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Les saisons d'une vie

Chapitre 1

Les pluies d'orage

Avec plusieurs hommes

** Note de l’auteur

Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. Ce récit n’est qu’une fiction et ne doit se lire que dans le cadre d’une lecture divertissante pour adultes. Inutile donc d’y chercher une vérité, il ne peut y en avoir, ou alors chaque individu peut y voir la sienne, selon sa sensibilité !


— oooOOooo —



Je traverse la grande place en courant. Il vient de se mettre à pleuvoir. Une pluie d’orage torrentielle qui me prend au dépourvu. Les premières gouttes tombent alors que je viens de sortir du magasin de vêtements. Je prends mes jambes à mon cou, mais bon sang qu’elle est longue cette esplanade. Rien non plus pour m’abriter et l’eau du ciel me dégouline sur la tête. Ma coiffure… massacrée par cette flotte imprévue. Puis je sens que mon chemisier me colle déjà à la peau des épaules.


Ouf ! De loin j’entraperçois un asile qui d’ordinaire sert de station pour le tram. Juste un endroit fait pour rester à attendre le moyen de locomotion qui circule dans les rues de notre bonne ville. Je m’y glisse avec une satisfaction non feinte, trempée de la tête au pied. Un homme me regarde curieusement. Je comprends soudain que mon haut de vêtement, totalement mouillé laisse apparaitre par transparence ma poitrine. Celle-ci est sans soutien sous le tissu qui épouse mes formes grâce aux fringues gorgées de liquide.


Je ne cherche pas à dévisager l’autre. Il semble avoir quelques années de moins que moi et ses yeux ne me quittent pas. Déplaisante comme situation. Bien involontairement, je montre plus que je ne le devrais et le zigoto là, ne se prive pas pour chouffer. Pas vraiment le choix ! Il n’en perdra pas la vue et moi je n’ai que la honte de savoir que… si j’avais mis un soutien-gorge, il ne verrait rien. Le véhicule qui arrive au fond de l’artère principale va sans doute me délivrer de ce loustic qui se rince l’œil.


La rame vient de s’arrêter et le type reste planté là, à deux pas derrière moi. Mince alors ! Il ne va pas filer d’ici ? S’abrite-t-il également ? Plus malin que moi ou plus chanceux ? Il n’a pas l’air d’avoir reçu une seule goutte de cette rincée qui s’éternise depuis vingt bonnes minutes. Un couple sort du wagon, ouvre un parapluie en riant, et les deux amoureux en se donnant la main, s’en vont tranquillement.


Un coin de paradis contre un coin de pébroque… bon sang ! Les gouttes redoublent d’intensité et je reste là avec mes tifs qui coulent sur ma poitrine et ma nuque. Et toujours ce regard brulant qui suit chacun de mes gestes. Ça devient éprouvant. Que je sois dégoulinante de flotte, je peux le concevoir avec ce qui dégringole des nues, mais qu’un voyeur s’attarde en me dévisageant ou pire, en tentant de voir ce que je ne peux plus cacher, c’est… chiant.


J’ai envie de lui demander s’il veut ma photo. Puis par une réaction que je juge anormale, mais qui en fait est logique, je sens que tout mon corps tremble. C’est comme si j’avais froid, alors qu’il n’en est rien. Le contraste entre la chaleur de mon épiderme et la température de cette pluie qui me transperce jusqu’aux os. Je lève le menton et se sont mes yeux qui croisent ceux de l’individu qui se force à faire semblant de ne pas me voir. Quel idiot !


Il a des chailles sombres, des tifs aussi noirs que les ailes d’un corbeau. À part cela, il a l’air jeune, bien bâti et affiche l’assurance que lui confère le fait de le savoir. Je sens le frais de la saucée qui s’infiltre entre la ceinture de ma jupe et ma peau, celle du ventre bien sûr ! L’homme ouvre la bouche. Il va parler ? Pour me dire quoi ? Je me sens frissonner et surtout je souhaite ardemment que cesse ce déluge. Mais le plafond est encore plus bas, les nuages sont d’une opacité époustouflante.


Ma chair de poule est-elle visible ? Le type qui me déshabille du regard sent-il que je suis envahie par ces milliers de picotements qui me hérissent les poils, partout sur le corps ?


— Vous… vous avez froid ?

— Hein ? Euh… non ! Je suis complètement trempée, il pleut si vous ne vous en étiez pas aperçu.


Il rigole et j’aperçois ses dents bien blanches, bien rangées qui se montrent au coin d’une babine retroussée. Un prédateur, un loup, un affamé ? Il ne fait aucun mouvement, se contentant de toujours suivre ces deux boules qui collent à mon chemisier. Je distingue comme un nez au milieu d’une figure ces deux aréoles sombres et leurs petites pointes au milieu qui crèveraient le tissu, si elles le pouvaient. Évidemment si je les vois… lui également. Ça devient très embarrassant.


