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Les doutes légitimes

Chapitre 1

Le bal

Divers

Soudain, comme aspirée vers un abyme inconnu, la descente vers l’inexploré s’amorçait. Ça prenait pourtant un temps fou. Bloqué dans le noir, avec des à-coups qui maintenaient une pression incroyable, ça durait depuis une éternité. Puis soudain, le monde ouaté, douillet, liquide, chaud, garant d’une vraie sécurité cédait la place à une lumière incroyable. Et au fond de ce corps minuscule, comme les ailes d’un papillon jusque-là repliées, avec une brulure intense, l’air entrait dans les poumons.


Ce qui avait guidé et aidé le passage des épaules cramponnait désormais les minuscules talons. Quelque chose entrait en contact avec le derrière. Une petite claque pour un premier cri. Puis comment expliquer que l’on puisse se retrouver de l’autre côté de cette barrière protectrice, dans le frais d’une nuit, dans celui d’un petit matin ou de n’importe quel moment d’un jour tout neuf ? Plus de remparts pour amortir les bruits, les chocs, les cris… une vie commençait sans abri.


Mais une tentative de grimper toujours soutenue par des tentacules solides, et cette première odeur. Une sensation inoubliable, celle qui durant des mois entiers avait transité par un cordon qui reliait la petite chose à cette chair dont le parfum était de suite enregistré. Enfin une nouvelle fois cet ineffable plaisir de courte durée de retrouver pour un instant l’élément doux et liquide de la longue attente. Une toilette qui elle ne s’éternisait pas… dommage ! Suivie de suite par le monstrueux calvaire de se sentir privé de mouvements.


Engoncé dans ce que ceux-là voulaient à tout prix l’obliger à passer, membres tiraillés de tous les côtés, et pour finir, posé d’abord sur le dos dans un endroit sans plus aucune possibilité de flotter. Le poids même minime de ce corps vagissant dans un environnement inconnu… Restait la musique. Celle perçue des semaines durant, celle mélodieuse aux toutes petites oreilles, juste suffisante pour se raccrocher à cette voix ; la seule, la vraie.


Quelque chose avait aussi traversé l’espace au-dessus du berceau. Une grimace immédiatement interprétée comme un signe de bonne forme. Un coup de tonnerre aussi qui éclatait dans une tête posée sur le matelas, pour un elfe qui n’avait pour toute défense que le sommeil. Alors, le parfum était revenu, en plus fort, et d’instinct la bouche s’était entrouverte. L’heure du repas… ceux-ci, sous cette forme-là reviendraient de longs mois, plusieurs fois par jour pour les plus chanceux.


Pour les autres, ils connaitraient ce bonheur de la tétée naturelle quelques jours, puis le caoutchouc viendrait remplacer la mamelle. Tous se souviendraient-ils de ce premier moment, de ce premier lait si bénéfique à la vie ? Sans doute pas. Nature bien faite qui nous faisait oublier les traumatismes, car c’était bien un choc que de quitter le nid d’ange maternel pour atterrir parmi les humains. Mais pour tous les hommes de la terre… un passage obligé… comme celui de la mort finalement !


— xxxXXxxx —


Huit mars d’une autre année :



— Oh ! Marie… c’est le portrait tout craché de son père. Comme elle est belle votre fille. Comment allez-vous l’appeler déjà ?

— Léa ! C’est Daniel qui voudrait qu’elle s’appelle comme sa maman.

— C’est beau Léa ! Puis ça sonne bien… tu es heureuse, Marie ? Et toi Daniel… ?


Une larme… elle vient de tomber sur le drap blanc de ce lit de la maternité. Juste une goutte d’un trop-plein d’émotion. Comment ne pas être heureuse de voir ce bébé qui dort là, à peine sorti de ses entrailles ? Une petite merveille avec deux bras, deux jambes, une tête… tout est parfait et Marie est fière de ses longues semaines de patience. Daniel aussi, mais lui n’a pas porté cet enfant et c’est là toute la différence. Bien sûr qu’il l’aime déjà, qu’il est content de sa fille.


