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Les flacons de l'ivresse.

Chapitre 3

Lesbienne

La fin de journée a été beaucoup moins mouvementée, j’étais bien occupée, et si on oublie le fait que j’ai passé ma soirée sans culotte, cela m’a permis de me changer les idées. J’ai la sensation d’avoir été prise dans un tourbillon. Une soirée calme, bien entourée, dans une ambiance sympa, c’est exactement ce qu’il me fallait. Au chapitre potins entre copines, j’ai préféré taire mes toutes récentes aventures...


J’ai même écourté, pour mieux rentrer me reposer. C’est vrai, j’ai bien mérité un peu de repos après tout ‘’ça’’. Cette semaine a été riche en sensations fortes, peut-être un peu trop ? Laisser l’eau chaude couler sur mon corps un long moment, au point de laisser la buée envahir mon appartement, me rouler bien au chaud dans mon lit et laisser la télé me bercer d’inepties jusqu’à m’endormir : voilà un bon plan !


Pourtant, dans le confort de mon lit, je ne peux m’empêcher de refaire le film encore, et encore. La situation est tendue, c’est le moins qu’on puisse dire, pour résumer : c’est le bordel ! Quelle idée aussi de s’envoyer en l’air avec sa patronne, enfin “s’envoyer en l’air” façon de parler, je ne sais même pas si on peut appeler ça comme ça.


Qui aurait pu imaginer Sylvie dans ce genre de ‘’choses’’ aussi ? Elle, si soignée, si raffinée, si élégante, si distinguée... Imagine, que je perde mon travail, imagine la cata, tout ça pour une histoire de fesses. De très belles fesses cela dit, délicieusement galbées et si douces, j’en bave, le simple souvenir de la douceur de sa peau m’électrise.


Ce qui révèle un autre souci et pas des moindres, plus j’y repense plus je suis excitée : j’ai foutrement envie de prendre mon pied ! Les mots de Sylvie résonnent dans ma tête, m’interdisant de jouir, retenant mes mains. Une blague ? Peut-être ? Ce n’est pas vraiment son genre et son laïus sur les secrets encore un mystère à élucider. Pourquoi ça ne peut pas être simple ?


Fais chier...


La route vers le week-end prochain est encore longue, vu qu’on a même pas encore attaqué la semaine. Quelle heure est-il ? Une heure et demie passée. Et cette invitation sortie de nulle part, qui plane dans l’air comme une menace qui me tord le ventre et m’empêche de trouver le sommeil. Comment j’ai bien pu me retrouver dans ce merdier ?


Je me rappelle son odeur, ses goûts, ses mains, cette voix profonde qui tourne en boucle dans mon esprit. Beaucoup trop de questions sans réponses et cette envie lancinante de me caresser qui ne me lâche pas. Mon corps entier est en ébullition, mon sexe est ouvert, je le sens qui pulse entre mes cuisses et mes foutus tétons ne cessent de pointer durement sous mon t-shirt.


J’ai l’impression d’être allongée dans du papier de verre, tous ces frottements sont loin de m’aider à me calmer. Je ressens plus intensément toutes les sensations, mes sens semblent décuplés au point que la moindre étincelle de plaisir pourrait foutre le feu à ma culotte... En fait, je mens, je n’ai pas envie de caresses, j’ai envie de me baiser, de me sentir comblée et d’exploser de tout le désir que mon corps peine à contenir. Un lien invisible s’est créé qui m’empêche dans le doute de me satisfaire. Je finis tant bien que mal par sombrer contrariée dans un sommeil agité.


Réveil tardif et humide... Forcément, à force d’avoir tourneboulé en long, en large et en travers, je n’ai pas dû me reposer tant que ça au final. Dimanche facile, comme tous les dimanches : ils passent trop vite. Je suis à la bourre, c’est la course, beaucoup de routes, la famille, encore la route dans l’autre sens, et hop, nous voilà lundi.