— Je peux me permettre ?


Il vient de faire deux pas vers moi. À la main il tient sa veste tendue devant lui. Je ne réagis absolument pas. Alors il se sent obligé et la dépose doucement sur mes épaules. Je suis tétanisée, sans aucune réaction. Lui me sourit toujours.


— Vous allez attraper la mort. Si je peux vous déposer… enfin lorsque ce déluge se calmera un peu !

—… ?

— Je vous fais peur ?

— Euh… non, non merci ! C’est très gentil…


Au fond de mon crâne, les images se bousculent. Ce type, un inconnu qui persiste à lorgner sur ce que je ne parviens plus à dissimuler, ma carcasse qui tremble de partout, mes tifs délavés, je dois avoir l’air d’une sorcière. Puis il y a le visage de Michel qui revient en filigrane derrière toutes les pensées qui me submergent. Il est tranquillement au travail mon mari. Il n’aimerait pas du tout cette sollicitude à mon égard, de la part d’un étranger.


— Je m’appelle Lilian… je ne vous veux aucun mal…

—… !


Ses yeux me transpercent pourtant. Ils se coulent jusqu’à mon âme. Je me sens pire encore que transie par la fraicheur de la bourrasque qui continue d’asperger l’esplanade. Le type… entre vingt-cinq et trente-cinq ans, une bonne fourchette à mon avis, bien que je ne sois plus très objective… attend à moins de cinquante centimètres de moi. Je ne peux pas, plus bouger. Je ferme les paupières et je l’entends qui bouge. En rouvrant les stores, je vois qu’il a fait un pas en arrière.


— J’avais envie de vous embrasser. Mais… vous n’êtes pas prête !

—… pardon ? Pas prête ?

— Oui ! Vous en avez aussi envie, mais vous ne le savez pas encore.


Quel aplomb ! Il se sent si sûr de lui ? S’il s’imagine qu’il va me faire la cour de cette façon plutôt osée, il se fourre le doigt dans l’œil. Et bien profondément encore. Je ne dis plus rien, je l’observe comme s’il s’agissait d’un extra-terrestre. Dans le brouillard bizarre qui m’entoure brutalement, je réalise que les gouttes d’eau se calment un peu.


— Il pleut moins fort ! Vous voulez que je vous avance quelque part ? Ma voiture est juste là.

— La mienne est sur le parking de la gare…

— Je peux vous y déposer… pas de souci. N’ayez aucune crainte, je ne touche qu’avec l’autorisation. Vous me la donnerez lorsque vous serez prête ! Ça viendra, vous pouvez me croire.

—… ? Je… je ne comprends pas ce que vous voulez dire. Je suis… mariée et heureuse dans ma vie.

— Mais ce n’est pas incompatible. Je ne vous demande pas de m’aimer, mais de faire l’amour avec moi. Je vois bien que vous êtes faites pour le sexe.

— Vous… vous êtes fou ? Je ne sais même pas qui vous êtes. Comment pouvez-vous… penser une telle chose de ma part ?

— Il suffit de vous regarder. Je suis certain que rien que mes mots vous donnent déjà des frissons. Le frais de la pluie c’est une chose, mais l’envie de faire l’amour en est une autre et je sens parfaitement ce genre de situation.

—… ! Bon, reprenez votre veste. Je file.

— Attendez ! Ne partez pas comme ça, comme une voleuse. Votre peur actuelle va s’estomper et je suis certain qu’après, vous verrez les choses sous un autre angle. Réfléchissez et si le cœur vous en dit… voici ma carte.

— Je n’en veux pas… bonne fin de journée.

— Vous ne voulez pas me donner votre prénom ? Une petite seconde encore ! Prenez aussi ceci…


Le jeune gars me tend un long morceau d’étoffe qu’il vient de dénouer du tour de son cou. Sur la peau visible désormais je découvre le sombre de l’encre bleue d’un tatouage. Je saisis machinalement le foulard. Et il me sourit de nouveau.


— Alors, belle inconnue, votre prénom ?


Pourquoi suis-je assez bête pour lui répondre ?


— Claude !

— À la bonne heure, Claude ! Alors vous avez mon téléphone sur ma carte de visite. Quand vous serez prête, appelez-moi. Pour prendre un verre ou aller plus loin, selon vos désirs. Je suis disponible tous les après-midi ! Donc un petit appel lorsque vous le jugerez bon ou que vous aurez un petit moment de libre… et n’oubliez pas, j’ai envie de vous. Vous êtes belle, désirable, c’est un régal pour les yeux. Bonne journée à vous Claude !

— Merci.