Marie pourtant garde un secret. Et dans les mots que prononce sa mère… elle veut trouver le repos, la paix. Mais à vingt-cinq ans, le poids de ce qui la travaille reste tout de même si lourd. Alors les paroles de sa propre maman la réconfortent pour d’autres raisons. Oui… Jeanne a bien dit : « c’est le portrait tout craché de son père ». Seulement voilà… son père… qui est-il ?


— xxxXXxxx —


Le dix juillet. Quelque neuf mois plus tôt :


— Daniel si nous sortions pour le Quatorze Juillet… j’ai envie d’aller danser, de rire, de bouger, quoi.

— Tu sais moi Marie… les bals et la danse… Mais tu peux y aller avec Édith, ma sœur, elle aime ça aussi.

— Pourquoi tu ne veux jamais me faire plaisir ? Tu n’aimes pas danser alors, je dois rester enfermée pour tes beaux yeux ?

— Je bosse toute la sainte journée, tu crois vraiment que j’ai le cœur à guincher le soir ?

— Mais… le bal du Quatorze Juillet, quand même…

— Vas-y avec ma sœur, puisque ça te démange tellement d’aller te trémousser devant les gens sur la place du village. J’en profiterai pour dormir et récupérer un peu.

— Pff… quel rabat-joie ! Tu ne sais pas ce que tu vas rater…

— Si… un beau tour de reins et ça ne m’intéresse pas plus que ça.

— Comme tu veux ! Tant pis pour toi donc.


Encore un de ces moments où le garçon avec qui je vis depuis deux ans, Daniel, dont je suis éperdument amoureuse ne désire pas partager avec moi. Je ressens comme une sorte de frustration à ce non catégorique et sans appel. Eh bien, Édith ma belle-sœur me servira donc de chaperon. Enfin… si elle le veut bien, parce que souvent, elle a les mêmes idées que son bourru de frère. Ce n’est que dans trois jours le bal, alors mon compagnon a bien encore le temps de changer d’avis.


Oui, avec Édith donc, nous nous rendons sur la place et nous y retrouvons nombre de gens que nous connaissons. Bien sûr, j’ai droit une partie de la soirée aux éternelles questions : « Tu n’as pas amené Daniel ? » Ou : « Il n’est pas là ton mec ? » Et puis dès les premiers flonflons de l’orchestre, ça se calme. D’abord ma belle-sœur, célibataire, âgée de deux ans de moins que son frère reste en ma compagnie. Nous tournons sur des airs d’accordéon, riantes et heureuses de briser un peu le cercle d’un quotidien bien morose.


Enfin, après une bière ou deux, un grand blond vient l’inviter et avec un regard suppliant pour moi, elle me voit lui faire un signe du menton. Ça veut dire vas-y, fait ce qui te plait. Après tout, elle est en âge de choisir et je peux comprendre que jamboter avec la femme de son frangin, n’a rien de folichon. Le cavalier d’Édith revient plusieurs fois à la charge et elle s’envole à chaque retour sur le parquet improvisé. Il fait bon, nous sommes en juillet et mon Dieu… la vie n’est pas si moche.


Je ne fais pas non plus longtemps tapisserie. Un grand mec, dont le visage ne me dit absolument rien vient au bar très campagnard où je picole une troisième bibine. De toute façon, c’est jus de pomme, pinard ou bière, le choix est donc limité. Celui qui passe dans mon champ de vision pour s’accouder à mes côtés est grand, brun, dans le style de mon Daniel. Il ne dit rien dans un premier temps, se contentant de vider sa pression.


Lorsqu’elle est sirotée, il tend son godet vers le père Armand, responsable du comité des fêtes qui tient le bar. Le petit bonhomme chauve, rondouillard sautille d’un pied sur l’autre, s’active et attrape au vol le verre pour le remplir.


— Armand ! Tu ressers aussi la demoiselle !


Je vois le gentil barman qui affiche clairement un sourire entendu. Il remplit donc un second glass qui vient en remplacement de celui pas tout à fait terminé que je tiens en main. Il se penche aussi vers le gars qui doit afficher une trentaine d’années au compteur de la vie. Et les paroles d’Armand d’un coup, bien que dites d’une manière peu appuyées, m’arrivent dans les oreilles.