Lundi, qui s’avère tristement fade. Elle a peut-être oublié ou était-ce des paroles en l’air ? Les jours passent, ‘’on’’ partage un secret pourtant, exception faite de quelques regards un peu plus appuyés que je crois discerner et encore je ne suis même pas sûre : un grand Rien. Rien, si ce n’est cette envie de prendre du plaisir qui tourne à l’obsession. J’aime les femmes et le sexe aussi. Et là, j’ai envie de sexe comme rarement auparavant. La tension s’accumule dangereusement au fil de la semaine. Plus rien ne se passe, plus ça me démange pour rester polie.


J’ai eu des petites amies et quelques plans cul aussi, mais je ne sais pas où Sylvie se situe. Normalement, je suis plutôt habile, un regard, une posture, un sourire, me suffisent et je sais. Mon radar lesbien doit être détraqué, j’avoue que je n’ai rien vu venir la concernant. Je ne m’en serais jamais douté une seule seconde, et moins encore de son côté perverse détraquée qui s’amuse à me faire mariner...


Je tiens bon et je ne sais pas pourquoi. Pas de masturbation mercredi, ni jeudi, vendredi non plus, je désespère. Samedi soir, on ne peut pas faire plus proche du week-end et toujours rien. Je me suis fait avoir, maintenant c’est certain, encore une qui se la joue, qui aime se faire bouffer la chatte sans assumer, tant pis pour moi, j’aurais dû faire plus attention : j’enrage.


Elle est déjà partie cette garce : mes nerfs sont à vif ! Il est l’heure de fermer boutique, lumières éteintes, je me dirige vers les vestiaires en soufflant, je suis fatiguée, énervée et putain je la hais ! Tout ça pourquoi, tout ça pour rien, je suis déçue. Je ne suis pas idiote, je ne m’attendais pas à une folle romance, mais à au moins un peu plus de considérations surtout venant d’elle.


J’ouvre brutalement la porte de mon casier dans un mouvement d’humeur démesuré pour y découvrir un paquet emballé dans du papier kraft noué d’un ruban noir satiné du plus bel effet, accompagné d’une petite carte.


“A ouvrir chez toi, rendez-vous à 21h.”


Une adresse au verso, et c’est tout, mon cœur s’emballe. Je secoue l’ensemble délicatement aucun bruit, mais une odeur de parfum très agréable me chatouille les narines, le ruban a été parfumé : j’adore. Je cache ma trouvaille sous mon bras comme si je venais de piquer la caisse.


Le mystérieux paquet atterrit sur la table, il m’a fallu beaucoup de self-control pour ne pas le déchirer à peine monté en voiture ou entre deux feux rouges. J’ai le souffle court et les mains moites. Je m’assieds en face du colis, cette odeur je reconnais le parfum si suave de Sylvie qui remplit l’espace. Je frémis en défaisant le nœud, ma curiosité est piquée, la boîte s’ouvre et je découvre encore un petit mot :

’’À enfiler, si et seulement si, tu as obéis. J’ose croire que c’est le cas ‘’.


Putain de... bordel... de merde ce n’était pas une blague !


Je déballe la mousseline qui révèle ce que je pense être un ensemble de lingerie d’un blanc immaculé. Je me recule sur ma chaise, je n’ose pas toucher ce morceau de tissu. Je suis déstabilisée, un étrange mélange de sentiments m’envahit. D’abord, elle me maltraite, puis elle me baise sauvagement, ensuite elle me doigte au beau milieu d’un café, pour ne plus m’adresser la parole alors qu’on se croise toute la journée et maintenant ça, je suis paumée.


Paumée peut-être, mais quand même ravie de cette attention qui éveille en moi tout un tas de vilaines pulsions qui ne demandent qu’à être assouvies. Je sais ce qu’on va faire, le message est plutôt clair, j’en meurs d’envie, même si je sais au fond de moi que ce n’est sans doute pas très malin, mais autant dire qu’à ce stade, je m’en fous royalement.