— Encore une chose avant de partir… vous ne voulez pas prononcer mon prénom ?

— Je ne le connais pas et puis non… je ne veux pas.

— Allons ! Un bon geste… juste Lilian.

— Alors… adieu Lilian.

— Pas adieu Claude ! Juste un au revoir… vous viendrez, j’en suis certain maintenant.


— oooOOooo —


Quel culot ce mec. Je me maudis de lui avoir donné mon prénom et d’avoir gardé sa carte ainsi que son bout de chiffon. Je file avec une hâte non feinte, sans courir pourtant, pour ne pas lui donner l’impression que je le fuis. Je sens, je sais qu’il m’observe durant tout le temps que dure la traversée de cette place immensément longue. Mes jambes tricotent pour me faire avancer plus rapidement. Un cinglé qui ose me dire qu’il a envie de moi au milieu d’un orage… pas courant comme situation. Et je rejoins ma voiture avec les phrases du bonhomme dans la caboche.


Désagréable de prendre place derrière mon volant alors que mon chemisier n’est toujours pas sec. Dans la boite à gants, l’écharpe finit sa course et la carte se retrouve dans mon sac à main, pas tout à fait oubliée, mais c’est mon vœu le plus cher. Je roule vers le bureau de Michel… je vais passer le voir. Je pourrai prendre un café et attendre d’être un peu moins… mouillée. Ce n’est plus très loin. Josiane la standardiste me voit entrer et je sens qu’elle fait la moue.


— Bonjour Josiane ! Mon mari est dans son bureau ?

— Bonjour Madame. Oui, il est là… vous avez pris l’orage tout entier sur la tête ?

— Presque. Je suis passée pour tenter de remettre de l’ordre dans ma tenue et me refaire une beauté… si c’est possible.

— Si vous avez besoin de produits… j’en ai dans mon sac. J’avertis le patron que vous êtes là ?

— Si vous voulez. Il est seul ?

— Oui…


Je file dans le couloir qui mène au bureau de Michel. La moquette absorbe le bruit de mes pas. Je suis dans l’antre du boss de la boite. Il semble content de me voir débarquer à l’improviste.


— Ah ! Ma Claude ! Je comprends mieux pourquoi il fait de l’orage. Ma petite femme vient me rendre visite. Waouh ! Tu as une de ces têtes ! Tu as reçu la foudre ou quoi ?

— La foudre non ! Mais les pleurs des nuages de colère oui ! Je peux utiliser tes toilettes ?

— Pourquoi tu demandes ? Ici tu es chez toi au même titre que moi. Je n’ai pas de sèche-cheveux par contre.

— Pas grave ! Mais au moins, nettoyer le maquillage qui a coulé. Je me suis mise à l’abri, mais trop tard. J’en ai pris un paquet sur le crâne… regarde-moi cette allure. On dirait une sorcière.

— Tu veux que je t’accompagne… aux lavabos ?

— Non ! Je te vois venir avec tes gros sabots. On verra ça se soir à ton retour.

— J’en prends bonne note.

— Dis que tu es privé de…

— Non ! Mais je ne m’en lasserai jamais.

— On dit ça et puis… parfois l’occasion fait le larron.

— Tu le ferais toi ? Tu me tromperais vraiment ?

— Quoi ? Qu’est-ce que tu baragouines ?


Le bruit du robinet qui coule m’empêche d’entendre ce qu’il me raconte. Je me passe un coup de brosse et lave à grande eau les coulures sombres de mon rimmel qui a déserté son emplacement d’origine. Enfin, je reprends figure humaine. Puis je passe aux toilettes pour un petit pipi engendré par l’humidité latente qui me recouvre encore. Mince ma culotte ! Elle ne devrait pas être aussi moite. Je réalise que ce n’est pas l’orage qui a occasionné cette auréole qui en tapisse le fond. Je songe d’un coup que… pour une raison inconnue, l’autre avait raison !


Je ne peux décemment pas remonter mon slip sur mes fesses. Mais je n’en ai pas de rechange. Alors sans songer à mal, je fais glisser ce torchon sur mes chevilles et le retire tout simplement. Après m’être lavé les mains, je rejoins Michel qui est au téléphone. Je m’assois sur le coin du bureau. Lorsqu’il raccroche, il pose une de ses pattes sur mon genou découvert. Elle est chaude, douce, lisse.


— C’est chaud.

— Quoi ?

— Ta main sur mon genou… elle est bouillante.

— Ah ! J’avais cru comprendre autre chose.

— Arrête de me tripoter. Tu es au travail, je te le rappelle. Et si une de tes employées venait à entrer ?

Elles sont polies et s’annoncent toujours avant de franchir la porte. Puis ta visite est déjà annoncée partout dans les services à mon avis.