— Tu ne vas pas encore te saouler et mettre le bordel, hein ! Bois un coup Alain, et amuse-toi, mais ne cherche pas la bagarre… ta mère ne serait pas contente.

— Ça va ! Je suis là pour danser un peu. Ne t’inquiète donc pas…

— Ouais, ben, tu as quelques précédents et nous sommes entre amis ici. De plus la dame… elle est mariée et Daniel est un brave type. Alors tu déconnes pas, d’accord ?

— Pff ! La confiance règne !

— Tu n’en as guère donné de preuves jusque-là, alors mieux vaut tenir que courir.


Puis happé par un autre verre à remplir, le petit bonhomme file vers son client impatient de se rincer la glotte. Le dénommé Alain, si j’ai bien saisi son prénom, vient de se tourner vers moi.


— Tu veux danser ? Après ta bière bien sûr !

—… je ne sais pas trop !

— Je vois ! Tu as capté ce que Monsieur Armand vient de me claquer dans les esgourdes. Mais ne t’inquiète pas. C’est mon paternel et nos vieux ont toujours la trouille que leur progéniture ne soit pas correcte. Tu ne risques rien, je serai sage, promis juré.

— Je ne savais pas qu’Armand avait un fils.

— Ben c’est normal, je vivais avec ma mère. Ils ont divorcé quand j’étais tout petit et je vis ailleurs.

— Ah… ceci explique cela !

— Alors on s’offre un tour de piste ? Quelques pas en musique pour nous mettre en forme. Il fait bon, les musicos sont bons, et puisque nous sommes deux… Et il est où ton bonhomme ? Tu es bien marida ?

— Marida ? Je ne comprends pas !

— Mariée quoi ! Ton mec est dans le coin ?

— Sans doute…

— Menteuse avec ça ! Je t’ai vu débouler avec une autre nana. La petite qui danse là-bas près de la fontaine… enfin quand je dis qui danse… elle serait plutôt en train de rouler une galoche à son cavalier.


Je me suis retournée et je fixe la direction que ce type semble indiquer du regard. C’est vrai qu’Édith parait fricoter avec le fils de l’institutrice, Jacquot. Elle est fort occupée et apparemment, ce ne sont pas que des paroles qu’ils échangent les deux-là. Mais après tout elle et lui sont libres et c’est bien qu’elle flirte un peu. Alain qui s’amuse de me voir regarder ma belle-sœur, me prend soudain la main. Merde ! Sa patte est chaude, presque trop douce.


— On y va ? Un ou deux morceaux… tiens ! Un slow, c’est bon ça pour commencer.

—… !


Il ne me laisse guère d’autre alternative que de le suivre puisqu’il s’élance parmi les couples sur la piste improvisée en me tenant toujours le poignet. Et je me retrouve avec sa patte dans le dos et il me colle littéralement. Il est plus grand que moi d’une bonne tête. Tout autour de nous d’autres danseurs, mais personne ne s’occupe vraiment de qui est qui et puis, ce n’est éclairé que par des lampadaires pas très performants. Au bout d’un moment, je me sens presque bien. Lui se presse, serre contre moi et un court instant, je rêve que c’est Daniel qui…


Malheureusement, mon mari ne veut jamais venir et ne sait pas seulement dansotter. Mon cavalier a la main qui de mon épaule vient de couler littéralement sur ma colonne vertébrale et reste scotchée sur le haut de mes reins. Jusque-là rien de trop anormal. Mais alors, pourquoi est-ce que j’ai une sorte de coup de chaleur ? Les trois ou quatre bières ingurgitées ? Je ne sais plus trop. Je ferme les yeux et le tourbillon qui nous entraine, grâce aux accords langoureux de l’orchestre me fait tourner la tête ?