Je déballe, c’est très élaboré comme petits dessous, j’espère qu’il y a un mode d’emploi... Je ne me suis jamais trop attardé sur la lingerie même si je trouve ça super joli, je n’ai jamais eu l’occasion ni les moyens non plus pour dire la vérité. Plein de nœuds et de rubans, de dentelles et d’une telle douceur, j’affiche un sourire béat en pressant le tout contre ma poitrine.


Hors de question d’être en retard ce soir, douche, maquillage, cheveux : je me fais belle, je ne serais plus prise au dépourvu. Droite devant mon miroir, c’est ‘’autre chose’’ c’est le moins qu’on puisse dire, et je me trouve canon là dedans. C’est juste sublime, c’est très osé sans être vulgaire pour autant. Définitivement pas ce que je porte habituellement, mais je me sens plutôt à mon aise. C’est parfait, et à la bonne taille en plus : elle a l’œil. Je suis tentée d’aller faire un tour sur le Net pour me donner une idée de ce que coûte un truc pareil, mais je me ravise.


Un soutien-gorge balconnet qui me fait une belle poitrine avec un laçage qui remonte autour de mon cou. Un porte-jarretelles qui monte jusqu’au nombril, un string qui ne fait vraiment que le strict minimum et des bas couleur chair qui s’attachent pour de vrai. Le tout d’un blanc envoûtant orné de motifs soignés, dans un mélange de matières sensuelles au toucher.


Le truc c’est que je n’ai pas grand-chose à mettre là-dessus. J’enfile une robe la plus habillée que je trouve et une paire de talons. J’en aurais bien mis des plus jolis, mais ça fait bien deux mois que j’ai cassé ma paire de talons fantaisies, donc on va devoir se contenter de ceux du boulot. Un trench crème et c’est parti. Dernier coup d’œil au miroir, c’est suffisamment rare pour être signalé, je me sens sexy en diable ce soir.


Je me fraye un chemin dans la circulation, j’avance vers ce moment tant attendu et j’ai tout à coup un peu peur de ce que me réserve cette soirée. Je n’ai aucune envie de faire machine arrière, mais l’appréhension s’est remise à jouer avec mon ventre. Ce n’est pas un rencard conventionnel, j’en suis certaine, rien que la manière de faire déjà est étrange. J’ai l’impression que Sylvie est aux commandes de mon ascenseur émotionnel et qu’elle n’a pas dû passer beaucoup de temps sur son brevet de pilote.



Étrange, perturbant, intriguant et excitant, peut-être qu’elle ne sait pas du tout ce qu’elle fait ? Tout simplement, maladroite, je sais que ce n’est pas si facile de s’assumer, mais ça ne colle pas du tout avec l’image que je me suis faite d’elle. Le temps de tergiverser sur le pourquoi du comment, j’arrive aux pieds d’un immeuble de standing. Je fais le vide avant de pousser le bouton de l’interphone.


— 5eme étage. Entre, la porte est ouverte.


Sylvie raccroche aussitôt, sa voix puissante fait tousser l’interphone. Je n’y connais rien en immobilier, mais purée c’est beau, mon appart’ entier tient dans l’entrée. J’arrive devant la porte, j’ai un instant d’hésitation avant de tourner la poignée. Respire Lys, respire !


J’avance le long du couloir en apnée, essayant de ne pas péter un truc par mégarde. C’est fou, comme les plafonds sont hauts, avec ces moulures et tous ces miroirs partout, comme j’avais imaginé le chez Sylvie tout semble bien ordonné, et choisi avec un goût sûr. Chaque chose semble être à sa place dans un mélange entre classique et moderne : je me dis que c’est le genre de détails qu’on règle quand on n’a plus à se soucier d’autres choses.