— Raison de plus pour que je ne m’éternise pas trop… les filles pourraient jaser. Leur patron qui s’envoie en l’air dans son bureau, ça ne ferait pas très bon genre.

— Ouais… tant que c’est avec sa petite femme…

— Taratata ! Pas de ça maintenant.

— Tu as peur que je te caresse ?

— Non ! Et puis, je n’ai pas… plus de culotte. L’orage…

— J’aime les orages alors ! Je peux tout de même visiter les lieux ?

— Juste un passage d’accord ? Tu promets que tu n’iras pas plus loin…

— Comme tu veux ! Tes désirs sont des ordres.


Michel joint le mouvement de sa main à sa parole. Il frôle délicatement les grandes lèvres qui bâillent sous l’effleurement. Ses quinquets sont brillants et je sens bien que seul ce que je lui ai demandé lui interdit d’aller plus avant. Il soupire en retirant sa paluche.


— Quel dommage… c’était terriblement tentant, d’autant plus que les lieux sont trempés… mon Dieu un calvaire que d’attendre d’être à la maison. Enfin… une parole est une parole.

— Oui… Michel ! Je t’aime et tu le sais.


Je suis repartie. Le rictus de Josiane me permet de lui renvoyer un salut de la main. Je rentre à la maison, mais je me sens mieux. Mon mari a raison, j’étais très… humide et la pluie n’avait guère à voir dans cet état. L’étrange rencontre de l’abri du tram me traverse l’esprit. Ce type, ce Lilian… c’est lui qui m’a mise dans cet état ? Pourquoi ? J’aime Michel de tout mon cœur et le gaillard là n’y peut rien changer. Mais ses mots se martèlent encore dans mon crâne.


« Je ne vous demande pas de m’aimer, mais de faire l’amour avec moi. Je vois bien que vous êtes faites pour le sexe. »


Quel con ! Me parler de la sorte, alors que je ne sais rien de lui. Oui ? Mais mon cerveau lui a enregistré toutes les nuances dans le verbiage de ce loustic. Et rebelote, je me sens fondre et couler. Merde alors ! Ce n’est pas vraiment mon style de me laisser impressionner par un mec rencontré par hasard. Qu’il reste ancré, chevillé dans mon esprit m’interpelle et m’indispose. La peur s’insinue en moi par tous les pores de mon épiderme. Une douche, il me faut une douche pour laver tout ceci.


J’ai mis un temps infini à me nettoyer de tout soupçon. C’est le moteur de la voiture de Michel qui me ramène à une réalité plutôt crue. Lui me rejoint et béatement s’imagine sans doute que cette douche qui se termine, c’est pour tenir ma parole. Pas besoin de le dissuader, et puis n’ai-je pas besoin, moi aussi d’être rassurée ? Il suffit d’un regard, d’un peu de flotte sur la tête, d’un hasard qui fait qu’un jeune type se trouve là ? Si peu de coïncidences pour qu’une femme se sente soudain l’âme envoutée ?


Comment serait-ce possible ? Ce genre de truc ne se voit que dans les mauvais films et cependant, je ne peux nier que quelque chose en moi est en balance. Michel n’a pas quant à lui des états d’âme similaires à ceux qui me tourmentent. C’est un homme et en l’occurrence le mien. Alors lorsque ses mains se faufilent partout sur ma peau, quand sa bouche vient à la rencontre de la mienne, j’aurais mauvaise grâce de refuser les caresses subtiles qui sont faites pour me donner envie. Mais si je devais être honnête… c’est un autre visage que celui de mon mari qui s’interpose et s’avance pour m’embrasser.


Je sais ! C’est dégueulasse. Mais qui puis-je vraiment ? Lui ne voit pas cette légère nuance qui doit trainer au fond de mes mirettes. Il sait ce qu’il veut, il sait aussi ce qui me fait vibrer et fait donc tout pour que nos corps se réchauffent à l’unisson. Je dois avouer qu’il y parvient brillamment. Je ne refuse, n’ai jamais refusé du reste ces moments tendresse, ces instants si câlins. Et je ne simule en rien un orgasme qui me surprend par la vitesse à laquelle il m’enveloppe. Je serre les dents, pars dans des soupirs qui se transforment en gémissements, alors qu’il me laboure.


Le temps des vendanges aussi a toujours une fin. Est-il aussi dupe que je veux bien le penser ? Allez savoir avec les méandres des cerveaux humains et plus précisément masculins. Nous sommes partenaires de jeux depuis si longtemps. Aurais-je moi senti, s’il avait envie d’une autre femme ? Pas si sûre de cela ! Je range au rayon des souvenirs cette frimousse d’un jeune étalon qui m’a littéralement dragué à la station du tram. Mais l’image ne veut pas me quitter. Et j’ai la nette impression que tout mon comportement s’en ressent, que Michel doit s’en rendre compte.