Étrange comme mon sang ne fait qu’un tour. La patte s’est encore déplacée. Pas celle qui est enfermée dans la mienne, non. Celle qui me touche le dessus des fesses, elle vient de bouger. Pas de beaucoup, dix à quinze centimètres, suffisamment pour que j’en ressente les effets. Je suis tétanisée et mes paupières fermées, je me sens frémir tout entière. Mince alors, quel culot ! Comment peut-il me tripoter de la sorte ? Sous mon crâne c’est la tempête. Pourquoi est-ce que je ne lui dis rien ? Je ne fais pas un mouvement pour lui interdire non plus d’insister.


Les doigts impriment un mouvement sur le tissu de mon jean. Ils s’incrustent dans la chair qui reste inaccessible. Alors de drôles de sensations me montent dans le corps. Et le type qui me guide toujours, au son de la musique, se penche sur mon cou. Je frissonne. Daniel… pourquoi as-tu refusé de m’accompagner ? La bouche qui souffle sur mon oreille, elle ne va tout de même pas se permettre… ben si ! Pas le lobe, pas le lobe, par pitié. Prière muette et bien vaine. Il me suffirait d’ouvrir les lèvres pour que cesse le manège.


Mais nous sommes pris par la ronde des slows que distillent les musiciens. À croire qu’ils veulent aider mon chevalier servant. Je gémis presque sous les dents qui mordillent cet endroit si délicieusement érogène chez moi. Réaction immédiate de mon corps, je sais, je sens que mes seins aussi vont participer à la fête. Les pointes sont d’un coup, dans mon soutien-gorge, tendues comme deux flèches. Et cet Alain qui me tient serré contre son torse, il doit bien les percevoir qui se gonflent sans raison.


Si, il y en a une pour sûr. Et je suis là à me sentir d’un coup envahie par cette envie que le fils d’Armand insuffle malicieusement à tout mon être. De tels émois que seul Daniel est autorisé à provoquer chez moi… jusque-là. Drôle ! Ce vocable que je me sens obligée de rajouter ! « Jusque-là », comme si dans mon cerveau, il y a un avant et un après ! Et le gaillard persiste, il doit déjà se rendre compte qu’il a fait un pas vers ce que je sens qu’il attend. Qu’il espère ? La patte sur mon fessier… palpe plus encore, les chairs enfermées dans le tissu.


— T’as l’air extra bonne !

—… quoi ?

— Allons, ne fais pas celle qui ne comprend ou n’entend pas ! Je sais, je suis certain que tu en as envie. Autant que moi !

— J’ai soif, on va boire un coup ?

— Reste un peu, juste un peu… puis nous irons boire une bière !

—…

— Allez ! Dis-moi que tu ne mouilles pas ! Dis-le-moi !

— Ça suffit ! Si vous ne vous taisez pas, je file.

— Mais non ! Tu as envie de baiser et moi aussi. Je sens tes nibards qui voudraient percer la laine de ton sweat. T’es bien roulée…

— Je suis mariée… ça ne vous vient pas à l’esprit que j’ai un mari ?

— Et alors ? Tu crois que les cocus sont toujours tous au courant ? Ce n’est pas moi qui vais aller lui chanter que sa femme… est bandante. Et puis s’il ne veut pas qu’elle s’amuse sans lui, pourquoi la laisse-t-il trainer seule la nuit ?

— C’est la fête du village et puis d’abord, ce ne sont pas vos oignons !

— Ouais ! Mais moi, je sais, je sens que tu es un peu… délaissée et que le désir est là. Profite de la vie ma belle ! Elle est courte.

— Alain… arrêtez cela tout de suite.

— J’adore ta voix quand tu prononces mon prénom. Un vrai bonheur et puis… tu veux que je te dise ? Tu as un cul d’enfer. Bien ferme sous la main, bien chaud et moi aussi, j’ai besoin de te faire plaisir.

—… ? Franchement, votre père a raison. Soyez sage.

— Merde ! Sage ? Mais tu t’entends parler là ? Sage ? Comment peut-on rester sage avec une pareille bombe dans les bras ? Je ne pige pas pourquoi un type qui possède un tel trésor le laisse à la portée des voyous tels que moi…


Il éclate de rire et quelques têtes se retournent pour voir celui qui fait plus de bruit que l’orchestre. Les quinquets fermés, je feins d’ignorer ce qu’il vient de me marteler. Il se croit donc obligé de poursuivre, non plus en paroles, mais en actes. Et les doigts qui malaxent mon derrière coincent mon pantalon en toile dans la partie fendue de ce postérieur où ils opèrent. Je songe d’un coup que la moitié du bled voit ce mec qui me triture le cul et je pique un vrai fard. Mais dans notre décor plutôt rustique, champêtre, personne ne doit savourer le rosissement de mes joues.