Je pénètre dans un salon, je suis stupéfaite par le volume de la pièce, mes yeux sont immédiatement captivés par Sylvie, qui est tranquillement assise dans un non moins immense canapé en cuir blanc, un verre à la main et un magazine sur ses genoux. Je ne vois qu’elle, l’éclairage est tamisé, mais les lumières indirectes semblent faire ressortir le canapé de l’ensemble, comme un musée aurait choisi de mettre valeur une toile de maître.


Elle me sourit tandis que je reste là, à attendre qu’on m’invite à entrer, c’est comme ça que ça se passe d’habitude en tout cas... Sylvie ne bouge pas d’un pouce. Elle semble me détailler de la tête au pied avec ses yeux perçants qui brillent à la lueur des lampes. Je suis un peu mal à l’aise.


— Approche que je te vois.


Je m’avance, elle passe son doigt lentement sur le goulot de son verre, j’ai rarement vu de verre aussi énorme, je me demande bien ce qu’on peut boire là dedans, c’est démesuré ou peut-être qu’elle n’a que de très grosses bouteilles. Cette remarque me force à étouffer un rire : merde.


— Ah je vois...


Merde de merde quelle conne !


Sylvie se lève, et je n’ai jamais vu non plus autant de féminité dans aussi peu de mouvements. Moi qui me trouvais apprêtée, je viens de prendre une leçon de féminité et de sensualité. Elle porte une sorte de kimono noir, ajouré juste ce qu’il faut pour me laisser entrapercevoir ses courbes. J’ai chaud d’un coup. Plus elle s’approche, plus elle semble immense, perchée sur ses hauts talons. Ma gorge devient sèche.


— Je suis contente que tu sois venue, mais je suis pas certaine d’avoir envie de rire ce soir.

— Non non, c’est juste le verre et je suis un peu nerveuse ! J’voulais pas...


Je bégaie et je n’ai pas encore fini ma phrase qu’elle fait demi-tour pour retourner s’asseoir.


— Madame ! me coupe-t-elle d’un ton sec. Mon regard me trahit, je n’ai pas compris.


— Je suis un peu nerveuse, Madame ! me précise-t-elle sur un ton plus enjoué. Elle lève la main comme pour appuyer son propos.


— Si quelque chose ne te convient pas ce soir, que tu n’es pas à l’aise ou que tu te sens inconfortable, je veux que tu me dises immédiatement le mot rouge. As tu bien compris ?


Quoi ? Mais c’est quoi ce délire encore ? Son regard me presse.


— Oui, oui OK heu... Oui madame.


Je me reprends de justesse.


— Très bien ! C’est important que tu comprennes quel est le mot ?

— Rouge... Madame.


Je suis fière de moi, je sais pas trop pourquoi et pour être honnête, je pige rien à ce qui se passe, peut-être les codes obscurs de la baise bourgeoise ? J’ai bien répondu et visiblement ça lui a fait plaisir.


— Viens plus près, enlève ton manteau et retire ta robe.


Mouvement d’hésitation à nouveau. Quoi ? Ses grands yeux bleus m’encouragent, je m’avance prudemment vers le canapé, je retire mon manteau et je soulève ma robe en me disant qu’on aurait pu, je ne sais pas moi, discuter avant. Je suis désarçonnée par cette entrée en matière.


Je me concentre, et je fais mon maximum pour tâcher d’être sexy et pas trop gauche, même si je dois bien avouer que je n’excelle pas dans ce domaine. Elle m’examine de nouveau, très attentive à tous les détails, je suis autant gênée qu’excitée, ce qui est une vraie découverte. Je pense bien à trouver quelque chose à dire, mais quoi ? Rien ne me vient. Je la laisse me mater, le temps s’arrête pour laisser son regard me dévorer. Ma respiration s’accélère. Je ne bouge pas, figée par ses yeux indécents qui lorgnent sans vergogne ma nudité.


— Cela te va à ravir, je me doutais que tu obéirais !


