et imaginatif,


En me montrant compréhensif


Que sont nés ses sentiments.



Son père lui avait pourtant trouvé un fiancé,


Un homme de prestige,


Je me souviens: j’ai eu des vertiges


Quand j’ai appris que l’homme s’était déplacé


Jusqu’à la villa de ma dame;


Que pouvais-je lui offrir


À part une vie de faits d’armes et de larmes?


J’étais résolu à la voir partir.



On a beau être vu comme un héros,


On n’en reste pas moins un homme,


L’amour est plus fort que les faits d’armes,


Vous mourrez seul comme un idiot


Si vous avez décidé de laisser faire le destin;


Reprenez-vous en main


Et osez prendre des risques pour la première fois...


Peut-être reviendra t-elle sur ses pas...



Les hommes de pouvoir vous demandent


De ne pas toucher les femmes libres,


Ils s’attendent


À ce que l’on se rende


Chez les courtisanes ou chez les prostituées;


Il n’y a pas de place


Pour les coups de cœur,


Les barbares se massent


Et s’amusent à nous faire peur.



Que je sois leur prisonnier


Ou qu’ils me tuent,


Des choses de l’amour, j’ai tout connu,


Il n’y a plus rien qui puisse m’étonner;


Qu’ils me mettent les fers aux pieds


Ou qu’ils m’exécutent,


De toute façon, je suis proche de la chute,


Eux ne savent pas que j’ai perdu la femme que j’aimais.



Rien ne me faisait plus de mal


Que de voir Julia


Sans son sourire d’un jour optimal;


Caressez ses doigts...


Placez-vous à ses côtés...


Sondez son cœur, sondez son âme...


Déposez un doux baiser sur les lèvres de votre dame


Et dites-lui à quel point vous l’aimez...



Quand Julia était dans un beau jour,


Elle vous parlait de tout et de rien,


Elle plongeait ses yeux dans les miens


Et me parlait de son amour;


Je n’ai jamais vu en elle


L’arrogance de certaines patriciennes,


Les plus belles femmes du monde sont romaines,


Elles exigent que vous dites qu’elles sont belles.



Une esclave ne faisait pas les choses qu’il fallait...


Ma femme ne lui en tenait pas rigueur,


Il en fallait beaucoup pour la mettre de mauvaise humeur,


À combien d’esclaves a t-elle accordé la liberté?


De bons et loyaux services


Méritaient que l’on brise leurs chaînes,


Telle fut leur surprise


Quand on mettait fin à leurs années de peine.



Quand Julia a été enceinte


Alors qu’elle était encore dans ses années vertes,


Évidemment qu’elle faisait de moi un nouvel homme heureux,


Il n’était plus seulement question de nous deux;


J’aimais de jour en jour ses rondeurs,


Je veillais à ce qu’on l’a rende de bonne humeur,


Désormais porteuse de la vie,


Elle n’en était pas moins une femme épanouie.



Je n’aurais pas dû jouir


De ses jeunes années,


Que mon âme soit damnée


Et que l’on nous permette de nous réunir;


C’est de ma faute


Si elle a perdu la vie;


Elle est morte en donnant la vie:


Tout est de ma faute.



J’ai senti le sol sous mes pieds


Ce jour funeste,


De mauvais souvenirs me restent


Bien des années après;


Les sages-femmes sont venues me voir,


Il devait être le soir,


Sur leurs visages, je ne pouvais lire la joie,


J’ai senti le malheur s’abattre sur moi.



J’ai demandé à pouvoir la voir,


Les sages-femmes voulaient m’en empêcher


Mais mon désarroi les a touchées


Et mes larmes ont dû les émouvoir


Parce qu’elles m’ont conduit


Dans ce qui fut notre chambre nuptiale;


Julia,


Jusqu’alors épanouie,


Était devenue pâle.



Un drap blanc couvrait ses blessures profondes


Et sanglantes,


Que la mort a t-elle fait de l’enfante


Dont on prenait soin depuis quelques secondes?


Ma femme semblait dormir paisiblement


Mais je savais qu’il en était autrement;


Je ne pourrai échanger mes exploits de légionnaire


Contre une grâce des Enfers.



Les années se sont suivies


Et se sont ressemelées,


Les années blanches de ma jeunesse se sont laissées posséder,


C’est ainsi;


Le bruit court que les barbares


Ont commencé un énième siège,


Que nos dieux nous protègent


Même si je sais qu’il est trop tard.



Ce n’est pas d’aujourd’hui


Que je mets de l’ordre dans mon bureau,


Je ne compte pas laisser mes souvenirs de héros


Sombrer dans l’oubli;


J’ai fait déplacer le buste de Julia


Et je pourrai l’admirer à ma guise,


Je rejoindrai bientôt la femme que l’on m’a prise...


Je veux être près de toi.



Je préfère me transpercer le ventre


De mon propre glaive


Plutôt que de sentir la lame de leurs glaives


Courir le long de ma gorge.


Je demanderai aux miens


Et à ceux qui ont supporté de me servir


De partir;


Le bruit court que les barbares entreront dans la ville demain.


— Je demanderai aux fiancés de mes filles.


De les emmener loin de la ville


Et de prendre soin d’elles selon mes dernières volontés


Tel que je l’ai demandé;


Il n’y a pas d’âge pour mourir,


Le monde est aux jeunes gens,


L’avenir appartient à ceux qui encore du temps.


Il y a un temps pour partir.