Je tente de me décrocher de lui, mais l’animal me garde contre son corps et son bras qui me maintient a une sacrée force. Il faut aussi avouer que je n’y mets pas non plus une grande ardeur et que surtout, je ne crie pas ni ne rue, presque prise au jeu du chat et de la souris ! Une souris qui est en passe d’être dévorée sans vraiment se défendre, avec son aval aussi pour un peu. Il gagne peu à peu du terrain.


— Tu veux que nous allions faire un tour ? Je connais un petit coin tranquille !

—… pour quoi faire ? Qu’est-ce que vous vous imaginez ?

— Rien ma belle ! Rien, enfin seulement que tu dois être trempée, que j’aimerais visiter ta cave !

— N’importe quoi !

— Tu ne voudrais pas que je t’embrasse là devant tout le monde ? Apparemment tu es une fille du pays et tout le monde a les yeux braqués sur nous. On doit former un beau couple.

— Je risque bien d’avoir des ennuis demain avec vos manières déplacées.

— Ben… tu ne risqueras pas plus si nous allons au bout de nos envies. Un peu plus un peu moins… ce que j’en dis-moi, c’est que ça ne peut pas nous faire de mal.

— Quoi ?

— De baiser un peu, discrètement quoi.

— Vous… vous vous rendez compte de ce que vous dites ?

— Ben oui ! Je pète le feu maintenant et puis… sens moi ça !


Il s’est de nouveau pressé un peu plus contre moi. C’est-à-dire que tout en continuant à danser, il a fait passer sa jambe entre les miennes et qu’il avance sa ceinture contre cet espace qu’il a conquis. Naturellement que je sais, je me doute bien qu’il bande depuis un bout de temps. Je suis du coup encore plus réceptive à ses avances pas très distinguées. Du reste, il n’est pas si fou et mon long frémissement est un signe qu’il a déjà analysé positivement. Il persiste à me faire tourner sur la musique très douce.


Et les paupières closes, je ne me suis pas vue attirée vers le bord de la piste, propulsée en douceur loin des autres couples. Du coup, il me lâche et prend mon poignet puis s’élance vers un recoin moins éclairé.


— Si tu savais comme… j’ai envie… de ça !

—…


Pas moyen de dire un mot. La bouche du gaillard est déjà sur la mienne. Sa langue force le passage. Oh ! Je ne vais pas mentir, il n’a aucune difficulté à me rouler une pelle. C’est comme si elle devait arriver. J’y réponds presque machinalement. Et puis c’est la débandade… pour moi, pas pour lui bien sûr. Il réussit à faufiler ses deux pattes sous mon sweat et sur le soutien-gorge, me malaxe les seins. C’est trop bien, trop bon, je flanche déjà. C’est un jeu d’enfant pour lui de trouver le bouton de la fermeture de mon jean !


Alors cette fois une main, celle peut-être qui a longuement flirté avec mes fesses glisse entre tissu et peau. Elle s’enfonce profondément dans le relâchement que crée le dégrafage du pantalon. Des pas dans l’allée où nous sommes plus ou moins cachées et il me colle contre le mur, masquant ainsi nos visages.


— Bonne nuit les amoureux !

— Humm !


Ils sont passés en courant, sans savoir vraiment qui se terre là. Un couple, dont la voix féminine, me semble jeune. A la recherche comme nous d’un isolement précieux et incontournable ? Les phalanges sous ma culotte ne se privent plus de rien. Elles touchent mon sexe qui bave d’impatience. Il sait, il comprend qu’il a gagné. Et moi, je ne suis plus tout à fait moi, seulement guidée par une envie que je ne peux même plus nier ou renier. Il n’a plus besoin de me tirer par le bras.