Elle se lèche les lèvres en posant ses coudes sur ses genoux. Trop de choses à intégrer : elle espérait que je le fasse, voulait que je le fasse, aurait préféré que je ne le fasse pas, ou bien encore on s’en tape complètement. Je ne sais plus du tout quoi penser, mais il faut que je reste concentrée, c’est déjà bien assez dur à suivre.


— Tourne-toi.


Je déglutis, il me faut reprendre le contrôle de ma respiration rapidement, sinon je vais me rouler en boule sur le tapis qui m’a l’air très confortable au demeurant. Je me tourne lentement pour qu’elle puisse reluquer l’envers du décor, je sens son regard me parcourir et me caresser de haut en bas. Cela me demande tellement d’effort de paraître naturelle et paradoxalement, c’est plutôt agréable de faire le spectacle.


— Magnifique !


Je ne sais plus définir quelles sensations j’expérimente, sa main s’avance pour venir palper délicatement un de mes lobes de fesses. Je suis surprise, je sursaute en soulevant mes cheveux pour pouvoir observer sa main flatter mon cul tendrement.


— Parfaite.


Ces mots me font beaucoup de bien, je me sens belle et désirable. La peur et les doutes finissent par s’estomper peu à peu, tandis que je me concentre sur mon souffle. Sylvie se lève, et se colle derrière moi pour venir m’enlacer. Je peux enfin me blottir tout contre elle, je suis au paradis, ma peau contre la sienne à laisser la chaleur réconfortante de son corps se diffuser en moi.


— Viens avec moi.


Elle me prend la main et m’entraîne. Je la suis dans un couloir, mon cerveau cesse tout à coup de faire des siennes : je suis bien, je suis pleinement là et une sorte de sentiment de confiance aveugle me gagne. Nous arrivons dans une chambre, élégamment décorée, un boudoir, chaleureux et très féminin, où drapés et meubles massifs contrastent radicalement avec une lumière rougeâtre ténue. Sylvie se retourne et plonge ses yeux profondément dans les miens.


— J’aime que tu obéisses, maintenant je vais te baiser comme tu le mérites.


Changement d’ambiance radicale, je baisse les yeux.


— Lys, quel est le mot ?

— Rouge.


Sylvie me saisit le menton vivement, et s’approche très près de mon visage comme pour me gronder.


— Tu n’as rien oublié ?


Je reçois une gifle, que je n’ai pas vue venir. J’ai envie de pleurer et de lui sauter dessus en même temps, elle m’embrasse avant que je n’aie pu adapter de réponse. Je me laisse aller à ce baiser passionné, nos langues se cherchent et se trouvent. Ses mains se font pressantes, notre étreinte devient plus rude et plus sauvage, j’adore ça. Mon corps s’envole. J’en veux encore.


— Tu vas être une gentille fille ?


Je n’ai pas fait attention dans cette empoignade, nous nous sommes retrouvées aux pieds du grand lit à baldaquin qui trône au milieu de la pièce. Je réponds et fais gaffe à mes mots ce coup-ci.


— Tu as envie de jouir ?


Je baisse la tête de nouveau en mimant un oui timidement.


— Bien, tu vas me supplier.


Je choisis d’ignorer volontairement tous les warnings qui passent au rouge dans ma tête. Elle me plante un baiser furtif sur mes lèvres avant de me relâcher. Elle arbore un air mutin qui lui va à ravir : je chavire, je suis déterminée à lui faire plaisir.


— Monte sur le lit à quatre pattes.


Je m’exécute, d’un pas mal assuré, je me sens humiliée et très ‘’cochonne’’ dans cette position. Elle rit, en faisant des allers-retours derrière moi, faisant glisser une main désinvolte le long du lit, prenant son temps pour franchir l’arrière de mes mollets avant de continuer sa course. Cette attente est interminable, je me contente d’accepter cette position compromettante en cachant mon visage dans mes avant-bras.


Sylvie prend son temps, elle semble vouloir me faire tenir une pose bien spécifique comme une artiste qui s’apprête à peindre. Elle m’ôte mes chaussures, repositionne mes bas délicatement, me fait reculer pour faire en sorte que mes pieds soient juste au bord du lit et mon fessier parfaitement en ligne de mire.


