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Les épices de Sheita

Chapitre 1

Un dîner aux saveurs insoupçonnées

Erotique

Dix-huit mois de travail qui s’achèvent. Un beau projet industriel transméditerranéen voué à renforcer la coopération économique entre la France et le Maroc. Naïm est le directeur de projet. Cet après-midi, il m’a adressé le fameux mail de clôture, celui que tout chef de projet apprécie de recevoir après s’être investi sans compter pendant si longtemps. Je suis le responsable technique de l’équipe Nord et ce mail signe la reconnaissance de mon travail.


A dix-sept heures ce vendredi, nous célébrons la fin de l’effort autour de lait d’amande et de champagne avec nos proches collaborateurs. Ambiance détendue et souriante. Tout le monde ici a conscience de la valeur du travail accompli, nous savourons ensemble ce moment. Avant de nous séparer pour regagner nos domiciles respectifs, Naïm me prend à part.


— Mon ami, avant que chacun ne vogue vers de nouveaux horizons professionnels, je souhaiterais conclure notre collaboration en vous proposant de partager quelques menus plaisirs à la marocaine. Si le cœur vous en dit, je serai ravi de vous recevoir chez moi samedi soir prochain. Nous goûterons ensemble à quelques spécialités qui, je le crois, raviront le fin gourmet que vous me semblez être. Votre épouse est la bienvenue, elle aura ainsi le loisir de découvrir l’hospitalité marocaine !


Chez Naïm ? Une villa aux tons ocres, surplombant une calanque non loin de Carry le Rouet. Elégance et discrétion d’une bâtisse jouissant d’un point de vue unique sur la Mer Blanche. C’est avec enthousiasme que j’accepte. J’en parle le soir même à Philo, qui se montre très intéressée. Philo, c’est mon épouse, ma complice depuis près de vingt ans. Philomène de son vrai nom, mais elle le déteste cordialement.


Mercredi. Un coursier me délivre un pli en mains propres. J’ouvre, et découvre un carton d’invitation calligraphié me confirmant l’invitation pour samedi. Le papier gaufré exhale un parfum subtil de cumin, et d’une épice qui m’évoque certes quelque chose, mais que je n’arrive plus à « replacer ». C’est entendu, je ne suis pas un fin connaisseur des gastronomies du Maghreb.


Tiens ! Le menu est annoncé : Taktouka, filet de Loup et sa Shermoula épicée façon Sheita... ces noms qui me sont inconnus me font saliver d’avance. Naïm est un bon vivant : il a même prévu un « assortiment de cigares aux épices rares ». Ma curiosité et mon appétit sont éveillés, vivement le week-end !


Samedi. Il est 19h, nous arrivons chez Naïm. Nous sommes accueillis par notre hôte et son épouse, Hajer. Si lui est d’une stature moyenne, avec le petit ventre caractéristique de beaucoup d’hommes d’affaires d’un certain calibre, Hajer le domine par une stature élancée, magnifiquement revêtue d’un caftan tout en broderies et transparences, qui soulignant une silhouette altière et, disons-le... harmonieuse. Un choc inattendu. Ses yeux d’un noir de jais me scrutent, mi-évaluateurs, mi-rieurs. C’est avec peine que je la salue sans laisser mes yeux s’égarer. Je sens mon épouse se raidir quelque peu. Ressaisis-toi, mon vieux !


Heureusement, la gêne ne dure pas. Hajer a pris Philo sous son aile et lui fait visiter la maison, pendant que Naïm me divertit par quelques anecdotes sur les avanies rencontrées par l’équipe Sud du projet. Quelques minutes plus tard seulement, nous entendons des rires fuser du côté de la pergola. Nous apercevons Hajer pouffer, la main négligemment posée sur l’épaule de ma femme. Tout ce petit monde semble s’être bien trouvé, et c’est dans une ambiance légère que nous prenons finalement un apéritif. Je me fais la réflexion que c’est la première fois en dix-huit mois que je vois Naïm boire un alcool ; lorsque je lui en fais la remarque, il me rétorque simplement qu’on ne peut pas travailler depuis si longtemps des deux côtés de la Méditerranée sans se laisser pénétrer par les aspects culturels les plus intéressants de chaque culture. A ces mots, je vois Hajer soulever un sourcil ironique, puis acquiescer en me regardant. Toujours ce regard énigmatique, à la croisée des expressions...


L’ambiance s’est franchement détendue ; Philo éclate de rire lorsque, après avoir demandé à Hajer si la nourriture marocaine était systématiquement épicée, elle se voit répondre :


— Pas seulement la nourriture, mais tout ce qui mérite de l’être, voyons ! Ne me croyez pas sur parole, faites-vous plutôt votre opinion à l’occasion... vous saurez la saisir quand elle se présentera ! A moins que... ce ne soit elle qui vous saisisse ?


Illustrant ses paroles, Hajer saisit brièvement les mains de Philo, et les relâche en laissant ses doigts glisser sur son avant-bras. Je remarque alors la chair de poule qui a envahi la peau de mon épouse.


— Tu as froid mon amour ?

— Pas du tout, c’est même le contraire, je dois dire ! Un effet des épices, sûrement... en tout cas, je retiens votre suggestion, conclut-elle en finissant de s’adresser à Hajer.


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Je souris en discernant un échange de regards furtifs entre les deux femmes. Elles semblent s’être trouvées, ces deux-là ! D’ailleurs, je vois que Naïm n’a rien perdu de l’échange.