Je le suis sans discuter vers cet endroit qu’il connait. Et là… eh bien, c’est avec une force du diable que je commets l’irréparable pour mon couple. Avec les mains, avec la bouche, et puis tout le reste suit. Il me prend, me reprend sans aucun ménagement et j’en redemande. Nous faisons l’amour comme je ne l’ai pas fait depuis… quelle importance d’ailleurs ? Il s’enfonce en moi sur la mousse douce sous un grand chêne. Je bois jusqu’à plus soif cette liqueur qui me coule partout. Il est bien tard lorsqu’en fin je réalise ce qui vient d’arriver…


Un adultère ! Oui, mon pauvre Daniel cocu, sans aucun retour en arrière possible et l’autre qui reste là, à mes côtés, nu, la flamberge en berne. Je remonte mon pantalon, réajuste mon sweat. Et je file sur le bal de plein air. Je retrouve ma belle-sœur qui boit une énième bière avec son blondinet.


— Eh ben… où t’étais passée ? Ça fait un moment que je ne te vois plus…

— Je suis allée aux toilettes. Une envie pressante… la bibine sans doute !

— Ah ouais ? Ben, tu pouvais faire comme tout le monde ? Aller derrière l’église, sur le bord du champ ? Mon Dieu ces nanas de la ville !

— Dis donc toi… tu n’as pas le droit de…

— Respire ma vieille, détends-toi ! Je rigole… pas vraiment d’humour. Il va falloir que l’on rentre ! Sinon Daniel va encore nous chanter « Manon ».


Sur le chemin du retour, deux bons kilomètres à pied, on discute tout en riant. Puis comme ça sans que je sache pourquoi, je questionne Édith.


— Alors tu as conclu avec ton petit blond ? Il est pas mal notre Jacquot !

— Ben… j’aurais pu ! Mais figure-toi que ce con n’avait pas de capote… nous sommes passés dans une rue et un couple s’envoyait aussi en l’air, mais tu crois qu’il en aurait demandé une au zèbre qui se tapait sa nénette ? Penses-tu !

—…


Et je blêmis donc deux fois ! La première c’est bien d’apprendre que le couple qui nous a interpellés c’était Édith et son galant. Pour la seconde, c’est bien de réaliser que le fils d’Armand… n’a pas non plus mis de préservatif et je me traite intérieurement de cinglée, voire même de crétine patentée. Et si… d’aventure… ce con m’avait mise en cloque ? C’est de toute façon trop tard pour revenir en arrière.


— xxxXXxxx —



Troisième semaine après le bal du treize juillet :


Je prépare une omelette pour le diner. Je trouve que les œufs ont une odeur infecte. Pourtant, ils ont l’air de ne pas être mauvais. Bon ! C’est dans ma caboche, ça m’arrive de temps en temps. Finalement je n’en mange pas. Daniel ne demande pas mieux que de se taper la poêle tout seul. Il bosse beaucoup et ma foi, il doit compenser les calories perdues. Après le film, il a besoin d’un gros câlin, je ne vais tout de même pas cracher dans la soupe.


Nous nous couchons donc satisfaits de notre journée et surtout de notre petit jeu entre adultes. Ce n’est pas vraiment l’extase du siècle, mais dire que je n’y ai pas pris un peu de plaisir serait aussi totalement injuste pour lui. Il a fait des efforts et mon Dieu… disons que c’était passable. Je m’endors, détendue et sereine. Mon réveil est plus compliqué. Un arome de café embaume la maison, arrivant de la cuisine.


Passage obligé aux toilettes dès le saut du lit, un pipi pressant. Daniel a servi nos deux bols d’un breuvage sympathiquement noir. J’y trempe les lèvres, en bois une gorgée. Bizarre ! Juste un aller et retour dans le ventre et me voici courant pour la seconde fois vers les w.c. Mais là c’est bien mon estomac qui me joue des tours. Je suis patraque. Mon mari s’en inquiète de suite.


— Eh ! Marie ! Tu es malade ? Qu’est-ce qui t’arrive ce matin ? Tu n’as déjà rien avalé hier soir au diner… tu ne te sens pas bien ?