— Voilà qui est parfait. Ne bouge pas.


Une petite tape sur mes fesses et je gémis. Elle part fouiller dans un tiroir, j’écoute les tintements et les bruits sourds qui en émanent. Je me concentre sur mon souffle de nouveau, toute cette attention, tous ces préparatifs ne me sont pas familiers. Je me demande bien ce qu’elle peut foutre ! Je ne sais pas si c’est de la curiosité, de la bêtise ou bien si je suis devenue une dangereuse maniaque prête à tout pour satisfaire sa soif de sexe.


Chose dont je suis certaine, c’est que je me sens bien, je me sens calme et sereine. Pour être franche, moi qui suis plutôt du genre à m’éparpiller facilement, c’est rare ces moments où je suis pleinement connectée à moi-même. Sylvie réapparaît avec une sorte de barre en ferraille à la main, des menottes en cuir sont fixées le long de l’engin. Je n’ai pas peur, je suis intriguée.


— Je vais t’attacher.


Ça n’a pas trop l’air d’une question, elle positionne la barre entre mes jambes entravant mes chevilles à chaque extrémité.


— Donne-moi tes mains.


Je me retrouve les fesses en l’air, à passer mes bras entre mes jambes, la tête posée sur le lit. Je suis coincée, contrainte. Ses doigts passent sur mon cul, chaque fibre de mon corps accueille ces caresses si attendues. Elle tourne et vire, descend le long de mes cuisses pour mieux remonter tournoyer sur mon derrière. Lentement, très lentement, du bout des doigts, mon épiderme entre en fusion, ses passages répétés sur ma peau me déclenchent des montées de plaisir incontrôlables.


Mon sexe qui réclame sa part de bonheur depuis maintenant bien trop longtemps m’inonde, je sens mon string tout neuf s’emplir de cyprine. Sylvie s’aventure vers ma chatte pour l’effleurer, je grogne, râle, me tortille et tente par tous les moyens d’obtenir plus de contacts. Elle ne fait que passer à mon plus grand désespoir. Je geins et mes muscles commencent à se contracter d’eux-mêmes, mais elle me refuse encore, ignorant mes suppliques.


— Chut.


Sylvie parle maintenant d’une voix calme et apaisante, tout en continuant son manège infernal, remplissant mes oreilles de tout un tas de choses salaces. Elle me raconte quel genre de fille je suis, ce que j’aime qu’on me fasse et ce qu’elle aimerait me faire. Je vibre de tout mon être, elle baise mon foutu cerveau à grand coup d’insultes choisies avec soins. Sa voix s’insinue au plus profond de mon ego, avant de sauter dessus à pieds joints tandis que ses mains me font pardonner ses paroles et pire encore me poussent à adorer ça.


Je suis à elle, je ferais ce qu’elle veut, mais faites qu’elle me délivre et me fasse jouir, mais ses mains s’éloignent pourtant si proche du but. Je suis prête à supplier, je suis prête à tout, mais elle vient tranquillement s’asseoir au bord du lit, me caressant la joue.


— Je n’en ai pas fini avec toi.


Elle tient un martinet avec un manche en bois et de longues lanières de cuir qu’elle me fait examiner en le couchant à mes côtés sur le lit. Je tremble en grognant dans la couette, elle reprend son monologue tout en allant nonchalamment reprendre son poste derrière moi. Elle frappe. Cela ne me fait pas si mal que ce à quoi je m’attendais, elle me fesse de plus belle, j’entends salope, j’entends chienne, je n’entends plus rien si ce n’est les claquements sur mon cul qui résonnent dans l’air.