— oooOOooo —


Je tiens bon quelques jours. Assez pour croire que l’incident est à classer dans les archives de ma mémoire. C’est sans compter sur ce foutu hasard qui fait ressurgir de mon sac à main la carte de mon dragueur. Le bristol me brule le bout des doigts, me grille les neurones. Je le tourne, le retourne dans tous les sens. Le mettre à la poubelle, ou mieux, dans le feu serait la solution la plus sage. Mais ce que l’on ressent parfois ne peut se mesurer de cette manière et je suis loin d’être lucide. Je garde le papier glacé dans la coque de mon téléphone portable, tout en sachant que ce n’est guère raisonnable.


Mais le suis-je vraiment dans ces tourments d’une âme qui joue avec mes nerfs ? Le mardi qui suit cette singulière journée orageuse, je craque pour de bon. D’une main tremblante, je compose les dix chiffres qui vont me mener je ne sais où. Et la voix qui me répond, si je la reconnais n’est pas très chaleureuse.


— Allo ! Allo ! Qui est à l’appareil…

— C’est Claude !

— Claude ? Je ne connais pas de Claude. Vous êtes bien certaine de ne pas vous tromper de numéro ?

— Je… je crois ! Je l’ai composé à partir de la carte que vous m’avez remise le jour de l’orage…

— Ah ! J’y suis… la femme trempée… la femme mariée… alors vous êtes prête ?

— Prête ?

— Si vous m’appelez, c’est que vous avez réfléchi et que vous avez envie de faire l’amour, de vous envoyer en l’air. Je suis un voyou moi, mais j’excelle dans ces petits jeux du chat et de la souris.

— Mais…

— Bon, écoute ! Je ne vais pas transiger ou discuter plus longtemps. J’ai eu envie de ton joli petit cul dès que je t’ai vu. Alors tu vas passer une jupe courte, celle que tu portais ce jour-là par exemple ira très bien. Puis rien sous celle-ci ! Pas non plus de soutien-gorge comme l’autre fois ! Ensuite tu prends le foulard que je t’ai donné ! Pour finir, je prends une chambre dans un hôtel et tu viens me retrouver. Tu as bien saisi mes instructions ?

— Mais… je ne sais pas…

— Si tu m’appelles, c’est que tu veux ! Donc tu es prête et tu fais ce que je te demande ! Je vois pour la chambre ! Tu as encore un peu de temps pour réfléchir et changer d’avis. Si c’est d’accord, rappelle-moi dans un quart d’heure. D’ici là, j’aurai réservé une piaule et je serai en mesure de te donner le numéro de celle-ci et… mes dernières instructions. C’est à prendre ou à laisser. Voilà ! Je te laisse encore quinze minutes. Tu rappelles ou pas, c’est ton choix.


Le vide du téléphone qui se tait me rend idiote. Je me sens complètement déboussolée. Jamais je ne me serais attendu à une telle démarche de la part de ce Lilian. Je ne sais plus trop sur quel pied danser. J’ai fait la folie de l’appeler et j’en suis toute bizarre. Aller plus loin dans ce que je viens d’entreprendre, c’est à coup sûr tromper Michel. Mais il ne mérite pas que je lui fasse du mal. Je suis des yeux la trotteuse de la pendule qui poursuit une course contre la montre. Je ne vais surement pas rappeler ce guignol. Je ne vois pas pourquoi il me donnerait des ordres.


Mon pouls s’accélère au fur et à mesure que le couperet de la fin du quart d’heure arrive. Je suis complètement folle. Non, je ne peux tout de même pas aller me faire baiser comme ça, par un inconnu que j’ai croisé juste une fois. Je ne suis pas en manque puisqu’avec Michel nous avons encore fait l’amour cette nuit et aussi avant de nous lever. Bon sang que c’est compliqué. Quelle imbécile d’avoir appelé ce type ! Rien que sa voix m’a replongé dans un délire inouï et celui-là se traduit par l’écume aux lèvres.


Je fais partie de ces femmes qui deviennent nulles dès lors que leur cerveau ne tourne plus rond. Et je me jure que je ne vais pas refaire le numéro et c’est tout l’inverse que je pianote avec mes doigts. Au bout des ondes, la voix s’est radoucie.


— Bien ! Je vois que tu en as vraiment envie. Alors pas de culotte, pas de soutif et tu viens à l’hôtel en face de la gare. Tu montes au premier étage et devant la porte cent-six tu poses sur tes yeux le bandeau que tu as reçu en cadeau. Après cela, tu entres sans frapper et tu restes debout contre la porte dès que tu l’as refermé… tu as compris Claude ?

— Ou… oui, oui, je crois.