C’est le moment qu’il choisit pour intervenir :


— Bien, maintenant que mon appétit est grand ouvert, passons à la suite. Sheita ! Apporte-nous la suite !


Je sursaute. Sheita ? Ce mot figurait sur le menu, je crois. Mais alors... Je n’ai pas le temps de demander d’explication. Alors que de derrière moi arrive une odeur de persil et de coriandre, je détaille l’expression de mes trois convives : gourmande pour Naïm, satisfaite pour Hajer, et stupéfaite pour Philo. Ses pupilles se sont dilatées soudainement et elle sursaute violemment sur sa chaise. Je vois du coin de l’œil Hajer lui saisir la main pendant que je me retourne.


Une apparition. Seul ce mot s’impose à moi. Mon esprit tourne à vide et mon cœur vient de s’emballer ; car si le prochain met du menu arrive bien, c’est apporté par une houri descendue tout droit d’un paradis coranique fantasmé. Une démarche chaloupée des voilages flottants. Une mousseline brodée entoure, souligne, offre au regard une féminité épanouie. Comment détacher mon regard de ces courbes prononcées, cette poitrine qui semble si lourde, et qui pourtant pointe orgueilleusement. Une chaîne dorée relie des pointes charnues, émergeant d’aréoles si sombres qu’elles en semblent peintes. Les hanches pleines ne tremblent aucunement alors que ses pas rapprochent la nymphe de notre table. Le creux de sa féminité est habillé d’un buisson dense, dissimulant un trésor que je me surprends à imaginer.


Abasourdi, j’ai oublié où je suis. Je suis des yeux la Créature alors qu’indifférente, elle dépose le plat et se positionne entre Naïm et Hajer.


— Merci Sheita, dit cette dernière, tu peux continuer ton service. Philo, votre assiette, je vous prie ?


Ma femme semble sous le choc. Machinalement ,elle tend son assiette à son hôte ; son regard se fige alors qu’elle aperçoit Sheita s’agenouiller puis disparaître sous la table.


— Voyons si vous appréciez la Shermoula de Sheita, ma chère. Mais pour le moment, laissons Naïm vérifier son assaisonnement, et le redresser si nécessaire, voulez-vous ?


A ces mots, nous nous tournons vers lui. Détendu, il porte à ses lèvres sa fourchette, et semble évaluer le goût de sa première bouchée. Puis il se tourne vers moi, invitant :


— Vous ne mangez pas ?

— Si ! Si, bien sûr ! Pardonnez-moi.


Et à mon tour, j’entame ma dégustation. Je dois avouer que c’est délicieux. Probablement. Je ne sais plus. Philo scrute chacun de nos visages alternativement. Ses pupilles sont des puits béants, je vois sa respiration s’accentuer.


— Allons Philo ! A nouveau, Hajer. Faites donc honneur au plat.


Philo me regarde, une expression que je ne lui connais pas sur le visage. Et se met à manger. Un silence s’installe, chaque convive apparemment absorbé par sa dégustation. Quand soudain, un soupir de Naïm :


— Délicieux. Vraiment !


Un large sourire s’épanouit sur son visage curieusement rubicond. Je vois alors Hajer se soulever légèrement sur sa chaise, puis se rasseoir. En quelques secondes, son souffle s’accélère. Elle me fixe du regard, avale un peu de loup. Je suis pétrifié. Soudain, elle agrippe l’avant-bras de Philo. Un unique, mais sonore, Ha ! de contralto s’échappe de sa gorge. Elle m’adresse le demi-sourire que je l’ai déjà vu arborer ce soir et se tourne vers Philo. Sa main descend pour étreindre les doigts de ma femme.


— Rappelez-vous vos paroles, Philo, c’est le moment de laisser l’occasion vous saisir.


Son regard se fait envoûtant, son sourire lumineux. La main de Philo disparaît sous les doigts caressants de sa voisine. Ma femme se tourne à ce moment vers moi et m’agrippe le poignet.


— Chéri, je... Oooooh !!!


Fasciné, je regarde mon épouse, ma complice, celle que je connais par cœur depuis si longtemps perdre pied devant moi. En quelques instants, elle s’approche de la noyade. Oh ! Je reconnais cette expression, le pourpre qui monte à ses joues. Je sais l’expression de ses yeux, le rythme de sa poitrine. Elle est perdue, elle exulte. Et jouit dans un spasme et me broyant la main. Hoquet silencieux, regard révulsé.


Mon cœur bat à tout rompre. Les pulsations dans mon cou s’affolent, car c’est à mon tour de goûter les redoutables épices de cette chermoula. Ma prison de tissu s‘écarte. Jusqu’à présent, je n’avais même pas pris conscience de la douleur qui m’étreignait ici-bas. Un doux harmattan caresse mon orgueil érigé. Le vent faiblit pour laisser la place à une moiteur épaisse, presque poisseuse. Partie de mes racines, elle monte, gravit lentement par sa face Sud le pic de mon émotion. Puis une chappe brûlante descend sur moi. Sa progression est lente, assurée, impérieuse. Du sommet jusqu’aux contreforts, tout est moiteur, chaleur. Sous les flux et reflux d’une marée de chair, je ne sais plus situer la frontière me séparant de la fournaise vivante qui s’est emparée de moi. J’ai perdu jusqu’au sens du temps quand soudain, je me libère d’une tension devenue insoutenable. Epuisé, je me déverse en cascade dans ce gouffre dévorant, avant de revenir à la réalité...

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