Mon arrière-train, me pique et me brûle un peu plus à chaque impact me poussant à contracter mes muscles pour tenter de lutter, mais en vain : je n’ai pas le choix. J’essaye de négocier avec mes attaches, avec ma position, mais rien à faire. Je me débats quand les lanières heurtent mes fesses, mon dos, mes cuisses et ma chatte m’emmenant vers un ailleurs où tout se confond.


La douleur s’efface, le plaisir joue des coudes pour tenir le premier rôle. Le flot continu de sensations me tiraille entre l’un et l’autre sans me laisser de répit. Putain je vais jouir, en me faisant fouetter le cul, la honte s’invite à la fête. J’entends le martinet claquer au sol et une main arrache mon string sans ménagement. Je réintègre mon corps brutalement, je ne sais pas où je suis partie. Sylvie fait glisser son doigt du bas de mon dos, entre mes fesses puis longeant ma fente.


— Tu es toute trempée.


Elle ricane, je ne peux pas répondre tant je cours après mon souffle, elle a raison, je mouille et pas qu’un peu... Sylvie vient se poster sur le lit pile en face de moi. Trop loin pour que je puisse l’atteindre, elle s’allonge confortablement avant d’ouvrir son peignoir. Je découvre qu’elle n’a pas de culotte et que son soutien-gorge armature laisse libres ses seins. Elle caresse sa généreuse poitrine en écartant ses jambes face à mon regard affamé.


Féline et sensuelle, ondulant ses hanches, je suis bloquée, je ne peux pas l’attendre même si j’essaye. Elle touche ce que je voudrais toucher, caresse ce que je voudrais lécher. Sa toison noire luit de désir et m’appelle.


— Viens.


J’essaye, mais je ne peux pas, je grogne, elle prend un plaisir non dissimulé à jouer avec moi. Elle me nargue et exagère des moues avant de passer ses doigts à la lisière de ma bouche.


— C’est ça que tu veux ?


Je ne réponds pas, je me tends et m’étire, elle s’approche plus encore, je peux sentir sa peau chaude et parfumée. Elle saisit mes cheveux et les tire fort avant de passer son pouce dans ma bouche que je suce avidement. Ses yeux m’intimident et sondent au plus profond de mon âme. Je ne résiste plus, je me laisse aller, la prise dans mes cheveux me fait mal, mais elle se fait rapidement plus douce en plaquant ma bouche droit sur son sexe.


Je retrouve le goût de Sylvie, et cette envie sans bornes de la satisfaire. Je me régale de son essence malgré une position plus qu’inconfortable. Peu m’importe, maintenant je la déguste, je dévore sa chair rosée, explorant la moindre parcelle de son intimité. Trop heureuse de boire à sa source, elle rit, et se pâme.


Elle pose ses mains sur mon crâne, empoignant ma chevelure, pour me guider dans la bonne direction et je ne ménage pas mes efforts. Je la sens se lâcher et prendre du plaisir sous ma langue qui s’agite avec frénésie comme pour lui prouver je ne sais quoi. Je suis fière, tellement fière quand elle miaule, et ronronne, serrant ses cuisses sur mes oreilles. Son bassin ondule et son sexe sur mon visage, qui se frotte tandis que je lape la moindre goutte de plaisir qui s’en échappe.


Elle me repousse en riant, je pourrais faire ça toute la nuit, ne serait-ce que pour entendre encore ce rire.


— Tu veux jouir ?


Et sans qu’elle n’ait à me le rappeler, je supplie Madame de me faire jouir. En un haussement de sourcil complice, elle se retrouve derrière moi, saisissant mon cul des deux mains. Je pose ma tête sur le côté dans le confort du dessus-de-lit, dans l’attente de ma délivrance. Elle pétrit et malaxe mes fesses que je sens rougeoyantes, envahies de chaleur après ces échanges avec le cuir.