— Tu es bien consentante pour des jeux entre adultes une partie de l’après-midi ? Nous sommes bien sur la même longueur d’onde ? Tu sais que tu vas être prise et tu es bien d’accord, n’est-ce pas ?

—… euh…

— Je tiens à entendre de ta bouche cet accord, avant d’aller plus loin ! Ton assentiment m’est nécessaire pour que je sois certain que c’est de ton plein gré que tu décides… alors ?

— Oui ! Je sais ce qui va se passer, je suis majeure et je sais pourquoi je viens. Ça vous convient comme formule ?

— Je n’en demandais pas tant, tu sais. J’adore que tu gardes le vouvoiement… tu dois être très bonne au lit ! Alors il te faut combien de temps pour venir à l’hôtel du terminus ?

— Je… je n’en sais rien… peut-être vingt ou trente minutes…

— Bien ! Alors je t’attends dans une demi-heure à partir de maintenant. Une dernière question… tu prends la pilule ?

— Comment ? Je ne… la pilule ?

— Oui la pilule contraceptive, tu n’as pas envie que je te mette enceinte. Alors tu prends ou pas un contraceptif ?

— Oui… oui, mais…

— Chut ! J’en sais assez. Le reste me regarde. Trente minutes maximum ! Après quoi, je libère la chambre si tu n’es pas venue… Je ne tiens pas à perdre mon temps avec une indécise.

— Oui… j’arrive.


À nouveau ce grand blanc lorsque le téléphone se referme. J’ai les jambes en coton et un haut-le-cœur incroyable. Je me regarde par un dernier regard dans le miroir. L’image de la fieffée salope qu’il me renvoie, ça ne peut pas être la femme sage, l’épouse bien élevée de Michel ! Pourtant, c’est d’une main tremblotante que je me libère les fesses du triangle de chiffonnade qui le cache. Mon soutien-gorge passe lui également par la case retrait. Et je fonce vers la gare. L’enseigne lumineuse est déjà dans mon champ de vision.


Je cherche les escaliers en priant le bon Dieu de ne rencontrer aucune connaissance de mon mari. Me voici devant la porte cent-six. Je tremble de partout, ma main se tend vers la clenche pour entrer. Zut le foulard ! Pour un peu, je l’aurais oublié celui-là. J’ai un mal fou à serrer le nœud sur ma nuque. Le bandeau vient de me rendre aveugle et c’est de mon plein gré que je vais franchir cette cloison mobile qui me sépare de… ce qui va se passer. Je suis moite de partout. Je frémis non pas d’impatience, mais d’une étrange langueur.


Ça y est ! La porte s’entrouvre et je me glisse dans le passage que j’imagine béant devant moi. Que dois-je faire maintenant ? Ah oui ! Refermer la porte et attendre les ordres. Je suis le dos appuyé à cette ouverture de bois. Il me semble que mon cœur va exploser dans sa cage.


— Bien ! Tu es une bonne fille. Tu vas retirer d’abord ta jupe, lentement, sans te presser.

—… ?

— Eh bien ? Tu ne m’écoutes pas ? Allons, ta jupe !


L’ordre n’en est pas vraiment un ! Le ton seulement m’indique que l’autre attend que je retire ce qui me cache le bas du ventre. Mes doigts sont désorganisés et j’ai l’impression dans le noir qui m’entoure, que je n’y parviendrai jamais à l’ouvrir cette fermeture éclair que le mec me veut voir descendre. Enfin je tire sur le zip, et le bruit fait un incroyable boucan qui m’indique que la ceinture se relâche.


— C’est bien. Enlève tes mains maintenant !


Là encore j’obéis sans dire un mot. Je n’ai rien à réclamer, c’est bien moi toute seule, qui me suis jetée dans la gueule du loup, non ? Je sens le frottement du tissu le long de mes jambes, puis sur les chevilles.


— Parfait. Lève un pied. Oui ! L’autre et fais un pas sur le côté. Tu es… unique ma belle.


Je suis contre le mur et la porte est encore derrière moi, toute proche, bien que je ne la touche plus. Et Lilian de poursuivre d’une voix neutre.


— Ouvre et retire ton chemisier. Déboutonne-le que j’admire ta poitrine. Je sais qu’elle aussi vaut le détour… l’orage l’avait mise en valeur et j’ai adoré les pointes de tes seins qui tendaient le tissu mouillé.


Là encore, les phalanges sont récalcitrantes. Pas pour le faire, juste parce que je tremble trop. Et j’imagine que la voix qui vient de plus bas va revenir pour me donner des instructions. Mais rien n’arrive. Un long silence gêné, je subis une interminable pause, nue comme un ver à l’exception de mes hauts talons. Mes bras sont le long de mon corps et je dois avoir un air godiche. Combien de secondes séparent le retour du son de cette attente ?