— Ben… c’est surement un coup de mou, ou un peu de froid !

— Un refroidissement en aout ? En plus ce n’est pas la saison de la grippe ! Alors…

— Franchement, je n’en sais rien. Je me sens vaseuse, c’est tout. Ça va passer on ne va pas en faire tout un fromage.


Il est gentil Daniel ! On ne choisit pas d’être bien ou mal. Il peut arriver que l’on ait des coups de moins bien. C’est mon cas et je n’en connais pas la raison. Puis c’est la période de mes règles qui s’annonce. Il est donc possible que ce changement dans mon corps me sensibilise plus et que le moindre détail me donne ces nausées. Enfin, si cela ne rentre pas tout à fait dans l’ordre, au moins mon état n’est pas dramatique.


Édith vient me rendre visite vers les dix heures du matin et nous décidons de prendre un « jus ». Il passera peut-être mieux cette fois. Encore que… rien que le parfum ne me donne pas très envie de le boire. Mais, je me force un peu. Et alors que nous papotons gentiment, je dois de nouveau courir vers le petit coin pour y régurgiter jusqu’à la plus petite goutte d’un café que d’ordinaire j’adore. Ma belle-sœur m’a suivi, s’inquiétant de ma santé, bien évidemment.


— Pff ! Je ne sais pas ce que j’ai ce matin ! Je couve quelque chose !

— Ah bon ?

— Ouais, rien que l’odeur du café me fait vomir. J’espère que je ne vais pas tomber malade.

— Il y a longtemps que tu te sens mal comme ça ?

— Non depuis hier soir et ce matin… quelque chose que j’ai mangé ? Ton frère n’a pas été malade lui pourtant et nous avons diné ensemble.

— Je vois… tu… je peux te poser une question indiscrète ?

—… ? Indiscrète ? Vas-y toujours !

— Tu ne serais pas enceinte des fois ? Parce que les vomissements et autres petits trucs de ce genre… ça pourrait bien vouloir dire que tu as un « polichinelle dans le tiroir » ! Je suppose que Daniel ne donne pas sa part au chat dans ce genre de petites fantaisies.

—… ? Enceinte ? Mais non ! Je vais avoir mes règles dans un jour ou deux… non ! C’est pas ça, je n’y crois pas !

— Ce serait une catastrophe ?

— Ben… non pourquoi ! Mais ce n’est pas une option dont nous avons débattu Daniel et moi ! Enfin, pas vraiment, même si nous avons vaguement abordé le sujet de temps en temps. De toute manière, je ne pense pas que je sois en cloque. Non ! Allez ! Viens, allons finir notre part de tarte et notre café !


Pas plus la pâtisserie que la boisson, rien n’est resté dans mon estomac, ce matin. Quant au déjeuner, pris avec mon mari et sa petite sœur, il n’est pas non plus très bien accueilli par mon corps en souffrance. Espiègle, la jeune femme qui partage notre table se moque gentiment…


— Alors Daniel… on a fait des folies avec Marie ?

— Quoi ? Elle est juste un peu dérangée aujourd’hui… demain ce sera déjà de l’histoire ancienne.

— Bon ! Vous deux, ça suffit de parler de moi comme si je n’étais pas là. Et puis ma chère Édith, tu devrais peut-être nous parler du petit jeune homme blond. Oui, oui, celui du bal de juillet.

— Mais… il n’y a rien à en dire…

— Allons, les grandes langues du village vont bon train ! Vous vous revoyez, c’est déjà de notoriété publique… rien ne passe inaperçu dans notre bled.

— Ouais… bon, on en reste là avec les questions !


Une fin de non-recevoir qui vient clore les débats. Par contre, j’avoue que je suis plutôt perplexe quant à cette possibilité d’être enceinte. Merde… je ne veux pas y croire, mais il se peut qu’elle soit dans le vrai et d’un coup j’ai des sueurs froides. Et si… ma folie de la nuit du bal avait pour conséquences… un engrossement involontaire ? Le fils d’Armand n’avait mis aucune protection et… merde, voilà qui rajoute à mon stress.


— xxxXXxxx —


À suivre…

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