Sa bouche s’empare de ma chatte et s’attaque directement à mon clitoris. Je tire sur mes liens, mon corps entier vacille et je suis parcourue de soubresauts. Bordel de nom de Dieu de merde. C’est tout ce dont j’avais besoin. Je suis assaillie par le plaisir, attachée mais tellement libre en même temps. Libre de crier, de jurer, de jouir. Tout le plaisir difficilement contenu pendant cette période d’abstinence forcée semble vouloir s’évader en même temps. Il me submerge, me consume et me transforme en emportant tout sur son passage.


Sylvie me claque les fesses durement, avant de glisser ses doigts profondément en moi, m’encourageant à crier, m’ordonnant de me lâcher. Ses doigts habiles me pénètrent, je ne peux rien faire si ce n’est m’empaler plus fort en abaissant mon cul pour les enfoncer plus profond. Elle me félicite et accompagne mes mouvements avec vigueur, cherchant au plus loin. Je n’en peux déjà plus, c’est déjà là et je pars pour un orgasme en hurlant à briser les fenêtres. Je suis surprise moi-même d’avoir joui si vite, je suis en transe. Ce qui semble beaucoup faire rire Sylvie qui ne semble pas d’humeur à me laisser reprendre mes esprits.


Elle continue, elle insiste, mon sexe est tellement sensible que je tente de me soustraire, mais je suis toujours à sa merci. Impuissante, torturée par le plaisir qui se noue de nouveau au creux de mon ventre. Elle s’empare d’un objet que je n’ai pas vu, mais que j’entends bourdonner là derrière. Je suis vulnérable et sans défense, je crois bien que j’adore ça.


Des vibrations intenses s’abattent aussitôt sur moi et je m’envole, c’est trop, j’ai envie de supplier pour qu’elle s’arrête, mais je n’en ai pas le temps, la jouissance s’empare de moi occultant la lumière et m’entraînant avec elle vers les abysses. Je fuis de nouveau ailleurs, d’où seuls les orgasmes qui secouent mon corps me ramènent sur terre. Je jouis et je jouis encore, les doigts de Sylvie plantés en moi faisant écho aux vibrations.


Tout s’évanouit, tout disparaît, c’est trop pour moi, mon cœur va me lâcher, mes membres ne me tiennent plus. Je n’ai même plus la force de crier ou de me débattre, abandonnée toute entière. Sylvie vient à mon secours, le bourdonnement obsédant s’arrête...


— Il suffit pour ce soir, salope.


Sylvie me détache, je me laisse tomber sur le côté, je suis vidée, et épuisée. Des larmes coulent sur mes joues sans que je ne les contrôle, je tremble comme une feuille. Elle se couche à mes côtés, et me serre fort dans ses bras. Murmurant à mon oreille que tout va bien, que j’ai été parfaite et que je suis belle. Je me calme après la tempête nichée là. Elle caresse mes cheveux, se faisant aimante. Je flotte dans une bulle, tout est silence, tout est à sa place, tout est parfait !


En m’embrassant sur le nez, elle m’informe que personne ne passe la nuit chez elle, s’assurant que je vais bien encore une fois avant de quitter la pièce. Je crois aussi que c’est mieux, je prends un instant encore allongée pour étirer mes membres endoloris d’avoir maintenu cette position. Pendant... quoi ? Putain il est déjà minuit, je ne suis pas sûre du compte. Comment trois heures ont-elles bien pu passer ?


Je gagne la salle de bains en ramassant mes chaussures, je suis en vrac, mais après tout je m’en fous. Je sens le fauve et merde... mon ravissant petit string est déchiré... Tout a foutu le camp : mon maquillage, mes cheveux, mon dos et mes fesses sont marbrés de longues marques rouges. Je rejoins le salon en petite tenue où je retrouve Sylvie qui me tend uniquement mon manteau.


— Je vais garder le reste, tu rentres comme ça.


Accompagné d’un clin d’œil, je passe ma veste à la hâte, je plane trop pour avoir peur, on s’embrasse sur le pas de la porte, tandis qu’elle me remercie pour cette belle soirée. L’ascenseur, la rue, ma voiture et me voilà sur le chemin du retour, habillée de courants d’air.

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