— Tourne-toi ! Montre-moi ton côté pile.


Je me tourne sans rechigner. Presque soulagée de ne plus faire face à celui qui visiblement est déjà en position couchée.


— Parfait Claude. Tu es aussi belle à l’endroit qu’à l’envers. Écarte délicatement tes gambettes. Encore un peu. J’adore ces poils que j’aperçois sur ton pubis. Penche-toi en avant… un peu plus. Tu veux bien écarter tes fesses que j’admire le fond de la raie et ce qu’elle camoufle ?


Aussi idiot que cela puisse paraitre, j’obtempère à tout ce qu’il demande.


— Trop top ! Montre-moi ta chatte ! Reviens face à moi ! Tu ne te rases jamais ?

—… !

— Tu peux parler, tu sais !

— Ou… oui je sais.

— Tu veux bien que je te baise ?

—… ?

— Ce n’est pas rigolo si tu ne dis rien. Tu peux aussi être une bonne chienne en répondant à mes questions. Ton mari, il se prénomme comment ?

—… je ne veux pas en parler !

— C’est ton droit. Tu l’as déjà trompé ? Souvent ?

— Non ! Jamais !


J’ai craché cela presque comme un aveu.


— Tu veux dire que ce sera la première fois là dans cette chambre ? C’est super ça.

—… !

— Tu le suces de temps en temps ? Allons, je veux tout savoir de ta vie sexuelle, ma jolie.

— Oui ! Ça arrive.

— Souvent ?

— Oui souvent.

— Donc tu aimes tailler des pipes, c’est de mieux en mieux. Il dirait quoi de te savoir à poils là dans cet hôtel ?

— Je ne veux pas parler de mon mari.

— Il te quitterait, s’il apprenait ce que tu vas faire ?

—… sans commentaire.

— D’accord ! Tu veux bien t’assoir là sur le bord du lit ? Attends ! Je vais te guider.


Une main m’attrape le poignet et je suis tirée sans violence vers une grande couche. Lorsque mes mollets sont contre le bord de celle-ci, la voix revient de plus près cette fois.


— Assieds-toi ! Là doucement. Je vais te toucher les seins, d’accord ?

—… oui !

— Bien ! J’aime les femmes obéissantes. Ouvre la bouche et mets tes mains sur ta tête. Reste toujours assise bien droite. Voilà, je crois que tu as compris. Tu aimes que l’on te guide ? Ton homme te dirige parfois ?

— Non !


Dans d’autres circonstances, un mec me demanderait ce que veut celui-ci, il aurait droit à une volée de bois vert. Mais là, j’accepte tout sans broncher. Pire encore, j’anticipe presque les désirs de ce gars. Je tressaille largement au contact d’une patte sur la rondeur d’un de mes seins. Entre deux doigts, la fraise de mon nichon est pincée. Une simple pression, qui s’accentue peut-être trop. Puis l’ensemble du mamelon est empaumé et je frémis. Il reprend la parole pour une question abrupte.


— Tu mouilles ?

—… ?

— Décidément, tu n’es guère loquace. Je n’ai donc plus qu’à vérifier tout seul.


La main qui vient se poser sur mon genou remonte le long de ma cuisse, se dirigeant sans s’arrêter vers mon pubis. Le trajet n’est pas si long et déjà les doigts m’écartent les lèvres. Le bras se fraye un chemin dans cette fourche que je ne peux garder serrée. Mais l’homme arrête son mouvement et plus rien de lui ne me touche ni me frôle. Les mouvements que je pressens autour de moi tendent à m’indiquer qu’il s’est remis sur ses pieds.


J’ai soudain la sensation qu’il est debout, face à moi, toujours assise sur le rebord de la couche. Mes mains aux phalanges nouées sont restées sur le haut de ma tête, tel qu’il me l’a ordonné. Je sens… dans les deux sens du terme, une odeur significative d’abord, puis une pression qui s’accentue sur ma joue.


— Suce !


Un court instant, j’ai la perception d’une sorte de décalage entre le son qui me parvient et l’endroit d’où il provient. Je me pose la question de savoir pourquoi il me semble qu’il m’arrive sur le côté alors que l’homme est forcément face à moi. Mais je n’ai que peu de temps pour me demander ce qui se passe. La chose que je renifle est déjà passée à l’offensive. Elle accoste ma bouche toujours entrouverte. Enfin, elle s’enfonce entre mes mâchoires avec une rapidité qui me laisse perplexe.