Je fais souvent ce rêve pénétrant


Où Julie me parle et vient me voir,


Armée de son plus beau regard,


Elle m’apprend


Que ce n’est pas un péché de lâcher prise;


Elle me dit que si je l’ai vraiment conquise,


Je crois accepter le cycle de la vie


Et me préparer à demander ma place au paradis.



Nous avions pris une chambre


Avec vue sur l’amour,


Ô je regrette le temps où les amours étaient tendres;


Je ressentais tous les symptômes


De la maladie d’amour


Quand on se retrouvait le soir;


J’aimerais revivre mon amour de môme.



Julia...


Je te rejoindrai très bientôt


Et la mort nous réunira;


Julia...


Quand ils me brûleront jusqu’aux os,


Nous revivrons notre amour


Comme au premier jour.



Des bûchers s’improvisent


Pour brûler les tablettes impériales,


Nos meilleurs ennemis avancent d’un pas martial


Vers Rome bientôt conquise.


Les vestales sont conduites en lieu sûr


Parce qu’elles sont sacrées,


Rome ne se remettra jamais de ses blessures;


Je ne me remettrai jamais de cet amour salé sucré.



Les poètes sont cannibales:


Ils jouissent


Des beautés de leur muse


Mais ils ont mal


Quand ils lui donnent la mort;


Ils pleurent


Et chantent ses louanges


N’importe où, n’importe quand.



J’aurais aimé qu’elle me laisse


Un peu de son parfum sur mon coussin,


J’ai programmé ma mort pour demain,


Il n’y a pas d’allégresse


Quand la mère patrie chérie


Chante son chant du cygne,


Je vous en supplie: envoyez-nous un signe


Et nous pourrons reposer au paradis.



Tu me demandais de te prendre dans mes bras...


Je me sentais bien


Quand tu t’occupais de moi...


Tes baisers avaient un goût différent


À chaque fois...


Je prenais une décharge d’électricité


Quand je passais ma main dans tes cheveux...


Emmène-moi avec toi,


Julia...


Parle-leur de nous,


S’il te plaît...


Je ne regarderai pas derrière,


Je te le jure...


Je n’ai jamais cessé de t’aimer,


Sois à moi à jamais...



Je partirai les pieds devant,


On me brûlera


Et le vent m’emportera,


Tout marche selon mes plans;


Rome vit ses dernières heures,


Certains pèreS tuent leurs filles


Plutôt que d’avoir à affronter la honte et la douleur,


Les barbares font peur quand ils arrivent en ville.



J’ai fait mes adieux en secret


À tous ceux et celles qui ont été à mon service,


La liberté est une récompense


Bien méritée;


Avant qu’ils partent,


Je joue ma dernière carte:


J’ai convoqué mes beaux-fils


Et je leur ai demandé un dernier service...



Maintenant que je sais mes filles en sécurité,


Je peux m’atteler en toute tranquillité


À la dernière chose qu’il me reste à faire;


Sur mon bureau trône le glaive qui a fait ma célébrité,


La lame ne porte pas les impuretés


Du temps et du sang des barbares.



Ce glaive m’a sauvé la vie,


Il n’a pas de prix,


J’ai été un héros du passé;


Les femmes se moquent de moi aujourd’hui,


Elles se pavanent dans les bras de leurs maris,


Julia... J’aimerais sentir tes bras nus m’enlacer.



Les femmes ne connaissent pas les raisons


Qui m’ont poussé à me retirer dans ma maison,


Elles ne m’ont pas donné envie de me remarier;


On ne jette plus les femmes impudiques en prison,


L’Empire est en dislocation,


C’est un déclin bête à pleurer.



Le temps des billets doux et des baisers volés


Est définitivement envolé,


Le sang et la mort sont mon avenir à court terme;


Les amants autrefois secrets sont collés,


Ils sortent au grand jour pour se parler,


Leurs caresses sont tendres et fermes.



Cela faisait longtemps


Que je ne m’étais pas mis à nu complètement,


Je m’empare de mon glaive d’une main sûre;


Le temps défile désormais autrement,


Je ne suis plus que tremblements


Et je sais que je ne survivrai pas à mes blessures.



Je ne m’y reprendrai pas à deux fois,


Julia... Aide-moi.


La mort sera ma dernière amie;


Je serre le manche avec mes doigts,


Julia... Emmène-moi avec toi.


Tout vaut mieux que cette vie.



Je me demande ce que tu portes


Et comment tu te comportes


Depuis que la mort nous a séparés;


Me feras-tu honneur quand on se retrouvera?


Me laisseras-tu poser mes mains sur toi?


La mort nous aura remariés.



Le monde n’existe plus, et je sens mon âme quitter mon corps,


Encore un effort...


Quelques minutes, les jeux seront faits;


Il n’y a plus rien à faire,


Juste revenir en arrière


Et ne rien oublier;


La douleur est vive,


Mais c’est pour que cet amour revive,


Glaive! Hâte-toi de bien faire ton devoir;


Quelques secondes encore, et ce sera bon,


Personne à l’horizon...


Je commence à voir ma femme même s’il fait déjà noir.



Julia...


Ouvre grand tes bras,


Tu es restée si belle;


Julia...


Serre-moi contre toi,


Tu es restée la même;


Julia...


Entrelaçons nos doigts,


Le sang s’échappe de mes veines.


Julia...


Dis-moi


Que tu as toujours envie de moi,


La vie est vaine


Mais l’amour est éternel:


JE T’AIME.


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