Forcément le bassin qui est placé devant mon visage va d’avant en arrière d’abord très doucement, puis il adopte un rythme de croisière et ma bouche laisse s’infiltrer très profondément cette queue, que je n’ai d’autres choix que de laisser se balader dans mon bec. Les paluches étrangères sont venues tenir les miennes qui sont statiques sur mon crâne. Et c’est profondément enfoncé dans mon gosier que la trique stoppe tout mouvement. Elle reste ainsi longtemps, m’empêchant pratiquement de respirer.


Un hoquet me remonte du sternum et mon bonhomme se sent dans l’obligation de quitter les lieux pour que je reprenne une rasade d’air. La bête désormais me lime de plus en plus vite. Les halètements de son propriétaire ne font que renforcer ceux que je laisse échapper de ma gorge, par intermittence.


— C’est bien ! On voit que tu aimes ce genre de petites fantaisies. Je peux donc passer aux choses sérieuses ?

—… !


J’ai un frémissement qu’il interprète comme de la peur. Alors il se dédouane d’un coup par des mots rassurants.


— Ne crains rien ! Je ne veux pas abimer quoi que ce soit. Tu es trop belle pour que ta peau soit détériorée.


Je me tais et je sens que mes poignets sont ensemble remontés largement au-dessus de ma caboche cette fois, totalement maintenus par les pognes de l’individu. Quelque chose encercle ceux-ci et le lien qui les maintient fermement raccordé l’un à l’autre fait un tour sur mon cou. Cette fois je ne peux plus bouger les bras. La patte me pousse en appuyant sur ma poitrine, m’intime un mouvement qui me fait m’allonger. Sur la couche, me voici donc étendue de tout mon long.


Les deux bras solides qui écartent mes cuisses n’ont pas d’autre but que celui d’ouvrir le chemin de mon sexe à la bouche qui vient le ventouser. Commence alors une caresse terriblement intime dont jusqu’à cet instant, seul Michel avait pu bénéficier. Je pars dans un délire cérébral provoqué par les images que mon esprit se forge avidement. Il me fait imaginer ce qui se trame au fond de mon ventre. Puis la queue revient aux confins de ma bouche. Quelle souplesse du zig qui s’occupe de ma chatte et se fait sucer !


Se fait sucer ? Comment peut-il aussi me caresser les seins alors que ses mains me maintiennent les cuisses béantes ? D’un coup, une foule de questions me submerge, retenue par contre par mes gémissements qui sont bien plus de plaisir que de douleur. Merde ! Comment peut-il avoir une telle dextérité ? Je pressens que ce n’est pas normal et pourtant je me laisse emporter par un tourbillon vertigineux de sensations divers et varié. La bite qui me prend le bec et la bouche qui me lutinent sont deux alliés qui ne m’autorisent aucune pause.


Enfin je sens que mon ventre est investi par une trique bien chaude et je réalise qu’il est impossible que ce type en possède deux. Donc si je comprends bien ce qui se passe, il n’est pas seul dans cette chambre d’hôtel ! Nous sommes au moins trois. Et loin de me faire fuir ou de me donner la trouille, cette pensée me fait… mouiller comme jamais. Je me sens partir dans un orgasme dont je ne saurais décrire la violence. Limée par le haut et le bas, je jouis comme une folle. Mes cris n’ont plus rien d’humain.


Si d’autres chambres attenantes sont occupées, leurs locataires ne peuvent ignorer les activités auxquelles nous nous livrons. Et je suis prise, reprise sans cesse dans tous les sens. J’ai même droit à une tentative avortée de double pénétration. Je refuse une sodomie qui ne me convient pas, et ni ce Lilian ni son « invité », parce que cette fois je suis certaine qu’il n’est pas seul, n’insistent. Je leur sais gré de respecter mon refus. Par contre j’accepte volontiers de pomper l’un, alors que son complice me prend en levrette et leurs queues sont du coup, interchangeables.


Je passe de l’un à l’autre avec une facilité déconcertante. Le bandeau m’aveugle et cache aussi mes velléités de honte. Il s’avère bien pratique pour masquer ce sentiment d’avilissement qui me surprend par la complaisance avec laquelle je me vautre dans un adultère double. Je n’assume rien en fait, je subis et c’est bougrement pratique. C’est après avoir avalé plusieurs fois la semence de l’un et l’autre, en avoir reçu un peu partout sur le corps que s’achèvent ces jeux entre adultes avertis.


Je reçois un dernier ordre. Mon bandeau ne devra être retiré qu’après le départ de mes deux assaillants. Je dois attendre d’être certaine que je suis seule pour l’enlever. Dans ma poitrine, mon cœur bat si violemment que je mets un temps infini avant de recouvrer la vue. La chambre est équipée d’une douche salutaire. Et c’est propre comme un sou neuf que je regagne ma voiture garée sur la place… cette fois j’ai franchi un pas dans l’abjection la plus totale… et je ne sais même pas avec qui j’ai baisé !



À suivre…

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